Accueil Blog Page 32

Quand le « Dixmude » capte l’attention des Mahorais

Quand le « Dixmude » capte l’attention des Mahorais
Le porte-hélicoptères amphibie « Dixmude » dispose d’une capacité exceptionnelle de projection de moyens humains et matériels sur les terrains requérant l’intervention des forces armées françaises.

Des scolaires, des marsouins du RSMA de Combani, des jeunes sapeurs-pompiers, mais également des cadets de la gendarmerie ont été invités à visiter le porte-hélicoptères Dixmude, en présence de la presse mahoraise. Une escale qui aura marqué les esprits du côté de la population civile, venue en masse sur la nouvelle place de France à Dzaoudzi assister à l’hommage solennel aux morts, présidé par le préfet de Mayotte, en présence des commandants du Dixmude et des forces armées sur l’île, sous le son des cornemuses de quelques éléments du Bagad de Lann-Bihoué. Un moment empreint d’émotion.

Le porte-hélicoptères amphibie Dixmude a fait escale dans le lagon très tôt jeudi matin. Sa venue dans les eaux mahoraises avait officiellement été annoncée depuis plusieurs jours par le préfet de Mayotte, mais aussi par les forces armées. C’est la toute première fois que ce bâtiment fait relâche dans la rade de Dzaoudzi, renouant ainsi avec un passé où des navires de guerre de cette importance faisaient des passages réguliers sur l’île.

Quand le « Dixmude » capte l’attention des Mahorais

C’est dans le cadre de la « mission Jeanne d’Arc » (formation des élèves officiers de l’École navale) que le Dixmude est venu présenter aux Mahorais différentes missions de la Marine nationale, dont le rayonnement de la France dans le monde. « Faire comprendre ce que fait la Marine, pourquoi elle existe et quelles capacités elle met en œuvre : la mission Jeanne d’Arc est en cela un excellent moyen de montrer l’ensemble du dispositif de la Marine nationale, que ce soient des moyens aéronautiques ou de projection de forces », explique l’enseigne de vaisseau de 1re classe en charge des relations avec la presse.

À son bord, le Dixmude embarque un groupement tactique embarqué de l’armée de Terre, composé notamment de forces du 3e Régiment d’infanterie de marine, pouvant être mises en œuvre dans le cadre de ses capacités amphibies. « En d’autres termes, la capacité de projeter des marins, des soldats, du matériel médical, des vivres vers la terre pour assurer des missions de soutien, d’assistance ou de projection de forces », renchérit l’officier.

Quand le « Dixmude » capte l’attention des Mahorais
Un étalage de véhicules militaires, d’hélicoptères et de haute technologie pour donner un aperçu aux jeunes
Mahorais des moyens que peut déployer l’armée française pour défendre ses intérêts stratégiques dans l’océan
Indien.

Le Dixmude est un navire doté d’une importante capacité d’action et d’interaction en mer, largement expliquée à de nombreux scolaires (collèges, lycées, pôle aéronautique, cadets de la gendarmerie, jeunes sapeurs-pompiers et marsouins du Régiment du Service Militaire Adapté de Combani) à l’occasion d’une visite guidée d’une heure dans la matinée. À noter que ce navire compte parmi son personnel une quinzaine de membres originaires de Mayotte.

Des scolaires revenus sur la terre ferme avec des rêves plein la tête

« Évidemment, nous avons l’intention de faire comprendre aux gens ce que nous faisons, de susciter de l’intérêt, et peut-être l’espoir que certains d’entre eux seront inspirés par ce qu’ils ont vu et souhaiteront par la suite s’engager dans la Marine nationale », reconnaît le communicant du Dixmude.

L’année 2026 est un moment particulier pour la Marine française, qui célèbre ses 400 ans d’existence. D’où une volonté de faire découvrir à ses troupes des territoires non visités depuis 20 ans, et de rappeler qu’elle représente l’ensemble du territoire national, avec la volonté d’être présente et visible partout en France.

Message reçu cinq sur cinq par les collégiens et lycéens qui ont eu la chance de visiter le Dixmude, à l’image de Saïd Nassim, élève en classe de 2de aéronautique à Pamandzi, émerveillé par cette sortie scolaire à bord du porte-hélicoptères amphibie : « Nous avons découvert des choses que nous ignorions, comme les hélicoptères Gazelle et NH90, ainsi que les drones de la Marine nationale, le pont d’envol, etc. » À titre personnel, il se verrait bien un jour marin, par goût de l’aventure et de la mécanique.

Quand le « Dixmude » capte l’attention des Mahorais
La découverte des différents hélicoptères embarqués à bord du « Dixmude » a suscité des vocations futures parmi
les lycéens du pôle aéronautique de Pamandzi.

Scolarisé au lycée de Petite-Terre, Abdourane retiendra de sa visite sur le Dixmude une occasion très rare de découvrir un navire de cette envergure, qui se déplace rarement dans nos eaux : « Cela nous a permis de découvrir plein de choses qui nous donnent encore plus envie de nous impliquer dans l’apprentissage des métiers de l’aéronautique. » Une nouvelle vocation est née en lui : devenir pilote d’hélicoptère, dans le militaire ou le civil, notamment pour les évacuations sanitaires.

Des hélicoptères qu’il a pu approcher de près, monter à leur bord, découvrir leurs différentes tailles et comprendre leur utilité. Ces élèves, issus de différents établissements du second degré, ont regagné la terre ferme après une heure d’émerveillement dans les entrailles et sur le pont du porte-hélicoptères amphibie Dixmude, conscients de la chance qui leur a été donnée par les autorités de l’Éducation nationale et le commandement des forces armées.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Comores : 18 migrants continentaux périssent dans un naufrage

Comores : 18 migrants continentaux périssent dans un naufrage

Les passeurs les auraient fait débarquer près des côtes en faisant croire aux 51 passagers qu’ils étaient arrivés à destination, notamment à Mayotte, confrontée à des vagues de migrants essentiellement originaires d’Afrique.

Encore une tragédie liée à l’immigration clandestine au nord de la Grande Comore. Dans la nuit de mercredi, des migrants continentaux ont été abandonnés au large des côtes de Mitsamihuli. Alertés par des cris de détresse, les habitants de cette commune se sont mobilisés pour porter secours aux naufragés.

Malheureusement, seuls 30 passagers ont pu être secourus vivants sur la cinquantaine de personnes à bord. Dans un premier temps, un bilan provisoire faisait état de 8 morts parmi les rescapés. Mais dans l’après-midi, ce chiffre est monté à 18 décès, après le repêchage de dix corps supplémentaires.

Selon le directeur de l’hôpital de Mitsamihuli, Zain Elabidine Abdallah, l’alerte a été donnée vers 22h30 par un jeune habitant. « Il s’est rendu à la gendarmerie, puis est revenu utiliser le micro de la mosquée, dont la sonorisation porte sur près de deux kilomètres, pour lancer un appel. Les habitants se sont alors précipités vers la mer pour porter secours », a-t-il expliqué.

Les premiers survivants sont arrivés à l’hôpital vers minuit. « Parmi les huit premiers corps, il y avait quatre hommes et quatre femmes, dont une fillette de deux ans et demi. Aucun des survivants ne présentait de blessures graves nécessitant des points de suture », a indiqué la docteure Halssoi Bacar. Une femme enceinte de trois mois figure également parmi les rescapés.

Des migrants majoritairement congolais

Dans un communiqué, la direction générale de la sécurité civile a confirmé le naufrage : « Une embarcation transportant des migrants depuis les côtes est-africaines a fait naufrage à Mitsamihuli. Le Centre de traitement des appels du COSEP a été informé à 00h15. Des moyens de secours ont immédiatement été déployés, dont deux ambulances, un groupe d’intervention et un médecin réanimateur. »

Engagés dans les opérations de recherche, les garde-côtes ont fermement condamné ces pratiques criminelles, dénonçant une mise en danger délibérée de vies humaines. « Les auteurs feront l’objet d’identifications et d’interpellations », ont-ils assuré.

Lors d’une conférence de presse tenue jeudi, en présence de représentants des Nations unies, le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahamada, a précisé que la majorité des victimes étaient originaires de la République démocratique du Congo. « Nous ne pouvions pas enterrer les victimes sans connaître leur nationalité », a-t-il expliqué, saluant au passage la solidarité des habitants de Mitsamihuli, qui ont mis à disposition un terrain pour l’inhumation.

