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Première escale du paquebot de croisière MS Vista ce lundi à Mayotte

Première escale du paquebot de croisière MS Vista ce lundi à Mayotte

Le paquebot MS Vista, de la compagnie américaine Oceania Cruises, fera escale à Mayotte lundi 11 mai 2026, de 8h à 16h. Annoncée par l’Agence d’Attractivité et de Développement Touristique de Mayotte et le Club Croisière, cette venue marque la première escale mahoraise de ce navire positionné sur le segment premium.

Confirmée il y a seulement quelques semaines, l’escale fait suite à une modification d’itinéraire liée au contexte géopolitique au Moyen-Orient. Le MS Vista transportera 763 croisiéristes et 742 membres d’équipage. Les passagers sont majoritairement américains, canadiens et australiens. Le navire restera au mouillage, avec une arrivée des premiers visiteurs prévue vers 8h30 au ponton d’urgence de Mamoudzou.

Un dispositif d’accueil sera déployé par l’AaDTM sur le parvis de l’agence, avec l’appui du Club Croisière, des étudiants en BTS Tourisme du LPO de Kawéni, de Baobab Tour, de la coopérative Taxi Vanille et d’artisans locaux. Les visiteurs seront orientés vers les circuits touristiques habituels, notamment les plages du Sud, Coconi, Mamoudzou et Petite-Terre.

Cette escale est l’avant-dernière de la saison croisière à Mayotte, avant un dernier bateau attendu le 1er juin.

Des travaux de réhabilitation prévus dans la ville de Mamoudzou

Des travaux de réhabilitation prévus dans la ville de Mamoudzou

La ville de Mamoudzou annonce des travaux de réaménagement d’infrastructures fragilisées par le passage du cyclone. L’Hôtel de Ville est concerné par ces travaux jusqu’au 30 octobre 2026. Pendant cette période, l’accès au public sera restreint et certains services seront répartis dans d’autres bâtiments municipaux ou en télétravail. La continuité du service public reste une priorité majeure, ainsi la ville invite la population et tout acteur public ou privé à communiquer par courriel ou téléphone. Chacune des visites à l’Hôtel de Ville (hors état civil) doit faire l’objet d’un rendez-vous confirmé par les services de la ville. L’usager sera accueilli directement au rez-de-chaussée par son interlocuteur, puais raccompagné à l’issue du rendez-vous. Exceptionnellement, ce lundi 11 mai 2026, l’accès au rez-de-chaussée de l’Hôtel de Ville sera condamné. Seuls les services de l’état civil assureront l’accueil du public au rez-de-chaussée bas (rez-de-jardin).

Mayotte face à une recrudescence du paludisme depuis le début de l’année

Mayotte face à une recrudescence du paludisme depuis le début de l’année

Trente-deux cas de paludisme ont été recensés la semaine dernière à Mayotte, un niveau jamais atteint depuis janvier. La majorité des suspicions de contamination locale se concentre à Chirongui, où les autorités sanitaires enquêtent sur un possible foyer de transmission.

Le paludisme regagne du terrain à Mayotte. Alors que l’île était parvenue à interrompre la transmission locale pendant plusieurs années, la maladie transmise par les moustiques fait l’objet d’une vigilance renforcée. Dans son dernier bulletin épidémiologique, publié le 7 mai, Santé publique France signale 32 nouveaux cas en une semaine, soit le niveau hebdomadaire le plus élevé enregistré depuis le début de l’année 2026.

Parmi ces nouveaux cas, seuls quatre sont pour l’heure classés comme importés, en raison d’un voyage récent. Dix-sept sont en revanche suspectés d’avoir été contractés localement, tandis que douze autres restent en cours d’investigation.

Depuis janvier, 128 cas de paludisme ont été déclarés à Mayotte. La majorité demeure importée, avec 89 cas, mais 27 sont désormais suspectés d’être acquis localement. Vingt-neuf malades ont dû être hospitalisés depuis le début de l’année, dont trois en réanimation.

Chirongui au cœur des inquiétudes

L’attention des autorités sanitaires se porte surtout sur Chirongui. Sur les 32 cas déclarés la semaine dernière, 20 ont été recensés dans cette commune. Parmi eux, 17 sont suspectés d’être des contaminations locales. Depuis le début de l’année, Chirongui concentre 19 des 27 cas suspectés d’acquisition locale à Mayotte.

Bandrélé, voisine de Chirongui, a également enregistré cinq cas suspectés d’être acquis localement ces dernières semaines. Pour Santé publique France, cette concentration géographique suggère l’existence d’un foyer potentiel de transmission autochtone, même si les investigations doivent encore préciser l’origine exacte des contaminations.

La vigilance est d’autant plus forte que Mayotte avait connu en 2025 ses premiers cas autochtones depuis juillet 2020, après cinq années sans transmission locale identifiée. La présence de moustiques vecteurs sur le territoire, combinée à l’augmentation des cas importés dans la région, maintient un risque permanent de réintroduction.

Le chikungunya ralentit, mais reste très présent

Après plusieurs semaines de progression, le nombre de cas de contamination au Chikungunya confirmés baisse nettement : 58 cas ont été recensés en semaine 18, contre 102 la semaine précédente. Cette diminution de 43 % doit toutefois être interprétée avec prudence, les données n’étant pas encore consolidées.

Depuis le début de l’année, 1 214 cas confirmés biologiquement ont déjà été enregistrés à Mayotte, un niveau très proche du total de 2025, qui s’élevait à 1 266 cas. Trente-deux hospitalisations ont été recensées, dont trois admissions en réanimation.

La baisse apparaît également dans les signalements au SAMU, passés de 17 à 7 en une semaine. Le taux de positivité poursuit aussi son recul, à 22,2 % en semaine 18, contre des niveaux de 30 à 40 % observés entre février et avril.

Deux nouveaux cas de mpox

Enfin, deux nouveaux cas de mpox ont été signalés la semaine dernière, portant à 18 le nombre total de cas enregistrés depuis janvier. L’un est importé de Madagascar, après un séjour à Nosy Be, l’autre est un cas autochtone lié au premier.

Santé publique France met en avant un risque accru d’importation lié aux déplacements entre Mayotte et Madagascar, notamment avec Nosy Be. Les autorités appellent les voyageurs à éviter les contacts rapprochés avec des personnes présentant une éruption cutanée et à consulter rapidement en cas de symptômes.

La leptospirose toujours à un niveau élevé

La leptospirose continue, elle aussi, de peser sur la situation sanitaire mahoraise. Depuis janvier, 132 cas ont été recensés, dont 22 ont nécessité une hospitalisation et cinq une admission en réanimation. Les autorités rappellent que la maladie, transmise par contact avec de l’eau ou des sols souillés par l’urine d’animaux infectés, touche particulièrement les personnes exposées lors d’activités agricoles ou en milieu humide.

Le mois d’avril concentre à lui seul la moitié des cas enregistrés depuis le début de l’année, avec 66 signalements. Cette hausse intervient dans une période habituellement favorable à la maladie, après les épisodes de fortes pluies.

Dans ce contexte, les recommandations restent les mêmes : se protéger des piqûres de moustiques, consulter sans délai en cas de fièvre, s’isoler en cas de symptômes évocateurs de mpox et porter des protections adaptées lors d’activités exposant à des eaux ou sols contaminés. Pour les autorités sanitaires, l’enjeu est désormais de contenir rapidement les foyers identifiés, avant qu’une transmission locale durable ne s’installe.

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Groupe de réflexion sur la refondation de Mayotte : ils veulent œuvrer pour éviter à Mayotte de sombrer

Groupe de réflexion sur la refondation de Mayotte : ils veulent œuvrer pour éviter à Mayotte de sombrer

Partager une vision claire et ambitieuse pour Mayotte à l’horizon 2028, poser les bases d’une démarche collective structurée, échanger autour des enjeux majeurs du territoire et amorcer l’organisation d’un futur travail en commun. Tel était l’objectif du document de travail (socle de réflexion) préalablement transmis à toutes les personnes invitées à la première réunion constitutive du groupe de travail sur la refondation de Mayotte post-Chido.

« Ensemble refondons Mayotte » est le nom d’un groupe de réflexion autour de questions diverses et variées liées à la reconstruction du territoire, mis à mal par le cyclone Chido en décembre 2024. Il a vu le jour mardi 5 mai 2026, en fin de journée, dans les locaux du restaurant l’Orient Express à Kawéni, sous l’impulsion de Djoumoi Ramia, président de l’Ordre des Experts-Comptables de Mayotte.

« Il s’est passé quelque chose d’intéressant ce mardi. Nous nous sommes retrouvés à l’Orient Express, dans un cadre très ouvert, entre différents représentants de la société civile, chefs d’entreprise, salariés et personnels des services publics, pour nous accorder sur le fait que nous ne pouvons plus rester les bras croisés et accepter la situation de Mayotte telle qu’elle se présente aujourd’hui », explique Djoumoi Ramia, qui souligne également que les difficultés rencontrées par tous ne sont pas nouvelles et ne datent pas toutes de l’épisode Chido.

« Je me rends compte d’une chose : nous sommes tous là à nous plaindre de cette situation, mais nous sommes très peu à émettre des propositions ou à agir », fait-il remarquer, en insistant sur le caractère collectif — et non personnel — de ce projet naissant.

Toutes les personnes ayant participé à cette rencontre partagent le constat selon lequel Mayotte se trouve actuellement dans une situation délicate, qu’elle recule et qu’elle dispose de très peu de perspectives d’évolution, ce qui inquiète énormément de monde. Elles appellent les forces vives de l’archipel à devenir actrices de la vie économique, sociale et culturelle de cette île où elles travaillent et résident avec leurs familles.

« Il suffit de prendre son courage et son temps pour se regrouper et réfléchir à des solutions qui ne sont pas impossibles à trouver afin d’améliorer le quotidien de la population mahoraise », observe une autre participante à cette rencontre, qui s’est félicitée de la présence de personnes de grande qualité à cette réunion constitutive du groupe de réflexion « Ensemble refondons Mayotte ».

Cesser la critique permanente pour devenir une force de propositions

Un inconvénient majeur est toutefois à noter : ces personnes sont déjà très occupées par leur quotidien et leur travail, et il ne sera guère aisé pour elles de se consacrer à d’autres activités.

Pour Djoumoi Ramia, le point le plus positif de cette première rencontre demeure la prise de conscience qui a conduit ces personnes à faire l’effort d’être non seulement présentes, mais également très constructives dans les échanges. Selon lui, l’idée de départ n’était pas tant le nombre de participants que leur volonté d’agir pour Mayotte et son avenir.

« Nous ne pouvions continuer à rester inactifs ou à critiquer des personnalités politiques locales sans formuler de propositions pour sortir de l’impasse actuelle. Il était donc grand temps de s’asseoir autour d’une table pour discuter, échanger, avancer des idées et voir comment ce collectif pourrait se constituer afin de faire face aux échéances qui nous attendent », a poursuivi le président de l’Ordre des Experts-Comptables de Mayotte.

De l’avis général des participants à cette réunion, l’île rencontrera de très grosses difficultés dans sa quête de rattrapage du retard accumulé. Certains ont pris l’image d’un sportif contraint de courir un marathon à la vitesse d’un 100 mètres, soit un parcours extrêmement long et éprouvant.

Pour y parvenir, toutes les Mahoraises et tous les Mahorais devront se retrousser les manches et se mettre au travail, sans exception.

« Ensemble refondons Mayotte » s’est fixé comme priorité l’organisation régulière de séances de travail autour de projets susceptibles d’être portés par la Région, avec des compétences, un véritable programme et un véritable projet politique porté par des personnes issues de la société civile. Le groupe souhaite également faire émerger des propositions concrètes venant du terrain, qui pourraient être défendues, le moment venu, par une candidate ou un candidat désigné démocratiquement par le collectif.

Il s’agit là d’un postulat qui balaie d’un revers de main l’idée souvent avancée par une partie de la classe politique locale selon laquelle l’électorat mahorais ne voterait pas pour des projets, mais uniquement pour des personnes.

« J’ai envie de dire à celles et ceux qui colportent cette idée qu’ils doivent cesser de prendre les Mahoraises et les Mahorais pour des idiots. La plupart d’entre eux ont des enfants et construisent des projets de vie pour eux. Par conséquent, il est impensable qu’ils puissent voter sans tenir compte d’un projet, à moins qu’ils considèrent qu’aucun candidat ne leur présente quelque chose de valable à leurs yeux », note Djoumoi Ramia.

Une chose est sûre : le groupe de réflexion « Ensemble refondons Mayotte » est désormais sur pied et ses portes restent ouvertes à toutes les personnes désireuses d’œuvrer réellement en faveur de l’avenir du territoire, loin de toute démagogie politicienne.

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Pénurie d’eau à Mayotte : la députée Anchya Bamana sonne l’alarme et réclame un décret d’urgence

Pénurie d’eau à Mayotte : la députée Anchya Bamana sonne l’alarme et réclame un décret d’urgence.

La députée Anchya Bamana interpelle le gouvernement après la réunion du CRSE du 6 mai, qui a acté un déficit hydrique de 10 % sur l’ensemble de l’île. Elle réclame l’activation du plan ORSEC et un décret autorisant l’importation massive d’eau embouteillée, alors qu’un plan de maîtrise et un renforcement des tours d’eau est prévu.

Anchya Bamana, députée de Mayotte, alerte le gouvernement de l’aggravation de la pénurie d’eau subie par l’île. À l’issue de la réunion du CRSE tenue ce mercredi 6 mai, un état des lieux de la situation en eau potable a été fait, avec comme conclusion, un plan de maîtrise et un renforcement des tours d’eau.

Elle rappelle que le prix d’une bouteille d’eau à Mayotte est d’1 euro contre 30 centimes en métropole alors qu’un tiers de la population mahoraise est au chômage et que le revenu médian disponible par personne est de 260€ par mois, selon l’INSEE. L’eau est devenu une source de trafic à Mayotte : « aussitôt livrées en supermarché, les bouteilles sont rachetées par des vendeurs à la sauvette et des petites épiceries de proximité, qui doublent le prix ». La ressource subit un lourd poids démographique dans la région : « l’immigration illégale continue à déverser des milliers de personnes en plus tous les mois sur le territoire ».

Pour pallier à ce stress hydrique, la députée propose d’appliquer le plan ORSEC eau potable, dispositif de gestion de crise lié à l’eau. Elle propose également la prise d’un décret d’urgence visant à autoriser exceptionnellement Mayotte à importer massivement de l’eau embouteillée des pays voisins (Kenya, Madagascar,…) : « afin de diminuer drastiquement le prix de l’eau dans les magasins ».

« Ce déficit ne peut pas être compensé par d’autres moyens ou ressources disponibles », d’après le communiqué de presse du CRSE

Le Comité de suivi de la ressource en eau (CRSE) s’est réuni ce mercredi 6 mai pour dresser l’état des lieux de la saison des pluies et de la situation des ressources en eau destinées à l’alimentation en eau potable. Les précipitations de cette saison des pluies étaient proches de la normale, mais la saison enregistre un déficit global de 10 %, les ressources ne sont pas entièrement rechargées. À Dzoumogné, le déficit est de 20 %, la retenue collinaire n’a atteint que 70 % de sa capacité de stockage, soit un déficit de 500 000m³ d’eau.

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Monoparentalité : quand les fragilités sociales des Outre-mer deviennent une urgence nationale

Monoparentalité : quand les fragilités sociales des Outre-mer deviennent une urgence nationale

Parce que certaines réalités sociales ne peuvent plus rester dans les angles morts du débat public, élus, experts, responsables institutionnels et acteurs associatifs se sont réunis le 7 mai à l’Assemblée Nationale autour d’un colloque consacré à la monoparentalité, à l’emploi, au logement et aux transitions professionnelles.

Une rencontre portée par le Think Tank « Au-delà de la Résilience – France Outre-mer », en lien avec la Délégation aux Outre-mer à l’assemblée Nationale et plusieurs parlementaires engagés sur ces sujets de société devenus structurants pour l’avenir des territoires ultramarins comme pour la cohésion nationale.

Le colloque s’est ouvert sous l’impulsion du député Christian Baptiste, parrain de l’événement et président du groupe parlementaire d’amitié France-Bénin, qui a rappelé la nécessité de mieux prendre en compte les réalités humaines et territoriales dans la construction des politiques publiques. À ses côtés, plusieurs responsables institutionnels et parlementaires ont participé à cette ouverture, parmi lesquels la représentante du député Davy Rimane, la députée Béatrice Bellay et la sénatrice Solanges Nadille.

La ministre Aurore Bergé est également intervenue en distanciel afin de souligner les enjeux liés à l’égalité, à la protection des familles et à l’effectivité des dispositifs publics, dans un contexte où les situations de vulnérabilité sociale appellent des réponses plus coordonnées et davantage ancrées dans les réalités du terrain.

Au fil des échanges, les intervenants ont mis en lumière des problématiques souvent abordées de manière fragmentée : précarité des familles monoparentales, accès au logement, insertion professionnelle, articulation entre vie familiale et emploi, accès aux droits ou encore persistance des inégalités économiques dans les Outre-mer.

La présence de Mayotte dans cette réflexion a permis d’apporter un éclairage particulièrement révélateur des tensions auxquelles sont confrontées certaines politiques publiques. L’intervention de Faridy ATTOUMANE, délégué de Mayotte à Paris a rappelé que les réalités mahoraises ne peuvent être réduites à une lecture uniquement sociale ou conjoncturelle. Elles interrogent plus largement notre capacité collective à répondre durablement aux enjeux liés à la pression démographique, à l’habitat informel, à l’accès à l’eau, à l’éducation et à l’accès effectif aux droits.

Loin d’une approche compassionnelle, les échanges ont mis en évidence la nécessité d’une lecture systémique des fragilités sociales et territoriales. Derrière la question de la monoparentalité se dessinent en réalité des enjeux beaucoup plus larges : cohésion sociale, continuité républicaine, égalité territoriale et capacité des institutions à atteindre concrètement les publics les plus éloignés des dispositifs existants.

Cette rencontre aura également souligné l’importance d’une meilleure coordination entre les acteurs publics, associatifs et économiques, afin d’éviter que certaines problématiques demeurent durablement invisibles ou insuffisamment prises en compte dans le débat national.

Au-delà des constats, ce colloque aura surtout posé une exigence collective : ne plus traiter les vulnérabilités sociales comme des sujets périphériques, mais comme des questions centrales pour l’avenir des territoires et de la cohésion nationale.

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Archéologie : Les traces oubliées de Mayotte à l’époque médiévale

Archéologie : Les traces oubliées de Mayotte à l’époque médiévale
Une conférence à Mayotte retrace l’archéologie médiévale et la menace sur les sites Photo : DAC de Mayotte.

Le 6 mai 2026 à l’Université de Mayotte, Stéphanre Pradine a présenté ses recherches sur l’archéologie médiévale de l’île, issues de fouilles menées depuis plus de dix ans et publiées dans Mayotte au temps des califes. Il a rappelé que « nous avons des sites en passe d’être détruits » et la nécessité de poursuivre les recherches.

« Nous avons des sites en passe d’être détruits. » Le 6 mai 2026, dans l’auditorium de l’Université de Mayotte, Stéphane Pradine a présenté une conférence consacrée à l’archéologie médiévale de l’île. Cette intervention s’appuie sur plus d’une décennie de fouilles et reprend les principaux éléments de l’ouvrage Mayotte au temps des califes (IXe-XIIe siècle). Archéologie de l’océan Indien à Ironi Bé, commune de Dembeni, publié sous sa direction.

Au cours de cette présentation, il est revenu sur l’origine même de ce travail scientifique : « publier les fouilles réalisées à Dembeni durant cinq ans, soutenues par la DRAC et l’assemblée de Mayotte et de La Réunion ». Il a précisé l’objectif de cet ouvrage, en soulignant sa dimension à la fois scientifique et historique : « Introduire Mayotte dans la période ancienne. J’ai constaté que les Mahorais ne connaissaient pas leur propre histoire. C’est un livre scientifique, un livre d’histoire pour analyser et présenter l’histoire de Mayotte avec le monde musulman. » Il a également insisté sur l’ambition centrale de ses recherches, qui est de situer Mayotte au sein de l’histoire de la civilisation musulmane, en montrant son intégration ancienne dans les réseaux culturels, religieux et commerciaux de l’océan Indien.

Le chercheur est également revenu sur l’inscription de Mayotte dans l’espace swahili. Il a rappelé que le mot « swahili » trouve son origine dans le terme arabe sawāhil, pluriel de sāhil, qui signifie « rivage » ou « côte ». Il a précisé que ce terme renvoie aux populations vivant le long des côtes de l’Afrique orientale et qu’il désigne avant tout une culture maritime façonnée par les échanges. Selon lui, « le swahili n’est pas une ethnie, c’est une culture », marquée par le métissage entre populations africaines, arabes, persanes et indiennes.

A Dembeni, un site archéologique d’une qualité exceptionnelle

Une place importante de la conférence a été consacrée au site de Dembeni, présenté comme central dans cette démarche. Stéphane Pradine a insisté sur son caractère remarquable : « C’est un site exceptionnel », rappelant également : « Je fouille depuis 25 ans, et c’est un site rare. » Les campagnes de fouilles menées entre 2002 et 2016 ont permis de mettre au jour un ensemble de vestiges particulièrement riche, comprenant des céramiques abbassides des IXe et Xe siècles, des poteries à décor lustré, des céramiques chinoises, ainsi que du cristal de roche d’une grande pureté.

« On a des objets que l’on retrouve dans les grands musées », a-t-il précisé, soulignant la qualité du mobilier archéologique découvert. La présence de céramiques importées et de matériaux précieux témoigne de connexions anciennes avec les grands réseaux commerciaux de l’océan Indien. Le cristal de roche, probablement issu de Madagascar, a également été évoqué : « Le cristal malgache est parmi les plus purs », a-t-il indiqué, en rappelant son importance dans les échanges du monde islamique.

L’organisation même du site, avec ses structures d’habitat, ses empierrements et ses zones de dépôts, contribue à en faire un ensemble cohérent et particulièrement bien conservé. L’ensemble de ces éléments confère à Dembeni une valeur scientifique majeure pour la compréhension de l’histoire ancienne de Mayotte et de son insertion dans les dynamiques régionales.

En conclusion, la conférence a rappelé l’enjeu central qui motive ces recherches. « Si on ne fait pas ces fouilles, dans dix ans, une partie de l’histoire aura disparu »

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Les marcheurs de « Halo Rando » ont terminé leur tour de Mayotte ce vendredi

Les marcheurs de « Halo Rando » ont terminé leur tour de Mayotte ce vendredi
Cette 2ème édition a compté une trentaine de personne*

Après 8 jours d’une marche tout autour de Mayotte qui a commencé le 1er mai dernier, la trentaine de marcheurs de la 2ème édition de « Halo Rando » ont achevé leur aventure sur la place de la République ce vendredi 8 mai. Entre émerveillement et épuisement, les participants ne sont pas près d’oublier cette expérience hors du commun !

« Cette randonnée de 8 jours nous a permis d’aller dans des endroits de l’île où l’on ne va jamais et donc de découvrir des paysages qu’on n’imaginait pas, avec des rivières et des cascades ! », s’émerveille Katia, 54 ans, l’une des courageuses participantes à avoir effectué le tour dans son intégralité. C’était d’ailleurs le cas des trois quarts des participants et la majorité de ceux qui ont dû écourter, y ont été contraints par d’autres obligations, rarement par épuisement. « C’était quand même difficile, car le nombre de kilomètres par jour était conséquent, avec beaucoup de dénivelé parfois et la chaleur ne facilitait pas les choses », précise toutefois Katia, pourtant randonneuse aguerrie, comme la majorité de ceux qui ont participé à l’aventure.

