Accueil Blog Page 10

Des ballons de football offerts aux jeunes des Petits Bleus de Chiconi

Des ballons de football offerts aux jeunes des Petits Bleus de Chiconi

Le Club Inner Wheel Jasmine Mayotte s’est rendu, samedi 26 septembre, à Chiconi pour remettre des ballons de football aux jeunes de l’école de football Les Petits Bleus de Chiconi. Une initiative placée sous le signe du sport et de la solidarité envers la jeunesse mahoraise.

L’action a été menée avec le soutien du Rotary Club Mamoudzou Mayotte, illustrant une collaboration entre deux clubs services, ainsi que de Casal Sport Mayotte, fournisseur des équipements, qui a accordé un geste commercial lors de l’achat des ballons.

Président et fondateur des Petits Bleus, Bahedja Souhaili et les bénévoles de l’association ont accueilli les membres d’Inner Wheel à l’occasion de cette remise. L’initiative a été financée grâce aux fonds récoltés lors d’une brocante solidaire organisée par le club.

À travers ce don, le Club Inner Wheel Jasmine Mayotte entend soutenir l’accès à la pratique sportive et contribuer au développement de valeurs telles que l’esprit d’équipe, la confiance en soi et l’épanouissement des jeunes.

Délais de paiement : plus de 54 millions d’euros de trésorerie pourraient être libérés pour les entreprises mahoraises

Délais de paiement : plus de 54 millions d’euros de trésorerie pourraient être libérés pour les entreprises mahoraises
* image d'illustration générée par ia

Les délais de paiement continuent de peser sur la trésorerie des entreprises à Mayotte. Selon le rapport annuel 2025 sur les délais de paiement, publié par l’IEDOM le 25 septembre, les entreprises mahoraises ont payé leurs fournisseurs en moyenne sous 62 jours en 2024, soit un jour de plus qu’en 2023. Le délai moyen de règlement de leurs clients atteint, lui, 58 jours, également en hausse d’un jour.

Mayotte reste ainsi le seul département et région d’outre-mer (DROM) où les entreprises règlent en moyenne leurs fournisseurs au-delà du délai légal de 60 jours. Les délais clients se rapprochent également de cette limite et restent nettement supérieurs à la moyenne des autres départements et collectivités d’outre-mer (DCOM), établie à 39 jours.

L’enjeu est particulièrement important pour la trésorerie des entreprises. En l’absence de retards de paiement, plus de 54 millions d’euros pourraient être libérés en 2024. Un montant en forte progression, de 19 millions d’euros sur un an. La construction concentre plus de 31 millions d’euros de cette trésorerie potentielle, tandis que le transport et l’entreposage représentent plus de 22 millions d’euros. Deux secteurs particulièrement sollicités dans le cadre de la reconstruction après le cyclone Chido.

Au total, les besoins de trésorerie des entreprises mahoraises représentent 22 jours de chiffre d’affaires, soit deux fois la moyenne ultramarine.

Dans le secteur public, les situations sont contrastées. Le délai moyen de paiement de l’État s’établit à 30 jours en 2025, en hausse de 1,7 jour, mais reste dans le délai réglementaire. Le secteur public local connaît en revanche une forte dégradation : ses délais atteignent 74,5 jours, soit 18 jours de plus en un an et largement au-dessus du plafond réglementaire de 30 jours.

Les établissements publics de santé améliorent nettement leurs délais, avec une moyenne de 90,6 jours en 2025, contre 127,2 jours en 2024. Malgré cette baisse de 36,6 jours, le délai reste supérieur au seuil légal de 50 jours. Il demeure toutefois inférieur de 40 jours à la moyenne observée dans les autres départements d’outre-mer.

Une salle Mélanie inaugurée à Koungou pour les mineurs victimes

Une salle Mélanie inaugurée à Koungou pour les mineurs victimes

La Maison de protection des familles (MPF) de la gendarmerie de Mayotte a inauguré, mercredi 23 septembre à Koungou, une salle Mélanie destinée à l’audition des mineurs victimes de violences.

Aménagée pour offrir un cadre moins intimidant qu’un bureau classique, elle permet à un enquêteur spécialement formé de recueillir la parole de l’enfant dans une pièce adaptée. L’entretien peut être enregistré en audio et en vidéo, afin de permettre aux enquêteurs et aux magistrats de revenir sur les déclarations sans multiplier les auditions.

L’inauguration s’est déroulée en présence du commandant en second de la gendarmerie outre-mer, du commandant de la gendarmerie de Mayotte et du procureur de la République de Mamoudzou.

Appel à témoins après la découverte d’un homme mortellement blessé sur la RN2

Appel à témoins après la découverte d’un homme mortellement blessé sur la RN2
* image d'illustration générée par ia

La gendarmerie de Mamoudzou lance un appel à témoins dans le cadre d’une enquête ouverte après la découverte d’un homme mortellement blessé, dimanche 13 septembre, sur la RN2 entre Tsararano et Ongoujou.

La victime a été retrouvée à proximité de son véhicule, une petite voiture blanche, entre 21 h 30 et 21 h 45. Les enquêteurs recherchent toute personne ayant circulé dans le secteur à ce moment-là et susceptible d’avoir aperçu la victime, son véhicule, une autre voiture ou une personne à proximité. Ils souhaitent également recueillir tout témoignage concernant une éventuelle altercation ou un comportement inhabituel.

« Tout renseignement, même s’il paraît anodin, peut être utile à l’enquête », souligne la gendarmerie, qui précise que les informations recueillies seront traitées avec discrétion.

Les témoins peuvent contacter la gendarmerie de Mamoudzou au 02 69 61 00 47.

Bien’Vaillant appelle les pouvoirs publics à soutenir son action

Bien'Vaillant appelle les pouvoirs publics à soutenir son action

Depuis plusieurs années, l’association Bien’Vaillant tente d’apaiser les rivalités entre jeunes en misant sur le dialogue, le sport, l’engagement collectif et l’accompagnement de proximité. Une main tendue qui agit là où l’envoi de forces de l’ordre ne suffit pas et qui, malgré ses résultats, reste encore insuffisamment considérée dans les réponses apportées à l’insécurité.

Pendant quatre jours, élus, services de l’État, associations et acteurs de terrain ont tenté de dégager des réponses communes face à la délinquance et à l’insécurité à Mayotte, lors des deuxièmes Assises de la sécurité et de la citoyenneté, qui se sont achevées jeudi 24 septembre. Ils ont notamment insisté sur la nécessité de mieux coordonner les acteurs et d’agir davantage auprès des jeunes et des familles. Des Assises et des discours qui, s’ils semblent indispensables pour apporter des solutions attendues depuis de nombreuses années, paraissent pourtant bien loin de la réalité du terrain et laissent un goût amer aux habitants confrontés, depuis plusieurs semaines, à de nouveaux épisodes de violences à travers le territoire.

Agressions aux abords des établissements scolaires, caillassages et tensions dans plusieurs quartiers ont de nouveau rappelé la difficulté à installer durablement l’apaisement. Les images des violences survenues au stade de football de Sada, ce samedi 26 septembre, entre jeunes de Sada et de Bandrélé, sont autant de rappels que le problème est profond et ancré dans le quotidien de Mayotte.

Pourtant, sur le terrain, certaines expériences montrent que l’apaisement est possible. Interrogé jeudi, en amont de ces nouvelles violences et lors du dernier jour des Assises de la sécurité, Hamza Hoggar a activement participé aux échanges et témoigné de son engagement avec son association Bien’Vaillant. Depuis plusieurs années, il tente d’apaiser les conflits entre jeunes pris dans des rivalités territoriales, dont ils sont aussi les premières victimes : blessures, stigmatisation, restriction de la liberté de mouvement ou encore pauvreté, qui alimentent un cercle vicieux.

Sa méthode repose avant tout sur une main tendue vers cette jeunesse, pour lui montrer qu’elle existe en dehors de cette spirale de violence. Elle se base sur l’engagement collectif, les activités sportives, les projets associatifs et surtout la possibilité pour ces jeunes de se construire une autre image. L’objectif est de faire en sorte qu’ils aient “quelque chose à perdre”, pour ne pas retomber dans la violence. À M’tsapéré, Doujani et Bonovo, ce travail avait notamment contribué à une réconciliation annoncée début janvier entre des jeunes de quartiers longtemps opposés.

Un résultat qui montre qu’une autre réponse aux violences peut être construite au plus près du terrain directement avec les jeunes, loin des méthodes purement sécuritaires, encore faut-il que les pouvoir publics soutiennent ces projets et initiatives.

Flash Info : Qu’est-ce que vous retenez de ces Assises de la sécurité ?

Hamza Hoggar : “Quand je suis rentré chez moi dans l’Hexagone, j’avais cette frustration de me dire qu’on a une méthodologie qui a des résultats, qui est reproductible. Pourquoi ne pas la professionnaliser, l’étudier, la critiquer et la diffuser pour la reproduire à plus grande échelle, en toute humilité ?

