À peine deux saisons de basket derrière elle et déjà un départ pour le Pôle Espoir. Imany Bacar, jeune joueuse de Fuz’Ellipse, a quitté Mayotte dimanche pour rejoindre La Réunion, où elle poursuivra sa progression durant la saison 2026-2027. Une étape importante pour celle qui, à ses débuts, avait pourtant songé à abandonner après quelques entraînements.
Arrivée à La Réunion avec son père et son petit frère, qui doivent rester à ses côtés le temps de son installation, la jeune Mahoraise découvre pour l’heure son nouvel environnement. Les entraînements doivent débuter prochainement. Au Pôle Espoir, elle bénéficiera d’un volume d’entraînement renforcé tout en poursuivant sa scolarité, dans le cadre d’un parcours sport-études.
Le changement est important. Jusqu’ici joueuse U13 à Fuz’Ellipse, Imany va également devoir apprendre à évoluer loin de sa famille, de ses amis et de son club.
Elle avait failli arrêter dès ses débuts
Son parcours est d’autant plus rapide qu’Imany n’a commencé le basket qu’à la fin de la saison 2023-2024. Lorsqu’elle pousse pour la première fois la porte d’un entraînement de Fuz’Ellipse, sa grande taille lui donne quelques atouts, mais elle découvre surtout l’écart qui la sépare de joueuses déjà habituées aux terrains.
« Je me comparais toujours aux autres. J’étais encore débutante et je voulais être comme elles. J’ai commencé à me rabaisser et j’ai voulu arrêter », raconte-t-elle. Timide, elle dit aussi avoir eu peur de « déranger » ses coéquipières ou de ne pas comprendre suffisamment vite les exercices.
Son entraîneur, Soilihi Hamissi, se souvient de cette première période. « Elle pensait pouvoir avoir le niveau de tout le monde dès son arrivée. Je lui ai dit : “Tu me donnes un mois et après je te laisse faire ton choix.” » Il n’aura finalement pas besoin d’attendre aussi longtemps. « Elle a fait une semaine et elle a dit : “C’est bon, je continue.” Elle a vu l’ambiance, le groupe, la discipline, elle a aimé. »
La suite lui donne raison. Assidue, à l’écoute et déterminée, Imany progresse rapidement. « Elle ne rate pas d’entraînement, elle garde toujours la tête haute quand ça ne marche pas et elle écoute les consignes », décrit son coach. Au fil des mois, celui-ci commence à voir en elle un potentiel particulier. « Je disais à tout le monde : elle, elle va être forte, elle va dépasser tout le monde. »
Imany participe ensuite à une saison que son entraîneur qualifie de « remarquable », conclue notamment par une finale remportée avec son équipe. Dans les tribunes, sa mère et sa tante découvrent alors les progrès accomplis depuis ses premiers pas.
Repérée pour poursuivre sa formation
Son potentiel finit par attirer l’attention. Le club est alors invité à la préparer davantage en vue d’une possible intégration au Pôle Espoir.
Un premier départ avait déjà été envisagé la saison dernière, mais l’échéance était trop précoce. « J’étais trop jeune, j’allais avoir trop de choses à porter sur le dos », explique-t-elle.
Cette année, Fuz’Ellipse a donc renforcé sa préparation. Soilihi Hamissi a notamment souhaité qu’elle travaille avec d’autres entraîneurs. « Il fallait qu’elle se détache de moi, qu’elle voie autre chose et puisse progresser encore plus. » Imany, qui mesure déjà environ 1,70 m et n’a pas terminé sa croissance selon son coach, doit désormais entrer dans sa première année U15.
Pour Soilihi Hamissi, c’est une fierté. « En tant que coach, c’est la première fois que j’ai une jeune qui intègre le Pôle Espoir. » Il assure avoir accueilli la nouvelle avec beaucoup de bonheur. « Ce genre d’opportunité, il ne faut pas la lâcher. Quand j’ai appris, j’étais tellement content. On s’est dit : on ne lâche pas, on continue. »
Le départ laisse néanmoins un vide dans l’équipe. « On perd une bonne joueuse, mais on gagne quelque chose en plus », résume l’entraîneur. « C’est triste pour le club parce que son absence va nous affecter. Elle créait une bonne ambiance dans le groupe. Personne ne peut la remplacer en tant qu’Imany : Imany restera Imany. »
Pour la jeune basketteuse, La Réunion ne constitue déjà qu’une étape. « J’aimerais viser la France métropolitaine, être prise dans un centre de formation, être détectée là-bas pour avoir l’opportunité d’y aller. »
Un objectif qui paraît bien éloigné de ses premières semaines sur un terrain, lorsqu’elle envisageait de ranger le ballon. Une expérience dont elle tire aujourd’hui un conseil pour les autres jeunes : « Il ne faut jamais abandonner, jamais baisser les bras. S’ils veulent aller plus loin, ils auront toujours une chance dans leur vie. »
Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.



