« Le bateau les a déposés au large en leur demandant de rejoindre la côte à la nage, en leur faisant croire qu’ils étaient arrivés à destination. Mais seuls 30 ont survécu. À ce jour, 17 corps ont été repêchés et quatre personnes sont portées disparues », a ajouté le ministre.

De son côté, le coordonnateur résident du système des Nations unies a appelé à une coopération internationale renforcée pour lutter contre les réseaux de passeurs.

Vers une coopération régionale

« C’est la première fois que nous enregistrons des pertes humaines malgré les vagues de migrants observées. Cela montre le caractère dramatique de ces mouvements, qui relèvent de réseaux criminels. Le gouvernement comorien souhaite collaborer avec la Tanzanie, car seule une solidarité régionale permettra de trouver des solutions durables », a déclaré James Bolt, coordonnateur résident du système des Nations unies aux Comores, en déplacement à l’hôpital de Mitsamihuli aux côtés de l’Organisation internationale pour les migrations.

Depuis cinq mois, plusieurs villes côtières de la Grande Comore font face à un afflux important de migrants, principalement originaires du continent africain et cherchant à rejoindre Mayotte. Les passeurs les abandonnent souvent sur d’autres îles en leur faisant croire qu’ils ont atteint leur destination.

Dans ce drame, les migrants auraient été pris au piège par les courants marins, réduisant considérablement leurs chances de survie.

Face à cette situation, l’Union des Comores a lancé en décembre des travaux visant à se doter d’une véritable politique migratoire. En 2025, près de 400 migrants ont été interceptés sur les côtes comoriennes, selon des chiffres officiels, sans compter ceux ayant échappé aux contrôles.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Des milliards de particules de micro plastiques tombent sur Mayotte chaque jour

Des milliards de particules de micro plastiques tombent sur Mayotte chaque jour

Une étude scientifique française récente et le projet participatif Plasma mettent en lumière une pollution aux origines multiples, jusque dans l’air. Longtemps perçu comme un sanctuaire préservé, le lagon de Mayotte révèle une contamination diffuse aux microplastiques.

À Mayotte, les microplastiques ne viennent pas uniquement de la terre ou de la mer. Ils arrivent aussi par voie aérienne. C’est l’un des apports majeurs du Projet Plasma, un programme de recherche interdisciplinaire lancé à Mayotte fin 2022 et prévu jusqu’en 2027. Son objectif : remonter toute la chaîne de contamination, du déchet visible à la particule invisible. À Combani, les premières mesures atmosphériques ont de quoi surprendre : entre 1 000 et 1 500 particules de plastique se déposent chaque jour sur un mètre carré. Mais ces chiffres ne sont qu’une de premières estimations précisent les chercheurs. « Si l’on extrapole à l’échelle de l’île, cela correspond à des milliards de particules qui tombent sur Mayotte chaque jour. Ce qui serait davantage qu’à Paris. Seulement, on ne sait pas encore quel est leur danger pour la santé. Dans un an nous aurons les résultats plus précis de ces retombées », explique la chercheuse Cristèle Chevalier, co-autrice de l’étude.

Une première en France pour ce type d’observation

L’origine de ces particules est multiple. L’usure des pneus en constitue une source majeure : « Quand des véhicules roulent, les pneus libèrent des microplastiques qui se retrouvent dans l’air, puis retombent notamment dans le lagon. D’autres microplastiques sont transportés par les vents, comme les poussières du Sahara. »

Le lagon, piège à particules

Sous la surface du lagon, une pollution invisible s’installe. Des fragments de plastique, parfois mille fois plus fins qu’un grain de sable, circulent désormais dans cet écosystème emblématique. Une fois dans l’eau, ces fragments ne disparaissent pas. Ils s’accumulent. Les chercheurs s’interrogent notamment sur le rôle de la barrière de corail, qui entoure le lagon. « Du fait de la barrière récifale, les microplastiques ont tendance à s’accumuler dans le lagon plutôt qu’à l’extérieur », observent-ils. Un effet de confinement qui pourrait transformer cet espace en zone de rétention. « Nous n’avons aucun doute sur le fait qu’une partie provient de l’intérieur du territoire, mais ceux venant de l’extérieur peuvent aussi s’y accumuler », précise la chercheuse. Autre enseignement de l’étude : près de 70 % des particules identifiées dans le lagon sont du polypropylène, un plastique léger très utilisé dans les emballages, capable de flotter durablement. Les concentrations mesurées varient entre 0,01 et 1,23 particule par mètre cube d’eau. Des niveaux encore modestes à l’échelle mondiale, mais suffisants pour attester d’une contamination bien réelle. « Ces résultats constituent une première photographie du lagon », soulignent les scientifiques, qui ont mené leurs prélèvements sur plusieurs périodes afin de comparer saison sèche et saison des pluies. Un constat s’impose : les concentrations augmentent avec les précipitations, lorsque les déchets terrestres sont entraînés vers la mer.

Des causes locales et structurelles

À Mayotte, plusieurs facteurs aggravants sont identifiés. « L’inaccessibilité aux poubelles et le non ramassage est une des causes », notent les chercheurs du projet Plasma, qui travaillent avec des sociologues pour analyser les pratiques. À cela s’ajoute une gestion encore limitée des eaux usées : seule une faible part des habitations est raccordée à un réseau d’assainissement. Les rivières jouent également un rôle clé. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, elles contiennent moins de microplastiques en saison des pluies. « Ils sont emportés vers le lagon et ne stagnent pas », selon les équipes.

Une recherche pour et par la société mahoraise

Face à ce constat, les scientifiques tentent de dépasser le simple diagnostic. Le projet Plasma mise sur la participation des habitants. Des élèves, notamment du collège de Passamaïnty, participent aux prélèvements. « Cela permet aussi de sensibiliser les jeunes », rapporte la chercheuse Cristèle Chevalier. Plus original encore, des « parlements de la rivière » ont été mis en place. Ces espaces de discussion réunissent habitants, associations, scientifiques et institutions. « Tout le monde a une voix identique, avec ou sans papiers », insistent les organisateurs. Objectif : faire émerger des solutions collectives à partir des réalités du terrain.

Une pollution encore mal comprise

À ce stade, une question demeure : quels sont les effets de cette pollution ? Les résultats à venir du projet Plasma, attendus d’ici 2027, devraient permettre d’affiner les connaissances. « L’année prochaine, nous pourrons déjà présenter de premiers résultats, en associant les élèves », annoncent les équipes. En attendant, une certitude s’impose : même les territoires les plus isolés ne sont plus à l’abri. À Mayotte, la pollution plastique ne se contente plus de flotter. Elle circule, s’infiltre et tombe du ciel. On comprend mieux la circulation des micro plastiques, mais il reste à identifier leurs sources et leurs impacts pour agir efficacement.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Plus de 300 familles au rendez-vous de la Caravane de l’autisme

Plus de 300 familles au rendez-vous de la Caravane de l’autisme

Partie de Bouéni le 5 mars, la caravane de l’autisme poursuit son tour de Mayotte et s’achèvera ce samedi 21 mars à M’tsamboro. Portée par plusieurs acteurs engagés, cette initiative de sensibilisation rencontre un succès croissant auprès de la population.  

Depuis son lancement, près de 300 familles ont participé aux différentes journées organisées à travers l’île. Sur la journée du 19 mars, une quarantaine de familles s’est déplacée, confirmant une tendance observée chaque année : une mobilisation toujours plus importante autour de la question de l’autisme. Pour faciliter l’accès à ces rencontres, le CCAS a mis en place un service de transport à destination des familles n’étant pas véhiculées.

Briser les idées reçues

À Mayotte, l’autisme reste encore souvent associé à des croyances liées aux esprits, ce qui peut retarder la compréhension et la prise en charge des enfants concernés. L’objectif de la caravane est donc clair : informer, expliquer et déconstruire ces représentations. « L’autisme peut se travailler », rappelle Laïssa Mohamed Soilihi, éducatrice à l’association Autisme Mayotte, insistant sur l’importance d’un accompagnement adapté. L’association Autisme Mayotte joue un rôle central dans cette démarche. Créée par des parents, elle accompagne aujourd’hui près de 500 familles confrontées aux troubles du neuro développement dont l’autisme. Chaque année, de nouvelles familles rejoignent l’association, preuve d’un besoin grandissant.

Sensibiliser les familles

La caravane de l’autisme permet donc de sensibiliser aux signes d’alerte et aux méthodes d’accompagnement. « Les signes d’alerte se remarquent vers l’âge de deux ans quand l’enfant commence à parler, on note un retard moteur ou de langage. L’enfant est comme dans une bulle par rapport au monde extérieur », souligne l’éducatrice spécialisée Laïssa Mohamed Soilihi. La moyenne des enfants accompagnés par l’association Autisme Mayotte ont de 3 ans à 20 ans. « Nous accompagnons aussi des adultes qui n’ont pas de structures adaptées pour eux, nous rompons l’isolement grâce à des activités », rapporte l’association. Plusieurs professionnels interviennent à travers l’association, dont des orthophonistes, éducateurs spécialisés, ergothérapeutes…etc. même si leur présence reste limitée à quelques jours par semaine.

Plus de 300 familles au rendez-vous de la Caravane de l’autisme

Un parcours encore complexe

À Mayotte, l’accès aux structures spécialisées dépend souvent d’une orientation délivrée par la MDPH, un passage obligatoire mais parfois long pour les familles. Le diagnostic, quant à lui, est notamment assuré par l’association Mlezi Maore, via une plateforme en ligne connectée à des spécialistes basés en métropole.

Une mobilisation collective

La caravane est organisée conjointement par APAJH Mayotte, Autisme Mayotte et Mlezi Maore. Pour Laïssa Mohamed Soilihi, ces actions sont essentielles pour faire évoluer les mentalités et améliorer la prise en charge sur le territoire. À noter qu’aucune action de sensibilisation n’est prévue ce vendredi 20 mars, avant la dernière étape de la caravane prévue ce samedi 21 mars à M’tsamboro.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Cérémonie du 19 mars : hommage et marins-musiciens à Mayotte

Cérémonie du 19 mars : hommage et marins-musiciens à Mayotte
À l’occasion du passage du porte-hélicoptères amphibie Dixmude à Mayotte, le Bagad de Lann-Bihoué offrira plusieurs représentations musicales ouvertes au public. Ici, un marin s’échauffe à la caisse claire écossaise avant l’une de ces prestations.

À Mayotte, la cérémonie du 19 mars a rassemblé la population autour d’un moment de recueillement en mémoire des victimes de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc, rappelant l’importance de transmettre cette mémoire aux jeunes générations.

Dans le même temps, l’escale du porte-hélicoptères amphibie Dixmude dans le cadre de la mission Jeanne d’Arc a donné lieu à plusieurs animations, notamment les prestations du Bagad de Lann-Bihoué sur le parvis du comité de tourisme, auxquelles ont assisté les élèves du collège K1. 

Composé d’une trentaine de marins formés à la fois aux exigences militaires et musicales, cet ensemble incarne le lien entre tradition navale et culture, offrant au public mahorais un moment de rencontre et de découverte.

Mamoudzou lance son appel à projets 2026 pour dynamiser les quartiers prioritaires

Mamoudzou lance son appel à projets 2026 pour dynamiser les quartiers prioritaires

La Ville de Mamoudzou, en partenariat avec les services de l’État dans le cadre de la politique de la Ville, annonce le lancement de l’appel à projets pour la programmation du Contrat de Ville 2026. Cette initiative s’adresse à l’ensemble des porteurs de projets du territoire, notamment les associations loi 1901 déclarées en préfecture (avec une priorité accordée aux structures locales), les établissements publics, les organismes à but non lucratif, les collectivités territoriales ainsi que les conseils citoyens des quartiers de Kawéni, Cavani et Mgombani constitués en association.

Cet appel à projets vise à renforcer les actions en faveur des publics en difficulté dans les quartiers prioritaires de la commune. La géographie prioritaire de Mamoudzou comprend notamment Kawéni, Mgombani, Cavani, M’tsapéré, Doujani, Passamainty, Tsoundzou I et II ainsi que Vahibé.

Pour l’année 2026, les initiatives proposées devront répondre à plusieurs enjeux majeurs : la lutte contre l’insalubrité et l’habitat indigne, la réduction de l’exclusion urbaine, la promotion de l’intégration et de la réussite éducative, la prévention de la délinquance, l’amélioration de la coordination des dispositifs d’accompagnement à l’emploi, ainsi que le soutien aux personnes en situation de handicap. Une attention particulière sera également portée aux projets intégrant des dimensions transversales telles que la lutte contre les discriminations, l’égalité entre les femmes et les hommes et l’accompagnement de la jeunesse.

Les demandes de subvention devront obligatoirement être déposées via la plateforme Dauphin. Le formulaire Cerfa généré devra ensuite être transmis par courriel au plus tard le lundi 13 avril 2026 à 12h00 à l’adresse suivante : subvention.politiquedelaville@mamoudzou.yt
. Pour toute information complémentaire, les porteurs de projets peuvent contacter les services de la Ville aux numéros dédiés.

L’ARS Mayotte au Salon Infirmier 2026 à Paris

L’ARS Mayotte au Salon Infirmier 2026 à Paris

L’Agence régionale de santé (ARS) de Mayotte participera au Salon Infirmier 2026, les 25 et 26 mars à Paris. Aux côtés du Centre hospitalier de Mayotte et de professionnels de santé libéraux, ses équipes iront à la rencontre des infirmiers et infirmières intéressés par une installation sur le territoire. Présente sur le stand F19, l’ARS mettra en avant les opportunités d’exercice à Mayotte, à l’hôpital comme en libéral, ainsi que les projets de santé en développement. Les visiteurs pourront échanger avec des professionnels du terrain et poser leurs questions. Le stand sera ouvert le mercredi 25 mars de 9h à 18h et le jeudi 26 mars de 9h à 17h. Plus d’informations sur le site du Salon Infirmier.

L’ARS Mayotte au Salon Infirmier 2026 à Paris

M’Tsangamouji lance un appel à projets pour financer des initiatives locales

M’Tsangamouji lance un appel à projets pour financer des initiatives locales

La commune de M’Tsangamouji lance son appel à projets 2026 dans le cadre du Contrat de Ville. L’objectif est de soutenir des actions qui améliorent la vie des habitants. Les projets peuvent porter sur : l’accès à l’emploi et à l’insertion professionnelle, la réussite scolaire, le soutien aux personnes handicapées, le développement des commerces et coopératives, ou la sensibilisation à l’environnement. Cet appel est ouvert aux associations, aux établissements publics, aux organismes à but non lucratif, aux collectivités et aux acteurs locaux. Les dossiers doivent être déposés avant le vendredi 17 avril 2026 à midi sur la plateforme DAUPHIN, puis envoyés par mail à p.delaville@mairiedemtsangamouji.fr. Les services de la mairie peuvent aider les porteurs de projets dans leurs démarches.

Immigration clandestine à Mayotte : une filière démantelée, quatre interpellations

Immigration clandestine à Mayotte : une filière démantelée, quatre interpellations
Selon la Police nationale, quatre individus ont été interpellés à Mayotte après que des moteurs, téléphones et argent ont été saisis dans le cadre d’une filière d’immigration clandestine.

Une opération spectaculaire menée à Mayotte les 8 et 9 mars a permis à la Police nationale de démanteler une filière d’immigration clandestine entre les Comores et l’île, selon un post publié sur Facebook par les forces de l’ordre. Quatre individus ont été interpellés et incarcérés, tandis que des saisies significatives ont été réalisées lors de l’intervention.

Une enquête minutieuse de l’OLTIM

L’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (OLTIM), relevant de la police aux frontières, a mené cette opération dans le cadre d’une enquête judiciaire visant une organisation spécialisée dans l’acheminement illégal de passagers entre les Comores et Mayotte. Selon la Police nationale, les investigations ont révélé une structure organisée, dirigée par un individu orchestrant des traversées clandestines à bord de « kwassa-kwassa », de petites embarcations souvent dangereuses.

