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Approvisionnements : les effets “boule de neige” du confinement pour les entreprises mahoraises

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Entre la polémique sur la qualité des repas livrés aux confinés du RSMA, et la mise à l’arrêt d’une partie importante de son activité à cause du confinement, l’entreprise de restauration collective est sur tous les fronts. Mais face à ces multiples coups durs, son directeur, Gilles Rouinvy, ne baisse pas les bras et répond aux critiques. Entretien.

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Réunion au sommet ce lundi, entre les différents acteurs économiques et politiques du 101ème département, alors que le rachat de Vindemia, filiale de Casino, par GBH, qui détient 11 magasins Carrefour, doit avoir lieu le 1er juillet. Pour l’instant, ni l’Autorité de la Concurrence, ni le Conseil d’État ne se sont prononcés contre l’opération. Mais après La Réunion, c’est au tour des acteurs mahorais de s’inquiéter de ses conséquences pour la vie économique locale.

Les poissonneries mahoraises ont le bec dans l’eau

À Mayotte, la préfecture a autorisé le maintien des activités de pêche. Une bonne nouvelle pour le secteur, qui se retrouve maintenant confronté à un problème de stockages des produits frais. Les poissonneries et les coopératives sont aujourd’hui les premières à faire les frais du manque de structures adaptées. 

À Mayotte, très dépendante de l’extérieur pour se réapprovisionner, les entreprises subissent toujours les conséquences du confinement. Outre la distribution alimentaire, des fournisseurs de produits de construction ou ménagers, comme Ballou ou Disma, peinent à assurer leurs stocks. 

Ici, c’est un four micro-ondes qui n’a pas pu sortir à temps de son usine en Chine. Là, un conteneur de voitures qui tarde à débarquer à Mayotte. Après plus de deux mois de confinement, l’heure de la reprise économique tant attendue est enfin arrivée. Mais pour les entreprises, qui, comme Mayotte dans son ensemble, dépendent toujours beaucoup des arrivages extérieurs, la relance reste encore bien timide. En cause d’abord : des retards dans l’arrivée des bateaux. “Les livraisons ne sont pas conformes à ce qui est annoncé, on ne peut pas gérer une entreprise si les délais ne sont pas respectés”, assène Safdar Ballou, le gérant de la société d’électroménager Ballou.

Des conséquences à la chaîne

Si le Covid-19 et le confinement peuvent expliquer une large partie de ces retards, certaines chaînes de production ayant été interrompues ou fortement ralenties, d’autres facteurs pèsent aussi dans la balance. Et visiblement, les compagnies maritimes qui assurent le transport des marchandises depuis la métropole ou l’Asie y sont aussi un peu pour quelque chose. D’après des transitaires, les armateurs qui livrent à Mayotte, comme CMA-CGM ou MSC, ont en effet réduit leur nombre de rotations par mois. Résultat, les délais de livraison sont allongés, et il faut parfois compter jusqu’à 80 jours pour acheminer le conteneur jusqu’au port – contre maximum 60 jours en temps normal. Conséquence du confinement ou non, une escale effectuée en mars à Mombasa au Kenya aurait aussi retardé la livraison de marchandises. “Les compagnies maritimes n’ont pas assez de produits, et c’est l’acheminement vers Mayotte qui pose problème”, résume Safdar Ballou.

Or, tous ces retards finissent par avoir des conséquences “par ricochet” sur l’activité économique. “Mon client, qui est dans la vente de véhicules, attend son conteneur échoué à Mombasa depuis le mois de mars. Et à force d’attendre, certains de ses propres clients finissent par se désister”, relate le gérant de la société de transitaire Adam Transit. Les entreprises, déjà frappées par la crise économique due au confinement, doivent supporter de nouveaux coups durs pour leur trésorerie. “Quand on reçoit dix conteneurs en même temps, cela devient compliqué de tous les sortir du port”, explique Akil Kassamaly, le gérant de Disma. 

Le poids des tarifs portuaires

Car il ne faut pas oublier que les tarifs pratiqués au port restent particulièrement élevés. “Compte tenu de ces tarifs, ce surcoût se ressent particulièrement sur les produits à faible valeur ajoutée, comme les produits de construction – ciment, colle, enduit, carreaux…”, poursuit-il. Rien que pour l’acconage d’un conteneur de carreaux, il faut débourser près de 1.000 euros, d’après lui. “À La Réunion, le même service doit revenir à 300 euros maximum”, chiffre-t-il encore. Et c’est sans compter les coûts de stockage pour l’occupation du terre-plein. Passés les cinq jours de franchise, ces frais peuvent vite monter en flèche. Entre les commandes qui se chevauchent, et la timide reprise de l’activité économique, les entreprises peinent donc parfois à payer leur dû. D’autant plus que les transitaires, qui ont eux-mêmes été fragilisés pendant le confinement, ne leur font plus d’avances. “C’est un effet boule de neige. Nous avons eu des surcoûts et nous avons dû demander un report d’échéances pour les douanes”, rapporte Safdar Ballou.

Heureusement, ces coûts supplémentaires ne devraient pas, pour l’instant, se ressentir sur les prix pratiqués pour les consommateurs mahorais. Une bonne nouvelle, quand on sait qu’avec “les tarifs pratiqués au port depuis 2017, le sac de ciment, par exemple, a pris 10 ou 20 centimes”, note Safdar Ballou. Mais le gérant de l’enseigne rouge se veut rassurant : “Je pense que cet effet boule de neige est en train de se normaliser, et nous sommes plutôt optimistes.” Les bateaux continuent d’ailleurs d’affluer au port ces derniers jours, éloignant la menace d’une rupture de stocks. Du côté de Disma, les commandes, qui ont pu être à nouveau effectuées à partir de la mi-avril, devraient arriver au mois d’août. Et remplir des étagères vidées à vitesse grand V pendant le confinement, parfois par des particuliers… en manque d’occupations ?

MCG déboutée par le Conseil d’État : toujours le flou sur les tarifs au port

Nouvel épisode judiciaire au port de Longoni. Mayotte Channel Gateway a été déboutée le 19 mai dernier par le Conseil d’État dans son pourvoi contre la décision de la cour administrative d’appel de Paris du 22 octobre dernier.

Depuis son arrivée à la délégation de service public, l’entreprise d’Ida Nel fait régulièrement l’objet de contestations au sujet des tarifs élevés qu’elle pratique. En effet, en 2016, le président du conseil départemental avait d’abord approuvé l’ensemble des tarifs proposés par le délégataire, avant de rectifier cette grille en septembre 2016. Le cabinet mandaté CATRAM avait relevé les “pratiques inacceptables”, concernant les tarifs d’utilisation des grues et RTG. Après un recours de l’Union Maritime de Mayotte (UMM) contre l’arrêté du président du conseil départemental validant les premiers tarifs, débouté par le tribunal administratif de Mayotte, la cour administrative d’appel de Paris avait annulé le 22 octobre 2019, l’ordonnance du tribunal administratif de Mayotte, et l’arrêté du président du conseil départemental. Résultat, les tarifs de 2016 concernant les grues et RTG, ne sont plus valides. Et le Conseil d’État vient de confirmer cette décision en déboutant le pourvoi de MCG. Reste à savoir quels tarifs devront désormais être appliqués. Contacté, Jacques-Martial Henry, le chargé de mission d’Ida Nel, botte en touche : “Nous allons voir le jugement du Conseil d’État et se positionner en conséquence.” Le responsable considère toutefois que les tarifs de 2016 correspondent aux investissements réalisés. Et même s’ils sont désormais caduques, Jacques-Martial Henry tient à remettre les points sur les “i”. “La délégation de service public est très claire, si les tarifs ne permettent pas d’équilibrer le budget, il reviendra au conseil général, et donc aux contribuables mahorais, de payer. En aucun cas la DSP ne peut être déficitaire, et encore moins sur des investissements – concernant les grues et RTG – qui ont été validés en 2015”, souligne-t-il.

 

 

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