Accusé de ne pas livrer les quantités demandées par les stations-service, le fournisseur national des produits pétroliers dit agir ainsi pour limiter toute pénurie avant l’arrivée de la prochaine cargaison, attendue d’ici le 10 août prochain.
C’est un été pas comme les autres pour la diaspora comorienne qui rentre au pays en cette période des vacances. Depuis plus de trois semaines, l’approvisionnement en carburant devient compliqué. Les files d’attente devant les stations-service, notamment celles de la Grande Comores ne faiblissent pas. Tous les jours, le rythme reste le même, mais surtout le gazole. Pourtant, le 1er juillet, la société comorienne des hydrocarbures (Sch), a réceptionné un pétrolier qui a passé plus de 3 jours au quai. Mais, la vie socio-économique tourne toujours au ralenti. Dans toutes les gares de Moroni, les passagers patientent des heures durant avant de voir un bus ou un taxi se garer. » A partir de midi, trouver un véhicule de transport pour se rendre au village est un calvaire « , a confié, Ismael, natif de la région de Mbude, au nord de la Grande Comore.
Ce mardi, le fournisseur national des produits pétroliers, a tenté de rassurer, démentant toute pénurie de carburant. « La Direction Générale de la Société Comorienne des Hydrocarbures (SCH) tient à informer l’opinion publique que l’approvisionnement de l’ensemble du territoire national en produits pétroliers est assuré de manière régulière et continue. À l’issue des analyses de marché comparatives, les volumes de carburants distribués au cours de la période actuelle s’avèrent supérieurs à ceux de l’exercice précédent pour la même période, permettant de couvrir largement les besoins réels du marché national« , a déclaré la société dans un communiqué distribué pendant la rencontre avec la presse de ce 14 juillet.
Quantités en baisse
Le bémol, cela fait plus d’un mois que les propriétaires des stations-service privées se plaignent d’une baisse des quantités commandées. » La situation n’a pas évolué. On ne nous livre pas les litres demandés. Pire, la société des hydrocarbures limite quotidiennement son rationnement et décide du jour au jour. Même les week-ends, seule leur station est ouverte. De plus, ils essaient de nous interdire la vente aux sociétés afin de garder le monopole sur les entreprises« , a déploré, hier, sous le sceau de l’anonymat, un responsable d’une station sise à Moroni. Sans nier les faits, le directeur régional de la société des hydrocarbures, Abdou Said Mdahoma, a seulement avancé les raisons pour lesquelles, ils n’honorent pas les commandes des stations privées ces temps-ci.
A l’entendre, les stations commandent bizarrement plus que leurs quantités habituelles. » Or, se basant sur notre historique, nous connaissons les quantités de chaque station en cette période d’été. On ne comprend pas pourquoi d’un seul coup, certaines veulent plus. Si nous n’accédons pas à ces requêtes, c’est surtout pour éviter de causer une pénurie puisque selon nos prévisions, le carburant réceptionné le 1er juillet nous suffira jusqu’à la prochaine cargaison« , a expliqué, Abdou Said Mdahoma qui fut également, directeur de la société nationale de l’électricité des Comores (Sonelec). Selon le directeur de distribution de la société comorienne des hydrocarbures, l’entreprise a reçu, il y a deux semaines, 13 100 miles tonnes de carburant.
Précision
» Avant de lancer une commande, nous tenons compte des besoins de la période. A partir de juillet, la diaspora se trouve au pays pour les différentes activités. Certains sortent leurs voitures des garages. Tous ces paramètres n’ont pas été ignorés et contrairement à ce qui se dit, une station qui prend 3000 litres par jour, en cette période estivale, nous lui livrons jusqu’à 5000 « , a-t-il assuré. Mais ces explications rassurent difficilement la population. La raison ? Les consommateurs relèvent que dans toutes les pénuries récentes que le pays a connues, dès que le pétrolier jette l’ancre, les files d’attente devant les stations-services se réduisent comme peau de chagrin. Pourquoi, deux semaines après le déchargement de plus de 13 millions de litres, les souffrances continuent. Le fournisseur national des produits pétroliers, accuse d’une part la population de contribuer à ces queues en voulant se ravitailler en quantités élevées, pour faire des stocks à domicile.
Des stations sont également soupçonnées de baisser les rideaux avant d’avoir épuisé leurs stocks journaliers pour revendre à leurs clients particuliers le soir, notamment des entreprises. « Ajouté aux informations relayées par des influenceurs sur les réseaux sociaux laissant entendre, que le pétrolier qui a accosté le 1er juillet n’a pas déchargé les quantités habituelles, la panique ne retombe pas« , regrette le directeur régional de la Sch. Dans son communiqué, la société des hydrocarbures interdit tout ravitaillement dans des bidons. » Les opérateurs de stations-service sont tenus au respect strict de ces directives. Tout manquement constaté exposera les contrevenants aux sanctions administratives et pénales prévues par la réglementation en vigueur« , prévient la SCH.
Journaliste presse écrite basé aux #Comores. Travaille chez @alwatwancomore
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