Gestion des déchets post-Chido : un rapport destiné aux parlementaires qui se fait désirer

Le sénateur Saïd Omar Oili continue de réclamer aux services de l’État un rapport sur le calendrier des investissements liés à la gestion des déchets post-cyclone Chido. Il dénonce l’impact sur la biodiversité de l’île que représentent les montagnes de déchets qui prolifèrent partout sur le territoire.

Sur les quatre parlementaires mahorais qui siègent à Paris, à l’Assemblée nationale et au Sénat, trois se montrent particulièrement actifs en ce premier semestre 2026. Chacun dans un style différent, ils ne cessent de rappeler au gouvernement Le Cornu ses obligations à l’égard des populations de Mayotte.

Face à la gestion calamiteuse de l’après-Chido, le sénateur Saïd Omar Oili a clairement choisi sa posture : défendre les Mahorais face à ce qu’il considère comme des injustices et un traitement inacceptable de la part des gouvernements Bayrou et Le Cornu. Son style consiste à ne rien cacher aux administrés, quitte à se mettre le système à dos.

« Quand ça ne va pas, je le dirai, car j’estime que les Mahorais ont le droit de connaître le sort qui leur est réservé au milieu d’une montagne de promesses qui ne se matérialisent jamais », confiait-il à Flash Info lors d’un entretien accordé en début d’année.

Et il en a effectivement fait sa marque de fabrique. Il ne perd plus aucune occasion de monter au créneau, des commissions parlementaires à ses interventions au Sénat lors des questions hebdomadaires au gouvernement, pour remettre en lumière les incohérences de l’action gouvernementale sur le territoire de Mayotte.

Outre les promesses non tenues dans le cadre de la reconstruction post-Chido, un autre sujet majeur est au centre de ses préoccupations : la gestion des déchets et ses conséquences sur l’environnement, devenue un véritable casse-tête pour l’ensemble des collectivités locales mahoraises.

Le sénateur multiplie les saisines auprès des autorités compétentes, en particulier du ministre chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefebvre, ainsi que de sa collègue chargée des Outre-mer, Naïma Moutchou, qu’il n’hésite pas à interpeller lors d’auditions dans les commissions spécialisées.

Saïd Omar Oili demande des réponses précises à ses interrogations concernant l’augmentation vertigineuse des déchets sur le sol mahorais.

« Je vais vous reposer ma question, que vous connaissez bien, Monsieur le Ministre. Depuis le passage du cyclone Chido à Mayotte, des milliers de tonnes de déchets restent amoncelées dans des décharges à ciel ouvert, menaçant la santé de la population ainsi que la biodiversité de l’île. Une délégation sénatoriale est venue à Mayotte et a constaté l’ampleur du désastre. »

Le parlementaire mahorais a rappelé au ministre que la prise en charge du traitement de ces déchets figure parmi les objectifs de la loi du 11 août 2025 sur la refondation de Mayotte, adoptée à une très large majorité par les sénateurs.

« Il est inadmissible que, sur un territoire français, sept mois après une telle catastrophe, des tonnes de déchets soient encore présentes partout sur l’île », a-t-il renchéri devant le ministre, soulignant qu’elles alimentent le sentiment d’abandon ressenti par une grande partie de la population vis-à-vis des administrations de l’État.

Pour le sénateur de Mayotte, le non-respect des dispositions prévues par la loi du 11 août 2025 ne fait qu’accentuer ce sentiment d’abandon.

Au cœur de son intervention figure un rapport prévu par la loi et destiné aux parlementaires. Ce document doit préciser le calendrier des investissements nécessaires au traitement des déchets. Or, selon Saïd Omar Oili, le ministère tarde toujours à le transmettre malgré ses nombreuses sollicitations.

Le sénateur indique qu’un entretien qui devait lui être accordé au mois de mars par la ministre de la Transition écologique, Mme Barbu, a finalement été annulé. Il lui a donc adressé un courrier de relance dès le 13 avril 2026.

« À ce jour, je n’ai toujours pas été destinataire de ce rapport. Votre cabinet a-t-il, ou non, reçu ce document destiné aux parlementaires ? », a interrogé Saïd Omar Oili.

Dans la foulée, il a demandé à Mathieu Lefebvre d’apporter davantage de précisions sur une autre problématique : « Le projet de loi ne concerne pas les autres outre-mer. Or, lorsque je prends l’exemple de Mayotte, nous n’avons pas d’eau potable en quantité suffisante et nous dépendons largement de l’eau en bouteille. Résultat : nous avons des déchets plastiques partout sur l’île. »

Le sénateur a ainsi demandé au ministre quelles réponses concrètes l’État entend apporter à cette réalité. Dans le prolongement de cette réflexion, il a plaidé pour une application différenciée des lois selon les territoires, estimant que leurs réalités sont différentes malgré le caractère indivisible de la Nation.

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