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Ramadan 2026 : est-il possible de consommer des produits frais à Mayotte ?

Ramadan 2026 : est-il possible de consommer des produits frais à Mayotte ?

L’heure n’est pas encore à la ruée vers les pommes de terre, les bananes et les songes importés de Tanzanie ou de Madagascar, ni vers les fruits à pain et le manioc introduits illégalement par Kawasa depuis Anjouan. À quarante-huit heures de l’entrée dans le mois de jeûne, le consommateur mahorais commence à s’interroger sur le sort qui lui sera réservé cette année, un an après le passage du cyclone Chido et la disette qui a marqué le Ramadan 2025. Une expérience que tous les musulmans de l’île préfèrent oublier, tant les privations alimentaires avaient été difficiles à vivre.

À l’approche du mois sacré du Ramadan, l’état de l’agriculture refait surface dans le débat public à Mayotte. Par principe et par coutume, les fidèles aiment ne se priver de rien à l’heure de la rupture du jeûne, privilégiant les produits locaux à la nourriture importée. Mais cela reste souvent une théorie. Confrontée à une société de consommation d’inspiration occidentale, la ménagère mahoraise a depuis longtemps adopté de nouvelles habitudes alimentaires et culinaires. La facilité l’emporte sans doute sur la recherche d’authenticité.

L’incapacité du monde agricole mahorais — du moins celui qui opère dans la légalité — à produire suffisamment pour répondre à la demande n’est pas étrangère à ce changement rapide des habitudes alimentaires. On en vient ainsi à s’alimenter n’importe comment, surtout chez les plus jeunes, plus sensibles aux tentations de la « malbouffe » promues par certaines enseignes.

« Il faut aussi souligner un manque évident de contrôle sur la composition des prix. On vous dira que le commerce est libre de fixer ses tarifs et que la clientèle est libre d’acheter ou non, mais tout système a ses limites. Comment expliquer l’expansion d’un tel Far West en si peu de temps ? Ni le prix du carburant ni d’autres indicateurs économiques ne justifient cette inflation. Même les effets du cyclone Chido, aujourd’hui derrière nous, n’expliquent pas cette situation », déplore Mathoir Mohamed Abdou, venu collecter des dons à la sortie d’un centre commercial pour les plus démunis.

Membre d’une association d’entraide musulmane, il se soucie particulièrement de pouvoir satisfaire les besoins alimentaires des ménages sans ressources, de plus en plus nombreux sur l’île.

« Beaucoup de nos concitoyens n’osent pas manifester leur détresse. Il faudrait que certaines structures redoublent d’efforts en ce mois béni pour leur venir en aide », confie-t-il.

Deux de ses collègues septuagénaires abondent dans son sens et évoquent à leur tour la situation de l’agriculture locale, laissée pour compte faute de financement et de coordination publique.

Pour un véritable plan de relance de l’agriculture mahoraise

« On ne comprend rien à l’action publique dans ce domaine. Même le monde agricole semble s’éloigner des véritables enjeux de Mayotte. À trois reprises, l’ancien président du Conseil général, feu Younoussa Bamana, a décrété une année de l’agriculture. De vastes ressources financières ont alors été allouées à ce secteur, et les résultats ont été probants. Conclusion : c’est la volonté qui manque aujourd’hui à ses successeurs pour relancer ce secteur », observe Saïd Hamissi, habitant des hauteurs de Cavani-Mtsapéré.

Il se souvient de l’époque où les Mahorais produisaient une partie de ce qu’ils consommaient. Certes, la population a été multipliée par quinze en quarante-cinq ans, mais l’espace agricole, lui, n’a pas autant diminué.

« La même Chambre d’agriculture existe toujours, tout comme les deux administrations — étatique et départementale — chargées du secteur. Mais quels plans concrets ont-elles mis en place ? On ne parle que de trois ou quatre exploitations agricoles privées, qui survivent péniblement, sans soutien conséquent pour se développer. »

Saïd Hamissi déplore également que les responsables locaux multiplient les déplacements à l’étranger pour “s’inspirer” des réussites agricoles voisines, sans jamais mettre en œuvre les leçons apprises.

« Des techniques utilisées ailleurs pourraient être adaptées ici. Tout le monde se déclare agriculteur pour espérer toucher des subventions, mais personne n’est capable de vous vendre un régime de bananes quand il le faut. Résultat : ce qui pousse naturellement devient un produit de luxe. »

Très informé, « le papy » de Cavani-Mtsapéré remarque que l’heure est aux préparatifs pour le Salon de l’agriculture à Paris…

À quand le recours aux nouvelles technologies pour développer sérieusement l’agriculture à Mayotte ?

« Les médias vont encore vanter la vanille mahoraise et ses médailles, mais jamais on ne parle de sa production à grande échelle pour créer des emplois. De la salade, encore de la salade, comme si rien d’autre ne poussait ici ! On fait venir des produits de Madagascar, des Comores, d’Afrique, alors qu’ils pourraient très bien être cultivés à Mayotte. J’ai honte de voir à la télévision des reportages sur le gingembre ou le café de Madagascar alors que rien n’est fait chez nous », s’indigne encore Saïd Hamissi.

Reprenant la parole, Mathoir Mohamed Abdou insiste sur l’urgence de reboiser l’île après les ravages du cyclone Chido en 2024, afin d’éviter une sécheresse dévastatrice.

« On nous impose une multitude d’interdictions et d’études avant d’agir. On dirait qu’il y a une volonté planifiée de laisser Mayotte sombrer dans l’oubli, le sous-emploi et la dépendance totale aux importations — donc à la vie chère sans fin », affirme-t-il, amer.

