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La délinquance gâche le grand final du festival Sanaa

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À Mayotte, le grand flou artistique autour des mesures de soutien

Les acteurs mahorais du spectacle restent dans la tourmente : alors que le gouvernement a déployé des aides aux intermittents lésés par l’annulation des événements culturels, leurs homologues locaux ne pourront pas y prétendre, ce statut juridique n’existant pas au sein du 101ème département. 

Flou artistique autour des arts de la scène

Les artistes et intermittents du spectacle ne peuvent, à Mayotte, prétendre au statut juridique spécifique pourtant de vigueur en métropole, du fait de l’application tardive du droit du travail dans le 101ème département. Une situation qui complique encore un peu plus l’avenir de ces professionnels, souvent écartés des décisions politiques.

 

Ce samedi se clôturait le festival international des arts de Mamoudzou, sur le parking du marché Zakia Madi. Alors que Niska, tête d’affiche du rap français, devait planter le clou du spectacle, des violences ont éclaté dans la foule, poussant la police à intervenir. Les affrontements, qui ont eu lieu alors que des familles avec enfants assistaient à l’évènement, ont donné lieu à des scènes dont tout évènement culturel pourrait se passer. Plusieurs blessés sont à déplorer.

C’était l’évènement culturel de la rentrée. Le festival Sanaa, organisé par la ville de Mamoudzou depuis jeudi dernier, devait réunir des artistes mahorais et internationaux sur scène pour trois jours de fête, accessible à toutes à tous. Si les deux premiers soirs de concerts se sont déroulés normalement (voir encadré ci-dessous), la conclusion de cette belle initiative a été gâchée samedi soir par des jeunes, qui ont avorté la prestation de Niska, dernier artiste du festival. Avant cela, la soirée se passait normalement, avec des passages réussis pour Kim, Meiitod, Nixo ou Reed Blowz, qui rappelaient cependant aux spectateurs de ne pas trop pousser vers l’avant. C’est donc devant un public chauffé à blanc, transporté par le plaisir dû à cette belle fête populaire, que le « Charo » débarque sur scène. Vêtu d’une chemise blanche, le rappeur essonnien interprète son fameux « Freestyle PSG », sans round d’observation.

Alors que tout se passe encore à merveille, des dizaines de jeunes arrivent en courant de Kawéni vers la barge, afin de contourner les barrières de sécurité. Dans la foule, des échauffourées éclatent, et provoquent bien vite l’arrêt du concert, ainsi que la panique dans la foule, composée de familles et d’enfants. Les gendarmes présents sur place dégainent les grenades lacrymogènes, et l’anarchie commence. « Moi qui suis asthmatique, j’ai porté un enfant en bas âge lui aussi asthmatique, et je ne peux pas vous décrire la peur et l’angoisse que j’ai ressenties pour nous deux », témoigne un spectateur sur les réseaux sociaux. « On était au comité de tourisme, on a vu des dizaines de jeunes courir donc on a couru dans l’autre sens », témoigne Sarienti, encore choquée. « Ils ont tout gâché. Ce triste évènement nous rappelle que sans l’instauration d’un climat de sécurité, rien de grand, de structurant et de beau ne pourra être réalisé chez nous », déplore Yasmina Aouny.

« On ne savait même pas où aller, il n’y avait pas d’échappatoire »

« Les gens n’attendaient que lui », raconte Raïnat, présente dans la fosse lors de la performance express de Niska. Alors qu’il n’entame que son deuxième titre, le rappeur demande à la foule de se calmer. « En même temps, j’entends des gens crier », continue la jeune femme. « Je me retourne et je vois des mouvements de foule, des bousculades, des gens qui courent, donc j’ai dit à ma sœur et mon amie qu’il fallait courir vite. » Dans ce chaos, des parents qui veulent mettre leurs enfants à l’abri, certains pleurent, des adolescents désemparés… « On ne savait même pas où aller, il n’y avait pas d’échappatoire. Des gens tombent, des barrières aussi, mais on arrive à la voiture. C’est là que j’ai vu des gens cagoulés et armés qui arrivaient vers le concert. Nous sommes parties au moment où le gaz lacrymogène arrivait. »

Pour d’autres, qui essaient de se réfugier aux alentours, c’est la panique. Les établissements encore ouverts refusent d’accueillir plus de personnes. Certaines s’évanouissent, d’autres sont victimes des lacrymogènes : plus d’une dizaine de spectateurs sont blessés, et des centaines ont souffert des gaz utilisés pour disperser la foule, y compris des enfants, dans toute la zone autour du marché Zakia Madi. Les échauffourées ont ensuite continué dans le centre-ville de Mamoudzou, avec des jeunes courant du croisement de Ballou au rond-point du Baobab, et allant jusqu’à Mandzarsoa et M’Tsapéré, pourchassés par les forces de l’ordre.

Ce dimanche matin, les clients de l’étal de fruits et légumes dit « des Africains », à Doujani, ont pu découvrir que le stand a été brûlé. À Kawéni, des poubelles en feu ont aussi été signalées au niveau du rond-point SFR. Après des millions de disques vendus, des dizaines d’albums et de hits entêtants, Niska doit donc se contenter de quelques minutes qui auraient dû être mémorables à Mamoudzou. Ou comment gâcher une chance pour Mayotte et sa jeunesse d’accueillir un tel artiste, surtout après deux années plutôt mornes culturellement.

Niska à Mayotte, c’est méchant, méchant !

C’est cette image brute de décoffrage, accentuée par sa voix et son flow pour le moins offensifs, qui a plu au public lors de ses premiers coups d’éclat. L’Évryen accède à la notoriété aux côtés de Maître Gims sur « Sapés comme jamais » en 2015, avant de marquer définitivement nos tympans en 2017 avec « Réseaux », un titre désormais single de diamant [plus de 50 millions d’écoutes, NDLR] et cumulant la bagatelle de 350 millions de vues sur YouTube, la faute à un refrain entraînant – pour ne pas dire entêtant.

Au sein de l’hyper productive scène rap de l’Essonne, qui accouche entre autres de PNL, Koba la D, Zola ou encore Luv Resval, Niska s’impose comme un taulier. L’auteur de Commando, sans pour autant abandonner son énergie contagieuse, parvient même à se diversifier en proposant des sonorités plus douces. Ainsi, l’artiste mêle rap et chant sur des thèmes plus variés ; son titre « Médicament », en featuring avec Booba, en est la preuve, comme le récent « 44 », issu de sa dernière mixtape, Le monde est méchant. Il y a quelques mois, Niska s’établit encore un peu plus, en devenant l’un des jurés du télé-crochet « Nouvelle école » aux côtés de SCH et Shay. C’est celui qu’il prend désormais sous son aile, Fresh la Peufra, qui remporte le concours. Avec une influence qui ne cesse de grandir, le rappeur du 91 aura peut-être la bonne idée de soutenir un jeune artiste mahorais qu’il aura croisé sur scène… S’il en a eu le temps.

Terrell Elymoor, rockstar mahoraise

En ouverture de la seconde soirée du festival, vendredi soir, Terrell Elymoor a enflammé l’audience. Les quelques milliers de personnes présentes ont pu apprécier la performance du rappeur et chanteur mahorais, qui n’a pas hésité à grimper sur les barrières pour se rapprocher de son public. Une bien belle énergie qui prouve que les initiatives culturelles du genre doivent être renouvelées sur l’île.

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