L’association Ceta’Maore a coordonné ce samedi 15 août à Mayotte la journée de “comptage synchronisé des baleines à bosses depuis la côte”, qui a parallèlement eu lieu dans plusieurs autres pays ou régions du sud-ouest de l’océan Indien. A Mayotte, une quarantaine de personnes ont participé à cette journée gratuite et ouverte à tous.
Ce samedi 15 août, c’était la 4ème année que Mayotte participait à la journée de “comptage synchronisé des baleines à bosse depuis la côte” et la 18ème édition à l’international. Elle s’est déroulée en même temps dans 8 pays ou régions du sud-ouest de l’océan Indien et est coordonnée régionalement par le consortium IndoCet (Indian Ocean Cetacean Consortium ou “consortium des Cétacés de l’Océan Indien” en français).
Appelée Synchronised Whale Watching Day (SWWD), cette action vise à recenser, depuis la côte, les baleines à bosse présentes dans la région et permet de suivre les variations de présence des baleines d’un territoire à l’autre et d’une année sur l’autre. Un protocole commun est utilisé par tous les sites participants, permettant de comparer les données recueillies.
Le SWWD a été lancé en 2009 par Matt Richmond, un biologiste marin basé en Tanzanie. Le comptage a commencé au Kenya, en Tanzanie et au Mozambique, avant de s’élargir aux 8 territoires d’aujourd’hui. En moyenne, 284 baleines sont comptées le même jour. Une fois les données rassemblées, IndoCet les remonte à la Commission Baleinière Internationale (CBI). À Mayotte, le suivi est coordonné par Ceta’Maore et, cette année, une quarantaine de personnes sont venues tenter d’apercevoir des baleines à bosse depuis les 2 points d’observation choisis par l’association : le lac Dziani en Petite-Terre et le mont Chiconi en Grande-Terre.
Seulement 2 baleines observées, mais une belle journée pour les participants
La journée s’est déroulée de 9h à 18h sur les 2 points d’observation, les membres de Ceta’Maore se relayant pour accompagner les bénévoles et les simples curieux. C’est le groupe mené par le conseiller scientifique de l’association, David Lorieux, qui a eu le plus de chance : ils ont pu observer un groupe de 2 baleines à bosse depuis le lac Dziani à 11h. “Les opérateurs maritimes, avec lesquels je suis en contact régulier, m’ont assuré qu’ils n’avaient pas encore observé ces baleines-là pendant la saison”, affirme-t-il. Mais comment est-il sûr qu’il s’agit bien de baleines différentes ? Grâce au système de photo-identification de la nageoire caudale des baleines (leur queue). Différente pour chaque individu, elle constitue littéralement la “carte d’identité” des baleines à bosse. “Nous avons pu les observer pendant 45 min. Elles nageaient hors lagon, au bord du tombant, juste en face du lac Dziani”, précise David Lorieux avec enthousiasme.
Ses collègues du mont Chiconi ont été moins chanceux puisqu’aucune observation n’a pu être faite depuis cet endroit. Les observations depuis la côte permettent parfois de voir des individus qu’on ne verrait pas en mer, notamment grâce aux longues-vues prêtées par le Gepomay (association ornithologique de Mayotte), qui agrandissent la vue x50. “En outre, cela donne l’occasion aux gens qui n’ont pas beaucoup de moyens de venir observer gratuitement les baleines et les horaires sont plus libres que pour une sortie bateau. Les gens sont en général venus observer par tranches de 3h”, précise David Lorieux. “Un jeune Petit-terrien de 16 ans, qui n’était jamais venu au lac Dziani, nous a rejoint et, même si nous n’avons pas vu de baleine dans sa tranche horaire, il a néanmoins pu assister à une belle chasse de thons”, ajoute-il, satisfait de constater que cet évènement donne l’occasion à certains jeunes de découvrir leur île autrement.
Une 2ème session de comptage des baleines sera organisée le 20 septembre prochain, mêmes heures et mêmes endroits.
Nora Godeau est journaliste indépendante à Mayotte. Elle couvre les enjeux sociaux, culturels et environnementaux du territoire, avec une attention particulière portée aux voix locales et aux initiatives de terrain.



































