Lors de son audition à la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, le 7 avril 2026, le directeur général de France Travail, Thibaut Guilluy, a apporté des éléments de réponse attendus sur l’avenir des dispositifs sociaux à Mayotte. Une intervention qui éclaire les transformations en cours dans ce territoire confronté à des défis structurels majeurs, notamment en matière d’emploi informel et de modernisation administrative.
Interpellé par la députée Anchya Bamana sur la modernisation des outils de déclaration employeur, aujourd’hui encore largement utilisés sous format papier à Mayotte, le directeur général a confirmé un cap fixé à 2028. À cette échéance, les dispositifs tels que le chèque emploi service universel (CESU), le titre emploi service entreprise (TESE) ou le chèque emploi associatif devraient être pleinement dématérialisés.
Cette transformation vise à simplifier les démarches administratives et à renforcer la transparence, dans un contexte où le travail informel reste particulièrement répandu sur le territoire. Mais au-delà de l’objectif affiché, des interrogations subsistent sur la capacité des systèmes informatiques à s’adapter aux spécificités locales, notamment dans leur articulation avec les évolutions de l’URSSAF.
Face à ces défis, Thibaut Guilluy a annoncé un changement stratégique notable : faire de Mayotte et des territoires ultramarins des laboratoires d’innovation. Une inversion de logique assumée. Là où les politiques publiques étaient historiquement conçues en métropole avant d’être adaptées outre-mer, l’ambition est désormais de tester en priorité les nouveaux outils, notamment numériques et basés sur l’intelligence artificielle dans ces territoires.
« Si ça fonctionne à Mayotte, cela fonctionnera partout », a-t-il résumé, soulignant la complexité réglementaire et sociale locale comme un terrain d’expérimentation pertinent.
Reste la question cruciale de l’accompagnement humain. La réussite de cette transition numérique dépendra largement de la capacité des agents de France Travail à s’approprier ces nouveaux outils et à les transmettre efficacement aux usagers. Sur ce point, les engagements restent encore généraux, sans calendrier précis ni plan de formation détaillé.
Dans un territoire où les fractures numériques sont fortes, cet enjeu pourrait conditionner l’efficacité réelle des réformes engagées.
Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.





































