Le projet de premier radar météorologique de Mayotte vient de franchir un obstacle judiciaire. Dans une ordonnance rendue lundi 10 août, le tribunal administratif de Melun a rejeté le recours d’une entreprise française qui contestait l’attribution du marché par Météo-France à la société tchèque Meteopress. Cet équipement, annoncé après le cyclone Chido, doit permettre de suivre beaucoup plus précisément les pluies qui approchent de l’archipel.
La société Midi Pyrénées Antennes avait saisi la justice après le rejet de son offre par Météo-France. Elle demandait l’annulation de la procédure concernant l’achat de nouveaux radars destinés à Mayotte et à la Polynésie française, estimant notamment que les règles fixées pour comparer les prix des candidats manquaient de clarté.
Au cœur du désaccord : la prise en compte des taxes et des frais de douane. L’entreprise française soutenait que les documents du marché contenaient des indications contradictoires sur les sommes que les candidats devaient intégrer à leur offre. Le tribunal a écarté cet argument, considérant que Météo-France avait suffisamment précisé que les propositions devaient être présentées hors taxes et hors frais de dédouanement. L’ordonnance rappelle également que le radar destiné à Mayotte bénéficie d’une franchise douanière.
Une offre corrigée trop tardivement
Midi Pyrénées Antennes avait initialement inclus certaines taxes dans son offre, avant d’adresser quelques jours plus tard une version corrigée. Mais cette nouvelle proposition avait été transmise après la date limite et sans demande de régularisation de la part de Météo-France.
Le tribunal relève par ailleurs que les changements apportés ne concernaient pas seulement les taxes, mais également d’autres éléments du prix. Il estime donc que Météo-France était en droit d’écarter l’offre de l’entreprise française comme irrégulière.
Cette dernière contestait aussi la proposition de Meteopress, notamment parce que certains documents avaient été rédigés en anglais. Là encore, les juges n’ont pas retenu d’irrégularité susceptible de remettre en cause le marché, les pièces concernées comportant essentiellement des informations administratives ou chiffrées.
Le rejet du recours permet ainsi à la procédure engagée par Météo-France de se poursuivre avec l’entreprise tchèque retenue. La décision peut toutefois encore faire l’objet d’un pourvoi devant le Conseil d’État.
Un radar attendu en 2027
Au-delà du contentieux entre les deux entreprises, l’enjeu est important pour Mayotte. Le radar avait été annoncé en avril 2025 par la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, quelques mois après le passage du cyclone Chido puis de la tempête Dikeledi. Mayotte était alors le seul département français à ne disposer d’aucune couverture radar météorologique.
Aujourd’hui, les prévisionnistes s’appuient principalement sur les observations satellites et les pluviomètres installés au sol. Le futur radar doit permettre de détecter les précipitations jusqu’à 250 kilomètres autour de Mayotte et de mieux suivre leur intensité, leur localisation et leur déplacement.
Un outil particulièrement attendu lors des épisodes de fortes pluies ou des phénomènes cycloniques, puisqu’il doit permettre d’identifier plus rapidement les secteurs exposés. Ses données pourront aussi contribuer au suivi de la ressource en eau.
Le passage de Chido, le 14 décembre 2024, avait rappelé les limites du dispositif actuel. Plusieurs équipements de mesure avaient été perturbés pendant le cyclone, notamment à Coconi, où la transmission des données avait cessé à l’approche du mur de l’œil.
Lors de l’annonce du projet, l’État tablait sur une mise en service du radar à l’été 2027. En rejetant le recours de Midi Pyrénées Antennes, le tribunal administratif de Melun écarte pour l’heure l’un des obstacles qui pesaient sur la réalisation de cet équipement attendu.
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