Les passagers étaient déposés sur l’îlot de M’tsamboro avant d’être acheminés vers l’île principale, moyennant plusieurs paiements. Les autorités estiment que cette activité illégale aurait pu générer plus de 210 000 euros, soulignant l’ampleur et la rentabilité de ce trafic.

Une intervention coordonnée et spectaculaire

L’opération d’interpellation a mobilisé plusieurs services de police, dont le RAID, la brigade anticriminalité (BAC) et la police aux frontières. Quatre personnes ont été arrêtées puis placées en détention provisoire.

La Police nationale précise que lors de l’intervention, des moteurs de bateaux, des téléphones, des documents d’identité ainsi qu’une somme de 2 600 euros ont été saisis, constituant autant de preuves de l’activité criminelle.

Les enjeux pour Mayotte

Mayotte, territoire français en zone ultramarine, fait face depuis plusieurs années à des flux migratoires importants en provenance des Comores. Les traversées clandestines à bord de kwassa-kwassa représentent un risque considérable pour la sécurité des passagers, souvent exposés à la noyade ou à des conditions de transport extrêmes.

Les autorités locales et nationales rappellent que ces opérations témoignent de la vigilance des forces de l’ordre dans la lutte contre l’immigration illégale et le trafic de migrants. Elles mettent également en avant l’importance de la coordination entre les différents services pour démanteler des réseaux organisés et protéger les populations.

Une affaire à suivre

L’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuels complices et de comprendre l’ensemble du fonctionnement de la filière. Les quatre personnes incarcérées devront répondre devant la justice des charges qui pèsent sur elles, alors que les autorités restent mobilisées pour prévenir de nouvelles traversées clandestine

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS
s.

Formation des prix des produits : le coût du ticket de barge ne serait qu’un prétexte pour les commerçants.

Formation des prix des produits : le coût du ticket de barge ne serait qu’un prétexte pour les commerçants.

Une jeune mère de famille dénonce les marges exorbitantes que se font les commerces installés en Petite-Terre. De retour d’une foire commerciale à Mamoudzou, elle découvre que la tenue qu’elle a achetée la veille au soir auprès d’une marchande de Dzaoudzi-Labattoir valait moitié prix dans la ville chef-lieu, distante de seulement deux kilomètres. Elle s’insurge contre un système qui s’appuie sur le coût d’un ticket de barge pour justifier des abus qu’elle estime intolérables. Elle prône la fin d’un silence complice des pouvoirs publics, seuls en mesure de réparer une telle injustice commise à l’encontre d’une partie de la population de Mayotte, estimée à tort plus aisée financièrement.

Les habitants de la Petite-Terre en appellent au préfet de Mayotte et au président du conseil départemental pour leur rendre justice en activant le système antifraude. Ils se disent victimes d’une double inflation sur le marché local, considérés à tort par les commerçants, toutes catégories confondues, comme disposant d’un pouvoir d’achat plus élevé que dans les autres régions du territoire. En cause : la surtaxation de tous les produits vendus dans les commerces, au motif avancé du coût de la traversée par barge des camions qui livrent leurs marchandises au départ de Mamoudzou.

« Si, de coutume, le Mahorais se plaint d’un écart de prix trop important entre la métropole et l’archipel, voire entre La Réunion et Mayotte, nous, en Petite-Terre, nous sommes complètement écrasés : nous croulons sous le poids d’une injuste double taxation. Nous subissons la hausse des prix à la consommation au même titre que tous les Mahorais, mais, en plus, nous devons supporter une hausse supplémentaire au motif que les commerçants répercutent sur l’ensemble des produits, importés ou produits localement, le coût du ticket de barge des camions de livraison. »

Halima Abdou Mhadji n’a pas assez de mots pour dénoncer ce qu’elle appelle « une arnaque au ticket de barge » et fustige le silence complice des hautes autorités du territoire mahorais. Elle pointe du doigt une situation qu’elle juge injuste et intenable à long terme.

« Il n’y a pas d’autres mots : il faut dire les choses comme elles sont. On nous racket tout simplement avec cette histoire de ticket de barge. Nous sommes devenus la vache à lait de tous les commerçants, grands et petits, et nous ne sommes plus d’accord avec ça ! Ailleurs, on appelle cela une continuité territoriale, et des mécanismes compensatoires sont étudiés et mis en place pour éviter de pénaliser les usagers. Un bras de mer de seulement deux kilomètres ne doit plus nous conduire à cette disparité des prix à la consommation. »

Le passage du cyclone Chido ne peut ni expliquer ni excuser toutes les dérives et injustices à l’encontre des consommateurs mahorais.

La jeune mère de famille n’a pas tort dans son argumentaire. L’écart de prix entre Mamoudzou et la Petite-Terre varie entre un minimum de 1 à 10 euros sur les produits basiques et peut aller jusqu’au double selon le type de marchandises. Résultat : les personnes résidant à Pamandzi et Dzaoudzi-Labattoir reviennent quotidiennement surchargées lorsqu’elles reprennent la barge pour rentrer chez elles. D’autres se sentent obligées de faire traverser leurs véhicules une fois par semaine (ou par mois) pour aller faire leurs courses sur la Grande-Terre.

« Le sort qui nous est réservé est d’autant plus grave qu’on nous force à acheter des produits dont nous n’avons pas forcément besoin, d’une qualité moindre que ceux proposés aux habitants de la Grande-Terre. »

Halima Abdou Mhadji compare le régime ou la main de bananes proposés à la vente sur les étals des marchés de quartier à des prix exorbitants. Selon la variété, le régime est à peine inférieur à 100 euros.

« Vous vous rendez compte ? Une main de bananes non décortiquée coûte aujourd’hui 10 €, contre 4 à 5 € avant le cyclone Chido. En vérité, nous avons le sentiment que le système s’est mis d’accord pour nous imposer une nouvelle inflation en se servant de cet événement climatique comme justificatif à toutes les dérives. »

Elle poursuit en évoquant les produits de première nécessité dont le coût a doublé en seulement un an : le manioc est passé de 2 à 5 euros le tas, le sac de 10 kg de viande avoisine les 100 euros, si ce n’est plus, etc. Au-delà des produits alimentaires, la jeune femme passe également en revue les écarts de prix dans le mobilier, les appareils électroménagers, la peinture, la plomberie, les matériaux de construction et d’autres denrées qu’elle estime aujourd’hui difficiles à acquérir en raison de la répercussion du coût de la traversée par barge.

Elle implore les pouvoirs publics d’intervenir pour stopper cette dérive, estimant qu’il s’agit en réalité d’un faux problème, et n’hésite pas à parler de « vol qualifié ».

« Nous sommes au mois de Ramadan, moment de fortes dépenses pour n’importe quel ménage mahorais. La course de taxi n’a pas augmenté que je sache, le carburant non plus, le coût du ticket de barge encore moins. Alors, qu’on nous détaille le mécanisme de formation des prix à la consommation pour en arriver à de telles extrémités ! »

Des arguments peu convaincants sur le mécanisme de formation des prix

Pour elle, le service de la répression des fraudes est inopérant dans les grandes surfaces et les grands commerces, qu’elle considère comme les premiers responsables de cette envolée inexpliquée des prix.

Elle prend un autre exemple : celui d’un camion de livraison affrété par une grande enseigne pour livrer diverses denrées alimentaires en Petite-Terre, dont le coût de la traversée se situe entre 75 euros (PL1) et 120 euros (PL3). Elle s’interroge sur la manière dont de telles sommes, qu’elle qualifie de « dérisoires », peuvent se transformer en flambée des prix, alors qu’un conteneur frigorifique (ou non) a une capacité de 20 ou 40 pieds.

« Même avec une augmentation tarifaire de 20 à 30 centimes d’euro, le ticket de barge est largement amorti. Alors pourquoi continuer à réaliser des marges excessives sur le dos d’une partie de la population sous prétexte qu’elle serait financièrement plus aisée que la majorité des habitants de Mayotte ? »

Halima Abdou Mhadji n’entend pas s’arrêter à ce simple « coup de  gueule ». Elle appelle à la constitution rapide d’une « ligue des consommateurs mahorais » afin de se saisir de cette affaire et de la porter devant les instances décisionnelles et juridictionnelles.

Elle évoque une situation qui dépasserait largement le simple cadre de la liberté de commercer pour relever d’une « infraction qualifiée ». Par ses propos, elle exprime une colère vive et n’hésite pas à employer des termes que Flash Info ne saurait reproduire.

Elle montre un ensemble pour nourrisson qu’elle vient d’acheter à une foire commerciale pour 14 euros, alors que le même produit est vendu 5 euros par d’autres commerçants à Mamoudzou.

« Même en intégrant le coût du taxi et de la barge, je n’obtiens pas un tel écart de prix. Alors qu’on nous explique pourquoi les habitants de Dzaoudzi-Labattoir et de Pamandzi sont contraints d’engraisser des commerçants sans scrupules ! »

Au nom du droit à l’équité de traitement pour tous les citoyens de l’île, elle en appelle à l’intervention de la préfecture et du Département de Mayotte afin que des contrôles plus stricts soient effectués dans tous les commerces de l’île, qu’ils relèvent de la grande distribution ou des « doukas » (épiceries de quartier), et que ceux qui abusent soient sanctionnés.

Affaire à suivre !

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Inauguration officielle de Kanya Ya Maore à Combani le 25 mars

Inauguration officielle de Kanya Ya Maore à Combani le 25 mars
L’inauguration de Kanya Ya Maore à Combani aura lieu le 25 mars. Avec ce nouveau site de 1 500 m², l’Ucoopam veut relancer et structurer durablement l’agriculture locale.

Le magasin Kanya Ya Maore, dédié aux produits agricoles 100 % mahorais et entièrement traçables, sera officiellement inauguré le 25 mars à 13h30, au 35 Route de Coconi, en face de la station Total. Ouvert au public depuis le 15 décembre, ce site de 1 500 m², porté par l’Ucoopam, soutient les agriculteurs locaux et structure la filière après le cyclone Chido.

« Avec ce magasin, vous allez pouvoir retracer chaque fruit et chaque légume jusqu’à son producteur à Mayotte », rappelait Stéphane Sapy, directeur commercial de l’Ucoopam au Flash-Info le 16 septembre dernier.

Le magasin regroupe une pépinière, un site logistique pour les producteurs de la Coopac, trois chambres froides et trois quais pour la réception des marchandises. Sur les étals, on retrouve des fruits de la passion, du brède, des carottes, des bananes, des papayes et des concombres. « Tout est testé et contrôlé dès la réception », assure la direction. Environ 80 % des produits sont ensuite revendus en grande surface.

Relancer la filière agricole après le cyclone

« L’idée pour nous était de nous relancer. Après le cyclone Chido, certains agriculteurs ne disposaient plus que de 20 % de leur production », explique l’Ucoopam. Le bâtiment, géré par 16 salariés, représente un investissement de 5 millions d’euros financé par des fonds européens et est aujourd’hui six fois plus grand que la première structure située à Tsingoni. Ce projet, vieux de 10 ans, prend enfin forme.

La filière laitière devrait également s’installer sur le site via Uzuri Wa Dzia, avec une laiterie proposant du vrai lait caillé et du yaourt mahorais. Tous les tests liés aux plantations sont gérés par ordinateur, tout comme l’utilisation des engrais. La production est entièrement tracée pour garantir le respect des normes, avec des contrôles tous les quinze jours auprès des agriculteurs signataires de la charte de qualité. Les produits viennent de Kahani, Vahibé et Tsingoni.

L’inauguration, prévue le 25 mars, se déroulera en présence des officiels, y compris les nouveaux nommés, ainsi que des représentants de la préfecture.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Freddy Novou à Labattoir : « Je ne serai pas une marionnette du sénateur Oili »

Freddy Novou à Labattoir : « Je ne serai pas une marionnette du sénateur Oili »

Les deux principaux acteurs de l’alliance conclue dimanche soir entre le NEMA et le MDM à Labattoir sont contraints d’expliquer leur choix à la population sur les réseaux sociaux. S’il n’est pas question de remettre en cause ce partenariat stratégique, Freddy Novou et Saïd Omar Oili se sont néanmoins sentis obligés de justifier leur décision auprès de leur électorat respectif, après que des voix discordantes se sont fait entendre au sein de leurs bases. La crainte d’un boycott d’une partie de leurs militants, pour diverses raisons, est palpable. Verdict dimanche soir.

La politique a ses mystères que le commun des citoyens ne peut pas toujours comprendre. C’est le cas du mariage de raison scellé dans la commune de Dzaoudzi-Labattoir dimanche soir, et officialisé lundi 16 mars 2026, entre le parti NEMA du sénateur Saïd Omar Oili et la fédération locale du MDM (Mouvement pour le Développement de Mayotte), qui se veut l’héritier du mouvement des « Sorodas », à l’origine du maintien de Mayotte dans la France lors de l’indépendance des Comores.

Pour de nombreux militants de base, la soif de pouvoir des leaders ne saurait justifier le franchissement d’un tel Rubicon. « Pourvu que cette alliance tienne longtemps, sinon les marrons seront définitivement cuits pour notre parti dans les prochaines années. Je ne donne pas cher de l’avenir politique de ceux qui l’ont validée », confie Ahmed Abdallah, qui ne cache pas qu’il aurait préféré un rapprochement avec le camp du maire sortant, Houmadi Mikidache. Lorsqu’on lui rappelle l’appartenance récente de ce dernier au NEMA, il élude la question et met en avant sa jeunesse et le renouveau politique qu’il incarne aux yeux d’un électorat local fortement rajeuni.

Ainsi, pour une partie des électeurs ayant contribué au score de 38 % du maire sortant, ce choix aurait été guidé par un désir de renouvellement. Les circonstances ayant conduit à la rupture entre le sénateur Saïd Omar Oili et son ancien protégé, désormais émancipé, alimentent les discussions. Le premier est accusé par certains d’acharnement politique en tentant de reconquérir la municipalité après l’avoir laissée à son poulain pour briguer le mandat de sénateur il y a trois ans.

Mais les critiques ne viennent pas uniquement du MDM. Au sein du NEMA également, des grincements de dents se font entendre, même s’ils restent plus discrets. « Notre problème réside surtout dans les concessions faites au MDM. Mais avions-nous réellement le choix ? L’opposition farouche de notre leader envers le maire sortant rendait toute alliance impossible avec nos anciens camarades, pourtant arrivés en tête au premier tour », explique un proche du sénateur.

Freddy Novou se défend de s’être vendu à Saïd Omar Oili pour un fauteuil de maire

Freddy Novou ne cache pas ses regrets face à l’absence de tentative de rapprochement en amont de la campagne, qui aurait permis d’éviter ce qu’il qualifie de « lutte fratricide ». Lucide, il reconnaît toutefois qu’il est désormais impossible de faire marche arrière, la liste fusionnée ayant été officiellement déposée en préfecture mardi matin.

Dans les rues de Labattoir, les commentaires vont bon train, oscillant entre espoir et inquiétude quant à l’issue du second tour. Beaucoup s’interrogent sur la capacité des consignes de vote à se traduire concrètement dans les urnes et à garantir une victoire nette de cette alliance.

Conscients de ces incertitudes, Freddy Novou et Saïd Omar Oili ont chacun pris la parole via des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. Le candidat du MDM y détaille les circonstances de l’alliance ainsi que la répartition des postes au sein du futur conseil municipal en cas de victoire, évoquant notamment les concessions consenties, dont la présidence de la communauté de communes de Petite-Terre.

Freddy Novou rejette fermement les accusations de compromission et affirme avoir agi dans l’intérêt de la commune, plaidant pour une construction collective fondée sur l’unité des forces vives. Il indique également que le maire sortant, Houmadi Mikidache, avec qui il s’était entretenu par téléphone dimanche soir après les résultats, ne l’a finalement pas recontacté comme prévu.

De son côté, Saïd Omar Oili rappelle avoir déjà collaboré avec des élus du MDM par le passé, notamment au niveau départemental, dans l’intérêt général de Mayotte, sans que cela ne suscite de critiques. Il s’étonne donc des réactions actuelles à Labattoir. Il met également en avant les compétences et les qualités de Freddy Novou, qu’il connaît de longue date, y compris lorsqu’il siégeait dans l’opposition au conseil municipal. Il appelle enfin ses militants à dépasser les divisions pour se concentrer sur l’avenir de la commune.

En face, la liste « Construisons ensemble l’avenir de Dzaoudzi-Labattoir » reste silencieuse sur cette alliance. L’entourage du maire sortant affiche toutefois une grande confiance dans le choix des électeurs, seuls arbitres du scrutin.

Certains estiment que l’alliance MDM/NEMA ne constitue pas un obstacle insurmontable pour conserver la mairie. « Alea jacta est », (Le sort est jeté) disait en son temps Jules César. L’issue de ce scrutin se jouera désormais dans les urnes, entre les mains des électeurs de Dzaoudzi-Labattoir.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Mayotte – Comores : les liaisons maritimes reprennent après une semaine de blocage

Les liaisons maritimes reprennent après une semaine de blocage

Après près d’une semaine de paralysie, les liaisons maritimes entre Mayotte et les Comores reprennent dès ce jeudi 19 mars. Les autorités comoriennes ont officiellement levé les restrictions imposées aux navires en provenance de Mayotte, suite à une note de service conjointe des ministères des Transports et de la Santé datée de ce mercredi 18 mars.

Cette décision met fin à un blocage qui affectait depuis le vendredi 13 mars le port de Mutsamudu, sur l’île d’Anjouan. Les mesures avaient été mises en place en février, en raison de cas de Mpox signalés dans la région, et imposaient une période d’observation sanitaire de 21 jours aux passagers en provenance de Mayotte, accompagnée d’un certificat médical obligatoire.

Selon le gouvernement comorien, ces restrictions ne sont plus justifiées, puisque Mayotte n’a officiellement plus signalé de cas de Mpox depuis la semaine du 20 février.

Un blocus aux conséquences multiples

Le blocage des navires, notamment du Maria Galanta, avait des conséquences directes pour les passagers et pour la gestion administrative des ressortissants comoriens à Mayotte. Les navires ne respectant pas le délai sanitaire requis se voyaient refuser l’accès au port de Mutsamudu, ce qui empêchait non seulement les voyages de loisirs ou professionnels, mais également les expulsions de ressortissants comoriens en situation irrégulière sur le territoire de Mayotte.

Cette situation a suscité une inquiétude auprès des voyageurs et des entreprises de transport maritime. La SGTM, principale société assurant les rotations entre les îles, avait été contrainte d’annuler plusieurs trajets, provoquant frustration et désorganisation.

Reprise immédiate des rotations

Dès l’annonce de la levée des restrictions, la SGTM a confirmé la reprise des rotations maritimes dès ce jeudi 19 mars. Les passagers au départ de Dzaoudzi sont invités à se présenter aux comptoirs de l’entreprise dès 7h, tandis que ceux embarquant à Mutsamudu pour Mayotte doivent suivre la même procédure.

Pour les autorités comoriennes, cette levée marque une étape importante dans le retour à la normale des échanges entre les îles, tant sur le plan économique que social. Les navires pourront désormais reprendre leur rythme habituel, facilitant le transport des passagers et des marchandises entre les Comores et Mayotte.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Petite-Terre : dernière ligne droite pour l’appel à projets 2026 de la Cité éducative

Petite-Terre : dernière ligne droite pour l’appel à projets 2026 de la Cité éducative

À un peu plus de deux semaines de la date limite, la Cité éducative de Petite-Terre rappelle aux acteurs locaux qu’il est encore temps de déposer leur projet dans le cadre de l’appel à initiatives 2026.

Ce dispositif vise à soutenir des actions éducatives, culturelles, sportives ou sociales en faveur des enfants, des jeunes et de leurs familles. Chaque année, de nombreux projets voient le jour sur le territoire : résidences artistiques, initiatives autour du sport et de la culture nautique, créations numériques ou encore actions favorisant l’expression et l’engagement des jeunes.

Dans la continuité des éditions précédentes, cet appel à projets entend encourager des propositions concrètes, ancrées dans les réalités locales et adaptées aux besoins des jeunes de Petite-Terre.

Associations, établissements scolaires et structures partenaires sont ainsi invités à soumettre leurs idées avant le 31 mars 2026 à minuit (heure de Mayotte).

Le dossier complet est accessible en ligne : https://shorturl.at/2olpq

« Don’t Go to the Police » : un documentaire choc pour alerter sur la cybersécurité

« Don’t Go to the Police » : un documentaire choc pour alerter sur la cybersécurité

Documentaire inédit de 56 minutes réalisé par Ludoc, « Don’t Go to the Police » est dévoilé par Orange Cyberdefense et plonge au cœur de la cybercriminalité mondiale. Entre 2019 et 2024, le film retrace notamment la traque du groupe Lockbit, l’un des réseaux les plus actifs. En décembre 2023 en France, l’enquête débute par une attaque : un simple clic d’un employé d’une PME du Lot-et-Garonne provoque la paralysie de l’entreprise et touche, par effet domino, près de 350 000 clients. Pour restaurer les systèmes et protéger les données, une course contre la montre s’engage alors. À travers des témoignages d’experts internationaux, l’ampleur des menaces numériques est mise en lumière. Face à une cyber-extorsion en forte hausse, l’objectif est de sensibiliser le grand public et de faire de la cybersécurité un enjeu collectif.

Voir le documentaire : https://www.orangecyberdefense.com/dontgotothepolice/fr

Forces armées : Le Dixmude en escale à Mayotte ce jeudi

Forces armées : Le Dixmude en escale à Mayotte ce jeudi

Le porte-hélicoptères amphibie Dixmude est attendu dans le lagon de Mayotte dans la matinée de ce jeudi 19 mars 2026. Cette escale s’inscrit « dans le cadre de la mission Jeanne d’Arc et à l’occasion des 400 ans de la Marine nationale », indique un communiqué de la préfecture de Mayotte. Le document précise que cette halte constitue une opportunité de mettre en lumière « la coopération des forces civiles et militaires au profit de la sécurité maritime, ainsi que les missions conduites par la Marine nationale dans l’océan Indien ».

Des journalistes, des volontaires du Régiment du service militaire adapté de Combani, des élèves de classes de défense, de seconde professionnelle aéronautique de Mayotte et des ateliers Sciences Po seront présents, tout comme les cadets de la gendarmerie et de jeunes sapeurs-pompiers.

Outre une conférence de presse qui se tiendra à bord, en présence du préfet délégué du gouvernement, François-Xavier Bieuville, aux côtés du capitaine de vaisseau Jocelyn Delrieu, commandant du Dixmude, une représentation musicale est prévue sur la barge reliant Petite-Terre à Mamoudzou. Elle sera assurée par des membres du célèbre bagad de Lann-Bihoué.

Défilé d’ambulanciers dans les rues de Mamoudzou

Défilé d’ambulanciers dans les rues de Mamoudzou

Ils ont défilé lundi 16 mars 2026 dans les rues de la ville chef-lieu pour manifester leur mécontentement contre l’Agence régionale de santé de Mayotte (ARS) et la Caisse de sécurité sociale de Mayotte (CCSM).

À l’origine de leur colère : neuf mois de factures impayées concernant le transport de malades non affiliés à la sécurité sociale, essentiellement des personnes étrangères au territoire.

Après ce défilé, qui a quelque peu perturbé la circulation automobile, les ambulanciers en colère ont investi la cour du siège de l’ARS à Mamoudzou. Ils ont finalement été reçus par les responsables pour de longues discussions.

Selon certains participants à cet échange, la direction de l’ARS aurait reconnu ses torts, notamment pour avoir demandé aux ambulanciers de déposer une demande de subvention auprès de l’administration de l’État afin d’éponger les sommes dues.

« Nous ne sommes pas une association pour nous soumettre à une telle démarche de mendicité », a déclaré à Flash Info l’un des ambulanciers mécontents, ajoutant : « Nous avons rendu service à l’ARS en acceptant de patienter aussi longtemps avant de réclamer le paiement de nos factures. Nous demandons du respect et un traitement rapide de notre situation, car nous sommes des acteurs économiques avec des charges à payer, et non une association caritative. »

Il déplore également « l’attitude d’autruche » adoptée par l’ARS Mayotte et la CCSM, qui n’ignorent pourtant rien des difficultés de trésorerie engendrées par ce non-paiement de leurs honoraires.

Le patronat de Mayotte appelle à un « pacte de croissance » pour sortir l’économie de l’impasse

Le patronat de Mayotte appelle à un « pacte de croissance » pour sortir l’économie de l’impasse

À l’issue d’un premier tour marqué par plusieurs réélections dès le premier tour, le Groupement Patronal de Mayotte interpelle les futurs élus. Entre retards de paiement, embouteillages chroniques et manque d’infrastructures, les entreprises attendent des engagements forts pour relancer la dynamique économique de l’île.

Dans un contexte électoral décisif pour l’avenir du territoire, le Groupement Patronal de Mayotte (GPM) a choisi de prendre la parole. À travers un communiqué publié ce 17 mars 2026, l’organisation patronale félicite d’abord les maires sortants reconduits dès le premier tour, saluant « un signal de stabilité précieux » envoyé par les électeurs.

Mais derrière ces félicitations se dessine un message plus pressant : pour le GPM, cette nouvelle mandature doit marquer un tournant. L’organisation appelle à la construction d’un véritable « pacte de croissance et de compétitivité » entre les collectivités locales et les acteurs économiques. Car si la stabilité politique est jugée essentielle, elle ne saurait suffire à répondre aux défis structurels qui freinent le développement de Mayotte.

Une économie fragilisée par les retards de paiement

Au cœur des préoccupations du patronat figure un problème récurrent mais souvent sous-estimé : les délais de paiement des collectivités. Pour les entreprises locales, la question est vitale. Le GPM alerte sur des retards qui fragilisent directement leur trésorerie et, par effet domino, leur capacité à honorer leurs propres engagements.

« Le dynamisme de nos entreprises dépend avant tout de la fluidité de leurs trésoreries », rappelle le communiqué. Dans un tissu économique composé majoritairement de petites structures, ces blocages peuvent rapidement devenir critiques. Certaines entreprises se retrouvent ainsi dans l’incapacité de payer leurs salariés ou leurs fournisseurs, mettant en péril leur survie même.

Conscient de la complexité de la gestion des finances publiques, le GPM plaide néanmoins pour une coopération renforcée entre les municipalités et le secteur privé afin de résorber ces dysfonctionnements. Une condition jugée indispensable pour restaurer la confiance et relancer l’activité.

L’urgence des infrastructures et de la mobilité

Autre point noir largement dénoncé : les conditions de circulation sur l’île. Les embouteillages persistants sont devenus, selon le GPM, un véritable frein au développement économique et à la qualité de vie.

Le constat est alarmant : certains salariés passent jusqu’à trois heures dans les transports chaque jour. Une réalité qui pèse lourdement sur leur santé, leur équilibre personnel et leur efficacité professionnelle. Fatigue, stress chronique, perte de productivité… les conséquences sont multiples et impactent directement la performance des entreprises.

Face à cette situation, le patronat appelle les candidats encore en lice pour le second tour à clarifier leurs positions. Quelles solutions concrètes proposent-ils ? Le GPM insiste notamment sur la nécessité de soutenir les projets de contournement routier pour désengorger les axes principaux et fluidifier le trafic.

La question du stationnement est également pointée du doigt. Dans les centres urbains, l’absence de solutions adaptées constitue un obstacle majeur pour les commerces et l’accès aux services. Là encore, des réponses rapides et structurantes sont attendues.

Attirer, investir, structurer : les clés de l’attractivité

Au-delà des urgences immédiates, le GPM invite les futurs élus à adopter une vision stratégique du développement territorial. L’attractivité de Mayotte, condition essentielle pour attirer les investissements et retenir les compétences, repose sur un environnement économique stable et des infrastructures adaptées.

Dans cette perspective, le développement des Zones d’Activité Économique (ZAE) est fortement encouragé. Ces espaces, portés par les intercommunalités, doivent offrir aux entreprises des conditions de travail modernes et fonctionnelles, propices à l’innovation et à la croissance.

Le secteur touristique n’est pas oublié. Les offices de tourisme sont appelés à jouer pleinement leur rôle pour valoriser le potentiel du territoire et soutenir une diversification économique encore trop limitée.

L’emploi et la jeunesse au cœur des enjeux

Enfin, le communiqué met en lumière un enjeu fondamental : l’insertion des jeunes. Stages, apprentissage, inclusion… pour le GPM, la formation et l’accès à l’emploi constituent une responsabilité collective.

Les entreprises se disent prêtes à s’engager davantage dans l’accueil et la formation des jeunes Mahorais. Mais elles attendent en retour des politiques publiques incitatives, capables de lever les freins et de créer un environnement favorable à l’embauche.

« L’avenir de notre jeunesse et la transmission des savoir-faire sont une responsabilité partagée », insiste l’organisation patronale.

Un appel au dialogue et à la responsabilité

Au final, le message du GPM se veut à la fois exigeant et constructif. L’organisation se positionne comme un partenaire des collectivités, prêt à contribuer à l’élaboration de solutions durables.

Mais elle rappelle aussi que le succès du territoire repose sur un élément clé : la qualité du dialogue entre élus et acteurs économiques. Respect mutuel, coopération et vision commune apparaissent comme les piliers indispensables pour relever les défis qui attendent Mayotte.

À l’approche du second tour, le patronat lance donc un appel clair aux candidats : transformer les promesses en actions concrètes, au service d’une économie plus solide, plus fluide et plus inclusive.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Tsoundzou 2 : chronique d’un basculement sécuritaire

Tsoundzou 2 : chronique d’un basculement sécuritaire

À Tsoundzou 2, l’insécurité s’est installée dans le quotidien depuis des années, la peur est devenue une émotion normalisée par ses habitants. Mais depuis ces derniers mois, face à des cambriolages en série, des agressions en pleine journée et des vols organisés même en journée, les riverains témoignent d’un profond sentiment d’abandon face à une situation jugée hors de contrôle. Entre peur et solidarité, ils tentent de s’adapter.

Autour de la rue des Manguiers, rue des Floralies, résidences Cannelier, Muscadier, Giroflier 1 et 2… À Tsoundzou 2, il suffit de quelques minutes d’absence pour que tout bascule. Emmanuelle, installée depuis seulement quatre mois, en a fait l’expérience. « 30 minutes d’absence dans la journée… ce fut suffisant pour un cambriolage », confie-t-elle, dans un sourire affligé. Arrivée récemment à Tsoundzou, elle dit manquer de recul, mais un constat s’impose déjà : « Depuis que je suis là, il y a une série de cambriolages. Je n’ai jamais vu de présence de gendarmes ou de policiers, alors qu’à Mamoudzou on les voit à tous les coins de rue. » Dans ce secteur, les récits s’accumulent et se ressemblent.

Cambriolages de jour comme de nuit, intrusions, tentatives répétées. Rien n’est nouveau mais depuis quelques mois, la situation devient « étouffante » pour Soulaimana. Lui, ne dort plus dans sa chambre : « Depuis un mois, je dors dans un hamac installé dans le salon avec les chiens. Entre les visites nocturnes et les cambriolages, je ne me sens plus en sécurité. » Nostalgique d’une Mayotte sans craintes permanentes, l’île a pour lui changé de visage : « J’ai connu Mayotte étant enfant, je suis parti puis revenu. Mes souvenirs sont loin de la situation actuelle. Aujourd’hui je reviens sur une île que je ne reconnais plus. Ça paraît normal et intégré dans les habitudes de vie d’être volé et agressé. Je veux partir ».

Des victimes livrées à elles-mêmes

Dans un sondage réalisé dans un groupe de « voisins vigilants » qui comptent une centaine de personnes, 19 habitants rapportent avoir porté plainte; 17 ont eu leurs véhicules volés, 13 personnes ont été cambriolées ; 8 ont été victimes d’intrusion sans vol, une personne s’est fait voler des chiots. Rémi raconte la destruction de son véhicule, laissé depuis des mois à l’abandon faute de prise en charge. « Il y a quelques mois, des délinquants ont détruit ma voiture. L’épave est toujours visible en bas du bâtiment Cannelier. L’assurance n’est toujours pas venue la récupérer malgré mes nombreuses relances ». Plus grave encore, certains témoignages évoquent des agressions physiques.

