La deuxième phase du projet CARIBUS entre dans une nouvelle étape. Ce jeudi 20 août, la CADEMA a organisé une conférence de presse à l’arrêt de la barge afin de présenter l’avancement du chantier de la phase 2 Nord et surtout d’alerter les usagers sur les changements à venir en matière de circulation.
Le président de la CADEMA, Ambdilwahedou SOUMAILA, accompagné de plusieurs élues et membres de son équipe, s’est rendu sur le terrain pour constater l’évolution des travaux. Cette phase du projet s’étend du rond-point Méga au rond-point SFR. Elle prévoit notamment la création de voies réservées aux bus le long de la route nationale.
Le chantier va profondément modifier les habitudes des automobilistes et des deux-roues. Pendant la durée des travaux, estimée à trois ans, la circulation sera réorganisée afin de permettre aux entreprises d’intervenir sur la route nationale.
« Aujourd’hui, la route nationale est mise à sens unique, c’est-à-dire venant de Majicavo vers Mamoudzou, pour faciliter la réalisation des travaux », explique Mouhamadou MOUSSA, chargée d’exploitation et de projet de mobilité à la CADEMA.
Face au risque d’une aggravation des embouteillages dans le chef-lieu, les autorités encouragent les usagers à revoir leurs modes de déplacement. Le président de la CADEMA appelle notamment à privilégier la marche, le covoiturage et les transports collectifs, mais aussi les taxis, les taxis-motos et le vélo.
Plusieurs solutions de transport sont déjà proposées, notamment les navettes gratuites. Le Département a également mis en place le bus MSAFARA. L’objectif est de réduire autant que possible le nombre de véhicules sur les axes les plus fréquentés.
La circulation alternée pourrait refaire son apparition
Pour accompagner les évolutions du trafic, des réunions sont organisées chaque semaine, généralement le lundi, avec la préfecture, la DEAL, les mandataires, la CADEMA et la Ville de Mamoudzou. Ces échanges doivent permettre d’adapter régulièrement le plan de circulation autour du périmètre du chantier.
Parmi les mesures susceptibles d’être réactivées figure la circulation alternée, déjà expérimentée à Mamoudzou pour tenter de limiter les embouteillages.
« La circulation alternée, s’il faut l’actionner, on l’actionnera », prévient Ambdilwahedou SOUMAILA. Le dispositif pourrait limiter la circulation de certains véhicules en fonction du numéro pair ou impair de leur plaque d’immatriculation. Pour le président de la CADEMA, aucune décision n’est toutefois arrêtée à ce stade : « On va regarder comment les choses vont évoluer. »
Une transformation de la route à l’horizon 2029
Au-delà des contraintes liées au chantier, la phase 2 Nord doit aboutir à une transformation importante des mobilités dans le secteur. Le projet prévoit notamment une voie réservée aux bus ainsi que cinq kilomètres de pistes cyclables.
Les travaux doivent également permettre d’intervenir sur différents réseaux. « Tous les réseaux de Kawéni et de Mamoudzou, comme l’assainissement, l’eau potable et l’éclairage public, vont être déplacés, enfouis et enterrés », détaille le président de la CADEMA. Une opération destinée notamment à renforcer la résilience des infrastructures face aux événements climatiques et à éviter les coupures de réseaux en cas de catastrophe.
Le vélo encouragé avec une aide de 300 euros
Pour accompagner le développement des mobilités douces, la CADEMA prévoit également de distribuer des primes vélo. Les habitants de l’intercommunalité pourront bénéficier d’un bon d’achat d’environ 300 euros pour acquérir un vélo.
La collectivité annonce par ailleurs l’arrivée prochaine de 500 vélos, actuellement acheminés par conteneur. Pendant les trois prochaines années, les usagers devront donc composer avec une circulation fortement perturbée. Pour la CADEMA, l’enjeu est désormais de maintenir les déplacements tout en préparant la transformation du réseau de transport de Mamoudzou et de Kawéni.


































