Le Collectif Mayotte 2018 lève le blocus devant la préfecture de Mamoudzou

À la veille de la fête nationale du 14 Juillet, le Collectif Mayotte 2018, présidé par Safina Soula, a décidé de lever le blocus qu’il imposait depuis plusieurs semaines aux bureaux du service des étrangers de la préfecture de Mamoudzou. Ce geste est présenté comme un signe de bonne volonté à l’issue d’une rencontre avec le préfet de Mayotte, Frédéric Poisot.

Le collectif affirme avoir obtenu du représentant de l’État l’assurance qu’aucun camp officiel destiné à accueillir des migrants en situation irrégulière ne serait créé à Mayotte. Selon Safina Soula, le préfet a pris acte du refus catégorique exprimé par les élus mahorais ainsi que par plusieurs organisations de la société civile concernant l’installation d’une telle structure sur le territoire.

Les deux parties se sont félicitées de l’ouverture d’un dialogue qu’elles qualifient de constructif et ont convenu de poursuivre leurs échanges afin de trouver des solutions à plusieurs difficultés récurrentes auxquelles est confronté le département.

Plus de deux heures de discussions ont été nécessaires, jeudi après-midi, pour rapprocher les positions de la délégation du Collectif Mayotte 2018 et du préfet Frédéric Poisot. L’un des principaux points de désaccord concernait le démantèlement du campement de migrants en situation irrégulière installé dans la mangrove de Tsoundzou, dont la présence avait motivé le blocage des accès au service des étrangers de la préfecture.

« Le préfet nous a apporté beaucoup d’explications sur ce dossier des migrants illégaux depuis 2024, notamment le cas particulier du stade de Cavani à Mamoudzou, qui avait suscité une forte mobilisation de la population pour obtenir son évacuation. Aujourd’hui, nous pouvons affirmer qu’il nous a garanti qu’aucun camp pour migrants illégaux ne sera ouvert à Mayotte, compte tenu du refus absolu exprimé par les élus locaux et les associations représentatives de la société civile », a déclaré Safina Soula au micro de Flash Info.

Le Collectif Mayotte 2018 avait présenté cette question comme un point non négociable. Ses membres estiment que, par le passé, une forme de tolérance aurait existé entre les autorités de l’État, les migrants en situation irrégulière et certaines associations chargées de leur prise en charge.

« Nous avons également fait part au préfet de notre point de vue concernant les associations Mlézi Maoré et Solidarité Mayotte, qui bénéficient selon nous de financements publics à travers des réseaux dont nous ignorons l’origine », a ajouté Safina Soula.

Au cours de la réunion, les représentants de l’État auraient expliqué que le retard pris dans l’évacuation du camp de Tsoundzou était lié aux difficultés rencontrées par le ministère des Affaires étrangères pour obtenir les autorisations nécessaires au retour des migrants auprès des autorités de leurs pays d’origine.

« Ce n’est pas notre problème si la diplomatie française n’est pas en mesure de faire avancer ce dossier. Ce qui nous importe, c’est que ce camp soit démantelé dans les meilleurs délais afin de mettre fin à l’effet d’appel qu’il représente pour les pays voisins. Nous aspirons à un retour à une vie normale sur cette île, à davantage de sécurité et à de meilleures conditions de vie, comme tous les citoyens de la République française. Notre collectif continuera à défendre cette cause aussi longtemps que nécessaire. Nous constatons que de nombreuses associations ont baissé les bras et que les responsables politiques pratiquent désormais la politique de la chaise vide, alors qu’il leur revient d’être en première ligne sur ce combat », a poursuivi la présidente du collectif.

Selon elle, le préfet s’est montré disposé à poursuivre le dialogue. « Il s’est dit prêt à travailler avec nous sur plusieurs sujets et a notamment évoqué le rôle que les cadis peuvent jouer dans le retour de la paix sociale à Mayotte », a-t-elle précisé.

Les échanges ont également porté sur la demande de manifestation déposée par des ressortissants comoriens sur la place de la République à Mamoudzou, à l’occasion du 51ᵉ anniversaire de l’indépendance de l’Union des Comores.

« Quelle que soit la justification avancée pour cette manifestation, elle aurait constitué un précédent en autorisant un rassemblement de Comoriens sur un lieu aussi symbolique pour les Mahorais. Cela n’est pas acceptable à leurs yeux », a estimé Safina Soula.

Elle a enfin dénoncé ce qu’elle considère comme une contradiction de la part de certains ressortissants comoriens, y compris parmi ceux qui résident régulièrement à Mayotte ou qui ont acquis la nationalité française, estimant qu’ils contestent le statut français de Mayotte tout en sollicitant les avantages liés à ce statut.

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