Dans le secteur des résidences Giroflier, un habitant a été attaqué en pleine journée. « Il rentrait chez lui en poussant son vélo. Ils l’ont blessé au couteau et lui ont pris son téléphone. » Cette année aussi, une agression est survenue Rue des Palmiers 2. Les habitants dénoncent un manque de réactivité dans le traitement de leurs plaintes : « La police ne se déplace pas et refuse parfois de prendre des éléments qui pourraient servir d’indices », assure un riverain. Même lorsque des pistes concrètes existent, les interventions restent rares. « Une voisine avait un traceur GPS dans son scooter volé. Elle a localisé l’engin et appelé la police. Réponse : “trop dangereux, on ne peut pas se déplacer dans ce secteur”. Plusieurs habitants affirment que certaines zones, comme les hauteurs de Passamaïnty, seraient difficilement accessibles aux forces de l’ordre. Au fil des années, certains disent avoir entendu des propos de la Brigade anti-criminalité (BAC) qui illustre, selon eux, un sentiment d’impuissance généralisé : « Un jour, on m’a dit : “Si vous en attrapez un et que vous le frappez trop fort, ne nous appelez pas.»

Une quarantaine de vols estimés en six mois

Sur les six derniers mois, les habitants estiment à une quarantaine le nombre de vols ou tentatives visant des deux-roues dans le secteur. Les vols de scooters semblent s’être industrialisés. Portails soulevés, chaînes sciées à la disqueuse : rien ne semble dissuader les auteurs. Renaud, résident depuis plus de vingt ans à Mayotte dont deux ans et demi à Tsoundzou 2, en a fait les frais à plusieurs reprises.

« En trois mois, on m’a volé deux scooters. Pourtant, j’avais des chaînes homologuées. Ils ont soulevé mon portail, scié les attaches. J’ai renforcé, acheté de nouvelles chaînes… trois mois après, ils sont revenus. » Selon lui, la répétition des faits ne laisse plus de place au doute. « En cinq mois, il y a eu une quinzaine de vols dans le quartier. C’est un business ». Une situation d’autant plus difficile à accepter qu’il dénonce un manque de suivi. « Ce qui me gêne, c’est qu’il n’y a pas d’enquête malgré la récurrence. » Face à lui, les réponses des forces de l’ordre sont perçues comme impuissantes, voire désabusées. « On m’a dit : “Rentrez votre scooter dans votre maison » » Aujourd’hui, Renaud envisage de quitter le quartier. « C’est dommage, parce qu’en soi, il n’est pas déplaisant. »

« Les taxis refusent même de monter dans certaines zones »

Lydia, administratrice d’un groupe de « voisins vigilants », observe une nette dégradation depuis plusieurs années. « On n’est pas beaucoup aidés, alors on s’organise entre nous. On partage les informations, les alertes, ce que chacun voit ou entend. » Ce groupe est devenu essentiel pour la sécurité du quartier. « Quand quelqu’un se fait voler, il prévient les autres. On signale les dangers, les mouvements suspects. » Mais cette solidarité ne suffit pas à masquer l’évolution du climat. « Avant, dans cette zone que l’on appelait le “jardin des épices”, il y avait quelques vols, mais rien de comparable.

Aujourd’hui, on ne compte plus. » Elle décrit une transformation rapide et profonde : « Les agressions dans la rue sont devenues fréquentes. Les vols à l’arraché aussi. Des bandes circulent, parfois avec des chiens. Les taxis refusent même de monter dans certaines zones. » Les habitudes ont changé. « Je ne marche plus à pied, ou alors sans rien sur moi. On a peur d’être isolé. » Elle-même a été victime d’un vol de scooter. « C’est trop récurrent. » Au-delà des vols, ce sont aussi les tentatives d’intrusion en pleine journée qui inquiètent. « Avant, il y a six ans, on n’avait pas peur de laisser son appartement. Aujourd’hui, ils forcent les portails, tentent d’entrer pendant que les gens travaillent. » Pour Lydia, le basculement est brutal. « En un an, l’ambiance a changé. On a perdu en tranquillité. » Si elle devait faire un choix aujourd’hui, elle n’hésiterait pas : « Nous sommes mutés donc nous allons quitter Mayotte mais si on était resté, on aurait quitté Tsoundzou. Pourtant, on aimait notre village. On s’y était fait des amis. »

Vivre avec la peur

À Tsoundzou, la peur s’est installée dans les gestes les plus simples. Fermer son portail, rentrer chez soi, se déplacer à pied : autant d’actes devenus sources d’angoisse. « Je ne dors plus la nuit », lâche une habitante, résumant à elle seule le sentiment général. Entre résignation et entraide, les habitants continuent de vivre, mais autrement. Dans ce quartier la solidarité est devenue une nécessité, une réponse collective à une insécurité qui, elle, ne cesse de gagner du terrain.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Tribunal administratif : malgré le chaos du cyclone Chido, l’institution se relève

Tribunal administratif : malgré le chaos du cyclone Chido, l’institution se relève

En 2025, rien n’aura été ordinaire pour le tribunal administratif de Mayotte. Frappée de plein fouet par le cyclone Chido, l’institution aurait pu voir son activité durablement paralysée. Locaux endommagés, accès perturbé aux services numériques liés à la justice, public empêché : tous les ingrédients étaient réunis pour une année blanche. Pourtant, contre toute attente, la juridiction affiche des résultats en nette progression, révélant une capacité d’adaptation remarquable dans un contexte de crise.

Car derrière les dégâts matériels et les contraintes logistiques, l’activité juridictionnelle ne s’est pas effondrée, bien au contraire. Avec 3 169 recours enregistrés en 2025, le tribunal enregistre une hausse significative de près de 24 % par rapport à 2024. Plus impressionnant encore, le nombre d’affaires traitées atteint 3 566 dossiers, signe d’un effort soutenu pour absorber un contentieux toujours plus dense.

Une justice sous pression, portée par le contentieux des étrangers

Cette dynamique s’inscrit dans une réalité bien connue à Mayotte : le poids écrasant du droit des étrangers. En 2025, ces litiges représentent à eux seuls 84 % des affaires jugées. Une proportion qui illustre la pression migratoire constante sur le territoire et ses conséquences directes sur l’activité judiciaire.

Loin derrière, les contentieux de la fonction publique occupent la deuxième place, mais ne représentent que 7 % des dossiers. Cette hiérarchie confirme le rôle central du tribunal administratif dans la régulation des questions liées au séjour, à l’éloignement ou encore aux droits fondamentaux des étrangers.

Des décisions marquantes dans un contexte d’urgence

L’année 2025 aura également été marquée par plusieurs décisions emblématiques, directement liées aux conséquences du cyclone. Le tribunal a ainsi validé la réglementation temporaire encadrant la vente de tôles en bac acier, mise en place pour une durée de six mois après la catastrophe. Une mesure destinée à éviter les dérives commerciales dans un contexte de reconstruction d’urgence.

Autre décision notable : la fin du contrat de délégation de service public du port de Longoni. Le tribunal a permis au département de reprendre temporairement la gestion de cette infrastructure stratégique, garantissant ainsi la continuité du service public dans une période critique.

Ces décisions témoignent d’une juridiction attentive aux réalités locales, capable de trancher rapidement dans des situations où les enjeux économiques et sociaux sont particulièrement sensibles.

Tribunal administratif : malgré le chaos du cyclone Chido, l’institution se relève

Des délais maîtrisés malgré les obstacles

Malgré les perturbations, le tribunal administratif de Mayotte affiche des délais de jugement particulièrement compétitifs. En moyenne, une affaire est tranchée en 6 mois et 14 jours, soit bien en dessous de la moyenne nationale, établie à 9 mois et 19 jours.

Cette performance est d’autant plus notable qu’elle s’accompagne d’un taux de confirmation en appel de 89 %. Un indicateur clé de la qualité des décisions rendues, qui souligne la solidité juridique du travail accompli malgré des conditions difficiles.

Une institution résiliente face aux crises

Au-delà des chiffres, l’année 2025 révèle surtout la résilience d’une institution confrontée à des circonstances exceptionnelles. Entre catastrophe naturelle et pression contentieuse croissante, le tribunal administratif de Mayotte a su maintenir, voire renforcer, son efficacité.

Dans un territoire où les défis sont nombreux et souvent urgents, la justice administrative confirme ainsi son rôle essentiel : garantir l’État de droit, même – et surtout – lorsque tout vacille autour d’elle.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes