À Kawéni, les salariés des Apprentis d’Auteuil se sont rassemblés ce mercredi 17 juin pour dénoncer un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui menace une quarantaine de postes. Les grévistes dénoncent un dialogue rompu avec la direction et interpellent l’État ainsi que le Conseil départemental.
Les salariés des Apprentis d’Auteuil Mayotte ont entamé, ce mercredi 17 juin, une grève reconductible à l’appel de Force Ouvrière. Après une première mobilisation début mai, ils se sont de nouveau réunis, pancartes à la main, à Kawéni. En cause : la suppression de deux dispositifs d’insertion et la mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) susceptible d’entraîner la suppression d’une quarantaine de postes.
Au cœur du conflit figure la fermeture de deux dispositifs de l’association : les formations linguistiques et civiques, financées par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), ainsi que le programme Oumeya, dédié à l’insertion professionnelle des jeunes.
« Il y a des licenciements dus à une mauvaise gestion. Sinon, il n’y aurait pas de problème de trésorerie », affirme Abdoul-Wassion Arkadine, secrétaire départemental de l’Union départementale Force Ouvrière.
Dhinouraini Imkane, référent de parcours et conseiller en insertion professionnelle aux Apprentis d’Auteuil, explique : « On pensait qu’ils trouveraient une solution. Ils nous ont proposé un plan de départ volontaire, que nous avons refusé. Aujourd’hui, ils prévoient un plan de sauvegarde de l’emploi, qui se traduit par nos licenciements. »
Le salarié dit ne pas comprendre les justifications avancées par la direction. « Je suis en colère. Ils parlent de licenciement économique, mais lorsqu’on leur demande des preuves de leur déficit budgétaire, ils ne nous les fournissent pas. Dans le même temps, ils annoncent un nouveau dispositif, sans donner davantage d’informations. » Il réclame des explications et un dialogue plus transparent avec la direction.
De son côté, la direction des Apprentis d’Auteuil Mayotte affirme subir la situation. « Cette décision est liée à la baisse des financements publics », explique le directeur, Franck Saint-Martin. Selon lui, plusieurs appels à projets ont été déposés et sont actuellement en attente de validation par les services de l’État et les élus du Conseil départemental. L’objectif est d’obtenir de nouveaux financements afin de recréer des postes, reclasser les salariés concernés et, à terme, relancer l’activité du centre de formation continue.
Pour Force Ouvrière, les responsabilités dépassent toutefois le seul cadre de l’association. Le syndicat interpelle la préfecture, en raison des financements de l’État et de l’Union européenne, et appelle également le Conseil départemental à intervenir afin de préserver l’activité et les emplois.
Abdoul-Wassion Arkadine insiste sur les conséquences sociales que pourraient entraîner ces licenciements à Mayotte et rappelle la mission des équipes auprès des jeunes. « Si les Apprentis d’Auteuil ne peuvent plus faire leur travail, les jeunes continueront d’être livrés à eux-mêmes. »
La grève étant reconductible, Force Ouvrière prévient que d’autres actions, pour l’heure tenues secrètes, pourraient être menées dans les prochains jours. « Pour le moment, nous sommes mobilisés de manière pacifique, conclut le responsable syndical. Mais il va falloir que l’État et le Conseil départemental prennent leurs responsabilités. »


































