Élections communautaires : Pamandzi tout entière a exulté

Un nouveau visage a émergé dans le paysage politique de la Petite-Terre : Charafoudine Ramadani Toto a été élu, hier matin (dimanche 12 avril 2026), président de l’ICPT. Outre l’accélération des projets de développement déjà programmés ou lancés par les mandatures sortantes, il souhaite mettre en place une politique sociale à travers la création d’un CIAS, après modification des statuts actuels de la communauté de communes de Petite-Terre.

La fin de semaine a marqué la fin des élections communautaires sur l’ensemble du territoire de Mayotte. Après la 3CO, samedi, qui a vu l’élection remarquable (à l’unanimité des participants) à la présidence du maire de Chiconi, Mohamed Madi Ousséni, l’attention d’une grande partie de la population mahoraise était tournée vers Pamandzi, hier dimanche 12 avril 2026, où se tenait le renouvellement du conseil communautaire de l’ICPT (Intercommunalité de Petite-Terre). Au même moment se déroulait également celui de la communauté de communes du Grand Nord, qui a vu la victoire de Roukia Kassidi, candidate choisie à ce poste par le maire de Koungou, Saïd Ahamadi Raos, lequel l’avait annoncé au soir du deuxième tour des municipales, le 22 mars dernier.

Avec trois quarts d’heure de retard sur l’horaire initialement programmé, les opérations de vote ont pu démarrer sous le regard impatient de plusieurs centaines de personnes qui avaient fait le déplacement dans l’enceinte de l’école primaire du quartier de Bandrahari. Une vingtaine de minutes auparavant, les élus communautaires de Pamandzi étaient arrivés en cortège, accompagnés de leurs invités, accueillis par des chants traditionnels. Le protocole était de qualité et le cadre grandiose, à la hauteur de l’événement et de l’enjeu du jour.

L’effervescence qui y régnait en disait long sur l’issue de l’élection. En effet, l’identité du successeur d’Archadi Abassi à la tête de l’ICPT était un secret de polichinelle pour la plupart des citoyens de Petite-Terre, et le scrutin n’était, pour eux, qu’une simple formalité destinée à respecter les règles de l’exercice démocratique.

Derniers à arriver à l’école élémentaire de Bandrahari, les élus du parti NEMA (partenaire du MDM dans la majorité municipale de Dzaoudzi-Labattoir), conduits par le président de leur mouvement, le sénateur Saïd Omar Oili. Comme une partition de musique classique, l’élection a enfin pu démarrer sous la présidence du doyen des élus communautaires, Ali Mohamed Tchanty, après une brève intervention protocolaire d’Archadi Abassi, président sortant de l’ICPT.

C’est le nouveau maire de Dzaoudzi-Labattoir, Freddy Novou, qui a officiellement présenté la candidature de Charafoudine Mohamed Toto à la présidence de l’institution intercommunale, suivie de celle de Mohamed Mikidache, ancien maire et ancien premier vice-président de l’ICPT.

Accélérer les chantiers déjà engagés et les orientations adoptées

Entre quelques voix contre et des bulletins blancs, le décompte s’est soldé en faveur de Charafoudine Ramadani Toto, largement vainqueur du scrutin, sous les applaudissements des centaines d’invités ayant assisté aux opérations de vote. D’un seul coup, Pamandzi a exulté, réalisant que le choix du maire Issoufi Maandhui et de ses alliés venait d’être consacré.

Une interruption s’est alors imposée, le temps des congratulations, des remises de colliers de fleurs et de l’allocution du nouveau dirigeant de la communauté de communes de Petite-Terre. Son discours s’inscrivait en parfaite symbiose avec la ligne tracée par les maires des deux communes de Dzaoudzi-Labattoir et Pamandzi, au lendemain de leurs élections.

Charafoudine Ramadani Toto a remercié ses partenaires des deux communes et a souligné la formation d’un groupe homogène et solidaire pour faire avancer le territoire dans l’intérêt commun. Il a salué la confiance entre les deux villes, clé de voûte, selon lui, de la réussite du projet.

« Ce qui est important à souligner, c’est que nous devons continuer le travail déjà entamé, car cette intercommunalité a été construite ensemble depuis une dizaine d’années. C’est un projet de territoire qui s’inscrit dans le temps. Quelle que soit la gouvernance à venir, nous avons fait le vœu de poursuivre ensemble sa mise en œuvre. Pour ma mandature, je mets en avant l’accélération des chantiers et des grandes orientations déjà adoptées. »

Ancien cadre au sein de l’intercommunalité du sud de Mayotte, le nouveau président de l’ICPT est conscient que la mise en œuvre de ces projets nécessite des financements qu’il devra mobiliser. Il compte notamment s’appuyer sur la future assemblée régionale attendue à l’horizon 2028-2029.

Souhaitant diversifier ses sources de financement, il entend également mobiliser des fonds de l’État, notamment via l’établissement public de refondation de Mayotte, mis en place après le cyclone Chido. « Les intercommunalités mahoraises se veulent les chevilles ouvrières de la reconstruction. Nous allons nous appuyer sur le PRD et les services de l’État pour capter ces financements nécessaires au développement. »

Renforcer les politiques solidaires et de santé

Le nouveau président de l’ICPT vise également les fonds européens, alors qu’une nouvelle programmation se profile. Il insiste sur la nécessité de prioriser certains projets, dans un contexte de contraintes budgétaires nationales.

Il souligne aussi l’importance de recenser les projets en cours, qu’il ne faut surtout pas interrompre : « Arrêter un chantier coûte souvent plus cher que de le poursuivre. »

Il fait notamment référence au projet ANRU du quartier de la Vigie, aux filières économiques comme la pêche (notamment autour de Four-à-Chaux à Labattoir), ainsi qu’au développement des fronts de mer entre Dzaoudzi et Pamandzi, soutenu par des dispositifs comme « Cœur de ville ». Il évoque également la relance de projets dans le cadre d’un Plan pluriannuel d’investissement (PPI) sur dix ans.

Son discours a été particulièrement applaudi lorsqu’il a évoqué sa volonté de renforcer le volet social, notamment par la mutualisation des centres communaux d’action sociale (CCAS) et la création d’un CIAS.

« Les crises récentes, comme celle du Covid-19 ou de l’eau, ont montré à quel point la solidarité est essentielle. Nous devons renforcer nos politiques de soutien, en particulier pour les populations les plus fragiles. »

Le successeur d’Archadi Abassi estime que les intercommunalités ont un rôle majeur à jouer dans le développement des politiques de santé et de solidarité, citant en exemple le premier CIAS mis en place à Mayotte par l’intercommunalité du Sud.

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