Pour la deuxième année consécutive, Mayotte enregistre de nouveaux cas de paludisme, dont une partie a été contractée localement. Chirongui, Mamoudzou, Dembéni et Bandrélé concentrent les trois quarts des cas recensés.
Santé publique France (SPF) a publié son bulletin de surveillance épidémiologique du paludisme à Mayotte, couvrant la période du 1er janvier au 21 juin 2026. Pour la deuxième année consécutive, le territoire enregistre des cas de paludisme acquis localement. Cette situation intervient après une période de cinq ans sans transmission autochtone documentée, entre juillet 2020 et janvier 2025.
Depuis le début de l’année 2026, 244 cas de paludisme ont été déclarés à Mayotte. Parmi eux, 25 ont été acquis localement, 161 sont des cas importés, 12 sont d’origine indéterminée et 46 sont toujours en cours d’investigation.
L’évolution du nombre de cas met en évidence deux phases. Jusqu’à la 17e semaine de l’année, la transmission est restée modérée, avec une moyenne de cinq cas par semaine et un pic de 18 cas. À partir de la 18e semaine, Santé publique France observe une nette augmentation, culminant à 30 cas enregistrés en une semaine. Ce niveau de transmission s’est maintenu jusqu’à la 25e semaine.
Parmi les 46 cas encore en cours d’investigation, 41 sont localisés dans trois zones à risque : Miréréni, Hajangou et Bandrélé.
Sur les 161 cas importés, 95,6 % proviennent de l’Union des Comores. Les autres sont liés à des contaminations à Madagascar (2 cas), en Tanzanie (2 cas), au Gabon (1 cas), au Togo (1 cas) et au Cameroun (1 cas).
Depuis le début de l’année, 71 des 244 patients ont été hospitalisés. Parmi eux, 53 ont été pris en charge en unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD), dont 28 pour un séjour de 24 heures. Cinq patients ont été admis en service de médecine, quatre en pédiatrie et trois en maternité. Quatre formes graves ont nécessité une admission en réanimation.
Les 17 communes de Mayotte sont concernées, mais les cas se concentrent dans quatre d’entre elles. Chirongui arrive en tête avec 59 cas (24 % du total), devant Mamoudzou (54 cas), Dembéni (44 cas) et Bandrélé (27 cas). À elles seules, ces quatre communes regroupent près de 75 % des cas recensés.
Le sex-ratio hommes/femmes est de 1,6, avec 148 hommes pour 92 femmes. L’âge médian des patients est de 23 ans, avec des âges compris entre 2 et 78 ans. Les classes d’âge les plus touchées sont les 15-24 ans et les 25-44 ans, avec 66 cas chacune. À l’inverse, les enfants de moins de 5 ans et les personnes de plus de 65 ans ne représentent respectivement que 5,4 % et 2 % des cas.
Entre 2006 et 2010, plus de 300 cas de paludisme étaient notifiés chaque année à Mayotte, dont 45,8 % étaient acquis localement. En 2011, Santé publique France a observé une baisse de 77 % du nombre de cas, attribuée à l’amélioration de la prise en charge, du diagnostic et des mesures de prévention. Entre 2013 et 2015, seuls un à deux cas étaient recensés chaque année. En 2014, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé Mayotte en phase d’élimination du paludisme. Jusqu’en janvier 2025, aucun cas autochtone n’avait été identifié.
Le nombre de cas importés a toutefois fortement augmenté à partir de 2024. Les pays de la zone océan Indien connaissent une recrudescence du paludisme, en particulier les Comores, d’où proviennent environ 80 % des cas importés à Mayotte.
À Mayotte, la surveillance du paludisme repose sur le signalement des cas confirmés par le laboratoire du Centre hospitalier de Mayotte (CHM), complété par des investigations épidémiologiques menées autour des cas détectés. Ces données permettent de suivre l’évolution de la maladie, d’en décrire les caractéristiques et d’adapter les mesures de prévention et de lutte.
Santé publique France rappelle qu’il est recommandé de se protéger des piqûres de moustiques en utilisant des répulsifs, des moustiquaires imprégnées et des vêtements couvrants dès la tombée de la nuit. En cas de fièvre, il est conseillé de consulter rapidement un médecin.


































