La gouvernance de l’Établissement public du port de commerce de Mayotte (EPPCM), nouvelle appellation de l’EPIC, veut rassurer les Mahorais sur sa capacité à faire fonctionner correctement le port de Longoni dans deux semaines. À l’issue de la troisième réunion de son conseil d’administration, hier, mercredi 19 août 2026, à Mamoudzou, les deux élues départementales qui officient à la tête de cet organisme ont tenu une conférence de presse pour faire le point sur les décisions qui ont été validées, au premier rang desquelles figure la grille tarifaire publiée le 4 août 2026.
Le Département de Mayotte annonce être fin prêt à prendre en main la gestion du port de Longoni à compter du 1er septembre 2026, date officiellement arrêtée par la justice administrative pour mettre un terme à la délégation de service public (DSP) jadis attribuée à la société Mayotte Channel Gateway (MCG), de la femme d’affaires Ida Nel.
Une conférence de presse s’est tenue hier, mercredi 19 août 2026, dans la salle dite « DRH » de l’hôtel du Département-Région, deux semaines avant cette reprise en main, pour tenter de rassurer une population inquiète face à cette perspective.
Depuis une quinzaine d’années, la principale collectivité publique de Mayotte a perdu une partie de sa crédibilité aux yeux de ses administrés quant à sa capacité à être efficiente. Une opinion largement ancrée dans l’esprit d’une partie des habitants de Mayotte, qui lui ont affublé le sobriquet de « conseil gère mal ».
Peu importe cette opinion, librement exprimée par la vox populi : les dirigeants du nouvel Établissement public du port de commerce de Mayotte (EPPCM) affichent un optimisme certain quant à leur ambition et leur capacité à rassurer les usagers du port de Longoni — et, par extension, l’ensemble de la population de l’île — sur une transition en douceur avec la MCG.
Cette conférence de presse faisait suite à une réunion du conseil d’administration de l’EPPCM, la troisième depuis sa création, et visait « à rendre publiques les principales décisions adoptées par ce CA et les dernières étapes de la mise en œuvre opérationnelle du nouvel établissement public », pouvait-on lire dans l’invitation officielle adressée à la presse locale.
Il était également précisé dans ce carton d’invitation qu’il allait être question de la « présentation des ambitions portées par le Département-Région de Mayotte et l’EPPCM pour assurer la continuité du service portuaire, renforcer la permanence pour en faire un véritable levier de désenclavement, de développement économique et de maîtrise des coûts pour Mayotte ».
Co-présidée par sa présidente et sa vice-présidente, Mmes Zamimou Ahamadi et Mariame Saïd Kalam — respectivement vice-présidente du Département chargée des finances et des affaires européennes et conseillère de Sada-Chirongui —, cette conférence de presse a été l’occasion pour les deux élues « d’affirmer leur soutien total à l’établissement nouvellement créé pour succéder à la MCG et leur choix de respecter la décision de justice actant la fin prématurée de la DSP, qui aurait dû se terminer fin 2027 ».
Pour Mariame Saïd Kalam, qui s’est adressée aux médias en ouverture de cette conférence de presse, l’Assemblée de Mayotte a fait le choix de délibérer et de prendre la décision de créer l’EPIC en premier lieu, une action qui lui permet, à elle et à sa présidente, de saisir l’opportunité offerte d’être au service des Mahorais. Une manière pour l’élue départementale de cadrer les échanges à venir avec les journalistes des trois médias présents lors de cette rencontre.
Un budget remboursable de 4 millions d’euros va permettre à l’EPPCM d’entrer en fonction et d’assurer ses missions jusqu’à la fin de l’année
Étaient présents aux côtés des deux dirigeantes Henri Dupuis, qui officie désormais aux commandes de l’EPPCM, la comptable en chef, ainsi que Hakim Madi, directeur des ports de Mayotte au Département-Région, qui a accompagné la création du nouvel organisme.
Zamimou Ahamadi a précisé que la réunion du CA de ce mercredi 19 août 2026 avait porté sur la validation des tarifs des services qui seront dispensés au port de Longoni et sur le vote du budget de fonctionnement pour terminer l’année en cours.
Des tarifs validés à l’unanimité des membres du CA, selon Zamimou Ahamadi, qui a décrit le processus administratif et juridique contraignant encadrant cette procédure. On se rappelle que le non-respect de ladite procédure était l’un des motifs avancés récemment par l’Assemblée de Mayotte et le tribunal administratif, décision confirmée par la cour d’appel de Bordeaux et le Conseil d’État, pour mettre fin à la DSP accordée à la MCG.
« Nous avons tenu compte des différentes observations émises par la commission financière du 29 juillet dernier et de celles émises par le Conseil portuaire relatives aux différentes charges de fonctionnement du port. C’est sur la base de toutes ces discussions que nous avons révisé les prix, globalement à la baisse, et obtenu leur validation à l’unanimité des membres du CA ce matin », a précisé la présidente de l’EPPCM.
Il s’agit de la grille tarifaire publiée le 4 août, dans le respect de la procédure qui impose un délai de quinze jours avant toute réaction. Sans cette grille, le port aurait été dans l’impossibilité de facturer ses services.
Un budget remboursable de 4 millions d’euros, avancé par le Département-Région, va permettre à l’EPPCM d’assurer ses différentes missions jusqu’à la fin de l’année 2026.
Des discussions se poursuivraient avec Mayotte Channel Gateway pour la récupération de gros engins indispensables à la poursuite des activités portuaires. Une différence d’interprétation des textes serait actuellement à l’origine de la non-rétrocession de ces engins au Département-Région.
Au risque de se répéter, celui-ci assure à nouveau être en mesure de prendre le relais de la MCG dès le 1er septembre prochain.
« Cette différence de lecture nous oblige à considérer chaque détail pour nous assurer du bon fonctionnement du port et à réfléchir à plusieurs scénarios pour dégager des solutions pérennes », a poursuivi Zamimou Ahamadi.
De son côté, Mariame Saïd Kalam a insisté sur le fait que la MCG restait un partenaire de travail pour les services du Département et que le dialogue se poursuivait avec elle afin d’assurer le fonctionnement du port de Longoni.
Journaliste politique & économique


































