Ces activités, non détectées par les capteurs de l’Observatoire volcanologique du Karthala, seraient des phénomènes tout à fait normaux, car elles résultent des mouvements sismiques internes du seul volcan actif de l’île.
Vendredi, les habitants de Mirontsi, dans la région d’Itsandra, au nord de la capitale Moroni, ont été quelque peu secoués par un événement inhabituel qui, selon les spécialistes, n’a rien d’inquiétant. Le 11 avril, aux environs de 1 h du matin, la population de ce village a ressenti des secousses qu’elle qualifie de tremblement de terre.
D’après les témoignages recueillis auprès de certains habitants, le microséisme a duré environ une minute.
« Ce soir-là, j’ai mis du temps à m’endormir. Quelques minutes après m’être endormi, j’ai senti des vibrations qui, je le confirme, étaient assez fortes. Cela m’a même fait peur et m’a réveillé. En tout cas, je n’ai pas eu vent de dégâts dans les foyers après ce tremblement de terre », a indiqué Kamal, habitant de Mirontsi.
Une autre dame native de cette localité a également confirmé, auprès d’un agent de la Direction générale de la sécurité civile (DGSC), avoir ressenti ce séisme la même nuit. Toutefois, tout indique que les villages environnants ont été épargnés, du moins selon les habitants interrogés par Flash Infos.
À l’échelle du pays, ce petit séisme est passé inaperçu. La principale raison est que, selon les experts chargés de la surveillance du Karthala — point culminant du pays abritant l’unique volcan actif —, les secousses ressenties à Mirontsi n’ont rien d’anormal.
Faibles amplitudes
La Direction générale de la sécurité civile a abondé dans le même sens, en se basant sur les explications des sismologues.
« L’examen des données sismiques de la journée d’hier [vendredi, ndlr] n’indique aucune anomalie significative. Le capteur de Bahani, le plus proche du secteur, ne montre aucun événement notable, en dehors de quelques microséismes de faible amplitude, compatibles avec l’activité normale de fond », a réagi le chef de la DGSC, le colonel Abdallah Rafick.
Même son de cloche du côté de l’Observatoire volcanologique du Karthala.
« Il est possible que les habitants de Mirontsi aient ressenti de tels mouvements, mais notre capteur proche de cette zone n’a rien détecté. Si les secousses avaient été anormales, avec des impacts, nous aurions reçu une alerte », assure le responsable de l’OVK, Saidou Bambaouma.
Ce dernier a expliqué que l’observatoire est composé de trois services, dont un de sismologie.
« Chaque service envoie ses données, ce qui nous permet d’informer les autorités compétentes en cas d’activité inhabituelle. Ce travail est assuré par les capteurs installés sur l’île. Ils transmettent quotidiennement des informations grâce auxquelles nous intervenons si nécessaire. Nous assurons un suivi du flux de données transmis ici au centre », a ajouté Saidou Bambaouma.
Chargée de surveiller les activités du volcan Karthala, l’équipe de l’OVK s’appuie sur 14 stations réparties sur le territoire.
Dons des partenaires
La majorité de ces stations sont des dons de partenaires, comme le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
« Pour l’instant, aucune anomalie n’a été enregistrée. Les microséismes ressentis vendredi proviennent de l’activité interne du Karthala. Cela n’a rien d’inhabituel. Ils peuvent survenir à tout moment et dans n’importe quelle zone de la Grande Comore. D’ailleurs, il arrive que des habitants qui les ressentent nous appellent pour en savoir davantage », a expliqué le chef de l’Observatoire volcanologique.
Il précise qu’en cas d’activité inhabituelle, l’OVK suit un protocole bien établi.
« Le jour où le nombre de microséismes journaliers ou les émissions de gaz augmenteront, nous devrons en informer la Direction générale de la sécurité civile : c’est l’alerte jaune. Tant que la situation ne se détériore pas, les échanges restent entre nous et la sécurité civile. En revanche, en cas d’alerte orange, la population sera informée. Au niveau rouge, le danger est imminent », a-t-il détaillé.
L’observatoire établit également un lien entre les secousses ressenties vendredi et des phénomènes similaires observés à Mayotte, où un volcan sous-marin serait en formation.
« Il nous arrive de collaborer avec le réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte ainsi qu’avec l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise, car nous sommes parmi les rares territoires de l’océan Indien à abriter des volcans actifs », a précisé Saidou Bambaouma.
Cependant, la direction fait face à de nombreuses difficultés, notamment budgétaires.
« Nous sommes animés par une réelle volonté de travailler, mais les défis sont nombreux. L’État reconnaît le rôle important de l’armée dans la sécurisation des biens et des personnes, mais ne fournit pas les mêmes efforts pour l’observatoire, dont la mission est pourtant essentielle pour prévenir les risques liés au Karthala. Même l’entretien des capteurs est difficile à assurer. Nous sommes obligés de bricoler avec les moyens du bord », a-t-il déploré.
Le chef de l’OVK a rappelé que, depuis août 2021, aucune activité anormale du volcan n’a été détectée. À l’époque, seule l’alerte jaune avait été déclenchée.
Journaliste presse écrite basé aux #Comores. Travaille chez @alwatwancomore
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