Car, si ce tour de l’île était une occasion de découvrir les merveilles cachées de Mayotte, c’était aussi et surtout une performance sportive. « L’objectif est le dépassement de soi », affirme d’ailleurs Saïd, l’organisateur, surnommé avec humour « El Dictator » au sein de l’équipe.

Les quelques personnes qui n’avaient pas de pratiques sportives régulière ont davantage souffert. C’était notamment le cas d’Alice, 26 ans, qui, au bout de 3 jours de randonnée, a affirmé être arrivée « en PLS » chez elle et « avoir eu besoin de 24h pour récupérer ». « Je crois bien que c’était la première fois que je marchais autant dans ma vie ! », raconte-elle. « C’était vraiment dur ! Saïd m’avait pourtant prévenue, mais je n’avais pas anticipé l’ampleur de la difficulté », développe la jeune femme, qui précise toutefois avoir été aidée par l’énergie du groupe. Ce côté « effet de groupe » est d’ailleurs l’un des éléments qui a particulièrement marqué les participants. « C’est une aventure humaine que je conseille à tout le monde », affirme par exemple Séverine, originaire de Petite-Terre, à qui Halo Rando a permis de découvrir des paysages de son île qu’elle n’avait jamais vu auparavant.

Une redécouverte de l’île après Chido

« J’ai commencé à marcher en 2020 pendant le confinement », explique Saïd, originaire de M’roalé dans la commune de Tsingoni.  « J’y ai pris goût et j’ai proposé ensuite des randonnées à l’intérieur de mon cercle familial avant de les ouvrir au grand public », développe-t-il. L’idée d’un tour de l’île a germé dans son esprit dès 2022 et il a alors monté un petit groupe de marcheur avec lequel il a effectué des reconnaissances de terrain. « On ne connaissait que les axes principaux, la « partie verte » nous était totalement inconnue. Cela nous a donc permis de découvrir la faune et la fleur de notre île », détaille-t-il. La première édition de « Halo Rando » devait se tenir en décembre 2024, mais Chido a évidemment bouleversé le calendrier et, le cyclone ayant complètement modifié le paysage, il a fallu recréer tout le parcours. « Tous les sentiers avaient disparu, on ne savait plus où on allait. On fonctionnait à l’azimut en se repérant à l’aide des cartes et du GPS. On a dû recréer des passages à la machette, ce qui fait que certains parcours qui nous prennent 5h aujourd’hui nous avaient pris 11h à l’époque », ajoute encore « El Dictator », qui avoue néanmoins avoir eu « quelques moments de doute » lors de la première édition de mai 2025. « Le jour de l’ascension du Mont Benara, la nuit venue on était encore en pleine forêt, sans réussir à retrouver notre chemin. Mais bon, vous voyez finalement, on est vivant ! », raconte-il avec humour.

Saïd affirme également que la randonnée est une activité qui rentre de plus en plus dans les mœurs des Mahorais. « Entre 2020 et 2023, j’ai organisé des randonnées tous les week-ends et on était à chaque fois une cinquantaine de marcheurs », affirme-t-il. Malgré une mutation professionnelle qui le mènera bientôt en Guadeloupe, ce féru de randonnées compte poursuivre l’évènement l’année prochaine pour une 3ème édition, en déléguant davantage l’organisation aux autres membres de l’association. L’aventure n’est donc pas près de prendre fin pour Halo Rando !

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S2O tacle Retailleau : il se sent agressé par le projet de loi de Retailleau

S2O tacle Retailleau : il se sent agressé par le projet de loi de Retailleau

Une chose est sûre : Saïd Omar Oili votera contre le projet de loi porté par Bruno Retailleau, qu’il juge « antimusulman ». Prenant l’exemple de son propre territoire, où coexistent paisiblement depuis 200 ans une majorité de musulmans et une minorité chrétienne, le sénateur de Mayotte déclare se sentir agressé par le contenu de ce texte.

Il n’a pas mâché ses mots face à son collègue sénateur et président du parti Les Républicains, prétendant, avec une dizaine d’autres candidats, à la succession d’Emmanuel Macron à l’Élysée. Saïd Omar Oili était vent debout, mercredi après-midi, dans l’hémicycle du Palais du Luxembourg, lors de la séance hebdomadaire des questions au gouvernement.

Son mécontentement n’était pas dirigé contre les membres du gouvernement de Sébastien Lecornu, mais plutôt contre l’ancien ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, aujourd’hui candidat à la présidence de la République française en 2027.

Objet de sa colère, librement exprimée devant les parlementaires et largement relayée par les médias ultramarins ainsi que sur les réseaux sociaux : une proposition de loi portée par Bruno Retailleau, qu’il juge de nature à amplifier un sentiment antimusulman en France.

À travers un témoignage livré devant ses pairs, l’ancien maire de Dzaoudzi-Labattoir a rappelé au président du parti LR que le département de Mayotte, qu’il représente au Parlement, est composé à 95 % de citoyens français de confession musulmane qui n’ont jamais eu de différend avec la minorité chrétienne locale, laquelle compte une église et une chapelle. (Il s’agit ici des chrétiens catholiques, le sénateur ayant sans doute volontairement choisi de ne pas mentionner les protestants et autres communautés chrétiennes présentes sur l’île.)

« Dans mon archipel de l’océan Indien, on trouve plus de 200 mosquées pour une église et une chapelle. La coexistence entre une religion minoritaire chrétienne et une population très majoritairement musulmane ne pose aucun problème. Je n’ai jamais entendu parler, ni même évoquer, de tensions entre les pratiquants de ces deux religions. »

Sous le regard attentif d’un Bruno Retailleau qui buvait ses paroles, S2O a indiqué ne pas comprendre le sens de cette proposition de loi qui, selon lui, « amplifie le sentiment antimusulman porté par des forces politiques dont on connaît très bien les racines ».

À l’adresse de Bruno Retailleau, Saïd Omar Oili a déclaré se sentir agressé par le texte présenté, ne faisant pas mystère de son intention de voter contre.

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Comores : « Coupez ces cheveux que ne je saurais voir »

Comores : "Coupez ces cheveux que ne je saurais voir"

Des policiers du commissariat central de Moroni ont coupé de force les chevelures qui dépassent des jeunes qu’ils rencontraient dans les rues de la capitale, suscitant une vague d’indignation bien que le ministre de l’éducation ait publiquement apporté son soutien à ces agissements sous prétexte de préservation de l’identité comorienne.

Alors que les Comoriens étaient préoccupés par la hausse des prix des carburants, annoncée, le lundi 4 mai par le chef de l’État, voilà qu’un autre sujet de société s’invite dans le débat public, plus particulièrement sur les réseaux sociaux. Depuis jeudi, des vidéos publiées sur Facebook dans lesquelles on y voit des policiers munis de ciseaux encercler et raser les crânes des jeunes aux cheveux longs au vu et au su des passants continuent encore de susciter la controverse.

L’opération déjà organisée en août 2025 s’est déroulée dans les rues de la capitale, Moroni. Le pire, il se trouve que certaines victimes avaient couvert leurs têtes par des chapeaux ou bonnets. Le bloggeur qui diffusait en direct a tendu le micro à l’un des agents de la force publique pour en savoir un peu plus, mais ce dernier sera dissuadé de s’exprimer par ses collègues l’invitant à poursuivre le chemin. Dans la foulée, nombreux sont les citoyens qui ont dénoncé les agissements des agents de police.  » Préserver l’identité, la religion et les valeurs d’un peuple est important. Aucun pays ne peut avancer en oubliant ses racines, sa culture et ses principes. Mais quand certains comportements apparaissent chez la jeunesse, il faut aussi se demander pourquoi cela arrive. Derrière chaque dérive, il y a souvent un manque de dialogue, d’éducation, d’encadrement ou un échec quelque part dans la transmission des valeurs« , a réagi un internaute. Jusqu’ici, ni la police qui pourtant dispose d’une page Facebook alimentée régulièrement ces temps-ci, ni le ministère de l’Intérieur n’ont communiqué.

Identité  

Seul le ministre de l’Éducation nationale et de l’enseignement supérieur, Bacar Mvoulana, toujours prompt à réagir sur tous les débats de Facebook a apporté son soutien à la police.  » Depuis quelques heures, beaucoup critiquent la police nationale après la diffusion d’une vidéo montrant des jeunes contraints de couper leurs tresses dans les rues de Moroni. Chacun est libre d’avoir son opinion, mais il faut aussi regarder cette situation avec responsabilité et honnêteté. Les Comores ne sont pas un pays sans identité. Nous sommes une nation musulmane, attachée à des valeurs religieuses, coutumières et culturelles qui ont toujours façonné notre société. Ces valeurs méritent respect et préservation, surtout à une époque où beaucoup de comportements extérieurs cherchent à s’imposer à notre jeunesse« , a-t-il posté sur sa page personnelle, jeudi. Le ministre soutient que le rasage des crânes dans les rues sert à défendre les mœurs et coutumes.  » Défendre nos mœurs et notre culture ne signifie pas être contre les jeunes ni contre la modernité. Bien au contraire. Notre jeunesse doit évoluer, réussir et s’ouvrir au monde, mais sans oublier qui elle est et d’où elle vient. Aujourd’hui, certains parlent uniquement de liberté individuelle, mais toute liberté a aussi des limites lorsqu’il s’agit du respect des principes d’une société, de sa religion et de ses traditions. La police nationale a aussi pour mission de préserver l’ordre social et les repères de notre pays« , a-t-il poursuivi tout en reconnaissant qu’un travail de sensibilisation était nécessaire.

Base légale, humiliation

Mais déjà la question de la base légale de l’opération est sujette à interrogations. Des juristes dénoncent ces agissements prévus nulle part, selon eux.   » Ce sont des mesures qui n’ont aucune base légale, c’est un abus de pouvoir des hommes en tenue mais rien absolument rien ne prévoit le rasage des cheveux longs sinon les hommes religieux seraient tous des « Zidanes ». Il s’agit également d’une violation grave de l’intégrité physique de l’humain donc une violation grave d’un des piliers des droits de l’homme« , a condamné, l’avocat Maitre Djamal el-dine Bacar, contacté par Flash Infos. Le juriste a ajouté que  » le faire en public le rend encore grave à cause de l’humiliation. Ces gens-là, certains étaient en pleurs pendant que les policiers se filmaient entre de rire en commentant ces abus. Ce que la police a fait est condamnable venant d’une institution qui devait faire respecter la loi et honte aux autorités politiques qui cautionnent ces abus« . Souvent connue pour son silence dans les cas de violation flagrante des droits humains, la commission nationale des droits de l’homme et des libertés (Cndhl) est même cette fois-ci montée au créneau. « La Commission rappelle que les forces de sécurité, notamment la Police Nationale, jouent un rôle essentiel dans la préservation de l’ordre public et de la sécurité des personnes et des biens. Toutefois, l’exercice de cette mission doit, en toutes circonstances, respecter les principes de légalité, de la proportionnalité et du respect de la dignité humaine« , rappelle-t-elle dans son communiqué publié vendredi.  La Cndhl invite ainsi les autorités compétentes, notamment les responsables de la Police nationale, à veiller au respect scrupuleux des droits fondamentaux dans toutes les opérations de terrain.

Les artistes comme Abdallah Chihabidine, ont aussi dénoncé l’opération de la police.  » Dans un état de droit, nul doit etre humilié, violenté ou puni arbitrairement. La mission des forces de l’ordre est de protéger les citoyens. La loi ne donne à personne le droit d’humilier un individu ou d’exercer des violences gratuites« , a rappelé, l’ancien directeur du célèbre studio 1. Le Docteur en sociologie Mistoihi Abdillahi, interpelle ceux qui citent l’islam pour justifier les rasages dans les rues de Moroni. « Je ne suis pas islamologue, mais j’ai visité plusieurs pays musulmans et prié avec beaucoup d’hommes aux cheveux longs. Et je ne cesserai de le répéter, plus on s’intéresse aux choses inutiles, plus choses importantes nous échapperont« , a-t-il conclu.

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“Le Rendez vous chez Cousin” fermé administrativement

“Le Rendez vous chez Cousin” fermé administrativement

Le préfet de Mayotte a ordonné la fermeture de l’établissement “Le Rendez-vous chez Cousin”, situé en face du centre commercial Baobab à Mamoudzou, après une inspection sanitaire menée le 24 avril 2026. Selon l’arrêté du 28 avril 2026, les non-conformités relevées portent sur des règles essentielles d’hygiène alimentaire et sont susceptibles de présenter un risque imminent pour la santé publique.

La réouverture est conditionnée à la mise en œuvre de mesures correctives, constatées par les services de la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt. Le niveau d’hygiène de l’établissement est “à corriger de manière urgente”.

L’État ordonne l’évacuation et la destruction de constructions illégales sur la descente de Moya

L’État ordonne l’évacuation et la destruction de constructions illégales sur la descente de Moya

Le préfet de Mayotte a signé, le 5 mai 2026, un arrêté ordonnant l’évacuation puis la destruction de constructions bâties illicitement sur la descente de Moya, dans le secteur de la Vigie, pour des raisons de sécurité et de salubrité publiques. Selon les forces de l’ordre, « la délinquance dans ce secteur est prégnante ». Le quartier est par ailleurs répertorié comme « quartier de reconquête républicaine ».

Le rapport d’insalubrité établi par l’Agence régionale de santé fait état de 76 locaux concernés, présentant tous des risques pour leurs occupants : absence d’assainissement, accès limité à l’eau potable, branchements électriques dangereux, constructions fragiles, humidité, accumulation de déchets ou encore présence possible de nuisibles.

L’arrêté prévoit une évacuation dans un délai maximal de 23 jours. Les occupants devront être informés de la date exacte de l’opération une semaine à l’avance.

Sept familles ont accepté des propositions de relogement. La préfecture s’appuie une nouvelle fois sur la loi du 11 août pour la refondation de Mayotte afin de justifier l’absence de proposition pour l’ensemble des ménages concernés.

Selon les attestations de la DEETS, ce décasage concerne au moins 193 personnes présentes sur le site au moment de l’enquête sociale. Au 5 mai, seules 19 places d’hébergement étaient mobilisables.

Groupement patronal de Mayotte (GPM) : une volonté de continuité plus que de rupture

Groupement patronal de Mayotte (GPM) : une volonté de continuité plus que de rupture

« Représentation et influence, formation et décryptage, réseau et opportunités », mais aussi « accompagnement de terrain » : tels étaient les thèmes des échanges qui ont réuni, mardi matin, une quarantaine de représentants d’entreprises locales au siège du nouveau Groupement patronal de Mayotte (GPM), situé au centre Maharajah à Kawéni.

Une cinquantaine d’entreprises mahoraises avaient répondu présentes à l’invitation lancée par Fahardine Mohamed, actuel président du nouveau Groupement patronal de Mayotte. Plus que jamais déterminé à œuvrer pour l’avenir de l’entrepreneuriat local malgré la perte récente du label MEDEF, il poursuit le travail engagé depuis janvier 2026 auprès des entrepreneurs mahorais, toutes catégories confondues.

Son objectif est de fédérer l’entrepreneuriat local autour d’un véritable projet de refondation de l’économie mahoraise, ouvert à tous les acteurs économiques installés sur l’île. Si ce nouvel organisme, né sur les cendres de l’ancien MEDEF Mayotte, souffre encore d’un manque de représentativité auprès de certaines instances paritaires en raison de la perte du label dont il bénéficiait jusqu’au 15 janvier dernier, ses rangs continuent néanmoins de grossir au fil des semaines. De nouveaux adhérents rejoignent régulièrement le groupement, convaincus de l’utilité de son action sur le territoire.

« La coexistence de notre groupement avec d’autres organisations patronales sur un même territoire n’a rien d’antinomique. Dans l’Hexagone, on compte trois groupements patronaux. D’autant plus que le GPM concentre ici, à Mayotte, le plus grand nombre de secteurs professionnels. Nous ne reviendrons pas sur les péripéties ayant conduit à notre éviction du MEDEF. Le plus important, à nos yeux, est de continuer à œuvrer et à rassembler autour des enjeux économiques de ce territoire, qui ne pourront se concrétiser sans la contribution de ceux qui y vivent et y travaillent pour améliorer les choses », a déclaré Fahardine Mohamed devant ses pairs.

Si la barre symbolique des 100 entreprises adhérentes n’a pas encore été franchie, elle apparaît néanmoins atteignable à court terme. Plus de 80 entreprises ont déjà choisi de rejoindre volontairement le GPM, pour des raisons qui leur sont propres. Toutes partagent la volonté de construire une dynamique représentative d’une économie mahoraise à visage humain, davantage en phase avec les réalités du territoire, ainsi que le désir de faire évoluer le cadre économique dans le sens de l’intérêt collectif.

Dans cette optique, petites, moyennes et grandes entreprises de l’île se retrouvent désormais une fois par mois lors de matinales d’écoute, d’échanges et de partage d’expériences organisées dans les locaux du GPM à Kawéni. Ces rencontres abordent différentes thématiques liées à leurs activités professionnelles.

« Ce groupement s’inscrit dans une perspective de continuité et non de rupture. Il a été fondé il y a quarante ans par des acteurs économiques impliqués comme Ida Nel, Gamil Kakal ou encore Gérard Rudolf, premier employeur de l’île, à qui nous rendons hommage ce matin après son décès il y a deux jours. Le GPM se veut un acteur structurant et durable de l’économie de ce territoire », a rappelé le président du groupement à son auditoire.

Afin d’être plus accessible à ses adhérents actuels et futurs, le groupement a décidé de multiplier ses commissions de travail thématiques, en prévision des mandats qu’ils seront amenés à exercer et des sièges qu’ils pourraient occuper à moyen terme au sein de différentes instances. Une manière également de favoriser les mises en relation entre adhérents, notamment avec les nouveaux arrivants, et de créer une véritable chaîne d’entraide et de partenariats potentiels.

Après les interventions officielles, la rencontre s’est poursuivie autour d’un café, permettant aux adhérents présents d’échanger leurs expériences et leurs points de vue sur les difficultés auxquelles ils sont actuellement confrontés dans la reprise des activités après le passage du cyclone Chido.

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Futur aéroport : à Bandraboua une charte agricole signée autour du projet d’aéroport

Futur aéroport : à Bandraboua une charte agricole signée autour du projet d’aéroport
Le futur aéroport, estimé à 1 milliard d’euros avec des études attendues d’ici la fin de l’année, pourrait mobiliser 300 à 400 hectares de terres agricoles.

Autour du projet de futur aéroport, une charte agricole a été signée à Bandraboua. Les agriculteurs, associés aux échanges, expriment toutefois de fortes inquiétudes sur le foncier, les 300 à 400 hectares envisagés et les compensations encore floues.

La signature de la charte d’engagement du comité agricole s’est tenue sur l’exploitation de M. Fouad Ali, à Bandraboua, en présence des représentants du monde agricole, des services de l’État et des acteurs liés au projet de futur aéroport. Cette séquence intervient dans un calendrier particulier, à quelques jours du départ du préfet de Mayotte, François-Xavier Bieuville, qui sera remplacé par Frédéric Poisot le 18 mai.

Sur place, au cœur d’une exploitation représentative du tissu agricole local, cette signature s’inscrit dans un contexte à la fois de reprise et d’incertitude. Le secteur agricole sort progressivement d’une période difficile après le passage du cyclone Chido, qui avait fortement perturbé les cultures et les élevages. Depuis plusieurs mois, les exploitants ont relancé la production, avec un retour progressif des produits locaux sur les marchés. En parallèle, le projet de futur aéroport avance. Il est piloté par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), l’administration française en charge de la régulation et du développement du transport aérien. Les études d’impact et de faisabilité sont toujours en cours, avec une finalisation annoncée pour la fin de l’année.

Une signature dans un contexte de vigilance

François-Xavier Bieuville, a rappelé le rôle du secteur dans cette phase de reconstruction : « Je pense que le monde agricole est une des forces de Mayotte. J’en veux pour preuve la capacité de Mayotte d’avoir retroussé les manches et de s’être mis au travail, ainsi qu’avoir produit ce qu’il sait faire de mieux, c’est-à-dire nourrir la population. » Il a également souligné les efforts engagés après la crise : « Après Chido, nous avons eu une reprise de la production après 6 à 8 mois. Évidemment, nous avons accompagné avec la DAAF cette reprise. Nous avons aidé plus de 8 000 agriculteurs et éleveurs et on a versé au titre d’aide 22 millions d’euros. Aujourd’hui, cette agriculture se retrouve sur les marchés, les étals. » Concernant la charte, il a précisé : « Cette charte, c’est une charte que nous signons avec la DGAC, chef de ce grand projet. On ne fera pas cet aéroport sans l’agriculture. Pour faire cette plateforme, il faut des compensations. » Il a évoqué « l’accompagnement du jardin mahorais », « des investissements d’avenir dans le domaine de l’eau » et « permettre la production sous serre ».

Du côté des agriculteurs, la prudence domine. Saïd Anthoumani, représentant du monde agricole mahorais, a insisté : « D’avoir associé le monde agricole sur cette réflexion foncière, agricole, c’est notre outil principal. Nous ne sommes pas contre le projet d’aéroport. Nous sommes maintenant associés. Il faut qu’on soit vigilant. Aujourd’hui, on va avoir un aéroport à 300 hectares. Il ne faut pas un hectare de plus. » Il a ajouté : « vous avez compris nos revendications et nos craintes sont inscrites au sein de cette charte. » Le président de l’Association interprofessionnelle de Mayotte a, lui aussi, mis en avant les enjeux : « Il ne faut quand même pas oublier qu’on a besoin de manger avant de voyager. Il faut être conscient que l’impact sera important pour l’agriculture, 400 hectares. C’est important de le réduire. » Il précise : « Nous sommes probablement à 10 % de production que l’on perd. On sera vigilants. »

Des points concrets encore attendus

Ahmad Abdou Madi, représentant du Groupement de défense sanitaire animal de Mayotte, a exprimé des interrogations précises : « Le chiffre de 1 milliard, sur quelle base les chiffres ont été conçus ? Les études d’impact ne sont pas encore prêtes. (…) On ne veut pas qu’on ne pourra pas tenir ses engagements. » Du côté des professionnels, l’attention se porte désormais sur des éléments concrets : la surface réellement mobilisée, annoncée entre 300 et 400 hectares, les modalités de compensation pour chaque parcelle concernée et les résultats attendus des études en cours d’ici la fin de l’année. Plusieurs représentants indiquent attendre des données détaillées et vérifiables avant de se prononcer davantage, estimant que ces éléments conditionneront la suite de leur positionnement.

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Mayotte connectée : le pari du numérique pour tous

Mayotte connectée : le pari du numérique pour tous

À la médiathèque de Passamainty, la Cité des métiers a organisé, mercredi, un atelier numérique ouvert à tous. Entre initiations à l’IA, cybersécurité et programmation, l’événement a mis en lumière les efforts menés sur l’île pour réduire la fracture numérique.

L’atelier numérique organisé par la Cité des métiers s’est tenu ce mercredi 6 mai à la médiathèque de Passamainty. Le mot d’ordre de la journée : le numérique pour tous. Lors de leurs discours, le secrétaire général adjoint de la préfecture, Christophe Le Droumaguet-Paris, Nadjayedine Sidi, conseiller départemental, l’élue chargée du numérique, Fardat Durand, et Simon Chiarisoli, directeur du programme Orange Mayotte, ont mis l’accent sur les enjeux du numérique.

Le secrétaire général adjoint a entamé son discours en rappelant qu’une partie de la population mahoraise n’a accès ni à Internet ni au monde digital. Il a poursuivi en soulignant l’importance des Orange Digital Centers (ODC) mis en place à travers l’île. L’objectif est de donner de l’autonomie à une population déconnectée.

Un avis partagé par Nadjayedine Sidi, qui souligne l’importance d’un tel espace pour le partage et l’apprentissage des savoirs numériques : « Tous les habitants de Mayotte doivent avoir accès au numérique, peu importe leur situation. »

Fardat Durand va plus loin : « Le numérique ouvre des portes et permet à tout le monde de trouver sa place », avant de préciser l’importance de l’apprentissage de l’IA : « Il faut démystifier l’IA. On ne doit pas la subir ; elle doit être comprise et maîtrisée. »

Simon Chiarisoli a, quant à lui, dressé un bilan de la situation du numérique à Mayotte : depuis plus de six mois, 2 000 jeunes ont été formés à l’utilisation des outils numériques grâce aux ODC. Il a également annoncé la création de « vacances numériques », un stage destiné aux jeunes pendant les vacances scolaires. Ils pourront y apprendre à utiliser les outils numériques grâce aux ateliers proposés, dont un nouveau module consacré à l’utilisation de l’IA générative.

Une journée d’apprentissage

Pour cette occasion, la médiathèque de Passamainty a présenté les différents modules des ODC. Deux spécialistes d’Orange sont venus présenter l’IA et transmettre les bases de son utilisation, notamment la rédaction de prompts et les possibilités offertes par les différentes intelligences artificielles. Ils ont également évoqué les risques qu’elles engendrent, comme les fake news, les fausses images indétectables ou encore le vol de données personnelles.

Un atelier était dédié à la sensibilisation aux dangers des réseaux sociaux et d’Internet en général. À l’aide de mises en situation que les participants devaient classer dans différentes catégories de risques, les animateurs ont abordé le harcèlement en ligne et le fonctionnement des algorithmes des plateformes.

Dans une autre salle du bâtiment, une imprimante 3D était mise à disposition des enfants. À l’aide d’un logiciel, ils concevaient un objet simple (porte-clés, jeton) avant de lancer l’impression.

Un atelier, sous la forme de « Questions pour un champion », mettait les participants face à des situations du quotidien numérique. Parmi quatre propositions, chacun devait choisir l’attitude la plus adaptée. Les jeunes ont ainsi pu analyser des situations courantes liées au numérique et apprendre à y réagir. Les questions portaient principalement sur la cybersécurité et le bien-être en ligne.

À l’extérieur, un atelier initiait les participants à la programmation : à l’aide d’une souris robot et d’un morceau de fromage disposés sur un parcours modulable, chacun devait analyser le terrain afin de prévoir la trajectoire de la souris et lui indiquer le chemin à suivre.

Un second atelier présentait enfin les possibilités offertes par la robotique, avec des robots contrôlables à distance via une tablette.

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Forum de l’emploi : à Miréréni, le numérique pour l’avenir des jeunes

Forum de l’emploi : à Miréréni, le numérique pour l’avenir des jeunes

Dans la cour de l’école primaire de Miréréni, les stands se sont installés comme autant de portes d’entrée vers l’emploi. Ce mercredi 6 mai, le CRIJ Mayotte, en partenariat avec la politique de la ville de Tsingoni, a organisé le Forum de la formation professionnelle, de l’insertion et des métiers du numérique. Pour le CRIJ, l’enjeu est de rapprocher les jeunes, les demandeurs d’emploi, les organismes de formation et les entreprises locales, dans un territoire où l’accès à l’information reste un enjeu majeur.

« L’objet de cette journée, c’est de permettre l’accès à l’information aux jeunes de Tsingoni », explique Zayeb Maliki, directeur adjoint du CRIJ Mayotte. Il s’agit d’« aller vers » les publics qui ne se déplacent pas toujours jusqu’à Mamoudzou. « On facilite l’information en allant vers eux, sur leur territoire », poursuit-il.

Déjà venu à Tsingoni il y a trois ans, le CRIJ renouvelle l’expérience à la demande du Conseil départemental et de la commune. Pour cause, Mayotte fait face à un déficit de profils qualifiés, avec un taux de chômage chez les jeunes estimé à 37 %. « Ils ne savent pas forcément quoi faire. Le but de ce genre de forum, c’est de leur donner de l’inspiration. » explique Zayeb Maliki.

Pour cette édition, la thématique retenue est celle du numérique. Un secteur porteur, stratégique et encore sous-exploité à Mayotte, à l’heure où la digitalisation progresse et où les entreprises locales peinent à recruter faute de candidats formés. « Le numérique aujourd’hui, c’est omniprésent, avec l’intelligence artificielle, la fibre qui arrive… Ce sera un levier », souligne Zayeb Maliki.

Au fil de la matinée, les participants ont pu circuler entre les stands, rencontrer des professionnels et découvrir des formations. Environ vingt partenaires dont des organismes de formation, des entreprises du numérique et des structures d’insertion étaient annoncés pour cette journée.

Trois ateliers ont rythmé le forum : cybersécurité, impression 3D et journalisme numérique. Le premier visait à sensibiliser les jeunes aux bons réflexes sur Internet : protéger ses données, choisir un mot de passe solide, éviter de divulguer des informations personnelles. Le deuxième proposait une découverte concrète de l’impression 3D, de la coque de téléphone aux figurines. Le troisième, animé par le média Kweli, ouvrait une fenêtre sur les métiers de la création de contenus : journalisme, vidéo, influence, production numérique.

« Il n’y a pas que les métiers qu’on voit dehors », insiste Zayeb Maliki. À ses yeux, le numérique peut ouvrir des perspectives très concrètes à Mayotte : développeur web, gestionnaire de parc informatique, technicien fibre, maintenance de sites internet. « Il y a de quoi faire, il y a du boulot », résume-t-il.

Pour faciliter la venue des jeunes, des bus et navettes ont été mis en place, notamment depuis Cavani et Vahibé. Des accompagnateurs étaient également présents pour guider les participants. « Les jeunes n’ont pas forcément envie d’aller vers l’inconnu. Les accompagnateurs sont là pour les initier et les amener à découvrir », explique le directeur adjoint du CRIJ. Une centaine de jeunes ont finalement répondu présent.

Le CRIJ prévoit déjà un autre rendez-vous en octobre, consacré cette fois aux métiers maritimes avec une même logique : élargir l’horizon professionnel des jeunes Mahorais, montrer que des filières d’avenir existent sur l’île et que l’insertion peut aussi se construire au plus près des territoires.

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Pot de départ du préfet : un au revoir plutôt qu’un adieu

Pot de départ du préfet : un au revoir plutôt qu’un adieu

Il n’a cessé de défendre le « bilan positif » des actions conduites par les services de l’État à Mayotte sous sa direction, continuant d’occuper l’espace médiatique local à quelques jours de son départ du territoire. François-Xavier Bieuville, qui sera remplacé dans les prochains jours par Frédéric Poisot au poste de préfet de Mayotte, avait réuni plusieurs convives autour d’un pot de départ, mardi soir, à Dzaoudzi.

François-Xavier Bieuville s’apprête à quitter Mayotte dans les prochains jours pour rejoindre de nouvelles fonctions en métropole. Celui qui est encore, pour quelques heures, le représentant du gouvernement à Mayotte avait convié collaborateurs, partenaires issus du monde politique et représentants de la société civile à un pot de départ organisé mardi soir à la Case Rocher, à Dzaoudzi.

L’occasion pour lui de remercier en premier lieu les forces de défense présentes sur le département, mais également les sapeurs-pompiers et les services des douanes pour leurs actions menées sur le territoire.

Le préfet a dressé un bilan détaillé de son action au cours des deux dernières années, évoquant notamment l’opération « Kinguiya », toujours en cours, qui aurait déjà permis d’obtenir des résultats jugés significatifs et susceptibles de conduire à des poursuites judiciaires contre plusieurs contrevenants.

« À Mayotte, les gens préfèrent voir l’arbre qui tombe plutôt que la forêt qui pousse », a lancé avec humour François-Xavier Bieuville, une manière de répondre aux critiques formulées contre les différentes opérations menées par les forces de l’ordre dans le cadre de « Kinguiya ».

Il a également rappelé que les résultats obtenus, notamment les 24 000 reconduites à la frontière enregistrées l’an dernier – un chiffre en progression constante depuis 2023 – étaient, selon lui, de nature à faire pâlir certains préfets d’autres départements hexagonaux.

Le préfet a aussi salué le rôle joué par les forces armées, mobilisées sur le terrain avant et après le passage du cyclone Chido. Il a tenu à remercier plusieurs services de l’État, au premier rang desquels la DEALM, qui a contribué à rouvrir rapidement les routes de Mayotte après la catastrophe climatique du 14 décembre 2024.

François-Xavier Bieuville a également mis en avant sa décision de nommer deux natifs de l’île à des postes stratégiques au sein de l’administration de l’État à Mayotte : Nafissata Binti Mouhoudhoir à la direction de la DIETE et Mokhtar Soilihi au poste d’adjoint au SGAR.

Enfin, il a salué l’ensemble des acteurs ayant œuvré à ses côtés pour faire avancer le territoire au cours de ces dernières années, notamment plusieurs élus locaux.

Ce moment de convivialité, François-Xavier Bieuville a souhaité le présenter davantage comme un au revoir à Mayotte et à ses habitants que comme un adieu, estimant que « nul ne peut présager de l’avenir ».

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Foire de Paris 2026 : Mayotte fait rayonner son savoir-faire

Foire de Paris 2026 : Mayotte fait rayonner son savoir-faire

Depuis le 30 avril, les artisans de Mayotte exposent leur savoir-faire à la Foire de Paris, porte de Versailles. L’île aux parfums y participe pour la deuxième année consécutive, après dix ans d’absence.

Même à 8 000 kilomètres de leur territoire insulaire, les artisans mahorais continuent de faire rayonner leur culture et leurs produits. Huit exposants sont accompagnés par la Chambre des métiers et de l’artisanat (CMA). Divers profils sont représentés : agriculteurs, couturiers ou encore praticiens du bien-être, venus faire découvrir les huiles d’ylang-ylang et la vanille mahoraise.

Ahmed Wirdane, cadre à la Chambre des métiers et de l’artisanat, accompagne la délégation d’artisans locaux. Il témoigne d’une organisation efficace et d’une ambiance conviviale : « La foire se passe très bien. Nous sommes sur place du matin au soir et les artisans préparent chacun leur stand. »

Pour sélectionner les participants, la CMA s’est appuyée sur plusieurs critères, notamment l’authenticité des produits locaux et la mise en valeur d’une identité forte. Selon Soidridine Bacar, chargée du développement économique au sein de l’institution, la CMA aurait souhaité intégrer davantage d’artisans, mais n’a pas pu dépasser le quota imposé.

Pour certains exposants mahorais, cette foire représente une vitrine internationale unique ; pour d’autres, c’est un rêve devenu réalité.7

Un enjeu touristique et politique pour les Outre-mer

Cet événement revêt une importance particulière après dix années d’absence de Mayotte à la Foire de Paris. Il symbolise également un retour résilient quelques mois seulement après le passage du cyclone Chido.

Selon Outre-mer Tourisme, plateforme dédiée à l’attractivité et à la promotion touristique des territoires ultramarins, la Foire de Paris 2026 constitue une véritable opportunité d’alliance stratégique entre les territoires d’Outre-mer.

À cette occasion, Abdoul Kamardine, conseiller départemental de Mayotte, et Omar Djoundy, président de la CMA de Mayotte, ont rencontré plusieurs élus guyanais, dont Jean-Luk Le West, président du comité de tourisme de la Guyane. Cette rencontre institutionnelle place la coopération au cœur du développement économique des territoires ultramarins.

Les élus considèrent Outre-mer Tourisme comme un levier essentiel pour valoriser les richesses locales et améliorer l’image de leurs territoires à l’échelle nationale et internationale.

La Foire de Paris 2026 se poursuit jusqu’au 11 mai.

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Hip hop Evolution fête ses 20 ans au travers d’un festival itinérant aux 4 coins de Mayotte

Hip hop Evolution fête ses 20 ans au travers d’un festival itinérant aux 4 coins de Mayotte
Le crew « Vani break », originaire de Cavani, et la danseuse réunionnaise Fleur

La 12ème édition du festival Hip hop Evolution bat son plein aux 4 coins de l’île depuis le 28 avril dernier et se terminera ce vendredi 8 mai. Cette année 2026 était également l’occasion de fêter l’anniversaire des 20 ans du festival.  

Ce mercredi 5 mai, c’était au tour des habitants de Cavani-Mamoudzou de profiter des ateliers de danse et des spectacles organisés par l’association Hip-hop Evolution à l’occasion de la 12ème édition de son festival annuel. Cette année était aussi l’occasion de fêter l’anniversaire des 20 ans du festival, qui n’a pas pu se tenir l’année dernière comme prévu à cause des conséquences du cyclone Chido.

En 10 jours de festival, du 28 avril au 8 mai, les 72 danseurs de l’association se sont rendus ou se rendront dans 10 villages différents afin de toucher un public le plus large possible. « L’idée est de faire un pont entre l’histoire du hip-hop à Mayotte, en se rendant dans les villages d’origine des crews les plus emblématiques de l’île, et l’actualité, en se rendant dans les villages des crews de la nouvelle génération », explique Sophie Huvet, la porte-parole de l’association.

3 spectacles de danse gratuits au gymnase de Cavani

Si les « Battles of the year Mayotte », ancien « évènement phare » de l’association, ne sont plus organisées depuis 2022, l’association les a remplacées par un nouveau concept : « Battle en scène ». « Cet évènement ne se concentre pas uniquement sur la breakdance, il est également ouvert à d’autres formes de danse », détaille la porte-parole de l’association. Cette battle a été remportée cette année par le crew « Vani break », originaire de Cavani, au début du festival. Ses membres les plus accomplis ont d’ailleurs fait une démonstration de leur talent ce mercredi après-midi au travers d’un spectacle intitulé « Nore histoire ». L’enjeu pour eux était de raconter, au travers d’une chorégraphie, ce qui les a amenés à se consacrer à la danse.

En prélude à ce spectacle, la danseuse réunionnaise Fleur a réalisé un solo de 30 minutes intitulé « Souvenance », dans lequel elle a mélangé plusieurs styles de danse sur une base inspirée par la danse emblématique de son île, le maloya. Enfin, dans la soirée, le « clou du spectacle » a été planté par le duo de danseurs professionnels Maza (Mayotte) et Faouz (Anjouan), avec leur spectacle « Huka » (« Etre soi-même » en shimaore).

Un « carnet de bord » réalisé par le dessinateur Mouniri

Afin de « garder une trace artistique » de ce festival, l’association a demandé au dessinateur Mouniri de l’illustrer au travers d’un « carnet de bord ». « Mouniri est un peu le « fil conducteur » des 20 ans du festival », explique Sophie Huvet. « Chaque jour, il a réalisé des planches d’illustration et nous lui donnons carte blanche pour en faire une œuvre finale », ajoute-elle. Mouniri et le grapheur Papajan, qui est également venu apporter sa contribution au festival, ont également immortalisé les danseurs sur les murs du gymnase de Cavani.

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Un forum pour rapprocher les jeunes des métiers du numérique

Un forum pour rapprocher les jeunes des métiers du numérique

Le CRIJ Mayotte, en partenariat avec la politique de la ville de Tsingoni, organise le Forum de la formation professionnelle et des métiers du numérique, le mercredi 6 mai 2026, de 8h30 à 14h, à l’école primaire de Mirereni. Ouvert aux jeunes, demandeurs d’emploi, étudiants, salariés en reconversion et porteurs de projets, ce rendez-vous vise à faire découvrir les formations, les dispositifs d’insertion et les opportunités du secteur numérique. Environ 20 partenaires, organismes de formation et entreprises, seront mobilisés autour de stands, d’échanges professionnels et d’ateliers consacrés notamment à la cybersécurité, à la 3D et à l’impression 3D.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes