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Salon du Tourisme : une édition placée sous le signe du bien être

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À l’occasion de la 12ᵉ édition du Salon du Tourisme et des Loisirs de Mayotte, qui s’ouvre ce vendredi à Mamoudzou, Michel Madi, président de l’AaDTM, revient sur les ambitions de l’événement et les perspectives du secteur après Chido. Tourisme intérieur, bien-être, hébergement et infrastructures : il détaille les chantiers à poursuivre pour relancer durablement la destination.

Le Salon du Tourisme et des Loisirs de Mayotte accueille le public dès ce vendredi 11 septembre après-midi pour trois jours de découverte, de rencontres et de valorisation des richesses du territoire. L’occasion de mettre en lumière la culture mahoraise, les savoir-faire locaux, l’artisanat et l’ensemble de l’offre touristique de l’île.

Cette 12ᵉ édition est placée sous le thème du “Bien-être” succède à une édition 2025 marquée par le passage du cyclone Chido. Axé sur la relance et la mobilisation, le salon avait alors rencontré un vif succès auprès du public, telle une respiration après les traumatismes, sans occulter les nombreux obstacles qui freinent encore le redressement du secteur, entre infrastructures à reconstruire, activités à relancer et préoccupations autour de l’état de l’environnement.

À la veille de l’ouverture, ce jeudi 10 septembre, l’effervescence est déjà palpable sur le site. Les équipes chargées de l’organisation s’activent pour monter les chapiteaux, installer la scène et peaufiner les derniers aménagements le long du front de mer et autour du marché couvert, tandis que les exposants, venus des quatre coins de Mayotte, prennent possession de leurs stands.

C’est dans cette ambiance de derniers préparatifs que Michel Madi, président de l’Agence d’Attractivité et de Développement Touristique de Mayotte (AaDTM), organisatrice de l’événement, a accepté de répondre à nos questions. Il revient sur les ambitions de cette nouvelle édition et livre son analyse des perspectives du tourisme à Mayotte dans les mois et années à venir.

Salon du Tourisme : une édition placée sous le signe du bien être
145 exposants, 113 chapiteaux, animations traditionnelles, spectacles, pour sa douzième édition le Salon du Tourisme change de dimension.

Flash Infos : Que réserve cette 12ème édition aux visiteurs ?

Michel Madi : Cette année, nous avons vu les choses en très grand. Nous accueillons 145 exposants, contre 95 l’an dernier, ce qui nous permet de proposer une offre touristique presque exhaustive de Mayotte. Les opérateurs nautiques, les hôtels, les artisans, les offices de tourisme ainsi que plusieurs partenaires institutionnels seront présents.

Le salon comptera également 15 espaces thématiques, contre 11 l’année dernière, et 113 chapiteaux, contre 66 en 2025. Depuis samedi, une soixantaine d’entreprises sont mobilisées pour assurer son installation et son organisation, preuve que cet événement est aussi un véritable levier économique. Nous avons voulu lui donner une nouvelle dimension, avec des animations traditionnelles qui rythmeront les trois jours, sur scène comme dans les allées.

Au-delà de l’événement, notre objectif est de créer une rencontre entre l’offre touristique et les résidents, afin d’encourager les Mahorais à découvrir leur territoire. L’idée est de s’appuyer sur une clientèle de proximité, présente toute l’année, et de faire du salon un moment de découverte, de gastronomie et de convivialité à partager en famille ou entre amis.

FI : Pourquoi avoir choisi le thème du “Bien-être” ?

M.M : Nous avons choisi le thème du bien-être parce qu’une véritable offre commence à émerger à Mayotte, avec des spas, des massages traditionnels et d’autres prestations. L’objectif est de donner de la visibilité à ces initiatives. Après le cyclone Chido, nous nous sommes beaucoup concentrés sur la reconstruction matérielle, mais nous avons sans doute moins pris en compte l’aspect psychologique. Le tourisme, c’est aussi savoir prendre du temps pour soi.

L’offre reste encore limitée, mais nous voulons encourager son développement. Des projets voient déjà le jour, notamment à Sakouli et dans le Sud, et méritent d’être mis en valeur.

Nous constatons également une véritable demande de la population pour ces espaces de bien-être, au point qu’il faut parfois attendre plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous. C’est une filière qui a un réel potentiel économique, à condition de s’appuyer sur les savoir-faire locaux, les plantes médicinales, les huiles essentielles ou encore l’ylang-ylang.

F.I : Comment construire le tourisme de demain à Mayotte ?

M.M : À l’issue du salon de l’an dernier, nous avons souhaité mieux connaître les attentes et les pratiques des résidents. Entre novembre 2025 et février 2026, nous avons donc mené une vaste enquête dans les cinq intercommunalités, à travers des groupes de discussion, des questionnaires en ligne et des entretiens en face à face. L’objectif était de recueillir des données qualitatives et quantitatives afin de bâtir une véritable stratégie de tourisme intérieur, en lien avec les offices de tourisme. Nous avons veillé à représenter l’ensemble des populations vivant à Mayotte, des Mahorais aux communautés régionales, métropolitaines et internationales.

Les principaux freins qui ressortent sont l’insécurité, les difficultés de déplacement et le rapport qualité-prix. Mais ces constats nous donnent aussi des pistes de travail. Nous pouvons, par exemple, réfléchir à des transports dédiés pour certaines activités. Si nous avons peu de marge sur les prix, nous pouvons en revanche accompagner les opérateurs pour améliorer la qualité de leurs prestations.

Le développement touristique de Mayotte se heurte encore à de nombreuses difficultés. Pour autant, nous ne pouvons pas attendre que toutes les infrastructures soient achevées avant d’agir. Mayotte est en pleine reconstruction et il faut développer le tourisme dès maintenant, en proposant des solutions qui permettent de répondre progressivement à ces contraintes.

Salon du Tourisme : une édition placée sous le signe du bien être
Le “Bien-être” est à l’honneur cette année, dans la continuité d’une édition 2025 apaisante tournée sur la relance et la mobilisation après Chido.

F.I : Les infrastructures, notamment les pontons et les capacités d’hébergement, restent des enjeux majeurs. Où en est-on aujourd’hui ?

M.M : Je comprends totalement les difficultés des opérateurs nautiques. Tous les matins, je les vois travailler dans des conditions difficiles, sans ponton. Les engagements pris au départ, notamment par le Département-Région, n’ont pas été tenus. On espère maintenant qu’un ponton pourra voir le jour en Petite-Terre d’ici la fin de l’année. Pour la Croisette, cela prendra davantage de temps. Nous sommes derrière les opérateurs pour pousser le Département-Région, comme sur des choses simples comme la sécurisation du site.

Le dossier est complexe, comme d’autres dossiers sur Mayotte, mais le Département nous dit être derrière, faire le travail.

“Les engagements pris au départ, notamment par le Département-Région, n’ont pas été tenus”, à propos des pontons.

Sur l’hébergement, le chantier de l’hôtel du front de mer de Mamoudzou, quatre étoiles et 60 chambres, est en cours. On espère une livraison d’ici 2028. En Petite-Terre, un autre hôtel quatre étoiles de 80 chambres est également en chantier, à côté du CHM. Dans le cadre du dispositif européen RESTOR, quatre projets d’établissements de trois à quatre étoiles se sont par ailleurs positionnés. Ce sont des projets qui vont, je pense, tirer la qualité de l’offre vers le haut. Il y a aussi un engagement entre le préfet et le Département pour étudier la question foncière des investissements hôteliers en dehors de Mamoudzou. Ce sont des signaux importants, car la capacité d’hébergement reste un goulot d’étranglement pour la destination.

F.I : Le tourisme a-t-il aujourd’hui toute sa place dans les discussions avec le Département-Région, l’État et les acteurs du territoire ?

M.M : Le tourisme est une priorité dans le contexte d’après-Chido. Le travail continue en bonne intelligence avec l’État, notamment avec l’EDEC Tourisme sur la formation, qui a été lancé, ainsi qu’avec les comités de filière. Avec le Département-Région, qui est l’un de nos principaux bailleurs de fonds, nous travaillons aussi sur plusieurs projets, comme la signalisation touristique que nous allons lancer dans les prochaines semaines. Nous avons également mené, dans le cadre de France Tourisme Ingénierie, des études pour la requalification du parc Mahabou et du Jardin botanique de Coconi, avec des financements de la BPI et du Département.

On aimerait que cela aille plus loin en termes de moyens et d’engagement, mais on reste réalistes.

Victor Diwisch

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