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Associations : pourquoi tant de projets s’essoufflent après quelques mois ?

Associations : pourquoi tant de projets s'essoufflent après quelques mois ?
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Créées avec enthousiasme pour répondre à des besoins sociaux, culturels ou sportifs, de nombreuses associations voient le jour chaque année à Mayotte. Pourtant, certaines cessent rapidement leurs activités, parfois quelques mois seulement après leur lancement. Derrière ces disparitions se cachent des difficultés financières, administratives et humaines qui fragilisent le tissu associatif de l’île.

À Mayotte, les associations occupent une place essentielle dans la vie locale. Elles organisent des activités sportives, accompagnent les jeunes, soutiennent les familles, proposent des actions culturelles ou interviennent dans le domaine de la solidarité. Chaque année, de nouvelles structures sont créées, portées par des habitants désireux de répondre aux besoins de leur quartier ou de leur commune.

Mais derrière cet élan, une autre réalité apparaît : de nombreuses associations peinent à durer. Certaines interrompent leurs activités quelques mois après leur création, faute de moyens ou de bénévoles.

Des projets lancés avec enthousiasme

Créer une association est une démarche relativement simple sur le plan administratif. Quelques personnes motivées suffisent pour déposer des statuts et déclarer la structure. Cet accès facilité encourage les initiatives, notamment chez les jeunes.

Cependant, transformer une idée en projet durable demande bien davantage. Une fois les premières activités passées, les responsables doivent gérer les démarches administratives, rechercher des financements, tenir une comptabilité, mobiliser des bénévoles et assurer une communication régulière. Autant de missions qui reposent souvent sur un nombre très limité de personnes.

« Beaucoup d’associations naissent autour d’un événement ou d’un projet ponctuel, mais lorsqu’il faut maintenir une activité toute l’année, cela devient beaucoup plus compliqué », explique un responsable associatif.

Le financement, principal obstacle

L’une des premières difficultés concerne le financement. Les cotisations des adhérents sont souvent insuffisantes pour couvrir les dépenses liées au matériel, aux assurances, aux déplacements ou à la location d’équipements.

Les subventions publiques constituent alors une ressource importante. Mais leur obtention suppose des dossiers administratifs parfois complexes, auxquels toutes les petites structures ne sont pas préparées.

Certaines associations renoncent également à solliciter des aides faute d’accompagnement ou de connaissance des dispositifs existants.

Le manque de bénévoles fragilise les structures

Autre difficulté majeure : la mobilisation des bénévoles. Si beaucoup de personnes participent aux événements organisés, elles sont moins nombreuses à s’investir durablement dans la gestion quotidienne.

Présidence, secrétariat, trésorerie ou organisation des activités reposent souvent sur les mêmes personnes. Avec le temps, la fatigue s’installe et certains responsables préfèrent mettre fin au projet plutôt que de poursuivre seuls.

Cette situation est d’autant plus marquée lorsque les fondateurs reprennent leurs études, changent d’emploi ou quittent l’île.

Des besoins toujours présents

Malgré ces difficultés, le monde associatif demeure un acteur incontournable à Mayotte. Dans plusieurs communes, les associations complètent l’action des collectivités en proposant des activités pendant les vacances scolaires, des événements sportifs, des ateliers culturels ou encore un accompagnement social auprès des jeunes.

Pour de nombreux habitants, elles constituent parfois le seul espace de loisirs ou d’engagement citoyen.

Plusieurs acteurs estiment qu’un meilleur accompagnement des nouveaux dirigeants, notamment sur les questions administratives, financières et juridiques, permettrait d’améliorer la pérennité des projets.

Renforcer l’accompagnement pour faire durer les initiatives

À l’heure où les besoins des habitants restent importants, la question de la solidité du tissu associatif devient un enjeu de développement local. Former les bénévoles, simplifier certaines démarches administratives et faciliter l’accès aux financements pourraient contribuer à assurer la continuité d’initiatives souvent essentielles pour la population.

Car si créer une association est relativement accessible, la faire vivre dans la durée reste un véritable défi. À Mayotte, la vitalité du monde associatif ne dépend pas seulement de la motivation de ses fondateurs, mais aussi des moyens mis à leur disposition pour transformer leurs idées en projets durables.

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Aviculture : le préfet à la rencontre d’une filière en quête de structuration

Aviculture : le préfet à la rencontre d'une filière en quête de structuration

Mercredi 22 juillet, Frédéric Poisot s’est rendu sur une exploitation avicole de Mroalé. Dix-neuf mois après le passage du cyclone Chido, qui avait détruit une soixantaine de bâtiments d’élevage, le préfet est allé à la rencontre des professionnels de la filière pour réaffirmer le soutien de l’État. Les aviculteurs, eux, alertent : les ambitions d’autosuffisance alimentaire resteront hors de portée si les infrastructures ne sont pas renforcées.

C’est une visite de terrain que Frédéric Poisot a voulue « concrète ». Mercredi 22 juillet, le préfet de Mayotte s’est déplacé sur une exploitation avicole de Mroalé afin d’échanger avec les acteurs de la filière volaille mahoraise et de mesurer les défis auxquels ils restent confrontés près de deux ans après le cyclone Chido.

« Les femmes et les hommes qui produisent sur l’île et qui la font vivre par leur travail doivent être accompagnés. C’est tout le sens de ma démarche », a déclaré le représentant de l’État.

Sur place, Elhad-Dine Harouna, président de l’Abattoir de volailles de Mayotte (AVM), a présenté l’organisation et les ambitions de la filière. « À travers nos exploitations, nous employons 84 salariés. Notre objectif est de proposer aux consommateurs des produits de qualité tout en assurant un partage équitable de la valeur ajoutée entre les différents maillons de la chaîne », explique-t-il.

Le dirigeant revendique également une gestion tournée vers le développement de l’activité plutôt que vers la rémunération des actionnaires. « Depuis que je suis président, aucun dividende n’a été versé. Tous les bénéfices sont réinvestis au service de la filière », souligne-t-il.

Une reconstruction encore inachevée

Le cyclone Chido a durement frappé l’aviculture mahoraise. Sur les 62 bâtiments d’élevage que comptait le groupement, une soixantaine ont été détruits ou gravement endommagés.

Face à cette catastrophe, les professionnels ont rapidement organisé la relance de l’activité. « Il y a eu un effort considérable de la filière pour accompagner les éleveurs dans les premiers mois de la reconstruction. Nous avons fait venir des tôles, du matériel et nous avons même avancé des fonds à plusieurs exploitants afin qu’ils puissent redémarrer leur activité », rappelle Elhad-Dine Harouna.

Pour Frédéric Poisot, cette mobilisation mérite aujourd’hui un accompagnement renforcé de la puissance publique.

« Lors de Chido, ils n’ont pas baissé les bras. Nous leur devons désormais de structurer durablement cette filière afin de consolider l’ensemble de la chaîne de production alimentaire. Cela passe notamment par le développement de la production locale, depuis la naissance des poussins jusqu’à la transformation », a-t-il affirmé.

Le préfet a rappelé que plusieurs partenaires financiers, dont la Banque des Territoires, peuvent accompagner les investissements nécessaires. Il souhaite également faciliter l’accès aux dispositifs existants.

« Notre stratégie consiste d’abord à identifier les ressources du territoire, puis à mobiliser les financements afin de renforcer les exploitations. Nous devons aussi accompagner les agriculteurs sur les questions foncières et simplifier les procédures administratives pour permettre aux filières de se développer et d’atteindre progressivement l’objectif d’autosuffisance alimentaire », a-t-il expliqué.

Des infrastructures indispensables

Si les professionnels saluent l’écoute des pouvoirs publics, ils rappellent que les ambitions affichées ne pourront être atteintes sans investissements industriels conséquents.

« Les objectifs de production annoncés, qui visent entre 2 000 et 5 000 tonnes, resteront inatteignables tant que les infrastructures industrielles ne seront pas adaptées », avertit le président de l’AVM.

La création d’outils de production performants, notamment dans l’alimentation animale et la transformation, apparaît aujourd’hui comme une condition essentielle au développement de la filière.

Le préfet fixe, pour sa part, deux priorités : consolider les exploitations existantes afin d’accroître les capacités de production et susciter des vocations chez les jeunes Mahorais pour assurer le renouvellement des générations d’éleveurs.

Parallèlement, le Conseil départemental a déjà sanctuarisé une enveloppe de 350 000 euros destinée à soutenir les investissements favorisant la transition agroécologique des exploitations agricoles de Mayotte.

