Le Forum de la mobilité prépare les futurs étudiants mahorais au départ

Sur le parvis de la MJC de M’gombani, plusieurs centaines de jeunes, de parents et de partenaires de la mobilité se sont réunis ce lundi 13 juillet à l’occasion de la 10ᵉ édition du Forum de la mobilité. Organisé par la Ville de Mamoudzou, le CCAS, LADOM, le CRIJ et Émanciper Mayotte, l’événement avait pour objectif d’informer les nouveaux bacheliers avant leur départ vers La Réunion ou l’Hexagone. Plus de 3 000 futurs étudiants mahorais sont concernés chaque année par cette mobilité.

« Chaque année, une dizaine d’étudiants meurent à cause de leurs conditions de vie étudiantes », explique Houssaini Assani Tafara, fondateur et directeur d’Émanciper Mayotte. Pour l’association, ces drames sont souvent la conséquence d’un manque de préparation. « Les élèves idéalisent leur mobilité mais ne savent pas comment bien préparer leur départ. Les parents attendent souvent les résultats du baccalauréat avant d’entamer les démarches, alors qu’il faut rechercher un logement et préparer son dossier social étudiant plusieurs mois à l’avance. »

Des départs encore insuffisamment préparés

« Nos jeunes ne sont pas assez préparés », résume Houssaini Assani Tafara. « Les garçons font face à un échec scolaire parfois couvert par leurs parents et certaines jeunes filles cherchent à fuir le poids du mariage en poursuivant des études supérieures à leur majorité. »

Selon les chiffres du Conseil départemental de Mayotte, devenu Département-Région, 85 % des étudiants poursuivant leurs études en métropole échouent en première année, contre 56 % au niveau national. À ces difficultés s’ajoute désormais celle du logement. « Les bailleurs de La Réunion et de l’Hexagone refusent de plus en plus les garants domiciliés à Mayotte. Les familles doivent trouver un garant sur place, ce qui complique fortement les départs », souligne le directeur d’Émanciper Mayotte. L’association rappelle qu’elle peut proposer des solutions d’hébergement d’urgence, tout en insistant sur la nécessité d’anticiper les démarches.

Des associations pour accompagner les étudiants

Sur le parvis de la MJC, de nombreuses associations étaient présentes afin de préparer les étudiants avant leur départ mais aussi de les accompagner une fois installés grâce à des dispositifs de mentorat.

Le Centre d’information et d’orientation (CIO) était également présent pour accompagner les jeunes dans la construction de leur projet d’avenir. « Notre rôle est de préparer les élèves à leur orientation », explique un conseiller. Les textes ministériels prévoient désormais un travail sur l’orientation dès la classe de cinquième, à travers la découverte des métiers et des différents domaines d’activité. Un accompagnement qui permet aux élèves de construire progressivement leur projet d’études avant même le lycée.

85 % des étudiants mahorais poursuivant leurs études en métropole échouent en première année

« Ce n’est pas forcément parce qu’ils ne travaillent pas, mais parce que leur méthode de travail n’est pas adaptée à l’enseignement supérieur », explique Imane Abdou Ali, intervenante au sein de l’association M’Soma. La structure intervient autour de trois axes : l’accompagnement scolaire, les conseils méthodologiques ainsi que le soutien moral et psychologique.

L’Association nationale des apprentis de France (ANAF) proposait également son dispositif de mentorat. « Nous mettons en relation des professionnels avec les jeunes, chargés de les suivre tout au long de leur cursus, dans leur recherche d’entreprise mais aussi lorsqu’ils rencontrent des difficultés pendant leur alternance », explique Salima Mchindra, chargée de mentorat à l’ANAF Mayotte. Une manière, pour Émanciper Mayotte, de rappeler qu’une mobilité réussie repose avant tout sur l’anticipation et l’accompagnement.

Bac 2026 à Mayotte, un taux de réussite en légère hausse

Sur les 5.958 candidats inscrits au baccalauréat 2026 à Mayotte, 4.452 ont décroché leur diplôme, soit un taux de réussite de 74,7 %. Un résultat en légère progression par rapport à 2024 (73,9 %), année de référence après les modalités exceptionnelles mises en place en 2025 à la suite du cyclone Chido.

Dans le détail, la filière générale affiche le meilleur taux de réussite avec 81,9 % d’admis (+3,6 points par rapport à 2024), suivie de la filière technologique (78,3 %, +1,9 point). En revanche, la filière professionnelle enregistre un recul de 5,5 points, avec 62,3 % de réussite.

Ces résultats restent toutefois en deçà de la moyenne nationale, établie à 91,4 %. Le rectorat souligne également une baisse des résultats au brevet, avec un taux de réussite global de 60,6 %. Selon l’institution, ce recul s’explique notamment par le renforcement du poids des épreuves terminales, qui représentent désormais 60 % de l’évaluation contre 40 % pour le contrôle continu.

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Journaliste, aussi passionné par les paysages de Mayotte que par sa culture. J’ai toujours une musique de rap en tête.

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