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De Mayotte à La Réunion : les acteurs locaux mettent le cap sur « VEEZIT », l’événement phare du tourisme de l’océan Indien

De Mayotte à La Réunion : les acteurs locaux mettent le cap sur « VEEZIT », l'événement phare du tourisme de l’océan Indien

L’Agence d’attractivité et de développement touristique de Mayotte (AaDTM) et les offices de tourisme du territoire participent au salon VEEZIT de l’océan Indien, qui se tient du 5 au 7 juin à Saint-Denis de La Réunion. Véritable vitrine du tourisme et des loisirs dans la zone océan Indien, cet événement représente une opportunité pour Mayotte de se positionner parmi les prochaines destinations de vacances prisées de la région. Plus de 10 000 visiteurs y sont attendus.

Cette année, l’AaDTM sera accompagnée des cinq offices de tourisme de l’île : la CADEMA, l’Office de tourisme de Petite-Terre, la 3CO ainsi que les offices de tourisme du Nord et du Sud. Cette mobilisation collective illustre la volonté des acteurs locaux de promouvoir une offre touristique harmonisée afin de renforcer l’attractivité du territoire à l’échelle régionale.

Il s’agit d’un rendez-vous incontournable où le public pourra découvrir ou redécouvrir l’île au lagon. Si Mayotte s’impose progressivement dans le paysage touristique régional, elle demeure une destination pleine de surprises, avec des richesses parfois insoupçonnées. Les visiteurs pourront ainsi explorer des facettes inédites de l’île, encore peu connues sur le marché réunionnais.

L’agence espère également mettre en lumière la filière touristique mahoraise et contribuer à l’amélioration de la qualité de l’accueil sur le territoire. L’objectif est de promouvoir une vision durable du tourisme à Mayotte et de démontrer tout le potentiel de la destination.

Cette participation vise aussi à favoriser les échanges économiques, à renforcer les liens entre La Réunion et Mayotte et à dynamiser les flux touristiques au sein de l’espace indianocéanique.

Le salon VEEZIT : un avant-goût de l’évasion

Madagascar, Mayotte, les Seychelles, la Thaïlande ou encore Rodrigues, invitée d’honneur de cette édition, seront tous au rendez-vous.

Pour rappel, plus de 150 professionnels du secteur seront présents, parmi lesquels des agences de voyages, des hôteliers, des transporteurs et des offices de tourisme. L’événement proposera également une activité ludique : une chasse au trésor, avec à la clé des billets d’avion et des nuits d’hôtel à gagner.

Les visiteurs pourront découvrir un grand marché artisanal mettant à l’honneur le savoir-faire et les créations 100 % faites main. Ils auront également la possibilité de se restaurer dans le Food Court, un espace regroupant plusieurs enseignes de restauration ainsi qu’un espace barista.

Enfin, un programme de conférences et de tables rondes permettra d’analyser les tendances qui façonnent le tourisme de demain, notamment l’impact de l’intelligence artificielle sur le secteur.

Le salon VEEZIT battra son plein à la NORDEV, à Saint-Denis, du vendredi au dimanche, de 9 h à 18 h. L’entrée est fixée à 3 € pour les adultes et demeure gratuite pour les enfants de moins de 12 ans.

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Comores : deux sociétés étrangères condamnées dans l’affaire de « Ponzi »

Comores : deux sociétés étrangères condamnées dans l’affaire de « Ponzi »

Le jugement rendu en première instance fin mai a condamné solidairement trois entreprises, dont Huawei Technologies, basée à Maurice, à verser 500 millions de francs comoriens à une vingtaine de personnes qui avaient investi des sommes considérables dans l’espoir de percevoir des intérêts en retour.

Deux ans après son dernier jugement au pénal, l’affaire dite de « Ponzi », révélée en avril 2023, se retrouve à nouveau devant le tribunal de première instance de Moroni, statuant en matière civile et en premier ressort. Celui-ci a rendu, le 26 mai, une décision condamnant Nazra Said Hassani, qui avait organisé une vaste opération d’escroquerie, à rembourser ses anciens clients. Mais cette fois-ci, elle n’est pas seule.

À l’issue d’une série d’audiences ouvertes depuis septembre 2024, la justice a également ordonné à deux entreprises étrangères, dont Huawei Technologies, basée à Maurice, de payer solidairement les sommes investies par vingt clients à l’origine de cette action judiciaire, selon une décision consultée par Flash Infos. Ces derniers sont en majorité des employés de la société nationale Comores Telecom.

La décision a ainsi accordé aux requérants la somme de 500 millions de francs comoriens (environ 1 million d’euros). Ce montant inclut également les intérêts promis.

L’affaire Nazra avait tenu le pays en haleine après l’arrestation de cette femme à Madagascar, en compagnie de son mari et de leur fils. Elle a ensuite été condamnée, le 25 décembre 2023, par le tribunal correctionnel à une peine de trois ans de prison ferme pour avoir organisé une opération s’apparentant à une pyramide de Ponzi, au point d’être surnommée la « Madoff comorienne ». Elle a depuis purgé sa peine.

Lors de son procès devant le tribunal correctionnel, au terme duquel douze autres coaccusés avaient été relaxés, il a été révélé que Nazra utilisait sa société personnelle dénommée Halfastyles, spécialisée dans l’habillement et les tenues vestimentaires. Pendant quatre années d’activité, de 2019 à 2023, le préjudice s’élevait à plus de 4 millions d’euros.

Des intérêts alléchants

Pour amadouer ses victimes, elle promettait des intérêts d’au moins 10 % et se serait servie de ses partenariats avec Huawei Technologies Mauritius et Green Building Engineering Co. Ltd SA, condamnées avec elle le 26 mai, pour attirer davantage de clients.

D’après Maître Hadji Chaabani, l’un des trois avocats des victimes, ses clients signaient des contrats avec Nazra Said Hassani, gérante de Halfastyles et Halfate Imports, afin de placer leurs capitaux.

« Dans les contrats signés entre la société de Nazra et les clients ayant placé de l’argent, nous avons constaté des traces de virements et de transactions au profit de l’entreprise Huawei, basée à Maurice, pour le dédouanement de matériels et de marchandises. La contrepartie reposait sur le remboursement des capitaux assortis d’intérêts », a indiqué l’avocat, engagé notamment par Yaticki Mahamoud Djazila.

Le jugement révèle également que, parmi les vingt et une personnes réclamant la restitution de leurs fonds, certaines ont investi individuellement jusqu’à 100 millions de francs comoriens. Un cadre de Comores Telecom a, par exemple, investi 89 millions de francs comoriens, soit environ 180 937 euros, avec des intérêts attendus de 52 858 euros. Mais ni le capital ni les intérêts ne leur seront finalement versés.

Pour appuyer leurs demandes, les requérants ont expliqué que Nazra, cogérante de Green Building Engineering Co. Ltd SA (CRGB) et par ailleurs salariée du partenaire local de Huawei à Moroni, les avait convaincus en affirmant que l’entreprise chinoise rencontrait des difficultés pour dédouaner ses marchandises et qu’elle avait besoin de monnaie locale.

« Ils expliquent que, compte tenu de ces fonctions et de l’espérance qu’elle a fait naître en eux, les investisseurs lui ont remis des montants conséquents, d’autant plus que Nazra leur faisait miroiter un retour sur investissement pouvant atteindre 50 % du montant injecté sur une période de quinze à trente jours », peut-on lire dans le jugement.

À noter qu’après l’éclatement de cette affaire en avril 2023, Huawei s’était défendue de toute implication, allant jusqu’à accuser Nazra de « faux et usage de faux ».

Ils s’auto-accusent ?

Dans leurs conclusions remises au tribunal de première instance, les avocats de Huawei et de Green Building Engineering Co. Ltd SA (CRGB), société active dans le concassage et la construction, avaient demandé le rejet des requêtes des vingt plaignants, dont douze femmes, en soutenant qu’aucun contrat ne les liait ni aux requérants ni à Nazra Said Hassani.

Contacté, le conseil de la société CRGB a indiqué ne pas avoir encore pris connaissance du jugement.

L’avocat de Nazra Said Hassani, Maître Idrisse Mze Mogne, a pour sa part soulevé plusieurs vices de procédure.

« Ils n’ont pas signifié l’assignation à Nazra, mais l’ont déposée dans mon cabinet, oubliant que l’intéressée dispose d’un domicile. Je ne l’ai défendue que dans le cadre de la procédure pénale », a-t-il déclaré, se disant étonné que des personnes relaxées engagent aujourd’hui une procédure civile.

« Ils étaient mis en examen dans cette affaire au même titre que Nazra avant d’être relaxés, ce qui signifie qu’ils n’ont commis aucune infraction. Aujourd’hui, ils introduisent une action civile pour obtenir réparation. Ils vont donc s’auto-accuser. C’est tout de même étrange », estime Maître Idrisse, qui annonce que sa cliente envisage à son tour de porter l’affaire devant la justice pénale.

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Une élue départementale renvoyée devant la justice

Une élue départementale renvoyée devant la justice

L’affaire prend désormais une tournure judiciaire. Après son placement en garde à vue mardi, la conseillère départementale Farianti M’Dallah a reçu une convocation devant le tribunal correctionnel de Mamoudzou. Elle y comparaîtra le 20 octobre prochain aux côtés du co-gérant de son commerce, dans le cadre d’une procédure portant sur plusieurs infractions présumées liées à la gestion de leur entreprise.

Selon les informations communiquées par le parquet, les deux prévenus devront répondre de faits de travail dissimulé, d’abus de biens sociaux ainsi que de faux et usage de faux en écriture privée. Les investigations menées par les services de police auraient notamment mis en évidence l’emploi d’un ressortissant étranger en situation irrégulière au sein de l’établissement concerné.

Les poursuites engagées dépassent toutefois la seule question de l’emploi illégal. La justice reproche également aux dirigeants de l’entreprise d’avoir utilisé des ressources de la société d’une manière contraire à ses intérêts, ce qui pourrait constituer un abus de biens sociaux. Cette infraction vise généralement des actes réalisés au profit personnel des responsables ou au bénéfice d’une autre structure, au détriment de l’entreprise elle-même.

Le dossier comporte également un volet relatif à la falsification présumée de documents. L’infraction de faux et usage de faux en écriture privée concerne la création, l’altération ou l’utilisation d’un document destiné à faire valoir un droit ou à établir un fait de manière frauduleuse. Contrairement au faux en écriture publique, qui touche notamment les actes administratifs ou judiciaires officiels, les faits reprochés dans cette affaire relèvent de documents privés.

L’audience du 20 octobre devra permettre au tribunal d’examiner l’ensemble des éléments recueillis au cours de l’enquête et de déterminer les responsabilités de chacun. En attendant cette échéance, la conseillère départementale, également cheffe d’entreprise, demeure présumée innocente des faits qui lui sont reprochés.

Hygiène : fermeture administrative de la boulangerie-pâtisserie Super Kagna à Bandrélé

Hygiène : fermeture administrative de la boulangerie-pâtisserie Super Kagna à Bandrélé

La boulangerie-pâtisserie Super Kagna, située au 670 boulevard Moida Saïd à Bandrélé, fait l’objet d’une fermeture administrative immédiate pour des raisons sanitaires. Cette décision fait suite à une inspection ayant révélé plusieurs anomalies majeures et moyennes nécessitant des corrections urgentes.

L’établissement ne pourra rouvrir qu’après vérification sur place, par les agents de la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DAAF) de Mayotte, de la mise en conformité complète des mesures correctives exigées.

Le non-respect de cet arrêté expose l’exploitant à des sanctions pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Le niveau d’hygiène de l’établissement, classé « À corriger de manière urgente », sera publié sur le site Alim’Confiance.

Les lauréats des Olympiades scientifiques 2026 mis à l’honneur

Les lauréats des Olympiades scientifiques 2026 mis à l’honneur

L’académie de Mayotte organisera, ce mercredi 3 juin 2026 à partir de 13h30 au lycée des Lumières à Mamoudzou, la cérémonie académique de remise des prix des Olympiades scientifiques 2026.

L’événement distinguera les élèves lauréats des Olympiades de mathématiques. Cette édition revêtira également une dimension élargie avec la mise à l’honneur des élèves récompensés dans les Olympiades de Géosciences et de Biologie.

Cette cérémonie sera l’occasion de saluer l’engagement des élèves, de leurs enseignants ainsi que des partenaires mobilisés pour promouvoir les sciences, la culture scientifique et l’excellence scolaire à Mayotte.

Les Archives départementales mettent à l’honneur le patrimoine et le mrenge pour la Semaine internationale des archives

Les Archives départementales mettent à l’honneur le patrimoine et le mrenge pour la Semaine internationale des archives

Les Archives départementales de Mayotte participent à la Semaine internationale des archives, célébrée autour du 9 juin, avec une programmation riche et ouverte à tous, du 9 au 14 juin 2026, à l’hémicycle Younoussa Bamana.

Pour cette cinquième édition, deux journées seront dédiées aux professionnels des services publics. Un séminaire stratégique se tiendra le mardi 9 juin à destination des directeurs du Département-Région, consacré aux enjeux de l’archivage public. Le mercredi 10 juin au matin, une rencontre professionnelle réunira archivistes, référents archives des collectivités, agents du Département-Région et de l’État, de 8h30 à 12h30.

Du 12 au 14 juin, le grand public est invité à découvrir une exposition inédite consacrée au mrenge, art martial traditionnel mahorais aujourd’hui menacé d’oubli, ainsi qu’une sélection de documents patrimoniaux autour du thème « justice : droits, mémoire et avenirs ». Présentée de 8h30 à 16h00, l’exposition est en entrée libre, avec accueil des scolaires et associations sur réservation.

À travers cette programmation, les Archives départementales de Mayotte réaffirment leur engagement en faveur de la préservation et de la valorisation du patrimoine documentaire de l’île.

Le conseil d’Etat fustige la lenteur de la justice administrative à Mayotte

Le conseil d’Etat fustige la lenteur de la justice administrative à Mayotte

La plus haute juridiction administrative a rendu jeudi 28 mai une impressionnante série de 24 décisions condamnant l’Etat à raison des lenteurs avec lesquelles est rendue la justice à Mayotte. Analyse.

La lenteur des procédures juridictionnelles, devant les juridictions judiciaires ou administratives, est un fléau qui suscite le mécontentement des Français et nourrit une véritable défiance à l’égard des institutions républicaines. Obtenir un jugement des années après la survenance d’un litige constitue pour les justiciables une profonde injustice que le droit a tenté d’atténuer, en exigeant que les procès se déroulent dans un « délai raisonnable », selon les termes de l’article 6 § 1 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Le droit d’obtenir un jugement et son corollaire, le droit d’obtenir l’exécution de ce jugement, dans un délai raisonnable font désormais partie des droits fondamentaux du justiciable et sont à ce titre une garantie fondamentale de bonne justice. « Justice delayed is justice denied », rappelle en effet un adage anglais (« justice différée est justice refusée »).

Or, si cette exigence s’impose au service public de la justice, quelle que soit la matière, civile, pénale ou administrative, les lenteurs n’ont pas disparu et elles ont souvent pour origine l’insuffisance des moyens humains et matériels alloués à ce service public, l’encombrement des juridictions, ou l’avancement insuffisamment rapide du procès. Ce fonctionnement défectueux du service public de la justice est susceptible d’engager la responsabilité de l’Etat, indépendamment de toute faute.

C’est ce qu’a rappelé le conseil d’Etat à l’occasion d’une série de vingt-quatre arrêts rendus le jeudi 28 février. Il est assez rare qu’il y ait le même jour autant de décisions à propos des dysfonctionnements d’une seule juridiction, en l’occurrence le tribunal administratif de Mayotte. Les principes rappelés par les juges du Palais-Royal, qui fustigent les délais de ces procédures administratives à Mayotte, n’en ont que plus d’importance.

Ces vingt-six décisions contiennent toutes deux considérants de principe, rédigés en termes similaires. Ainsi le conseil d’Etat commence-t-il par rappeler : « Il résulte des principes généraux qui gouvernent le fonctionnement des juridictions administratives que les justiciables ont droit à ce que leurs requêtes soient jugées dans un délai raisonnable. Si la méconnaissance de cette obligation est sans incidence sur la validité de la décision juridictionnelle prise à l’issue de la procédure, les justiciables doivent néanmoins pouvoir en faire assurer le respect. Ainsi, lorsque la méconnaissance du droit à un délai raisonnable de jugement leur a causé un préjudice, ils peuvent obtenir la réparation de l’ensemble des dommages, tant matériels que moraux, directs et certains, ainsi causés par le fonctionnement défectueux du service public de la justice. Le caractère raisonnable du délai de jugement d’une affaire doit s’apprécier de manière à la fois globale, compte tenu, notamment, de l’exercice des voies de recours, particulières à chaque instance, et concrète, en prenant en compte sa complexité, les conditions de déroulement de la procédure et, en particulier, le comportement des parties tout au long de celle-ci, mais aussi, dans la mesure où la juridiction saisie a connaissance de tels éléments, l’intérêt qu’il peut y avoir, pour l’une ou l’autre, compte tenu de sa situation particulière, des circonstances propres au litige et, le cas échéant, de sa nature même, à ce qu’il soit tranché rapidement. Lorsque la durée globale de jugement n’a pas dépassé le délai raisonnable, la responsabilité de l’Etat est néanmoins susceptible d’être engagée si la durée de l’une des instances a, par elle-même, revêtu une durée excessive. » (considérant 2 des 24 décisions)

C’est là un rappel que l’exigence du délai raisonnable, qualifiée de « principe général » gouvernant le fonctionnement des juridictions administratives, s’apprécie dans chaque affaire de manière concrète (« in concreto », disent les juristes), au regard d’un certain nombre de critères (complexité du litige, diligences des parties, office du juge dans le déroulement de l’instance), et de manière globale, en considération de la durée de l’ensemble de la procédure. Avec la précision que, si la durée globale du procès peut être considérée comme raisonnable, l’une des instances de celui-ci peut voir sa durée excessive qualifiée de déraisonnable, portant donc atteinte à un droit fondamental du justiciable et engageant de ce fait la responsabilité de l’Etat.

Puis, poursuivent les juges de la 4e chambre du conseil par un second considérant de principe commun à toutes les décisions : « Il résulte également des principes généraux qui gouvernent le fonctionnement des juridictions administratives que, si la responsabilité de l’Etat est susceptible d’être engagée en raison du fonctionnement défectueux du service public de la justice, un délai excessif dans l’exécution d’une décision juridictionnelle engage, en principe, la responsabilité de la personne à qui incombait cette exécution. Lorsque la carence de cette personne donne lieu à une procédure juridictionnelle d’exécution, celle-ci doit être jugée dans un délai raisonnable, une durée de jugement excessive étant susceptible d’engager la responsabilité de l’Etat en raison du fonctionnement défectueux du service public de la justice. La durée globale de jugement, en vertu des principes rappelés au point précédent, est à prendre en compte jusqu’à l’exécution complète de ce jugement. » (considérant 3 des 24 décisions)

Là encore, ce rappel est le bienvenu : la durée du procès ayant permis d’obtenir une décision définitive n’est pas seule à devoir être prise en compte pour juger du respect de ce délai raisonnable. Il faut aussi envisager la durée nécessaire à l’exécution du jugement, tant il est vrai qu’une décision de justice inexécutée équivaut à un déni de justice. Comme l’avait énoncé la Cour européenne des droits de l’homme dans l’un de ses grands arrêts, dans l’affaire Hornsby contre Grèce du 19 mars 1997, « ce droit [au recours juridictionnel] serait illusoire si l’ordre juridique interne d’un Etat contractant permettait qu’une décision judiciaire définitive et obligatoire reste inopérante au détriment d’une partie ». A ce titre, les procédures d’exécution sont elles aussi soumises aux exigences du procès équitable et doivent répondre à l’exigence de célérité de la justice.

Les vingt-quatre affaires soumises au conseil d’Etat étaient similaires. Des professeurs de l’enseignement secondaire public avaient en mai, juin et juillet 2019 demandé au tribunal administratif de Mayotte d’annuler pour excès de pouvoir des décisions implicites par lesquelles le vice-recteur de Mayotte avait rejeté leur demande de versement d’un complément de l’indemnité de remboursement partiel de loyer au titre d’une affectation dans l’île, complétée par des demandes d’injonction faite à l’Etat de leur verser la somme à ce titre et de réparation du préjudice subi du fait de cette décision implicite du vice-recteur. Dans des ordonnances rendues les 29 janvier (9 décisions), 3 février (7), 19 février (1), 8 mars (2), 12 mars (1), 26 mars (2), et 1er avril 2021 (2), le président du tribunal administratif de Mayotte avait rejeté ces requêtes. Le conseil d’Etat a par la suite, le 23 septembre 2022, annulé les décisions du président du tribunal administratif de Mayotte et renvoyé l’affaire devant ce tribunal. Laquelle juridiction a enfin, le 30 décembre 2025, annulé les décisions implicites du vice-recteur de l’académie de Mayotte et condamné l’Etat à verser aux requérants diverses sommes à titre de complément de l’indemnité de remboursement partiel de loyer. Dans l’intervalle, les requérants avaient en février ou mars 2023, c’est-à-dire après les premières décisions de 2022 du conseil d’Etat, sollicité du juge des référés du tribunal administratif de Mayotte le versement d’une provision sur le fondement de l’article R 541-1 du code de justice administrative, prévoyant l’allocation par le juge de l’urgence d’une telle provision « lorsque l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable ». Par des décisions d’octobre 2023, le juge des référés du tribunal administratif de Mayotte avait rejeté ces demandes. Saisie d’un appel, le juge administratif des référés de la cour administrative d’appel de Bordeaux avait annulé ces ordonnances, par une série de décisions de février 2024, avant de procéder à la liquidation provisoire de l’astreinte prononcée, par une autre série de décisions rendues en septembre et octobre 2024, mais en refusant une nouvelle demande de liquidation en septembre 2025 ou, à la même date, une demande d’exécution des premières ordonnances rendues – à l’exception de deux décisions du 21 janvier 2026 ayant admis la liquidation provisoire de l’astreinte (arrêts n° 510466 et n° 510559).

Les justiciables ont en conséquence saisi en décembre 2025 le conseil d’Etat afin de faire condamner l’Etat à raison de la durée excessive des procédures engagées devant la juridiction administrative mahoraise dans le cadre des litiges les opposant au recteur de l’académie de Mayotte.

Durée déraisonnable de la procédure administrative

Par ces vingt-quatre décisions du 28 mai 2026, la haute juridiction administrative accorde une satisfaction partielle aux requérants et condamne l’Etat pour manquement à l’exigence du délai raisonnable de la procédure. Le conseil d’Etat estime que le « délai global de jugement », variant selon les affaires de 6 ans, 3 mois et 27 jours (arrêt n° 510538) à 6 ans, 10 mois et 10 jours (arrêt n° 510532) pour la procédure au fond, « n’apparaît pas excessif », ce qui ne manquera pas de laisser le citoyen-justiciable quelque peu perplexe devant une telle lenteur procédurale, de nature à porter atteinte à la crédibilité et à la fiabilité de la justice.

De même le conseil d’Etat ne considère-t-il pas que la durée globale des procédures de référé-provision, qui a pu aller d’un an et 17 jours (arrêt n° 510492) à 2 ans, 10 mois et 21 jours (arrêts n° 510466 et n° 510559), la moyenne de la durée pour les 24 affaires s’élevant à un peu plus de 1 an et 11 mois, ait pu excéder un délai raisonnable, ce qui laisse là encore songeur. L’allocation en référé d’une provision, dans l’attente d’une solution du litige au fond, est un moyen de protéger le justiciable bénéficiaire d’une obligation qui n’est pas sérieusement contestable. Or cet instrument garantissant une protection juridictionnelle provisoire perd tout son sens, et même sa raison d’être, si la durée pour l’obtention d’une décision provisionnelle est inutilement long, tant pour la fixation du montant de la provision que pour sa bonne exécution de la décision à laquelle contribue l’astreinte. La nature du litige, tout comme son enjeu particulier pour les justiciables, aurait pu conduire à une solution différente, de manière que fût garantie le droit à l’obtention d’une décision provisoire dans un délai raisonnable, nécessairement bref s’agissant d’une procédure d’urgence.

En revanche, les magistrats du Palais Royal considèrent, dans les vingt-quatre décisions, que la durée de l’instance devant le tribunal administratif de Mayotte, après renvoi du conseil d’Etat, de « 3 ans, 3 mois et 7 jours » a été largement excessive, ce alors que « le litige en cause ne présentait pas de difficulté particulière, eu égard notamment au motif d’annulation de l’ordonnance (…) du président de la 2e chambre du tribunal administratif de Mayotte retenu par le conseil d’Etat », selon la formule retenue dans les vingt-six arrêts. En conséquence, les requérants étaient fondés « à soutenir que (leur) droit à ce que (leur) cause soit entendue dans un délai raisonnable a été méconnu » et, en conséquence, « demander, pour ce motif, la réparation du préjudice (…) subi de ce fait ». Une manière de pointer la défaillance de la juridiction administrative, pour le temps qu’elle a mis à apporter une solution à ces différentes affaires après le renvoi par le conseil d’Etat : la simplicité du litige, après les décisions de septembre 2022 de la haute juridiction administrative, ne justifiait pas une telle lenteur au détriment des justiciables. Le délai était au demeurant sans commune mesure avec celui d’ordinaire observé devant la juridiction mahoraise, la moyenne de la durée pour obtenir un jugement ayant été de 6 mois et 14 jours en 2025, selon le rapport 2026 de la juridiction. Circonstance aggravante, si l’on ose dire, le tribunal administratif n’a rendu l’ensemble ses décisions au fond que le 30 décembre 2025, soit peu de temps – trois semaines – après que les requérants eurent à nouveau saisi la justice, le 9 décembre, aux fins de faire reconnaître la responsabilité de l’Etat pour son défaut de célérité à faire trancher les litiges. Du reste, le ministère de la Justice, défendeur à ces instances en responsabilité, ne contestait pas la longueur excessive des procédures devant la juridiction mahoraise, ce qui rendait la condamnation de l’Etat inéluctable.

S’agissant enfin du préjudice subi par les demandeurs du fait de la lenteur de la justice, la haute juridiction administrative estime le préjudice moral subi par les requérants à la hauteur de 1.000 euros, alors que dans chacune des affaires était sollicitée l’allocation de la somme de 15.000 euros à titre de dommages-intérêts. Le conseil d’Etat veut bien reconnaître – rarement – le manquement de l’Etat dans la protection juridictionnelle due aux justiciables mais il l’indemnise chichement.

Si les magistrats administratifs de Mayotte font du mieux qu’ils peuvent avec peu de moyens et dans des conditions difficiles (voir encadré), cette affaire met une fois de plus la lumière sur les manquements de la justice sur le territoire mahorais. Il faut espérer que les moyens alloués à celle-ci seront sérieusement augmentés, pas seulement pour la nouvelle cité judiciaire espérée depuis plusieurs années et se faisant toujours attendre. D’ici là, il n’est pas exclu que ces décisions donnent quelque idée à des justiciables mahorais, ou à leurs avocats, pour pointer à nouveau ces lenteurs qui sont, pour le citoyen, de plus en plus difficiles à supporter, et ne font qu’ajouter à la défaillance générale, aggravée par Chido, de la plupart des services publics à Mayotte.

La justice mahoraise à la peine

Au-delà des affaires tranchées, c’est le fonctionnement de la justice administrative à Mayotte qui est sévèrement pointé du doigt. Si la situation de la juridiction mahoraise n’est pas isolée, les lenteurs de la justice administrative, mais aussi civile ou pénale, étant régulièrement critiquées partout dans l’hexagone et les territoires ultramarins, elle n’en demeure pas moins problématique. Nul ne peut contester que la justice administrative cumule à Mayotte bien des handicaps.

Insuffisance de moyens humains et financiers, tout d’abord. En visite dans l’île au mois de février 2026, le ministre de la justice et Garde des sceaux Gérald Darmanin a bien annoncé des renforts mais il s’agissait essentiellement des magistrats de l’ordre judiciaire, puisque le Tribunal judiciaire de Mamoudzou est en sous-effectif, seuls 16 magistrats sur les 20 que devraient compter le tribunal étant présents dans un territoire où la moyenne du nombre de juges par habitant demeure bien inférieure à la moyenne nationale, les greffiers étant également en nombre insuffisant. De fait, selon l’annonce faite par la chancellerie le 12 mai dernier, six postes sont offerts à Mayotte aux nouveaux auditeurs de justice de la promotion 2024, trois de juge, un de juge d’application des peines, et deux de substitut du procureur de la République. De son côté, la justice administrative souffre du même défaut de moyens humains : « elle fonctionne avec des effectifs réduits », n’avait pas caché le nouveau président des tribunaux administratifs de La Réunion et Mayotte, Jean-Michel Laso, lors d’une conférence de presse le 8 mars dernier (voir notre édition du 9 mars).

Conséquences du cyclone Chido, ensuite. Le bâtiment du tribunal administratif, situé dans les Hauts du Jardin du Collège, à Mamoudzou, a été sévèrement endommagé par le passage du cyclone Chido, si bien que l’activité s’en trouve compliquée. Les magistrats et greffiers travaillent toujours dans des espaces provisoires. Quant à la nouvelle cité judiciaire, promise depuis plus de quatre ans par l’ancien Garde des sceaux Eric Dupont-Moretti, elle est toujours à l’état de projet, alors que le tribunal judiciaire a lui aussi été fortement frappé par Chido, 40 % des bâtiments restant hors service.

Submersion contentieuse, enfin. Avec une immigration incontrôlée et des arrivées incessantes de kwassa, l’activité de la juridiction s’en ressent. Selon les années, le tribunal administratif consacre parfois plus de 90 % de son activité au droit des étrangers. Ainsi, au cours de l’année 2022, 5.918 requêtes contre les seules décisions d’éloignement du territoire d’étrangers en situation irrégulière (OQTF) étaient examinés, pour un total de 6.460 requêtes portées devant le tribunal administratif, soit 91% de l’activité totale de la juridiction. Un record en France, où le contentieux des étrangers représente en moyenne 43 % de l’activité des tribunaux administratifs. A quoi s’ajoutent des recours dilatoires formés par certains avocats, comme on l’a vu pendant l’opération Wuambushu, durant laquelle des avocats-justiciers, n’hésitant pas à insulter les juges (l’ancien président du tribunal administratif a été traité par trois d’entre eux de « fasciste » pour avoir simplement appliqué les lois de la République), des associations et un syndicat de magistrats, et des ONG ont mené une véritable guérilla juridictionnelle que le responsable d’un collectif de citoyens a pu, non sans raison, qualifier de « djihad juridique » en faveur des étrangers en situation irrégulière sur l’île ou occupant dans la plus totale illégalité le domaine public ou des terrains privés. Ce qui a conduit des parlementaires, en 2024, à envisager des pistes pour diminuer un tel contentieux. Par exemple, en cessant d’accorder des subventions publiques à des associations et ONG dont la seule activité est de contester les décisions des autorités administratives, l’Etat n’ayant pas à financer ceux qui participent à entretenir l’immigration clandestine. Une des voies sans doute à suivre.

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Saïd Kambi souhaite déposer une plainte collective contre la SMAE

Saïd Kambi souhaite déposer une plainte collective contre la SMAE

Saïd Kambi, agent du Département et ancienne « figure de proue » du mouvement social de 2024 contre l’insécurité, a décidé cette fois-ci de s’attaquer à la crise de l’eau. Il a annoncé hier matin sur le plateau de Mayotte la Première qu’il souhaitait déposer une plainte collective contre la Société Mahoraise des Eaux (SMAE).  

« La SMAE pratique depuis des années une forme de « délinquance économique » : elle ne remplit pas sa mission de service publique d’accès à l’eau potable pour l’ensemble des Mahorais, n’a pas entretenu le réseau de distribution de l’eau sur le territoire et ne respecte même pas le calendrier des tours d’eau. Cela suffit, l’Etat doit agir ! », affirme avec force Saïd Kambi.

Cet agent du département est bien connu à Mayotte pour avoir exercé diverses fonctions politiques, mais surtout pour avoir soutenu de nombreuses « causes » sur l’île, la dernière en date étant sa participation active au mouvement social de 2024 aux côtés du Collectif des Citoyens 2018. Cette fois-ci, il s’attaque au problème de la crise de l’eau avec, dans sa ligne de mire, la SMAE, responsable, pour lui, de la majorité des aspects du problème. Saïd Kambi estime en effet que ce n’est pas « la sècheresse » qui a provoqué cette crise, mais bien le mauvais entretien et dimensionnement du réseau d’eau sur l’île.

Il accuse en outre la SMAE de vouloir « se faire de l’argent sur le dos des Mahorais ». « La SMAE ne garantit jamais le jour exact de réouverture du réseau, donc les Mahorais font davantage de stock, ce qui engendre des factures d’eau colossales », explique-t-il. L’ancien binôme de la députée Estelle Youssouffa a donc décidé de réunir le plus possible de particuliers et d’entreprises afin de déposer une plainte collective auprès du tribunal administratif de Mayotte. Il affirme avoir d’ores et déjà réuni une centaine de personnes et que ce chiffre ne fait qu’augmenter au fil des jours. « L’idéal serait qu’un tiers des clients de la SMAE nous rejoignent », déclare-t-il, tout en reconnaissant que cela serait « dans un monde idéal ». Quoiqu’il en soit, il se donne jusqu’à la rentrée de septembre 2026 pour « réunir un maximum de gens et d’éléments à charge contre la SMAE » avant de déposer sa plainte .

Une démarche déjà entreprise par d’autres collectifs

La démarche de Saïd Kambi n’est pas nouvelle puisque d’autres collectifs avaient déjà déposé plainte contre la SMAE depuis le début de la crise de l’eau. On se souvient notamment du collectif « Mayotte a soif » en 2023, porté par Racha Mousdikoudine, dont la plainte collective n’avait pas abouti, à notre connaissance, à des sanctions judiciaires contre la SMAE. Mais cela ne décourage nullement l’ancienne figure de proue du mouvement de blocage de l’île de 2024, qui estime « qu’il faut continuer à se battre jusqu’à ce les Mahorais obtiennent gain de cause ». Il a d’ailleurs affirmé être en train de se rapprocher des différents collectifs luttant contre le manque d’eau à Mayotte afin que les Mahorais puissent « parler d’une seule voix » et « obtenir enfin justice » contre la SMAE.

Il espère que cette plainte aboutisse à un procès au terme duquel la SMAE se verrait retirer sa Délégation de Service Publique comme cela a été le cas pour la société MCG récemment avec le port de Longoni. « La SMAE as suffisamment exploité les Mahorais comme ça,  il est temps que l’État « sonne la fin de la récréation » », conclut-il avec ironie.

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Les Audacieuses de l’Adie à la conquête de Mamoudzou

Les Audacieuses de l’Adie à la conquête de Mamoudzou

L’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) poursuit ses actions phares en faveur du développement économique en soutenant l’entrepreneuriat féminin. Ce mercredi 3 juin, au cœur du chef-lieu de Mamoudzou, la structure a organisé son événement « Les Audacieuses », un salon mettant à l’honneur les femmes entrepreneures qu’elle accompagne au quotidien.

Sur la place de la République, c’est une véritable fête de l’entrepreneuriat féminin qui bat son plein. Dès l’entrée du salon, le stand de l’Adie accueille les visiteurs et répond à toutes leurs questions. Aujourd’hui, de nombreux secteurs d’activité sont représentés : prêt-à-porter, artisanat ou encore produits cosmétiques. Les adhérentes y vendent leurs créations, les exposent et échangent avec le public.

Chamsia Ben Ahamada, conseillère experte à l’Adie, explique : « C’est avant tout un événement destiné à mettre en lumière les femmes entrepreneures, et plus particulièrement les clientes que nous avons financées. Il s’agit principalement de clientes récemment accompagnées. Parmi nos partenaires, nous retrouvons France Travail, Oudjerebou, la CCI ou encore l’ACFAV. »

Elle poursuit : « Tout au long de la journée, les stands sont présentés au public, mais nous proposons également une table ronde autour de trois thématiques : la femme, l’accompagnement et le financement. Un défilé de mode est également prévu, avec des créations commercialisées par nos clientes. »

À l’entrée du marché, le stand d’Hippocampe Nature attire l’attention. Cette savonnerie artisanale propose des produits sans colorants ni additifs. Pour sa fondatrice, Kalathoumi Hamada Madi, il est primordial de valoriser les produits naturels et les plantes médicinales, comme le moringa. Elle souligne la capacité de l’Adie à s’adapter aux besoins de son activité : « L’Adie est la structure qui nous a permis d’avancer et d’acheter nos matières premières. Grâce au crédit, elle nous donne un véritable coup de pouce. »

Un peu plus loin, Hifsah Anziz-Arhys Malide, fondatrice de Nyora Ndjéma, présente sa boutique spécialisée dans la parfumerie, les cosmétiques, les produits pour la maison ainsi que les infusions bien-être. Elle explique pourquoi il est important pour elle d’être présente aujourd’hui : « L’Adie est l’une des premières structures à m’avoir accompagnée et soutenue depuis 2021. C’est aussi important pour moi d’encourager les porteurs de projet qui n’osent pas se lancer. Il faut oser. Même si d’autres développent le même type de projet, chaque initiative reste différente. Nous pouvons toujours apporter notre propre valeur ajoutée et notre touche personnelle. »

Elle évoque également l’affluence du public : « Les gens sont très curieux. Ils viennent nombreux pour découvrir ce qui se passe. Pour avoir participé à de nombreux marchés, je sais qu’il y aura davantage de monde en début d’après-midi. »

Moudhiya Ahmed, quant à elle, est accompagnée par l’Adie depuis 2025. Elle commercialise des vêtements pour petits et grands. Elle s’est lancée dans l’entrepreneuriat après le passage du cyclone Chido, un événement qui l’a fortement marquée. Malgré les difficultés rencontrées, elle fait preuve de résilience : « Cela ne m’a pas découragée. Les affaires marchent bien aujourd’hui sur le salon », conclut-elle.

Les actions de l’Adie se poursuivront jusqu’au 5 juin.

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Municipales à Mtsangamouji : procurations, listes électorales, « dossier orange »… l’opposition conteste la sincérité du scrutin devant le tribunal administratif

Municipales à Mtsangamouji : procurations, listes électorales, « dossier orange »… l’opposition conteste la sincérité du scrutin devant le tribunal administratif

Le recours contre les résultats des élections municipales à M’tsangamouji sera examiné jeudi 11 juin par le tribunal administratif. Les requérants demandent l’annulation du scrutin du 15 mars, la vérification des listes électorales, le contrôle des procurations et l’organisation d’un nouveau vote.

La victoire de Saïd Maanrifa Ibrahima à Mtsangamouji semblait nette. Le 15 mars 2026, le maire sortant a été réélu dès le premier tour avec la liste « Ensemble plus loin encore », créditée de 2 067 voix, soit 58,47 % des suffrages exprimés. Ses adversaires, eux, n’ont pas tourné la page. Les listes d’opposition Alliance solidaire et MDM-Tifaki ont saisi le juge administratif pour demander l’annulation du scrutin.

D’après le ministère de l’Intérieur, 4 793 électeurs étaient inscrits dans la commune, 3 657 ont voté, soit une participation de 76,30 %. La liste de Saïd Maanrifa Ibrahima a obtenu 24 sièges sur 29, devant MDM-Tifaki, menée par Ousmane Ahamada Siaka, avec 851 voix et trois sièges, puis Alliance solidaire, conduite par Allaoui Zoubert, avec 617 voix et deux sièges.

Pour les requérants, c’est justement la sincérité du scrutin qui est en cause. Allaoui Zoubert, tête de liste d’Alliance solidaire, affirme que son équipe a observé « trop de procurations », notamment dans les deux bureaux de Chembenyoumba. Selon lui, le nombre de procurations y aurait atteint un niveau inhabituel, suffisamment élevé pour « attirer l’attention ». Il évoque également des inscriptions d’électeurs qui, selon lui, « n’avaient rien à voir avec la commune », parfois concentrées à certaines adresses.

Plus troublant encore : la présence, le jour du vote, d’un document ou carnet de couleur orange dans les bureaux. Selon Allaoui Zoubert, il ne s’agissait pas d’un document officiel de vote, mais d’un carnet appartenant au camp adverse, comportant des listes de procurations. Ousmane Ahamada Siaka, tête de liste MDM-Tifaki, évoque lui aussi un « carnet orange » que seuls les assesseurs LR auraient pu manipuler. Ces derniers auraient confirmé qu’il s’agissait bien de listes de procurations en faveur du groupe. Les deux opposants y voient un élément de préparation et de suivi des procurations, susceptible d’avoir perturbé le déroulement normal des opérations électorales.

Ousmane Ahamada Siaka affirme également que de nombreux électeurs inscrits sur les listes électorales seraient nés ou vivraient en métropole, alors que ses propres soutiens présents à Mayotte auraient rencontré des difficultés pour s’inscrire. « On nous imposait tellement de choses qu’on avait du mal à inscrire nos électeurs qui sont sur place », déclare-t-il. « On se demande comment des jeunes nés en métropole, qui y vivent depuis toujours et qui viennent d’atteindre leur majorité, ont pu être inscrits ici, alors qu’ils ne vivent pas à Mtsangamouji. »

Au-delà du scrutin municipal, les opposants disent vouloir obtenir un contrôle des listes électorales pour les prochaines échéances, notamment régionales. Ils estiment que, si les inscriptions contestées restent en l’état, elles pourraient peser sur les scrutins à venir. « Les élections sont passées mais il y en a d’autres qui arrivent », avance Ousmane Ahamada Siaka, qui dit craindre que les prochains votes soient déjà biaisés si les listes ne sont pas revues.

Les requérants disent avoir alerté avant le scrutin. Ousmane Ahamada Siaka affirme qu’un courrier a été envoyé le 10 mars pour signaler les anomalies constatées, avant que celles-ci ne se confirment, selon lui, le jour du vote. Allaoui Zoubert met également en cause la campagne du maire sortant, qu’il estime commencée avant et terminée après la période officielle. Ces griefs devront toutefois être démontrés devant le juge, pièces à l’appui.

La bataille judiciaire s’annonce difficile. En droit électoral, une irrégularité ne suffit pas toujours à faire annuler une élection. Le juge vérifie si les faits invoqués sont établis, s’ils constituent une manœuvre ou une atteinte aux règles du scrutin, et surtout s’ils ont pu altérer la sincérité du vote.

L’écart de voix pourrait donc être un point central. Même réunies, les deux listes d’opposition n’atteignent pas le score de la liste arrivée en tête. Les requérants le reconnaissent, mais estiment que cette avance doit justement être interrogée. Selon eux, le nombre de voix obtenu par le camp du maire sortant aurait fortement progressé par rapport aux précédents scrutins municipaux : 1 402 voix en 2014, 1 492 en 2020 et 2 067 dès le premier tour en 2026. Ils y voient un élément supplémentaire justifiant un examen des procurations et des inscriptions électorales contestées. « Si on analyse bien les choses, il y a quand même à dire qu’il y a eu des magouilles sur ces élections », affirme Ousmane Ahamada Siaka. Ces accusations devront toutefois être appréciées par le juge administratif. « Si on ne dénonce pas certaines pratiques, ça veut dire qu’on cautionne », estime Allaoui Zoubert.

À ce stade, aucune fraude n’a été judiciairement établie. Le scrutin est contesté, mais il n’est pas annulé. Le tribunal devra dire si les éléments avancés par l’opposition sont suffisants pour remettre en cause la victoire de Saïd Maanrifa Ibrahima, proclamé élu dès le premier tour.

L’audience du 11 juin à M’tsangamouji ouvrira également une séquence judiciaire plus large autour des municipales à Mayotte. Deux autres recours en annulation doivent suivre : celui visant les élections de Mtsamboro, le 16 juin, puis celui concernant Bouéni, le 17 juin. Plusieurs communes pourraient encore voir leurs résultats remis en cause.

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Les médias scolaires mahorais célèbrent leurs lauréats

Les médias scolaires mahorais célèbrent leurs lauréats
Douze lauréats du concours Médiatiks ont été récompensés à Mayotte, avec l’anecdote marquante de l’école de Dembéni, sacrée au niveau national en WebTV mais empêchée de se déplacer faute de budget.

Dans le cadre du concours Médiatiks, la remise des prix académiques s’est tenue ce mercredi 3 juin au Centre de Formation Académique d’Iloni, près du collège Zakia Madi. Cette cérémonie a permis de mettre à l’honneur les productions médiatiques réalisées par les élèves de l’académie de Mayotte.

Pour l’occasion, Pierre Bertel, coordinateur du CLEMI à Mayotte, a rappelé l’importance de cet événement : « On doit récompenser 12 lauréats du concours Médiatiks ». Il a également précisé que « il y a 4 catégories : journal imprimé ou en ligne, podcast, WebTV et photoreportage », permettant ainsi de valoriser la diversité des projets menés dans les établissements scolaires.

« Au niveau académique », plusieurs écoles, collèges et lycées ont été distingués pour la qualité de leurs productions. Dans la catégorie Journal imprimé ou en ligne, les prix ont été attribués à L’Écho de Barakani (école Barakani 2), Le Cri du Baobab (collège de Bouéni) et Le Petit Terrien (LPO de Petite-Terre).

Douze lauréats récompensés dans quatre catégories

En Podcast, les récompenses sont revenues à Jilawanatsa du collège Marcel Henry de Tsimkoura et à Radio 101, la radio des lycéens de Dembéni. Pour la catégorie WebTV, Nidem TV de l’école de Dembéni, Techno Média Koungou du collège Frédéric d’Achery et Les Vidéos Makers du LPO de Petite-Terre ont été distingués. Enfin, dans la catégorie Photoreportage, les prix ont été décernés à La mangrove post-Chido du collège Frédéric d’Achery et à Découverte de la richesse naturelle et culturelle de Mayotte du LPO de Petite-Terre.

L’école de Dembéni distinguée au niveau national

Pierre Bertel a également souligné une performance remarquable obtenue cette année : « L’école élémentaire de Dembéni a remporté le prix national dans la catégorie WebTV ». Une reconnaissance qui témoigne de la qualité du travail réalisé par les élèves et leurs encadrants. Toutefois, le coordinateur du CLEMI à Mayotte regrette que les jeunes lauréats ne puissent pas participer à la cérémonie nationale : « Malheureusement, ils ne pourront pas s’y rendre pour des raisons budgétaires. »

À travers ce concours, l’académie de Mayotte met en lumière l’engagement des élèves dans l’éducation aux médias et à l’information, tout en valorisant la créativité et le travail des équipes pédagogiques qui les accompagnent tout au long de l’année.

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Entretien avec Mirhane Ousséni (maire de Bouéni) : un trop plein d’anomalies dans la gestion précédente

Entretien avec Mirhane Ousséni (maire de Bouéni) : un trop plein d'anomalies dans la gestion précédente
Mirhane Ousséni invite à la population de Bouéni dimanche 07 juin à la mairie pour une présentation de l'état des finances de la commune.

Cinq millions d’euros de marché attribués à des entreprises sans autorisation du conseil municipal, cinq millions d’euros des subventions octroyés par le département qui n’ont jamais été utilisés, et bien d’autres bizarreries comptables encore. Mirhane Ousséni, le nouveau maire de Bouéni se confit à Flash Info.

Il prévoit une réunion dimanche prochain avec ses administrés pour les informer de la situation chaotique dont il hérite et qui impactera indéniablement le rythme de la feuille de route qu’il s’est fixée pour sa mandature. A quelques jours du passage du préfet Frédéric Poisot dans sa localité, il tire la sonnette d’alarme car trop d’anomalies sont constatées dans la gestion communale. Un audit serait même en préparation.

Flash Info : Deux mois depuis votre installation, comment imaginez-vous l’avenir des habitants de votre commune ?

Mirhane Ousséni : Depuis notre prise de fonctions, mon équipe et moi, essayons de dresser un état des lieux pour voir ce que nous ont laissé nos prédécesseurs. A ce jour, nous avons une situation budgétaire équilibrée en apparence, je dis bien en apparence puisqu’il nous a fallu voter ce budget en urgence avant la date du 30 avril 2026. Nous avons donc voté en faveur d’un budget excédentaire d’un million d’euros. Sauf que dans la réalité, nous nous retrouvons avec plus de 5 millions d’euros de subventions caduques et 5 millions d’euros de marché attribués à des entreprises alors qu’il n’y avait aucun financement programmé. Par conséquent, nous allons démarrer cette  mandature avec 10 millions d’euros manquants.

F.I : Ce ci étant donc dit, comment envisagez réussir à mettre en œuvre le programme soumis à votre électorat ?

M.O : Après concertation avec mon équipe, nous avons décidé de mettre entre parenthèse la vision que nous ambitionnons de porter pour la commune de Bouéni.  C’est toute une année, 2026, qui va souffrir de la situation que nous a laissé l’équipe municipale sortante. En effet, nous faisons face à énormément d’urgence, notamment les écoles, on nous demande d’en fermer quelques unes, parce que rien a été fait en matière de sécurisation après le passage du cyclone Chido. L’éclairage public est une autre urgence dont il faut nous occuper, pareil pour la dégradation des routes. Tout cela était pas opérationnel lorsque nous sommes arrivés aux affaires à Bouéni. Je précise que Chido n’est pas le seul élément justificatif de cette situation, il y avait du laisser-aller antérieur au cyclone. Donc, en termes d’urgence, il nous faut rendre opérationnel toutes les écoles, rendre les routes praticables, l’éclairage étant déjà résolu dans l’ensemble de la commune. Nous allons aussi nous consacrer à la remise en état des équipements sportifs qui ont été délaissés pendant 6 ans. Qui passe à Bouéni en ce moment constatera un grand ouvrage laissé à l’abandon depuis plus d’un an, dégradé à l’intérieur par un manque d’entretien et à l’extérieur par les effets du cyclone Chido. Un rapport récent de la Chambre Régionale des Comptes explique que dans son état actuel, cet ouvrage a déjà coûté le double de sa valeur initialement arrêté. L’essentiel des opérations en question relève de l’exercice de l’ancien maire Mouslim Abdourahamane. Des terrains de football sont laissés dans un état désastreux depuis une douzaine d’années, alors que notre jeunesse a besoin de s’épanouir dans la pratique de discipline sportive.

F.I : Comment pensez-vous pouvoir avancer malgré ce gros handicap financier qui se présente ? Quelles sont vos réelles perspectives de gestion pour les années à venir ?

M.O : Déjà, je suis allé au devant du département pour négocier les subventions caduques qu’il avait octroyé précédemment. J’ai également rencontré les services de l’État, je recevrai le préfet Frédéric Poisot le 12 mai 2026 à Bouéni et je compte le sensibiliser fortement sur toutes ces urgences que j’ai mis en exergue. J’ai bonne espoir de récupérer les subventions jadis accordées par le département pour relancer les écoles. Sachez que si elles sont devenues caduques c’est uniquement parce que la commune n’a rien fait dans ce domaine durant 5 ans. Elles sont versées lorsque les opérations sont partiellement avancées et soldées une fois les travaux achevés. Ces subventions n’ayant pas été utilisées, les écoles sont pour la plupart inutilisables et même pour celles qui pourraient encore prétendre à ce type de financement elles ne peuvent pas été réalisé parce que les  subventions s’avèrent insuffisantes. Je prends un exemple concret, le réfectoire de Hagnoundrou. J’ai retrouvé 700.000 euros inscrits sur cette opération au moment où le marché a été lancé, mais à l’ouverture des enveloppes, nous nous sommes retrouvés avec une moyenne de 2 millions d’euros. Donc, pour lancer les opérations je dispose à peine d’un tiers du montant nécessaire. Vous comprendrez que face à cette situation, nous sommes contraints de revoir toutes nos prévisions et nous rapprocher de nos financeurs. A supposer que les subventions caduques du département soient prolongées, il va falloir négocier un réajustement sans quoi les opérations ne pourront jamais être menées à leur terme. Pour vous donner une illustration de ce que je dis là, je vous parlerai d’une école à Bambo-Ouest dont l’usage repose entièrement sur des étais qui soutiennent actuellement la charpente. Autrement, la toiture pourrait tomber sur la tête de nos enfants. La commission de sécurité exige qu’elle soit fermée, sauf que la commune n’a nul part pour accueillir ces écoliers et leur dispenser des cours. Mes prédécesseurs ne se sont même pas donné la peine de solliciter les aides de l’État alors que cette école a été détruite par le cyclone Chido. Au moment où je vous parle, l’école doit être entièrement réaménagée alors qu’il y a zéro euros dans nos caisses. C’est une course contre la montre qui s’engage en direction du préfet parce que non seulement je dois négocier ce financement mais également faire en sorte que les travaux puissent être réalisés durant les vacances de cet été afin que l’établissement puisse rouvrir à la rentrée de septembre prochain. Il en est de même à Bouéni dans notre principale école primaire.

F.I : C’est un tableau apocalyptique que vous nous présentez là Monsieur le Maire ?

M.O : Comment réagirez-vous alors si je vous disais que la situation est identique sur l’ensemble des quelques opérations qui ont été conduites à Bouéni au cours des 5 dernières années, Dieu sait que leur nombre n’est absolument pas élévé ? Vous enlevez le plateau couvert, il n’y a plus rien ! La commune a vécu dans une totale léthargie durant 12 ans. Là, mon équipe va devoir tout refaire, les clôtures, les éclairages, absolument tout. Je ferai remarquer au passage que c’est moi qui m’était battu pour faire financer la plupart de ces équipements lorsque j’étais conseiller départemental du canton de Bouéni de 2008 à 2015. Je les retrouve aujourd’hui dans le même état où ils étaient avant mon élection. Vous pouvez le voir, il y a trop d’urgence qui nous oblige à mettre de côté les ambitions que nous avions pour 2026/2027. Nous devons nous soucier d’offrir un minimum vital à la population avant de penser à nos projets.

F.I : Avez-vous envisagé d’informer les habitants de votre commune sur cette situation en dehors d’une communication par voie de presse ?

M.O : Oui en effet, je prévois de réunir la population le dimanche 07 juin 2026 à 16h dans les locaux de la mairie pour lui présenter cette situation. C’est une invitation qui s’adresse à chaque citoyen désireux de se tenir informé de l’état des finances communales et de l’impact qu’il va avoir sur la nouvelle mandature qui démarre. Je leur expliquerai également comment je pense opérer pour redresser la pente puisqu’il faut trouver une solution quoi qu’il en soit. Par exemple, s’agissant des 5 millions d’euros de marché attribués à des entreprises sans qu’il y ait des financements, j’ai saisi un cabinet d’avocats qui va regarder comment faire, autrement je serai obligé de les bloquer, tout en sachant que des pénalités sont susceptibles de nous être infligées. Je précise ici que ces 5 millions concernent bien des travaux lancés sans l’existence d’un moindre financement. L’équipe sortante a autorisé que des travaux soient engagés sans qu’il y ait une inscription sur les comptes communales. Et, c’est tout le fond du problème car il y a défaut de fond juridique, le maire n’ayant pas dans ses prérogatives  le pouvoir d’engager ces sommes de cette manière, sans inscription budgétaire ni délibération l’autorisant.

F.I: La tradition mahoraise rejette la délation, ne craignez-vous pas une réaction négative de vos administrés en choisissant d’opérer comme vous venez de le faire ?

M.O : Non pas du tout. Je vais ici être très clair, il ne s’agit nullement de dénoncer qui que ce soit mais de présenter la situation des finances dont nous héritons mon équipe et moi. Imaginez une seule fois que je laisse ces entreprises poursuivre les travaux engagés à hauteur de 5 millions d’euros. Comment vais-je les payer au moment de leur réception ? Je me retrouverai dans l’obligation de placer la commune dans énormément de difficultés. Pour votre information, nos prédécesseurs arrivaient à peine à dépenser 2 à 3 millions d’euros en investissement par an au cours des 3 dernières années de leur mandature. Actuellement, aucun chantier n’est en cours dans la commune, tout doit être repris à zéro. Je ne peux donc pas sciemment fermer les yeux sur ces marchés là sous peine de mettre ma commune en difficulté et par ricochet tuer les entreprises concernées. Nous attendons un avis juridique pour savoir si l’ancien maire avait le pouvoir d’engager ces travaux en l’espèce. Ce constat que je dresse relève d’une saisine de ma part de nos services financiers, nous attendons l’appui de l’Agence Française de Développement (AFD), pour réaliser un audit sur les finances, la gestion générale de la commune, RH, administratif et autres car j’estime qu’il y a beaucoup trop de domaines à remettre à niveau.

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Développement du territoire : à chaque projet structurant, la même bataille

Développement du territoire : à chaque projet structurant, la même bataille
Entre 15 et 20 millions d’euros seraient consacrés aux mesures de protection de l’environnement sur un chantier évalué à près de 90 millions d’euros.

Le scénario semble désormais bien rodé. Chaque fois qu’un projet d’infrastructure majeur est présenté comme indispensable au développement du territoire ou à la réponse à une crise, des associations environnementales montent au créneau pour en dénoncer les impacts potentiels. Après les contestations autour de l’allongement de la piste de l’aéroport de Pamandzi, c’est désormais l’usine de dessalement d’Ironi Bé qui cristallise les tensions.

Pour l’État et Les Eaux de Mayotte (LEMA), le projet représente pourtant une réponse concrète à une crise de l’eau qui dure depuis plus d’une décennie. Pour plusieurs associations environnementales, il constitue au contraire une menace pour le lagon, la mangrove et les zones humides de l’île.

Le mardi 2 juin, la troisième chambre du tribunal administratif de Mayotte examinait le recours déposé par Mayotte Nature Environnement, France Nature Environnement et le GEPOMAY contre l’arrêté préfectoral du 3 juillet 2025 autorisant les travaux. Sea Shepherd France s’est également associée à la procédure.

L’usine doit permettre la production quotidienne de 10 000 m³ d’eau potable grâce à la technologie de l’osmose inverse. Un équipement présenté comme stratégique alors que les Mahorais subissent des coupures d’eau récurrentes depuis près de dix ans. Mais le rejet dans le lagon d’eaux fortement concentrées en sel alimente les inquiétudes des associations, qui redoutent des conséquences sur les coraux, les herbiers marins et la biodiversité.

Les opposants assurent ne pas être hostiles au dessalement en tant que tel. Ils contestent avant tout l’emplacement retenu. Selon eux, les études environnementales restent insuffisantes pour mesurer les effets à long terme du projet sur les écosystèmes. Ils réclament l’annulation de l’autorisation préfectorale, la démolition des ouvrages déjà réalisés et la remise en état du site.

Une position qui suscite l’incompréhension des porteurs du projet. Pour Les Eaux de Mayotte, suspendre ou annuler le chantier reviendrait à retarder encore davantage une solution attendue par une population confrontée à des restrictions d’eau devenues chroniques.

L’avocat du syndicat rappelle que la mise en service de l’usine est prévue pour 2027 et qu’elle constitue l’un des principaux leviers pour renforcer la production d’eau potable sur le territoire. Il souligne également que le rapporteur public n’a pas demandé l’annulation du projet mais a plutôt évoqué une possible régularisation du dossier.

Les responsables de LEMA mettent également en avant les efforts consentis pour limiter les impacts environnementaux. Entre 15 et 20 millions d’euros seraient consacrés aux mesures de protection de l’environnement sur un chantier évalué à près de 90 millions d’euros. Une passerelle aurait notamment été construite au-dessus de la mangrove afin d’éviter toute destruction de palétuviers.

Au-delà du débat juridique, l’affaire illustre une nouvelle fois la difficulté de faire émerger des projets structurants à Mayotte. L’allongement de la piste de l’aéroport Marcel-Henry, présenté comme essentiel au désenclavement du territoire et à son développement économique, fait lui aussi l’objet d’une forte opposition environnementale. Comme pour l’usine de dessalement, les associations invoquent la protection des écosystèmes et contestent les études d’impact.

Les défenseurs du projet d’Ironi Bé dénoncent ainsi une forme de blocage systématique. Selon eux, alors que Mayotte fait face à des défis majeurs en matière d’eau, de transport ou d’aménagement, chaque infrastructure d’envergure se heurte désormais à des recours susceptibles de ralentir ou de compromettre sa réalisation.

Les associations réfutent cette accusation. Elles estiment au contraire défendre l’intérêt général en exigeant des garanties environnementales solides. Selon elles, la protection du lagon n’est pas incompatible avec le développement mais constitue une condition de la survie économique et alimentaire du territoire.

Elles soulignent également que l’usine de dessalement ne résoudra pas à elle seule la crise de l’eau. Elles pointent notamment les pertes du réseau, estimées à près de 38 %, et appellent à agir prioritairement sur ces fuites.

Le tribunal administratif devra désormais trancher. Derrière le dossier d’Ironi Bé se dessine une question plus large : comment répondre aux urgences auxquelles est confrontée Mayotte tout en préservant un patrimoine naturel exceptionnel ? Une équation qui, à chaque nouveau projet structurant, semble opposer deux visions irréconciliables de l’avenir de l’île.

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La France Humaniste structure sa coordination départementale

La France Humaniste structure sa coordination départementale

La France Humaniste Mayotte annonce l’intégration de Kira Bacar ADACOLO au sein de sa coordination départementale depuis le jeudi 28 mai 2026. Il assumera les fonctions de correspondant départemental pour Mayotte et sera l’interlocuteur privilégié du mouvement dans le territoire. Cette nomination s’inscrit dans la dynamique de structuration locale portée par le mouvement de Dominique de Villepin.

Mzuri Sana récompense quatre clientes pour la Fête des mères 2026

Mzuri Sana récompense quatre clientes pour la Fête des mères 2026

À Mamoudzou, Mzuri Sana a clôturé samedi 30 mai son opération « Expérience Mzuri Sana – Fête des Mères 2026 » par une cérémonie de remise de lots organisée devant sa boutique du Centre Commercial Carrefour. Quatre gagnantes, tirées au sort le 11 mai, ont été récompensées dans une ambiance festive. Le lot principal, un séjour dans un hôtel 5 étoiles à l’île Maurice, a été remporté par A. Assidjadi. L’enseigne, présente à Mayotte depuis 2019, a salué la fidélité de sa clientèle après quatre semaines d’animations en boutique.

Mayotte la santé sexuelle reste un enjeu majeur selon l’ARS

Mayotte la santé sexuelle reste un enjeu majeur selon l’ARS

Selon une publication de l’Agence régionale de santé de Mayotte, l’étude EpiMay 2025, présentée à l’occasion de la Semaine de la santé sexuelle (1er au 6 juin 2026), met en évidence plusieurs défis en matière de prévention, de dépistage et d’accès à l’information.

L’ARS indique notamment une progression du VIH sur le territoire, avec une prévalence estimée à 5 personnes séropositives pour 1 000 adultes, contre 1 pour 1 000 en 2019. L’étude souligne également une méconnaissance du statut sérologique au sein d’une partie de la population, faisant du a un levier central de santé publique.

Face à ces constats, l’agence détaille le renforcement de ses dispositifs : développement des structures de dépistage, actions mobiles via les associations, accès facilité aux tests, ainsi que dispositifs d’information et de prévention. La mise en place du CoReSS en 2025 est également présentée comme un outil de coordination des acteurs de la santé sexuelle.

L’ARS rappelle enfin l’importance d’un dépistage précoce pour limiter les transmissions et améliorer la prise en charge.

Petite enfance à Mayotte l’écoute et la bienveillance renforcées dans les PMI

Petite enfance à Mayotte l’écoute et la bienveillance renforcées dans les PMI

Des agents de la Protection maternelle et infantile (PMI) et des éducateurs de santé de Mayotte ont récemment suivi une formation de 21 heures consacrée à la posture d’accueillant en Lieu d’Accueil Enfants-Parents (LAEP). Cette initiative, portée par le Département-Région de Mayotte en partenariat avec l’État, la préfecture, l’Agence régionale de santé (ARS) et la Sécurité sociale, vise à améliorer l’accompagnement des familles et la qualité de l’accueil proposé au sein des structures de proximité.

Les professionnels exerçant dans les PMI de Bandrélé, Koungou, M’tsamboro et Kani-Kéli ont ainsi renforcé leurs compétences en matière d’écoute, d’accueil et de neutralité bienveillante. Conçue avec l’IFME de Nîmes, en lien avec l’Université de Nîmes, et animée par la formatrice Julie Pozza, cette session avait pour objectif de mieux répondre aux besoins des parents et des jeunes enfants.

Cette démarche s’inscrit dans la perspective du déploiement des futures structures dédiées aux « 1 000 premiers jours de l’enfant », appelées à regrouper

Usine de dessalement d’Ironi Bé : l’urgence de l’eau face au risque environnemental

Usine de dessalement d’Ironi Bé : l’urgence de l’eau face au risque environnemental

Le projet d’usine de dessalement d’Ironi Bé, présenté par l’État comme l’une des réponses les plus concrètes aux coupures d’eau qui frappent l’île, est désormais au cœur d’un bras de fer entre Les Eaux de Mayotte (LEMA), qui défendent un chantier stratégique, et plusieurs associations environnementales, qui dénoncent un risque majeur pour le lagon, la mangrove et les zones humides.

Le 2 juin, la 3ᵉ chambre du tribunal administratif de Mayotte examinait le recours de Mayotte Nature Environnement, France Nature Environnement et du GEPOMAY contre l’arrêté préfectoral du 3 juillet 2025 autorisant les travaux de l’usine à Dembéni. Sea Shepherd France est également intervenue dans la procédure.

L’usine doit produire 10 000 m³ d’eau potable par jour grâce à l’osmose inverse. Mais cette production s’accompagnerait de rejets d’eaux sursalées dans le lagon, avec une concentration en sel portée à 65 g/l, contre environ 35 g/l à l’état naturel. Un écart qui nourrit les inquiétudes quant aux effets possibles de la saumure sur les coraux, les herbiers et la vie marine.

Pour les associations, le problème n’est pas le dessalement en lui-même, mais le site choisi. « On n’est pas contre une usine de dessalement, on est contre l’usine de dessalement à cet endroit précis », insiste Émilien Dautrey, directeur du GEPOMAY. Selon lui, d’autres implantations auraient dû être envisagées afin de limiter l’impact sur le lagon.

Au cœur de leur recours, les associations contestent la solidité du dossier environnemental. Elles estiment que les études réalisées ne permettent pas d’évaluer correctement les conséquences d’un tel projet. « Nous, on veut avoir des études concrètes, indépendantes, qui montrent qu’il n’y aura aucun impact sur le lagon à long terme, aucun impact sur la mangrove, sur la biodiversité et sur les humains », résume Émilien Dautrey.

Léna Lessard, juriste de Mayotte Nature Environnement, rappelle que les associations avaient déjà dénoncé la procédure d’urgence civile déclenchée en 2023, permettant d’alléger les études à mener par le porteur du projet : « Depuis le début, on leur a dit : “Pas ici”. Donc maintenant, il faut qu’ils prennent leurs responsabilités. »

Les associations demandent l’annulation de l’arrêté préfectoral, mais aussi la démolition des travaux déjà réalisés et la remise en état du site dans un délai de deux mois, sous astreinte de 500 euros par jour de retard. Elles réclament également 3 000 euros chacune au titre des frais de procédure.

En face, Les Eaux de Mayotte défendent un projet qu’elles jugent vital. Yann Lando, avocat-conseil du syndicat, insiste sur les conséquences qu’aurait une suspension du chantier : « Ça va impacter la vie de tous les Mahorais, notamment au niveau des coupures d’eau. » Il rappelle que le maître d’ouvrage comptait sur une livraison du chantier en 2027 pour répondre à l’urgence hydrique.

Selon l’avocat, le fait que le rapporteur public envisage une régularisation plutôt qu’une annulation immédiate prouve que le projet n’est pas condamné. « Le projet est viable. Il y a des points à consolider », défend Yann Lando, qui met en garde contre les effets d’un arrêt prolongé du chantier. Selon lui, laisser les ouvrages sans intervention pourrait conduire à leur dégradation et obliger, plus tard, à revenir travailler dans la mangrove, « le lieu le plus sensible ».

Les Eaux de Mayotte mettent aussi en avant les moyens consacrés à l’environnement. Yann Lando évoque 15 à 20 millions d’euros dédiés aux mesures environnementales sur un projet estimé à 90 millions d’euros. Il assure qu’une passerelle a été érigée au-dessus de la mangrove « pour ne pas toucher aux palétuviers » et affirme qu’« aucun palétuvier n’est détruit dans le cadre de l’opération ».

La vice-présidente de LEMA défend, elle aussi, l’urgence sociale du chantier. Elle estime que les associations « défendent surtout les espèces marines », mais « oublient qu’il y a l’humain ». Selon elle, l’usine est « très importante » pour une population qui « crève de soif ». Elle rappelle également les enjeux financiers du chantier, avec 54 millions d’euros injectés et environ 50 millions déjà engagés, tandis que des entreprises attendent encore d’être payées.

« Dire qu’on ne pense pas aux hommes, c’est faux », rétorque Ariane Bergeon, de Mayotte Nature Environnement. « Les espèces s’inscrivent dans une chaîne alimentaire et, à la fin, c’est l’homme qui en dépend. Si on maltraite l’écosystème marin, il n’y aura plus de poissons ; s’il n’y a plus de poissons, on ne pourra plus se nourrir. »

Émilien Dautrey renchérit : « Mayotte sans lagon et sans son écosystème, c’est aller droit dans le mur. »

Les associations contestent également l’idée que l’usine suffira à sortir Mayotte de la crise. « 10 000 mètres cubes, ça ne réglera pas la crise de l’eau », affirme Ariane Bergeon. Selon elle, cette capacité ne suffira pas à couvrir la consommation actuelle de l’île.

Les opposants évoquent d’autres leviers, notamment la lutte contre les fuites du réseau, évaluées à 38 %. « On perd de l’eau dans ces fuites que l’on va compenser par l’usine », s’indigne Émilien Dautrey.

À ce stade, le rapporteur public n’a pas proposé d’annuler immédiatement l’autorisation. Il a ouvert la voie à un sursis à statuer de six mois afin de permettre au préfet de Mayotte de régulariser la situation.

Le tribunal devra désormais trancher. D’un côté, une usine présentée comme indispensable pour réduire les coupures d’eau. De l’autre, des associations qui redoutent un chantier mal localisé, insuffisamment étudié et potentiellement dangereux pour le lagon.

À Ironi Bé, l’urgence de produire de l’eau potable se heurte à une autre urgence : préserver les écosystèmes qui font vivre Mayotte.

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Flambée des prix du carburant : l’État débloque une aide exceptionnelle pour sauver les transporteurs

Flambée des prix du carburant : l’État débloque une aide exceptionnelle pour sauver les transporteurs

Les entreprises de transport routier, durement touchées par la hausse des prix des carburants provoquée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, bénéficient désormais d’un soutien financier exceptionnel de l’État. Un dispositif d’urgence destiné à préserver l’activité d’un secteur stratégique pour l’économie française.

Face à l’envolée des prix des produits pétroliers observée depuis plusieurs mois, le Gouvernement a décidé de renforcer son soutien aux professionnels du transport. Cette mesure exceptionnelle, officialisée par le décret du 17 avril 2026, vise à accompagner les entreprises dont les coûts d’exploitation ont fortement augmenté sous l’effet de la crise énergétique internationale.

Le conflit qui secoue actuellement le Moyen-Orient continue d’alimenter les tensions sur les marchés mondiaux de l’énergie. Les conséquences se font particulièrement ressentir dans le secteur du transport, où le carburant représente l’un des principaux postes de dépenses. Pour de nombreuses entreprises, notamment les plus petites structures, cette hausse brutale menace directement leur équilibre financier et leur capacité à maintenir leur activité.

Un dispositif ciblé pour les professionnels du transport

L’aide mise en place par l’État s’adresse à plusieurs catégories d’acteurs du transport. Sont concernés les entreprises de transport public routier de marchandises, les entreprises de transport collectif de voyageurs ainsi que les sociétés de transport sanitaire, à l’exception des taxis.

Pour être éligibles, les entreprises doivent être établies en France et employer moins de 1 000 salariés. Elles doivent également exercer une activité principale relevant des secteurs spécifiquement identifiés par les pouvoirs publics comme étant particulièrement exposés aux conséquences de la hausse des prix de l’énergie.

Le montant de l’aide varie selon les caractéristiques de chaque entreprise. Il est calculé en fonction du nombre de véhicules exploités ainsi que de leur catégorie. Le dispositif prévoit toutefois un plafond fixé à 60 000 euros par entreprise afin de garantir une répartition équilibrée des fonds publics.

Des conditions d’accès encadrées

Comme pour tout soutien public, l’accès à cette aide est soumis à plusieurs conditions. Les entreprises candidates doivent notamment être à jour de leurs obligations fiscales et sociales. Celles qui rencontrent des difficultés peuvent néanmoins être admises au dispositif à condition de disposer d’un plan de règlement validé et en cours d’exécution.

Pour les demandes dépassant 5 000 euros, des critères financiers supplémentaires sont appliqués. Les entreprises devront démontrer que leur situation économique a été significativement affectée par l’augmentation des coûts énergétiques. Cette exigence vise à concentrer les aides sur les structures les plus fragilisées par la conjoncture actuelle.

Les professionnels concernés ont jusqu’au 15 juin 2026 pour déposer leur dossier auprès de l’Agence de services et de paiement (ASP), chargée de l’instruction et du versement des aides.

Préserver un secteur essentiel à l’économie

À travers ce dispositif, les autorités entendent éviter une dégradation plus importante de la situation économique du secteur du transport. Véritable colonne vertébrale de l’économie française, le transport routier assure quotidiennement l’approvisionnement des entreprises, des commerces, des établissements de santé et des collectivités.

Une hausse durable des coûts du carburant pourrait entraîner des difficultés de trésorerie, des réductions d’activité, voire des suppressions d’emplois dans certaines entreprises. Les conséquences se répercuteraient alors sur l’ensemble de la chaîne logistique et sur les prix supportés par les consommateurs.

Le Gouvernement affirme ainsi vouloir limiter les effets de la crise énergétique actuelle tout en préservant la compétitivité des entreprises françaises. Cette aide exceptionnelle s’inscrit dans une série de mesures destinées à soutenir les secteurs les plus exposés aux fluctuations des marchés internationaux de l’énergie.

Alors que les incertitudes géopolitiques demeurent fortes et que l’évolution des prix du pétrole reste difficile à anticiper, les acteurs du transport espèrent que ce soutien financier leur permettra de traverser cette période délicate et de maintenir leurs activités dans des conditions économiquement viables.

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Port de Longoni : la justice confirme l’éviction de Mayotte Channel Gateway

Port de Longoni : la justice confirme l’éviction de Mayotte Channel Gateway

La bataille judiciaire autour de la gestion du port de Longoni connaît un nouveau rebondissement. Par un arrêt rendu le 2 juin 2026, la cour administrative d’appel de Bordeaux a confirmé la résiliation anticipée de la convention de délégation de service public qui liait le département de Mayotte à la société Mayotte Channel Gateway (MCG), gestionnaire du principal port de l’île.

Cette décision vient conforter le jugement prononcé précédemment par le tribunal administratif de Mayotte, qui avait déjà estimé que la poursuite du contrat n’était plus compatible avec l’intérêt général. La résiliation prendra effet à compter du 1er septembre 2026.

Dans son arrêt, la juridiction bordelaise considère que les manquements reprochés à Mayotte Channel Gateway sont à la fois « graves » et « persistants ». Selon les juges, ces dysfonctionnements sont d’une ampleur telle que le maintien de la société à la tête de l’infrastructure portuaire apparaît désormais « manifestement contraire à l’intérêt général ».

Cette formulation particulièrement ferme souligne la sévérité de l’appréciation portée par la cour administrative d’appel. Elle marque également un revers majeur pour l’exploitant du port, qui contestait la décision prise en première instance.

Le port de Longoni occupe pourtant une place stratégique dans l’économie mahoraise. Véritable porte d’entrée de l’île, il assure l’essentiel des échanges commerciaux et de l’approvisionnement du territoire. Chaque année, des milliers de conteneurs transitent par ses quais, transportant des produits alimentaires, des matériaux de construction, des équipements et de nombreuses marchandises indispensables à la vie quotidienne des habitants.

Des années de tensions

Cette décision judiciaire intervient après plusieurs années de tensions entre le délégataire et les autorités publiques. Depuis longtemps, la gestion du port fait l’objet de critiques récurrentes concernant son fonctionnement, ses performances et sa capacité à répondre aux besoins croissants du territoire.

Les difficultés rencontrées sur le site ont régulièrement alimenté les débats économiques et politiques à Mayotte. Retards logistiques, congestion des infrastructures, insuffisance des investissements ou encore difficultés d’exploitation figuraient parmi les préoccupations exprimées par différents acteurs institutionnels et économiques.

C’est dans ce contexte que le département de Mayotte avait engagé une procédure visant à mettre un terme de manière anticipée à la délégation de service public confiée à Mayotte Channel Gateway.

L’intérêt général au cœur du jugement

L’arrêt rendu par la cour administrative d’appel met particulièrement en avant la notion d’intérêt général. Pour les magistrats, les manquements constatés ne permettent plus de garantir une gestion satisfaisante d’un équipement aussi essentiel pour le développement économique et social de Mayotte.

La décision confirme ainsi que la continuité du service public portuaire et les impératifs liés à l’approvisionnement du territoire doivent primer sur les intérêts contractuels du délégataire lorsque les conditions d’exécution du contrat ne sont plus réunies.

Cette analyse rejoint celle du tribunal administratif de Mayotte, qui avait déjà considéré que les dysfonctionnements relevés justifiaient une rupture anticipée du contrat avant son échéance normale.

La confirmation de cette résiliation ouvre désormais une période de transition importante pour l’avenir du port de Longoni. Les autorités devront organiser la reprise de la gestion de l’infrastructure à compter du 1er septembre 2026 afin de garantir la continuité des activités portuaires.

L’enjeu est de taille. Toute interruption ou perturbation du fonctionnement du port pourrait avoir des conséquences immédiates sur l’approvisionnement de l’île et sur l’activité économique locale.

Les prochains mois seront donc déterminants pour préparer l’après-MCG et définir le futur mode de gestion du principal équipement portuaire mahorais. Plusieurs scénarios pourraient être envisagés, allant d’une gestion publique transitoire à la recherche d’un nouveau délégataire dans le cadre d’une procédure de mise en concurrence.

Au-delà de ses conséquences immédiates, cette affaire illustre les difficultés auxquelles Mayotte est confrontée dans la gestion de ses infrastructures stratégiques. Dans un territoire marqué par une forte croissance démographique et des besoins croissants en équipements publics, la question de la performance des services essentiels demeure au cœur des préoccupations.

Avec la confirmation de la résiliation de la délégation de service public de Longoni, la justice administrative vient de tourner une page importante de l’histoire récente du port. Reste désormais à écrire la suivante, avec pour défi principal de garantir un fonctionnement efficace et durable de cette infrastructure indispensable au développement de Mayotte.

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