Un nouveau rendez-vous entre les représentants de l’AVM et le préfet est prévu en septembre. Il permettra de présenter le projet d’usine de fabrication d’aliments pour animaux à Longoni, mais également d’aborder la modernisation des exploitations et les perspectives de développement de l’ensemble de la filière avicole mahoraise.

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Au RSMA de Mayotte, Matthieu Toyer prend le relais de Benjamin Soubra

Au RSMA de Mayotte, Matthieu Toyer prend le relais de Benjamin Soubra

Après deux années à la tête du Régiment du service militaire adapté de Mayotte, le colonel Benjamin Soubra a transmis le commandement au colonel Matthieu Toyer, ce jeudi 23 juillet, au quartier de Hell, à Combani. Le nouveau chef de corps devra notamment conduire la montée en puissance du régiment, avec une compagnie supplémentaire envisagée dans la région de Chirongui.

« Vous reconnaîtrez désormais pour votre chef le colonel Matthieu Toyer, ici présent, et vous lui obéirez en tout ce qu’il vous commandera. » Prononcée devant les personnels réunis sur la place d’armes, la formule a officiellement marqué le changement de commandement au RSMA de Mayotte. La cérémonie était présidée par le général Patrice Bellon, commandant le Service militaire adapté, en présence notamment du général de division Laurent Domenico, commandant supérieur des Forces armées dans la zone sud de l’océan Indien.

Un m’biwi interprété par de jeunes volontaires féminines a précédé la cérémonie militaire. Une manière d’associer le protocole aux traditions locales, particulièrement chère au colonel Benjamin Soubra, qui achève son deuxième séjour à Mayotte.

Benjamin Soubra, deux années marquées par Chido

Arrivé à la tête du RSMA en 2024, Benjamin Soubra aura traversé le cyclone Chido et les longs mois de reconstruction qui ont suivi. Le général Patrice Bellon a salué un chef ayant préparé son régiment « avec lucidité et rigueur », puis commandé ses personnels « avec courage et détermination » dans l’adversité.

Après le passage du cyclone, le RSMA avait participé aux opérations de secours et de soutien à la population, tout en travaillant à reprendre ses activités de recrutement, de formation et d’insertion. Benjamin Soubra laisse, selon le général, « un régiment plus fort, plus performant et durablement ancré dans son environnement ».

« Les chefs passent, mais le régiment demeure et la mission continue », a résumé le colonel à l’issue de la cérémonie. Il dit quitter Mayotte partagé entre la satisfaction du travail accompli et la tristesse de s’éloigner d’un territoire auquel il est profondément attaché. « J’aime les Mahorais, leur territoire, leur culture et toute cette richesse qui nous accompagne quotidiennement. »

Le chef de corps sortant a également été fait chevalier de la Légion d’honneur. Une distinction qu’il a souhaité partager avec l’ensemble de ses personnels. « Elle est le fruit du travail de tous mes cadres et de tous mes volontaires. C’est aussi leur décoration », a-t-il déclaré. Dix autres distinctions ont été remises au cours de la cérémonie.

Benjamin Soubra rejoindra désormais Paris, où il prendra des fonctions au sein de la Direction générale des relations internationales et de la stratégie du ministère des Armées.

Le plan « Impact » comme feuille de route

Âgé de 44 ans, marié et père de trois enfants, le colonel Matthieu Toyer est officier des troupes de marine, saint-cyrien et breveté de l’École de guerre. Spécialiste du combat blindé, il a servi au 1er Régiment d’infanterie de marine d’Angoulême avant d’occuper plusieurs fonctions au sein du Service militaire adapté.

Il a notamment été affecté en Guyane entre 2010 et 2012, puis en Polynésie française comme directeur des opérations de 2022 à 2024. Cette prise de commandement constitue donc sa troisième expérience au sein du SMA, mais sa première affectation à Mayotte.

Le nouveau chef de corps entend s’inscrire « dans la continuité » de son prédécesseur, tout en préparant une nouvelle étape dans le développement du régiment. Dans le cadre du plan « Impact » du Service militaire adapté, Matthieu Toyer devra notamment piloter l’augmentation des capacités d’accueil et de formation. Le projet comprend la création d’une compagnie supplémentaire, envisagée dans la région de Chirongui, ainsi que la préparation d’une compagnie de réserve opérationnelle. Cette dernière doit renforcer la capacité du régiment à intervenir en soutien du territoire, notamment après une catastrophe naturelle.

Pendant la semaine de transition, Benjamin Soubra l’a accompagné dans la prise en main des dossiers du régiment et lui a partagé son attachement à Mayotte. « Il m’a transmis sa passion et son amour du territoire mahorais. Je crois que je suis déjà embarqué », sourit le colonel Matthieu Toyer.

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Comores : le taux d’endettement recule à 29 % du PIB en 2025, selon le ministère des Finances

Comores : le taux d'endettement recule à 29 % du PIB en 2025, selon le ministère des Finances

Dans son dernier rapport sur la viabilité de la dette publique, le ministère comorien des Finances indique que le taux d’endettement du pays s’établit à 29 % du produit intérieur brut (PIB) en 2025, contre 30,3 % un an plus tôt. L’encours total de la dette atteint 230,35 milliards de francs comoriens, avec une forte prédominance de la dette extérieure, qui représente 77,4 % du portefeuille.

Ces dernières années, les autorités comoriennes ont multiplié les projets d’infrastructures, dont le plus emblématique est la construction du nouvel hôpital national El-Maarouf. Si ces investissements sont jugés essentiels au développement du pays, ils alimentent également les interrogations sur leur mode de financement, largement assuré par des emprunts contractés auprès de bailleurs internationaux.

Le dernier bulletin de la dette publique, publié par le ministère des Finances à travers la Direction de la dette publique et accompagné d’une analyse de viabilité de la dette, se veut toutefois rassurant. Selon ce document, la structure globale de l’endettement demeure stable, avec un coût de financement relativement faible et un taux d’intérêt moyen pondéré d’environ 1,03 %. À la fin du mois de décembre 2025, le taux d’endettement public s’établissait à 29 % du PIB en valeur nominale, contre 30,3 % en 2024. La dette publique regroupe l’ensemble des engagements financiers contractés ou garantis par l’État, qu’ils soient extérieurs ou intérieurs.

 » Jusqu’à une période récente, l’absence d’une stratégie de dette à moyen terme et la mise en œuvre incomplète de l’analyse de la viabilité de la dette limitaient la capacité de l’État à communiquer régulièrement sur sa situation d’endettement. D’où la publication de ce bulletin, qui présente la situation du portefeuille de la dette de l’administration centrale, des dettes garanties, des engagements ainsi que des arriérés « , précise le rapport, consultable en ligne.

Une dette principalement détenue par des créanciers internationaux

À la fin de l’année 2025, l’encours total de la dette publique atteignait 230,35 milliards de francs comoriens, soit un peu plus de 467 millions d’euros. La dette extérieure représente 77,4 % de cet encours, soit 177,17 milliards de francs comoriens.  Elle est essentiellement détenue par des créanciers multilatéraux, qui concentrent 51 % de la dette extérieure. Parmi les principaux bailleurs figurent le Fonds monétaire international (FMI), l’Association internationale de développement (IDA), filiale du Groupe de la Banque mondiale, ainsi que le Fonds de l’OPEP pour le développement international.

Les créanciers bilatéraux représentent, quant à eux, 46 % de la dette extérieure. Les principaux prêteurs sont Exim Bank of China, Exim Bank India, le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe et le Fonds saoudien de développement.

Les créanciers commerciaux demeurent très minoritaires

 » Les créanciers commerciaux extérieurs représentent environ 3 % de l’encours, essentiellement constitué de prêts accordés par la Banque de commerce et de développement de l’Afrique orientale et australe. Cette structure traduit un recours majoritaire aux financements concessionnels multilatéraux et bilatéraux, dans un contexte de faible accès aux marchés financiers internationaux « , souligne le rapport.

L’analyse montre également qu’entre 2020 et 2025, la part de la dette extérieure n’est jamais descendue sous le seuil de 81,65 % de la dette publique totale.
Pour les auteurs du rapport, cette situation s’explique par le recours privilégié à des financements concessionnels, généralement assortis de taux d’intérêt faibles et de longues maturités, ce qui permet de limiter le coût du service de la dette par rapport à la dette intérieure, plus onéreuse.
Ils soulignent par ailleurs que la quasi-totalité des emprunts est contractée à taux fixe, limitant ainsi l’exposition aux variations des taux d’intérêt.