Je me demandais aussi pourquoi nous n’étions pas davantage accompagnés et je me suis rendu compte à quel point nous étions écrasés par cette masse de travail. Ce que j’ai compris des Assises, c’est qu’en fait, nous pouvons participer à un maillon d’une chaîne. Un élève, un enfant, un jeune, lorsqu’il décroche, il y a plein de maillons : le logement, l’école, la formation, les démarches administratives… autant d’étapes durant lesquelles il peut se perdre s’il n’est pas bien accompagné.

Je pense qu’avec notre association, nous faisons partie du premier maillon : celui où tu vas chercher le jeune qui est perdu, qui est dans son monde, et tu le ramènes dans un cadre où il y a de la bienveillance, de l’amour, du pardon et de la compréhension.

Il y a des jeunes qui sont tellement en difficulté que, quand on leur demande ce dont ils ont besoin, ils répondent : “Je ne sais pas”. Et pourtant, il y en a qui n’ont pas mangé depuis 23 jours ou qui n’ont aucun endroit où dormir. Nous sommes là pour leur tendre la main.

Donc, ce que j’ai compris de ces Assises, c’est que finalement, chacun a sa place, chacun a son rôle. Mais pour que ça fonctionne, il faut des acteurs à chaque maillon où le jeune peut se tourner, pour éviter qu’il se perde et le ramener dans un circuit où il va pouvoir se développer”.

F.I : Ce premier maillon que vous représentez est-il aujourd’hui davantage reconnu et soutenu par les institutions ? Les échanges des Assises vous rassurent-ils sur ce point ?

H.H : “Ça fait depuis 2023 que je travaille avec les jeunes. J’ai rencontré énormément de monde. Il y a beaucoup de beaux discours mais, au moment où nous disons que nous avons un besoin, parfois il n’y a plus personne au téléphone, plus personne qui répond aux mails, plus personne qui nous donne de rendez-vous, malgré les engagements qui ont été pris.

Je ne dis pas que nous ne sommes pas accompagnés. Je dis qu’aujourd’hui, pour pouvoir essayer de mettre en place notre méthode, il faut que nous nous débrouillions, alors qu’avec un peu d’aide des institutions, ce serait beaucoup plus simple.

Dès que je demande un peu de subventions, on me dit qu’il n’y a plus d’argent. Mais regardez le travail que nous avons réussi à faire d’un point de vue sécurité. J’imagine qu’il y a des économies énormes qui ont été faites. Il faudrait que ces économies soient investies dans les associations qui accompagnent les jeunes.

Par contre, là où nous nous sentons vraiment encouragés, c’est par la population. Les gens qui habitent ici, qui doivent aller travailler, qui doivent emmener leurs enfants à l’école. Ils reconnaissent l’évolution positive.

Il y a des jeunes qui me disent : “Moi, j’ai passé le bac facilement par rapport à mes grands frères. Parce que toutes mes études, depuis que je suis petit, on est obligés de faire des groupes pour aller se battre, mais maintenant, je peux marcher de Doujani jusqu’au lycée Bamana en détente et sans stress”.

C’est vers ça qu’on doit aller. Et sincèrement, c’est ça qui me donne le courage d’avancer tous les jours : voir qu’il y a des jeunes qui étaient complètement perdus et qui, aujourd’hui, ont eu leur bac, alors qu’ils étaient dans des conditions extrêmement difficiles”.

« C’est trop d’investissement tout seul »

F.I : Justement, quelle est la suite pour Bien’Vaillant ? Allez-vous continuer à travailler dans les quartiers ?

H.H : “Là, nous sommes vraiment à un point où, soit nous arrivons à être accompagnés et les pouvoirs publics veulent professionnaliser cette méthodologie, soit il y a un point de rupture, où l’association Bien’Vaillant, s’arrête petit à petit. Sincèrement, c’est trop d’investissement tout seul !

Est-ce que l’association Bien’Vaillant c’était un phénomène qui, à un moment donné, a permis d’ouvrir une porte ? Ou est-ce que ça peut être un modèle qui pourrait être reproduit ? C’est là où, aujourd’hui, je n’ai pas la réponse. Ça va dépendre de la suite. Est-ce qu’ils vont nous considérer comme faisant partie de la solution ?

Mais aujourd’hui, c’est trop dur pour moi. J’ai fermé mon cabinet pendant 10 jours pour venir ici, je suis kiné à la base. Je quitte ma femme qui est enceinte et je la laisse avec ma fille. Je fais un vrai sacrifice aujourd’hui parce que j’avais besoin d’avoir des réponses. Mais pour te dire quelle est la suite, je n’en sais rien”.

F.I : Vous évoquez aussi un film consacré au travail mené avec ces jeunes. Qu’attendez-vous de sa diffusion ?

H.H : “La seule chose que j’aimerais vraiment, c’est pouvoir faire la bonne promotion du film qui va montrer le travail accompli, surtout par ces jeunes. Je souhaite qu’il soit vu par un maximum de personnes. Je pense sincèrement qu’il peut aider un jeune qui est isolé, qui se dit : “moi, il n’y a personne qui s’intéresse à moi”. Non, il y a des gens qui vont s’intéresser à toi, mais peut-être que c’est aussi à toi de faire le premier pas.

Et peut-être que ça va aussi aider des gens qui sont dans les quartiers, qui se disent : “J’ai envie d’aider ces jeunes, mais je ne sais pas comment, je ne sais pas avec quels moyens”. Je pense aussi que c’est à l’adulte de faire le premier pas vis-à-vis du jeune et ensuite l’accompagner.

L’objectif, c’est d’encourager les jeunes à faire un pas vers les adultes et d’encourager les adultes à faire un pas vers les jeunes.

F.I : À quelle date le film doit-il sortir ?

H.H : “C’est difficile à dire parce qu’il y a encore une modification à faire et, à partir de là, on pourra véritablement négocier, soit avec Arte, soit avec France Télévisions. Dans tous les cas, normalement, il sera visible au mois de novembre au cinéma de Chirongui et j’aimerais que ce soit un événement où les jeunes soient vraiment mis en avant.

Je ne serai certainement pas là, mais peu importe parce qu’encore une fois, ce n’est pas moi, c’est eux qui l’ont fait. Et c’est ça ma plus grande fierté. Ce n’est pas de me dire que j’ai une association, c’est de me dire qu’il y a des jeunes qui vont à l’école sans stress et, potentiellement, qu’on a été une des causes.

C’est eux qu’il faut mettre en avant. C’est eux qui sont dans la difficulté, c’est eux qui ont pris des risques pour me faire confiance, c’est eux qui ont pris des risques pour faire la paix. Ce n’est pas moi. Donc c’est plutôt eux qu’on doit mettre en avant, et pas moi”.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Pamandzi rend hommage aux harkis et fait vivre le devoir de mémoire

Pamandzi rend hommage aux harkis et fait vivre le devoir de mémoire

Ce vendredi 25 septembre avait lieu la Journée nationale d’hommage aux harkis et aux autres membres de formations supplétives. Ils ont servi aux côtés de la France pendant la guerre d’Algérie, souvent dans des conditions particulièrement difficiles. Cette journée est l’occasion de leur rendre hommage, de reconnaître leur engagement, mais aussi de transmettre leur histoire aux générations futures.

Honorer les harkis, c’est préserver leur mémoire et veiller à ce que leur histoire ne soit jamais oubliée. C’est tout le sens de cette Journée nationale d’hommage, qui rappelle que la France ne les a pas délaissés et ignorés, et que leur histoire fait pleinement partie de l’histoire nationale. Une histoire qui appartient à notre mémoire collective et qui permet de faire vivre le devoir de transmission aux générations futures


Ce vendredi, la cérémonie a commencé à 8h00 dans la commune de Pamandzi. À cette occasion, plusieurs représentants des institutions et des forces vives du territoire étaient présents, parmi lesquels la préfecture, le Conseil départemental de Mayotte, la mairie de Pamandzi, ainsi que des militaires et d’autres participants comme la classe défense du collège Zéna M’déré.

Tous réunis autour du devoir de mémoire

Tous étaient réunis pour témoigner de leur engagement, de leur respect et de leur dévouement envers la mémoire des harkis et des autres membres des formations supplétives. Par leur présence, ils ont également rappelé l’importance de faire vivre cette mémoire : “ venir aujourd’hui leur rendre hommage, c’est également rappeler que ça a existé et que ce sont aussi des douleurs, des pertes, des morts. C’est beaucoup de choses qui font que nous devons toujours rester dans une mémoire collective pour avancer et ne plus jamais recommencer ce qui s’est passé ”, souligne Maymounati Moussa AHAMADI, conseillère de l’Assemblée de Mayotte du canton de Dzaoudzi-Labattoire.

