L’ESS veut consolider son rôle dans l’économie mahoraise

À Mayotte, l’économie sociale et solidaire (ESS) cherche à renforcer son rôle dans le développement du territoire. La Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (CRESS) accompagne les associations et les porteurs de projets, mais alerte aussi sur les difficultés de financement et les retards de paiement qui fragilisent les structures. « À un an après, on fait une étude, on constate encore beaucoup de retard sur les paiements », souligne Florence Massoullier, co-directrice de la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire de Mayotte.

Avec 14 % des salariés qui dépendent de l’économie sociale et solidaire, le secteur représente un poids important dans l’économie locale. La CRESS veut ainsi renforcer les liens avec les collectivités territoriales et les services de l’État.

Des dispositifs pour accompagner les porteurs de projets

L’accompagnement constitue l’une des principales missions de la Chambre. « Notre mission est d’orienter des porteurs de projet », explique Florence Massoullier. La CRESS s’appuie notamment sur un annuaire de l’accompagnement de l’économie sociale et solidaire pour orienter les porteurs vers des solutions techniques et financières.

Le réseau Guid’Asso, mis en place par la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (DRAJES), permet également d’accompagner les associations dans leur fonctionnement et la formation des bénévoles et des dirigeants associatifs. « On accompagne les associations dans le bénévolat, mais aussi en tant que dirigeant associatif », précise Florence Massoullier.

D’autres dispositifs interviennent à différents moments de la vie d’un projet. Faniya Lab accompagne les porteurs « depuis l’idée jusqu’à la création, le développement ». L’atelier Made in économie sociale et solidaire (ESS), financé notamment par l’Agence régionale de santé (ARS) et le service de la politique de la ville, intervient sur la mise en œuvre des projets, sur orientation.

Le dispositif Cap Essentiel a, lui, été créé dans les conséquences du cyclone Chido, avec le soutien de la Fondation de France. « Le dispositif Cap Essentiel est né des conséquences de Chido », explique Florence Massoullier. Il propose un accompagnement individuel sur six mois, renouvelable, ainsi que des temps collectifs organisés chaque mois.

Financement, formation et coopération au cœur des enjeux

La question du financement reste centrale. So’Défi, dispositif de financement solidaire de la CRESS, intervient notamment dans l’instruction des dossiers et constitue une porte d’entrée vers le microcrédit. La CRESS travaille également sur l’accompagnement des structures vers les financements européens et sur l’ingénierie de projet.

Pour Florence Massoullier, l’enjeu est aussi de « créer un maillage, accompagner et orienter ». Cela passe par la structuration des projets, mais aussi par l’orientation vers les dispositifs adaptés, notamment pour la création d’une association ou le développement d’une activité.

La formation des jeunes constitue un autre axe de travail. L’Institut CRESS Mayotte, basé à Combani, accompagne des étudiants dans des formations allant du bachelor aux masters. « On est vraiment sur des enjeux de délai de paiement », mais aussi sur la nécessité de « pouvoir offrir des perspectives sur le territoire et renforcer, accompagner dans le développement », résume Florence Massoullier.

La CRESS souhaite également développer les liens avec les territoires voisins, notamment Madagascar et le Kenya. « Construire des ponts avec le Kenya, avec Madagascar », fait partie des perspectives évoquées pour permettre aux jeunes de se former tout en ouvrant de nouvelles possibilités professionnelles dans la région.

La commande publique est enfin identifiée comme un levier de développement. La CRESS souhaite que les clauses d’insertion soient davantage utilisées dans les marchés et que les achats responsables soient développés « faire en sorte que les clauses d’insertion soient utilisées dans l’ensemble des marchés », souligne Florence Massoullier.

À travers le Mois de l’économie sociale et solidaire, organisé chaque année, la CRESS entend poursuivre son travail de sensibilisation. La Chambre prépare également une conférence régionale de l’économie sociale et solidaire, organisée tous les deux ans par l’État et la Région, afin de dresser un état des lieux et de définir les axes de travail pour les prochaines années. « On est entouré d’économie sociale et solidaire », estime Florence Massoullier, qui souhaite « braquer un coup de projecteur » sur les structures du secteur et leur contribution au territoire.

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