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Comores : la grève contre les nouveaux prix des carburants conduit à des émeutes

Comores : la grève contre les nouveaux prix des carburants conduit à des émeutes

Des écoles privées de la capitale ont annoncé la suspension des cours jusqu’à lundi, tandis que des routes restent barricadées depuis mercredi alors que les transporteurs refusent d’augmenter les tarifs des taxis tel qu’il leur a été suggéré par le gouvernement visiblement pas prêt à lâcher du lest.

Personne ne l’a vue venir. La mobilisation contre la hausse du prix des carburants prend chaque jour de l’ampleur plus particulièrement dans la capitale de l’Union des Comores et ses environs. Cette grève appelée par le syndicat des commerçants et celui des transporteurs ne faiblit pas et Moroni reste toujours paralysée. Mais depuis mercredi, la tension est montée d’un cran surtout au sud de Moroni où la route menant à la ville limitrophe d’Iconi reste bloquée. Cailloux, carcasses de voiture, pneus incendiés sont jetés sur le pavé au point que même une moto peine à se frayer facilement un chemin.

D’après des habitants d’iconi, la situation a commencé à devenir inquiétante mardi soir, à partir de 1h du matin quand la route a été barrée. Mais c’est mercredi que des échauffourées ont été signalées. Des vidéos relayées sur les réseaux sociaux authentifiées montrent des pickups de la gendarmerie faire demi-tour sous les regards de jeunes cagoulés survoltés lançant des projectiles. A château, un quartier situé au sud-ouest de la capitale des voitures avaient été mises sur la route avant d’être incendiées. A Mkazi, fief de l’actuel ministre de l’agriculture, Daniel Ali Bandar et qui par ailleurs est classée parmi les villes de la Grande Comore avec le plus grand nombre d’électeurs derrière Moroni, la route la séparant de Mavigunu, localité voisine était encore fermé, ce jeudi.

Gaz lacrymogène

Les forces de l’ordre se trouvaient quant à elles sur la route menant à Iconi, toujours inaccessibles de tous les côtés.  » On est en quelque sorte sous embargo. La ville est paralysée. Personne ne peut sortir. Mercredi, les gaz lacrymogènes tirés par l’armée dérangeait les malades qui étaient hospitalisés dans notre centre hospitalier« , a confié, ce jeudi, un habitant d’Iconi, où est originaire l’actuel Gouverneur de la Banque centrale, le Dr Younoussa Ben Imani, fidèle d’Azali Assoumani, dont le fils ainé chargé de coordonner l’action gouvernementale a tenu une conférence de presse, avant-hier. Avec trois ministres à ses côtés, notamment le ministre de l’intérieur, Nour El Fath Azali a essayé de justifier la hausse des prix du carburant. Il a laissé entendre que sans cette révision tarifaire (46% pour le gazole et 33% pour l’essence), la société comorienne des hydrocarbures n’allait pas être capable d’acheter les produits pétroliers.

S’il a reconnu qu’ils ont proposé aux transporteurs d’augmenter encore les frais des transports pour cesser la grève, le secrétaire général du gouvernement a exprimé son étonnement de voir les syndicats déclencher ce mouvement. A l’entendre, tous les acteurs avaient été consultés avant la fixation de ces nouveaux prix, qui sont rejetés par la population. Mais pour le ministère de l’intérieur, Mohamed Ahamada Assoumani, les jeunes qui tiennent tête aux forces de l’ordre, qui se révoltent, seraient tous payés et manipulés par l’opposition pour renverser le régime en place. Le premier flic du pays a déclaré détenir des preuves que les émeutiers dont 26 étaient déjà aux arrêts, mercredi, sont payés par des politiciens. D’autres arrestations ont eu lieu à l’aube de ce jeudi, selon nos informations.

Au cours de leur conférence de presse, les trois ministres et le secrétaire général du gouvernement ont martelé avoir choisi les tarifs les moins pénibles tout en mettant en avant leurs mesures dites d’accompagnement. Ils ont ainsi promis de sécuriser les commerces qui ouvriront. 

Poursuites judiciaires

Dans son intervention, la première depuis sa nomination, le ministre de la justice a prévenu que les manifestants seraient poursuivis pour trouble à l’ordre public et attroupement illégal. Des déclarations qui ne font pas peur aux jeunes, malgré les tortures subies par certains dans la rue, mercredi, selon des vidéos mises en ligne ce jeudi.  Hier, les marchés étaient encore vides, donnant l’allure tournant au ralenti. Des banques assuraient uniquement le service minimum.

Des écoles privées à l’instar du Groupe scolaire Fundi Abdoulhamid ont d’ailleurs jugé prudent de suspendre les cours jusqu’à lundi prochain.  A Avenir, un autre établissement privé sis à quelques pas du centre caritas Comores, la direction a laissé libre cours aux parents de garder leurs enfants chez eux s’ils ne se sentent pas capables de les déposer à l’école. Dans les sites universitaires, seule une poignée d’étudiants fait le déplacement, d’après un chef de département interrogés, ce mercredi.

La société civile et des mouvements politiques appellent le gouvernement à annuler les nouveaux tarifs. Le parti Ushe, a souligné que l’abattement de 40% tant vanté se chiffrant à 565 millions de francs sur trois mois, était en réalité récupéré en dix jours puisque la hausse du prix du carburant apporte en un mois 1.75 milliards de francs à l’État. Enfin Ushe, dernier né du paysage politique du pays préconise une indexation des prix sur le cour international pétrole pour protéger les consommateurs des chocs.

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Un camion poubelle réduit en cendres

Un camion poubelle réduit en cendres

Le spectacle est saisissant à Hagnoundrou, dans la commune de Bouéni. Au beau milieu d’une ruelle bordant la mosquée de vendredi, la carcasse noircie d’un camion poubelle témoigne de l’incendie qui l’a entièrement détruit ce mardi matin. Selon les premières constatations des pompiers, le feu serait d’origine accidentelle, probablement provoqué par un court-circuit au niveau du moteur.

Le chauffeur, bien que profondément choqué, est sorti indemne de l’incident. Mais pour le Sidevam, le syndicat intercommunal chargé de l’élimination et de la valorisation des déchets à Mayotte, les conséquences s’annoncent particulièrement lourdes. Déjà confronté à un fonctionnement sous tension, l’organisme perd ici un équipement essentiel à la continuité du service de collecte.

Dans l’immédiat, plusieurs solutions sont envisagées pour tenter de maintenir les tournées : solliciter des entreprises privées, remettre en état certains véhicules immobilisés ou encore réorganiser les circuits de collecte. Mais aucune option ne permet de compenser rapidement la perte de ce camion de 12 tonnes.

Le remplacement d’un tel véhicule représente en effet un défi considérable. Entre la commande et la livraison, les délais peuvent atteindre près de deux ans. Un horizon très lointain pour un service public déjà fragilisé par le manque de matériel. À cela s’ajoute le coût particulièrement élevé d’un camion neuf, estimé jusqu’à 300.000 euros selon les équipements choisis.

Cette nouvelle perte risque donc d’aggraver les difficultés rencontrées quotidiennement par le Sidevam. Les habitants pourraient rapidement constater des perturbations dans le ramassage des ordures, sans que l’ampleur ou la durée de ces dysfonctionnements ne soient encore connues.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le syndicat doit faire face à ce type de situation. Fin 2025, une panne sur un camion de plus petite taille avait déjà provoqué des perturbations importantes dans le centre-ouest de l’île. Un prestataire privé avait alors été mobilisé en urgence, mais son véhicule, trop volumineux, ne pouvait accéder à certains quartiers étroits.

À Hagnoundrou, l’incendie de ce mardi ravive ainsi les inquiétudes autour des capacités du service de collecte des déchets à Mayotte. Dans un territoire où les infrastructures demeurent fragiles et les moyens limités, la perte d’un seul camion suffit désormais à déséquilibrer toute une organisation.

Yelewa Jazz revient pour une 8ème édition du 22 au 24 mai

Yelewa Jazz revient pour une 8ème édition du 22 au 24 mai

Le festival Yelewa Jazz fait son grand retour du 22 au 24 mai 2026 à Mamoudzou et Pamandzi.

Placée sous le thème « Quand le Jazz danse ! », cette nouvelle édition mettra à l’honneur des groupes de musiciens locaux ainsi que des artistes venus de métropole. Le public retrouvera notamment Simon BEBE, guitariste du groupe mythique Les Rapaces, aux côtés de Yelewa Jazz Band 026, Frantz Charles y su Arthophilo Orchestra, Royaume Kongo, Groupe Moro et de la chorale des scolaires.

Entre jazz, salsa, rumba congolaise, latino, blues, chachacha, néo-soul et R’n’B, le festival promet trois jours de musique vivante et festive, avec une invitation claire : se laisser envoûter et rejoindre la piste de danse.

Le programme débutera le 22 mai dès 19h30 au bar-restaurant 5/5 à Mamoudzou, se poursuivra le 23 mai dès 16h au Voulé à Cavani, avant de s’achever le 24 mai dès 12h à la place Congrès de Pamandzi.

Petite-Terre : des tours d’eau exceptionnels après un incident à l’usine de dessalement de Pamandzi

Petite-Terre : des tours d’eau exceptionnels après un incident à l’usine de dessalement de Pamandzi

La SMAE annonce la mise en place de tours d’eau exceptionnels à Petite-Terre, à compter du mercredi 13 mai et jusqu’au mardi 19 mai 2026, après un incident technique survenu ce mardi 12 mai sur l’usine de dessalement de Pamandzi. Cette panne réduit la capacité de production d’eau et impose une adaptation temporaire de la distribution.

Le dispositif prévoit 48 heures de coupure pour 24 heures de distribution, avec des opérations d’ouverture et de fermeture du réseau effectuées chaque jour autour de 14 heures. Les secteurs concernés sont Labattoir Centre, Pamandzi Est, Pamandzi-La Vigie, Labattoir Badamiers, Dzaoudzi boulevard des Crabes, Labattoir La Vigie et Pamandzi Ouest.

La SMAE indique que ses équipes sont mobilisées, mais qu’un retour à une production normale ne pourra pas intervenir avant plusieurs jours. Lors de la remise en eau, les usagers sont invités à fermer les robinets, laisser couler l’eau jusqu’à ce qu’elle soit claire et à la faire bouillir pour les usages alimentaires durant la première demi-journée.

Transports en commun : de nouvelles perturbations en vue à Dzaoudzi

Transports en commun : de nouvelles perturbations en vue à Dzaoudzi

Ils menacent de durcir leur mouvement de grève prochainement si aucun accord n’est trouvé avec le Département-Région de Mayotte. Ils jurent qu’ils ne se laisseront pas ôter le pain de la bouche pour faire le bonheur de « deux sociétés de bus déjà trop gras » à leur goût ! Dans leur collimateur, Ali Omar, vice-président de l’Assemblée de Mayotte, en charge des transports et de l’administration.

Les chauffeurs de taxi de la Petite-Terre sont remontés contre le Département -Region de Mayotte et ils le font savoir quotidiennement depuis une semaine. Multiples réunions, opération escargot et panneaux revendicatifs devant l’espace de stationnement qui leur est réservé sur le parking de Dzaoudzi (côté quai Issoufali), ils portent à la connaissance du public l’objet de leur mécontentement.

Bientôt un mois depuis que la nouvelle d’une grève des taxis couvait en Petite -Terre, sans que les autorités ne l’ai pris au sérieux. Et pour cause, elles sont décidées à aller au bout de leur démarche consistant à créer deux lignes de bus gratuites (pour commencer) au départ du rocher de Dzaoudzi en direction des villes de Labattoir et Pamandzi. Un projet qui ne date pas de cette année mais que les chauffeurs de taxi n’avaient pas pensé voir se réaliser par la force.

En effet, jusqu’à une date récente, ils ont cru que la raison pouvait l’emporter eu égard à la petitesse du trajet concerné. Visiblement, ce n’était pas sans compter sur les ambitions politiques clairement affichées du Département- Région de Mayotte, à un peu plus d’un an avant les prochaines élections régionales prévue pour 2028. « Force est de constater qu’au Département, nos élus font peu cas de notre avenir professionnel, du devenir de nos familles et enfants. A croire que la progéniture des deux patrons de sociétés de bus à qui l’on a attribué ce marché de transport en commun sont plus méritants que les nôtres », demande sur un ton provocateur un chauffeur de taxi très échaudé !

Pour mieux saisir la portée de cette affaire, il convient avant tout de retenir que ce bras de fer (qui ne dit véritablement pas son nom) a viré au dialogue de sourds depuis un moment.

Ils promettent de perturber la mise en service du réseau de bus

La bataille des transports en commun étant devenu le sujet à la mode dans les diverses collectivités mahoraises, le département multiplie les initiatives pour ne pas être en reste par rapport aux intercommunalités sur cet enjeu qu’il entend bien manager et contrôler au final. Il s’est même fixé la date butoire du 18 mai pour lancer son propre projet interurbain et  multimodal (bus-barges). Deux éléments viennent s’incruster dans ce dispositif pour déplaire au plus haut point les chauffeurs de taxi de Petite-Terre.

 » Nous avons été là durant plusieurs décennies pour faire le sale boulot et remplir un service d’intérêt général. Pourquoi le département ne nous a pas consulté au sujet de ce marché public ? Notre corporation aurait pu s’organiser pour y répondre, comme nos collègues de Grande-Terre l’ont fait avec le concept taxi-vanille en contractualisant avec l’ARS et la CSSM ? Omar Ali s’est arrangé pour satisfaire les attentes de ses amis dans notre dos et celui de nos familles au profit d’un entrepreneur qui n’est pas à plaindre en terme de chiffre d’affaires. Et pour maquiller le tout on lui adjoint un autre qui n’a rien à faire en Perite-Terre. Tout ça sent les arrangements politiques et ils s’attendent à ce que nous acceptions d’être les dindons de cette farce« , attaque très virulent, un des responsables du syndicat des taximen de Petite-Terre.

Selon lui, « la sauce piquante est suffisamment assaisonnée au point qu’ils ont cru nous avoir avec ce stratagème de 800 000 euros d’aide exceptionnelle que le département nous a octroyé récemment pour nous faire descendre la pillule amère qu’ils ont prévu nous faire avaler coûte que coûte « . Mais de quoi s’agit-il en fait ? Cette aide octroyée par l’Assemblée de Mayotte il y a quelques semaines en compensation du manque à gagner subi par les taxis de Petite-Terre au terme d’une année de travaux de remise en état des deux quais de Dzaoudzi, est perçue aujourd’hui par ses supposés bénéficiaires comme un simple leurre destiné à focaliser leur regard ailleurs pendant que le dispositif des bus se met en place.

« C’est vraiment une méthode dégueulasse, enrobée de mépris et de méchanceté. A ce jour nous sommes certains que une seule petite poignée d’entre nous en verra la couleur. Non seulement la délibération est entachée d’irrégularités mais elle contient des conditions impossibles à remplir pour une majorité d’entre nous. Pour dire vrai, ils ont juste fait semblant de nous tendre la main sans intension réelle. En attendant, leurs bus seront très bientôt opérationnels et le manque à gagner pour nous chauffeurs de taxi encore plus évident. Mais qu’ils ne se trompent pas au Département, nous serons sur le terrain ce jour-là pour défendre notre gagne pain et chacun assumera ses responsabilités« , prévient le syndicaliste. Ce qui est certain, c’est que le Département-Region de Mayotte n’envisage pas une seule seconde de réviser sa copie sur ce dossier du transport en commun.

Une fois de plus, les chauffeurs de taxi de Petite-Terre s’interroge sur leur devenir et la vraie finalité recherchée par les élus régionaux. Une interrogation qui se base notamment sur le tracé et les arrêts prévus pour les deux lignes de bus, que les taximen considèrent comme un copié-collé du leur. « Ils voudraient faire disparaitre notre profession sans coup de semonce qu’ils ne s’y prendraient pas différemment  » ajoute Ali B, un membre du même syndicat. Température prise à l’Assemblée de Mayotte, un gêne certain apparaît lorsque la presse questionne sur ce dossier. La balle est vite renvoyée du côté des services de l’État lesquels « ne se seraient pas encore prononcés » sur les irrégularités frappant la délibération incriminée octroyant les 800.000 euros promis aux chauffeurs de taxi.

Entre autres revendications agitées de l’opération escargot du milieu de semaine dernière, ils font état de leur future retraite (pour ceux qui seraient bientôt en situation de la prendre). Du côté de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat dont ils dépendent, les responsables estiment qu’un dialogue est nécessaire avec les instances décisionnelles de l’île avant un durcissement possible du mouvement de grève annoncé. Ils insistent aussi sur la nécessité de respecter la réglementation en usage en matière de grève, notamment l’obtention d’une autorisation préalable de la commune de Dzaoudzi où est situé le boulevard des crabes. Une chose est sûre, un blocage de la circulation sur le boulevard des crabes est à prendre très au sérieux dans les prochains jours. Les chauffeurs de taxis se disent déterminés à perturber la mise en route du système des bus si jamais les élus régionaux décident de rester sourds face à leurs revendications.

Affaire à suivre de très près.

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Transport sanitaire à Mayotte : des journées à haut risque en perspective pour l’acheminement des malades

Transport sanitaire à Mayotte : des journées à haut risque en perspective pour l’acheminement des malades

Une grève inédite est annoncée à Mayotte par les sociétés privées locales d’ambulances. Leurs salariés prévoient un mouvement de grève illimitée dans les jours à venir pour dénoncer une décision prise par l’ARS Mayotte. Celle-ci souhaiterait confier la gestion de l’outil de coordination des missions quotidiennes de ces sociétés à un nouvel intervenant extérieur à l’île.

L’Agence régionale de santé de Mayotte aurait-elle choisi de jouer avec le feu (une fois de plus) en mettant en jeu la vie des patients transportés par ambulances privées, de leur domicile vers les différents établissements hospitaliers de l’île, et inversement ? Après une manifestation remarquée des dirigeants des sociétés mahoraises d’ambulances dans les rues de Mamoudzou il y a peu, une nouvelle menace plane sur l’ensemble des patients susceptibles d’avoir besoin de ce service.

En effet, l’Association de transport sanitaire d’urgence 976 tire la sonnette d’alarme et annonce, par la voix de son président Ana Inzoudine, le dépôt d’un préavis de grève par les salariés de toutes les sociétés d’ambulances de Mayotte.

Ce préavis pourrait fortement impacter l’activité de ces structures. En cause : le retard persistant dans le versement d’une subvention annuelle par l’ARS Mayotte à l’association, permettant d’assurer le fonctionnement d’un outil de traçabilité des missions confiées quotidiennement aux différentes sociétés privées d’ambulance de l’île, en coordination avec le SAMU.

Une obligation de permanence est imposée à ces acteurs pour assurer les missions d’urgence, organisées en plusieurs plages horaires : de 20 h à 8 h du matin, de 8 h à 20 h le lendemain pour les rotations suivantes, ainsi que de 8 h à 20 h les week-ends et jours fériés.

La répartition du champ d’intervention attribue :

  • aux sapeurs-pompiers les missions relevant de la voie publique ;
  • au SAMU les urgences médicales ;
  • et aux sociétés d’ambulances privées les autres interventions dans le cadre de la garde départementale.

Ce dispositif est, selon les responsables de l’Association des transports d’urgence 976, identique à celui en vigueur sur l’ensemble du territoire national. Une nuance importante toutefois : la subvention destinée à assurer le bon fonctionnement de cette coordination entre les trois acteurs repose ailleurs sur une logique pluriannuelle, ce que l’ARS Mayotte refuse d’accorder aux sociétés privées locales.

« Ce préavis de grève lancé par l’ensemble des salariés de nos différentes sociétés est consécutif au refus de l’ARS Mayotte de financer l’outil de coordination durant la garde départementale », explique Ana Inzoudine. Il ajoute : « Cela signifie qu’aucune société privée d’ambulance sur le territoire ne pourra assurer, dans les jours à venir, le transport des malades vers les établissements de santé. »

La demande de subvention aurait été déposée auprès des services de l’ARS Mayotte depuis le mois de janvier 2026, sans avoir obtenu de suite à ce jour.

Ce risque majeur, que le nouveau directeur de l’ARS Mayotte serait accusé de faire peser sur la prise en charge des patients à domicile, ne serait pas inconnu des élus locaux, notamment des quatre parlementaires mahorais (deux sénateurs et deux députées), régulièrement saisis sur ce dossier par l’Association des transporteurs d’urgence 976.

Les salariés à l’origine de ce mouvement de grève demandent également la mise en place d’une convention pluriannuelle entre, d’une part, l’ARS Mayotte et la Caisse de Sécurité sociale de Mayotte, et d’autre part les représentants de l’ensemble des sociétés privées d’ambulance de l’île, afin de sécuriser leurs emplois et l’organisation du service.

Ils accusent par ailleurs le nouveau directeur de l’ARS Mayotte de vouloir déroger aux règles nationales en vigueur concernant la régulation des missions confiées aux ambulances privées, au profit d’un nouvel intervenant extérieur au territoire mahorais.

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Le lycée agricole de Coconi cultive l’esprit Erasmus

Le lycée agricole de Coconi cultive l’esprit Erasmus

Dans le cadre du programme Erasmus+, deux groupes d’élèves du lycée agricole de Coconi ont récemment bénéficié de mobilités en Slovénie et en Andalousie. Une expérience scolaire, culturelle et humaine que l’établissement espère bien pérenniser.

Le programme européen devient peu à peu un levier structurant pour ouvrir les élèves du lycée agricole de Coconi à d’autres pratiques, d’autres cultures et d’autres manières d’apprendre. Après deux précédents projets partenariaux autour de l’agroécologie, APPEL et AGROSYLVIMOB, qui avaient déjà permis au lycée de tisser des liens avec une dizaine de structures européennes, l’établissement poursuit son ancrage sur le Vieux Continent.

Cette année, deux mobilités de groupe ont pu être menées. La première a conduit douze élèves de la filière Productions horticoles, six filles et six garçons âgés de 16 à 19 ans, jusqu’en Slovénie. Accompagnés de trois encadrants, ils ont passé douze jours en immersion au sein de la Maribor Biotehniška Šola, un établissement agricole slovène. Au programme : travaux pratiques en production agricole, échanges professionnels, découverte du patrimoine local, temps culturels et moments de partage avec les élèves slovènes.

Pour l’équipe éducative, l’expérience a été marquée par « l’esprit Erasmus » : la découverte, la bonne humeur, les surprises et des souvenirs durables.

Dans le même temps, une dizaine d’élèves de seconde générale et technologique et de première STAV, la filière Sciences et technologies de l’agronomie et du vivant, sont revenus d’un séjour de près de deux semaines en Andalousie. Là encore, il ne s’agissait pas de vacances. « Le matin, les élèves allaient en cours, de 10h à 14h, avec des enseignants espagnols et mahorais », raconte Myriam Maanli, professeure d’anglais, qui a accompagné le groupe.

Les cours étaient dispensés en espagnol, dans une logique de co-enseignement. Les élèves de Coconi ont travaillé avec deux établissements partenaires : l’Academia Británica, à Córdoba, et l’IES Los Pedroches, un lycée agricole situé à Pozoblanco.

« C’était quelque chose de très intense. On avait déjà travaillé une partie du programme à Mayotte en français, puis les élèves ont dû le réinvestir en espagnol », poursuit l’enseignante. L’objectif était autant linguistique que pédagogique : développer l’ouverture culturelle, le sens de la diversité, l’inclusion, le développement durable et les compétences numériques.

Les après-midis étaient consacrés aux visites et aux activités de terrain. Les élèves ont ainsi découvert la Mosquée-cathédrale de Córdoba, guidés par leurs camarades espagnols. Ils ont participé à une chasse au trésor dans le centre historique, à une randonnée éco responsable, mais aussi à des travaux pratiques dans une exploitation agricole.

Dans l’exploitation du lycée agricole partenaire, ils ont observé des cultures peu familières à Mayotte, comme les abricotiers ou certaines plantes aromatiques. Ils ont également découvert des techniques nouvelles, notamment la culture de fraises dans l’eau et l’utilisation des abeilles pour la pollinisation.

« Les élèves étaient stupéfaits. Certains ne savaient pas que les abeilles pouvaient être utilisées de cette manière. Ils ont compris leur importance pour l’environnement et la biodiversité », souligne Myriam Maanli. Le groupe a aussi visité une laiterie, suivant les différentes étapes de transformation du lait, de la production à la fabrication.

Le temps fort du séjour andalou a été l’organisation d’une Journée de l’Europe, en plein mois de mai, souvent surnommé « le mois de l’Europe ». L’événement visait à promouvoir la richesse des cultures européennes, mais aussi la place de Mayotte dans l’Union européenne.

Plusieurs stands ont été mis en place par les élèves. Sur l’un d’eux, les participants écrivaient le mot « bienvenue » dans différentes langues. Sur un autre, chacun était invité à exprimer ce que signifiaient pour lui l’inclusion et le vivre-ensemble. Des moments de danse, de musique et de gastronomie ont également permis de mêler culture mahoraise et culture andalouse.

« On voulait montrer l’appartenance de Mayotte à l’Europe, mais aussi la richesse de l’Union européenne grâce aux outre-mer », explique Mansil Faïna, professeure d’espagnol. L’équipe avait même prévu de travailler autour de l’Hymne à la joie, traduit en espagnol, en français en shimaore et en kibushi. Le projet n’a pas pu être finalisé cette fois-ci, mais les enseignants espèrent le reprendre à Mayotte.

Un projet préparé de longue date

Le projet andalou devait initialement se tenir l’an dernier, mais avait été reporté, notamment en raison du cyclone Chido, qui avait compliqué les échanges avec les partenaires. Cette année encore, le départ a connu quelques contretemps. Le vol prévu le 25 avril a été annulé, obligeant le groupe à repartir le lendemain et à racheter une partie des billets.

Par ailleurs, plusieurs jeunes initialement sélectionnés n’ont pas pu partir en raison de problèmes de régularisation ou de documents de voyage. Les enseignantes pointent notamment les délais de réponse de la préfecture, pourtant sollicitée depuis plusieurs mois. « Erasmus demande d’inclure tout le monde, de montrer la diversité. Mais derrière, pour ceux qui ne sont pas en règle administrativement, ce type de projet devient compliqué », regrette Mansil Faïna. Une déception pour l’équipe pédagogique, qui avait associé ces jeunes au projet depuis sa préparation, et a dû réorganiser le groupe à la dernière minute pour maintenir la mobilité.

Malgré ces obstacles, les enseignants retiennent surtout la réussite du séjour. Les élèves, parfois partis pour la première fois aussi loin, ont su s’adapter, nouer des liens avec leurs camarades espagnols et gagner en autonomie.

À Coconi, l’ambition est désormais de faire durer cette dynamique. Les enseignants espèrent pérenniser la Journée de l’Europe, à Mayotte comme dans d’autres pays partenaires, afin de questionner la manière dont les jeunes Européens vivent leur appartenance à l’Union.

D’autres pistes sont déjà envisagées. L’un des partenaires espagnols souhaite développer un projet de coopération associant plusieurs territoires, dont l’Espagne, l’Autriche et Mayotte. L’idée serait d’organiser des échanges successifs entre les établissements partenaires, avec, à terme, l’accueil d’élèves européens à Mayotte.

Pour le lycée agricole de Coconi, ces mobilités ouvrent donc bien plus qu’une parenthèse à l’étranger. Elles permettent aux élèves de se projeter autrement dans leur formation, leur futur métier et leur place dans le monde.

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Nouvel aéroport de Mayotte : le dédommagement au cœur des inquiétudes des agriculteurs

Nouvel aéroport de Mayotte : le dédommagement au cœur des inquiétudes des agriculteurs

Une réunion entre la DGAC et des agriculteurs s’est tenue ce 12 mai sur le site du futur aéroport entre Dzoumogne et Soulou. Le projet, qui couvrira 400 hectares, inquiète les exploitants fonciers relancés après le cyclone Chido. Un recensement des parcelles et productions est en cours afin d’évaluer l’impact du chantier, dont les premiers travaux sont prévus en 2027.

« C’est un deuxième Chido », s’alarme un propriétaire foncier découvrant sa parcelle de terrain sur le site du futur aéroport. Sur une carte affichée sur un conteneur, ce mardi 12 mai, une réunion d’information était organisée entre la Direction générale de l’Aviation civile (DGAC) et les agriculteurs adhérents.

Une dizaine d’adhérents étaient présents sur le site. La plupart se sont remis à l’ouvrage à la suite du cyclone Chido afin de relancer leur exploitation. Une exploitation aujourd’hui menacée par le projet d’aéroport, qui devrait couvrir 400 hectares afin de permettre l’aménagement d’une piste longue entre les villages de Dzoumogne et Soulou.

Le projet d’aéroport est actuellement en phase de recensement. Un recensement effectué par l’entreprise M-ZE Conseil, dont Istizade Bina est le directeur : « Le but est de les accompagner par secteur, de recueillir toutes les informations nécessaires sur leur production, avec des données GPS précises de leur localisation, et de recenser la finalité des productions, qu’elles soient destinées à la vente ou à une consommation personnelle. Ces questions sont posées avec précision afin de connaître l’impact du projet vis-à-vis des exploitants. »

La semaine dernière, une charte entre les représentants agricoles et la DGAC a été signée, garantissant aux agriculteurs leur statut de parties prenantes du projet. Les agriculteurs restent toutefois inquiets quant à l’avenir de leurs exploitations et aux conséquences du chantier sur leurs activités.

L’enjeu de l’identification des acteurs a également été rappelé par Christophe Masson, délégué de la Direction du transport aérien de la DGAC. “Les premiers travaux devraient débuter en 2027 avec la réalisation d’un ouvrage sous la route départementale afin de permettre les terrassements sans interrompre la circulation.” Une nouvelle route départementale est également prévue. Ainsi  qu’une retenue collinaire sur le site.

Néanmoins, le dédommagement reste une source d’inquiétude pour la plupart des agriculteurs présents sur place. « J’ai planté des agrumes que je ne pourrai peut-être récolter que dans six ans. Vais-je être dédommagé pour cela ? », s’interroge l’un d’eux.

L’objectif est de pouvoir compenser les récoltes potentiels et, éventuellement, de trouver un autre terrain agricole. L’ensemble des agriculteurs concernés est invité à se faire recenser auprès du cabinet de conseil, tandis que des permanences sont prévues afin d’accompagner les exploitants dans leurs démarches.

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La Cadema mise sur les mobilités douces pour désengorger Mayotte

La Cadema mise sur les mobilités douces pour désengorger Mayotte

La CADEMA poursuit son événement « Mai à vélo », un symbole fort du projet mobilité de l’intercommunalité.

Le 30 avril dernier, l’agglomération Dembéni-Mamoudzou a lancé une déclinaison de l’événement national « Mai à vélo », une première sur le territoire mahorais. Il s’agit d’une série de journées d’activités réparties tout au long du mois de mai afin de favoriser la transition écologique et l’essor des mobilités douces. Au programme : immersion et pratique du vélo, sensibilisation de la population aux alternatives non motorisées, sans oublier les enjeux environnementaux et la prévention routière. Ces initiatives visent à fluidifier le trafic et à améliorer le quotidien des usagers.

Les transports à Mayotte s’apparentent souvent à un parcours du combattant. Et si le vélo était une solution ? C’est ce qu’espère la CADEMA avec cet événement mensuel. La valorisation de la pratique du vélo constitue une priorité pour l’intercommunalité. Léo Jusiak, chargé de mobilité à la CADEMA, est à l’origine de ce programme d’activités, développé avec l’appui de ses collègues : « Nous avons décidé de mettre en place des initiations et des formations au vélo, des découvertes du VTT, ainsi qu’un test d’intermodalité aux arrêts de Passamaïnty et de Baobab, à Mamoudzou. Ce test consiste à combiner différents moyens de transport, comme le bus et le vélo. L’idée est qu’après le trajet en bus, les usagers puissent parcourir quelques kilomètres à vélo afin de faciliter leurs déplacements, notamment pour se rendre au travail. »

Dans le cadre de cet événement, des associations partenaires proposent un programme d’activités et mobilisent les publics ciblés, notamment les jeunes. La CADEMA, de son côté, fournit les vélos ainsi que le matériel nécessaire. Les activités sont ouvertes à tous, malgré un nombre de places limité en raison du parc réduit de vélos disponibles. Une rotation des participants reste toutefois possible sur place. L’association Mlézi Maoré a été la première à se lancer, le 30 avril dernier. Ce projet concrétise des partenariats déjà bien ancrés entre l’intercommunalité et les structures associatives.

L’agglomération Dembéni-Mamoudzou encourage également les autres intercommunalités et collectivités à participer à ce type d’initiative ou à développer des projets similaires à travers différentes réunions d’échange. Par ailleurs, à travers cet événement, la CADEMA s’engage à promouvoir la sécurité routière et sensibilise à un usage plus régulier du vélo afin de limiter les embouteillages. Pour cela, plusieurs activités ouvertes aux usagers du Caribus sont proposées, avec un accent particulier mis sur l’intermodalité. L’intercommunalité se montre aussi attentive à l’accompagnement des plus jeunes participants, futurs usagers de la route, notamment dans l’apprentissage de l’aisance et de la maîtrise du vélo.

« Mai à vélo » : de nombreuses animations au programme

Le jeudi 14 mai, l’association Cocotier Rigolo prévoit une activité de découverte et de formation au vélo à Tsoundzou 1, de 8 h à midi.

Le lendemain, vendredi 15 mai, une journée dédiée au VTT sera organisée à Ongojou par la Fondation Olémi, de 8 h à 18 h 30.

Quelques jours plus tard, le mercredi 20 mai, de 8 h à midi, les cyclistes seront invités à une initiation au vélo à Dembéni avec le centre social. Ces trois journées d’activités s’adressent aux jeunes de 8 à 16 ans, à l’exception de celle du 15 mai, qui accueillera également un public adulte dans l’après-midi.

Les mercredi 20 et samedi 23 mai, la CADEMA mettra à disposition des vélos en libre-service pour les usagers du Caribus sur la ligne 1, à Passamaïnty et au carrefour Baobab, à Mamoudzou, de 8 h à midi.

Enfin, les samedi 23 et dimanche 24 mai, de 8 h à 16 h, le Fuzz Elips Club proposera une découverte des déplacements à vélo à Cavani, à destination des enfants de 6 à 11 ans.

La route demeure encore longue pour développer les mobilités douces à Mayotte, mais Monsieur Jusiak constate déjà « une pratique qui se développe davantage avec l’essor des opérateurs de location de vélos et l’arrivée des vélos-cargos ».

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Vols vers l’outre-mer : Naïma Moutchou promet un été sans annulation

Vols vers l’outre-mer : Naïma Moutchou promet un été sans annulation

La ministre des Outre-mer s’est engagée lundi sur France Info : aucun vol vers Mayotte, La Réunion ou les Antilles ne sera annulé cet été, malgré la crise au Moyen-Orient. Les prix des billets pourraient toutefois encore évoluer.

La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a déclaré ce lundi 11 mai sur le plateau de France Info : « Avec les compagnies, nous prenons l’engagement qu’il n’y aura pas de pénurie de carburant ni de vols annulés. » Elle a affirmé que la continuité territoriale serait maintenue « quoi qu’il arrive ».

Les prix des billets d’avion s’adapteront toutefois en fonction de la situation : « Les prix ont augmenté de quelques dizaines d’euros, nous suivons la situation de très près. (…) Si, à l’été, il y a des augmentations de prix considérables, alors il y aura des choix budgétaires à faire. »

Ce discours s’inscrit dans la continuité de la réunion gouvernementale du 6 mai, au cours de laquelle les ministres de l’Économie, des Transports, du Tourisme et de l’Énergie avaient reçu les principaux acteurs du secteur aérien. Le ministre des Transports avait assuré que les compagnies aériennes s’étaient engagées à garantir la continuité territoriale. Les acteurs présents se sont voulus rassurants : « Tout sera mis en œuvre pour limiter la hausse des prix des billets. »

De son côté, l’Association du transport aérien international (IATA) anticipe une augmentation de 20 à 40 % du prix des billets cet été à l’échelle mondiale.

Ce contexte de tension est directement lié à la guerre en Iran, qui a provoqué une flambée des prix du kérosène. En mars, le PDG de Corsair indiquait que la tonne de kérosène était passée de 750 à 1 730 dollars.

D’après une enquête d’Outre-mer La 1ère, les prix des billets en classe économique pour les vols vers les outre-mer ont augmenté de 70 à 120 euros en moyenne au début du conflit. En avril, la ministre des Outre-mer avait chargé le député réunionnais Jiovanny William d’analyser le « yield management », c’est-à-dire les mécanismes de fixation des prix des billets vers l’outre-mer.

Le gouvernement souhaite s’assurer que ces pratiques ne soient ni abusives ni discriminatoires pour les habitants, qui disposent de peu d’alternatives à l’avion. Son rapport final devra être remis au plus tard le 30 juin.

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Comores : la société des hydrocarbures épinglée pour sa mauvaise gestion

Comores : la société des hydrocarbures épinglée pour sa mauvaise gestion

Un rapport de la section des comptes de la cour suprême, qui s’est penché sur l’exercice de 2022, a révélé de nombreuses anomalies dans la gestion de la société publique en dépit de la hausse des prix des carburants qu’elle a bénéficiée pour supporter les effets de la guerre russo-ukrainienne.

Les Comores vivent depuis lundi une grève qui impacte les transports en commun et les commerces aussi bien dans les capitales des trois îles indépendantes que dans les périphéries où les déplacements vers les grandes villes sont perturbés. La raison évoquée par le gouvernement pour justifier cette augmentation des tarifs des produits pétroliers est la conjoncture mondiale, mais surtout le sauvetage de la société comorienne des hydrocarbures (Sch). Mais beaucoup pensent que la dégradation de la gestion de cette entreprise publique qui a le monopole dans l’importation du carburant ne date pas d’hier. En effet dans un rapport rendu public par la section des comptes de la cour suprême, il est révélé que durant l’exercice de 2022, la société comorienne des hydrocarbures a manqué à de nombreuses obligations.

Les auditeurs ont par exemple noté dans la comptabilité des incohérences dans les comptes et des manquements aux normes qui ne permettent pas de confirmer que les états financiers ne sont pas fidèles par rapport aux résultats des activités.  » Il y a des écarts entre le bilan et le grand livre, sur les comptes des créances. L’absence de textes règlementaires relatifs à une gestion transparente favorise les insuffisances relevées« , liste le rapport qui pointe par ailleurs une absence de contrôle interne qui aide à lutter contre la fraude ce qui garantit une sincérité des comptes de l’entreprise, dont 63% du personnel n’est pas diplômé. Jusqu’en 2022, avec un effectif de 455 personnes, ce sont les agents sans qualification qui occupaient les fonctions importantes au sein de la société comorienne des hydrocarbures constituée de techniciens supérieurs représentant 14.29 % de l’effectif total.

Écarts de plusieurs milliard

D’après le rapport de la section des comptes publié en juin 2025, l’entreprise publique a fait un chiffre d’affaires de plus de 52 milliards de francs (105 millions d’euros), pour l’année 2022, dont 15 milliards rien qu’avec l’essence. Le volume des importations a bondi de 14% grâce à l’augmentation des prix de vente.  » Cependant, cette embellie ne s’est pas traduite par une amélioration du résultat net à cause des pertes engendrées par les subventions du carburant donnée à la société nationale de l’électricité« , indique l’audit de 46 pages. Notons qu’à l’époque, le gouvernement comorien avait revu à la hausse les prix des produits pétroliers évoquant la guerre ukrainienne. Mais depuis, malgré la baisse du prix du baril dans le monde, le prix du litre à la pompe n’a pas changé.

Le contrôle a révélé également des écarts significatifs entre les détails du compte de résultats et les analyses statistiques ainsi que des défaillances dans les recouvrements qui s’élèvent à 10 milliards 581 987 653 millions de francs. Les enquêteurs de la section des comptes ont aussi découvert une augmentation significative de l’endettement entre 2021 et 2022. En une année, l’endettement a atteint 68%, signifiant un recours accru aux emprunts, ce qui entraine des retards de paiement ou de trésorerie. Le ratio d’endettement est élevé avec 5.8%, un niveau qui indique que l’entreprise depend des financements externes pour ses activité. « La cour a constaté une marge commerciale négative de 5 milliards de francs comoriens. Cette situation montre que le coût d’achat y compris les frais d’accessoire est supérieur aux revenus générés par les ventes« , déplore le rapport consulté par Flash infos.

Marché de gré à gré

Toujours pendant leurs investigations, les auditeurs préconisent une maitrise des coûts d’approvisionnement après avoir constaté une perte d’exploitation de 596 606 litres de gazole évaluée à 387 794 428 de francs tans dis que les charges ont augmenté de 7.34% en partie à cause de l’effectif qui va crescendo. L’autre anomalie révélée durant l’exercice de 2022 est la non-communication des documents justifiants les frais de missions aussi bien dans les îles qu’à l’extérieur.  » Les dossiers liés aux missions externes ne sont justifiés ou pas suffisamment justifiés« , dénonce le rapport selon lequel les déplacements dans les îles s’élevaient à 18 millions de francs (36 594 euros). Les missions à l’étranger ont coûté la bagatelle somme de 31 338 861 de francs. Les dépenses engagées sont aussi pointées du doigt pour défaut de signature du comptable.

Parfois, même l’inspecteur Mze Ali Azhar, qui depuis plus de deux ans assure la gestion intérimaire de la société comorienne des hydrocarbures ne signe pas. Les dépenses de ce dernier avoisinent les 156 millions de francs, dont 62 millions utilisés pour le remboursement de paiement de carburant administratif. Le contrôle des auditeurs de la section des comptes s’est penché sur la dotation du carburant du personnel qui ne serait pas régie par des textes entre les îles. Quant aux marchés publics, il apparait dans le rapport, que la société ne dispose pas de plan de passation de marchés. Ce n’est pas tout. Des données communiquées à la cour révèlent au grand jour des marchés accordés de gré à gré comme l’achat d’un bateau de type Lct pour un montant de 756 millions de francs, soit 1 153 948 euros, le tout sans contrat ni preuves de paiement.

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Le maire de Bandraboua claque la porte de la CAGNM

Le maire de Bandraboua claque la porte de la CAGNM
Conseil communautaire tendu à la CAGNM à Bouyouni sur les désignations au SIDEVAM et à LEMA marqué par des tensions et le départ du maire de Bandraboua.

Le climat politique reste particulièrement tendu au sein de la Communauté d’agglomération du Grand Nord de Mayotte (CAGNM). Réunis au siège intercommunal de Bouyouni pour désigner les représentants appelés à siéger au Syndicat intercommunal d’élimination et de valorisation des déchets de Mayotte (SIDEVAM) ainsi qu’à L’Eau de Mayotte (LEMA), les élus communautaires ont assisté à une nouvelle scène de rupture politique sur fond de désaccords autour de la représentation des communes.

La séance, présidée par le premier vice-président Ahmed Darouechi en l’absence de la présidente Roukia Kassidi, hors du territoire, avait pourtant débuté dans des conditions normales, le quorum ayant été atteint dès l’ouverture du conseil.

Mais au moment d’aborder les modalités de désignation des représentants communautaires, les échanges se sont rapidement tendus. Ahmed Darouechi a proposé une élection des conseillers communautaires par binôme, déclenchant immédiatement des réactions dans l’assemblée.

« On peut élire, mais c’est toujours pareil », le maire de Bandraboua, Abdou-Lihariti Antoissi, dit « Maradona », dénonce ce qu’il considère comme un manque d’équilibre au sein de la gouvernance communautaire. : « Nous sommes en démocratie, alors je peux m’exprimer. Nous vivons sous la dictature de la commune de Koungou. Je demande davantage d’équité », a-t-il déclaré.

L’élu faisait notamment référence à la répartition des sièges au sein de la CAGNM. Selon les données actuellement utilisées au sein de l’intercommunalité, Koungou dispose de 20 sièges sur 40 au conseil communautaire, contre 12 pour Bandraboua, 5 pour Mtsamboro et 3 pour Acoua. Une répartition régulièrement source de tensions entre les communes membres. Dans un climat devenu particulièrement électrique, le maire de Bandraboua poursuit : « Vous siégez actuellement sur ma commune. Alors je vais mettre fin au contrat de bail dès aujourd’hui. »

Ahmed Darouechi par ailleurs maire de Acoua a tenté d’apaiser les tensions en rappelant, selon lui, la vocation collective de l’intercommunalité : « Nous sommes là pour travailler pour l’intercommunalité. Après, qu’on soit représenté ou qu’on estime ne pas l’être, moi je suis là pour Koungou, Bandraboua, Acoua et Mtsamboro. S’il y a un projet à défendre pour une commune, je le ferai. Je suis là pour défendre l’intérêt de l’interco. Il faut avoir une vision globale de l’intercommunalité. »

Une gouvernance intercommunale sous pression

À l’issue de cet échange particulièrement tendu, le maire de Bandraboua a quitté la salle avant le vote, boycottant le scrutin.

Présent dans l’assistance lors de la séance, le maire de Koungou “Raos” a tenu à répondre aux accusations formulées contre la gouvernance de l’intercommunalité : « J’ai été choqué par les propos de mon collègue et ami, le maire de Bandraboua, qui m’accuse de dictature dans la gestion de l’intercommunalité du Nord. Je rappelle que je ne suis pas à l’origine des statuts adoptés lors de la création de la communauté d’agglomération. De 2008 à 2026, j’étais dans l’opposition. »

Créée en 2015, la Communauté d’agglomération du Grand Nord de Mayotte regroupe les communes de Koungou, Bandraboua, Mtsamboro et Acoua. Elle exerce plusieurs compétences majeures dans le nord du territoire, notamment en matière de développement économique, d’aménagement, d’assainissement et de gestion des déchets.

L’ancien président de l’agglomération avait perdu son mandat de maire de Koungou à la suite de sa condamnation par le tribunal correctionnel de Mamoudzou pour favoritisme et détournement de fonds publics.

Maradona a indiqué lui, vouloir soumettre au prochain conseil municipal, prévu le 12 mai, une délibération visant à engager le retrait de sa commune de la CAGNM. Il affirme également vouloir saisir les services préfectoraux afin de les informer officiellement de cette démarche. L’édile a par ailleurs annoncé qu’il notifiera la résiliation du bail des locaux actuellement occupés par l’intercommunalité sur le territoire communal par courrier recommandé avec accusé de réception adressé aux services concernés.

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Mayotte doit revoir sa trajectoire en matière de coopération économique

Mayotte doit revoir sa trajectoire en matière de coopération économique
Le " kogno moja " ne doit pas être une simple expression politique : il doit se traduire concrètement par un soutien réel aux opérateurs économiques mahorais.

Des officiels mahorais et des opérateurs économiques de tous horizons ont fait le déplacement dans la capitale kenyane en fin de semaine pour participer au sommet économique « Africa Forward », emboîtant le pas au chef de l’État Emmanuel Macron. Une partie de la planète s’est donné rendez-vous à Nairobi ce lundi pour deux jours. Mais quel bénéfice réel pour notre territoire à l’occasion de cette première participation à un événement de cette ampleur ? Certains opérateurs économiques, qui se sont abstenus d’effectuer ce déplacement, estiment que la charrue est placée devant les bœufs et que la copie du Département-Région est entièrement à revoir.

Avec son président Emmanuel Macron en tête, la France part à la conquête de nouvelles parts de marché en Afrique de l’Est, sur l’autre rive du canal du Mozambique, au Kenya, l’un des pays voisins de Mayotte. La bourde de la fin d’année 2025 à l’île Maurice ne s’est pas reproduite cette fois-ci : Ben Issa Ousséni, président du Conseil départemental de Mayotte, n’est pas le seul officiel de notre archipel à avoir été mis à l’honneur lors de ce grand rendez-vous international.

D’autres figures connues du territoire sont également de la partie dans cette grand-messe de l’économie régionale et mondiale et pavoisent à qui mieux mieux sur les réseaux sociaux depuis dimanche soir. S’il est à noter une délégation mahoraise un peu plus élargie et pas seulement composée d’élus, il n’en demeure pas moins qu’une fausse note vient ternir le tableau : tout ce beau monde ne s’est pas rendu en rangs serrés à Nairobi, la capitale kenyane, hôte du sommet économique « Africa Forward », qui a démarré hier matin (lundi 11 mai 2026) pour 48 heures.

Bien sûr, les photos officielles constituent un moyen indéniable pour nos élus de tous bords politiques de donner l’image d’une unité de façade sous le pompeux slogan du « kogno moja », mais les Mahorais ne sont pas dupes et savent qu’il n’en est rien, du moins pour l’instant. Une fois de plus, chacun tentera de tirer la couverture à lui et de s’attribuer des mérites qui ne sont pas les siens.

« Le Département-Région est égal à lui-même, incapable de prendre les devants pour assurer un véritable leadership. Certes, le président est visible, mais cela s’arrête là. Une éminente conseillère départementale de Petite-Terre, qui a longtemps œuvré sur les questions de rapprochement de Mayotte avec les pays africains du bassin du canal du Mozambique, est aussi de la partie, mais au titre d’une association : l’ADIM, à laquelle le Département a confié le destin des Mahorais dans leur insertion régionale. Cette structure continue de vendre du vent sans avoir à rendre le moindre compte aux élus régionaux, pas même un mini-rapport de ses activités à Madagascar et ailleurs, alors qu’elle ne cesse de dépenser l’argent du contribuable local », soulève un opérateur économique de la place, qui n’hésite pas à dénoncer haut et fort cette façon de faire devenue, selon lui, une marque de fabrique du cinquième département d’Outre-mer français.

Ne pas s’étonner de figurer sur le radeau de la Méduse

Pour avoir déjà eu l’opportunité de participer à « ces déplacements coûteux qui ne produisent rien » — selon sa propre formule —, notamment le dernier en date qui s’est déroulé à Moroni, capitale de l’Union des Comores, il y a à peine quelques jours, cet opérateur n’arrive pas à s’expliquer comment une telle gabegie peut être possible sans que le donneur d’ordre ne fixe des objectifs politiques, économiques ou matériels chiffrés à atteindre.

« C’est exactement comme les Jeux des îles de l’océan Indien qui coûtent cinq millions d’euros à une population qui manque de tout, sans rien lui rapporter d’autre que le ridicule », déplore-t-il.

Des mots d’une grande lourdeur qu’il soupèse longuement avant de les prononcer, tant son mécontentement est profond. À l’entendre, ce qui l’agace au plus haut point n’est pas la participation de notre île à ce genre d’événements, mais plutôt l’absence d’une véritable politique clairement définie et affichée, conduisant à un manque de préparation et à un déplacement désordonné des acteurs mahorais, qu’ils soient issus du monde politique, économique ou associatif.

Il estime que l’accumulation de tous ces manquements illustre la manière dont le territoire est gouverné depuis de nombreuses années, ainsi que le désamour qui s’installe entre la population et les différents responsables, tous échelons confondus.

« Après cela, nous nous étonnons d’être assimilés aux rescapés du radeau de la Méduse », interroge-t-il.

Pour illustrer sa colère, il prend l’exemple d’un groupe d’agriculteurs mahorais partis à Nairobi en fin de semaine à la recherche d’opportunités, notamment de foncier agricole à louer afin de produire massivement des denrées alimentaires destinées exclusivement au marché mahorais.

Selon lui, cette manière de procéder, qui reflète entièrement la politique menée par le Département de Mayotte depuis 2011, n’est rien d’autre qu’une impasse qui finira par dégoûter les Mahorais de la coopération régionale.

« Nous mettons la charrue devant les bœufs et c’est le Département-Région qui joue le rôle du mauvais bouvier. Après les accords paraphés par Thani Mohamed Soilihi — alors ministre français de la Francophonie et des Partenariats internationaux — avec les dirigeants kenyans, il aurait fallu asseoir autour d’une table les différentes instances de l’île intéressées par ce dossier, déterminer une politique à suivre et tracer une feuille de route avec des services chargés d’accompagner le processus à chaque étape, capables de lancer des signaux d’alerte en cas d’écueil. »

Le système est à corriger du côté de Mayotte

Notre interlocuteur estime en effet que le petit entrepreneur mahorais qui s’engage dans la voie de la coopération régionale n’est pas suffisamment informé des difficultés du parcours, notamment celles liées à la législation française et européenne en vigueur.

« On va le laisser produire ses 100 hectares de bananes à ses frais et à la sueur de son front et, lorsqu’il cherchera à faire entrer sa production sur son propre territoire, une cascade de tracasseries administratives et réglementaires lui sera opposée aux portes d’entrée d’un marché local qui relève pourtant de l’espace européen ! »

Il pointe du doigt un manque de cohérence de la part des institutions locales, source, selon lui, des échecs déjà rencontrés avec Madagascar.

L’opérateur économique explique qu’en réalité, l’intérêt des pays voisins n’est pas de bloquer les entrepreneurs mahorais sur leur sol puisque, en contrepartie, ils attendent de la France et de l’Union européenne un accès au marché mahorais — donc français et européen — pour leurs propres produits.

Mais faute d’organisation et de coordination entre les autorités de Mayotte, cette aventure pourrait se solder par un fiasco pour les agriculteurs et commerçants désireux de saisir ces opportunités économiques africaines.

« Madagascar est un cas typique qui illustre ce que je veux mettre en évidence ici. Les Mahorais se font balader depuis presque trente ans sur l’importation de viande bovine, celle-là même qui arrive pourtant sur le marché de Rungis et dans d’autres places commerciales européennes. Tant que le Département-Région ne déploiera pas sur place des services destinés à faciliter les démarches administratives d’importation sur son territoire, ces commerçants auront beau se débattre, ils n’y parviendront jamais. Pendant ce temps, la viande bovine en provenance du Mercosur continuera d’inonder le marché mahorais. Il en est de même pour le poisson comme pour les produits agricoles. »

Au-delà de ce cas de figure, les voix sont nombreuses sur le territoire pour dénoncer la manière dont cette coopération économique régionale est mise en place à Mayotte, sans véritable volonté politique d’atteindre ce que la Région Réunion a su instaurer en faveur des opérateurs économiques et des consommateurs réunionnais.

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Le tribunal de Mamoudzou durcit sa politique pénale contre les passeurs

Le tribunal de Mamoudzou durcit sa politique pénale contre les passeurs

Trois pilotes de kwassa ont été condamnés, ce lundi 11 mai, en comparution immédiate par le tribunal judiciaire de Mamoudzou. Interceptés à la fin de la semaine dernière au large de Mayotte, ils transportaient des passagers en situation irrégulière. À l’audience, le parquet a clairement affiché sa volonté de renforcer encore la réponse pénale contre les récidivistes.

La ligne se durcit face aux passeurs. Lundi 11 mai, trois pilotes de kwassa ont été jugés en comparution immédiate pour des traversées clandestines entre les Comores et Mayotte. Tous ont reconnu les faits. Tous ont été condamnés à de la prison ferme, avec maintien en détention.

Le premier dossier concerne un jeune homme né en 2006 aux Comores, intercepté dans la nuit du 8 mai, à 17 nautiques de Bouéni. Il pilotait sans permis un kwassa transportant 24 personnes, dont sept femmes et deux enfants, ainsi qu’une chèvre et trois moutons. À bord, aucun équipement de sécurité : pas de GPS, pas de gilets de sauvetage, pas de fusée de détresse.

Déjà condamné en novembre 2024 pour des faits similaires, il se trouvait en état de récidive légale. À la barre, il explique avoir agi pour des raisons financières. Mécanicien aux Comores, il gagnerait 200 euros par mois et devait en percevoir 400 pour piloter l’embarcation.

Mais pour le parquet, ces explications ne suffisent plus. Le procureur rappelle que la politique pénale s’est déjà renforcée ces dernières années. Pour les primo-délinquants, les peines sont passées de six mois avec sursis à six mois ferme. Pour les récidivistes, la référence est désormais de 15 mois, et peut atteindre 30 mois en cas de double récidive.

« Ça ne suffit pas pour que les passeurs comprennent que le risque est important », estime le ministère public. Il annonce qu’une réflexion devra être menée dans les prochaines semaines sur un nouveau rehaussement des peines visant les récidivistes.

Sans attendre, le parquet requiert 20 mois d’emprisonnement, le maintien en détention, une interdiction définitive du territoire français et la confiscation des scellés. Des réquisitions suivies par le tribunal.

Le ministère public s’interroge aussi sur le délai entre deux condamnations. Dans le second dossier, le précédent passage devant le tribunal remontait à quelques mois seulement. « Je me demande s’il ne faudrait pas ajouter un critère d’ancienneté de la précédente condamnation », avance le procureur. Selon lui, lorsque « l’avertissement judiciaire » et l’emprisonnement sont encore récents, cela « colore davantage la situation en termes de récidive ».

Le pilote visé, né en 2005, a été arrêté le 8 mai à 00h05, à 17 nautiques de N’Gouja. À bord du kwassa : 21 personnes, dont cinq femmes et trois enfants, ainsi que trois moutons et trois chèvres. Déjà condamné en octobre 2025 pour des faits similaires, il avait alors effectué trois mois de prison. Il indique qu’il devait percevoir 200 euros au retour pour le trajet. Le parquet requiert 25 mois d’emprisonnement. Le tribunal le condamne finalement comme le premier à 20 mois de prison ferme, avec maintien en détention, interdiction définitive du territoire français et confiscation des scellés.

Le dernier pilote, également né en 2006 aux Comores, avait été intercepté le 7 mai au large de N’Gouja. Il transportait 23 personnes, dont huit femmes et cinq enfants ainsi que cinquante cartouches de cigarettes. Il affirme qu’il devait percevoir 500 euros au retour et qu’il s’agissait de sa première traversée. Le tribunal le condamne à six mois d’emprisonnement avec maintien en détention, trois ans d’interdiction du territoire français et confiscation des scellés.

Face à cette sévérité, Me Andjilani a tenté de déplacer le débat en rappelant la précarité aux Comores, les sommes relativement faibles promises aux pilotes et les risques qu’ils prennent eux-mêmes lors des traversées. Selon lui, « la peine doit faire sens », mais le message ne passe pas. « 20 mois, 30 mois, ça ne change rien à la vie de ce monsieur, c’est pire aux Comores », plaide-t-il.

Dans le dossier du pilote primo-délinquant, Me Andjilani appelle le tribunal à sortir du réflexe de l’emprisonnement ferme. « Innovez, madame la présidente, donnez-lui un sursis simple. Peut-être que la solution n’est pas la sévérité, mais la confiance », lance-t-il. Une demande restée sans effet.

L’avocat a également critiqué le recours aux procédures rapides, notamment la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Il y voit une logique de « contrat d’adhésion » : soit le prévenu accepte la peine proposée, soit il risque plus lourd à l’audience. Pour lui, cette mécanique permet « d’écouler les stocks », mais fait perdre à la procédure son sens de négociation. Une remarque qui résonne avec la grève menée actuellement par les avocats contre le projet de loi « Sûreté », notamment contesté pour l’extension envisagée de la CRPC au criminel.

Le parquet assume pourtant une logique de dissuasion. Pour le ministère public, les peines doivent devenir suffisamment lourdes pour faire comprendre aux passeurs que le risque judiciaire est majeur. À Mamoudzou, les dossiers de kwassa se succèdent, mais le ton change : la fermeté à l’égard de la récidive est désormais au cœur de la réponse pénale.

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Mayotte : commémorer l’abolition de l’esclavage pendant que des Français vivent sans eau

Mayotte : commémorer l’abolition de l’esclavage pendant que des Français vivent sans eau

Le 10 mai, la République célèbre la mémoire de l’abolition de l’esclavage. Mais à Mayotte, en 2026, des Français vivent encore sans accès normal à l’eau. Cette contradiction est insupportable.

Le 10 mai 2026, la République a commémoré la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Cette date renvoie à l’adoption définitive, le 10 mai 2001, de la loi Taubira, promulguée le 21 mai 2001, qui a reconnu la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité.

Vingt-cinq ans plus tard, au Sénat, le Premier ministre Sébastien Lecornu a célébré cette mémoire devant de nombreuses personnalités politiques, associatives et diplomatiques. La République a parlé de liberté, d’égalité, de dignité humaine. Elle a rappelé ce qu’elle doit aux femmes et aux hommes qui ont combattu l’esclavage.

Mais pendant que les discours solennels étaient prononcés à Paris, une question me brûlait les lèvres : où est la dignité quand des Français de Mayotte n’ont toujours pas d’eau pour vivre ?

Mayotte est un département français. Les Mahorais sont des citoyens français. Et pourtant, depuis des mois, des familles vivent au rythme des coupures d’eau, des restrictions, des calendriers de distribution, des bidons, de l’angoisse sanitaire et de l’humiliation quotidienne.

Aucun Français de l’Hexagone n’accepterait de vivre ainsi. Aucun gouvernement ne proposerait aux habitants de Paris, Lyon, Bordeaux, Lille, Marseille ou Nantes comme seule perspective de “mieux gérer” des coupures d’eau prolongées. Aucun territoire de France métropolitaine ne serait laissé durablement dans une telle précarité hydrique.

Mais à Mayotte, on demande aux habitants de s’habituer. On leur demande d’attendre. On leur demande de comprendre. On leur demande de subir encore et encore…

Le 14 décembre 2024, le cyclone Chido a frappé notre île avec une violence historique. Il a ravagé des quartiers entiers, détruit des logements, fragilisé les infrastructures, aggravé les difficultés d’accès à l’eau et plongé notre territoire dans une crise durable. Cette catastrophe aurait dû provoquer un sursaut national massif, durable, total.

Elle aurait dû conduire à un plan d’urgence digne de ce nom pour reconstruire, sécuriser et garantir l’accès à l’eau potable. Au lieu de cela, que propose-t-on encore trop souvent aux Mahorais ? Des coupures. Des restrictions. Des demi-solutions. Des bricolages administratifs. Des promesses repoussées.

Je le dis avec colère : l’eau n’est pas un confort. L’eau n’est pas une option. L’eau n’est pas une faveur que l’État accorde à Mayotte quand il en a le temps. L’eau est un droit fondamental.

Comment peut-on parler d’abolition de l’esclavage, de dignité humaine, de mémoire nationale et de réparation historique, tout en acceptant qu’un département français vive dans une situation que personne n’oserait imposer ailleurs en France ?

La République ne peut pas avoir deux visages : un visage solennel dans les salons du Sénat, et un visage indifférent face aux Mahorais privés d’eau.

Ce 10 mai devrait nous rappeler une chose simple : la liberté n’est pas seulement un mot gravé dans les discours. Elle suppose des conditions matérielles d’existence. Elle suppose la sécurité, la santé, l’accès aux services publics, l’eau potable, l’école, l’hôpital, les routes, les infrastructures. Elle suppose que chaque citoyen français, qu’il vive à Paris, à Mamoudzou, à Dembéni, à Sada, à Koungou ou à Dzaoudzi, soit traité avec la même considération.

Le combat contre l’esclavage fut un combat pour la dignité. Le combat de Mayotte aujourd’hui est aussi un combat pour la dignité.

Je refuse que Mayotte soit seulement évoquée quand il y a un cyclone, une crise migratoire, une émeute, une pénurie ou une catastrophe. Je refuse que notre île soit considérée en marge de la République. Je refuse que l’on demande aux Mahorais de patienter encore, de comprendre encore, de subir encore et encore…

Les habitants de Mayotte ne demandent pas un privilège. Ils demandent l’égalité. Ils demandent de l’eau. Ils demandent que la République soit enfin présente autrement que dans les cérémonies, les discours et les communiqués.

Le 10 mai, la France a commémoré l’abolition de l’esclavage. Très bien. Mais que cette mémoire oblige. Qu’elle oblige l’État à regarder Mayotte en face. Qu’elle oblige le gouvernement à cesser les promesses et à garantir enfin l’essentiel.

Car une République qui célèbre la dignité humaine mais laisse ses citoyens sans eau trahit ses propres principes.

Mayotte n’a pas besoin de compassion. Mayotte a besoin de respect, d’égalité et d’eau.

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Les avocats de Mayotte reprennent les assises, mais maintiennent la grève contre la CRPC criminelle

Les avocats de Mayotte reprennent les assises, mais maintiennent la grève contre la CRPC criminelle

Réunis en assemblée générale ce lundi 11 mai, les avocats du barreau de Mayotte ont décidé d’alléger leur mouvement contre le projet de loi SURE. Ils reprennent les audiences devant la cour d’assises dès cette session de mai, mais continuent de boycotter les CRPC. Une décision motivée par les intérêts des justiciables, mais aussi par les négociations engagées entre les instances nationales de la profession et le gouvernement.

Après plusieurs semaines de mobilisation contre le projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes, dit projet de loi SURE, les avocats de Mayotte changent de stratégie. Réunis ce lundi 11 mai en assemblée générale, ils ont voté à l’unanimité des présents une modification des modalités de la grève.

Désormais, le mouvement sera concentré sur les CRPC. Les comparutions immédiates, déjà réintégrées précédemment, se tiennent à nouveau. Les avocats reprendront également les audiences devant la cour d’assises lors de la session du mois de mai.

Cette décision s’inscrit dans une baisse d’intensité du mouvement, mais pas dans un abandon des revendications. « On a pris la tendance au niveau national, ce qui se passe également à Saint-Denis et à Saint-Pierre », explique Me Yanis Souhaili, bâtonnier de Mayotte.

Le barreau entend aussi tenir compte des discussions engagées au niveau national entre les représentants de la profession et le gouvernement. « Nos instances nous ont demandé de les laisser négocier avec le gouvernement. Ils sont en train de le faire, on aura un retour d’ici début juin. C’est pour ça qu’on aura éventuellement de nouvelles modalités », précise le bâtonnier.

Pour les avocats mahorais, la reprise des assises répond aussi à la nécessité de préserver les intérêts des justiciables engagés dans des procès criminels, où les enjeux judiciaires sont particulièrement lourds. Après avoir boycotté une première session pour marquer leur opposition au texte, ils considèrent que ce mode d’action ne peut pas être prolongé pour la session de mai. « On a montré qu’on était capable de boycotter, mais les enjeux pour nos clients sont trop importants », souligne Me Souhaili.

Le bâtonnier assure que cette reprise n’est pas liée aux amendements assouplissant le projet de loi. « Les amendements, il faut qu’ils soient votés à l’Assemblée nationale. Pour le moment, on ne sait pas si ça va passer ou pas », rappelle-t-il. Le texte, adopté par le Sénat le 14 avril 2026, a été transmis à l’Assemblée nationale, où il doit encore être examiné.

Le texte vise notamment à répondre à l’engorgement des juridictions criminelles en créant une procédure simplifiée de « jugement des crimes reconnus », parfois présentée comme un « plaider-coupable criminel ».

Le Conseil national des barreaux dénonce une réforme qui ferait passer la justice criminelle d’une logique de procès, fondée sur le débat, l’oralité et la recherche de la vérité, à une logique de gestion des flux. L’institution estime que le texte fragilise des garanties essentielles du procès pénal, notamment les droits de la défense, le contradictoire et la place des victimes. « On estime que les gens qui sont poursuivis pour des faits aussi importants doivent être jugés devant la cour d’assises », affirme Me Souhaili.

À Mayotte, la grève se poursuit donc sous une forme resserrée. Les avocats n’excluent pas de nouvelles actions ponctuelles dans les prochaines semaines. Pour l’heure, aucune « action coup de poing » n’a encore été arrêtée. Le barreau attend aussi les retours des négociations nationales, annoncés pour début juin.

D’ici là, les avocats mahorais reprennent le chemin de la cour d’assises, tout en maintenant la pression sur les CRPC. « D’ici le mois de juin, la situation peut évoluer. Mais en tout cas, la session du mois de mai, on va la faire », conclut le bâtonnier.

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« La priorité de l’État, c’est un camp de migrants » : le Collectif des Citoyens 2018 interpelle le nouveau préfet

« La priorité de l'État, c'est un camp de migrants » : le Collectif des Citoyens 2018 interpelle le nouveau préfet

Banderoles et chants traditionnels devant la préfecture ce lundi 11 mai. Le Collectif des Citoyens 2018, emmené par sa présidente Safina Soula, accueille le nouveau préfet Frédéric Poisot par un message clair : l’île n’a pas les moyens d’accueillir une zone d’attente pour migrants alors qu’elle peine encore à se relever du cyclone Chido.

Le collectif de citoyens 2018 s’est rassemblé devant la préfecture ce lundi 11 mai, banderoles et chants traditionnels sont de sortie. Le mouvement se veut pacifique, avec une intention claire : interpeller le nouveau préfet dès sa prise de fonction.

Le collectif veut discuter avec le gouvernement et le nouveau préfet. Cependant la présidente dénonce « un dialogue de sourds qui n’a que trop duré ». Elle déplore les agissements du gouvernement, qu’elle juge « pas efficace ». Elle rappelle les situations vues précédemment à Cavani et à Tsoundzou, où les camps, après démantèlement, sont reconstruits ou déplacés, « toutes les solutions ne sont que provisoires, on veut des solutions permanentes ».

Safina Soula, présidente du collectif, explique lutter contre la construction d’une zone d’attente pour les immigrés en situation irrégulière, prévue dans le cadre du programme Rideau de Fer. L’opposition s’axe sur l’argument du foncier, les ressources foncières de l’île sont limitées, le cyclone Chido impose encore aujourd’hui réparation et reconstruction à travers l’île. Le collectif refuse que la priorité soit donnée à une infrastructure d’accueil pour migrants plutôt qu’à des équipements pour les Mahorais. « La priorité de l’Etat c’est un camp de migrant à Tsoundzou plutôt que reconstruire l’île et [financer] des projets pour l’avenir de Mayotte »

Safina Soula, critique aussi le programme Rideau de Fer « les drones, les radars, on ne les voit pas ». Le collectif demande des moyens efficaces et durables : « on veut un vrai plan pour contrecarrer l’immigration, des bâtiments de guerre pour [surveiller les côtes et] empêcher l’immigration »

Pour rappel, le programme Rideau de Fer, ou Uhura wa Shaba, du 21 avril 2025, présenté par Emmanuel Macron, lutte contre l’immigration irrégulière. Il comprend le renforcement des contrôles aux frontières maritimes, le renforcement du Groupe d’Action Opérationnel (GAO) et la construction d’une zone d’attente pour les immigrés en situation irrégulière distincte du CRA (Centre de Rétention Administrative). C’est la continuité du projet de février 2024, le rideau de fer maritime, qui prévoyait l’augmentation des effectifs et la présence de drones et de radars.

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Vieillir dans la dignité et la citoyenneté à Mayotte

Vieillir dans la dignité et la citoyenneté à Mayotte

Vieillir est une chance que j’espère avoir moi aussi. Vieillir est le meilleur moyen d’éloigner encore un peu plus loin la mort, surtout si nous arrivons à travailler d’une part, les questions d’isolement et de souffrance des seniors et d’autre part, de construction d’un 101ème département français bienveillant et inclusif envers ses fragilités et toutes ses tranches d’âges.

La vieillesse en est une. Cette dernière est le reflet de la société dans laquelle on vit. En Afrique, on dit que le vieux est une bibliothèque. Et quand « Un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brule ». Dans d’autres sociétés notamment, occidentales, quand un senior est incapable de servir la société en tant que telle, il est logé dans une maison de retraite, ou un EHPAD (Etablissement hospitalier d’accueil de personnes âgées dépendantes). Et à Mayotte, jadis, considérée comme garante de la tradition, détentrice de l’espace traditionnel (crèche, école coranique…), médiatrice, masseuse, conteuse et matrone, la personne âgée est désormais disqualifiée, bannie de l’espace public et cachée dans des petites pièces dans les foyers familiaux. Tout observateur objectif découvrant l’archipel de Mayotte, ne manque pas d’être frappé par ce manque de personnes âgées dans l’espace public et dans les consultations aux dispensaires par exemple. On les aperçoit lors des élections dans les bureaux de vote, dans les cérémonies funéraires. Ainsi, de nombreuses personnes âgées mahoraises sont désormais exilées à Majunga où à la Réunion.

Qu’est-ce qu’être vieux ?

L’âge chronologique est-il un bon moyen de mesure du vieillissement ? La vieillesse commence-t-elle à 60, 62, 64 ans … ? Dans les sociétés occidentales, l’âge chronologique est souvent utilisé pour mesurer le vieillissement. Alors qu’à Mayotte, jusqu’en 1976, date à laquelle l’île est reprise en administration directe par la France, les déclarations de naissances n’étaient pas obligatoires ou n’étaient pas ressenties comme telles.

Cette absence de déclaration ne pouvait être compensée par les registres de la PMI, créés beaucoup plus tard en 1980 ou par les registres scolaires. Ainsi, de nombreux papiers portent la mention ″Né vers″ suivi de la seule indication de l’année. Cependant, aujourd’hui, à Mayotte, selon l’INSEE, les personnes âgées de plus de 60 ans représentent environ (4,3%) de la population de l’île. Et on compte à peu près 600 séniors qui atteignent un grand âge, c’est-à-dire qui ont au moins 85 ans.  Grâce à des avancés en termes de santé publique, de baisse de mortalité infantile, de progrès médicaux et de prises en charge des grandes maladies, Mayotte dénombrera encore plus de personnes âgées dans les prochaines années. On peut tout simplement dire que les aînés de 2050 sont déjà parmi nous et seront encore plus nombreux. Cette situation augure des défis nouveaux dans ce 101ème département français peuplé en quasi-totalité des personnes de confession musulmane, dans la prise en charge de la personne âgée dépendante, ou dans la gestion de la fin de vie. Le socle civilisationnel commun à la diversité culturelle de ce territoire qui est ici l’Islam, parviendra-t-il à imposer à travers la parole de Dieu, une prise en charge de la personne âgée et le respect du vivre ensemble intergénérationnel.

Jadis, respectées et actives dans la société mahoraise

Autrefois, la prise en charge des personnes âgées était une responsabilité inhérente à la famille traditionnelle mahoraise, vivant dans le même enclos familial. Cette famille était considérée dans l’architecture sociale comme une unité fondamentale de production, de consommation et d’organisation notamment des cérémonies de naissances, mariages, des fêtes, de circoncisions, de gestion funéraire etc…Il en va ainsi pour les devoirs de solidarité à participer aux actions et d’obligation de cotiser pour le fonctionnement.  Les personnes âgées faisaient partie intégrante de cette cellule familiale.

L’expérience qu’elles avaient acquise tout au long de leur vie et leur enracinement dans la religion, la tradition, le folklore et la culture, les amenaient à occuper des rôles importants horizontalement et verticalement dans le village ou quartier (Imam, fundi d’école coranique, chef du village) et dans les cérémonies qui avaient lieu à l’occasion des cérémonies. Elle était un espace traditionnel d’éducation sexuelle, mais aussi servant de crèche, Elle était médiatrice, masseuse et conteuse. Et leurs avis pesaient lourd dans le processus de décision. Les liens familiaux restaient relativement forts et constituaient une sorte de régime de sécurité sociale grâce auquel les jeunes, les veuves, les personnes âgées et les infirmes se trouvaient tous pris en charge. 

Aujourd’hui, les personnes âgées semblent être disqualifiées

La question aujourd’hui posée à la société mahoraise est précisément de savoir comment le développement rapide qu’elle connaît depuis qu’elle est reprise sous administration directe de la France en 1976 et dont elle sollicite l’accélération par sa récente départementalisation en 2011, a-t-il disqualifié la personne âgée de Mayotte par rapport à son rôle ci-dessus rappelé.

De la réponse à cette question dépendra l’avenir de la place des personnes âgées pour mener une existence active et utile. Longtemps organisée autour du primat de la communauté sur l’individu, de la valorisation de la solidarité, de la hiérarchie sociale et de l’imprégnation de toute la vie civile par les principes religieux. La société mahoraise est désormais petit à petit gangrénée par le matérialisme sans principes, l’individualisme sans foi ni lo et le consumérisme. Dans ce contexte, la structure familiale tend à devenir de plus en plus nucléaire.

Les valeurs qui jusque-là maintenaient des individus de tous âges dans des liens familiaux très étroits ont été déstabilisées. Les familles se retrouvent parfois éloignées par les contraintes professionnelles entre Mayotte, la Réunion ou la France hexagonale. L’individualisme gagne de plus en plus du terrain. La prise en compte des questions du vieillissement ne semble pas être une priorité pour des nombreuses familles mais également pour de nombreuses autorités politiques et publiques. L’isolement des anciens s’installe petit à petit.

Cette situation a transformé ces seniors mahorais, qui jusque-là se sentaient utiles, respectés et autonomes en problème pour les familles ou pour les collectivités. Par ailleurs, les nouvelles technologies de communication sont de plus en plus présentes mais ne favorisent pas toujours les relations, disent les personnes âgées. Malgré qu’elles permettent le contact indirect, elles ne favorisent pas toujours les relations, le lien. On peut tout penser, mettre de la vidéo surveillance dans les maisons des personnes âgées, des « pendentifs ou bracelets reliés électroniquement à des boîtiers de téléassistance permettant d’envoyer un signal de détresse à un Centre de Télésurveillance » pour les personnes atteintes d’Alzheimer et maladies apparentées, mais vieillir et même vivre dignement suppose d’avoir une relation avec autrui et non pas un approvisionnement relationnel assuré par la machine.

Il faut donner une chance à nos séniors de mener une existence active et utile

C’est donc sur ce fond d’évolution des valeurs qu’il faut envisager la vie de nos personnes âgées à Mayotte. Et c’est parce que cette situation change rapidement qu’il est impérieux de réfléchir sur nos futurs aînés.   Si l’on ne change pas de cap, on risque de se trouver aux prises avec des populations qui deviennent plus passifs et plus désenchantés alors que s’exacerbe la tension entre les générations. Aussi, ne faudrait-il pas consentir un effort plus grand pour revenir sur les conditions d’une véritable participation des personnes âgées en tant qu’actrices et non pas seulement à titre de bénéficiaires oubliées et, en reconnaissant que les personnes âgées peuvent fournir une masse de connaissances, d’expérience et de compétences à l’effort commun. Une approche de santé communautaire dans une démarche de co-construction, peut-être une piste de réflexion pour un accompagnement plus inclusif des personnes âgées à Mayotte.

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Comores : une grève contre les hausses des prix des carburants paralyse le pays

Comores : une grève contre les hausses des prix des carburants paralyse le pays

Au lendemain du discours du président Azali Assoumani, annonçant une augmentation des prix des produits pétroliers sans donner de détails, le syndicat des transporteurs de la Grande Comore avait averti qu’il ne serait pas en mesure d’acheter ce carburant, optant pour une grève soutenue par les commerçants.  

C’est la première réaction d’envergure venant des automobilistes depuis l’annonce de la hausse des prix des carburants, actée samedi par la signature de plusieurs arrêtés cosignés par les ministres des finances, de l’économie et celui de l’énergie. Quelques heures après la publication de la décision, les représentants des cellules du syndicat des transports ont déclaré à l’unanimité ne pas être en mesure de s’approvisionner en carburant avec les nouveaux tarifs. L’État a augmenté à hauteur de 46% le prix du litre du gazole à la pompe, tandis que celui de l’essence a grimpé à 1000fc (2 euros) le litre, soit 33%.

Le pétrole lui a connu une hausse de 28.5%. Des ajustements qui passent mal au sein de l’opinion, notamment les transporteurs qui observent depuis ce lundi 11 mai, une grève d’une durée illimitée, respectée aussi bien à Anjouan qu’à Mohéli.  » Comme nous l’avions annoncé il y a quelques jours, nous ne pourrons pas acheter le carburant à ce prix-là. Ainsi, en commun accord avec les cellules de Mohéli et Anjouan ici présentes, nous garderons nos voitures chez nous jusqu’à ce que le gouvernement trouve une solution« , avait alerté, samedi, le porte-parole des cellules du syndicat des transporteurs au niveau de la Grande Comore, Ali Djae.

Sans surprise, le mouvement de grève a été largement suivi aussi bien dans la capitale que dans les périphéries où les rues étaient presque désertes. Hier durant notre reportage nous menant vers la capitale depuis Hambu région située au sud-ouest de l’île, on pouvait parcourir les localités sans encombrement. L’absence de taxis et bus qui assurent le transport en commun était surtout remarquable, signe que les chauffeurs sont solidaires. Selon nos informations, les autorités ont invité le syndicat des transporteurs dans des négociations mais celui-ci a refusé, à en croire Elarif Djoumoi, secrétaire général de la cellule de Hamahame. Ce dernier fait partie des trois personnes désignées pour accompagner les représentants du syndicat dans toute discussion avec l’État.

Amende de 500 euros

Certes à Moroni aucun véhicule de transport ne circulait, mais la ville ne semblait morte pour autant. Vers 8h du matin, certains véhicules faisaient la queue devant les station-services du sud de la capitale pendant que les voitures des particuliers roulaient calmement. En revanche, les embouteillages avaient disparu.  » Dimanche quand je voulais regagner Moroni, j’ai dû faire 4 escales d’une localité à une autre. Aucun bus ne sortait. Au nord, il a été annoncé que le chauffeur qui ne respecterait pas la grève écoperait d’une amende de 500 euros« , a témoigné Ali Kari, chauffeur du journal Al-watwan. Employée du ministère de l’Environnement, Mariama ne s’est pas dérangée.  » J’ai dû confier mes trois enfants à leur oncle qui était à Foumbouni, chef-lieu du sud. Il rentrait à Moroni et les a emmenés. Ils devront rester à Moroni pour ne pas rater les cours, le temps que la grève cesse« , a-t-elle fait savoir, à Flash Infos. Preuve que la grève prend de l’ampleur, les pécheurs et les cellules des camionneurs du port de Moroni sont rentrés dans le mouvement.  » Nous ne pouvons pas tenir car si le transport d’un colis vers le nord de l’île coûtait 200 euros, qui pourra payer encore plus cher. Nous appelons les autorités à revoir leurs prix« , a plaidé un chauffeur de camion dans une vidéo publiée sur Facebook.

Jusqu’à 11h, les gares de Moroni étaient encore désertes, mais pas seulement à cause des transporteurs. Les commerçants ont eux aussi emboité le pas. Cette décision a été prise avant-hier, à l’issue d’une réunion organisée dans un hôtel de la place. Et ce lundi, beaucoup de magasins avaient fermé, comme nous l’avons constaté dans le quartier de Magoudjou. Toutefois, dans les deux grands marchés, l’ambiance était au rendez-vous. Les vendeurs étaient là, travaillaient comme si de rien n’était. Notons qu’après l’annonce de la hausse des prix des carburants, le gouvernement a dévoilé une série de mesure censées aider la population.

Mesures d’accompagnement

Parmi celles-ci, on y retrouve un abattement de 40% sur les droits des douanes pour éviter une explosion des prix des produits de base. Le secrétariat général du gouvernement a également indiqué que l’État réduit les voyages officiels (mais Azali a quand même fait le déplacement au Kenya pour l’Africa Forward). Mais ces annonces sont déjà décriées. Dans un communiqué publié ce lundi, le conseil du patronat comorien a déploré la hausse des prix des carburants.  » Nous reconnaissons que cette décision, bien que prévisible au regard du contexte international, n’en demeure pas moins douloureuse pour l’ensemble du tissu économique comorien. Pour autant, on tient à souligner avec clarté que cette hausse aura des répercussions significatives et durables sur l’activité du secteur privé comorien. Les coûts d’exploitation vont mécaniquement augmenter dans tous les secteurs sans exception : du petit commerce à l’industrie. Les entreprises, en particulier les PME et les TPE qui constituent l’ossature de notre économie, verront leurs marges se réduire, leur trésorerie se fragiliser et leur compétitivité s’éroder« , liste le conseil du patronat qui a émis des recommandations comme le rallongement de la durée d’application de l’abattement de 40% de trois (3) à six (6) mois, pour permettre une meilleure absorption des chocs par les opérateurs et les ménages. Il faut savoir que l’augmentation des prix des carburants va fortement impacter le quotidien du Comorien. Déjà les vendeurs d’eau, principaux pourvoyeurs de la ressource douce aux habitants de la capitale ont prévenu que le prix du bidon ne restera pas inchangé. Comme quoi l’effet domino n’est pas une chimère.

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Le Vautour de Labattoir renverse la reine réunionnaise et entre dans l’histoire

Le Vautour de Labattoir renverse la reine réunionnaise et entre dans l’histoire
* Photo d'illustration

Le basket mahorais vient de vivre l’un des plus grands exploits de son histoire. Ce samedi 9 mai, au gymnase de Pamandzi, le Vautour club de Labattoir a créé la sensation en battant La Tamponnaise sur le score de 79 à 72 lors de la finale de la zone océan Indien. Une victoire historique face à une équipe réunionnaise qui dominait la compétition depuis plusieurs années.

Portées par un public acquis à leur cause, les joueuses mahoraises ont livré un match intense et plein de caractère. Contrairement aux précédentes finales où La Tamponnaise imposait rapidement son rythme, les Vertes ont tenu tête dès les premières minutes. Accrocheuses et solidaires, elles sont restées au contact tout au long de la première période avant de revenir à égalité juste avant la pause (41-41), faisant naître l’espoir dans les tribunes.

Au retour des vestiaires, le Vautour club a changé de dimension. L’ancienne professionnelle Arzhélenn Chavoutier a pris les commandes de la rencontre avec une prestation exceptionnelle : tirs à trois points, interceptions décisives et actions spectaculaires ont permis aux Mahoraises de prendre l’avantage. Dans la raquette, le duo Martine Barba et Houlfate Mahouchiza a également réalisé un énorme travail, dominant un secteur où les équipes mahoraises souffraient souvent face aux Réunionnaises.

Malgré une tentative de retour de La Tamponnaise dans les dernières minutes, les joueuses de Labattoir ont fait preuve d’une grande maîtrise mentale. Solidaires en défense et précieuses au rebond, notamment sur les lancers francs ratés, elles ont conservé leur avance jusqu’au buzzer final.

Avec ce succès historique, le Vautour club de Labattoir décroche le premier titre régional de son histoire et représentera désormais la zone océan Indien lors du prochain tour en métropole. Une consécration pour le basket féminin mahorais et une victoire qui restera gravée dans les mémoires sportives de Mayotte.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes