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Grève à l’ARS, les agents réclament le départ du secrétaire général

Depuis le jeudi 27 août, des agents de l’ARS de Mayotte sont en grève. Ils dénoncent une gestion centralisée, du favoritisme et des conditions de travail dégradées, et réclament le départ du secrétaire général, qui aurait accepté de se mettre en retrait.

Le drapeau de la CFDT flotte devant les locaux de l’Agence régionale de santé de Mayotte situé à Kawéni. La porte entrouverte, l’accueil est désert et une forte musique s’échappe de la salle de pause. Depuis une semaine, les employés sont en grève. Leur revendication est affichée sans ambiguïté : ils demandent le départ du secrétaire général. Tout au long de la journée les négociations se sont poursuivis dans les bureaux.

Sur place, sur la terrasse de la salle de pause les agents dénoncent un fonctionnement qu’ils jugent trop centralisé et marqué par le favoritisme. « Tout doit passer par lui et il y a du favoritisme », résument plusieurs salariés mobilisés devant les locaux de l’ARS.

Selon les grévistes, la situation se serait aggravée depuis l’arrivée du secrétaire général en 2024. Ils évoquent un organigramme organisé autour de lui et une délégation de signature concentrée entre ses mains. Les salariés pointent également un management qu’ils qualifient de méprisant, malveillant et insuffisamment attentif aux conditions de travail.

La mobilisation intervient dans un contexte particulièrement sensible. « L’essentiel des agents travaille sur les épidémies, la santé environnementale et la salubrité des maisons. Il y a des cas de paludisme que l’on suit quand même de près », explique un autre représentant syndical. Pour le syndicat, la poursuite du conflit doit permettre une meilleur considération de la “santé des mahorais”.

Des accusations de mauvaise gestion

Les agents mobilisés dénoncent aussi une gestion budgétaire qu’ils estiment préoccupante. « On a une gestion budgétaire hasardeuse qui a mis l’agence en déficit de trois millions. Aujourd’hui, on demande de faire des économies sur les postes », affirme Archidine Abdourahamane.

Les grévistes alertent sur les conséquences concrètes de ces restrictions. Ils évoquent des suppressions ou des réductions de postes, mais aussi des agents contraints d’assumer une charge de travail accrue sans moyens supplémentaires. « On retrouve un agent à qui on ajoute une surcharge de travail, sans moyens derrière », déplorent-ils.

En milieu de journée, les syndicats ont indiqué que le responsable visé aurait accepté de se mettre en retrait. Une information qui pourrait constituer une première étape vers une sortie de crise, même si les agents attendent désormais des garanties sur l’organisation de l’ARS et sur leurs conditions de travail.

Le CHM solidaire des grévistes

La mobilisation a également reçu le soutien de représentants syndicaux d’Acteur CFE-CGC, venus prêter main-forte aux agents de l’ARS. Parmi eux, Abdou Mohamed, agent hospitalier et représentant syndical, souligne les liens étroits entre l’ARS et le Centre hospitalier de Mayotte.

« Si l’ARS va mal, il y aura des répercussions au niveau du CHM. », explique-t-il. « On n’est pas étonnés, on vit un peu la même situation au CHM », ajoute Abdou Mohamed. Pour les syndicats, l’enjeu dépasse donc le seul conflit interne à l’ARS : il concerne plus largement l’organisation du système de santé à Mayotte. Contacté l’ARS Mayotte n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Le bras de fer se termine par le départ du secrétaire général

À l’heure où nous bouclions cette édition, nous apprenions qu’un accord a été trouvé entre la direction et les grévistes de l’Agence Régionale de Santé. Après près d’une semaine de mobilisation, les agents ont obtenu satisfaction sur leur principale revendication : le départ du secrétaire général de l’ARS.

Mais le protocole de sortie de crise ne se limite pas à cette décision. Les discussions ont également permis d’obtenir plusieurs engagements concernant les carrières et les conditions de rémunération des agents.

Parmi les points avancés par les salariés figurait la question de l’égalité de traitement entre agents d’une même ARS, ainsi que celle du taux d’indexation. Sur ces revendications, la direction s’est engagée à faire remonter les demandes auprès du ministère de la Santé.4

En parallèle, elle accepte de réexaminer le déroulement des carrières des agents depuis 2018 jusqu’à aujourd’hui. Une mesure qui doit permettre de regarder de plus près les situations individuelles et les éventuelles disparités dénoncées par les personnels.

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Journaliste, aussi passionné par les paysages de Mayotte que par sa culture. J’ai toujours une musique de rap en tête.

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