La commune de Pamandzi organise, année après année, la cérémonie commémorative en hommage aux harkis et aux autres membres des formations supplétives. Pour la commune, cette cérémonie représente un moment important pour affirmer son engagement dans le devoir de mémoire, mais aussi pour honorer celles et ceux qui ont perdu la vie et rappeler leur histoire : “ La préfecture a voulu montrer que la commune de Pamandzi met également en avant cette commémoration, justement pour penser aux morts et montrer à la France que Pamandzi existe aussi au niveau national”, explique Assani Bancolo Antubati, adjoint au maire de Pamandzi.

À travers cette cérémonie, Pamandzi affirme ainsi sa volonté de participer pleinement à la transmission de cette mémoire et de la faire vivre à l’échelle locale.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Le Parc marin mise sur les plongeurs pour suivre les jeunes coraux

Le Parc marin mise sur les plongeurs pour suivre les jeunes coraux

🎁 Article offert

Depuis le printemps, des plongeurs bénévoles participent au projet Mwamba, lancé en 2026 par le Parc naturel marin de Mayotte pour suivre la reprise des récifs après le blanchissement de 2024 et le passage du cyclone Chido. Une première campagne, menée sur 11 sites, montre déjà de fortes différences dans la capacité des coraux à se réinstaller.

Après le blanchissement corallien du printemps 2024, puis le passage du cyclone Chido le 14 décembre de la même année, les récifs mahorais ont subi deux chocs successifs. Le bilan établi en 2025 par le Parc naturel marin est lourd : les deux phénomènes ont entraîné une mortalité moyenne cumulée de 66 % des coraux et une perte de 35 % du recouvrement corallien. Le blanchissement a, dans l’ensemble, eu l’impact le plus important, tandis que les dégâts liés à Chido ont fortement varié selon les secteurs et leur exposition.

Reste désormais à savoir comment ces récifs vont repartir. C’est tout l’objet de Mwamba, « lagon » en shimaoré, lancé cette année par le Parc naturel marin avec les clubs Abalone, Happy Divers, Les Palmes longues, Lagon Maoré et O’TGR. Treize sites répartis autour de l’île sont suivis, à raison de deux à trois par structure. Deux campagnes doivent être organisées chaque année : la première en début de saison sèche, entre avril et juin, la seconde entre octobre et décembre, au début de la saison humide.

À l’origine du projet, il y a notamment une demande venue des plongeurs eux-mêmes. « Certains clubs de plongée sont venus vers nous en voulant agir pour contribuer à ce que les récifs coralliens reviennent », raconte Clarisse Thellier, chargée du projet Mwamba au Parc naturel marin. Au même moment, le Parc cherchait à compléter ses suivis scientifiques par un indicateur qui n’était plus relevé à Mayotte : les coraux juvéniles, définis dans le cadre du projet comme des coraux mesurant moins de cinq centimètres. « Ça nous tenait à cœur de continuer à suivre ça parce que c’est un indicateur de la résilience des coraux », explique-t-elle.

Un protocole adapté aux plongeurs bénévoles

Avant d’envoyer les plongeurs compter les jeunes coraux, il a fallu mettre au point un protocole suffisamment rigoureux pour produire des données exploitables, mais assez simple pour être appliqué par des amateurs formés. Clarisse Thellier s’est notamment appuyée sur des expériences conduites en Nouvelle-Calédonie et sur des échanges avec plusieurs spécialistes de la région.

Sous l’eau, le principe est simple. Sur chacun des 11 sites, trois transects de 20 mètres sont déroulés. Tous les 25 centimètres, les plongeurs décrivent ce qu’ils trouvent sous le ruban : roche ou autre substrat dur, débris coralliens ou sable, mais aussi le peuplement déjà installé, qu’il s’agisse de corail vivant, d’algues calcaires, de macroalgues ou d’autres organismes comme des anémones. Autour de cette ligne, dans un couloir de 50 centimètres de largeur, ils comptent également les juvéniles et les oursins. Enfin, une partie des jeunes coraux est photographiée pour tenter de les retrouver lors de la campagne suivante et voir s’ils ont grandi.

Le Parc marin mise sur les plongeurs pour suivre les jeunes coraux
crédit photo François Bollé

Ces éléments jouent un rôle important dans la reprise d’un récif. Un substrat dur et stable offre de bonnes conditions à l’installation d’un jeune corail. À l’inverse, un fragment de corail mort peut se retourner sous l’action de la houle après qu’une larve s’y est installée, privant alors le jeune organisme de lumière. Les algues calcaires encroûtantes peuvent favoriser la fixation des larves, tandis que les macroalgues entrent en compétition avec les coraux pour l’espace. Les oursins, eux, peuvent libérer de la surface disponible pour de nouveaux coraux en broutant les algues.

« Beaucoup de jeunes coraux se sont installés »

Les résultats de la première campagne ne permettent pas encore de tirer des conclusions définitives. « C’est dur à affirmer parce qu’on n’a fait qu’une campagne », rappelle Clarisse Thellier. Des écarts apparaissent néanmoins entre les 11 sites suivis. Les récifs barrières comme la Passe Bateau semblent, à ce stade, plus résilients, tandis que d’autres stations, comme la pente interne de la passe en S, montrent une reprise beaucoup plus limitée. « C’est encore difficile de savoir exactement pourquoi et c’est ça qui est intéressant dans cette étude », souligne la chargée de projet.

Plusieurs facteurs pourraient entrer en jeu. « Il faut un substrat dur, qu’il y ait des coraux adultes à proximité et qu’il y ait des conditions de courant nécessaires à l’apport des jeunes coraux. Mais tout ça, ce ne sont que des hypothèses », précise-t-elle.

Dans l’ensemble, la récupération reste toutefois encore limitée. « Pour le moment, il n’y a pas une grande évolution post-Chido », estime Clarisse Thellier. Les récifs n’ont pas retrouvé toutes leurs fonctions, notamment leur capacité à servir d’abri pour de nombreuses espèces, qui dépend de structures coralliennes suffisamment développées. Mais un signal est encourageant : « On voit qu’il y a quand même beaucoup de jeunes coraux qui se sont installés et donc ça donne de l’espoir pour la suite. »

Mayotte a déjà montré par le passé une capacité de récupération après plusieurs épisodes de blanchissement, notamment en 1998, 2010 et 2016. Cette résilience pourrait toutefois être mise à l’épreuve par l’accumulation des pressions sur le lagon : réchauffement des eaux, érosion et apports du bassin versant, pollutions ou encore pêche illégale. « Il y a pas mal de pressions qui pèsent sur le récif corallien et qui le rendent assez fragile et du coup peut-être moins facilement résilient qu’avant », résume Clarisse Thellier.

Le Parc marin mise sur les plongeurs pour suivre les jeunes coraux
crédit photo : Clarisse Thellier

Les données recueillies doivent, à terme, permettre au Parc de mieux cibler les actions à mener. Elles pourraient notamment conduire à renforcer la protection de certains secteurs, à agir sur certaines pressions ou encore à stabiliser des fonds très riches en débris. Le Parc n’envisage en revanche pas de recourir au bouturage. « Nous, on préfère apporter de la connaissance pour à terme agir sur les pressions sur lesquelles il est possible d’agir plutôt que d’intervenir directement sur la nature quand elle peut faire elle-même son travail », explique Clarisse Thellier.

Une soixantaine de plongeurs pour la première campagne

Le projet repose aussi sur la science participative. Une soixantaine de personnes ont pris part à la première campagne, avec des groupes allant d’une à neuf personnes selon les sites. Des référents formés au protocole dans chacun des clubs encadrent les relevés aux côtés du Parc naturel marin.

Océane, 26 ans, a participé à plusieurs plongées dans le nord de l’île. Elle y a découvert une autre manière d’observer le lagon. « On se met dans la peau d’un scientifique, on a vraiment l’impression d’avoir contribué à quelque chose », raconte-t-elle. Une expérience qui a aussi modifié son regard lors de ses plongées de loisir : « J’étais plus sensible et peut-être plus à l’affût des espèces, des différents stades de croissance des coraux. » Pour elle, le dispositif permet à la fois de « rendre accessible la science » tout en faisant des plongeurs de véritables acteurs de la collecte de données.

Le Parc cherche désormais de nouveaux volontaires pour poursuivre ce suivi. Les plongeurs titulaires au minimum d’un niveau 2 peuvent se rapprocher des clubs partenaires pour participer aux prochaines sorties. Une deuxième campagne doit être menée entre octobre et décembre, au début de la saison humide. Les plongeurs retourneront sur les mêmes transects et tenteront de retrouver certains des juvéniles photographiés lors de la première campagne, afin d’observer leur croissance et leur survie. De quoi commencer à mesurer, dans le temps, la capacité des récifs mahorais à se reconstituer.

