Dans quel désordre Mayotte s’est-elle fourrée en cherchant à modifier le statut du port de Longoni ? Une fois encore, la cohérence ne semble guère être le maître mot de cette affaire, au regard de la réactivité de certains acteurs de cette série à l’eau de rose version Département-Région de Mayotte. Jamais, semble-t-il, les intérêts particuliers n’auront autant pris le pas sur les intérêts collectifs et supérieurs des habitants du territoire.
Il était encore question du port de Mayotte, ce mardi 16 juin 2026. Cette fois-ci, le débat s’est déplacé hors du territoire, à Paris, où le sénateur Saïd Omar Oili a réagi par voie de communiqué de presse au sujet de l’avenir de cette infrastructure stratégique. Il souligne que le port fait actuellement l’objet d’un vif débat dans l’île à la suite de l’arrêt rendu par la Cour d’appel de Bordeaux, qui a confirmé l’interruption de la délégation de service public (DSP).
Le parlementaire a indiqué avoir saisi le ministre des Transports, Philippe Tabarot, le 10 juin dernier, afin de lui faire part de son inquiétude quant à la situation actuelle du port de Longoni, dans la perspective de la fin annoncée de la DSP précédemment attribuée à Mayotte Channel Gateway, dirigée par Ida Nel.
Une inquiétude que le sénateur mahorais justifie par les conséquences potentiellement désastreuses pour les consommateurs locaux qui pourraient résulter d’un dysfonctionnement du port de Longoni.
« Vous connaissez très bien le caractère stratégique des infrastructures portuaires pour un territoire, a fortiori insulaire. Mayotte ne peut pas se permettre, après la catastrophe provoquée par Chido, de subir une crise d’approvisionnement dans les prochains mois si la question de la gestion du port de Longoni n’est pas anticipée. »
Dans un entretien téléphonique accordé à la rédaction de Flash Info, le sénateur juge improbable, dans les conditions actuelles, une reprise sereine de cet outil vital pour l’économie de l’île par le Département-Région. Il estime nécessaire et raisonnable de prolonger temporairement la DSP de Mayotte Channel Gateway, le temps de disposer du rapport inter-inspections réalisé fin 2025 et censé éclairer les décideurs locaux sur les perspectives d’avenir du port.
« J’ai moi-même été auditionné par cette mission le 25 novembre 2025 et je suis toujours dans l’attente du rapport qu’elle a produit », précise-t-il.
Selon les déclarations de Saïd Omar Oili, ce rapport aurait pourtant été transmis au ministre Philippe Tabarot. Le sénateur s’appuie pour cela sur une réponse écrite reçue de Mme Anne Beneteau, responsable de ladite mission inter-inspections.
Par ailleurs, certaines sources bien informées affirment que ce document serait déjà à la disposition du préfet ainsi que du président du Département-Région de Mayotte, sans que ceux-ci n’en aient publiquement fait état jusqu’à présent.
Une chose est sûre : le dossier du port de Longoni n’a pas fini d’alimenter les débats au sein de l’opinion publique. D’autant plus qu’un syndicat présenté comme proche de la présidence du Département-Région agite la menace d’une grève de 24 heures reconductible à compter du 17 juin 2026.
Ce n’est pas tout. Une rédaction de presse locale rapportait également, hier, qu’un membre du conseil portuaire évoquerait une possible irrégularité dans la tenue de la réunion de lundi. Selon lui, celle-ci pourrait être considérée comme ayant revêtu un caractère public en raison de l’intrusion momentanée, dans l’hémicycle Younoussa-Bamana, d’une délégation de femmes leaders opposées à la transformation de Longoni en grand port maritime d’État.
Dans un tel contexte, nul doute que le dossier du port de Longoni continue d’illustrer le climat de confusion politique qui règne actuellement à Mayotte.
Journaliste politique & économique


