Il regrette que les autorités évoquent sans cesse les dégâts des eaux de pluie dans le lagon ou les zones urbanisées, sans jamais parler de reboisement massif le long des cours d’eau pour retenir et canaliser cette eau.

« On oublie que certaines cultures, comme le poivre, nécessitent des supports végétaux. Mayotte, l’île aux parfums, a fait autrefois la gloire du basilic, du patchouli ou du vétiver. Pourquoi ne pas redonner vie à ces filières ? On encourage les jeunes à planter des pommes de terre alors que leur culture exige des surfaces qu’on n’a pas ici. »

Pour lui, il serait impensable de renoncer au développement d’une agriculture sérieuse, moderne et durable à Mayotte. Une agriculture respectueuse des normes sanitaires, certes, mais surtout capable de nourrir les Mahorais dans le respect de leurs traditions et de leurs besoins.

Vie chère et inégalités ultramarines au Sénat

Vie chère et inégalités ultramarines au Sénat

La commission d’enquête du Sénat sur les inégalités systémiques dans les outre-mer qui a débuté le 27 janvier dernier a consacré une audition dense à la question des modèles économiques ce mardi 17 février. Derrière les constats techniques, les échanges ont surtout révélé une lassitude politique et sociale.

Le sénateur Thani Mohamed Soilihi a replacé les travaux de la commission dans une continuité politique. Il a rappelé que la lutte contre la vie chère traverse les législatures et structure depuis longtemps le débat public dans les outre-mer. « Nous avons une impression de tourner en rond, et ce n’est pas qu’une impression », a-t-il déclaré, évoquant aussi bien la loi Égalité réelle outre-mer que les multiples dispositifs censés réduire les écarts de prix.

Vie chère et inégalités ultramarines au Sénat

Face aux experts, le sénateur a insisté sur la nécessité de passer d’une logique d’accumulation de rapports à une stratégie opérationnelle. Il a notamment interrogé la faisabilité d’une intégration régionale plus poussée, présentée comme un levier potentiel pour diversifier les approvisionnements et renforcer la concurrence. « L’une des façons d’y arriver serait peut-être une meilleure intégration régionale », a-t-il avancé, avant de questionner l’adéquation des outils économiques et concurrentiels dont disposent réellement les territoires.

Les réponses des spécialistes, ont confirmé que l’intégration régionale représente une piste crédible, à condition de renforcer les infrastructures, d’harmoniser les normes et d’accompagner durablement les acteurs économiques locaux. Les experts ont également souligné l’impact des écarts de charges fiscales et sociales avec les pays voisins, qui influencent directement la compétitivité des économies ultramarines.

Saïd Omar Oili a dressé un constat sans détour de l’évolution récente du territoire : « J’ai le sentiment que depuis l’an dernier, la situation à Mayotte s’est encore dégradée », a-t-il affirmé. Il a décrit le fonctionnement quotidien des collectivités locales, confrontées à des marchés très concentrés. « Nous savons travailler dans la transparence, mais la structure économique limite fortement le jeu de la concurrence », a-t-il expliqué, évoquant la domination de quelques entreprises dans des secteurs clés comme le BTP.

Vie chère et inégalités ultramarines au Sénat

Au-delà des mécanismes économiques, Saïd Omar Oili a élargi le débat à ses conséquences sociales. « Mayotte cumule des prix très élevés, une pauvreté importante et des dispositifs sociaux parmi les plus faibles », a-t-il rappelé, avant d’attirer l’attention sur la jeunesse, l’accès à l’éducation et les perspectives d’avenir sur l’île.

Les experts ont également été interrogés sur l’indexation et la surrémunération des salaires, dispositifs historiques des départements d’outre-mer. Leur analyse a souligné l’utilité de ces mécanismes pour soutenir le pouvoir d’achat, tout en rappelant leurs effets limités sur la réduction des inégalités structurelles.

Au fil de l’audition, une ligne directrice s’est imposée : les leviers existent, les diagnostics convergent, et la commission entend désormais formuler des propositions capables de transformer durablement les modèles économiques ultramarins. Pour Mayotte, l’enjeu dépasse largement la question de la vie chère. Il touche à la cohésion sociale, à l’avenir de la jeunesse et à la capacité du territoire à se projeter dans un développement plus équilibré.

Comores : condamnés à mort, ils seraient en cavale à Mayotte

Comores : condamnés à mort, ils seraient en cavale à Mayotte
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Antoissi Ahamada et Rafiou Issa ont été condamnés à la peine capitale par contumace. La cour a également ordonné l’émission de mandats d’arrêt à leur encontre, après les avoir déclarés coupables de l’assassinat de Youssouf Ali, sauvagement tué le 8 juin 2025.

Le verdict après deux jours de procès

Après deux longues journées d’audience, les noms des personnes impliquées dans l’assassinat de Youssouf Ali, 36 ans, originaire de Ndruani, au sud de la capitale, sont désormais connus.
Le verdict a été rendu ce mardi 17 janvier, après huit mois de procédure ayant conduit à l’inculpation de plus de 25 personnes.

Les prévenus, renvoyés devant la cour d’assises, étaient poursuivis pour association de malfaiteurs, assassinat et complicité.
Seuls 17 d’entre eux ont comparu, les autres étant toujours en fuite, parmi lesquels Antoissi Ahamada alias Rando et Rafiou Issa, les deux seuls reconnus coupables d’assassinat.

Jamais retrouvés depuis la commission du crime, ils se seraient réfugiés à Mayotte.
Le 101e département français est souvent perçu comme un refuge pour de nombreux condamnés venus de l’autre côté de l’archipel. Certains profitent d’une liberté provisoire ou d’une autorisation d’hospitalisation pour fuir avant même la tenue du procès.
Des auteurs de violences, de crimes sexuels ou de coups et blessures ayant entraîné la mort y trouvent parfois refuge.
Il est rare que les mandats d’arrêt internationaux annoncés aboutissent à des arrestations.
Lors de ce procès, un autre prévenu poursuivi pour association de malfaiteurs n’a d’ailleurs pas comparu, alors qu’il était pourtant sous contrôle judiciaire.

Des incisives arrachées

Dans son réquisitoire, le parquet général a rappelé que l’association de malfaiteurs implique une entente en vue de commettre des actes graves.
Depuis un an, les localités voisines de Ndruani et Mwandzaza Mboini, dans la commune de Bambao Ya Mboini, sont en conflit.
Des affrontements ont d’abord fait des blessés, avant que ne survienne un assassinat, trois mois après le début des hostilités.

Le meurtre de Youssouf Ali aurait été planifié via un groupe WhatsApp, regroupant des habitants de Mwandzaza.
La brigade de recherches dépêchée à l’hôpital le soir de l’attaque a constaté que la victime avait deux incisives arrachées et une plaie au thorax gauche, probablement causée par une arme blanche, selon le parquet.

Lors de l’enquête, les forces de l’ordre ont découvert un tricot sans manches, un couteau et une casquette bleue près du lieu du crime.
Selon une source judiciaire, « les messages échangés tendaient à préparer des actes graves à Ndruani : certains évoquaient la prise d’otages, d’autres l’incendie d’habitations. »

Durant les audiences, certains prévenus ont reconnu appartenir à ce groupe, mais nié toute participation aux échanges.
Au terme des débats, la cour a condamné 11 personnes pour association de malfaiteurs et complicité, tandis que 13 prévenus ont été relaxés.

Un cas, cependant, a suscité l’incompréhension de la partie civile : celui de Mouhad Daffar, qui a admis avoir accompagné les deux auteurs, tout en niant avoir pris part au meurtre.

Un pourvoi en cassation annoncé

La cour a acquitté Mouhad Daffar du chef de complicité d’assassinat, mais l’a condamné à 7 ans de prison pour association de malfaiteurs.

Le greffier a relaté les faits : « Il se trouvait sur la plage à boire. Sur le chemin du retour, il a croisé Antoissi Ahamada et Rafiou Issa, qui lui ont demandé de les suivre. Il s’est assis sous un arbre, car il était ivre, et a gardé leurs affaires personnelles. Un peu plus tard, il les a vus revenir en courant, lui demandant de fuir avec eux. »

Pour la partie civile, ces aveux font de lui un complice :

« Nous saluons la tenue du procès, car nous connaissons désormais les meurtriers de Youssouf Ali. Mais voir un prévenu présent sur les lieux être acquitté pour complicité nous surprend », a déclaré Maître Soilahoudine Soulé, avocat de la partie civile.

L’avocat de la défense n’est pas de cet avis : « La cour a statué sur la base des éléments du dossier. Toutefois, déclarer mon client coupable d’association de malfaiteurs sans preuve concrète constitue une décision juridiquement contestable », a rétorqué l’avocat de la défense.

Maître Issa, un autre conseil de la partie civile, a également critiqué la légèreté des peines infligées à certains condamnés pour association de malfaiteurs — seulement deux ans de prison, alors que la loi prévoit entre six et vingt ans fermes.
Il a annoncé son intention de former un pourvoi en cassation.

Vol annulé de Kenya Airways à Mayotte : colère des passagers bloqués à Pamandzi

Vol annulé de Kenya Airways à Mayotte : colère des passagers bloqués à Pamandzi

Kenya Airways contrainte d’annuler son vol de mardi après-midi au départ de Mayotte, provoquant le mécontentement de ses passagers. Une grève à l’aéroport de Nairobi serait à l’origine de ce désagrément. Ces derniers n’auraient pas été prévenus auparavant, ils ont appris la nouvelle une fois sur place à l’aéroport de Pamandzi.  S’en est suivi un raffut après que la compagnie a refusé de prendre en charge les passagers. L’intervention de policiers n’y a rien fait, les passagers ont fini par obtenir gain de cause dans le bénéfice de leurs droits. Ils ont été dirigés vers des hôtels de Petite-Terre dans l’attente d’un dénouement de la grève en cours à l’aéroport de Nairobi.

Bouéni : un ancien enseignant condamné pour prostitution d’un collégien

Bouéni : un ancien enseignant condamné pour prostitution d’un collégien
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Un ancien professeur de Bouéni a été condamné ce mardi à trois ans de prison, dont deux ans ferme aménagés sous bracelet électronique, pour prostitution sur mineur. Les faits remontent à 2016 : il aurait entretenu, pendant plusieurs mois, des relations sexuelles avec un collégien, en échange d’argent et d’avantages matériels.

À l’audience du tribunal correctionnel de Mamoudzou, la victime, aujourd’hui majeure, a évoqué des pressions pour garder le silence et connaître une vingtaine d’autres victimes. Absent pour raisons de santé, le prévenu contestait les faits.

Le tribunal a également prononcé une amende de 4 000 euros, une interdiction définitive de travailler avec des mineurs, une interdiction d’exercer dans la fonction publique et de séjourner à Mayotte pendant cinq ans, ainsi qu’une inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.

Inauguration de l’Office de tourisme intercommunal Dembéni-Mamoudzou

Inauguration de l’Office de tourisme intercommunal Dembéni-Mamoudzou

L’Office de tourisme intercommunal Dembéni–Mamoudzou a été inauguré le 17 février à Mamoudzou. Porté par la CADEMA, cet équipement structurant vise à renforcer l’attractivité touristique et économique du territoire. Situé place Zakia Madi, à proximité de la barge, le site se veut un lieu d’accueil, d’information et de valorisation des acteurs locaux. L’inauguration a également marqué le lancement officiel de la marque de destination Karidem, incarnée par le maki, symbole identitaire de Mayotte.

Un ticket unique à tarif modique pour circuler à travers Mayotte

Un ticket unique à tarif modique pour circuler à travers Mayotte

Débat d’orientation budgétaire (DOB) mardi à l’Assemblée de Mayotte. Trois sujets principaux ont été soumis à l’appréciation des élus départementaux : le schéma directeur du port de Mayotte (Longoni, Dzaoudzi, Les Badamiers), le nouveau tarif unique de la traversée en barge entre Petite-Terre et Grande-Terre, ainsi que la mise en place d’un ticket multimodal à prix modique combinant la traversée maritime et le transport interurbain.

Le ticket multimodal annoncé — combinant le coût de la traversée en barge et celui du transport interurbain sur l’ensemble des périmètres de Petite-Terre et de Grande-Terre (axes nord-sud / est-ouest) — verra bien le jour dans le courant de cette année. Il constitue l’un des trois projets examinés par les conseillers départementaux mahorais réunis en session plénière, mardi, dans l’hémicycle Younoussa Bamana.

Source de débats et de polémiques dès 2025, ce projet, porté par le 3ᵉ vice-président de l’Assemblée de Mayotte, Omar Ali (élu du canton de Dzaoudzi-Labattoir), figurait parmi les revendications du personnel navigant du service des transports maritimes de Mayotte (DSTM) lors du mouvement de grève de plusieurs semaines survenu l’an dernier.

La société Transdev, titulaire du marché public concerné, était alors devenue la…

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Assemblée plénière : le budget 2026 à l’épreuve des compétences régionales

Assemblée plénière : le budget 2026 à l’épreuve des compétences régionales

Le débat d’orientation budgétaire (DOB) 2026 a occupé l’essentiel de l’assemblée plénière du Département-région de Mayotte ce mardi matin. Un exercice marqué par un message central de l’exécutif : la collectivité dispose encore de marges financières, mais l’année à venir exigera une discipline budgétaire renforcée face à l’ampleur des investissements annoncés et à l’arrivée des nouvelles compétences régionales.

Présentant les grandes lignes, la vice-présidente Zamimou Ahamadi a rappelé que la collectivité dispose de peu de leviers propres. « Une part majeure de nos recettes dépend des dotations de l’État et de la conjoncture économique », a-t-elle souligné. Concrètement, sur les 527 millions d’euros de recettes de fonctionnement prévues en 2026, une large fraction provient des concours financiers de l’État — dotation globale de fonctionnement, prélèvement sur recettes et aides exceptionnelles — dont l’évolution échappe largement à la collectivité. Les recettes fiscales locales, elles, restent volatiles et difficiles à anticiper, notamment l’octroi de mer, directement lié au…

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Agression d’agents de l’OFB à Mgnambani : Soimidine Mohamed Bacar condamné à 12 ans de réclusion en appel

Agression d’agents de l’OFB à Mgnambani : Soimidine Mohamed Bacar condamné à 12 ans de réclusion en appel

La cour d’assises de Mayotte a condamné, mardi soir, Soimidine Mohamed Bacar à 12 ans de réclusion criminelle, assortis d’une interdiction définitive du territoire français et d’une interdiction de port d’arme pendant cinq ans, pour l’agression de deux agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) sur la plage de Mgnambani, le 12 mars 2021. La peine est inférieure à celle prononcée en première instance, qui s’élevait à 14 ans de prison, mais la culpabilité est confirmée.

Le verdict est tombé à 20 h 20, après plus de trois heures de délibéré, au terme d’une seconde journée d’audience dense, marquée par les témoignages des victimes, l’interrogatoire de l’accusé et des plaidoiries opposant deux lectures radicalement différentes du dossier.

La matinée s’est ouverte par l’audition des deux agents de l’OFB, appelés à témoigner une nouvelle fois : visages fermés, regards fuyants, corps fatigués. Les experts l’avaient déjà souligné : le traumatisme est…

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Il s’est fait remarquer aux JO de Paris 2024 : Fouad Dahalani

Il s’est fait remarquer aux JO de Paris 2024 : Fouad Dahalani

Passionné de conduite et de contact humain, Fouad Dahalani met son énergie au service de la société Matis, spécialisée dans le transport scolaire. Affecté depuis trois ans dans le secteur sud de Mayotte, il a repris le service lundi matin, comme tous ses collègues conducteurs de bus couvrant également la zone nord du territoire. Malgré les difficultés du métier et les risques sécuritaires réguliers sur les routes, il préfère se concentrer sur ce qu’il apprécie le plus : les rencontres multiples qu’il fait chaque jour au contact des usagers.

Âgé de 38 ans, père de famille et originaire de Sada, sa ville de résidence actuelle, Fouad occupe le poste de conducteur de bus scolaire chez Matis depuis 2010, un métier qu’il affectionne particulièrement. Cela fait maintenant plus de douze ans qu’il évolue au sein de cette entreprise, depuis son retour de métropole où il a obtenu un BEP Logistique et Commerce au lycée de Tinténiac, en Bretagne, près de Saint-Malo…

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Trafic maritime perturbé les 18 et 19 février

Trafic maritime perturbé les 18 et 19 février

Le Département-Région de Mayotte annonce des perturbations temporaires du trafic maritime les mardi 17 et mercredi 18 février 2026. En cause : un arrêt technique programmé des navires Polé, Chatouilleuse et Karihani, dans le cadre des opérations régulières de maintenance menées par la Direction des Transports Maritimes (DTM).

Ces interventions, destinées à garantir la sécurité des passagers et la fiabilité du service public maritime, entraîneront une organisation adaptée du trafic entre les deux rives. Les amphidromes seront immobilisés de manière alternée afin d’assurer la continuité du service. Pendant toute la durée des opérations, un minimum de deux barges restera en exploitation pour maintenir la desserte.

Des ajustements ponctuels d’horaires ainsi que des ralentissements sont toutefois à prévoir. Les usagers sont donc invités à anticiper leurs déplacements et à prendre les dispositions nécessaires pour éviter tout désagrément.

La Direction des Transports Maritimes remercie les voyageurs pour leur compréhension et assure être pleinement mobilisée afin de limiter l’impact de ces opérations sur les conditions de transport.

Retard de versement des aides étudiantes à Mayotte, un retour à la normale annoncé

Retard de versement des aides étudiantes à Mayotte, un retour à la normale annoncé

Un incident technique majeur affectant le logiciel national Hélios, utilisé par la Direction générale des finances publiques, a entraîné un retard ponctuel dans le versement des bourses et aides financières aux étudiants et stagiaires mahorais, notamment ceux en mobilité.

Dans un communiqué, l’Assemblée de Mayotte indique que ce dysfonctionnement, survenu le 5 février 2026, est indépendant de sa volonté. Les services de l’État annoncent toutefois une reprise progressive du système, avec un versement des aides attendu avant la fin de la semaine. Les autorités assurent rester pleinement mobilisées face à cette situation exceptionnelle.

Contrôles sanitaires : trois boulangeries autorisées à rouvrir, une brochetterie fermée

Contrôles sanitaires : trois boulangeries autorisées à rouvrir, une brochetterie fermée

Bonne nouvelle pour plusieurs artisans de l’île. Trois boulangeries, précédemment fermées pour des manquements aux règles d’hygiène, ont été autorisées à reprendre leur activité par arrêtés préfectoraux publiés le 16 février 2026.

À Pamandzi, la boulangerie Saveurs du Bon Pain rouvre ses portes après la levée d’une fermeture administrative prononcée en décembre dernier. Un contrôle réalisé début février a confirmé la mise en conformité des locaux et des pratiques, permettant à la préfecture d’abroger l’arrêté initial.

Même scénario à Tsingoni, où la boulangerie Anfiat est de nouveau en activité. Fermée depuis novembre 2025, l’enseigne a vu sa situation régularisée à l’issue d’une inspection menée le 12 janvier 2026, concluant à un niveau d’hygiène désormais satisfaisant.

À Mamoudzou, la boulangerie Pain & Plaisirs, située résidence Atlanta face à la mairie, bénéficie également d’une réouverture après un contrôle favorable effectué mi-janvier.

À l’inverse, la brochetterie Madi Ladhati, à Longoni (Koungou), fait l’objet d’une fermeture immédiate. Le contrôle du 5 février a révélé des manquements graves présentant un risque pour la santé publique. L’établissement restera fermé jusqu’à la réalisation complète des mesures correctives exigées.

Les arrêtés rappellent que les contrôles se poursuivent sur l’ensemble du territoire, entre fermetures ciblées et réouvertures conditionnées au respect des normes sanitaires.

Mayotte mise sur « l’énergie bleue » : une barge innovante pour transformer l’eau de mer en or bleu

Mayotte mise sur "l’énergie bleue" : une barge innovante pour transformer l’eau de mer en or bleu

⚠️ La conférence est annulée pour des raisons de sécurité 

Face à une crise de l’eau qui s’aggrave d’année en année, Mayotte explore une piste audacieuse pour garantir l’accès durable à l’eau potable. Confronté à une production insuffisante face à une demande croissante, le territoire doit composer avec des ressources de surface sensibles aux sécheresses et des nappes souterraines limitées. Dans ce contexte, le dessalement de l’eau de mer s’impose comme une voie d’avenir.

Mais produire de l’eau douce à partir de l’eau salée requiert de grandes quantités d’énergie. C’est là qu’intervient une innovation prometteuse : l’énergie thermique des mers, aussi appelée « énergie bleue », qui pourrait bien révolutionner la production d’eau potable à Mayotte.

Depuis 2020, l’Université de Mayotte s’investit activement dans la recherche sur cette technologie. Le principe est simple et ingénieux : exploiter la différence de température entre l’eau chaude en surface et l’eau froide en profondeur pour produire de l’électricité. Grâce à ses conditions océaniques favorables, Mayotte offre un terrain d’expérimentation idéal pour cette énergie propre et renouvelable.

Un projet de barge en cours d’étude ambitionne d’associer ces deux avancées : un système de dessalement alimenté par l’énergie thermique des mers. Installée à plusieurs kilomètres du lagon, cette barge innovante pourrait produire de l’eau potable tout en réduisant l’impact environnemental et la dépendance énergétique du territoire.

Pour présenter cette initiative et en débattre avec le public, le Rectorat de Mayotte et l’Université de Mayotte organisent une conférence animée par Damien Devault, maître de conférences HDR à l’Université de Mayotte et à l’Université de Bordeaux. Ce rendez-vous permettra de mieux comprendre comment la science et l’innovation peuvent, ensemble, offrir à Mayotte des solutions concrètes pour préparer un avenir durable.

Élections municipales 2026 à Mayotte : une campagne terne face aux vrais enjeux

Élections municipales 2026 à Mayotte : une campagne terne face aux vrais enjeux

À défaut d’un discours cohérent et construit de la part des candidats qui vont croiser le fer au cours des municipales 2026, des citoyens choisissent de s’exprimer librement en direction de ces futurs élus de proximité. Ils n’hésitent pas à donner le ton pour faire part de leurs préoccupations et des enjeux qu’ils aimeraient voir portés par les maires mahorais du cru 2026.

En matière d’élections municipales, Mayotte a connu de meilleurs crus que celui de cette année. Malgré une précipitation dans les déclarations d’intention et les annonces avérées de candidatures, à grand renfort de spectacles hauts en couleur, il est à constater une campagne extrêmement terne, presque insipide. Pour tout dire, elle manque de discours cohérents et construits, un peu comme si les candidats se savaient par avance inaudibles auprès des électeurs.

« Ces candidats sont les premiers à ne pas croire un seul mot de ce qu’ils débitent à la radio et à la télévision. Chacun se demande comment faire et quels moyens utiliser pour arracher les suffrages des électeurs à moindres frais et avec un strict minimum d’engagement. Vu depuis nos maisons, ils nous donnent le sentiment d’être encore plus largués que le peuple qui les écoute raconter des sottises à longueur de journée. Certains oublient qu’ils nous les ont déjà…

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Agents de l’OFB agressés à Saziley : la justice réexamine l’affaire en appel

Agents de l’OFB agressés à Saziley : la justice réexamine l’affaire en appel

Ils étaient venus pour une mission de contrôle environnemental. Ils ont vécu une scène de violence extrême. Cinq ans après l’agression de deux agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) sur la plage de Saziley, la cour d’assises de Mayotte examine, ce lundi 16 et ce mardi 17 février, l’appel formé par Soimidine Mohamed Bacar, condamné en première instance à 14 ans de réclusion criminelle pour vol avec arme et violences aggravées.

L’autre homme condamné dans ce dossier, écroué à sept ans d’emprisonnement, n’a pas fait appel. Définitivement jugé, il est toutefois entendu comme témoin, jeudi après-midi, par visioconférence depuis la maison d’arrêt du Port, à La Réunion.

Les faits remontent au mois de mars 2021. Ce jour-là, deux agents de l’OFB effectuent une mission de surveillance environnementale sur le littoral de Bandrélé, après avoir reçu des informations faisant état d’un possible braconnage de tortues marines. En arrivant sur la plage de Saziley, ils aperçoivent une première embarcation, puis une seconde, plus chargée, accostant à proximité.

Pensant intervenir dans un cadre sans danger particulier, les agents s’approchent. Ils sont alors pris à partie par un groupe de cinq individus, tandis qu’une vingtaine d’autres, dissimulés dans la végétation, lancent des projectiles. L’un des agents est menacé avec un sabre, violemment frappé et traîné sur les…

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La 3CO lance son réseau de bus au Centre-Ouest

La 3CO lance son réseau de bus au Centre-Ouest

La Communauté de communes du Centre-Ouest (3CO) a lancé ce lundi 16 février son réseau de transport en commun. Un service attendu, pensé pour répondre à un manque criant de liaisons entre les cinq communes du territoire.

Jusqu’ici, les déplacements entre communes relevaient souvent du système D. Si des taxis assurent les trajets vers Mamoudzou, aucune liaison structurée n’existait entre les communes de Sada, Chiconi, Ouangani ou encore M’tsangamouji. Résultat : recours massif à l’autostop ou aux taxis clandestins.

« Si vous voulez aller de Sada à M’tsangamouji, il n’y a pas de taxis sur le secteur. Pour les habitants, c’est soit l’autostop, soit les taxis Mabawa », explique Roukia Attibou, responsable urbanisme à la 3CO.

Avant le bus, la 3CO avait déjà lancé Rezo Pouce, un système d’autostop organisé. Le réseau de bus vient compléter ce dispositif, avec un objectif clair : faciliter les…

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France Alzheimer renforce son action à Mayotte

France Alzheimer renforce son action à Mayotte

Des téléconsultations seront désormais réalisées depuis un bus médicalisé dans le centre-est et le nord-est de l’île. Une initiative portée par l’association France Alzheimer Mayotte, qui a bénéficié d’un financement de la Caisse d’Épargne. Ce nouveau véhicule vient s’ajouter à un premier bus acquis le 22 juin 2025.

Sitina Anli, présidente d’honneur de l’association, n’a pas caché sa satisfaction en fin de semaine dernière, lors de la réception officielle du deuxième bus, jeudi. Celui-ci sera affecté au dépistage de la maladie auprès des populations situées entre les communes de Dembéni et Bandraboua. Ce véhicule a été acquis grâce à un financement de 150 000 euros de la Caisse d’Épargne.

« Ce véhicule va sillonner Mayotte afin de permettre le diagnostic des maladies grâce à la téléconsultation. Il sera possible d’accéder à un neuropsychologue et à un psychologue directement depuis le bus », explique-t-elle…

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Business des colliers de fleurs : l’économie secrète du jasmin à Mayotte

Business des colliers de fleurs : l’économie secrète du jasmin à Mayotte

Nul besoin d’une Saint-Valentin pour se voir offrir un collier de fleurs à Mayotte. Culture ancestrale qui se perpétue à travers le temps pour certains, art de vivre sous les cocotiers pour d’autres, le collier de fleurs n’est plus seulement un symbole de bienvenue sur l’île : il est devenu un véritable business qui fait vivre des familles entières. Entre tourisme, mariages, fêtes religieuses, manifestations politiques et cérémonies officielles, cette tradition a pris une valeur marchande tant elle est prisée des Mahorais et de leurs visiteurs, qu’ils soient de passage ou installés de longue date.

En Polynésie, on travaille la fleur de frangipanier, le tiaré, l’hibiscus, les feuilles de cocotier ou de polypode. À Mayotte, c’est le jasmin qui domine, sur un fond de feuilles de basilic et de pétales de rose. Pour les initiés, il est l’« or blanc » qui justifie le surnom de l’île : « l’île aux parfums », popularisé par les tour-opérateurs du salon du tourisme de la Porte de Versailles à Paris dans les années 1980. Depuis la nuit des temps, cette fleur odorante, probablement rapportée d’un lointain Orient des Mille et Une Nuits, occupe une place primordiale dans le protocole d’accueil à Mayotte.

La fleur du foyer et du raffinement

 D’abord réservée aux hôtes de marque, monarques, nobles et visiteurs venus d’au-delà des mers, la fleur de jasmin a peu à peu pris une dimension plus intime, au cœur même de la vie conjugale.

« Chaque cour se devait d’avoir au moins un plant de jasmin, et à défaut, un plant collectif dans chaque quartier », se souvient Hadidja Magagouwa, nonagénaire du quartier Mbouyoujou à Labattoir. « Pour nous, cueillir la précieuse fleur était un rituel quotidien, essentiel à la préservation du foyer familial, indépendamment des grandes occasions qui nécessitaient le respect d’un protocole hérité de nos anciens. »

Tout comme on apprenait autrefois aux adolescentes à coudre et à broder, on leur enseignait aussi les différents usages du jasmin et des plantes à parfum locales. C’était un critère essentiel dans la bonne tenue d’un foyer : pour les massages de l’époux, pour son bain nocturne, ou pour embaumer le lit afin qu’il dorme paisiblement, plongé dans les volutes de jasmin, de rose, de basilic et de patchouli.

Selon Hadidja, la quantité et la variété de fleurs utilisées différaient selon les événements. Pour un usage quotidien, elles servaient à parer la maîtresse de maison, qui pouvait les porter en cascade sous forme de collier ou en ornement dans les cheveux, maintenues par un peigne en plastique recouvert d’un filament doré.

Un coût à l’unité qui n’a cessé d’évoluer depuis 50 ans

Deux variétés de jasmin étaient les plus courantes : le petit blanc et le petit rosâtre. On y ajoutait parfois le Fou m’tsanga, fleur d’un arbre enduit d’une pâte de bois de santal arrosée de lotion Pompeia ou Rêve d’or. Le recours à ces ajouts, coûteux à l’époque, fut à l’origine de la commercialisation du jasmin travaillé.

Les femmes les plus astucieuses parsemaient le lit conjugal d’une nuée de fleurs de jasmin pour assurer à leur époux un sommeil apaisé. En saison sèche, une variété sauvage, le Koukoumba, prenait le relais : plus résistante à la chaleur, mais aussi plus rare. Sa cueillette, minutieuse et collective, se faisait avant le lever du soleil pour préserver son parfum délicat.

Le collier de fleurs, et celui de jasmin en particulier, a connu un nouvel essor dans les années 1980. Introduit massivement dans les cérémonies officielles, il était incontournable lors des visites ministérielles — celles de Jacques Chirac, Édouard Balladur, Lionel Jospin, Nicolas Sarkozy, François Hollande ou Emmanuel Macron. Le collier de jasmin représentait alors un poste budgétaire significatif pour les services protocolaires.

Vendue entre 10 et 20 €, la pièce — selon la qualité du jasmin — cette tradition florale a vu son prix grimper sans relâche, à la manière de l’or rue Vivienne à Paris. Les quantités produites sont impressionnantes, sans commune mesure avec celles écoulées à l’aéroport de Pamandzi ou à la gare maritime internationale de Dzaoudzi. Le Conseil départemental de Mayotte pouvait parfois accumuler plusieurs milliers d’euros de dettes auprès de particuliers ou d’associations locales, situées entre Petite-Terre et Grande-Terre. De nombreux producteurs cherchaient à devenir fournisseurs officiels de la collectivité.

Un objet de mode soumis aux tendances

Symbole de distinction jadis, le collier de jasmin est aujourd’hui un accessoire de mode, parfois en voie de banalisation. En période électorale, la demande explose, entraînant une flambée des prix. Le succès est tel que des intermédiaires — essentiellement des femmes — se sont spécialisées comme « rabatteuses », cherchant et réservant le jasmin directement auprès des foyers producteurs.

Face à cet engouement, le Conseil départemental a mis en place, il y a environ trois ans, un programme de soutien financier à la filière. Le collier se décline désormais en version naturelle ou synthétique (made in China), avec de nouvelles nuances et variétés importées : jasmins pourpres, bleus, jaunes, roses foncés, etc.

D’autres fleurs exotiques viennent enrichir les compositions : frangipaniers multicolores, bougainvilliers, Alamandas mauves et jaunes, dahlias ou zinnias. Chaque producteur rivalise d’innovation, parfois sur commande spéciale, notamment en période de campagne électorale, où la précieuse pépite blanche devient un symbole de prestige.

Autour du cou, dans les cheveux, en couronne, à la boutonnière ou sur un veston, il se décline en formes diverses selon les circonstances. Présent à toutes les fêtes, il symbolise la joie des retrouvailles et la coquetterie mahoraise — particulièrement visible lors des campagnes électorales et des cérémonies d’investiture des candidats aux municipales 2026.

Avis donc aux experts-comptables : le collier de jasmin est, désormais, un poste comptable à ne pas sous-estimer !

Des millions pour sauver des eaux l’aéroport de Pamandzi

Des millions pour sauver des eaux l’aéroport de Pamandzi

Une trentaine de millions d’euros à trouver en urgence pour la remise en état de la piste aéroportuaire de Pamandzi. Le gestionnaire actuel de la plateforme se serait vu proposer une prolongation de 5 ans de sa concession qui arrive à terme en 2027, moyennant le déboursement de l’enveloppe financière indispensable que l’Etat ne souhaite pas débourser. Les compagnies aériennes qui desservent Mayotte actuellement se plaignent d’une non-conformité des bâtiments de l’aérogare au regard du trafic qui a très largement augmenté au cours des 20 dernières années.   

Le groupe EDEIS qui exploite actuellement l’aéroport de Pamandzi pourrait être en situation de voir prolonger sa concession pour encore 5 nouvelles années à compter de 2027, sous certaines conditions. La plateforme qui est sujette à quantité de difficultés matériels et techniques exige de très importants investissements financiers pour retrouver son lustre d’antan, malheureusement, comme tout citoyen mahorais l’a bien compris, l’Etat central n’est absolument pas intéressé pour mettre un kopeck dans sa remise en état. D’où la diversion qui n’aura trompé que l’actuel hôte de l’hôtel de Département – Région portant sur un nouvel aéroport à piste longue dans la forêt primaire et protégée de Bouyouni, unique berceau significatif de l’agriculture à Mayotte par excellence et importante réserve d’eau souterraine qui assure l’essentielle de l’alimentation de l’île dans cette ressource vitale. Le sujet est à lui seul un long fleuve tranquille qui n’est pas près de se tarir dans les commentaires populaires et journalistes pour des décennies encore, quelque soient les affirmations actuelles de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) locale.   En vérité, la bagatelle d’un peu de 30 millions d’euros serait nécessaire pour remettre en état l’actuel aéroport Marcel Henry de Pamandzi, rudement soumis aux violents vents du cyclone Chido, bien qu’assez mal en point avant ce désagrément climatique imprévisible. « La piste s’est beaucoup enfoncée par rapport à son niveau initial, et c’est très inquiétant compte tenu de la montée régulière du niveau de la mer et des conséquences indéniables des secousses du volcan sous-marins Fani Maoré situé à quelques encablures dans la direction de Madagascar », confie sous le couvert de l’anonymat, une source bien au courant de ce dossier.

Les bâtiments de l’aérogare ne seraient plus aux normes selon des compagnies aériennes

« Il faudra racler et combler la piste actuelle qui s’est affaissée de 15 centimètres en profondeur, pour ensuite la rehausser de 20 centimètres. Mais ce n’est pas tout, il existe une ravine très connue des habitants de Pamandzi, à un endroit précis sous cette piste, qui se serait réouverte sous terre et qu’il va absolument falloir gérer », complète l’informateur avisé de Flash Info. Les compagnies aériennes se plaignent de l’ensemble de ces problèmes et de la prédominance d’un vent arrière qui complique l’atterrissage de leurs appareils sur cette plateforme aéroportuaire unique en son genre compte tenu des contraintes techniques et matérielles qui la caractérise. Il est très souvent question de la résurrection d’une piste dite « convergente » qui a existé avant les années 80 en palliatif de ce problème de vent arrière. Une piste jugée chaque fois trop chère à réaliser en addition de celle existante dès qu’il s’est agit de réaliser des travaux importants sur le site.

De l’avis des avionneurs utilisant la piste d’aviation de Pamandzi, les bâtiments actuels (construits durant la concession du groupe Lavalin avant qu’il ne s’efface au profit d’EDIS) ne seraient plus vraiment aux normes, au regard de l’importance du trafic actuel, sans que la DGAC (gardienne du temple de ces normes et règlements) ne trouve à dire. Selon notre source, des discussions assez avancées auraient été engagés entre les hautes instances nationales et le groupe EDEIS pour une prolongation de 5 ans de sa concession (à compter de 2027) en contrepartie de la prise en charge des investissements globaux à consentir pour remettre l’aéroport en état. Une trentaine de millions d’euros qu’il va falloir absolument trouver avant la fin de l’année prochaine sous peine de voir retirer l’agrément d’usage de la plateforme. EDEIS n’aura d’autre choix que de contracter un emprunt à hauteur de la mise nécessaire. Il lui faudra imaginer un plan de recouvrement de ladite somme (et des intérêts assortis) probablement auprès des usagers au cours des années à venir. Une situation guère aisée pour le groupe gestionnaire de l’installation aéroportuaire qui va devoir débourser rapidement un peu de 2 millions d’euros pour terminer les travaux d’extension de l’aérogare (plus d’espace pour l’enregistrement des bagages), quasiment terminés avant le cyclone Chido. Lui aussi se démène auprès des assurances pour une prise en charge du coût estimé à un 1,5 millions d’euros, qu’il va probablement devoir assumer sur fonds propres.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes