Le Conseil départemental et le CHM au service de la lutte contre l’endométriose

Ce mardi 23 juin, le Conseil départemental et le CHM ont organisé une journée de sensibilisation à l’endométriose à l’hémicycle Younoussa Bamana. L’objectif était de sensibiliser le grand public aux dispositifs d’accompagnement et de prise en charge médicale.

« L’endométriose est parfois méconnue, incomprise ou mal diagnostiquée », rappelle le Département-Région. Il s’agit d’une maladie inflammatoire chronique qui touche les femmes et affecte principalement la région pelvienne, entraînant parfois des problèmes de fertilité. Les traitements sont le plus souvent médicamenteux et, dans certains cas, chirurgicaux. Selon le Service d’information du Gouvernement, entre 10 et 20 % des femmes en France sont touchées par cette maladie.

Depuis 2022, le CHM a mis en place une unité spécialisée pour prendre en charge les patientes. À l’hémicycle, plusieurs élus étaient présents, dont Zouhouria Mouayade Ben et Hélène Pollozec. En visioconférence, des professionnels de santé ont également participé aux échanges, parmi lesquels Fayum Ambdi, psychologue, et le docteur Mathilde Castel. Des associations telles qu’ASCA et Endo Mayotte étaient également au rendez-vous.

Aux côtés du grand public, les participants ont assisté à un programme articulé autour d’échanges, de témoignages bouleversants de femmes atteintes d’endométriose et de la présentation de solutions concrètes.

Fayum Ambdi, psychologue, a expliqué les répercussions de la maladie dans l’environnement professionnel : « La douleur existe, elle est connue, elle est anticipée, elle est gérée, mais elle ne trouve pas d’espace linguistique dans le collectif de travail. Elle reste alors portée seule, et cette solitude n’est pas anodine, car une souffrance qui ne peut pas circuler devient progressivement une souffrance isolée, sans prise en charge. Il y a aussi une autre douleur dans la dynamique clinique : le corps humain tend progressivement à disparaître de la scène du travail. »

Il insiste sur le fait que, lors de ses entretiens, les femmes cherchent souvent à invisibiliser leur maladie, ce qui l’a amené au constat suivant : « Dans les esprits, toute visibilité du corps malade risque de fragiliser le sentiment d’appartenance au collectif. »

Il se montre néanmoins optimiste. Évoquant la notion de responsabilité collective, il estime qu’il faut faire du lieu de travail un espace où chacun peut se construire et s’épanouir sans souffrance.

De nombreuses questions ont émergé, tant sur le volet psychologique, avec la quête de sérénité dans une lutte permanente contre la maladie, que sur le volet technique, notamment concernant la prise en charge proposée par le CHM. Les réponses ont encouragé les femmes à travailler sur leur développement personnel, à se rapprocher des structures de santé et à faire preuve de patience face à un service encore en développement au CHM.

Le thème de la médecine traditionnelle a également été abordé au cours de ce colloque. Mariame Saïd Khalame, conseillère départementale, était présente à l’événement. Elle s’est confiée à nous en évoquant des traitements qui doivent, selon elle, davantage s’adapter à la société mahoraise : « Toutes les mesures que nous souhaitons mettre en place doivent prendre en compte l’environnement sociologique de Mayotte. Je vois mal une jeune fille de 16 ans entamer une démarche médicale pour un accompagnement pouvant aboutir à l’évocation d’une possible stérilité, ou encore adhérer facilement aux dispositifs proposés, tels que la pilule ou la chirurgie. Les remèdes maison ont toujours fait partie de nos mœurs. »

Elle insiste toutefois sur la situation des patientes qui ont longtemps ignoré leur maladie : « Je suis inquiète pour celles qui ont vécu avec l’endométriose sans accompagnement. Il faut vraiment se demander quelles sont les conséquences réelles sur leur santé et s’il existe un risque accru de développer un cancer du col de l’utérus à la suite d’une endométriose sévère. Ces patientes devraient peut-être être prioritaires en matière de diagnostic. Il faut déployer de vrais moyens », conclut-elle.

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Daphnée Zoubert

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