Ibrahim Ahmed Halime, faire la paix pour les plus jeunes

Ibrahim Ahmed Halime, faire la paix pour les plus jeunes

🎁 Article offert

Alors que les Assises de la sécurité mettaient en lumière les violences entre jeunes à Mayotte, une réconciliation est venue marquer Mamoudzou. Le 5 janvier, les jeunes de Doujani, M’tsapéré et Bonovo ont annoncé avoir fait la paix, après plusieurs mois de rencontres avec l’association Bien’Vaillant. Ibrahim Ahmed Halime, 19 ans, de M’tsapéré, a participé à cette démarche.

C’est devant la mairie annexe de M’tsapéré qu’Ibrahim Ahmed Halime donne rendez-vous. Tee-shirt de sport, coupe afro et parole posée, le jeune homme de 19 ans revient sur une histoire de rivalités qu’il a lui-même traversée.

Originaire de M’tsapéré, où il est surnommé Sasuké par ses camarades un personnage du manga Naruto, il dit avoir grandi dans un environnement marqué par les tensions entre quartiers. « On a toujours été dans les violences sans vraiment savoir pourquoi », résume-t-il.

Au collège de Doujani, il est scolarisé dans un établissement fréquenté par des jeunes de quartiers rivaux. En première année de collège, il ne comprend pas encore les codes de ces oppositions. Mais, rapidement, il voit les plus grands s’affronter. Avec les années, les provocations laissent place aux violences. « À un moment, j’ai commencé à stresser pour aller en cours. Parfois, j’abrégeais ma journée pour éviter les violences », raconte-t-il. Plus tard, au lycée des Younoussa Bamana, les rivalités entre jeunes de M’tsapéré et Doujani se poursuivent. Le rond-point du Baobab, passage obligé entre plusieurs quartiers, devient alors un lieu de rendez-vous et d’affrontements. Dont il participe : « Les seuls qui pouvaient nous arrêter, c’était la police »

Oser franchir la frontière entre les quartiers

Néanmoins, son père lui sert de repère. Ibrahim dit s’inspirer de ses conseils. Mais il refuse aussi que les plus jeunes connaissent les mêmes craintes que lui. « Je pensais aux petits frères, à leur brevet, à leur avenir. Il faut qu’ils puissent aller à l’école sans crainte », explique-t-il.

Son engagement se renforce au sein de l’association Bien’Vaillant, où il rencontre notamment Hamza Hoggar. Des tentatives de réconciliation avaient déjà été menées auparavant, sans parvenir à durer. Cette fois, Ibrahim prend l’initiative d’aller à la rencontre des jeunes du quartier adverse. « Un jour, j’ai décidé d’aller les voir sur leur plateau et de demander la paix », dit-il. « Ça pouvait mal tourner. J’ai pris un risque en allant à Doujani. » Il assume pourtant ce choix. « On peut voir ça comme une faiblesse, mais c’était nécessaire. » Avec d’autres jeunes, il contribue ainsi à rapprocher les jeunes du village de M’tsapéré, Doujani et Bonovo. Le 5 janvier, les trois villages officialisent leur réconciliation.

« On a pu voir ça comme une faiblesse, mais c’était nécessaire. »

Aujourd’hui, Ibrahim Ahmed Halime dit mesurer le chemin parcouru. « C’est vrai qu’on avait participé, mais on ne se rendait pas compte », confie-t-il. Avec Bien’Vaillant, il poursuit les actions de sensibilisation contre les violences entre jeunes et apprécie de pouvoir circuler d’un village à l’autre sans crainte. En attendant une situation administrative plus stable, le jeune homme songe à une idée : devenir chirurgien. « Moi, ce que je veux au fond, c’est soigner les gens. »

Iloni et Hajangoua renouent le dialogue

Selon une information rapportée par Mayotte La 1ère, des jeunes d’Iloni et d’Hajangoua se sont réunis samedi matin pour apaiser les tensions entre les deux villages. Cette rencontre visait à favoriser le dialogue et à permettre aux jeunes de circuler plus librement entre les deux villages, après une période marquée par des violences et des rivalités. Des élus présents ont salué cette initiative et appelé à inscrire cette démarche dans la durée.

Après l’attaque d’une navette, les agents du CHM exercent leur droit de retrait

Après l’attaque d’une navette, les agents du CHM exercent leur droit de retrait

Plusieurs agents du Centre Hospitalier de Mayotte (CHM) ont exercé leur droit de retrait, ce jeudi 24 septembre au matin, pour dénoncer l’insécurité sur les routes après l’attaque, mardi soir, d’une navette transportant des professionnels hospitaliers entre Tsararano et Ouangani.

Vers 20 heures, le véhicule avait été pris pour cible et caillassé. Le conducteur avait tenté de faire demi-tour avant que la navette ne soit immobilisée dans un caniveau. Les occupants avaient alors dû quitter le véhicule pour se mettre à l’abri. Des effets personnels ont également été dérobés. Aucun blessé n’a été signalé.

Dans un communiqué, la direction du CHM condamne “avec la plus grande fermeté” ces faits et réaffirme son soutien aux agents concernés. Elle rappelle que la sécurité des professionnels de santé, y compris lors de leurs trajets, constitue une condition essentielle à l’exercice de leurs missions et à la continuité des soins sur le territoire. Le CHM estime que de tels actes peuvent directement affecter les conditions d’exercice des personnels et le fonctionnement du service public hospitalier.

Dès le signalement de l’agression, l’établissement indique avoir engagé les dispositions nécessaires pour accompagner les professionnels concernés et assurer le suivi de la situation avec les autorités compétentes. Les agents ont notamment été invités à effectuer les démarches auprès des forces de l’ordre, en particulier concernant les éventuels vols d’effets personnels. La direction assure rester “pleinement mobilisée” face aux situations susceptibles de porter atteinte à la sécurité de ses personnels.

Le droit de retrait exercé ce jeudi matin vient ainsi prolonger la réaction des personnels après cette nouvelle attaque visant un transport de professionnels hospitaliers. Il intervient alors que la question de la sécurisation des déplacements des agents du CHM fait régulièrement l’objet de discussions avec les autorités.

Le CCAS de Mamoudzou lance les inscriptions pour l’aide alimentaire du Ramadan 2027

Le CCAS de Mamoudzou lance les inscriptions pour l’aide alimentaire du Ramadan 2027

La Ville de Mamoudzou, par l’intermédiaire de son Centre communal d’action sociale (CCAS), ouvrira du 14 septembre au 13 octobre 2026 les inscriptions à l’aide alimentaire destinée au Ramadan 2027. Le dispositif prévoit l’attribution de bons alimentaires de 100 euros par foyer, dans la limite de 1 000 bénéficiaires. Il s’adresse aux personnes âgées de 60 ans et plus ainsi qu’aux personnes en situation de handicap, sous certaines conditions de ressources et de résidence. Les dossiers complets peuvent être déposés à la mairie annexe de M’tsapéré ou à celle de Kawéni, de 8 heures à 12 heures. Les demandes seront traitées dans l’ordre de réception des dossiers complets et dans la limite des places disponibles.

Les bénéficiaires seront informés par courrier en novembre 2026, tandis que la distribution des bons alimentaires est prévue en février 2027, au début du mois de Ramadan.

Un partenariat pour rapprocher l’Université de Mayotte et les entreprises

Un partenariat pour rapprocher l’Université de Mayotte et les entreprises

L’Université de Mayotte, Somagaz, Vivo Energy Mayotte et SIGMA ont signé, mercredi 23 septembre, une convention de partenariat pour renforcer les liens entre les étudiants et le monde professionnel. Conclu pour trois ans, l’accord prévoit notamment l’accueil d’étudiants en stage, des visites industrielles, des conférences et des journées de découverte des métiers. Il doit également favoriser le développement de projets de recherche appliquée dans les domaines de l’énergie, de l’environnement et de l’ingénierie. À travers cette coopération, les quatre partenaires souhaitent favoriser l’insertion professionnelle des étudiants, valoriser les compétences locales et rapprocher davantage la formation universitaire des besoins du territoire.

Lycée du Nord, les négociations se poursuivent sans reprise des cours

Lycée du Nord, les négociations se poursuivent sans reprise des cours
Au lycée du Nord, le rectorat appelle à la reprise des cours, mais les parents et personnels mobilisés maintiennent leur mouvement, le temps d’examiner les propositions formulées après plusieurs jours de négociations.

Alors que le rectorat appelle à la reprise des cours au lycée du Nord, à Mtsangadoua, les parents et personnels mobilisés ne se disent pas encore prêts à rouvrir l’établissement aux élèves. Après plusieurs jours de discussions, les négociations restent ouvertes, sans accord sur les moyens demandés.

La crise se poursuit au lycée polyvalent de la Cité du Nord, à Mtsangadoua. Après près de quatre semaines de mobilisation, les cours n’ont toujours pas repris avec les élèves. Si le rectorat, la direction de l’établissement et une partie des parents souhaitent un retour rapide en classe, les personnels et parents mobilisés estiment que les garanties demandées ne sont pas encore réunies.

Depuis le début de semaine, les positions apparaissent plus contrastées. L’intersyndicale, le groupe « La Voix des sans-voix » et le « Collectif des parents responsables pour la dignité » maintiennent leur mouvement. Ils demandent notamment des réponses sur les effectifs, les conditions matérielles d’accueil, les sanitaires, la restauration scolaire, la sécurité, les assistants d’éducation, les agents techniques et les équipements du plateau logistique.

Dans un communiqué daté du lundi 21 septembre, les organisations ont affirmé souhaiter une reprise des cours, tout en indiquant ne pas pouvoir reprendre le travail sans moyens supplémentaires et sans engagements concrets. Elles ont annoncé attendre une délégation du rectorat et demandé la tenue d’une nouvelle audience de la formation spécialisée en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail, la F3SCT, avant la fin du mois.

La députée interpelle le gouvernement

Lundi également, la députée de la deuxième circonscription de Mayotte, Anchya Bamana, a annoncé avoir échangé avec deux conseillers parlementaires du ministre de l’Éducation nationale. Elle a plaidé pour la conclusion d’un protocole de sortie de grève écrit, comprenant des engagements précis et un calendrier pour leur mise en œuvre, négocié entre le rectorat et les représentants mobilisés.

Dans un courrier adressé au Premier ministre, Sébastien Lecornu, la députée rappelle que les élèves du lycée du Nord ont déjà perdu environ un mois de cours depuis le début du mouvement, engagé le 31 août. Elle demande au chef du gouvernement d’intervenir afin que le ministère de l’Éducation nationale prenne les mesures nécessaires pour permettre une reprise de la scolarité dans des conditions normales.

Anchya Bamana demande également à connaître précisément les mesures prévues pour l’établissement ainsi que leur calendrier d’application. Elle alerte sur un possible élargissement de la crise à d’autres établissements de Mayotte et évoque la situation du lycée de Sada, où des enseignants ont exercé leur droit de retrait après des agressions signalées aux abords de l’établissement.

Mardi 22 septembre, une trentaine d’élèves sont entrés dans le lycée, sans qu’aucun cours ne soit assuré. Cette journée a illustré les divisions entre les parents. Une partie d’entre eux réclame la reprise des enseignements, notamment par crainte des conséquences pour les élèves qui préparent le baccalauréat. D’autres soutiennent la poursuite du mouvement aux côtés des personnels, jugeant les revendications nécessaires pour améliorer les conditions d’études.

Les organisations mobilisées contestent la représentativité du groupe de parents favorable à la reprise. Elles accusent le rectorat de s’appuyer sur ces divergences pour tenter de rouvrir l’établissement avant qu’un accord soit trouvé. Des parents favorables au retour en classe estiment, de leur côté, que les élèves ne doivent pas rester plus longtemps sans enseignement, alors que des enseignants non-grévistes sont présents dans l’établissement.

Plusieurs jours de négociations

Mercredi 23 septembre, une délégation du rectorat s’est rendue au lycée pour échanger avec les personnels et parents mobilisés. La rencontre, organisée de 9h40 à 15 heures, a réuni notamment le directeur académique adjoint des services de l’Éducation nationale, la directrice de cabinet de la rectrice et le directeur des ressources humaines.

Le rectorat a évoqué 69 heures supplémentaires hebdomadaires, deux contrats Parcours emploi compétences, quatre préfabriqués et entre sept et onze structures modulaires. Il a aussi été question de la réparation des sanitaires des élèves, de l’installation d’un modulaire destiné à accueillir de nouveaux sanitaires, d’une sollicitation de la délégation régionale académique à la formation professionnelle pour le plateau logistique et d’un travail avec la préfecture sur la sécurité des élèves, notamment dans le cadre des activités de kayak.

Les représentants mobilisés ont proposé d’accepter provisoirement des classes de seconde à 30 élèves, avec des dédoublements à venir, à condition que le rectorat s’engage à donner les moyens de revenir à 25 élèves par classe à la rentrée d’août 2027. Ils estiment ne pas avoir reçu de réponse satisfaisante sur cette demande, ni sur la restauration scolaire, les AED à temps plein, les recrutements, les agents techniques, les équipements logistiques et les heures nécessaires aux dédoublements.

Après trois jours de négociations, le rectorat a demandé quelques jours de réflexion. Les représentants des personnels et des parents mobilisés indiquent avoir pris le même temps pour examiner les propositions. Jeudi, des parents ont visité le lycée avec une délégation de la F3SCT afin de constater l’état de l’établissement et les difficultés soulevées dans le mouvement.

Les enseignants sont réunis du jeudi 24 au samedi 26 septembre pour travailler sur les projets pédagogiques, sans élèves. Le lycée reste fermé pendant cette période. Aucune date de reprise des cours n’a, à ce stade, été annoncée.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

“On ne gagnera pas ces combats seuls” : après les Assises de la sécurité, le défi de l’action collective

“On ne gagnera pas ces combats seuls” : après les Assises de la sécurité, le défi de l’action collective
Le préfet de Mayotte, Frédéric Poisot, aux côtés du Président du Département-Région Ben Issa Ousseni et du maire de Mamoudzou, Ambdilwahidou Soumaïla, pour le dernier jour de la deuxième édition des Assises de la Sécurité, ce 24 septembre 2026.

Après quatre jours d’échanges, de travaux et de rencontres avec les habitants, les deuxièmes Assises de la sécurité et de la citoyenneté se sont achevées ce jeudi 24 septembre. Si des avancées sont revendiquées depuis la première édition, les chiffres de la délinquance et des violences restent préoccupants. L’enjeu est désormais de transformer les propositions en engagements précis, coordonnés et suivis dans le temps, avec une attention particulière portée au terrain, aux jeunes et aux familles.

Quatre jours pour faire le bilan, confronter les constats et tenter de dégager des réponses communes. Les deuxièmes Assises de la sécurité et de la citoyenneté de Mayotte se sont achevées ce jeudi 24 septembre à l’hémicycle Younoussa-Bamana. Depuis lundi, élus, services de l’État, forces de sécurité, associations, acteurs économiques et habitants ont participé à quatre ateliers consacrés aux conflits intervillages et à la sécurité du quotidien, au droit au séjour, à l’aménagement du territoire et aux ruptures sociales et familiales. Des enquêtes citoyennes, des actions de terrain et un Village citoyen sont venus compléter les échanges.

Six ans après une première édition qui avait fait émerger 76 propositions, ensuite déclinées en un plan partenarial de 35 actions, le bilan reste perfectible. L’ambition affichée cette fois était donc de passer “des constats aux engagements”, avec des actions identifiées, des responsables désignés et des résultats mesurables.

« Des enseignements aux engagements »

Pour le maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaïla, la sécurité reste “la mère des batailles” à Mayotte. “Il n’y a pas de développement sans sécurité”, affirme-t-il, tout en refusant l’idée selon laquelle la situation serait devenue impossible à améliorer. “Il y a deux écoles : celle qui dit que c’est difficile, qu’il ne faut rien faire, que finalement ça ne sert à rien de réfléchir. Et puis il y a la seconde, qui est la mienne”. 

L’élu met également en avant les investissements engagés sur le terrain : extension de la vidéoprotection, rénovation de l’éclairage public et remise en état des équipements communaux après Chido. Le réseau de caméras, qui comptait 88 équipements avant le cyclone, doit ainsi atteindre près de 170 caméras avec le nouveau programme municipal. Côté éclairage, la Ville avait déjà engagé avant Chido un programme de rénovation portant sur plus de 1 300 luminaires dans les huit villages.

Ambdilwahedou Soumaïla note également que “les efforts commencent à porter leurs fruits”, évoquant une baisse de 10 % de certains faits de délinquance et de 31 % des violences crapuleuses. Des chiffres avancés lors de la plénière, qui devront être appréciés selon leur période et leur périmètre précis. Ambdilwahedou Soumaïla reconnaît lui-même que la situation reste loin d’être réglée. Il cite notamment les situations compliquées à Tsoundzou, Vahibé, Ongojou récemment mais aussi Tsararano, où le caillassage de la navette du CHM a provoqué le droit de retrait des agents.

Alors, quelle suite donner à ces Assises ? “La réussite ne se résumera ni au nombre de participants, ni au nombre d’ateliers tenus, ni au nombre de propositions”, prévient le maire. “Elle se mesurera à notre capacité collective à transformer ce qui a été dit en actions concrètes”.

« Le résultat n’est pas à la hauteur de nos attentes »

Le préfet Frédéric Poisot partage l’idée qu’il faut désormais passer à l’action, mais dresse un constat beaucoup plus sombre sur la situation actuelle. “On ne gagnera pas ces combats seuls”, lance-t-il. “Malgré les efforts que l’on peut consentir au quotidien, le résultat n’est pas à la hauteur de nos attentes”. 

Sur les huit premiers mois de l’année, il fait état d’une hausse de 20 % des atteintes à l’intégrité physique et de 75 % des violences sexuelles contre les femmes et les mineurs. “La réalité, c’est que cela augmente !”, constate-t-il.

Et le préfet veut élargir le regard. “Oui, il faut évoquer les sujets de violence sur la voie publique. Mais les violences intrafamiliales, à l’intérieur des domiciles, il faut aussi en parler”.

“On ne gagnera pas ces combats seuls” : après les Assises de la sécurité, le défi de l’action collective
“On ne peut pas se contenter de deux opérations et repartir”, a insisté Frédéric Poisot, à propos des opérations de police et de gendarmerie dans les quartiers principalement situés sur les hauteurs, indiquant une nouvelle opération Kingia en novembre.

Face aux agressions dont sont régulièrement victimes les forces de l’ordre, il rappelle que Mayotte reste le territoire français où celles-ci comptent le plus grand nombre de blessés. “On nous attaque avec des harpons, des tiges de métal qui traversent les carrosseries des véhicules”, décrit-il.

Malgré ce constat, le préfet veut aussi souligner les évolutions de la réponse publique. “Est-ce qu’on a progressé ? Est-ce qu’on a réussi ? La vérité, c’est que oui, on progresse”, assure-t-il, citant notamment la mobilisation accrue des forces sur le terrain.

Selon lui, police et gendarmerie sont désormais engagées dans des opérations hebdomadaires, de jour comme de nuit. Cette mobilisation s’est encore illustrée mercredi 23 septembre à Tsoundzou 1, où 87 policiers et gendarmes ont participé à une opération de sécurisation dans les quartiers d’habitat informel des hauteurs. Selon la préfecture, l’intervention visait notamment à interpeller les fauteurs de troubles, lutter contre l’immigration irrégulière et “percuter l’économie informelle”.

“Mères et familles, on ne se parle pas assez avec les familles qui ont des choses à nous dire”.

Concrètement, l’État annonce un renforcement de son action. Des effectifs supplémentaires doivent être mobilisés, de nouvelles opérations de terrain poursuivies, une brigade canine a été mise en place à Mamoudzou et une nouvelle brigade de gendarmerie doit voir le jour à Bandraboua-Dzoumogné. Une nouvelle opération à Kingia est également annoncée avant la fin de l’année.

“On ne peut pas se contenter de deux opérations et repartir”, prévient le préfet, qui défend une présence sur la durée. 

Mais Frédéric Poisot a aussi insisté sur une conception plus large de la sécurité. “On fait de la sécurité quand on est capable de proposer des équipements sportifs à des jeunes dans l’oisiveté”, estime-t-il. “Il faut les occuper ces jeunes, faire en sorte que leur enthousiasme sorte ailleurs que sur la route”.

Éducation, périscolaire, équipements, aménagement des quartiers : pour le préfet, la réponse doit donc agir bien avant l’intervention des forces de l’ordre. “Il faut les éduquer”, insiste-t-il, évoquant également l’érosion de certains repères et notamment du respect des anciens dans la société mahoraise.

Parler davantage avec les familles

C’est peut-être l’une des pistes les plus nouvelles avancées au cours de cette matinée de restitution. Pour Frédéric Poisot, les pouvoirs publics ne dialoguent pas suffisamment avec les familles.

“Mères et familles, on ne se parle pas assez avec les familles qui ont des choses à nous dire”, observe-t-il. Il propose donc, si les acteurs locaux y sont favorables, de créer des conseils de familles, réunissant notamment maires, associations et représentants de l’État. 

L’idée serait d’en faire un rendez-vous régulier. “Nous avons intérêt à nous retrouver avec les familles chaque trimestre”.

“On ne gagnera pas ces combats seuls” : après les Assises de la sécurité, le défi de l’action collective
Plus que jamais, cette deuxième édition des Assises de la sécurité aura mis en évidence la nécessité de prendre en compte chaque maillon de la chaîne pour lutter contre l’insécurité, à commencer par les familles qui vivent en première ligne.

Cette proposition rejoint directement les réflexions menées pendant les ateliers sur les ruptures sociales et familiales, la responsabilité parentale et la coéducation. Elle pose aussi une question centrale : comment faire en sorte que la réponse à l’insécurité ne repose pas uniquement sur les interventions policières, mais puisse également agir sur les causes et les parcours qui précèdent les violences ? 

Le préfet reconnaît lui-même la difficulté, “globalement, quand les forces de l’ordre s’en vont, les délinquants reviennent. Les habitants subissent toujours. Comment on fait ? J’ai l’intime conviction qu’on peut y arriver. Mais on n’y arrivera pas tout seuls”.

Des engagements à mettre en œuvre

Le président du Département, Ben Issa Ousseni, insiste lui aussi sur cette nécessité de mieux articuler les interventions. “Les efforts existent, mais doivent être mieux articulés. L’action publique doit être proche du terrain, au contact des réalités quotidiennes. Notre jeunesse doit être pleinement concernée”. 

La prochaine étape doit notamment passer par une charte d’engagement, présentée comme un véritable outil opérationnel et non comme un document symbolique. Le Département entend également travailler à la création d’un observatoire des violences et à une meilleure coordination entre les acteurs.

Attentive aux échanges, la députée Estelle Youssouffa n’a pas caché son exaspération face à ce qu’elle considère comme une réponse encore insuffisante au niveau de violence auquel la population et les forces de l’ordre sont confrontées. “La population demande une réponse à la hauteur de la violence à laquelle nous sommes confrontés”, affirme-t-elle. Derrière cette formule, l’élue pointe notamment les moyens et la capacité d’intervention des forces de l’ordre, régulièrement prises pour cible sur le terrain. “J’ai du mal à entendre : “On n’y arrive pas.” On n’y arrive pas quand on ne se donne pas les moyens”, lance-t-elle aux autorités, appelant à une réponse plus forte et à la hauteur de la situation.

La députée appelle également à “réfléchir à d’autres niveaux” de réponse. Elle revient notamment sur le renforcement du rôle des cadis, alors que, selon elle, le gouvernement a rejeté des mesures allant dans le sens d’une structuration de l’institution cadiale. “Il faut donner les moyens et faire preuve de cohérence !”.

Après quatre jours d’échanges, le diagnostic n’est donc pas totalement uniforme : des avancées sont mises en avant par les élus locaux, tandis que l’État rappelle que les violences restent en hausse sur plusieurs indicateurs. Mais un point semble faire consensus : la réponse ne pourra pas reposer sur un seul acteur, mais sur un ensemble de maillons.

Le préfet l’a résumé à sa manière. “J’ai l’intime conviction qu’on peut y arriver, mais on n’y arrivera pas tout seul”. Une conviction qui devra désormais se traduire, au-delà de la semaine des Assises, dans les quartiers, les services publics, les associations et les familles.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Kani-Kéli : Le Centre de santé Foundi Ali Malidi ouvre ses portes

Kani-Kéli : Le Centre de santé Foundi Ali Malidi ouvre ses portes

🎁 Article offert

Après des années d’attente, ce mardi 22 septembre marque une étape importante pour les habitants de Kani-Kéli avec l’inauguration du Centre de Santé Intercomminal Foundu Ali Malidi. Un projet porté par la Communauté de communes du Sud et la commune de Kani-Kali, en présence notamment du président de la CCSUD, du sous-préfet, secrétaire général adjoint, du vice-président de la Région Mayotte chargé de la solidarité, du directeur général de l’ARS Mayotte, ainsi que du maire de Kani-Kéli. Était également présent, Richard Lopez, directeur général d’Unono.

L’ouverture de ce centre de santé vise à répondre au manque de professionnels de santé et à limiter les déplacements des habitants de Kani-Kéli, jusqu’ici contraints de se rendre dans les communes voisines pour accéder à un médecin généraliste ou à un dentiste.

Flash Info : Combien de temps a-t-il fallu pour construire ce centre de santé  ?

Maïmouna MADI : C’est, en fait, un projet qui est assez ancien. À l’origine, il a été porté par la commune de Kani-Kéli, dès 2019. À l’endroit où se trouve aujourd’hui le centre, il y avait une ancienne école qui n’était plus utilisée, notamment parce qu’elle n’était plus aux normes.  La municipalité de l’époque avait donc le projet d’y créer une maison médicale. C’était un projet ambitieux, qui représentait également un investissement important. Il est aussi arrivé dans un contexte de réorganisation des intercommunalités, avec des compétences qui étaient progressivement définies, notamment en matière d’aménagement du territoire.

La commune de Kani-Kéli a ensuite transféré le projet à la Communauté de communes du Sud (CCSUD). Celle-ci a donc repris le projet, notamment afin de réaliser les travaux de rénovation et de réhabilitation du bâtiment, pour l’adapter à l’accueil d’une structure de soins.

À l’époque, le type de structure de soins n’était pas encore véritablement défini. Nous étions toujours sur l’idée d’une maison de santé, mais le projet a progressivement évolué. À partir de 2022, notamment avec l’obtention des premiers financements, dont celui de la préfecture, le projet a pris une nouvelle orientation. Il a finalement abouti à la création d’un centre de santé multidisciplinaire, avec l’objectif de répondre à plusieurs besoins de santé du territoire, notamment en matière de spécialistes, qui restent encore insuffisamment présents, en particulier dans le Sud.

F.I :  En termes de financement, quel a été le coût total du projet pour permettre la création de ce centre de santé ?  

M.M : Le coût total du projet s’élève à 645 674 euros. Le financement a été assuré principalement par l’État, qui a pris en charge une partie du projet, ainsi que par la Communauté de communes du Sud (CCSUD), qui a également mobilisé des fonds propres. De son côté, l’ARS a notamment financé l’ensemble de l’équipement médical installé aujourd’hui au sein du centre. Pour ce qui concerne les travaux, leur financement à donc été principalement assuré par l’État et la CCSUD.

F.I : Aujourd’hui, vous avez choisi de baptiser ce centre de santé en hommage à Foundi Ali Malidi. Qui était-il exactement, et pourquoi avoir choisi de lui rendre cet hommage ?

M.M : Le centre de santé a été baptisé en hommage à Foundi Ali Malidi. C’était une volonté de l’ancien maire de Kani-Kéli, qui avait proposé de donner son nom à cet établissement en raison de la place importante qu’il occupait dans la commune de Kani-Kéli. Foundi Ali Malidi était une personnalité très connue et respectée localement. Il incarnait notamment la sagesse et la transmission du savoir. À Mayotte, les Foundi sont des personnes reconnues pour leur rôle de transmission, pour les messages de bienveillance qu’elles portent et pour les valeurs qu’elles transmettent aux jeunes générations

Donner son nom au centre de santé prend donc également tout son sens : un centre de santé est un lieu où l’on prend soin du corps des personnes.

F.I : Ce centre de santé de proximité répond-il à un réel besoin de la population ?

M.M : C’était clairement un besoin, une demande, mais surtout une forte attente de la population. On nous interpellait régulièrement pour savoir : “ Quand est-ce que le centre va ouvrir ? Quand est-ce qu’on pourra avoir un médecin ? Quand est-ce qu’on pourra avoir accès à un spécialiste ? ”  Kani-Kéli est l’une des communes du sud de Mayotte où il y a très peu de professionnels de santé installés. Pourtant, le territoire est attractif, notamment sur le plan touristique, et des professionnels peuvent tout à fait y résider. Mais jusqu’à présent, il y avait très peu de structures de soins et de professionnels de santé en exercice dans la commune. La création de ce centre répond donc à une attente très forte de la population.

La population est forcément très enthousiaste et impatiente de pouvoir bénéficier de cette offre de soins de proximité. Désormais, les habitants auront un médecin à proximité. Jusqu’à présent, ils étaient souvent obligés de se déplacer jusqu’à Bouéni, Chiroungui, voire Bandrélé, simplement pour avoir accès à un médecin, notamment pour des consultations de premier recours.

C’est quand même dommage de devoir parcourir une telle distance pour consulter un médecin, alors qu’il s’agit de soins de proximité dont chacun peut avoir besoin au quotidien. Donc oui, dès l’ouverture du centre, les médecins ont déjà enregistré un nombre important de rendez-vous. C’est également le cas pour les soins dentaires, puisque l’accès à un dentiste est particulièrement difficile sur le territoire. Ce centre répond donc à une attente très forte de la population et permet surtout de rapprocher les professionnels de santé des habitants.

F.I : Le centre de santé est-il désormais pleinement opérationnel ? Combien de médecins généralistes et de dentistes vont y exercer ?

M.M :  Le centre est en activité depuis décembre 2025. Il n’avait pas encore été inauguré officiellement, notamment parce que nous étions aussi dans le contexte des élections municipales. Mais dès décembre 2025, les consultations ont commencé et les rendez-vous ont rapidement été pris, notamment pour les soins dentaires. Aujourd’hui, deux dentistes et deux médecins généralistes sont installés au sein du centre. Mais la vocation du centre est également d’accueillir d’autres professionnels de santé.

L’association Unono, qui assure aujourd’hui la gestion du centre, travaille en lien avec l’ARS pour élargir progressivement l’offre de soins. Nous souhaitons notamment pouvoir accueillir, à terme, des sages-femmes, des psychologues et, plus largement, développer la présence d’autres professionnels et de spécialistes afin de répondre au mieux aux besoins de la population.

Les accueillent se font sur rendez-vous sont : du lundi au jeudi de 7h à 16h, vendredi de 7h à 15 heures et le samedi de 7h à 12 heures.

Comores : accusée de blanchiment pour le parti au pouvoir, Exim Bank porte plainte

Comores : accusée de blanchiment pour le parti au pouvoir, Exim Bank porte plainte

🎁 Article offert

Arrivée aux Comores en 2007, la banque maintient toujours la version selon laquelle le parti au pouvoir n’y a jamais ouvert un compte bancaire qui aurait d’après l’ancien ministre de l’éducation vu transiter d’importantes sommes d’argent notamment en 2024, année durant laquelle un double scrutin se tenait, dont une présidentielle.

C’est finalement le 22 octobre prochain que l’audience prévue hier jeudi se tiendra. Appelé à s’expliquer après ses accusations de blanchiment visant le parti au pouvoir, l’ancien ministre de l’éducation, Mahamoud Salim Hafi, a demandé un renvoi. Selon son avocat, Maitre Kaambi Mze Soilihi, ce report va leur permettre de se préparer. Depuis samedi dernier, la formation politique du président Azali Assoumani, la convention pour le renouveau des Comores (Crc), est secouée par des allégations graves de blanchiment. L’auteur de celles-ci, qui n’est autre que l’ex-secrétaire général adjoint du gouvernement est désormais est donc sous le coup d’une procédure judicaire enclenchée par son parti dont il est toujours membre.

S’il est reconnu coupable par un tribunal, M Hafi pourrait écoper d’une peine de deux mois d’emprisonnement, ainsi qu’une amende maximale de 2000 euros, selon l’article 239 du code pénal. Mais ce n’est visiblement pas la seule action qui vise l’ancien directeur de la télévision nationale qui n’a pas encore dévoilé des preuves de ce qu’il avance. Mardi, Exim Bank Comores également citée pour avoir abrité le compte bancaire vers lequel transiteraient des fonds douteux, a aussi annoncé porter plainte à son tour. Dirigée actuellement par une directrice intérimaire, répondant au nom de Charafate Mohamed, l’institution bancaire estime que M Salim Hafi, s’est peut-être rendu coupable de diffamation et diffusion d’informations fausses et doit répondre devant la justice. La date de ce second volet n’a pour l’instant pas été communiquée.

Image de la banque écornée

« Nous vous avons convié aujourd’hui pour répondre de manière ferme et transparente, à des allégations publiques qui ont écorné l’image de la banque.  Nous sommes ici pour rétablir la vérité sur trois points importants. D’abord le parti Crc n’a jamais eu de compte dans nos livres et nous n’avons aucun document le prouvant« , a déclaré le 22 septembre, en conférence de presse, Charafate qui était jusqu’à récemment numéro 2 de cette banque, filiale d’Exim Bank Tanzanie. La successeur de Guy Rwaburindi, (démissionnaire après plus de huit ans), a ajouté qu’ils prenaient au sérieux les allégations les associant à des actes de blanchiment d’argent ou de corruption.

 » Car ces accusations s’attaquent directement à notre intégrité et à notre gouvernance et à la confiance de nos clients. Donc nous avons porté plainte et nous avons aussi informé notre régulateur, la Banque centrale de notre disponibilité à collaborer avec elle dans tous les contrôles qui s’imposent« , a assuré, la dirigeante d’Exim Bank, établie aux Comores depuis 2007 et qui remporte à Londres, voilà maintenant 5 ans, le prix  » banque de l’année aux Comores ». Sur le territoire national, Exim Bank dispose de 8 agences. Selon les révélations rendues publiques le week-end dernier, le compte bancaire du parti au pouvoir aurait connu des opérations financières importantes surtout en 2024 année, où les Comoriens étaient appelés aux urnes pour élire le président de l’Union et les trois Gouverneurs des îles. Le compte aurait été crédité de sommes qui dépasseraient le milliard de francs comoriens avant d’être débité de la moitié, la même année. En 2025, la Convention pour le renouveau des Comores (Crc) d’après toujours son accusateur, a vu transiter des millions de francs, virés dans le compte du parti avant d’atterrir ailleurs.

Silence banque centrale

Jusqu’ici silencieuse, la Banque Centrale des Comores (Bcc), a fini par réagir, hier.  » La Banque Centrale prend acte de ce démenti formel ainsi que de la décision d’Exim Bank Comores de recourir aux voies légales afin que les faits puissent, le cas échéant, être établis par les autorités compétentes« , indique la plus grande institution bancaire du pays dans un communiqué. « La Banque Centrale peut, lorsqu’elle l’estime nécessaire au regard de l’ensemble des missions d’inspection sur place, conformément aux pouvoirs qui lui sont conférés par les textes en vigueur décider de mener une mission d’inspection. Une telle décision relève de son appréciation souveraine dans le cadre de l’exercice de ses missions de surveillance« , poursuit la Bcc sans ouvrir la voie à une inspection. Pourtant, à entendre un banquier de la place, la sortie de ces révélations de blanchiment auraient dû donner lieu à une inspection de la Banque centrale.

 » Normalement dans un autre pays, il devait y avoir un contrôle afin de vérifier si Exim a manqué ou non à ses obligations de vigilance et de déclarations d’opérations suspectes. Ou sinon le parquet aurait pu ouvrir une information judiciaire en se saisissant du dossier car si le blanchiment n’a pas eu lieu à Exim, il aurait avoir lieu dans une autre banque« , croit savoir notre spécialiste, ayant opté pour l’anonymat et qui estime que cette affaire soulève une question importante sur le financement des partis politiques. En effet la loi sur les partis politiques en vigueur autorise les formations politiques à recevoir des dons provenant de l’extérieur, mais une opacité y a toujours régné.   » Le montant annuel de dons et libéralités éventuelles de source extérieure à l’Union des Comores provenant des personnes physiques et ou morale, destiné à un parti ou groupement de partis politiques ne doit en aucun cas dépasser la moitié du montant totale de ressources propre de ces partis ou groupement de partis politique » précise l’article 30 de la loi mentionnant que les modalités d’application de cette disposition seront fixées par voie règlementaire.

Le bémol, ces textes d’application n’existeraient toujours pas, selon un agent du ministre de l’intérieur en charge des élections. Toujours dans la même loi, il est également demandé aux partis ou groupements politiques de déposer leurs bilans comptables annuels à la chambre des comptes de la Cour suprême, au ministère de l’Intérieur et au ministère des finances. Mais d’après nos informations aucun parti politique ne dépose à la cour suprême son bilan. Une révélation qui en dit long sur l’absence de contrôle dans la gestion des finances au sein des partis politiques.

Mayotte accueille les Assises Outre-mer de la biodiversité les 29 et 30 septembre prochains

Mayotte accueille les Assises Outre-mer de la biodiversité les 29 et 30 septembre prochains

Les Assises Outre-mer de la biodiversité se tiendront les 29 et 30 septembre au Pôle d’Excellence Rurale de Coconi. Cette deuxième édition, co-organisée par le Département-Région de Mayotte et idealCO, réunira les acteurs engagés dans la préservation de la biodiversité des territoires ultramarins.

L’objectif est de mettre en commun les expériences et les initiatives menées dans les différents territoires, mais aussi de travailler à des solutions concrètes pour mieux préserver les milieux naturels face aux enjeux climatiques. Les échanges doivent notamment permettre de renforcer la coopération entre les acteurs et de favoriser la mise en œuvre des politiques publiques en matière de biodiversité, d’eau et de déchets.

La première journée sera consacrée aux Assises, en parallèle de l’événement national organisé à Tours. Le 30 septembre, des visites de sites permettront de présenter plusieurs initiatives locales et de mettre en avant les richesses naturelles de Mayotte.

À Dembéni, les plantes et le hip-hop se rencontrent pour les Journées du patrimoine

À Dembéni, les plantes et le hip-hop se rencontrent pour les Journées du patrimoine

Pour les Journées européennes du patrimoine, le Conservatoire botanique national et CPIE de Mascarin et l’association Hip Hop Evolution ont proposé, pour la première fois, une programmation mêlant découverte de la flore, pratiques artistiques et patrimoine. Organisée les 18, 19 et 20 septembre au Paradis des Makis, à Dembéni, l’initiative a accueilli 212 visiteurs, parmi lesquels des scolaires et du grand public.

Une balade botanique autour de l’arboretum permettait notamment de découvrir les plantes du site au fil de plusieurs performances artistiques, avant une visite de la pépinière. Des ateliers de cyanotype, de danse, de dessin, des jeux éducatifs et une fresque collaborative étaient également proposés aux visiteurs. Des projections revenaient en continu sur les activités menées par Hip Hop Evolution et le Paradis des Makis.

Une partie de l’exposition était consacrée aux travaux réalisés par 16 jeunes de l’association Lil’Stylz, à Kahani. Accompagnés pendant une semaine en août par Hip Hop Evolution et le Conservatoire botanique, ils ont travaillé autour de deux thèmes retenus pour les Journées européennes du patrimoine 2026 : le bicentenaire de la photographie et le patrimoine en péril. Photos, illustrations, slams, poèmes et cyanotypes réalisés durant ce séjour étaient présentés au public.

Au-delà de ces trois journées, cette collaboration doit aussi servir de première étape à un projet de jardin botanique et artistique au Paradis des Makis. L’idée est d’y associer à terme découverte de la flore, création artistique et cultures urbaines, avec un travail de sensibilisation autour de la préservation des espèces végétales de Mayotte.

Abdoul Kamardine conserve la présidence du conseil d’administration du SDIS

Abdoul Kamardine conserve la présidence du conseil d’administration du SDIS

Le nouveau Conseil d’administration du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de Mayotte a été installé jeudi 10 septembre à Kawéni. Le siège du président n’étant pas en jeu, Abdoul Kamardine conserve la présidence du CASDIS. Soihirat Elhadad devient première vice-présidente, Abdou Lihariti Antoissi deuxième vice-président et Rosette Vitta troisième vice-présidente.

Cette installation intervient alors que les sapeurs-pompiers sont fortement sollicités par les feux de végétation. Le week-end des 29 et 30 août, 13 incendies avaient été recensés sur le territoire. Parmi les plus importants, celui parti de Barakani et propagé jusqu’à Chiconi avait brûlé environ 25 hectares et mobilisé 59 pompiers, neuf véhicules, un hélicoptère bombardier d’eau et un drone. À Bouéni, cinq hectares avaient également été touchés.

La pression reste importante en septembre. Au début du mois, le SDIS faisait état de trois à quatre feux à traiter chaque jour et jusqu’à six ou sept interventions certains week-ends. Le 20 septembre, plusieurs incendies simultanés à Ironi Bé, Vahibé et Longoni avaient encore fortement mobilisé les moyens disponibles.

Lors de cette séance, les membres du conseil ont également procédé à l’élection des différentes commissions et examiné plusieurs rapports, tous adoptés à l’unanimité. La réunion s’est tenue en présence notamment de Camille Dagorne, directrice de cabinet du préfet de Mayotte, et du colonel Patrick Clerc, directeur départemental et chef de corps du SDIS.

Huit mineurs interpellés après les violences de lundi près du lycée de Pamandzi

Huit mineurs interpellés après les violences de lundi près du lycée de Pamandzi

Huit mineurs ont été interpellés à la suite de violences survenues aux abords du lycée de Pamandzi dans la matinée du lundi 21 septembre, a annoncé la gendarmerie de Mayotte ce mercredi.

Les faits se sont déroulés dans un contexte de tensions entre quartiers. Déployées sur place, les forces de l’ordre ont mis fin aux affrontements, rétabli le calme et sécurisé le secteur. Les huit jeunes arrêtés sont soupçonnés d’avoir pris part aux incidents.

« La Gendarmerie nationale réaffirme sa détermination à garantir la sécurité des personnes et des biens, et à faire respecter la loi face aux troubles à l’ordre public », souligne-t-elle.

La Taverne à Chirongui fermée 25 jours pour travail illégal

La Taverne à Chirongui fermée 25 jours pour travail illégal

La préfecture a ordonné la fermeture administrative de La Taverne, à Chirongui, pour une durée de 25 jours. L’arrêté, signé le 7 septembre, et publié ce mardi 23 septembre, sanctionne plusieurs irrégularités relevées dans l’emploi de deux salariées de l’établissement.

Lors d’un contrôle mené le 12 novembre 2025 par la gendarmerie et la DEETS, les agents avaient constaté que deux salariées, employées au service et en cuisine, n’avaient pas été régulièrement déclarées au moment de leur embauche. Pour l’une d’elles, la préfecture relève également l’absence d’autorisation lui permettant d’exercer une activité salariée en France.

Depuis, l’établissement a régularisé sa situation. Un contrôle ultérieur n’a relevé aucun nouveau manquement de même nature, ce que l’administration dit avoir pris en compte pour fixer la fermeture à 25 jours.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes