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Annice dévoile “ Délicatesse”, un conte musical entre souvenirs d’enfance et affirmation de soi

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Annice, artiste auteure-interprète d’origine malgache, est installée à Mayotte depuis près de vingt ans. Passionnée de musique et de scène, elle s’est progressivement imposée dans l’univers musical mahorais, notamment en tant que choriste de Zily, la diva de la chanson mahoraise. À travers son univers artistique, Annice affirme une identité musicale tournée vers l’AfroLove. Inspirée par des artistes telles que Daphné, Tiwa Savage et Yemi Alade, elle puise dans leurs univers. Aujourd’hui, Annice a sorti son tout nouveau single, “ Délicatesse”.

“ Délicatesse”, un titre qui dévoile une facette sensible et assumée de l’artiste. Un conte musical qui la ramène à ses souvenirs d’enfance, à l’époque où elle vivait encore à Madagascar, entourée de l’ensemble de sa famille. À travers ses mélodies, Annice revisite cette période précieuse de sa vie, faite de souvenirs et de moments simples qui ont façonné la femme et l’artiste qu’elle est devenue.

Flash infos : Pour commencer, pouvez-vous vous présenter et nous parler un peu de votre parcours en tant qu’artiste et auteure-interprète ?  

Annice : Je m’appelle Annice. Comme vous avez pu le voir, je suis artiste, auteure et interprète de mes propres chansons. Je suis d’origine malgache et je vis à Mayotte depuis près de vingt ans. Je chante principalement en français, mais je m’exprime également en shimaoré et en malgache, notamment avec Zily. Cela fait réellement neuf ans que je chante.

F.I. : Avant de parler justement de votre nouveau single, j’aimerais revenir sur vos débuts. D’où vous vient cette envie de faire de la musique, cet amour et cette passion qui vous animent depuis maintenant vingt ans ?  

Annice : Alors, je chante depuis toute petite. Comme je vous l’ai dit, je suis d’origine malgache. Donc, les dimanches, on allait à l’église et on chantait en famille. Petit à petit, j’ai pris cette habitude de chanter tout le temps. Au départ, ce n’était qu’un simple hobby. Et puis, au fil des années, c’est devenu une véritable passion. J’ai aussi beaucoup hérité de mon papa. C’est un musicien autodidacte et, quelque part, il m’a transmis cet amour de la musique et cette envie de chanter.

F.I. : Et dans votre entourage, que ce soit au sein de votre famille ou parmi vos amis, est-ce que vous avez toujours été entourée de personnes qui pratiquaient la musique ? Y’avait-il également des artistes dans votre entourage ?

Annice : Alors non, dans ma famille, je suis la seule artiste. Dans mon entourage également, il n’y a pas vraiment d’autres artistes. Mais chez les Malgaches, chanter est quelque chose d’inné. On chante très souvent. Dans ma famille, la plupart savent chanter, mais je suis la seule à chanter en public.

F.I. : Aujourd’hui, vous nous présentez votre tout nouveau single, “ Délicatesse ”, dont le clip a été tourné à Nosy Be, nous y reviendrons un peu plus tard. Mais pour commencer, pourquoi avoir choisi “ Délicatesse ” comme titre ?

Annice : Alors, “ Délicatesse ”, c’est en réalité un morceau que j’ai écrit il y a quatre ou cinq ans. C’est une chanson que j’avais gardée dans mon placard, et je me suis dit que c’était enfin le bon moment pour la sortir. Cette chanson me ressemble beaucoup. D’habitude, j’écris en m’inspirant de ce que je vois autour de moi. Et pour “ Délicatesse”, j’ai vraiment senti que le moment était venu de la partager avec le public.

Pour moi, “ Délicatesse ”, c’est avant tout le portrait d’une femme forte. Une femme qui a l’habitude de tout contrôler, de tout gérer, de toujours vouloir maîtriser ce qui lui arrive. Mais on ne peut pas toujours tout contrôler dans la vie. Il faut aussi savoir lâcher prise, accepter de se laisser porter par les aléas de la vie, même lorsqu’ils nous mettent face à des obstacles.

F.I. : Dans le mail de présentation, vous décrivez “ Délicatesse ” comme un “ conte musical chaleureux ”, inspiré de vos souvenirs d’enfance. Quand vous parlez de “ conte musical ”, faites-vous référence à l’univers des contes de fées ou aux princesses Disney ?

Annice : Je suis née à Madagascar, plus précisément à Antsohihy, où j’ai vécu jusqu’à l’âge de 7 ans. J’ai ensuite passé deux années à Mtsapéré, à Mayotte, avant de partir vivre en métropole, où j’ai poursuivi ma scolarité jusqu’à mes études supérieures.

Après mes études, revenir m’installer à Mayotte m’a semblé être une évidence. Cela fait maintenant vingt ans que j’y vis. C’est ici que j’ai construit ma vie, mes repères et une grande partie de mon identité. Aujourd’hui, je ne me vois tout simplement pas vivre ailleurs.

Quant au peu de temps que j’ai passé avec mes cousines et toute ma famille à Madagascar, ce dont je me rappelle, ce sont les soirées passées ensemble, quand une de mes cousines, qui était beaucoup plus âgée que nous, nous racontait des histoires avant de nous endormir.

Je me souviens notamment que l’un des contes qu’elle nous racontait commençait par “ Hi ho, hi ho”. Je ne saurais pas vraiment expliquer ce qu’il y avait derrière ces mots, mais c’est justement cette petite phrase, cette ambiance et ces histoires qui m’ont inspirée pour créer “ Délicatesse.”

 F.I. : Si j’ai bien compris, “ Délicatesse ” fait référence aux histoires que votre grande cousine vous racontait avant de vous endormir ?

 Annice : C’est exactement ça. Elle commençait ses histoires comme ça, et j’avais envie de m’inspirer de ce souffle-là pour raconter l’histoire de “ Délicatesse ”. C’est d’ailleurs pour cette raison que la chanson commence par “ il était une fois une princesse ” À travers cette histoire, je voulais aussi faire passer un message qui est de prendre sa vie en main et d’apprendre à être indépendante.

J’ai été éduquée dans cette idée-là, avoir mon propre travail, être indépendante financièrement, avoir ma propre maison, pouvoir subvenir à mes besoins et, surtout, ne pas dépendre d’un homme. Pour moi, un homme, c’est secondaire. Dans la tradition mahoraise, ce n’est pas forcément ça. Mais en tant que malgache et avec une maman malgache, on m’a vraiment poussée à ce que je sois indépendante.

Avec le temps, j’ai aussi compris qu’à un moment il faut ouvrir son cœur à une personne, de laisser une autre personne entrer dans ma vie.

F.I.  : Le clip, vous l’avez tourné à Nosy Be, pourquoi avoir choisi plus précisément ce lieu ?

Annice : Il faut savoir que je suis cadre dans une entreprise privée. Je suis aussi maman, épouse et chanteuse. Donc, pour réussir à concilier toutes ces vies, il faut forcément beaucoup d’organisation. Je suis obligée de tout calculer, de tout anticiper, pour essayer de trouver un équilibre et faire en sorte que tout le monde soit content.

Je suis cadre, je travaille dans une entreprise privée. Je suis maman, je suis épouse. Je suis aussi chanteuse. Pour concilier tout ça avec les vacances, je suis obligée de tout calculer pour faire en sorte que tout le monde soit content. Là, j’étais en vacances à Nosy Be. Ça me permettait d’être avec mes enfants, d’être en vacances.

F.I. : Combien de temps a duré le tournage du clip à Nosy Be

Annice : Le tournage du clip « Délicatesse » s’est déroulé sur une seule journée. Toutefois, il a nécessité un important travail de préparation en amont. J’ai délégué l’organisation sur place à un ami qui s’est chargé de trouver les danseurs et la couturière, puisque toutes nos tenues ont été réalisées sur mesure. Il a également fallu repérer et sélectionner les différents lieux de tournage, puis coordonner l’ensemble avec le réalisateur afin que tous les éléments soient cohérents avec l’univers du clip.

Pour l’univers visuel et artistique, je me suis notamment inspirée de l’artiste Zuchu et de son clip « Sukari ». J’aime particulièrement sa façon de valoriser la culture africaine à travers les couleurs, les tenues, les décors et la danse. Nous avons ensuite créé notre propre histoire autour de “Délicatesse,” une femme forte, exigeante et sûre d’elle.

J’ai également rencontré une difficulté assez inattendue : une réaction allergique au visage, seulement cinq jours avant le tournage. Cela m’a beaucoup inquiétée, mais, heureusement, j’ai pu mener ce projet jusqu’au bout grâce au soutien et au professionnalisme de toute l’équipe.

Naslat Maroine

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

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