 » La dette de l’administration centrale représente 27,5 % du PIB en 2025 et demeure largement dominée par la dette extérieure, qui équivaut à 23 % du PIB, soit 81 % de l’encours total. Cette structure reflète le recours continu aux financements concessionnels des institutions multilatérales et des bailleurs bilatéraux, dans un contexte de marché domestique encore peu développé « , indiquent les analystes.

Une dette intérieure plus coûteuse

Les projections du ministère montrent que le service de la dette extérieure devrait augmenter entre 2025 et 2030, avec des niveaux particulièrement élevés entre 2025 et 2027, avant un reflux attendu à partir de 2028.

La dette intérieure, estimée à 52,07 milliards de francs comoriens, demeure quant à elle plus coûteuse, avec un taux d’intérêt moyen proche de 2 %. L’analyse des risques de refinancement fait apparaître une maturité moyenne résiduelle de 9,5 ans pour l’ensemble du portefeuille de la dette. En revanche, 12,4 % de l’encours arrive à échéance dans l’année, principalement en raison des emprunts intérieurs, dont les maturités sont plus courtes.

Le rapport évoque également les dettes garanties par l’État. La dette garantie extérieure atteint 1,11 milliard de francs comoriens, principalement liée à des financements contractés par la Meck Moroni auprès de la Banque islamique de développement.
 » Son poids relatif augmente progressivement depuis le début de la période jusqu’en 2025, ce qui accroît l’exposition de l’État aux risques liés aux créanciers extérieurs « , souligne le document.
La dette garantie intérieure représente désormais l’essentiel des engagements conditionnels de l’État, avec un encours de 11,502 milliards de francs comoriens à la fin de l’année 2025.

Enfin, le rapport attire l’attention sur les arriérés de paiement. Ceux relatifs à la dette extérieure atteignent 2,105 milliards de francs comoriens, dont 82,23 % sont dus à Exim Bank India. Ce prêt, contracté en 2015 pour financer un projet de centrale électrique au fioul lourd, reste à ce jour bloqué. Les arriérés de la dette intérieure s’élèvent, pour leur part, à 14,5 milliards de francs comoriens.

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Jusqu’à 60 % d’aide pour renouveler les bateaux de pêche

Jusqu’à 60 % d’aide pour renouveler les bateaux de pêche

Les marins-pêcheurs professionnels et les entreprises de pêche de Mayotte peuvent déposer leur candidature à l’appel à projets 2026 consacré au renouvellement de la flotte. Le dispositif concerne exclusivement l’achat de navires neufs de 10 à 12 mètres destinés à une exploitation professionnelle dans le département.

L’aide publique pourra couvrir jusqu’à 60 % des dépenses éligibles, financées à parts égales par l’État et le Département-Région. L’objectif est notamment d’améliorer la sécurité et les conditions de travail des pêcheurs, tout en encourageant la pêche au large, autour des dispositifs de concentration de poissons, afin de réduire la pression sur les ressources du lagon.

Les dossiers doivent être déposés en ligne avant le 14 septembre à 23h59 auprès du guichet unique de la Direction de l’agriculture, de la pêche et de la forêt.

Trois appels à projets Interreg ouverts jusqu’au 17 septembre

Trois appels à projets Interreg ouverts jusqu’au 17 septembre
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L’Assemblée de Mayotte a lancé trois appels à projets dans le cadre du programme Interreg VI Canal du Mozambique, destiné à renforcer la coopération entre Mayotte, La Réunion, Madagascar et le Mozambique. Ils concernent l’adaptation au changement climatique et la prévention des catastrophes, l’économie circulaire ainsi que la culture et le tourisme durable. Les acteurs de la coopération régionale ont jusqu’au jeudi 17 septembre, à 13 heures, pour déposer leur demande de subvention sur la plateforme E-Synergie CTE.

L’eau distribuée à Mamoudzou de nouveau conforme à la consommation

L’eau distribuée à Mamoudzou de nouveau conforme à la consommation
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La Société Mahoraise des Eaux (SMAE) annonce la levée des mesures de précaution concernant la qualité de l’eau distribuée dans plusieurs secteurs de Mamoudzou. Les derniers contrôles sanitaires réalisés se révèlent conformes aux normes en vigueur pour l’ensemble des paramètres analysés.

Les usagers de Mamoudzou Centre (hors Centre hospitalier de Mayotte), Cavani Mamoudzou, Convalescence, 100 Villas, Vétivers, Cavani Sud et de la zone industrielle de Kawéni peuvent désormais consommer l’eau du robinet sans la faire bouillir. La recommandation de précaution mise en place notamment après le communiqué du 17 juillet 2026 est donc levée.

Deux ateliers gratuits consacrés aux cheveux texturés à Mamoudzou

Deux ateliers gratuits consacrés aux cheveux texturés à Mamoudzou
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Deux ateliers capillaires gratuits seront organisés les jeudi 20 et vendredi 21 août à Mamoudzou, dans le cadre de la tournée estivale de la marque EvasHair. Ouvertes à tous et sans inscription, ces rencontres porteront sur l’entretien des cheveux crépus, frisés et bouclés.

Les participants pourront obtenir des conseils personnalisés sur la chute de cheveux, la casse, la sécheresse, la pousse ou encore les problèmes de cuir chevelu, et échanger avec Eva Biassou Andre et Reginald Andre, cofondateurs de la marque.

Le premier atelier aura lieu le 20 août à 11h30 à la pharmacie Vanille, au rond-point Méga Kaweni, en face de C’tam. Le second se tiendra le 21 août à 14h30 chez Afro Hair Vibe, dans le centre commercial de Haut-Vallon.

La Cadema lance une vaste campagne de recrutement

La Cadema lance une vaste campagne de recrutement
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La Communauté d’agglomération de Dembéni-Mamoudzou (Cadema) mène une vaste campagne de recrutement. Au total, 39 offres sont actuellement publiées sur le site Emploi territorial, principalement pour des postes d’encadrement de catégories A et A+.

La collectivité recherche notamment un secrétaire général, ainsi que des directeurs chargés des finances, des ressources humaines, de l’eau et de l’assainissement, des déchets, de l’urbanisme, du logement, du numérique ou encore de la culture. Deux postes de chargés de mission sont également proposés pour le suivi des travaux du Caribus et l’animation du projet de territoire.

Entre bienfaisance et marchand de sommeil, la justice a tranché : un couple condamné pour avoir loué des logements indignes

Entre bienfaisance et marchand de sommeil, la justice a tranché : un couple condamné pour avoir loué des logements indignes

Deux époux ont été condamnés, ce lundi 20 juillet, par le tribunal judiciaire de Mamoudzou pour avoir loué plusieurs habitations précaires installées sur une parcelle familiale à Pamandzi. Ils écopent chacun de 18 mois d’emprisonnement avec sursis.

La propriétaire était poursuivie pour avoir soumis des personnes vulnérables à des conditions d’hébergement indignes, aidé des étrangers en situation irrégulière à se maintenir sur le territoire, réalisé des constructions en infraction avec les règles d’urbanisme et dissimulé des revenus locatifs. Son mari était jugé pour sa participation à cette activité.

L’affaire avait été mise au jour après l’intervention de gendarmes à cette adresse, en décembre 2025. Venus interpeller un homme, les militaires avaient découvert plusieurs bangas disposés autour de la maison principale. Les occupants avaient expliqué payer un loyer et participer collectivement aux factures d’eau et d’électricité.

Saisie dans le cadre de l’enquête, l’Agence régionale de santé avait relevé des branchements électriques précaires, de l’humidité, des moisissures, des installations sanitaires sommaires ainsi que plusieurs bouteilles de gaz regroupées sur le site. Huit familles et 44 enfants avaient été recensés dans seize habitations, dont quatre constructions en dur.

A l’audience, une locataire a raconté avoir trouvé refuge sur la parcelle après le passage du cyclone Chido. Cette mère de quatre enfants, qui s’occupait également de deux nièces, vivait alors dans la rue et venait de subir une agression. « Je l’ai suppliée, j’ai pleuré », a-t-elle relaté à la barre.

Pour 150 euros par mois, elle avait obtenu deux pièces et une cuisine dépourvues de mobilier. « J’ai mis une natte », a-t-elle poursuivi. Quatre mois plus tard, l’alimentation en eau avait été coupée en raison d’une facture de 14.000 euros, dont 10.000 euros auraient finalement été réglés par la propriétaire.

Cette dernière a soutenu avoir voulu venir en aide à une mère en difficulté. « Ce n’est pas par rapport à l’argent, c’est par rapport aux sentiments », a-t-elle assuré. Elle a toutefois reconnu avoir accepté que des habitations soient construites sur son terrain et que des loyers soient perçus.

Ce récit de bienfaisance a placé la question morale au centre des débats. Le tribunal a cependant rappelé qu’un geste présenté comme généreux pouvait demeurer contraire à la loi. « On n’est pas là pour juger de la morale, on est là pour juger de la loi », a-t-il été souligné à l’audience.

« On use et on abuse de la misère du monde »

Pour le ministère public, le couple avait mis en place une véritable « petite entreprise familiale », générant environ 21.300 euros de loyers par an. « On use et on abuse de la misère du monde », a dénoncé la procureure, estimant que ce type d’infraction « gangrène le territoire mahorais ».

Le parquet avait requis trois ans de prison, dont deux avec sursis, contre la propriétaire, ainsi qu’une amende de 20.000 euros. La défense avait contesté la procédure et la solidité des constats, estimant notamment que l’arrêté préfectoral d’insalubrité n’avait pas été notifié. « On ne donne pas la chance aux gens parce que c’est Kingia, parce que c’est la comparution immédiate », avait plaidé l’avocat.

La défense dénonce un procès politique

L’avocat a reproché au parquet de vouloir faire de cette affaire un symbole de la lutte contre l’habitat indigne. « En punissant cette dame, vous voulez punir tous les autres. Vous faites de la politique », a-t-il lancé.

La défense a replacé l’affaire dans le contexte plus large de l’habitat précaire à Mayotte, en citant plusieurs quartiers où l’insalubrité ainsi que la violence demeurent massives sans que l’Etat n’intervienne. Selon elle, cette affaire visait avant tout à afficher la fermeté de l’État dans le cadre de l’opération Kingia.

L’avocat a contesté le rapport de l’ARS, qu’il a jugé « stéréotypé », et souligné que ce document ainsi que l’arrêté préfectoral d’insalubrité n’avait pas été notifié à sa cliente, qui n’aurait donc pas été mise en mesure de réaliser des travaux. « On ne donne pas la chance aux gens parce que c’est Kingia, parce que c’est la comparution immédiate », a-t-il plaidé.

Le tribunal a finalement condamné la propriétaire à 18 mois d’emprisonnement entièrement assortis du sursis et à 10.000 euros d’amende. Son mari a reçu la même peine de prison, avec une amende de 7.000 euros.

Les deux condamnés se voient également interdire pendant cinq ans toute activité portant sur des biens immobiliers à usage locatif. La confiscation des gains tirés des locations et la destruction des habitations ont également été ordonnées.

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Mansour Kamardine, avocat et ancien député : « Pour l’amour de la République, l’État doit se décoloniser à Mayotte »

Mansour Kamardine, avocat et ancien député : « Pour l'amour de la République, l'État doit se décoloniser à Mayotte »

Ancien maire de Sada, ancien conseiller général et député à plusieurs reprises, Mansour Kamardine reste une voix influente du débat public mahorais. Dans un entretien exclusif accordé à Flash Info, il livre son regard sur les relations entre l’État et les collectivités locales, la politique foncière, l’immigration et les priorités qu’il estime indispensables au développement de Mayotte. Sans détour, il appelle l’État à rompre avec ce qu’il considère comme des pratiques héritées d’une autre époque.

Flash Info : Les Mahorais ont le sentiment que les institutions locales traversent une période de fragilité et que les relations entre les élus et l’État se sont dégradées ces dernières années. Quel regard portez-vous sur cette évolution ?

Mansour Kamardine : Merci de cette question. Depuis la plage de Bouanatsa, dans le sud de l’île, que m’a léguée ma grand-mère, j’observe avec attention ce qui se passe à Mayotte. Parmi les sujets qui m’interpellent le plus figure la relation entre l’État et les collectivités locales, qu’il s’agisse du Département-Région ou des communes.

À mes yeux, l’État continue d’agir à Mayotte avec des réflexes qui relèvent encore d’une logique coloniale. Pendant des décennies, il a décidé seul des priorités du territoire, sans véritablement tenir compte de la volonté des élus locaux. Pourtant, dans une démocratie, le gouvernement est choisi par le peuple, tout comme les élus avec lesquels il est appelé à travailler. On peut partager ou non leurs orientations politiques, mais ils tiennent leur légitimité du suffrage universel et doivent être respectés comme tels.

L’exemple de l’Établissement public foncier et d’aménagement est révélateur. En 2020, lors de l’examen du projet de loi porté par Sébastien Lecornu, alors ministre des Outre-mer, les 27 conseillers départementaux avaient rejeté à l’unanimité sa création. Malgré cette opposition unanime, le gouvernement est finalement revenu imposer cette structure.

Aujourd’hui, cet établissement pilote la reconstruction et l’aménagement de Mayotte. Pourtant, personne n’est véritablement en mesure d’expliquer ce qu’il a accompli jusqu’à présent ni quelles priorités ont été arrêtées avec les élus locaux. C’est précisément ce type de fonctionnement qui nourrit le malaise.

F.I. : Beaucoup de Mahorais estiment que l’État décide seul, sans réellement écouter les attentes du territoire. Partagez-vous ce constat ?

M.K. : Oui, je pense que c’est effectivement la posture adoptée par l’État.

Avant l’élaboration de la loi Lecornu, le préfet de l’époque, Jean-François Colombet, avait organisé dix-sept ateliers de concertation à travers tout le territoire. Les Mahorais avaient participé massivement à ces échanges et formulé plus de 600 propositions consignées dans des cahiers de doléances.

Malheureusement, ces contributions ont très peu pesé dans les décisions finales. Le gouvernement avait déjà arrêté ses propres priorités avant même d’entendre les propositions de la population.

Aujourd’hui encore, ces priorités restent essentiellement centrées sur la construction d’écoles. Bien entendu, personne ne conteste la nécessité de construire des établissements scolaires. Mais cela ne peut constituer la seule réponse aux difficultés de Mayotte.

Plus on construit d’écoles, plus les effectifs augmentent sous l’effet d’une immigration continue, plus les besoins en salles de classe deviennent importants et plus les conditions d’enseignement se dégradent. Les familles mahoraises qui en ont les moyens choisissent alors de quitter l’île afin d’offrir à leurs enfants une meilleure qualité d’éducation.

À terme, cette politique produit un effet paradoxal : elle contribue progressivement au départ des Mahorais de leur propre territoire.

Flash Info : Plusieurs élus ultramarins dénoncent un phénomène de remplacement progressif des populations locales. À Mayotte, la situation est différente puisqu’il s’agit principalement d’une immigration clandestine en provenance des Comores et d’Afrique. Quelle est votre analyse ?

M.K. : La comparaison avec les Antilles ou d’autres collectivités ultramarines me paraît limitée. Les réalités sont différentes.

À Mayotte, le problème n’est évidemment pas la présence de Français venus de métropole. Tout citoyen français est chez lui sur ce territoire, quelles que soient son origine ou sa couleur de peau.

La difficulté réside dans une immigration clandestine devenue massive. Selon moi, elle représente désormais une part considérable de la population. Face à cette situation, l’État répond principalement par la construction d’écoles et de logements sociaux.

Or, lorsque l’on observe les bénéficiaires de ces logements, on constate qu’ils sont, dans une très large proportion, attribués à des personnes ayant été régularisées. Cette politique ne correspond pas aux attentes exprimées par une grande partie des Mahorais, qui souhaitent avant tout que l’État maîtrise les flux migratoires avant d’engager de nouvelles politiques d’accueil.

C’est là que réside, selon moi, l’un des principaux désaccords entre l’État et la population mahoraise.

F.I. : Vous dénoncez également la politique du logement menée à Mayotte. Pourquoi ?

M.K. : Parce qu’elle produit aujourd’hui des effets qui sont, à mes yeux, extrêmement préoccupants.

L’État procède à des expropriations de terrains appartenant à des familles mahoraises pour construire des logements sociaux. Bien souvent, ces terrains sont situés dans des zones rurales et sont acquis à des prix qui ne reflètent pas leur véritable valeur. Une fois les propriétaires expropriés, les communes sont amenées à modifier le zonage, ce qui augmente considérablement la valeur foncière des parcelles avant le lancement des programmes immobiliers.

Les Mahorais ont alors le sentiment d’être dépossédés de leur patrimoine. Ils perdent leur foncier et voient ensuite ces logements attribués, dans une très large proportion, à des personnes issues de l’immigration ayant obtenu une régularisation.

C’est cette succession d’événements qui nourrit un profond sentiment d’injustice. Beaucoup ont le sentiment d’être progressivement écartés de leur propre territoire.

F.I. : Vous évoquez une véritable rupture entre l’État et les Mahorais…

M.K : Oui, parce que les priorités ne sont pas les mêmes.

Les politiques actuellement conduites sont peut-être cohérentes du point de vue de l’État, mais elles ne correspondent pas aux attentes exprimées par les Mahorais. Ceux-ci demandent d’abord que l’immigration clandestine soit maîtrisée, que leur patrimoine foncier soit protégé et que les services publics répondent enfin à leurs besoins.

À partir du moment où la population a le sentiment de ne plus être entendue, une défiance s’installe. Cette rupture est d’autant plus préoccupante que les Mahorais sont profondément attachés à la France et aux valeurs de la République. Lorsque cette confiance se fragilise, c’est le lien entre l’État et la population qui se détériore.

F.I. : Certains Mahorais estiment que l’État mène, à long terme, une politique qui conduirait progressivement à leur dépossession foncière. Que leur répondez-vous ?

M.K. : Je comprends cette inquiétude. Le foncier représente bien plus qu’un patrimoine économique à Mayotte. Il est au cœur de l’identité familiale, de la transmission entre générations et de l’enracinement des Mahorais sur leur terre.

Lorsque les habitants voient se multiplier les expropriations, les changements de destination des terrains et les programmes immobiliers réalisés sans qu’ils aient le sentiment d’en être les premiers bénéficiaires, ils s’interrogent légitimement sur l’orientation des politiques publiques.

C’est précisément pour cette raison que j’appelle depuis longtemps à une autre manière de gouverner Mayotte : une méthode fondée sur l’écoute, le dialogue et le respect des élus locaux.

F.I. : Vous employez souvent l’expression « décoloniser l’État ». Que signifie-t-elle concrètement ?

M.K : J’utilise volontairement cette expression. La République française a tourné la page de la colonisation. Pourtant, à Mayotte, j’ai parfois le sentiment que certains services de l’État continuent de fonctionner selon des réflexes hérités d’une autre époque.

Décoloniser l’État, cela ne signifie évidemment pas remettre en cause la République. Bien au contraire. Cela consiste à faire vivre pleinement les principes républicains.

Les représentants de l’État doivent considérer les élus mahorais comme de véritables partenaires et non comme de simples exécutants. Les décisions qui concernent l’avenir du territoire doivent être construites avec eux et non imposées depuis Paris. C’est cette évolution culturelle que j’appelle de mes vœux depuis plusieurs années.

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François-Noël Buffet proposé comme Défenseur des Droits par Emmanuel Macron : une bonne nouvelle pour Mayotte ?

François-Noël Buffet proposé comme Défenseur des Droits par Emmanuel Macron : une bonne nouvelle pour Mayotte ?
François-Noël Buffet s’est rendu à Mayotte en décembre 2024 après le cyclone Chido en tant que ministre des Outre-mer

L’ancien ministre des Outre-mer sous le gouvernement Barnier, François-Noël Buffet, a été proposé comme Défenseur des Droits par Emmanuel Macron. Si sa nomination est confirmée, il se pourrait que ses positions conviennent davantage aux élus et à la population mahoraise que celles de sa prédécesseure, Claire Hédon.

Proposé par Emmanuel Macron pour occuper la fonction de Défenseur des droits, François-Noël Buffet a été auditionné ce mercredi 15 juillet dernier par l’Assemblée nationale et le sera aujourd’hui, le 21 juillet, par le Sénat. Ce n’est qu’a la suite du dépouillement des votes des commissions des lois de ces 2 instances, votes qui seront additionnés, que sa nomination sera validée ou non.

Si cette proposition suscite déjà de vives réactions au niveau national, où plusieurs associations dénoncent un profil jugé trop « conservateur », à Mayotte en revanche cette perspective est observée sous un tout autre angle.

Elle suscite en effet l’espoir, au sein des élus et de la population mahoraise, que les droits des Mahorais, notamment au sujet des questions liées à la sécurité, seront davantage pris en compte que sous le mandat de sa prédécesseure, Claire Hédon.

Plusieurs des prises de position de cette dernière avaient en effet suscité un sentiment d’incompréhension au sein de la population mahoraise ainsi que de ses élus qui lui reprochaient de mettre davantage l’accent sur les droits des Etrangers que sur ceux des Mahorais, confrontés quotidiennement à l’insécurité, aux difficultés d’accès aux services publics et aux conséquences de la crise migratoire.

Pour beaucoup, elle ne prenait pas suffisamment en compte les problématiques spécifiques propres au territoire mahorais. A l’inverse, les associations de défense des droits humains estimaient qu’elle remplissait pleinement son rôle, celui du éfenseur des droits étant précisément de veiller au respect des droits fondamentaux de toute personne quelque soit sa situation.

L’un des auteurs du rapport sénatorial de 2021 consacré à l’insécurité

Quelque soit son titulaire, les compétences d’un Défenseur des Droits restent toutefois les mêmes. Il ne fixe pas la politique migratoire et ne peut pas modifier les lois. Il intervient dans les litiges avec les administrations, les discriminations, les droits de l’enfant, la déontologie des forces de sécurité et la protection des lanceurs d’alerte. En revanche, chaque Défenseur des droits apporte sa sensibilité.

Là où Claire Hédon, ancienne journaliste à RFI et ex-présidente d’AD Quart Monde, était issue du monde associatif et de la lutte contre la précarité, François-Noël Buffet vient du Droit (il est avocat de formation), du Sénat et des questions de sécurité. Il connait en outre assez bien Mayotte pour y avoir effectué plusieurs séjours.

L’ancien ministre s’est en effet rendu 3 fois sur l’île : en 2006, dans le cadre d’une commission d’enquête sénatoriale sur l’immigration irrégulière, en 2021 lors d’une mission d’information du Sénat sur l’insécurité à Mayotte, et en décembre 2024 après le cyclone Chido en tant que ministre des Outre-mer. La mission de 2021 a donné lieu à un rapport, dont il est l’un des co-auteurs, intitulé « Insécurité à Mayotte : conjurer le sentiment d’abandon des Mahorais ».

Ce document dressait un constat particulièrement sévère : explosion de la délinquance, pression migratoire exceptionnelle, services publics saturés et profond sentiment d’abandon de la population. Les sénateurs y plaidaient pour un renforcement durable des moyens de l’Etat, de la Justice et des forces de sécurité. Cette connaissance approfondie des réalités mahoraises nourrit aujourd’hui les attentes de nombreux élus et habitants de l’île.

Si rien ne permet toutefois aujourd’hui d’affirmer quelle sera son action s’il est confirmé dans ses fonctions, une chose est sûre : compte-tenue de sa connaissance de Mayotte et des critiques adressées à sa prédécesseure sur l’île, sa possible arrivée est suivie avec une attention toute particulière.

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Action humanitaire : l’association Omoiyari se mobilise pour les écoliers

Action humanitaire : l’association Omoiyari se mobilise pour les écoliers

Dans le cadre de sa collecte de fonds « Une rentrée pour tous », cet été, l’association de Cavani anticipe et se donne pour mission de recueillir des fournitures scolaires destinées aux élèves d’école primaire issus de familles modestes.

“Omoiyari” évoque un concept japonais qui exprime l’art de se soucier véritablement des autres, d’aider son prochain avant même qu’il en ait besoin. Si l’association a vu le jour grâce à des collectes alimentaires organisées en fin d’année 2025, elle se lance aujourd’hui un nouveau défi : offrir une belle rentrée des classes aux enfants dans quelques semaines. Le but est de constituer des kits scolaires comprenant notamment un cartable, des cahiers, des classeurs, une trousse, des stylos, des crayons et des feutres, une règle, une gomme, un taille-crayon ainsi que d’autres fournitures essentielles, selon les besoins des élèves.

L’association espère ensuite remettre ces kits à une école. La collecte a déjà réuni de nombreux donateurs les 4 et 5 juillet derniers, au centre commercial Baobab. Imrane, président de l’association, réagit à cette première mobilisation : « Notre équipe était présente à l’entrée de l’Intermarché avec des flyers. Nous avons présenté notre association et expliqué le projet aux passants. Nous avions aussi préparé des listes de matériels pour les personnes qui ne savaient pas quoi acheter. Aux abords des caisses, d’autres membres ont pu recueillir une quinzaine de sacs remplis de fournitures en tout genre. »

Malgré quelques appréhensions au départ, il se dit satisfait : « Auparavant, les collectes effectuées s’inscrivaient dans un cadre religieux, pendant le mois de ramadan, un moment où les gens semblaient plus enclins à donner. J’étais donc moins certain que cette collecte scolaire rencontrerait le même succès et prendrait autant d’ampleur. Mais finalement, elle a très bien fonctionné », s’exclame-t-il.

D’autres actions sont également prévues les 1er et 2 août au Hyper Discount, de Kawéni. Il est aussi possible d’effectuer des dons d’argent sur place. Une cagnotte a également été ouverte sur la plateforme Leetchi. À ce jour, elle s’élève à 577 euros, mais pour Imrane, ce projet dépasse les chiffres, dans la mesure où l’essentiel est de donner le meilleur de soi-même sans trop se focaliser sur une somme finale : « On souhaite vraiment aider le plus grand nombre de familles possible. Si nous faisons de notre mieux pour venir en aide à ceux qui en ont besoin, à la fin, nous serons déjà très heureux. Nous pensons notamment aux parents et au soulagement que cela peut représenter pour les familles les plus modestes. Il peut être difficile de réunir tout le nécessaire demandé sur les listes données par les établissements. »

Il poursuit « À travers cette initiative, nous souhaitons également transmettre un message de solidarité et donner envie à d’autres personnes de s’engager, que ce soit par la générosité ou le bénévolat. De plus, peut-être que cette démarche inspirera certains, à leur tour, à créer une association ou une entreprise engagée, afin de permettre au plus grand nombre de bénéficier, ponctuellement ou régulièrement, de ce type de soutien », conclut-il. La collecte se poursuit sur la quasi-totalité du mois d’août, l’association envisage de distribuer les dons la semaine de la rentrée.

Elle espère également pouvoir compter sur de nouveaux partenariats à long terme, qui contribueront notamment aux moyens de transport de l’équipe ou aux donations tout simplement. Aujourd’hui, l’entité compte une soixantaine de bénévoles, toujours prête à accueillir de nouveaux adhérents ou sympathisants. Elle reste active sur les réseaux sociaux, où chacun peut retrouver toutes les informations nécessaires pour découvrir ses actions et, s’il le souhaite, les soutenir ou y participer. Selon l’INSEE, à Mayotte une part croissante du budget des ménages les plus démunis va dans les fournitures scolaires pour donner un avenir meilleur aux enfants.

Pour cette rentrée 2026, l’allocation de rentrée scolaire pour les enfants d’écoles primaires s’élève à 429, 01 euros.  Les initiatives portées par les associations représentent également un levier majeur pour accompagner la reconstruction d’un écosystème éducatif fragilisé, particulièrement depuis le passage du cyclone Chido, et pour soutenir les familles face aux conséquences d’une hausse des prix devenue inéluctable. La finalité est claire : renforcer l’égalité des chances de réussite scolaire.

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Assadillah Abdourahamani élu à l’unanimité à la présidence du Centre de gestion de Mayotte

Assadillah Abdourahamani élu à l’unanimité à la présidence du Centre de gestion de Mayotte
À la MJC de M'Gombani, les élus ont voté d’une seule voix : Assadillah Abdourahamani prend la tête du Centre de gestion de Mayotte.

Le Centre de gestion de la fonction publique territoriale (CDG) de Mayotte a un nouveau président. Réunis ce samedi 17 juillet à la MJC de M’Gombani, une vingtaine d’élus locaux ont porté à l’unanimité Assadillah Abdourahamani, maire de Kani-Kéli, à la tête de l’établissement public. Il succède à Youssouf Ambdi, ancien maire de Ouangani.

Une nouvelle page s’ouvre pour le Centre de gestion de la fonction publique territoriale de Mayotte. Réunis à la MJC de M’Gombani, une vingtaine d’élus locaux ont porté à l’unanimité le maire de Kani-Kéli, Assadillah Abdourahamani, à la présidence de l’établissement. Une élection marquée par un appel au rassemblement et à la défense de l’intérêt général.

Cette élection s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités politiques, dont le sénateur Saïd Omar Oili, ancien président du Centre de gestion, et la députée Anchya Bamana, tous deux soutiens de la démarche engagée.

Pour le nouveau président, cette élection dépasse largement les clivages politiques. « Le Centre de gestion est la chambre commune à toutes les collectivités. Cela dépasse les approches partisanes. Un travail a été mené depuis les élections municipales avec un groupe qui s’est ouvert au-delà des formations politiques pour porter un message d’unité et de solidarité au service de l’intérêt général », a déclaré Assadillah Abdourahamani.

Le maire de Kani-Kéli a salué la capacité des élus mahorais à se rassembler autour d’un objectif commun. « Les élus de Mayotte ont montré que nous sommes capables de nous retrouver, de débattre et de nous accorder dans une optique commune, celle de l’intérêt général. La fonction publique, c’est le service public, ce sont les agents, les serviteurs du quotidien », a-t-il affirmé.

Il a également souligné la portée symbolique de la présence d’anciens parlementaires lors de cette élection. « Il y a ici un message d’unité. Les anciens parlementaires sont venus se joindre à cet élan pour montrer que la fonction publique n’appartient à aucun groupe politique et qu’elle constitue un bien commun. »

Un établissement au service des collectivités

Le Centre de gestion de la fonction publique territoriale joue un rôle central dans le fonctionnement des collectivités locales. Il accompagne les 17 communes de Mayotte, le Département-Région de Mayotte ainsi que les intercommunalités dans la gestion des ressources humaines.

Son directeur général des services, Chamssdine Kalihini, rappelle que le CDG est « une émanation de la décentralisation engagée en France dans les années 1980 ». À Mayotte, son développement s’inscrit dans la mise en place progressive des institutions territoriales et complète l’action du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT), chargé de la formation des agents.

Le Centre de gestion assure notamment l’organisation des concours de la fonction publique territoriale, la gestion de carrière des quelque 6 000 agents territoriaux de Mayotte, les avancements de grade, l’accompagnement des projets professionnels ainsi que la gestion de la bourse de l’emploi, qui recense notamment les postes vacants de plus de six mois.

Une nouvelle équipe dirigeante

Pour l’accompagner dans ses fonctions, Assadillah Abdourahamani s’appuiera sur un bureau composé de quatre vice-présidents, représentant plusieurs collectivités du territoire. Hafoussoiti Daoud Vitta, conseillère municipale de Mtsamboro, a été élue première vice-présidente. Elle sera secondée par Echati Issa, élue du Département-Région de Mayotte pour le canton de Koungou, en qualité de deuxième vice-présidente. Ibrahima Ambdoulhanyou, élu municipal de Tsingoni, occupera les fonctions de troisième vice-président, tandis qu’Abdou Laithi, élu municipal de Bouéni, complète l’exécutif en tant que quatrième vice-président.

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Mayotte a fait ses adieux au grand musicien Langa, dimanche 19 juillet 2026

Mayotte a fait ses adieux au grand musicien Langa, dimanche 19 juillet 2026

Toumbou Soumaïla n’est plus. Mais Langa, lui, demeurera à jamais gravé dans la mémoire collective des Mahorais. L’immense chanteur continuera de traverser le temps à travers ses chansons et ses mélodies, de faire chanter, danser et rêver les générations futures, comme il l’a fait pour celles qui l’ont précédé. Son œuvre survivra à l’homme, portée par un patrimoine musical devenu indissociable de l’identité culturelle de Mayotte.

Depuis l’annonce de son décès, dimanche matin, les hommages affluent de toutes parts. Du monde de la musique, de la classe politique, de la société civile, de la diaspora, des anonymes comme des passionnés de musique traditionnelle, chacun salue la disparition de celui qui incarnait l’âme musicale de l’île.

Maître incontesté du gaboussi, cette guitare traditionnelle à trois cordes propre à l’Afrique orientale et à l’océan Indien, Langa a vu une foule considérable converger vers son village pour lui rendre un dernier hommage. Ses funérailles se sont déroulées dans une grande simplicité, à l’image de l’homme qu’il fut tout au long de son existence.

Avec sa disparition, Mayotte perd bien davantage qu’un musicien. Elle perd un monument de sa culture, un immense baobab de la chanson traditionnelle, un passeur de mémoire et un trait d’union entre les traditions sakalava du Boeny malgache et celles de Mayotte.

Après plus d’un demi-siècle consacré à son art, Toumbou Soumaïla s’est éteint dimanche, aux alentours de 6 heures du matin, à l’âge de 71 ans. Sa disparition replonge naturellement de nombreux Mahorais dans le souvenir de l’un de ses plus grands succès, « Moutso nguiya ngoma ». Composée au milieu des années 1980, cette chanson apparaît aujourd’hui presque prémonitoire. Le maestro y évoquait déjà, avec une étonnante lucidité, la tristesse que susciterait un jour son départ.

Langa laisse derrière lui un répertoire exceptionnel de chansons, mais également le souvenir de sa bonne humeur, de sa joie communicative, de son humour et de ses critiques parfois acerbes envers les travers de la société mahoraise. Un héritage précieux qu’il conviendra désormais de préserver afin qu’il ne sombre jamais dans l’oubli.

À la fois griot, poète, compositeur, musicien et interprète, il a consacré sa vie à défendre l’héritage culturel de ses ancêtres. Il maniait avec la même aisance le kibushi et le shimaoré, les deux principales langues vernaculaires de Mayotte, donnant ainsi une dimension universelle à ses compositions.

Aveugle dès son plus jeune âge, Toumbou Soumaïla découvre le gaboussi à seulement quinze ans. Très vite, il développe un style singulier où se mêlent poésie, chronique sociale et récit historique. À travers ses chansons, il raconte les grands événements qui ont marqué l’histoire politique de Mayotte, notamment le combat mené pour le maintien de l’île au sein de la République française. Son immense mémoire lui permet de transformer chaque épisode marquant en chanson, contribuant ainsi à transmettre l’histoire et à renforcer le sentiment d’appartenance des Mahorais.

« Langa est la source originelle de la musique mahoraise contemporaine. Quels que soient les styles développés par les générations successives de musiciens, tous ont puisé quelque chose dans son œuvre. Aujourd’hui encore, toutes les générations chantent et dansent sur les notes de son gaboussi-blues, qui constitue une véritable signature de l’identité mahoraise », souligne Mikidadi Abdoullah, dit Big Music, organisateur de festivals de musique à Mayotte, à Madagascar et en métropole. Pour un jeune musicien qui a souhaité garder l’anonymat, la disparition de Langa représente une perte immense.

« C’est une véritable bibliothèque musicale qui disparaît et nous laisse orphelins dans le combat permanent que nous menons pour préserver notre culture. Aujourd’hui, les responsables politiques multiplient les hommages, mais ils n’ont pratiquement rien fait pendant plus de trente ans pour soutenir cet artiste exceptionnel. Sans les médias, notamment la radio et la télévision, qui continuaient de diffuser ses œuvres, il serait peut-être déjà tombé dans l’oubli. »

Un artiste investi d’une véritable mission sociale

Au-delà de son immense talent musical, Langa jouait également un rôle social majeur.

« C’était un personnage hors du commun, se souvient l’un de ses contemporains. Il savait transformer en chanson tout ce qu’il observait autour de lui. Il animait aussi bien les fêtes villageoises que les cérémonies de roumbou, qui ont accompagné l’histoire du combat pour la départementalisation de Mayotte. À travers certaines de ses œuvres, il rendait hommage aux grandes figures historiques de cette lutte, notamment Marcel Henry et Younoussa Bamana, comme dans sa chanson Nahazonay Tany Nay. »

Pour Fouad, un autre passionné de musique traditionnelle, Langa emporte avec lui une partie de l’âme de Mayotte. « Il aurait été le compositeur idéal d’un hymne officiel pour notre département. Avec sa disparition, c’est une partie de notre patrimoine commun qui s’en va. Nous perdons une voix unique, un critique social qui savait parler à tous les Mahorais avec intelligence, humour et poésie. »

Langa excellait également dans l’art de transformer les anecdotes du quotidien en chansons devenues populaires. Son célèbre morceau « Songoro Matchatcha », inspiré du passage de Léopold Sédar Senghor à Dzaoudzi alors qu’il était ministre sous la IVe République, en est l’un des meilleurs exemples. À cette époque, beaucoup de Mahorais avaient du mal à imaginer qu’un Africain puisse exercer des fonctions ministérielles au sein du gouvernement français. Fidèle à son talent de chroniqueur populaire, Langa sut immortaliser cet étonnement collectif dans une chanson restée célèbre. Les messages de condoléances continuent de se multiplier sur les réseaux sociaux.

« Je suis profondément attristé par la disparition de cet artiste majeur, qui a inspiré plusieurs générations de musiciens. Il fut l’un des premiers artistes mahorais à représenter Mayotte dans de grands festivals internationaux, en Afrique du Sud, en Suisse, en métropole et dans d’autres pays. Les Mahorais continueront longtemps à écouter ses chansons. Son œuvre influencera encore les jeunes artistes qui souhaitent se lancer dans la musique. Langa est un maître incontesté à Mayotte comme aux Comores. Il a contribué à faire entrer dans le patrimoine collectif de nombreuses chansons traditionnelles qui appartiennent désormais à la mémoire de notre peuple. »

Avec le départ de Langa, c’est une page majeure de l’histoire culturelle de Mayotte qui se tourne. Mais tant que résonneront les accords de son gaboussi, sa voix continuera d’habiter les villages, les fêtes populaires et la mémoire de tout un peuple. Son héritage appartient désormais aux générations futures, auxquelles revient la responsabilité de le préserver et de le transmettre.

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Comores : le ministre de l’Intérieur interdit les mariages coutumiers avant 17 heures

Comores : le ministre de l'Intérieur interdit les mariages coutumiers avant 17 heures

En publiant cette circulaire, le ministre de l’Intérieur reconnaît à demi-mot l’incapacité de l’État à sanctionner les agents qui s’absentent de leur travail sans motif valable, malgré l’existence de textes réglementaires en vigueur. Mais est-ce une raison de pénaliser toute une population ?

Le ministère de l’Intérieur de l’Union des Comores a provoqué un tollé en publiant, samedi, une circulaire qui risque de bouleverser les festivités de la saison des grands mariages, déjà bien entamée. Datée du 18 juillet et adressée aux préfets ainsi qu’aux maires, cette note, signée par le ministre Mohamed Ahmed Assoumani, interdit désormais l’organisation de manifestations coutumières durant les après-midi des jours ouvrables.

Le motif avancé est l’absentéisme constaté dans l’administration publique pendant les heures de travail.

« Dans le souci d’assurer la continuité et l’efficacité du service public, ainsi que le respect des horaires de travail au sein des administrations publiques, il est rappelé qu’un arrêté du ministère de la Fonction publique a fixé les horaires de travail des fonctionnaires et autres agents de l’administration ainsi que les périodes durant lesquelles les agents de l’État et des collectivités territoriales sont tenus d’assurer normalement leurs fonctions », rappelle le ministre dans sa circulaire.

Le document souligne toutefois que, malgré ce cadre réglementaire, « l’organisation de manifestations coutumières durant les après-midi des jours ouvrables entraîne une absence importante des agents publics », perturbant ainsi le fonctionnement normal des services administratifs.

En conséquence, les cérémonies coutumières devront désormais être organisées en dehors des heures de service, les samedis, dimanches, jours fériés ou après la fermeture des administrations. Depuis septembre, les horaires de travail dans la fonction publique sont fixés de 8 heures à 17 heures, du lundi au vendredi.

« Il est désormais demandé aux autorités préfectorales et communales de veiller à ce qu’aucune autorisation ne soit accordée pour l’organisation de manifestations à caractère coutumier durant les après-midi des jours ouvrables », exige le ministre de l’Intérieur. Celui-ci invite également les préfets, les maires, les autorités coutumières et les chefs de village à sensibiliser la population afin d’assurer le respect de cette mesure.

Un aveu d’impuissance de l’État ?

Si cette décision vise, selon le ministre, à garantir la continuité du service public et un fonctionnement régulier des administrations, elle suscite déjà de nombreuses critiques.

Premier reproche : l’absence de concertation et de sensibilisation. Il est de notoriété publique qu’entre juillet et août, les Comoriens de la diaspora reviennent massivement au pays pour célébrer leur grand mariage ou celui de leurs proches. Ces cérémonies sont souvent programmées plus d’un an à l’avance. Cette période estivale étant très courte, il n’est pas rare que cinq grands mariages soient organisés la même semaine dans une seule ville. Or, un seul mariage coutumier s’étale généralement sur au moins six jours de festivités.

Pour une grande partie de l’opinion, une telle décision aurait dû être précédée d’une vaste campagne d’information et de dialogue avec les autorités coutumières.

Deuxième critique : la circulaire est perçue comme un aveu d’impuissance de l’État face à l’absentéisme de ses quelque 13 500 fonctionnaires. Beaucoup s’interrogent : pourquoi ne pas sanctionner directement les agents fautifs plutôt que d’imposer des contraintes à l’ensemble de la population ?

Pourtant, le 20 avril dernier, le ministre de la Fonction publique a publié un arrêté fixant les modalités de retenue sur salaire applicables aux fonctionnaires et agents de l’État en cas d’absence ou de retard injustifiés.

« Est considérée comme absence injustifiée toute absence au poste de travail qui n’a pas été préalablement autorisée et qui n’est pas couverte par un justificatif valable transmis dans un délai de soixante-douze (72) heures. Le retard injustifié est considéré comme tel lorsqu’un agent se présente à son poste après l’heure réglementaire sans motif valable ou sans autorisation préalable », précise le texte.

Son article 3 prévoit que les retenues sur salaire sont calculées proportionnellement au temps de travail non effectué. La constatation des absences relève des directions des ressources humaines ou de toute autre autorité administrative compétente.

L’arrêté précise également que « les absences et retards répétés peuvent donner lieu à des sanctions disciplinaires conformément aux textes en vigueur ». Il prévoit enfin la mise en place d’un système de pointage destiné à renforcer le contrôle de la présence des agents.

Pourquoi pénaliser toute la population ?

Avec un tel arsenal réglementaire déjà en place, de nombreuses voix s’interrogent sur la pertinence de cette nouvelle circulaire.

« Cette circulaire constitue avant tout l’aveu de l’impuissance de l’État. Garantir la continuité du service public est un objectif parfaitement légitime. Mais lorsqu’un fonctionnaire manque à ses obligations, il appartient à l’État d’exercer son pouvoir disciplinaire. C’est sa responsabilité première, en tant que détenteur de l’autorité publique, et non celle des familles ou de l’ensemble des citoyens », estime Ibrahim Mahafidh Eddine, militant de la diaspora, interrogé par Flash Infos.

Très actif sur les questions d’actualité concernant les Comores, ce membre du mouvement Naribarikishe Yi Komori accuse le gouvernement de déplacer le problème.

« Au lieu de sanctionner les agents défaillants, de renforcer les contrôles et de faire respecter la discipline administrative, il choisit d’imposer des contraintes à toute la population en limitant l’organisation des cérémonies coutumières. C’est une réponse disproportionnée qui fait peser sur les citoyens les conséquences des défaillances de l’administration », dénonce-t-il.

La circulaire soulève également un important débat juridique.

« Une circulaire n’est qu’une instruction interne destinée à expliquer aux agents comment appliquer une règle existante. Elle n’a aucune valeur normative à l’égard des citoyens. Elle ne crée aucun droit, n’édicte aucune obligation nouvelle et ne peut restreindre une liberté », rappelle l’avocate franco-comorienne Maliza Saïd Soilihi.

Cette dernière dénonce l’absence de fondement juridique de la décision.

« On prétend, par une simple note de service, interdire à tout un peuple des actes que seule une loi pourrait éventuellement encadrer, et encore dans les strictes limites de la nécessité et de la proportionnalité. On ne suspend pas la vie privée, la liberté de réunion et les rites d’une société par un papier signé un après-midi. Aucun texte ne l’autorise », tranche-t-elle.

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La CRESS de Mayotte propose deux ateliers pour les porteurs de projets en juillet

La CRESS de Mayotte propose deux ateliers pour les porteurs de projets en juillet

La Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (CRESS) de Mayotte organise deux ateliers thématiques au mois de juillet, ouverts à tous les porteurs de projets souhaitant renforcer leurs compétences sur des sujets précis.

Le premier rendez-vous, consacré à « l’anticipation des bilans et la mesure d’impact des actions », se tiendra le mercredi 22 juillet 2026 de 9h à 12h30 dans les locaux de Sud Mayotte Développement à Mzouazia, dans la commune de Bouéni.

Un second atelier sera proposé le mercredi 29 juillet 2026, également de 9h à 12h30, à la CRESS de Mroalé à Tsingoni. Il portera sur la mobilisation d’un réseau de partenaires afin d’élargir ses sources de financement.

Ces sessions ont pour objectif d’accompagner les entrepreneurs et acteurs associatifs dans le développement de leurs projets grâce à des outils pratiques et des échanges autour de problématiques concrètes.

Des perturbations d’eau annoncées ce vendredi en Petite-Terre

Des perturbations d’eau annoncées ce vendredi en Petite-Terre
* image d'illustration générée par ia

Les habitants de plusieurs secteurs de Petite-Terre devront faire face à des perturbations dans la distribution d’eau ce vendredi 17 juillet 2026. La SMAE (Mahoraise des Eaux) prévoit une intervention de nettoyage du réservoir de Pamandzi, nécessitant l’arrêt temporaire de la distribution depuis cet ouvrage entre 7h et 18h.

Les secteurs concernés sont Labattoir Centre, Pamandzi La Vigie, Labattoir La Vigie et Pamandzi Ouest. La distribution alternative sera maintenue, mais en mode dégradé, ce qui pourrait entraîner des coupures ou une baisse de pression selon la localisation des abonnés.

Afin de limiter l’impact de l’intervention, des aménagements sont prévus dans les secteurs de La Vigie. À Labattoir La Vigie, une ouverture exceptionnelle du réseau est programmée de 18h ce jeudi soir à 6h vendredi matin. À Pamandzi La Vigie, la remise en service est avancée à 6h au lieu de 10h initialement prévu.

Lors du retour de l’eau, la SMAE recommande aux usagers de laisser couler les robinets quelques minutes jusqu’à obtenir une eau claire. L’eau récupérée pourra être utilisée pour des usages non alimentaires. Pour la consommation et la préparation des repas, il est conseillé de faire bouillir l’eau durant la première demi-journée suivant la remise en eau.

Les événements traditionnels deviennent des opportunités de sensibilisation à la santé et aux droits des femmes

Les événements traditionnels deviennent des opportunités de sensibilisation à la santé et aux droits des femmes
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La Direction régionale aux droits des femmes intensifie, cet été, ses actions en faveur des femmes de plus de 40 ans. En ce mois de juillet, elle lance sa campagne « Aller vers ma santé et mes droits de femme ». Pour les équipes de la DRDFE, un défi innovant est à portée de main : informer les femmes sur leur santé durant les événements traditionnels, tels que les préparatifs de mariages, les maoulidas et bien d’autres. À l’origine de cette initiative, un chama de Chéngué. Les chikaos et chamas de sept villages seront mobilisés autour de nombreux objectifs : proposer des dépistages des IST ainsi que des cancers du sein et du col de l’utérus, avec le Centre régional de coordination du dépistage des cancers et le Centre hospitalier de Mayotte ; informer sur la planification familiale et la contraception avec le Réseau périnatal de Mayotte (REPEMA) ; sensibiliser à la prévention des violences faites aux femmes aux côtés de la Maison de Protection des Familles (MPF) ; échanger sur la charge mentale, les relations affectives et la prévention de la prostitution des mineurs avec Mlezi Maore, la Croix-Rouge et l’ACFAV. La démarche répond à un enjeu urgent de santé publique. Sur l’île, les cancers chez les femmes sont particulièrement fatales. Le cancer du sein est la première cause de mortalité par cancer chez les femmes, tandis que le cancer du col de l’utérus figure également parmi les principales causes de décès. La préfecture précise : « En s’appuyant sur les traditions et la culture mahoraises, cette démarche de proximité favorise le dialogue, la prévention et l’accès aux droits des femmes.»

Une distinction pour Ambdilwahedou Soumaila

Une distinction pour Ambdilwahedou Soumaila

Le maire de Mamoudzou, président de la CADEMA et de l’Association des maires de Mayotte, Ambdilwahedou Soumaila, figure parmi les lauréats du palmarès national « 100 Nouveaux Visages 2026 », une initiative du Cercle des Élus Locaux, en partenariat avec La Tribune du Dimanche, qui distingue 100 maires et présidents d’intercommunalité issus du renouvellement électoral de 2026. Sur ses réseaux sociaux, la Ville de Mamoudzou insiste sur « une reconnaissance qui salue la dynamique du territoire : après le passage du cyclone Chido, Mamoudzou et la CADEMA reconstruisent, innovent et avancent, portées par le projet de ville “ Mamoudzou 2030”, le développement du réseau de transport CARIBUS et un rayonnement territorial affirmé.”

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes