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Des cyber criminels opèrent depuis les Comores pour écumer Mayotte

Des cyber criminels opèrent depuis les Comores pour écumer Mayotte
La gendarmerie comorienne informée de ces délits insiste sur l'importance d'un dépôt de plainte depuis Mayotte à transmettre par voie diplomatique au parquet de Moroni. * image d'illustration générée par ia

Internet ne réduit pas seulement les distances pour les férus de culture ou les membres d’une famille ou des amis, il favorise également le vol organisé. Mayotte est depuis une quinzaine d’années très prisée par ces pirates des temps modernes. Il en vient de partout, et même des Comores voisines depuis peu.  

Evoquer la probabilité d’une cyber criminalité sous nos latitudes aurait fait sourire nombre d’habitants sur l’île il y a une dizaine d’années encore, tant ce mal était perçu dans nos mentalités d’insulaires comme uniquement réservé aux seules sociétés développées d’Europe, d’Amérique et d’Asie, voir à moindre mesure, d’une partie de l’Afrique continentale. Que nenni ! Mayotte a bel et bien les pieds plongés dans ce plâtrier depuis une dizaine d’années, et le pire c’est que le plus souvent, ce sont les populations les plus fragiles financièrement qui en sont les premières à en payer le prix fort. Trop souvent plongées dans l’incapacité à joindre les deux bouts, ils sont à l’affût de la moindre opportunité à gagner de l’argent facile.

Ils s’exposent ainsi aux plus vils instincts machiavéliques des prédateurs qui ne connaissent plus de frontières. Qu’ils soient sur place dans l’île ou ailleurs dans l’hexagone, voir désormais dans l’environnement régional, ces pirates des temps modernes, excellent dans le pillage des deniers durement gagnés par leurs semblables. Non seulement Mayotte n’est plus à l’abri de ce fléau, mais en plus il tend à se banaliser très rapidement, faute pour le territoire de disposer d’instruments adapter pour le combattre à défaut de pouvoir l’éradiquer.

Les victimes de ce phénomène se comptent à la pelle se comptent à la pelle et proviennent de multiples horizons.  « L’appropriation soutenue des nouvelles technologies de l’information que sont les smartphones et autres objets connectés, ne sont hélas pas sans risques pour celles et ceux qui n’en ont pas une grande maîtrise », explique Soidik Abdallah, vendeur dans un grand magasin d’électroménager et de téléphonie situé sur le boulevard Marcel Henry à Mamoudzou (quartier Cavani). « Entre vol de données personnels, fichage des habitudes des consommateurs des contenus de ces appareils, il y a tout ce qu’il faut pour donner des sueurs froides aux fins connaisseurs des risques encourus par les usagers », fait-il remarquer. Un risque qu’il décrit comme ayant quintupler avec l’accès croissant à des nouvelles prestations en ligne qui modifient couramment les habitudes du consommateur mahorais.

Une dame démunie après l’incendie de sa maison se fait dépouiller du peu qu’il restait à cause de sa trop grande naïveté

« Aujourd’hui pratiquement tout passe par les réseaux sociaux, y compris les choses les plus banales comme la revente de produits usagers dont on veut se débarrasser ». Soidiki Abdallah situe les risques les plus courant dans ces sites de reventes tel que « Market Place » qui s’avèrent en réalité être très prisés par les cybercriminels à Mayotte. Les voleurs en tous genres y pillule et il n’est, hélas, pas rare d’entendre des usagers de ces sites se plaindre d’avoir été des victimes malheureuses de personnes sans scrupules, uniquement animées par l’appât du gain, quelque soit la manière d’aboutir à leurs fins.  Hafsoiti Saïd Ali est une jeune mère de famille installée dans les hauteurs de Bonovo à Mtsapéré. Elle a vécu une expérience traumatisante il y a deux ans en ayant eu recours à ce site, pourtant très utilisé à Mayotte. Même trop utilisé de l’avis de beaucoup de personnes, par effet de mode et esprit de facilité.

« Sur une suggestion d’une amie, j’ai eu recours à ce site pour faire face à un besoin urgent de déménagement après que mon ancienne habitation à Kawéni a été réduit en cendres par un incendie. Pour mon grand malheur, j’ai accepté une proposition de location d’un appartement à 800 euros le mois, la caution était à verser en liquides auprès d’un jeune métropolitain d’une trentaine d’années qui en a pris possession à la barge. Au téléphone une autre personne sensée être son collègue de travail m’indique une adresse au centre de Mamoudzou. Une fois sur les lieux, aucune personne ne m’attendait et il n’y avait pas d’appartement en location ».

La naïveté de cette dame, déjà dans l’adversité, lui a valu de perdre les moindres économies qui lui restait et ses larmes ne lui ont été d’aucune utiliser pour faire passer son amertume.  « Il ne s’agit pas là d’un cas isolé, des histoires d’arnaques à Mayotte, ce n’est pas ce qui manque parmi les plaintes déposées auprès des agents de police lorsque vous avez l’opportunité de fréquenter le commissariat de police national ou les locaux des polices municipales dans les grandes villes mahoraises », apprend-t-on auprès de certains journalistes locaux. 

Sa banque l’a informé qu’il allait devoir supporter la perte des 1900 euros qui lui ont été dérobés de manière frauduleuse.

Mais il y a pire encore, plus récent, des cybers criminels qui opèrent depuis Ngazidja (la Grande-Comore), avec le bénéfice de complices en métropole et sur place à Mayotte. Ils n’ont rien à envier aux maîtres en la matière que sont devenus les cybers criminels basés dans les capitales du Bénin ou du Sénégal. Leur mode opératoire est digne d’un roman policier ou d’un film Nollywoodien ! Il y a celui qui va à la pêche aux victimes à cibler depuis ce même site de vente identifié sur Internet, il y a le complice local qui vient apporter la caution morale avec les paroles appropriées et en bout de chaîne, le dernier larron installé hors territoire (Métropole) qui détient le leurre, des chèques volés, qu’il va aussitôt libeller au nom de la proie verrouillée par le premier rabatteur et déposer à son profit sur compte, tard dans la nuit, les trois quarts du temps,  selon les déclaration d’Abdérémane F, qui en a fait l’amère expérience il y a tout juste, 48 heures.

« J’ai déposé mon annonce sur ce site pour revendre mon ancien téléphone encore en excellent état, en moins d’une heure, j’ai eu une vingtaine de propositions dont une qui m’a paru très alléchante. Mon interlocuteur insistait pour que je lui réserve l’acquisition de l’appareil et a offert de me verser immédiatement sur mon compte bancaire la somme de 1300 euros, de laquelle je devrai déduire mes 800 euros et reverser le surplus à l’un de ses proches, situé à Koungou, qui viendrait les récupérer », explique l’infortuné. Le cyber criminel va jusqu’à engager une boucle de discussion à 3 sur whatsapp afin de rassurer sa prochaine victime.

Et le piège finit par fonctionner, à l’exception près que celle-ci disposait seulement d’un compte Nickel Bank alors qu’il lui était exigé un compte physique dans l’une de ces deux établissements financiers de l’île : Bred Banque Populaire ou Caisse d’Epargne. Abdérémane F se souvint que l’un de ses cousins détenait un compte dans le 2 ème établissement cité par les malfrats. Il su se faire très insistant auprès de son proche parent en prenant soin de lui fournir le minimum possible de détails sur un transfert d’argent en provenance des Comores. Il finit par obtenir le RIB tant convoité par ses mystérieux interlocuteurs qui s’exprimait en anjouanais et dans la nuit, il apprit de ceux-ci que la somme en question était bien versée et qu’il devait user de persuasion pour les faire récupérer au plus vite car le surplus devait être utilisé pour un événement à caractère religieux devant se tenir à Koungou dans le courant de la matinée de lundi dernier. Il s’exécuta.

Finalement au bout du fil, le représentant local du trio lui appris qu’il ne ferait plus le déplacement depuis Koungou, qu’un tiers larron était en route depuis l’aéroport de Pamandzi pour récupérer les sous. La nuit suivante, les mêmes compères le rappelle au téléphone en le suppliant d’accepter un deuxième virement de 1000 euros cette fois, en guise d’action de charité envers les organisateurs de la même soi disante manifestation religieuse. Son pauvre cousin a failli se faire dépouiller une deuxième fois, en allant retirer les 1000 euros à sa banque pour les lui remettre. Il doit son salut partiel à sa carte bancaire dont le débit limité n’a permis l’opération dans son entier. Le mal étant fait, c’est alors qu’il reçoit un coup de fil de sa banque qui l’avertit que les deux chèques faisaient l’objet d’un signalement pour vol. Trop tard, la totalité de son salaire de juin venait de lui être volé par des « experts en persuasion », dont le cerveau est situé aux Comores. Sa banque l’a prévenu qu’il allait supporter la perte des 1900 euros de ce haut vol.

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Le nord de Mayotte inaugure sa première base de loisirs dédiée au canoë-kayak

Le nord de Mayotte inaugure sa première base de loisirs dédiée au canoë-kayak

À l’occasion du lancement officiel de ses activités nautiques, l’association Canoë-Kayak du Nord de Mayotte organise une journée portes ouvertes ce dimanche 5 juillet, à M’tsangamouji. Jusqu’à présent, seules des séances d’initiation réduites avaient été proposées. Cette journée sera également marquée par l’inauguration de sa base de loisirs, une étape importante pour l’association et pour le développement du tourisme dans le nord de l’île.

La base de loisirs de M’tsangamouji, désormais opérationnelle, devient un pôle dédié à la pratique du canoë-kayak et des sports de pagaie à Mayotte. Ce lieu sera consacré aux activités nautiques tout en intégrant une forte dimension environnementale, notamment à travers des actions de nettoyage des plages.

Le projet est cofinancé par la commune de M’tsangamouji et la Caisse de sécurité sociale de Mayotte. Cette journée symbolise le développement des sports de pagaie sur l’île. Initié l’année dernière, le projet se concrétise aujourd’hui. À Mayotte, le tourisme est principalement tourné vers la découverte des îlots à bord de bateaux à moteur. L’association souhaite toutefois promouvoir une pratique fondée sur les mobilités douces, permettant d’accéder à des zones difficilement accessibles.

Radhuidine Souffou-Ayouba se montre très confiant quant à l’avenir  : « Nous sommes très optimistes quant au développement de cette discipline. Mayotte a beaucoup évolué avec l’essor de la valorisation du parc naturel marin. » Il insiste également sur l’engouement grandissant de la jeune génération pour les sports de pagaie : « Dans un monde où les sports collectifs comme le football et le handball dominent, les jeunes sont de plus en plus nombreux à pratiquer les sports de pagaie. L’influence des médias et des grandes compétitions, comme les Jeux olympiques, y contribue beaucoup. Même la boxe a intégré les CCOI, alors pourquoi pas les sports de pagaie ? », conclut-il.

Le programme de la journée et les modalités

De 9 h à 13 h, un large éventail d’activités sera proposé : découverte des sports de pagaie en famille ou entre amis, visites de la nouvelle base de loisirs et initiations encadrées. Les participants seront répartis en deux groupes : l’un prendra la mer avec trois moniteurs diplômés, tandis que l’autre restera sur la plage avec des animateurs. Les groupes alterneront ensuite entre les différentes activités afin que chacun puisse participer dans les meilleures conditions.

Cet encadrement répond aux exigences réglementaires en matière de sécurité. L’activité est ouverte à partir de 8 ans. Les équipements sont adaptés aux préadolescents comme aux adultes. Toutefois, « il est possible d’initier les enfants de moins de huit ans avec une surveillance très rapprochée des parents, à condition de rester près du rivage », précise l’association. Une manière de susciter l’intérêt des plus jeunes, futurs adhérents de demain.

Côté matériel, une vingtaine de kayaks prêtés par les partenaires seront mis à disposition pour cette journée. La fédération française de canoë kayak, la DRAJES et l’ANS apportent leur soutien à l’association, en attendant la livraison de ses propres embarcations.

L’association Canoë-Kayak du Nord de Mayotte prévoit prochainement d’acquérir plusieurs modèles de kayaks, dont certains inspirés des pirogues, ainsi que des paddles. Enfin, un stand d’information sera installé sur place afin de permettre au public de rencontrer les membres de l’association et d’échanger sur les activités proposées ainsi que sur l’organisation des sorties en mer.

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Mayotte veut peser davantage dans la stratégie maritime française

Mayotte veut peser davantage dans la stratégie maritime française

L’actualisation de la loi de programmation militaire remet Mayotte dans le débat national sur la souveraineté maritime. Lors de l’examen du texte au Sénat, mardi 30 juin, Thani Mohamed Soilihi a salué les engagements pris pour renforcer les infrastructures portuaires et les capacités d’intervention de la Marine nationale dans le territoire.

Avec 36 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2030, la loi de programmation militaire actualisée porte l’effort de défense à 436 milliards d’euros sur la période 2024-2030. Un compromis avait été trouvé le 23 juin en commission mixte paritaire entre députés et sénateurs. Pour Thani Mohamed Soilihi, cet accord “change la donne” et adresse “un message de confiance” aux militaires, dans un contexte international marqué par la guerre en Europe et la multiplication des tensions.

Mais le sénateur mahorais a surtout voulu replacer les outre-mer au centre du sujet. Ces territoires sont, selon lui, “trop souvent traités comme les angles morts” des politiques de défense, alors qu’ils constituent “la première ligne” de la souveraineté française. Mayotte, située dans le canal du Mozambique, est directement concernée par ces enjeux.

Thani Mohamed Soilihi a rappelé les défis auxquels le territoire fait face : pression migratoire, instabilité régionale, trafics, mais aussi reconstruction après les catastrophes naturelles. Dans ce contexte, il estime indispensable de disposer d’infrastructures portuaires adaptées, à la fois pour le développement économique de l’île et pour permettre une présence durable des forces françaises dans la zone.

Le texte prévoit ainsi de conforter les efforts sur les infrastructures portuaires et les capacités d’intervention de la Marine nationale. Un autre amendement prévoit le lancement, dans un cadre interministériel, d’études sur le renforcement de la surveillance des approches maritimes de Mayotte, notamment par des drones ou des ballons. Ces études devront être engagées dans l’année suivant la promulgation de la loi.

Reste désormais à traduire ces orientations en moyens concrets. Pour Mayotte, l’enjeu dépasse le seul cadre militaire : il touche à la sécurité maritime, à la lutte contre les trafics, au contrôle des arrivées clandestines et à la place du territoire dans la stratégie française de l’océan Indien.

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Mamoudzou met à l’honneur Chamsia Salim, première femme fonctionnaire de Mayotte

Mamoudzou met à l'honneur Chamsia Salim, première femme fonctionnaire de Mayotte
Vêtue d’un salouva blanc et or, Chamsia Salim, dite « Mamouniati », pose fièrement à côté de la plaque inaugurée le 31 mai dernier par le maire de Mamoudzou

La mairie de Mamoudzou a décidé de rendre hommage à Chamsia Salim, première femme fonctionnaire de Mayotte, en baptisant de son nom une place de Cavani le 31 mai dernier.  

La place de Cavani située à côté du rond-point des P’tits loups et en face du Douka Be porte désormais le nom de Chamsia Salim, première femme mahoraise à accéder à un poste au sein de la fonction publique. La plaque mentionne malheureusement « Chamsia Bacar », suite à une erreur des fonctionnaires de la mairie chargés de rédiger le texte.  « Je ne comprends pas, je leur avais pourtant donné tous les renseignements nécessaires  » , s’agace l’ancienne secrétaire administrative des Travaux Publics qui a fêté, ce mercredi 1er juillet, ses 77 ans. « Bacar était le nom de famille de l’oncle qui m’a élevée, mais pas le mien », explique-t-elle. Malgré cette erreur, la vieille dame se dit « très fière » d’avoir une plaque à son nom sur la place publique la plus proche de sa maison, car cela témoigne de « la reconnaissance de Mayotte envers son parcours ».

L’une des premières filles scolarisées à Mayotte

Née en 1949 à Kani-keli, Chamsia Salim a été envoyée à l’âge de 4 ans chez son oncle Yahya Bacar à M’tsapéré pour qu’il se charge de son éducation. Ce dernier a tout fait pour quelle puisse être scolarisée, malgré son sexe. « A l’époque, très peu de filles avaient la chance de pouvoir aller à l’école, j’ai été parmi les premières », se souvient la vieille dame. À la fin du CM2, elle échoue malheureusement au concours d’entrée en 6eme à cause de résultats insuffisants en mathématiques. « En revanche, j’étais très bonne en français », précise-t-elle. Cela ne l’empêche pourtant pas de suivre plusieurs formations de dactylographe, secrétaire et standardiste pour décrocher, en 1974, un poste au sein des Travaux Publics de Mayotte qui était encore, à cette époque, sous une administration coloniale commune avec les Comores. Elle devient ainsi la première femme de l’île à décrocher un poste au sein de la fonction publique, d’où la décision du maire Ambdilwahedou Soumaïla de baptiser une place à son nom dans le quartier de Cavani où elle réside depuis de nombreuses années.

Une gardienne de la mémoire du combat de Mayotte

Cette reconnaissance publique ne manque pas d’attiser quelques jalousies. « Certaines personnes m’ont dit que ce n’était pas normal qu’une place soit baptisée de mon nom puisque je suis née à Kani-kéli et non à Mamoudzou. Mais je suis arrivée à Mtsapéré à l’âge de 4 ans, donc moi je considère que je suis d’ici ! », affirme fièrement la vieille dame, qui regrette cet « esprit de clocher » qui règne encore largement dans les villages mahorais. Mariée en 1967, elle a eu 5 enfants dont 3 poursuivent actuellement une carrière dans l’hexagone. Comme le veut la tradition mahoraise, la plupart des gens connaissent d’ailleurs Chamsia sous le surnom de Mamouniati, c’est-à-dire « mère de Mouniati », Mouniati étant son premier enfant.

Si elle était un peu trop jeune pour participer au combat des Anciens pour Mayotte française, l’oncle qui l’a élevée, Yahya Bacar, était un Soroda. Elle a donc pu observer ce combat et le garder en mémoire Pour les générations futures. Quand on lui demande ce qu’elle pense de l’évolution de Mayotte aujourd’hui, elle répond avec pondération : « Pour l’instant on ne voit pas encore les bénéfices que nous apporte le Département à cause de tous ces problèmes de délinquance. Je garde cependant l’espoir qu’un jour ça viendra et je suis sûre que Mayotte a fait le bon choix ! »

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Réformes à Mayotte : pourquoi les promesses de l’État peinent-elles à devenir réalité ?

Réformes à Mayotte : pourquoi les promesses de l'État peinent-elles à devenir réalité ?

Refondation de Mayotte, convergence sociale, reconstruction après le cyclone Chido, lutte contre l’insécurité, amélioration des infrastructures Depuis plusieurs années, les annonces gouvernementales se succèdent pour répondre aux difficultés du 101e département français. Pourtant, sur le terrain, de nombreux Mahorais disent ne pas percevoir les effets concrets de ces réformes. Entre lourdeurs administratives, contraintes budgétaires et défis locaux, pourquoi les changements tardent-ils à se matérialiser ?

Des annonces ambitieuses face à des attentes immenses

Mayotte concentre des défis exceptionnels. Forte croissance démographique, pression migratoire, manque de logements, difficultés d’accès à l’eau, infrastructures insuffisantes, saturation des services publics… Le territoire cumule des problématiques qui nécessitent des investissements considérables.

Pour répondre à cette situation, l’État a multiplié les engagements ces dernières années. La loi de refondation de Mayotte prévoit notamment un renforcement de la sécurité, une amélioration des services publics, une accélération de la convergence sociale avec l’Hexagone et un soutien accru au développement économique. À cela s’ajoutent les mesures annoncées après le passage du cyclone Chido, qui a profondément fragilisé le territoire.

Sur le papier, les ambitions sont importantes. Mais leur traduction concrète reste souvent difficile à percevoir pour une partie de la population.

Le temps administratif, un frein majeur

L’un des principaux obstacles réside dans la complexité des procédures administratives. Entre les études préalables, les appels d’offres, les contraintes environnementales, les acquisitions foncières et les différents niveaux de validation, plusieurs mois, voire plusieurs années, peuvent s’écouler avant le lancement effectif d’un projet.

À Mayotte, ces délais sont souvent accentués par la rareté du foncier disponible, les difficultés liées à l’habitat informel ou encore le manque d’ingénierie dans certaines collectivités.

Une urgence sociale qui dépasse le rythme des réformes

Pendant que les projets avancent progressivement, les difficultés quotidiennes demeurent bien réelles. Le coût de la vie continue de peser sur les ménages, les besoins en logements restent considérables et les établissements scolaires doivent accueillir chaque année des milliers de nouveaux élèves.

Dans le domaine de la santé, les besoins dépassent également les capacités actuelles. Les professionnels dénoncent régulièrement un manque d’effectifs, tandis que les patients sont confrontés à des délais parfois importants pour accéder aux soins.

Cette réalité nourrit un sentiment d’impatience chez de nombreux habitants, qui attendent des améliorations visibles dans leur quotidien.

La convergence sociale, un chantier encore inachevé

L’un des sujets les plus sensibles reste celui de la convergence sociale avec les autres départements français.

Depuis la départementalisation en 2011, plusieurs prestations sociales ont progressivement évolué. Toutefois, certaines restent inférieures à celles versées dans l’Hexagone, alimentant un sentiment d’inégalité chez une partie de la population.

Pour les représentants de l’État, cette convergence doit être progressive afin de préserver les équilibres économiques et budgétaires. Les organisations syndicales et plusieurs élus estiment au contraire que les retards entretiennent les inégalités et freinent le développement du territoire.

Des collectivités confrontées à un manque de moyens

Les communes jouent un rôle essentiel dans la mise en oeuvre des politiques publiques. Pourtant, plusieurs maires rappellent régulièrement les difficultés auxquelles ils sont confrontés : ressources financières limitées, manque de personnel qualifié, besoins d’investissements considérables et hausse constante de la population.

Cette situation complique la réalisation des projets, qu’il s’agisse de construire des écoles, d’entretenir les routes, de développer les réseaux d’eau ou de renforcer les équipements sportifs et culturels.

Entre espoir et impatience

Malgré ces difficultés, plusieurs projets avancent progressivement. Des établissements scolaires sont en construction, des infrastructures routières sont modernisées et des investissements sont engagés dans les domaines de la santé, du logement et de la reconstruction.

Mais pour de nombreux Mahorais, l’urgence sociale impose un rythme plus soutenu. Les attentes restent fortes, notamment sur l’amélioration de la sécurité, l’accès à l’eau potable, la lutte contre l’habitat insalubre et la création d’emplois.

La réussite des grandes réformes dépendra désormais de leur capacité à produire des résultats rapidement perceptibles par la population. Car au-delà des textes de loi et des annonces gouvernementales, ce sont les changements concrets dans la vie quotidienne qui permettront de restaurer la confiance entre les citoyens et les pouvoirs publics.

À Mayotte, l’enjeu dépasse la seule mise en oeuvre des réformes : il s’agit de démontrer que les engagements pris peuvent effectivement transformer durablement le territoire et répondre aux attentes d’une population confrontée à des défis parmi les plus importants de la République.

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Mission Locale : 30 ans d’engagement au service de la jeunesse

Mission Locale : 30 ans d'engagement au service de la jeunesse

« Beaucoup de gens ne nous connaissent pas encore. » Pour y remédier, la Mission Locale de Mayotte a investi la place de la République, à Mamoudzou, à l’occasion de son 30e anniversaire. Aux côtés de ses partenaires, elle a organisé une journée portes ouvertes afin de faire découvrir aux jeunes Mahorais l’ensemble des dispositifs d’accompagnement vers l’emploi, la formation et l’autonomie.

Pour célébrer ses 30 ans, la Mission Locale (ML) de Mayotte a choisi d’aller à la rencontre du public en organisant une journée portes ouvertes sur la place de la République, à Mamoudzou. L’objectif était de toucher un large public, jeunes comme moins jeunes, et de présenter les services proposés par la structure ainsi que ceux de ses nombreux partenaires.

Sur place, les visiteurs pouvaient échanger avec les conseillers répartis sur différents stands : formation, relation entreprises, accompagnement vers l’emploi ou encore dispositifs d’insertion. La journée était également rythmée par des animations et des jeux, avant de laisser place, dans l’après-midi, à une scène ouverte réunissant de jeunes chanteurs accompagnés par la Mission Locale ainsi que plusieurs artistes locaux.

Cette journée constituait le second temps fort des célébrations. La veille, le 1er juillet, un séminaire de restitution s’était tenu à l’hémicycle Younoussa Bamana, au Conseil départemental. Consacré à la jeunesse et à la reconstruction post-Chido, il a permis de restituer les travaux des tables rondes, de recueillir les témoignages de jeunes et de présenter plusieurs projets autour de la mobilité, de l’insertion, des épiceries solidaires et de l’accompagnement vers l’emploi.

« Nous organisons cet événement sur la place de la République pour toucher un maximum de personnes, en particulier les jeunes. Cela fait 30 ans que nous existons, mais beaucoup de gens ne nous connaissent pas encore », explique Djabiri Madi, directeur du développement et de la communication de la Mission Locale de Mayotte.

Aujourd’hui, la Mission Locale accompagne plus de 13 700 jeunes, dont 6 877 sont suivis activement. Elle s’adresse principalement aux jeunes de 16 à 25 ans, notamment ceux sortis du système scolaire, afin de favoriser leur insertion professionnelle et de construire avec eux un parcours adapté à leur projet.

Chaque jeune bénéficie d’un accompagnement personnalisé assuré par un conseiller, qui l’oriente vers les dispositifs les plus adaptés à sa situation. Le Parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie (PACEA) constitue le principal dispositif. D’une durée pouvant aller jusqu’à 24 mois, il combine des actions de formation, des immersions en entreprise et un accompagnement sur les freins périphériques à l’emploi, tels que la mobilité, le logement ou la santé.

Pour les jeunes les plus éloignés de l’emploi, la Mission Locale propose également le Contrat d’engagement jeune (CEJ), un accompagnement renforcé comprenant un suivi hebdomadaire dans les démarches de recherche d’emploi et les formalités administratives, assorti d’une allocation mensuelle sous conditions.

La mobilité demeure l’un des principaux obstacles rencontrés par les jeunes accompagnés. Pour répondre à cette problématique, la Mission Locale a mis en place le dispositif « Permis solidaire », qui permet de financer le permis de conduire de certains bénéficiaires. Au-delà de l’insertion professionnelle, la structure propose également un accompagnement social avec une psychologue mise gratuitement à disposition des 16-25 ans, ainsi que des dispositifs de parrainage et de service civique.

Autour du stand principal de la Mission Locale, plusieurs partenaires étaient également présents pour présenter leurs dispositifs. Le Régiment du Service Militaire Adapté (RSMA) a notamment mis en avant son parcours de formation professionnelle de dix mois, entièrement pris en charge (hébergement, restauration et rémunération), avec un taux d’insertion supérieur à 80 % selon l’organisme.

La Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Mayotte présentait quant à elle son offre de formation ainsi que son CFA CISM, spécialisé dans les formations en alternance destinées à favoriser l’insertion des jeunes et des demandeurs d’emploi. Enfin, le pôle mobilité informait le public sur son dispositif de formation à l’île Maurice, entièrement financé pour les candidats remplissant les conditions d’éligibilité.

Pour en savoir plus sur les dispositifs proposés, rendez-vous sur le site de la Mission Locale de Mayotte : https://mlm976.org/.

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BGE Mayotte propose des ateliers de formation pour les entrepreneurs

BGE Mayotte propose des ateliers de formation pour les entrepreneurs

BGE Mayotte met en place un programme mensuel d’ateliers à destination des dirigeants et porteurs de projet afin de renforcer leurs compétences et accompagner le développement de leur activité.

Ces sessions, accessibles en présentiel et à distance, et prochainement en e-learning, abordent des thématiques essentielles telles que la facturation, le recouvrement, la communication, la gestion d’entreprise ou encore le développement commercial.

En complément, les membres du BGE Club peuvent participer à des webinaires mensuels permettant d’échanger entre entrepreneurs et de rester informés des bonnes pratiques.

Les inscriptions aux ateliers se font via contact@bgemayotte.fr, tandis que l’adhésion au BGE Club et aux webinaires est possible à l’adresse bgeclub@bgemayotte.fr.

L’OMS de Tsingoni lance une nouvelle édition de « Femmes & Sport »

L'OMS de Tsingoni lance une nouvelle édition de « Femmes & Sport »

L’OMS de Tsingoni ouvre les inscriptions pour une nouvelle édition de son projet « Femmes & Sport », placée cette année sous le thème « Le sport et la santé mentale ». Le séjour se déroulera du 21 décembre 2026 au 3 janvier 2027 entre Mayotte, La Réunion et Zanzibar, autour d’activités sportives et de temps d’échanges.

Réservé aux adhérentes de l’association participant régulièrement aux cours collectifs, le voyage donnera lieu à une sélection sur tests sportifs adaptés. Seules dix participantes seront retenues.

Les candidatures sont ouvertes jusqu’au vendredi 17 juillet. Renseignements au 06 39 39 16 78.

Étude sous-marine : Formation pour devenir « observateur en mer »

Étude sous-marine : Formation pour devenir "observateur en mer"

L’association Ceta’Maore propose sa 2ᵉ session 2026 de la formation « Observateur en mer », le jeudi 16 juillet 2026 de 8h00 à 13h00, dans la salle Code de la DEALM à M’tsapéré. Pour y participer, il faut au préalable adhérer à Ceta’Maore et s’inscrire via HelloAsso.

Cette formation d’une demi-journée est obligatoire pour embarquer lors des prochaines sorties et participer à la campagne scientifique WUJUA ( » Connaître  » en shimaore). L’objectif est d’acquérir des données scientifiques sur les espèces sous-marines et les individus qui les composent. Depuis 2023, plus de 60 sorties en mer ont permis d’observer plus de 200 groupes, représentant 13 espèces différentes autour de Mayotte. L’association souhaite poursuivre cette collecte de données grâce aux nouveaux bénévoles formés.

Le CESEM appelle à davantage de transparence et de suivi des politiques publiques

Le CESEM appelle à davantage de transparence et de suivi des politiques publiques

Réuni le 25 juin, le Conseil économique, social et environnemental de Mayotte (CESEM) a rendu une série d’avis sur plusieurs dossiers soumis par le Département-Région. Si la plupart des rapports ont reçu un avis favorable, souvent assorti de recommandations, l’institution a en revanche rejeté le projet d’ordonnance sur la convergence sociale, estimant qu’il ne garantit pas une égalité suffisante en matière de sécurité sociale et de minima sociaux. Au-delà de ce désaccord, le CESEM insiste sur la nécessité de renforcer la transparence, le suivi et l’évaluation des politiques publiques, notamment en matière de finances, d’investissements, de sport, de logement, de jeunesse et de solidarité, afin d’améliorer l’efficacité de l’action publique à Mayotte.

A l’Assemblée, Anchya Bamana presse le gouvernement de “passer à l’action”

A l’Assemblée, Anchya Bamana presse le gouvernement de “passer à l’action”

La députée de Mayotte Anchya Bamana a interpellé, mardi 30 juin, le gouvernement sur la situation migratoire et le campement de Tsoundzou. Face à elle, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a défendu l’action de l’État, affirmant que plus de 10 000 reconduites à la frontière avaient été effectuées depuis le début de l’année.

Lors des questions au gouvernement, Anchya Bamana a consacré son intervention à la situation migratoire à Mayotte, en ciblant notamment le campement de Tsoundzou. La députée a dénoncé une situation devenue “insoutenable”.

À Tsoundzou, le gouvernement a prétendu démanteler un campement illégal. Aujourd’hui, la situation est catastrophique”, a-t-elle lancé. Pour l’élue, les personnes évacuées “se déplacent” et “se réinstallent ailleurs”, faute d’exécution des décisions d’éloignement. Elle a aussi vivement critiqué l’hypothèse d’un dispositif d’accueil collectif des migrants, qui serait selon elle une “provocation” pour les Mahorais.

Anchya Bamana a rappelé que l’Assemblée de Mayotte s’était opposée, le 26 mai, “à l’unanimité”, à tout dispositif de ce type. “Allez-vous enfin respecter la volonté unanime des élus mahorais qui vous demandent instamment de démanteler le camp de Tsoundzou ?”, a-t-elle demandé, accusant le gouvernement de pratiquer “la politique du pire”.

Tandis qu’elle s’adressait au Premier ministre, c’est le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, qui lui a répondu. Il a d’abord assuré que le gouvernement avait “parfaitement conscience de la pression migratoire exceptionnelle” que subit Mayotte, “qui n’a aucun équivalent ailleurs sur le territoire national”. Le ministre a mis en avant les moyens engagés sur place :  “cinq escadrons mobiles” et “1 200 policiers” mobilisés pour sécuriser le territoire et procéder aux reconduites.

Kingia : 3 900 reconduites à la frontière en deux mois

Laurent Nuñez a également défendu le bilan de l’État en matière d’éloignements. “Nous sommes à plus de 10 000 reconduites effectives depuis le début de l’année”, a-t-il indiqué. Selon lui, l’opération Kingia, menée de début avril au 1er juin, a permis à elle seule “3 900 reconduites effectives”, en plus d’actions contre “l’immigration illégale, l’économie illégale et l’habitat illégal”.

Le ministre a aussi mis en avant l’action menée en mer. Selon lui, le taux d’interception des embarcations a progressé de 100 % en 2025 et continue d’augmenter en 2026. Un chiffre à distinguer toutefois du nombre total de kwassas interceptés. D’après le bilan de la préfecture, 390 embarcations ont été interceptées en 2025, contre 493 en 2024, soit une baisse d’environ 20 %. Un recul lié au cyclone Chido, qui a endommagé une partie des moyens de détection et d’intervention. Ainsi, le taux évoqué par le ministre mesure la proportion d’embarcations interceptées parmi celles repérées.

Sur Tsoundzou, le ministre a dit avoir “bien entendu” le message des élus mahorais. “J’ai bien pris note de leur souhait que ce camp ne soit pas réimplanté”, a-t-il déclaré, en précisant que l’État travaillait actuellement à sécuriser le site et à engager des discussions avec les pays de provenance des migrants, “essentiellement des pays de la Corne de l’Afrique ou des Grands Lacs”.

En ce sens, Laurent Nuñez a indiqué travailler sur des “dispositifs de reconduite forcée” et, le cas échéant, des retours volontaires avec aide au retour.

Jusqu’ici Mayotte était exclue de l’aide au retour volontaire. La loi du 11 août 2025 de programmation pour la refondation de Mayotte a ouvert la voie à un régime dérogatoire. Dans le cadre d’opérations de lutte contre l’immigration irrégulière, l’OFII peut désormais prendre en charge les démarches administratives, le voyage vers le pays de retour et verser une allocation forfaitaire à des étrangers en situation irrégulière visés par une OQTF. Les ressortissants comoriens et malgaches en sont toutefois exclus. Reste que la formule employée par Laurent Nuñez demeure imprécise : elle ne permet pas de savoir si le gouvernement entend poursuivre les procédures d’éloignement déjà existantes ou préparer un nouveau cadre opérationnel.

Dans sa réplique, Anchya Bamana a dénoncé des “discours sans lendemain”. Elle a rappelé avoir visité le camp de Tsoundzou, et décrit une situation “pas digne de notre France, pays des droits de l’homme”. “Quand allez-vous considérer Mayotte comme un territoire français où règne la loi et non un dépotoir réceptacle des lâchetés successives du gouvernement ?”, a-t-elle lancé, demandant à l’exécutif “d’arrêter les discours” et de “passer enfin à l’action”.

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L’ancien proviseur de petite terre jugé à la Réunion

L’ancien proviseur de petite terre jugé à la Réunion

Pendant deux jours, la Cour criminelle de Saint-Denis va se pencher sur une affaire qui mêle accusations de violences sexuelles incestueuses, responsabilités familiales et interrogations sur les mécanismes de signalement. À la barre comparaissent Jacques G., ancien principal du collège Juliette-Dodu et ancien chef d’établissement au lycée de petite terre, ainsi que son ex-épouse, chacun poursuivi pour des faits distincts mais liés à une même affaire dont les origines remontent à plusieurs années.

L’ouverture de ce procès marque une nouvelle étape judiciaire dans un dossier particulièrement sensible. Ancien cadre de l’Éducation nationale, Jacques G. est poursuivi pour des viols et des agressions sexuelles incestueuses commis, selon l’accusation, sur une enfant de moins de quinze ans. Les faits reprochés auraient débuté en 2015 selon nos confrères de Réunion la 1ère, alors qu’il exerçait les fonctions de chef d’établissement au lycée de petite terre.

L’affaire avait éclaté au grand jour au printemps 2020 lorsqu’il s’était présenté de son propre chef au commissariat Malartic, à Saint-Denis, afin de dénoncer les faits qui lui sont aujourd’hui reprochés. Cette démarche inhabituelle avait immédiatement entraîné des conséquences administratives. Le ministère de l’Éducation nationale avait alors décidé de le suspendre de ses fonctions, estimant que les accusations étaient incompatibles avec l’exercice de responsabilités auprès de mineurs.

Au cœur du dossier figure une enfant proche de la famille, âgée de seulement huit ans au moment des faits présumés. Les débats devront permettre d’établir avec précision la chronologie des événements, mais également de comprendre pourquoi l’affaire est restée inconnue pendant plusieurs années avant d’émerger devant la justice.

L’un des principaux points de confrontation concerne le rôle de l’ex-épouse de Jacques G. L’ancien chef d’établissement affirme qu’elle aurait gardé le silence en échange d’un soutien financier. Une version que cette dernière conteste catégoriquement depuis le début de la procédure.

Selon ses déclarations, c’est en mars 2017 qu’elle aurait découvert fortuitement une clé USB cachée contenant des vidéos montrant des scènes d’abus sur la jeune victime. Face à cette découverte, elle explique avoir quitté Mayotte pour s’installer à Madagascar avec leur fils.

Les flux financiers entre les deux anciens époux feront également partie des éléments examinés par la Cour. Là où Jacques G. évoque un possible chantage, son ex-femme soutient qu’il s’agissait uniquement du versement d’une pension alimentaire ainsi que du financement d’un projet de création d’un établissement scolaire à Madagascar.

Mais l’ex-épouse ne comparaît pas uniquement comme témoin de cette affaire. Elle devra répondre devant les juges de plusieurs infractions. La justice lui reproche d’abord une non-dénonciation de mauvais traitements sur mineure. Les poursuites vont toutefois au-delà de cette seule accusation puisqu’elle est également renvoyée devant la Cour criminelle pour des faits de privation et d’agressions sexuelles incestueuses concernant la même enfant.

Cette double comparution illustre la complexité du dossier, dans lequel la justice devra distinguer les responsabilités individuelles de chacun des accusés à partir des éléments recueillis au cours de l’enquête et des débats. Le procès devrait également revenir sur les circonstances dans lesquelles les faits ont pu demeurer inconnus durant plusieurs années, ainsi que sur les réactions des différents protagonistes après leur découverte présumée. Les magistrats entendront les témoignages, analyseront les preuves versées au dossier et confronteront les différentes versions afin de déterminer les responsabilités pénales de chacun.

Aujourd’hui retraité de l’Éducation nationale, Jacques G. encourt une peine pouvant aller jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle s’il est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés. Son ex-épouse risque jusqu’à dix années d’emprisonnement pour les infractions poursuivies à son encontre.

Au-delà des personnes jugées, cette affaire rappelle les enjeux majeurs liés à la protection des mineurs, à la détection des violences intrafamiliales et au devoir de signalement lorsque des faits susceptibles de mettre un enfant en danger sont portés à la connaissance d’un adulte.

Le procès, qui s’est ouvert ce mercredi 1er juillet devant la Cour criminelle de Saint-Denis, devra désormais permettre d’établir les faits, d’examiner les responsabilités de chacun et d’apporter des réponses judiciaires à une affaire particulièrement grave. Conformément aux principes fondamentaux du droit, Jacques G. comme son ex-épouse demeurent présumés innocents jusqu’à ce qu’une décision de justice définitive soit rendue.

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A Mayotte, la reconstruction relance l’économie sans dissiper les fragilités

A Mayotte, la reconstruction relance l'économie sans dissiper les fragilités

Un an après le passage du cyclone Chido, l’économie mahoraise reprend progressivement des couleurs. Selon le rapport annuel 2025 de l’IEDOM, la reconstruction a largement soutenu l’activité, portée par les chantiers du bâtiment et des travaux publics ainsi que par les investissements publics. La consommation des ménages repart également à la hausse grâce au renouvellement des biens détruits et aux aides versées après la catastrophe.

Les effets de la catastrophe naturelle ont profondément redessiné l’activité économique. Les travaux de réhabilitation des logements, des bâtiments publics et des infrastructures ont soutenu le secteur du bâtiment et des travaux publics tout au long de l’année. Cette mobilisation s’est traduite par une reprise de l’investissement et une amélioration progressive de l’activité dans le commerce et les services, après une année 2024 marquée par une succession de crises.

Le redémarrage est également visible dans la consommation des ménages. Les aides publiques, les indemnisations et le remplacement des biens détruits ont alimenté une hausse des achats. Les importations ont progressé de près de 26 %, atteignant un niveau inédit de plus de 300 millions d’euros. Les biens d’équipement, les matériaux de construction et les véhicules figurent parmi les produits les plus demandés. Cette dynamique s’est accompagnée d’une progression des crédits bancaires, en particulier des prêts à la consommation, largement utilisés pour financer les travaux de réparation.

Dans le même temps, l’inflation est restée relativement contenue. Les prix ont augmenté de 1,3 % en moyenne sur l’année, un rythme inférieur à celui observé les années précédentes, grâce notamment au recul des prix de l’énergie. Cette stabilité a contribué à préserver le pouvoir d’achat, malgré une hausse persistante des prix alimentaires.

Des fragilités toujours présentes

Cette amélioration ne suffit cependant pas à masquer les vulnérabilités de l’économie mahoraise. Le rapport rappelle que la croissance repose avant tout sur un effort exceptionnel de reconstruction et sur la dépense publique. Le chômage demeure élevé, les infrastructures restent insuffisantes face à une démographie en forte progression et la dépendance aux financements de l’État continue de structurer l’économie locale.

L’agriculture apparaît comme le secteur le plus durement affecté par le cyclone. Les pertes enregistrées dans les cultures vivrières et d’exportation ralentissent la reprise et compliquent les ambitions affichées en matière d’autonomie alimentaire. Les difficultés d’accès à l’eau constituent également un frein durable, dans un contexte où les épisodes de sécheresse et les effets du changement climatique accentuent la pression sur les ressources.

À ces contraintes internes s’ajoutent des incertitudes extérieures. L’IEDOM relève que les tensions géopolitiques internationales et la hausse des coûts du transport maritime pourraient renchérir les importations, dont dépend largement le territoire, avec le risque d’une accélération de l’inflation dans les prochains mois.

Le défi de l’après-reconstruction

Les perspectives pour 2026 restent néanmoins orientées à la hausse. La poursuite des programmes de reconstruction et des investissements publics devrait soutenir l’activité économique. La loi de programmation adoptée en faveur de Mayotte prévoit plusieurs milliards d’euros d’ici à 2031 pour moderniser les infrastructures et accompagner le rattrapage du territoire.

L’institut estime toutefois que l’enjeu dépasse désormais la seule reconstruction. La concrétisation des projets dépendra de la rapidité des décaissements, de la réduction des délais de paiement et de la capacité des pouvoirs publics à transformer les engagements financiers en réalisations effectives. Pour Mayotte, la question n’est plus seulement de réparer les dégâts laissés par Chido, mais de convertir cet effort exceptionnel en un développement durable, moins dépendant de la dépense publique et davantage fondé sur la diversification de son économie.

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Influences étrangères négatives : un jugement qui suscite des interrogations à Mayotte

Influences étrangères négatives : un jugement qui suscite des interrogations à Mayotte

Une information préoccupante concernant Mayotte a été relayée lundi soir par l’ensemble des médias nationaux, sans qu’elle ne suscite le moindre commentaire sur le territoire. Pourtant, elle mérite toute l’attention, tant sur les plans diplomatique, sécuritaire, religieux, sociétal, social, culturel que juridique.

En effet, plusieurs chaînes de télévision ont rendu compte du jugement par contumace (en l’absence physique des personnes concernées) de deux Français originaires de Mayotte, dans le cadre d’un réseau de recrutement de djihadistes à destination de la Syrie, au départ du département de La Réunion.

Si l’identité des deux prévenus n’a, pour l’instant, pas été révélée au public, les faits qui leur sont reprochés sont suffisamment graves, notamment au regard de l’image de l’île, de ses habitants et de ses traditions, pour susciter une vive inquiétude sur l’ensemble du territoire, en particulier au sein du clergé musulman.

« C’est à n’y rien comprendre », confie Abdoulhamid Mouhamimadi, foundi (enseignant) dans une école coranique de l’agglomération de Mamoudzou.

« Avec vingt-quatre heures de recul, je dirais que cette séquence diffusée au journal télévisé du soir en métropole était d’une telle gravité qu’elle n’appelait aucun commentaire immédiat de la part des responsables religieux, en général, et des musulmans en particulier. Il n’y a rien, dans cette affaire, qui soit lié à la pratique de l’islam à Mayotte, et encore moins à celle de l’immense majorité des musulmans de l’île », observe le foundi Abdoulhamid Mouhamimadi.

Cette actualité semble avoir pris les Mahorais de court, tant par son ampleur que par le secret de l’instruction, qui n’a pas permis aux habitants du département de connaître l’identité des deux protagonistes de cette affaire judiciaire.

Chacun s’interroge sur la manière dont deux de leurs compatriotes ont pu être embrigadés dans les réseaux du djihadisme international, aujourd’hui largement associé au terrorisme et aux luttes d’influence entre États.

« Il n’y a qu’un seul Dieu, un seul Créateur, quelles que soient les obédiences d’une religion. Comment nos enfants peuvent-ils s’égarer à ce point au contact de certains courants politico-religieux du monde arabo-musulman ? Ils ne sont tout de même pas ignorants au point d’oublier les garde-fous que nos aïeux ont instaurés lors de l’adoption de l’islam à Mayotte, en se distinguant des autres traditions islamiques présentes à Madagascar, aux Comores, à Zanzibar, en Tanzanie, au Kenya, en Somalie ou encore au Yémen. »

Cette observation n’est pas anodine. Elle émane de Saïd Mohamed Darmi, bilal (sacristain) dans l’une des principales mosquées du vendredi de Petite-Terre.

Jusqu’à se mettre en marge du socle principal de l’islam sous l’influence de courants étrangers

« Nos aïeux ont su nous préserver des influences extérieures dès l’introduction de l’islam à Mayotte par les Chiraziens à Tsingoni. Aujourd’hui, nous sacrifions progressivement notre patrimoine culturel et cultuel, au point de perdre nos repères », rappelle le bilal.

Il poursuit sa réflexion en estimant qu’une copie ne vaudra jamais l’original et que l’islam des premiers temps ne peut être assimilé à certaines interprétations contemporaines. Il met également en garde contre ce qu’il considère comme une confusion entre différents courants de l’islam.

Selon lui, Mayotte s’inscrit historiquement dans la tradition sunnite et il n’y a pas lieu d’ouvrir un débat dogmatique. « Ceux qui ont été jugés par contumace en métropole illustrent malheureusement des dérives que nous ne pouvons que déplorer », affirme-t-il.

Au sein du clergé musulman mahorais, il est loin d’être le seul à considérer cette situation comme préjudiciable à l’évolution harmonieuse de l’islam sur l’île.

À ses yeux, la jeune génération, très présente sur les réseaux sociaux, doit être davantage sensibilisée afin de résister aux discours extrémistes qui détournent les fondements de l’islam. Il estime que ces idéologies n’ont rien à voir avec les enseignements originels de cette religion et qu’elles ne sauraient justifier le terrorisme.

« Mayotte n’a rien à voir avec tout cela. L’ensemble des citoyens attachés aux valeurs de la République doit contribuer à préserver les particularités de l’islam pratiqué sous les latitudes mahoraises. »

Il met également en cause l’ancien président comorien Ahmed Abdallah Sambi, actuellement détenu à Moroni, qu’il accuse d’avoir favorisé la diffusion de courants islamistes plus rigoristes dans l’archipel, et, dans une moindre mesure, à Mayotte ainsi qu’à Madagascar.

Selon lui, les discours et les actions véhiculés par ces courants sont contraires aux valeurs ancestrales et coutumières de la région et doivent être combattus lorsqu’ils incitent à la violence.

Enfin, il ne s’explique pas que des natifs de Mayotte, élevés dans une tradition religieuse qu’il qualifie de tolérante, aient pu être entraînés dans des mouvements djihadistes en Syrie, au point d’avoir aujourd’hui à répondre de leurs actes devant la justice française.

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Vacances scolaires : au sud de Mayotte, les associations multiplient les initiatives pour occuper les jeunes

Vacances scolaires : au sud de Mayotte, les associations multiplient les initiatives pour occuper les jeunes

Tournois sportifs, stages, animations culturelles ou encore activités éducatives : pendant les vacances scolaires, les associations mahoraises redoublent d’efforts pour proposer des alternatives aux jeunes. Dans le sud de l’île, la troisième édition de la Trésor Cup, organisée le 1er août sur le plateau de M’zouasia, illustre cette mobilisation. Un engagement qui dépasse largement le simple cadre du sport et participe à la prévention de l’oisiveté durant les congés.

Des vacances rythmées par le sport à M’zouasia

Le 1er août prochain, dès 9 heures, le plateau de M’zouasia accueillera la troisième édition de la Trésor Cup. L’événement, organisé par une association locale, mettra le football à l’honneur avec un tournoi dont le vainqueur repartira avec 300 euros. Mais au-delà de la compétition, les organisateurs souhaitent faire de cette journée un véritable rendez-vous familial.

Au programme figurent également un stand de restauration, des animations pour petits et grands, un match de gala ainsi que plusieurs récompenses, dont un maillot Maore Vibes à gagner. L’objectif est de réunir les habitants autour d’un événement convivial tout en offrant aux jeunes une activité encadrée pendant les vacances.

« Nous voulons que les jeunes passent une journée dans un cadre positif, où le sport devient un moyen de partager et de créer du lien », expliquent les bénévoles impliqués dans ces initiatives.

Le sport comme outil de prévention

À Mayotte, les vacances scolaires représentent souvent une période sensible. Beaucoup de parents continuent à travailler tandis que les structures d’accueil restent limitées selon les communes. Les adolescents disposent alors de davantage de temps libre, parfois sans activité organisée.

Face à cette réalité, les associations sportives jouent un rôle essentiel. Les tournois de football, de basket, de handball ou encore les compétitions de quartier permettent d’occuper les jeunes tout en transmettant des valeurs de respect, de discipline et d’esprit d’équipe.

Au-delà des performances sportives, ces rendez-vous constituent également des espaces de rencontre entre villages et générations.

Une mobilisation qui s’étend à toute l’île

La Trésor Cup n’est pas un cas isolé. Durant chaque période de vacances, de nombreuses associations mahoraises proposent des activités destinées aux enfants et aux adolescents.

À Mamoudzou, Kawéni, Dembéni, Bandrélé, Chirongui, Bouéni, Sada ou encore Mtsamboro, plusieurs structures organisent des stages sportifs, des ateliers culturels, des initiations artistiques, des sorties de découverte ou encore des journées citoyennes. Certaines mettent également en place des actions de soutien scolaire ou des « vacances apprenantes » afin d’allier loisirs et réussite éducative.

Ces initiatives reposent en grande partie sur l’engagement des bénévoles, des éducateurs sportifs et des partenaires institutionnels qui financent ou accompagnent ces projets.

Créer du lien social pendant les congés

Pour les responsables associatifs, l’objectif dépasse largement l’organisation d’un simple tournoi.

Ces événements favorisent la mixité entre les villages, renforcent le sentiment d’appartenance à un territoire et permettent aux jeunes de développer leur confiance en eux. Ils offrent aussi l’occasion aux familles de partager un moment convivial dans un environnement sécurisé.

Les organisateurs constatent d’ailleurs que ces manifestations attirent chaque année un public plus nombreux, preuve d’un besoin réel d’animations locales pendant les vacances.

Des besoins encore importants

Malgré cette dynamique associative, plusieurs acteurs estiment que l’offre reste insuffisante au regard de la jeunesse mahoraise. Mayotte est le département le plus jeune de France et les vacances scolaires concernent plusieurs dizaines de milliers d’enfants et d’adolescents.

Le manque d’infrastructures sportives, les difficultés de transport ou encore les moyens financiers limités des associations freinent parfois le développement de nouvelles activités.

Pour beaucoup d’entre elles, chaque tournoi ou animation représente donc un véritable défi logistique, rendu possible grâce à l’implication des bénévoles et des partenaires locaux.

Le défi d’occuper la jeunesse toute l’année

À travers la Trésor Cup et les nombreuses animations organisées sur l’ensemble du territoire, les associations démontrent qu’elles sont devenues des acteurs incontournables de la vie sociale mahoraise. En proposant des activités accessibles pendant les vacances scolaires, elles offrent aux jeunes des espaces d’expression, de loisirs et de rencontres.

Si ces initiatives ne peuvent répondre à elles seules à tous les enjeux de la jeunesse à Mayotte, elles participent néanmoins à créer un cadre positif où le sport, la culture et la solidarité deviennent des leviers d’épanouissement. Une mobilisation qui, année après année, continue de prendre de l’ampleur dans les communes du sud comme dans le reste de l’île.

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Coupe du monde : à Mayotte, les supporters saluent l’esprit collectif et la démonstration offensive de l’équipe de France

Coupe du monde : à Mayotte, les supporters saluent l'esprit collectif et la démonstration offensive de l'équipe de France

Les Bleus s’imposent comme l’un des favoris de la Coupe du monde 2026, pour le plus grand bonheur des supporters et observateurs mahorais. Leaders du groupe I lors de la phase de poules et larges vainqueurs de leur seizième de finale face à la Suède, Kylian Mbappé et ses coéquipiers poursuivent leur rêve de décrocher une troisième étoile. À Mayotte, les témoignages sont enthousiastes, tout en restant mesurés, chacun analysant les forces et les axes d’amélioration de l’équipe.

Depuis plusieurs semaines, Mayotte, comme le reste de la planète, vibre au rythme de la Coupe du monde. Au centre de Mamoudzou, près de la barge, les avis se multiplient sur ce début de compétition.

Valentin, 29 ans et passionné de football, livre son analyse : « L’équipe de France gagne en confiance et en efficacité. On a une attaque incroyable, avec des qualités partout, et le danger est permanent. En défense, ça pêche un peu. Au milieu, ça va aussi. Rabiot se projette bien, il a beaucoup tenté sa chance. Il y a vraiment une philosophie de jeu très offensive. »

Un peu plus loin, Chamsi. Sans être un grand amateur de football, il apprécie la convivialité qui entoure cette équipe et se laisse porter par la ferveur populaire : « Je pense qu’il y a beaucoup d’engouement autour de cette équipe, à Mayotte, à La Réunion comme en métropole. » Au-delà d’une attaque qu’il qualifie de « fusionnelle », il met également en avant le multiculturalisme des Bleus : « L’histoire de la France n’appartient pas à un seul peuple. Ce mélange crée un esprit que les autres équipes n’ont pas. Si je devais qualifier cette équipe en un mot, ce serait : le vivre-ensemble. »

Maddahi, 26 ans, originaire de Mamoudzou, revient sur le seizième de finale remporté face à la Suède : « Il y a une vraie cohésion entre les attaquants. Je pense que c’est le meilleur match de l’équipe de France, mais il ne faut pas s’emballer non plus, car la Suède est une équipe assez faible. » Il insiste également sur les hommes forts de la sélection : « Mbappé montre vraiment qu’il est le patron. Un Mbappé en Coupe du monde, c’est tout simplement le meilleur joueur. Upamecano et Saliba sont très efficaces ; ce sont, à mon sens, les meilleurs défenseurs de la compétition. » Il rappelle toutefois qu’il faudra rester vigilant face aux équipes qui aiment monopoliser le ballon.

« Qui dit possession dit souvent domination du milieu de terrain », résume Imna, 26 ans, résidente de Mandzarisoa. Elle s’inquiète justement de ce secteur de jeu : « Si le milieu perd le contrôle, l’équipe peut vite être coupée en deux. » Elle rappelle néanmoins un atout majeur des Bleus : « La France a un énorme avantage : elle peut gagner un match sans forcément dominer son adversaire. » Elle souligne également la force du collectif et l’efficacité offensive de cette sélection.

Du côté de Cavani, les admirateurs sont eux aussi nombreux et particulièrement confiants, à l’image d’Amine : « Je pense qu’ils ont une bonne équipe, une bonne attaque. Ils ont gagné tous leurs matchs avec de bons scores. Je pense qu’ils iront en finale. »

Saïd, supporter de longue date, est tout aussi admiratif : « L’équipe de France est la meilleure. Techniquement et tactiquement, c’est du très haut niveau. Ce sont des champions. Après, tout dépendra de leur état d’esprit sur le terrain. J’aime beaucoup Mbappé et Barcola », conclut-il.

Les Tricolores cumulent désormais 13 buts depuis le début du Mondial, ce qui fait d’eux la meilleure attaque du tournoi. Prochaine étape : les huitièmes de finale, avec un France–Paraguay programmé ce samedi à Philadelphie.

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Handicap : Mayotte inaugure son premier ESAT, une « avancée historique » selon l’APAJH

Handicap : Mayotte inaugure son premier ESAT, une « avancée historique » selon l'APAJH

Mayotte compte, depuis ce mercredi 1er juillet, son premier Établissement et Service d’Aide par le Travail (ESAT). Inauguré à Dembéni, l’ESAT « Tarehi » doit permettre à cinquante Mahorais en situation de handicap d’accéder enfin à un emploi adapté, après des années de blocage réglementaire. Une avancée saluée comme historique, mais encore loin de répondre à l’ensemble des besoins du territoire.

L’Association pour adultes et jeunes handicapés (APAJH) a inauguré, ce mercredi 1er juillet, le premier Établissement et Service d’Aide par le Travail (ESAT) de Mayotte, à Dembéni. Baptisé « Tarehi », l’établissement, géré par la Fédération APAJH, accompagnera cinquante Mahorais en situation de handicap vers l’insertion professionnelle.

Devant les officiels et les familles réunis à Dembéni, la présidente du CCAS de la commune s’est adressée directement aux futurs travailleurs de l’ESAT, présentant l’établissement comme « un lieu d’apprentissage, de réussite et de confiance en l’avenir ». Elle a toutefois rappelé la difficulté de faire avancer ces dossiers « quand les institutions ne suivent pas », pointant le manque de structures d’accompagnement médico-social sur le territoire. « Nous ouvrons une nouvelle page de l’histoire de Mayotte : l’inclusion devient une réalité concrète », a-t-elle conclu.

Est ensuite venu le témoignage de l’un des premiers travailleurs accueillis par l’APAJH, accompagné de sa mère. Le jeune homme a exprimé sa fierté d’être présent et de voir un tel établissement ouvrir ses portes à Mayotte. À ses côtés, sa mère, très émue, a évoqué les années de souffrance passées sans solution pour son fils, avant de saluer le soutien qu’elle trouve aujourd’hui auprès de la structure.

Le projet est porté par l’Agence régionale de santé (ARS) depuis 2023. Un appel à manifestation d’intérêt avait été lancé en septembre 2024, avant la signature des conventions entre l’ARS et l’APAJH le 26 juin 2025. Une étape décisive avait toutefois dû être franchie en amont au niveau national : depuis 2013, un moratoire budgétaire interdisait la création de nouvelles places d’ESAT en France, y compris en outre-mer.

« Depuis 2013, il est interdit en France de créer des places d’ESAT. À Mayotte, cette décision était injuste et inadaptée », explique Jean-Louis Garcia, président de la Fédération APAJH. Il a présenté la levée de ce moratoire pour les territoires ultramarins comme « une victoire » obtenue de haute lutte par l’association : « C’est un grand combat que nous menons depuis des années : convaincre le gouvernement que l’outre-mer manque de places d’ESAT, en particulier à Mayotte. Il fallait qu’au niveau national, le Premier ministre décide de lever le moratoire de 2013. C’est chose faite : cinquante Mahorais en situation de handicap, aujourd’hui exclus, vont pouvoir travailler et vivre comme tout le monde. »

Si l’annonce est saluée comme historique, l’ampleur des besoins reste immense. « Seulement cinquante places pour cent quatre-vingts demandes. Mais hier, c’était zéro : c’est une avancée considérable », a relativisé Jean-Louis Garcia. Premier partenariat concret : dix travailleurs seront prochainement employés par la mairie de Mamoudzou pour assurer l’entretien des espaces verts de la commune. Par la suite, un projet de résidence autonomie est à l’étude afin d’accompagner les personnes en situation de handicap à un âge plus avancé. Côté activités, l’ESAT ne compte pas s’arrêter à l’entretien des espaces verts : « Nous allons trouver d’autres perspectives pour former sur d’autres métiers, notamment le maraîchage », a-t-il indiqué.

Du côté des financeurs, il a été rappelé que toutes les administrations et entreprises sont légalement tenues d’employer 6 % de travailleurs en situation de handicap dans leurs effectifs. « Ce ne sont que cinquante places, mais c’est un début. Nous devons aller plus loin et répondre aux besoins d’un plus grand nombre de personnes », a insisté le représentant de l’AGEFIPH, précisant qu’une feuille de route avait été établie avec l’ARS et que les délais comme les engagements étaient, pour l’heure, respectés.

Pour l’ARS, à l’origine du projet, ce premier ESAT ne constitue qu’un point de départ. À terme, d’autres formes de handicap et d’autres besoins devraient être pris en charge par de nouveaux dispositifs. Son représentant est revenu sur les moyens déployés pour « offrir un cadre professionnel adapté et sécurisé », tout en rappelant les défis propres à ce type de structure : pérennisation des financements, adaptation au cadre réglementaire et évolution des mentalités vis-à-vis du handicap. L’agence a assuré rester aux côtés des acteurs du territoire afin de garantir la pérennité du dispositif.

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Comores : polémique autour des nouveaux forfaits internet à 50 euros

Comores : polémique autour des nouveaux forfaits internet à 50 euros

Face à la pression de la population et du ministère des Postes, les deux opérateurs de téléphonie ont soumis au régulateur des télécommunications des offres de data dites illimitées. Leurs prix suscitent déjà la colère des usagers, qui observaient, ce 1er juillet, une journée sans recharge de crédit.

Aux Comores, la colère des usagers contre les prix de l’internet ne faiblit pas. Les nouvelles offres publiées ces derniers jours par les opérateurs de télécommunications ne font qu’attiser le mécontentement de la population. En réponse à une demande des consommateurs, Comores Telecom et Yas Comores ont annoncé des forfaits internet illimités. Cependant, les tarifs dévoilés sont jugés prohibitifs.

Chez l’opérateur historique, il faut débourser au minimum 20 000 francs comoriens (40 euros) pour bénéficier de 40 gigaoctets sur un mois. De son côté, Yas Comores propose un forfait à 25 000 francs (50 euros) pour 50 gigaoctets. Ce montant ne couvre que la connexion internet. Le seul avantage est que l’abonné pourra continuer à naviguer une fois son enveloppe de données consommée, mais avec un débit réduit.

Ces prix sont déjà dénoncés par une grande partie des consommateurs, qui parlent d’« arnaque ». Calculs à l’appui, le gigaoctet revient à plus de 600 francs, un tarif jugé inaccessible pour une grande partie de la population, dont le pouvoir d’achat est déjà fortement entamé par les dépenses quotidiennes, notamment les factures d’électricité.

« On nous paie 40 000 francs et vous voulez vous emparer de la moitié de notre salaire. Avez-vous pensé aux autres dépenses ? », s’est insurgé le journaliste Mmadi Saindou Ibrahim dans un commentaire publié sous une annonce de Comores Telecom présentant ses nouvelles offres à 40 et 50 euros.

« Autant faire venir Starlink. Comment un salarié peut-il payer 25 000 francs avec un salaire de 50 000 francs ? Et nos familles, devons-nous les sacrifier ? Qu’allons-nous manger ? En moyenne, je dépense déjà 15 000 francs par mois rien que pour la connexion internet. Ce montant n’est pas plus élevé parce que j’ai accès au Wi-Fi au travail, où je reste jusqu’à 17 heures », témoigne Badroudine Ben Youssouf, chauffeur dans une société d’État.

L’objectif des 2 % du budget des ménages

Début mai, le ministre comorien des Postes et de l’Économie numérique a demandé aux opérateurs de proposer des offres de données illimitées afin de permettre aux consommateurs d’accéder à une connexion internet à un prix abordable. Dans un courrier adressé aux opérateurs, le ministre Oumouri Mmadi rappelle que les dépenses des ménages consacrées aux télécommunications dépassent largement le seuil recommandé de 2 % de leur budget.

Après un premier report de l’échéance, les deux entreprises de téléphonie avaient jusqu’à la fin du mois de juin pour soumettre leurs nouvelles offres mobiles illimitées à l’Autorité nationale de régulation des TIC (ANRTIC), chargée de les valider.

Le régulateur est régulièrement accusé de favoriser Comores Telecom et Yas Comores, les deux acteurs dominants du marché. C’est d’ailleurs cette même autorité qui, au nom de la préservation du marché, avait supprimé les anciennes offres illimitées, pourtant accessibles à partir de 20 ou 30 euros. Celles-ci comprenaient des minutes d’appel, des SMS et plus de 20 gigaoctets de données, le tout valable pendant un mois. Un acquis obtenu par les consommateurs, qui commençaient à bénéficier des effets de l’ouverture à la concurrence dans un secteur resté sous le monopole de Comores Telecom pendant plus de vingt ans.

Un duopole dénoncé

Avant même la publication des nouveaux tarifs, une journée « zéro recharge » avait été lancée pour ce 1er juillet par l’Association comorienne des TIC (ACTIC), qui dénonce depuis plusieurs années le système de duopole caractérisant le secteur des télécommunications.

Selon cette association de défense des usagers, le régulateur encourage depuis plus de quatre ans les deux opérateurs à pratiquer des prix quasiment identiques, au détriment des consommateurs. Les nouveaux forfaits viennent, selon elle, conforter cette impression. Les tarifs sont jugés totalement déconnectés de la réalité économique d’un pays où le salaire minimum dépasse à peine 50 000 francs comoriens (100 euros).

Dans une récente publication, l’Institut comorien des statistiques indiquait qu’entre 2020 et 2024, les dépenses des ménages consacrées aux télécommunications ont progressé de 57 %. Cette hausse traduit une profonde transition numérique, portée par le développement de l’internet mobile, du mobile money et des plateformes de streaming.

Le même rapport indique que, sur cette période, les recharges téléphoniques ont atteint 29 milliards de francs comoriens (près de 59 millions d’euros), une évolution liée à l’adoption massive du téléphone portable.

S’il est encore difficile de mesurer l’impact de cette journée de boycott, il ne fait guère de doute que d’autres actions devraient suivre pour dénoncer ces nouveaux forfaits à 50 euros, loin de répondre aux attentes des consommateurs. Pour l’heure, aucun des deux opérateurs n’a expliqué les raisons de ces tarifs, tandis que le régulateur reste silencieux.

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Créée en 2011, Mayotte Nature Environnement intervient dans l’éducation à l’environnement, la production de connaissances et la réparation de l’environnement. Les adhérents souhaitant voter lors de l’assemblée générale doivent être à jour de leur cotisation 2026.

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