Des ruches au cœur des sites d’EDM pour faire bourdonner la biodiversité

À la centrale électrique de Longoni, le bourdonnement des câbles se mêle désormais à celui des abeilles. Jeudi 9 avril, Électricité de Mayotte (EDM) et la Fédération Mahoraise des Associations Environnementales (FMAE) ont signé une convention pour implanter des ruches sur plusieurs sites de l’île.

Le projet concerne Longoni, mais aussi la centrale des Badamiers à Petite-Terre et le site de Sada. Le dispositif prévoit trois ruches pleines et une dizaine de ruches pièges, destinées à capter les essaims pendant la période d’essaimage, entre mai et novembre. « Pendant cette période, les abeilles se multiplient et, comme dans une famille mahoraise, la mère quitte la maison en laissant la fille dans l’ancienne. Avec les ruches pièges, on leur dit : il y a déjà une maison qui vous attend », illustre Ali Madi, président de la FMAE.

La convention prévoit également un volet formation. Des salariés volontaires d’EDM pourront suivre les ruches et intervenir en lien avec la FMAE. L’objectif est de mieux connaître la biodiversité présente sur les sites et de savoir comment cohabiter avec elle. « C’est un outil de mise en valeur de notre responsabilité sociétale et environnementale. » ajoute Raphaël Ruat, directeur général d’EDM.

Pour Ali Madi, ce projet est aussi une manière de relier les enjeux locaux aux enjeux globaux. Lors de son discours, il insiste sur le rôle des pollinisateurs, indispensables à l’alimentation, et sur la nécessité de mieux les connaître pour mieux les protéger.

Le miel produit sera multifloral, c’est-à-dire issu de la multitude des espèces végétales présentes sur le site. La production reste secondaire : l’objectif n’est pas de développer une activité apicole, mais de s’appuyer sur les ruches comme outil de sensibilisation.

Le site de Longoni a été retenu pour son environnement. « Quand on arrive ici, on entend les oiseaux », souligne Ali Madi, évoquant une zone déjà riche en biodiversité, avec végétation, insectes et zones de rétention d’eau.

La convention prévoit également un travail sur la végétation, avec l’introduction possible d’espèces mellifères comme le baobab, l’hibiscus ou l’avocatier. Des actions pédagogiques sont par ailleurs envisagées, notamment pour les scolaires accueillis sur les sites d’EDM.

La FMAE assurera l’entretien des ruches dans le cadre d’un budget dédié, avec un partage de la production de miel. Pour EDM, cette initiative vise aussi à montrer que ses sites industriels peuvent accueillir et préserver une forme de biodiversité.  « Les abeilles sont un indicateur très sensible de la qualité de l’air. Si quelque chose ne va pas, ce sont les premières à disparaître », souligne son directeur général, Raphaël Ruat.

À Longoni, ruches et installations électriques vont désormais cohabiter, avec l’ambition d’ancrer davantage les enjeux environnementaux dans le fonctionnement quotidien des sites.

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Amelie Constant
Journaliste

Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.

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