Une convention de partenariat signée avec le bailleur social du groupe Action Logement et Nhood, puissant acteur économique du nord de la France, pour intervenir dans l’innovation à Mayotte aux côtés d’AL’MA. Le ministre du Logement qui annonce la prolongation du PTZ au-delà de 2027, des discussions pour maintenir la LBU à son niveau actuel, à défaut de l’augmenter… Mayotte ne revient pas bredouille du Congrès 2026 des HLM, qui s’est achevé hier, jeudi 24 septembre 2026, à Bordeaux (Gironde).
Mayotte s’est fait remarquer à Bordeaux cette semaine durant le congrès annuel de l’Habitat à loyer modéré (HLM). L’événement s’est déroulé durant trois jours, du mardi 22 au jeudi 24 septembre 2026, et a vu la participation de plusieurs entités mahoraises, dont Action Logement (AL’MA), la Communauté d’agglomération de Dembéni-Mamoudzou (CADEMA), la Communauté de communes du Grand Nord, celle de Petite-Terre (CCPT), ainsi que la Société immobilière de Mayotte, qui représentait la Caisse des dépôts et consignations (CDC).
Une forte présence des acteurs du logement sur notre territoire, qui se justifie par les enjeux que posent la reconstruction et la refondation de l’archipel, mis à terre par le cyclone Chido il y a presque deux ans. En effet, ce congrès constitue, pour l’ensemble des acteurs du secteur du logement, y compris l’État, une occasion de réfléchir aux différentes problématiques qu’ils rencontrent à l’échelle nationale en matière d’amélioration du cadre de vie des citoyens.
De l’avis général, très peu de personnalités politiques de premier plan ont fait le déplacement à ce congrès de Bordeaux, en particulier les différents candidats déclarés à l’élection présidentielle de l’année prochaine. Une absence qui en a étonné plus d’un, dans la mesure où l’événement voit habituellement défiler dans ses allées tout ce que la France et la Navarre comptent de décideurs ou d’aspirants à l’exercice du pouvoir.
« Ce constat démontre aux acteurs du logement que nous sommes tous ici que nous avons de la marge pour faire du lobbying auprès de ces grands décideurs. C’est le cas pour la métropole, mais essentiellement pour les territoires ultramarins, où la question du logement revêt une priorité absolue. C’est le cas aux Antilles-Guyane et à La Réunion, et plus fortement pour nous à Mayotte, où tous les logements ont été touchés par le cyclone Chido en décembre 2024 », souligne Nizar Assani Hanaffi, président du groupe Action Logement dans l’île.
Les acteurs mahorais présents à ce congrès sont à la recherche de réponses concrètes quant à la place du logement dans la reconstruction annoncée du territoire. Ils veulent connaître les suites réservées aux engagements pris à ce sujet par l’ancien Premier ministre François Bayrou dans les jours qui ont suivi le passage de Chido à Mayotte.
À Mayotte, la tâche des acteurs du logement social sera ardue au cours des trois prochaines années
L’inquiétude générale qui règne dans les couloirs de ce congrès se nourrit d’une baisse inquiétante, constatée ces dernières années, de l’accompagnement financier de l’État.
Le président du groupe Action Logement à Mayotte (AL’MA) estime, pour sa part, que sans un concours financier puissant de l’État, il est impossible de faire du logement social dans les Outre-mer, étant donné qu’il s’agit d’une compétence étatique déléguée aux acteurs locaux. Leurs seules contributions ne suffiront pas à relever les défis auxquels ils doivent faire face.
À ses yeux, il est certain que toute stratégie de baisse de la Ligne budgétaire unique (LBU), principal moyen de financement du logement social de l’État, aura une répercussion négative sur les politiques publiques menées dans ce cadre.
« À Mayotte, notre tâche sera ardue durant les trois prochaines années. Il nous faudra envisager beaucoup de difficultés à relever en matière de maîtrise foncière, de coût de la construction et de retard dans l’instruction des dossiers de demande de permis de construire. »
Il pointe du doigt le millefeuille administratif français, qui persiste malgré l’annonce par le gouvernement d’un allègement de certaines procédures au lendemain du cyclone Chido.
À l’image des intercommunalités mahoraises et des autres acteurs du logement social à Mayotte, le président d’Action Logement dans l’archipel, Nizar Assani Hanaffi, s’est déplacé à Bordeaux pour s’enquérir des dispositions que le gouvernement prévoit de mettre en place afin de relancer la construction de logements sociaux sur place.
« Cette clarification que nous attendons est nécessaire. Elle nous permettra de réfléchir sereinement sur la question du logement à travers plusieurs paramètres. Celui-ci doit être un outil d’attractivité du territoire, il doit être décent et de qualité, à bas coût, s’adapter aux normes sismiques, mais également prendre en compte les us et coutumes mahorais », explique le président d’AL’MA.
Il a pris l’exemple des jeunes natifs de l’île, dont les compétences sont souhaitées dans cette aventure de la refondation post-Chido. Ceux-ci auraient tendance à refuser certaines opportunités professionnelles faute de pouvoir disposer de logements répondant à leurs attentes.
Un lobbying politique auprès de l’État qui a fini par porter ses fruits
Outre un coût de la vie très élevé, Mayotte connaîtrait également les opérations de logement les plus chères de toute la France au mètre carré bâti.
« Seules des contributions conséquentes de l’État permettraient de faire face à toutes ces difficultés combinées. Autrement, il nous sera impossible de positiver et d’être optimistes pour l’avenir », a martelé Nizar Assani Hanaffi.
Ceci explique la forte teneur politique de ce congrès des HLM 2026 à Bordeaux, qui annonce un fort lobbying des acteurs en vue d’obtenir de l’État ces fameuses contributions tant attendues par les uns et les autres.
Pour Action Logement Mayotte, cet événement a été marqué par la signature de plusieurs conventions avec un certain nombre d’entreprises et de concepteurs d’intelligence artificielle (IA), afin de booster le secteur de la construction de logements.
Une manière également de lancer un appel aux jeunes Mahorais œuvrant dans ce secteur dans l’Hexagone et ailleurs en Europe. Le président d’AL’MA appelle de ses vœux leur retour dans l’archipel afin qu’ils viennent investir sur place, prendre leur part de responsabilité dans la reconstruction post-Chido et contribuer, à leur manière, à faire évoluer leur terre natale.
Au dernier jour de ce congrès des HLM, le ministre du Logement a annoncé en direct la prolongation du PTZ, initialement prévu pour prendre fin en 2026, au-delà de 2027.
Journaliste politique & économique

































