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Naufrage d’un kwassa au large de Mtsamboro

Naufrage d’un kwassa au large de Mtsamboro
* image d'illustration générée par ia

Un fait divers lié directement à l’immigration illégale aux frontières maritimes de Mayotte. Nos confrères de Mayotte La 1 ère ont été les premiers à diffuser cette information sur les réseaux sociaux, une embarcation de type kwassa aurait chaviré au large du village de Mtsamaboro (nord de Mayotte) après qu’elle ait été intercepté par les forces de polices aux frontières. Une maladresse due à une passagère serait à l’origine du chavirage de cette embarcation.

Petite-Terre : les nouveaux maires prennent leurs fonctions sur fond de crise de l’eau et des déchets

Petite-Terre : les nouveaux maires prennent leurs fonctions sur fond de crise de l’eau et des déchets

Freddy Novou dans la matinée de samedi à Labattoir, Issouf Maandhui dans la matinée de dimanche (hier) à Pamandzi, les deux nouveaux maires élus de la Petite-Terre ont officiellement pris leur fonctions ce week-end, en présence de leurs partisans euphoriques. Dans la commune de Dzaoudzi-Labattoir, ils se sont même offert un cortège d’automobiles qui a sillonné les artères principales de la ville sous un concert de klaxons. Dans les deux localités, la population attend de voir les deux équipes à l’ouvrage pour relever les nombreux défis qui les attends, notamment en premier lieux, le ramassage des ordures ménagères devenu un fléau à risques multiples, le manque d’eau au robinet fortement ressenti depuis plusieurs jours en raison d’une fuite dans les canalisations sous le trottoir du boulevard des crabes (quartier Foungoujou en direction du Rocher de Dzaoudzi). Le précieux liquide a manqué tout au long de la semaine dernière, y compris samedi, jour de l’Ide El-Fitr, pour ne revenir en un mince filet que dans la nuit de dimanche à lundi. Hier dimanche, l’eau n’a fait qu’une rapide apparition dans le robinet, un mince filet qui a laissé mécontent des milliers d’habitants non avertis, les plus chanceux d’entre eux n’ayant réussi qu’à remplir, de justesse, que quelques ustensiles. Pas de quoi leur permettre de faire la lessive. Le cycle infernal se poursuit sous le mécontentement des usagers qui en appellent aux nouveaux élus municipaux pour qu’ils donnent de la voix dans le syndicat intercommunal « L’Eau de Mayotte » (ex SIEAM). Pas sûr pour autant qu’ils obtiennent gain de cause rapidement.

Coupures d’eau potable : « nous en avons marre, cela suffit maintenant ! »

Coupures d’eau potable : « nous en avons marre, cela suffit maintenant ! »
« Pas une goutte au robinet » : à Pamandzi comme à Dzaoudzi-Labattoir, la pénurie d’eau oblige les habitants à vivre sans accès à ce service essentiel depuis plusieurs jours. * image d'illustration générée par ia

Déjà plusieurs jours qu’il leur est impossible de prendre une douche, de cuisiner, de faire la lessive et bien d’autres choses. L’eau manque au robinet dans la plupart des quartiers de Dzaoudzi-Labattoir et de Pamandzi, à la suite d’une importante fuite dans le réseau sur le boulevard des Crabes. Des travaux sont en cours et pourraient conduire à un retour à la normale ce mardi. Mais surtout, ne faites aucun commentaire sur ce sujet : des personnes pourraient se courroucer au sein de la direction de la SMAE.

Déjà cinq jours que les habitants de la Petite-Terre sont soumis au régime sec : plus aucune goutte d’eau au robinet, pas même le jour de l’Aïd el-Fitr. À peine installés dans leurs fauteuils de premiers magistrats de Pamandzi et de Dzaoudzi-Labattoir, samedi et dimanche, Freddy Novou et Issouf Maandhui doivent faire leur baptême du feu face au mécontentement populaire et aux réclamations des usagers. Si ces deux-là ne sont pas encore comptables de la situation actuelle, ils portent néanmoins les légitimes attentes de leurs nouveaux administrés, qui considèrent que l’eau est un droit absolu, une ressource vitale au même titre que l’électricité, et qu’elle ne saurait souffrir d’aucun manquement.

« Wagnawéééé, trop c’est trop ! Basi ivo ! » (cela suffit !). Ce cri d’alarme est celui de Hachimiya Al-Hamidi Hamidouni, résidente du quartier Mbouyoujou, dans les hauteurs de Labattoir, non loin du quartier Mangafouté à Pamandzi. Elle explique que la vie est devenue impossible dans son foyer depuis cinq jours : elle ne fait plus la lessive, la vaisselle, et encore moins à manger, en raison d’un manque d’eau persistant.

« Ces personnes qui gèrent le traitement et la distribution de l’eau sur l’île savent faire preuve d’un cynisme incomparable. À croire qu’elles n’attendaient que la fin du Ramadan pour nous infliger un calvaire de plus. Priver la population d’eau durant tout ce temps, en pleine saison des pluies prolongée et sous cette chaleur qui bat des records, il faut le faire ! Il faut être complètement tordu d’esprit pour infliger un pareil traitement à des familles entières, à des écoliers et à des enfants en bas âge ! Et vous verrez, ils ne manqueront pas d’arguments pour justifier cet acte devant les caméras de télévision. »

La dame n’est hélas pas la seule à exprimer son mécontentement : elles sont des milliers, dans les rues et sur les places publiques des deux villes de Petite-Terre, à s’interroger sur ce qui se passe et sur la durée réelle de ce désagrément. En effet, l’origine de cette coupure d’eau n’est pas la première question que se posent les usagers de « La Mahoraise des Eaux », mais plutôt : dans combien de temps auront-ils à nouveau droit à une goutte bienfaisante de cette ressource devenue rarissime sur le territoire, davantage par la faute des hommes que par celle de la nature ?

Pour la cause, les habitants des deux villes croient savoir ce qu’il en est : « une importante fuite d’eau dans la canalisation principale, sous l’un des trottoirs du boulevard des Crabes à Foungoujou, en direction du rocher de Dzaoudzi ».

Quand l’omerta devient la règle pour une question d’une grande banalité

La quantité d’eau qui en jaillit depuis plusieurs jours, pour finir sur le bas-côté de la route dans la mangrove voisine, a été suffisamment conséquente pour être visible de tous les passants, qu’ils circulent à pied ou en voiture. Une tranchée a été creusée depuis trois jours et des agents s’y activent, sans qu’aucune information n’en ressorte : « Nous ne pouvons rien vous dire, il faut vous adresser à notre direction, seule habilitée à vous répondre. »

Sous le ciel de Mayotte, rien de nouveau lorsqu’il s’agit de coupures d’eau : l’omerta prévaut, « allez voir ailleurs si nous y sommes ! ». En effet, d’appel en appel à la SMAE, il nous a été recommandé de nous adresser au directeur d’exploitation, dénommé Nassurdine Abdallah. « Je suis soumis au devoir de réserve. Contentez-vous des communiqués que nous publierons ou écrivez ce que vous voulez ; nous ferons valoir notre droit de réponse si nous le jugeons nécessaire ! »

La messe est dite : circulez, il n’y a rien à voir. Cette façon de répondre en dit long sur l’exaspération des usagers de la SMAE résidant en Petite-Terre, qui s’estiment n’avoir aucun droit face au gestionnaire du réseau d’eau potable à Mayotte. Dès lors, il est compréhensible qu’ils s’adressent à leurs nouveaux élus, à peine installés dans leurs fonctions.

Dans leur ligne de mire : les prochains délégués communaux qui siégeront au conseil du syndicat intercommunal « L’Eau de Mayotte ». C’est en effet à eux qu’il appartiendra d’influer sur la politique officielle de cette institution afin de demander des comptes au détenteur actuel du contrat d’affermage, en particulier sur l’entretien du réseau de conduite et de distribution d’eau potable.

Une défaillance qui n’a que trop duré aux yeux de la population, contrainte de ne pas se doucher, de boire et de cuisiner avec des bouteilles d’eau minérale achetées au double, voire au triple de leur prix en métropole ou dans les autres Outre-mer. Une réalité qui ne serait sans doute pas du goût des dirigeants de la SMAE et qui expliquerait peut-être l’énervement inutile du directeur d’exploitation.

Face à ce manquement évident à l’une des clauses du contrat d’affermage, il va sans dire que le gestionnaire du réseau de distribution d’eau à Mayotte a failli et qu’il ne semble nullement pressé d’assumer le coût de la rénovation des conduites souterraines qui desservent la quasi-totalité du territoire mahorais.

Pour s’en tenir au dernier communiqué rendu public par « La Mahoraise des Eaux » et relayé par certains médias locaux, un retour probable de l’eau aux robinets des habitants de Pamandzi et de Dzaoudzi-Labattoir est évoqué dans le courant de la journée de ce mardi 31 mars 2026. De quoi rassurer les parents d’élèves qui ne peuvent plus envoyer leurs enfants à l’école faute de pouvoir les faire se doucher auparavant ; idem pour les adultes (dont le nombre croît) contraints au télétravail pour la même raison.

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Grève chez Madiana 976 Ambulance : la CGT Mayotte dénonce une situation « intenable »

Grève chez Madiana 976 Ambulance : la CGT Mayotte dénonce une situation « intenable »

Les salariés de la société Madiana 976 Ambulance sont en grève depuis ce lundi 30 mars à Kani-Kéli, à l’initiative de la CGT Mayotte. Ils dénoncent des retards de salaire, un manque de matériel et une dégradation profonde des conditions de travail.

« Il n’y a pas de blocage. On est dans le local, mais on ne travaille pas. On est cinq et on attend », explique Saïd Isabelle, secrétaire de la société. Les grévistes ont affiché leurs revendications via des banderoles installées à l’entrée de la base : « Stop aux mensonges » et « Salariés Madiana en souffrance », peut-on notamment lire.

Un service minimum est tout de même assuré pour les patients nécessitant des dialyses. En revanche, les autres transports sanitaires ne sont plus pris en charge. Les gardes départementales, habituellement effectuées en lien avec le SAMU et à la demande de l’ARS, pourraient être impactées.

Les employés dénoncent des paiements irréguliers depuis plusieurs mois. « Depuis septembre, on reçoit des acomptes sans être prévenus », précise Saïd Isabelle. La situation semble toutefois se débloquer peu à peu : « On nous a payé notre salaire hier soir et les arriérés ce matin », indique-t-il.

Au-delà de la question salariale, les employés alertent sur leurs conditions de travail, qu’ils jugent « préoccupantes », voire « dangereuses ». L’effectif est réduit : sur cinq ambulanciers, seuls quatre sont actuellement en activité. « On est en sous-effectif et on se retrouve à faire des gardes de 24 heures sans repos, de 20 heures à 20 heures le lendemain », dénoncent-ils.

Les équipements font également défaut. « On a dû utiliser du liquide vaisselle pour nettoyer les ambulances », rapportent-ils.

Plus grave encore, une partie du matériel médical serait périmée depuis plusieurs mois : kits d’accouchement, de réanimation, pansements, masques ou encore dispositifs pour hémorragies. Le montant des équipements inutilisables est estimé, selon Saïd Isabelle, à 2 000.

Les relations entre les salariés et leur direction apparaissent profondément dégradées. « Elle n’a pas confiance en nous et nous n’avons pas confiance en elle », résument les grévistes.

Dans ce climat de défiance, les employés évoquent la présence supposée de caméras cachées dans les locaux et les véhicules, ainsi que l’écoute de leurs conversations. Des pratiques qui, si elles sont avérées, pourraient contrevenir aux règles encadrées par la CNIL, déjà contactée par les salariés.

Face à cette situation, les grévistes demandent des mesures fortes. Parmi elles : des ruptures conventionnelles, un licenciement économique ou encore une reprise de l’entreprise par les employés eux-mêmes.

« En septembre, elle a proposé de vendre sa société. Nous, nous sommes prêts à l’acheter pour la faire avancer sans elle », affirment-ils.

En attendant une issue, les ambulanciers restent mobilisés, déterminés à faire évoluer une situation qu’ils jugent « intenable » pour eux comme pour la qualité des soins apportés aux patients.

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La relation à soi au cœur de la santé mentale

La relation à soi au cœur de la santé mentale
Virginie Briard, pédopsychiatre et cheffe de service du Centre Médi-co-Psychologique Enfant Adolescent (CMPEA explique que les relations toxiques, d’abord discrètes, reposent sur un processus de domination pouvant mener à la vio-lence et à la perversion, d’où l’importance de protéger les plus vulnérables et de re-connaître les abus comme des crimes.

Ce lundi 30 mars, au sein de l’hémicycle Younoussa Bamana, le pôle Santé Mentale et l’unité de pédopsychiatrie du Centre Hospitalier de Mayotte ont tenu un cercle de table ronde « sur la relation à soi et la relation à l’autre ». Une manière d’aborder les questions de santé mentale vers les professionnels et le grand public.

« La relation à soi et la relation à l’autre n’est pas qu’une simple thématique », prévient Virginie Briard, pédopsychiatre et cheffe de service du Centre Médico-Psychologique Enfant Adolescent (CMPEA). Ce lundi 30 mars, au sein de l’hémicycle Younoussa Bamana, les services du Centre hospitalier ont proposé un cycle de tables rondes sur les relations humaines et leur impact sur la santé mentale. Revenant sur le contexte mahorais où les familles élargies et les interactions villageoises ont une forte importance sur l’île.

Construction de soi comme appui

Au sein de la salle, différents membres du personnel sont venus en nombre, faisant salle comble pour écouter le savoir du médecin. Forte de son expérience en Afrique subsaharienne, elle possède une expérience dans le domaine de la psychologie de près de trente ans. Son but : interroger la profession sur ses pratiques et permettre de définir une santé mentale saine.

La santé mentale ne se résume pas qu’à l’absence de maladie, elle résulte de la capacité à prendre des décisions, nouer des relations et bâtir le monde dans lequel nous vivons.” rappelle t-elle. En clair, tout individu non en mesure d’exploiter ces facultés se voit être fragilisé pour lui-même et envers des interactions sociales biaisées.

Virginie Briard est alors revenue sur la construction psychologique d’un enfant, que nous construisons au travers d’une histoire familiale. “L’enfant n’est pas un adulte à taille réduite mais un petit homme qui passe par plusieurs processus sociaux.” martèle-t-elle. En tant que nourrisson, l’enfant est d’emblée confronté à un manque, comme la faim, que son entourage ou ses parents doivent décrypter au fur et à mesure. L’enfant apprend à contenir ses excitations intérieures et extérieures, et apprend à connaître ses limites. L’enfant n’est pas un adulte à taille réduite mais un petit homme qui passe par plusieurs processus sociaux.

La relation à soi au cœur de la santé mentale
Les professionnels sont venus en nombre pour as-sister à la conférence et écouter les enseignements du docteur.

Limite et interdit fondamentaux pour un meilleur être

Le rôle de l’éducation est donc de parvenir à canaliser l’ego de l’enfant. Ce dernier doit pouvoir se repérer au sein de sa structure familiale, mais surtout dissocier son corps des autres afin d’échapper aux violences familiales et qui restent un tabou au sein de la société française. Pour un enfant, le désir, et même à l’adolescence, il est important de garder les interdits fondamentaux en toute société. Nous pouvons ainsi nommer le viol ou l’inceste dans l’une de ces catégories.

L’enjeu pour un enfant est donc de pouvoir construire une identité propre avec un besoin d’utilité et reconnaissance. Elle fait alors un rappel sur les enfants en confiage, une pratique répandue au sein de l’archipel des Comores, d’autant plus à Mayotte. Cette pratique vise à confier un enfant à un tiers adulte qui devient son référent, éludant alors toutes les questions d’attachement essentielles à la construction de soi et parfois destructives pour des enfants. Nombreux connaissent cette situation lorsque des parents viennent à être expulsés ou quand des parents décèdent, ou des enfants expédiés sur notre île.

Les relations toxiques ne devienne pas violente d’un coup

Le docteur l’affirme : les relations toxiques sont toujours lisses au début. C’est lorsqu’un individu commence à vouloir contrôler, puis, par un processus de domination, prend le pouvoir sur l’autre, jusqu’à atteindre des stades de violence. Des situations qu’en fin de compte tous peuvent connaître, même si les enfants sont plus vulnérables. Le médecin développe alors la notion de perversion : détourner une relation à son profit, avec une incapacité de reconnaître l’individu. Parfois même, certains éprouvent de la satisfaction dans la souffrance d’autrui. (Voir image)

Le docteur revient alors sur l’enjeu de cette conférence : protéger les personnes vulnérables et leur accorder les soins nécessaires pour construire une société plus juste, rappelant que les abus sont des crimes et non des affaires de famille.

La relation à soi au cœur de la santé mentale
La santé mentale se construit dès l’enfance : un enfant apprend à se connaître et à se repérer grâce à des relations claires, sûres et respectueuses au sein de sa famille et de la communauté.

Qu’est-ce qu’une relation saine ?

La pédopsychiatre poursuit : « Une relation saine est déterminée lorsque un enfant a une place claire, où chaque mot qui lui est exprimé se fait sans peur ni menace. » Elle prend alors un exemple bien connu qui peut s’apparenter à une manipulation : “finis ce plat que ton grand-père est allé cueillir”. Le docteur souhaite ici faire comprendre que nous sommes tous sujets à de mauvais traitements, mais la régularité de la compassion, du réconfort. “Le parent parfait n’existe pas”, souligne-t-elle, poursuit-elle. Elle énonce par la suite les piliers d’une relation saine qui sont : conscience de soi, savoir dire non sans culpabiliser, la communauté, la confiance, la confidence, la communication. Chaque adulte peut agir. Au niveau de la communauté, il faut briser le silence, comme le travail de Haki Za Wanatsa, qui sera aussi invitée au cours de cette journée, ainsi que le procureur de justice de Mayotte et le commandant de la maison de protection des familles de Mayotte, Amir-Dine Issoufa.

En outre, restaurer un lien humain reste primordial et dépend de la qualité du tissu relationnel et de nombreux facteurs. « Prendre soin de la santé mentale, c’est une société qui se libère. En parler, c’est voir le phénomène s’amoindrir », conclut la cheffe de service du Centre Médico-Psychologique Enfant Adolescent.

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Pamandzi, Labattoir : privés d’eau depuis jeudi. En France. En 2026

Pamandzi, Labattoir : privés d'eau depuis jeudi. En France. En 2026

C’est devenu une habitude insupportable pour les habitants de Petite-Terre. Les quartiers de Pamandzi la Vigie et Labattoir la Vigie sont privés d’alimentation en eau courante depuis jeudi matin, suite à un incident sur le réseau de distribution. Selon la SMAE (Société Mahoraise des Eaux), la coupure fait suite à deux événements combinés : une coupure électrique sur ses installations et une casse sur le réseau d’adduction reliant la Grande-Terre à la Petite-Terre. Résultat : cinq jours sans eau au robinet pour des centaines de foyers.

La conduite permettant d’acheminer l’eau de Grande-Terre vers Petite-Terre s’est retrouvée hors d’usage dès ce dimanche 29 mars, obligeant la SMAE à adapter en urgence le planning des tours d’eau. Pour les secteurs La Vigie, la situation est particulièrement précaire : aucun horaire précis de remise en eau n’a été communiqué, la distribution devant être effectuée « alternativement » entre Pamandzi-La Vigie et La Vigie-Labattoir, en raison de la capacité insuffisante du réservoir.

Ce qui scandalise, c’est que la situation n’a rien d’exceptionnel à Mayotte, elle est structurelle. Les coupures à répétition sur ces mêmes quartiers rythment la vie des habitants depuis des années. En janvier 2026, en février, en novembre 2025… la SMAE multiplie les avis d’interruption d’eau sur Labattoir Centre, Pamandzi Est et La Vigie-Pamandzi, invoquant tour à tour des casses sur les conduites, des pannes électriques et des réservoirs à niveau insuffisant.

Cinq jours sans eau courante. En France métropolitaine, une telle situation provoquerait une mobilisation nationale, un passage au journal de 20h, une cellule de crise. À Mayotte, département français depuis 2011, c’est une information parmi d’autres, presque banalisée. Les habitants s’organisent comme ils peuvent : jerricanes, citernes, achats de bouteilles. La SMAE promet, dans ses communiqués, de « réaliser les actions nécessaires à la reprise du fonctionnement normal du réseau dans les meilleurs délais« , une formule désormais trop connue des Mahorais pour encore les rassurer.

L’accès à l’eau potable est pourtant un droit fondamental reconnu par l’ONU depuis 2010. À Mayotte, en 2026, il reste, pour beaucoup, un luxe intermittent.

Recul du chikungunya, mais la vigilance sanitaire reste de mise

Recul du chikungunya, mais la vigilance sanitaire reste de mise

Selon les dernières données de l’Agence régionale de santé Mayotte, la situation sanitaire à Mayotte présente des évolutions contrastées. Concernant le Chikungunya, 70 cas ont été recensés en semaine 12, soit une baisse de 37 % par rapport à la semaine précédente. Malgré ce recul, la circulation du virus reste active sur l’ensemble du territoire, dans un contexte météorologique favorable à la prolifération des moustiques. Du côté du Mpox, trois nouveaux cas ont été confirmés après quatre semaines sans signalement, portant à 13 le total depuis le début de l’année. Ces contaminations, liées à une transmission intrafamiliale, traduisent une circulation limitée mais persistante du virus, principalement concentrée à Bouéni et Mamoudzou. Enfin, l’épidémie de Bronchiolite amorce une décrue après un pic observé début mars. Toutefois, la pression reste élevée sur les services hospitaliers : 24 passages aux urgences pédiatriques ont été enregistrés en semaine 12, dont 11 hospitalisations. La bronchiolite représente encore près d’un tiers de l’activité des urgences pour les nourrissons. Face à ces indicateurs, l’Agence régionale de santé Mayotte appelle à maintenir une vigilance accrue afin de limiter la propagation des maladies infectieuses sur le territoire.

Mayotte à la conquête de nouvelles opportunités au Kenya

Mayotte à la conquête de nouvelles opportunités au Kenya

Avis aux opérateurs économiques intéressés, l’Agence de Développement et d’Innovation de Mayotte (ADIM) organise une mission économique au Kenya. Elle se déroulera du 11 au 14 avril 2026 dans le cadre du sommet « Africa Forwards ». Ce déplacement est ouvert à l’ensemble des opérateurs économiques de Mayotte. Les personnes qui prendront part à ce déplacement auront l’opportunité de côtoyer 2000 décideurs et investisseurs, avec la possibilité de rencontres B2B et de développement de partenariats.

L’ADIM a mis en place une plateforme numérique consultable par toute personne désireuse de participer à ce déplacement au Kenya. La date limite des inscriptions est fixée au 8 avril 2026.

Corsair annonce une hausse de ses tarifs à compter du 1er avril 2026

Corsair annonce une hausse de ses tarifs à compter du 1er avril 2026

La compagnie aérienne Corsair annonce une hausse de ses tarifs à dater du 01 avril 2026. Le blocage de la navigation maritime dans le Détroit d’Ormuz (consécutive à la guerre qui oppose les Etats-Unis d’Amérique et Israël à la République islamique d’Iran) aurait occasionné une hausse brutale et durable du prix des carburants. Corsair va mettre en place « une surtaxe fuel temporaire » applicable sur le poids taxable. Dans un communiqué rendu public hier jeudi 26 mars 2026, elle précise que cette mesure lui permettra de couvrir l’augmentation significative des coûts d’exploitation liés à la situation actuelle. Cette hausse tarifaire s’appliquera tant que les impacts opérationnels et économiques liés à la situation géopolitique perdureront. La taxe de surcharge est répartie de la manière suivante :

  • Afrique : 0, 12 €/kg
  • Antilles : 0, 17 €/kg
  • Océan Indien : 0,22 €/kg

Le communiqué de la compagnie Corsair précise par ailleurs que cette taxe de surcharge sera régulièrement révisée selon la situation et les indices de références (fuel NWE publié par Platts).

Grève des personnels de l’Éducation nationale le 31 mars

Grève des personnels de l’Éducation nationale le 31 mars
* photo d'illustration (2022)

Le 31 mars 2026, à Mayotte, les personnels de l’Éducation nationale se mettent en grève pour réclamer la création de postes, la revalorisation salariale et l’amélioration des conditions scolaires face aux classes surchargées et au manque d’infrastructures.

L’ensemble des personnels de l’Éducation nationale — enseignants, accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), agents administratifs, personnels de vie scolaire, sociaux et de santé — est appelé à participer à une grève le mardi 31 mars 2026. Le rassemblement est prévu dès 9 h 00 devant le rectorat, selon un communiqué de la CGT Éduc’action Mayotte.

Les raisons de la mobilisation

La CGT Éduc’action indique que cette mobilisation intervient dans un contexte de budget national 2026 marqué par l’austérité et une pression accrue sur les services publics. À Mayotte, les établissements scolaires doivent faire face à une augmentation de plus de 1 400 élèves en un an, entraînant le recours au système de « rotation », où les salles de classe sont partagées entre le matin et l’après-midi. Ce fonctionnement réduit le temps de présence en cours pour chaque élève et contribue à la surcharge des classes.

Les infrastructures complémentaires sont également jugées insuffisantes. De nombreux établissements manquent de préaux et de gymnases, et plusieurs élèves n’ont pas accès à un repas chaud complet dans des cantines adaptées.

Toutes les catégories de personnel sont concernées. Les enseignants évoquent des conditions de travail difficiles ainsi qu’un gel du point d’indice. Les AESH et les personnels précaires demandent une reconnaissance statutaire. Les personnels de vie scolaire, sociaux et de santé interviennent face à des besoins sociaux importants avec des effectifs limités.

La CGT Éduc’action réclame la création de postes dans toutes les catégories professionnelles. Elle demande également la construction rapide de salles de classe, de gymnases et de réfectoires afin de réduire les rotations et d’améliorer l’accueil des élèves. Le syndicat appelle à une revalorisation salariale sans contrepartie ainsi qu’à l’abandon des réformes de tri social par groupes de niveaux.

La mobilisation vise à alerter sur la situation des établissements et à obtenir des mesures concrètes pour améliorer les conditions d’enseignement et d’apprentissage à Mayotte.

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Critiques sur le budget DR 2026 : un excédent budgétaire, ou serait-ce l’arbre qui cache la forêt ?

Critiques sur le budget DR 2026 Un excédent budgétaire, ou serait-ce l’arbre qui cache la forêt ?
Président du MDM et chef de file de l’opposition au sein de l’Assemblée de Mayotte, Soula Saïd-Souffou (conseiller départemental de Sada-Chirongui) a voté contre le budget présenté par Ben Issa Ousséni, qu’il a jugé insincère et artificiellement excédentaire.

« C’est indécent d’afficher des excédents budgétaires quand les Mahorais vivent encore sous des bâches deux ans après le cyclone Chido ». Passe d’armes entre les chefs de file de l’opposition et de la majorité à l’Assemblée de Mayotte au moment du vote du budget 2026. Il est reproché à Ben Issa Ousséni sa méthode consistant à faire valider un budget au-delà du 31 décembre dans le seul but d’afficher un excédent artificiel, alors qu’il est structurellement déficitaire. Un excédent qui serait en réalité le fruit de l’inertie des services départementaux.

L’une des rares voix discordantes sur le budget 2026 du Département-Région soumis au vote des élus de l’Assemblée de Mayotte mercredi dernier, Soula Saïd-Souffou (conseiller départemental de Sada-Chirongui et chef de file de l’opposition), ne s’explique pas que son adoption n’intervienne jamais avant le 31 décembre, comme c’est le cas partout ailleurs en France. Une réalité d’ailleurs dénoncée par le CESEM dans ses observations.

« C’est de droit et ce serait logique ; nous ne comprenons pas pourquoi le département persiste à voter un budget au-delà du 31 décembre pour se permettre d’afficher, de façon artificielle, des excédents au mois de mars. Nous disons que ce n’est pas honnête. Si le budget était voté au 31 décembre, nous serions en déficit parce que notre budget est structurellement déficitaire. Je dis qu’il faut arrêter avec cette supercherie. »

Soula Saïd-Souffou affirme qu’il a, au moment du vote de ce budget, expressément demandé au président de l’Assemblée de Mayotte de réviser le dispositif « Fazal », qui permet aux personnes les plus fragiles d’accéder aux aides à la reconstruction.

« Cela n’a pas été fait. Aujourd’hui encore, il nous dit que le chantier est en cours, alors que nous avons des personnes âgées, des personnes handicapées extrêmement fragiles qui vivent encore sous des bâches. C’est inacceptable et j’ai tenu à lui dire ce matin qu’il faut changer cette façon de faire. »

À propos de ce même dispositif d’aide, l’élu de Sada-Chirongui s’est étonné de l’absence de réponse de Ben Issa Ousséni quant au fait qu’il ne soit toujours pas ouvert aux autres catégories de la population mahoraise.

« Nous avons posé la question au moment des orientations budgétaires, car il ne suffit pas de venir afficher tous les ans 80 millions d’euros d’excédent budgétaire quand les Mahorais n’ont rien et qu’ils vivent encore sous des bâches deux ans après Chido », ajoute le chef de file de l’opposition, qui a continué à marteler le caractère totalement artificiel des 80 millions d’euros d’excédent que Ben Issa Ousséni s’est enorgueilli d’avoir dégagé lors de l’exercice 2025.

Il va jusqu’à parler d’indécence à jeter ces millions à la figure des Mahorais qui n’ont toujours pas de toit au-dessus de la tête, et justifie ainsi son vote contre ce budget.

Un budget non conforme aux attentes des citoyens de Mayotte

Soula Saïd-Souffou se dit choqué par la non-affectation, même partielle, de ces 80 millions d’euros à l’amélioration des conditions de vie des Mahorais démunis après le cyclone Chido.

« Pourquoi n’avons-nous pas affecté ne serait-ce que la moitié ou le tiers pour aider les Mahorais les plus en difficulté ? », interroge-t-il. « Ce sont des questions légitimes que se pose la population, qui n’en voit pas la couleur et dont nous nous faisons l’écho, car nous trouvons cela indécent. »

Autre élément contenu dans ce budget ayant fait réagir l’élu de Sada-Chirongui : la subvention d’équilibre accordée une fois de plus au service des transports maritimes pour équilibrer son budget de fonctionnement. Pour lui, la mission assurée par ce service relève de la continuité territoriale, une compétence de l’État.

Il évoque une dette structurelle laissée au Département de Mayotte, qui l’assume sans compensation, alors même que chaque année le STM enregistre un manque à gagner supérieur à un million d’euros, dû au fait que les services de l’État ne paient pas la traversée.

Pour lui, il s’agit d’une situation inacceptable qu’il ne saurait continuer à cautionner chaque année à travers le budget départemental, alors que les Mahorais vivent encore sous des bâches.

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Fonds européens à Mayotte : une épée de Damoclès inconnue des élus mahorais ?

Fonds européens à Mayotte : une épée de Damoclès inconnue des élus mahorais ?
En matière de gestion des fonds européens, Soula Saïd-Souffou estime que le Département-Région est en capacité de consommer 1 milliard d’euros par an. Il faut simplement préparer la montée en compétences de l’ingénierie disponible en interne.

Elle pend au-dessus de leur tête — et de celle des habitants du territoire, par ricochet — mais ils en ignoreraient l’existence, à l’exception du chef de l’exécutif du Département-Région. L’Union européenne refuse d’accorder un nouveau moratoire à Mayotte : si 50 millions d’euros ne sont pas consommés par le territoire avant le 30 septembre 2026, celui-ci en sera définitivement privé dans les futures aides financières de Bruxelles.

Les fonds européens ont constitué un autre sujet d’opposition entre Soula Saïd-Souffou et Ben Issa Ousséni lors du vote du budget 2026 de Mayotte, mercredi dernier. Et pour cause : la demande de ce dernier de ne reprendre la main que sur 50 % de leur gestion. L’élu de Sada-Chirongui se cantonne à une application stricte de la loi, qui confère aux régions, depuis dix ans, la compétence de gérer les fonds européens. Il part du postulat que le département a déjà été autorité de gestion avec le Fonds européen de développement (FED) et considère qu’il existe un savoir-faire au sein des collectivités locales.

« Jamais nous n’avons été mis en cause pour mauvaise gestion lorsque nous gérions ce FED. Quand j’entends le président du Département-Région dire qu’il faudrait que nous ne gérions que la moitié des fonds européens, alors que nous en avons la capacité et que, d’ici 2028, nous aurons la possibilité de recruter de nouvelles compétences, je pense que nous nous enfermons dans les pièges de l’État, qui vise à faire du Département-Région de Mayotte un enfant toujours sous tutelle, alors qu’il dispose de compétences en interne et qu’à défaut, il dispose de deux ans pour les renforcer. Personnellement, j’ai trouvé cela indigne de considérer que nous ne serons jamais prêts. »

Il rejette sur Ben Issa le retard cumulé par ses services dans ce domaine, au motif que, depuis le début de la mandature actuelle, les élus de l’opposition lui auraient demandé de mettre en place, avec la préfecture de Mayotte, un calendrier d’extension des compétences en faveur d’une montée progressive en charge de l’administration territoriale.

« Jamais nous n’avons été entendus, et nous continuons à reconduire des dispositifs exceptionnels, dérogatoires, alors que les Mahorais demandent le droit commun », a observé l’élu, avant de réagir à une question de Flash Info sur le risque, plus que probable, pour l’île de perdre définitivement le bénéfice de 50 millions d’euros à compter du 1er octobre de cette année. Un montant très important pour un territoire meurtri par le cyclone Chido et qui en a, par conséquent, tant besoin. Le Département-Région s’est montré incapable de capter ces fonds depuis plusieurs années, malgré des moratoires accordés par Bruxelles.

Pour l’Europe, 1 euro reste de l’argent public qu’il faut savoir justifier

L’administration de l’Union européenne a prévenu, en janvier dernier, qu’aucun délai supplémentaire ne serait accordé au-delà de cette date. Ces 50 millions d’euros devront non seulement être affectés à des projets, mais également faire l’objet de travaux exécutés et de paiements réellement effectifs, sous peine de ne pas être remboursés.

Malheureusement pour Mayotte, cette épée de Damoclès n’aurait pas été portée à la connaissance des élus régionaux, qui la découvrent — ou feignent de la découvrir — à peine, à l’exception du premier d’entre eux.

La réaction de Soula Saïd-Souffou devant les micros des journalistes : « Que ce soient 50, 100 ou 150 millions d’euros, pour l’Europe, un sou est un sou : 1 euro reste de l’argent, un denier public. Ce qui compte, c’est que nous puissions enfin moderniser notre administration, renforcer les services financiers départementaux pour que Mayotte puisse enfin consommer les fonds qui lui sont alloués. Comme je l’ai déjà dit précédemment, on ne peut afficher des excédents et des conventions signées avec les services de l’État sans se donner les moyens de consommer les financements. C’est là que se situe la difficulté ! »

Il défend l’administration régionale, expliquant que son incapacité actuelle à consommer certains financements ne résulte pas d’un manque de compétences, mais plutôt d’une désorganisation des services, liée à des changements constants d’organigramme impulsés par l’exécutif.

En conséquence, il suggère à Ben Issa Ousséni de stabiliser enfin cette organisation afin de permettre aux agents de monter en compétences, car :
« Oui, il y a de l’ingénierie à Mayotte ; oui, Mayotte est capable de consommer jusqu’à 1 milliard d’euros par an, comme le fait La Réunion. Il faut simplement une volonté politique et une organisation à la hauteur des enjeux. »

Ces propos ont été suivis d’un autre commentaire, cette fois-ci sur le port de Longoni et l’actuelle délégation de service public (DSP), frappée d’une annulation à la suite d’une décision de justice en première instance. Soula Saïd-Souffou a critiqué le manque de réactivité du président de l’Assemblée de Mayotte sur ce dossier, notamment le fait de ne pas avoir prévu, dans le budget 2026, une enveloppe compensatoire au cas où la justice, saisie en appel par la société Mayotte Channel Gateway, statuerait en faveur d’une indemnisation financière de l’actuelle délégataire du port de Longoni.

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Faible représentation féminine : un appel à l’engagement et à la solidarité entre élues

Faible représentation féminine : un appel à l’engagement et à la solidarité entre élues

À l’aube d’une nouvelle mandature, un message fort a été adressé aux femmes engagées en politique locale. Dans une déclaration empreinte de sincérité et de détermination, Mariam Said Kalame, présidente de l’association des élues locales 976, a tenu à saluer l’engagement des femmes élues tout en pointant une réalité préoccupante : leur sous-représentation persistante dans les instances décisionnelles.

Le constat est sans appel : sur 17 élus, une seule femme siège actuellement. Un chiffre qui interpelle et souligne l’urgence d’agir pour rééquilibrer la place des femmes dans la vie publique. « Ce chiffre ne peut pas nous laisser indifférents », insiste-t-elle, appelant à une prise de conscience collective.

Malgré ces inégalités, le rôle des femmes élues reste essentiel. Leur engagement dépasse le simple cadre d’un mandat électif. Il incarne, selon la présidente, « un acte de courage » et une véritable responsabilité dans un contexte marqué par des défis sociaux, économiques et environnementaux croissants. Leur présence contribue à enrichir les décisions publiques grâce à des approches fondées sur l’écoute, la sensibilité et la capacité à rassembler.

Être une femme élue aujourd’hui implique encore de surmonter de nombreux obstacles. Entre exigences professionnelles, responsabilités familiales et engagement politique, les élues doivent souvent redoubler d’efforts pour faire entendre leur voix. Pourtant, cette réalité s’accompagne aussi d’une force particulière : celle de transformer, d’innover et de fédérer.

Face à ce déséquilibre, l’appel est clair : renforcer la solidarité entre femmes engagées. La création de liens, le partage d’expériences et le soutien mutuel sont présentés comme des leviers essentiels pour faire évoluer les pratiques politiques. « Cette mandature doit être celle de l’audace et de l’impact », affirme Mariam Said Kalame, invitant les élues à proposer et construire des politiques publiques plus inclusives et proches des citoyens.

Au-delà de leur rôle institutionnel, les femmes élues apparaissent également comme des modèles pour les générations futures. Leur engagement ouvre la voie à d’autres femmes et jeunes filles, en démontrant que leur place est légitime dans les sphères de décision et de leadership.

En conclusion, ce message se veut à la fois un encouragement et un appel à l’action. Il souligne l’importance de bâtir une solidarité durable entre élues afin de ne jamais céder à l’isolement ou au découragement. Une dynamique collective qui pourrait bien, à terme, transformer en profondeur la représentation des femmes dans la vie publique.

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Mamoudzou : les associations invitées à participer au renouvellement du CCAS

Mamoudzou : les associations invitées à participer au renouvellement du CCAS
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À la suite des élections municipales du 15 mars 2026, la commune de Mamoudzou invite les associations locales à proposer des représentants pour le renouvellement du conseil d’administration du Centre Communal d’Action Sociale (CCAS).

Cet établissement public, chargé de mener des actions de prévention, d’animation et de développement social, est dirigé par un conseil présidé par le maire, composé à parité d’élus municipaux et de membres nommés parmi les associations. Sont notamment concernés les représentants des associations œuvrant dans l’insertion, les associations familiales, les structures pour personnes âgées ou retraitées, et celles pour les personnes en situation de handicap.

Les associations souhaitant soumettre un candidat doivent envoyer leur proposition avant le 10 avril à 11h, soit par courrier recommandé, soit en la remettant directement au service accueil de la mairie. Les mandats des administrateurs dureront jusqu’aux prochaines élections municipales.

À Chirongui, un nouveau dispositif de patrouille citoyenne pour sécuriser les abords des écoles

À Chirongui, un nouveau dispositif de patrouille citoyenne pour sécuriser les abords des écoles
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L’Association Socioculturelle Sportif Jeunesse de M’ramadoudou (ASSJM) présentera officiellement le dispositif « Patrouille Citoyenne » le samedi 28 mars 2026 à 10h, à Chirongui, sur le parking de la police municipale.

Ce dispositif vise à assurer une présence visible aux abords des établissements scolaires, à accompagner les élèves lors des traversées aux heures d’entrée et de sortie, et à renforcer la vigilance sur certains points identifiés. Il s’inscrit dans une démarche préventive, basée sur la dissuasion, la médiation et l’alerte, sans se substituer aux forces de sécurité.

Financée par le Fonds interministériel de prévention de la délinquance, cette initiative a été proposée par Chaharoumani Chamassi, ancien capitaine de police et actuel directeur de la sécurité à Chirongui. Un buffet est prévu à l’issue de la présentation.

Ouverture de la boutique Fahizagna atsika dédiée aux poteries traditionnelles

Ouverture de la boutique Fahizagna atsika dédiée aux poteries traditionnelles

La boutique Fahizagna atsika ouvre ses portes à Sohoa ce vendredi 27 mars 2026. Situé au 31 rue Djoumoi Fadillah, l’espace proposera une exposition, des rencontres ainsi que la vente de poteries traditionnelles.

À l’occasion de cette ouverture, une réduction de 10 % sera appliquée sur l’ensemble des pièces disponibles sur place. L’événement débute à partir de 13 heures.

Un appel à projets ouvert pour l’agriculture et l’agroalimentaire

Un appel à projets ouvert pour l’agriculture et l’agroalimentaire

Un appel permanent à projets est lancé à Mayotte dans les domaines de l’agriculture et de l’agroalimentaire, en partenariat avec la Technopole de Mayotte.

Le dispositif propose une subvention pouvant atteindre 8 000 euros ainsi qu’un accompagnement de cinq à six semaines. Il s’adresse aux agriculteurs, aux acteurs de la transformation agroalimentaire et aux initiatives valorisant les produits locaux.

Les candidatures, constituées d’une présentation du projet, sont examinées en continu, avec une sélection finale par un jury.

Des citernes pour pallier le manque d’eau potable

Des citernes pour pallier le manque d’eau potable
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Marvatou, un quartier du village d’Acoua dans le nord de l’île privé d’eau durant deux jours pour cause de canalisations accidentellement endommagées lors de travaux réalisés par l’entreprise MCTP. Des travaux d’aménagement commandées par la communauté d’agglomération du Grand Nord de Mayotte. C’est dans la soirée de lundi que de plusieurs habitants de ce quartier ont investi les réseaux sociaux pour se plaindre d’une interruption de la distribution d’eau potable par la SMAE. Cette dernière a annoncé dans un communiqué mardi que des travaux allaient être engagés dans la journée d’hier mercredi, sans cacher que les réparations s’annoncent compliquées. Des citernes d’eau ont été mises en place dans le quartier Marvatou pour alimenter la population en attendant un retour à la normale.

Collecte des déchets cumulés durant l’ide

Collecte des déchets cumulé durant l’ide

Le SIDEVAM 976 (syndicat intercommunal de ramassage d’ordures ménagères) agite un drapeau rouge et s’avoue vaincu devant la masse de déchets cumulés un peu partout C’est par un communiqué publié sur les réseaux sociaux que l’organisme annonce être dans l’impossibilité de procéder au ramassage immédiat de tous ces détritus. « Au vu de l’importante accumulation de déchets observée actuellement, et en raison du samedi non travaillé cette semaine (fête de l’ide) les équipes ne sont pas en mesure d’assurer un retour à la normale de l’ensemble de la collecte des OMR dans les délais habituels ». Dans ce communiqué, le SIDEVAM 976 explique à la population qu’il a enregistré au cours du week-end un volume inhabituel de déchets, nettement supérieur à la normale. Le flux serait 2 à 3 fois plus important du seul fait des festivités marquant la fin du mois de Ramadan. Malgré une mobilisation de l’ensemble de ses moyens matériels et humains, il estime qu’une semaine et demie sera nécessaire pour qu’il puisse résorber la situation.

La douane de Mayotte dresse son bilan 2025

La douane de Mayotte dresse son bilan 2025

La douane de Mayotte a dressé ce jeudi le bilan de ses activités en 2025 au cours d’une conférence de presse qui s’est tenue dans ses locaux de Dzaoudzi. Entre reconstruction post Chido, lutte contre la fraude et fiscalité, la douane de Mayotte a eu une année 2025 « bien remplie ».

Ce jeudi 26 mars, la douane de Mayotte s’est livrée à un exercice dont elle est peu coutumière : celui de la conférence de presse annuelle. « D’ordinaire nous envoyons un communiqué aux rédactions, mais étant donné les bouleversements occasionnés par le cyclone Chido fin 2024, nous avons cru bon de repréciser nos différents rôles car certains sont peu connus du grand public« , a expliqué Benoît Pascal, le directeur régional des douanes et droits indirects de Mayotte.

La douane est en effet l’une des structures qui a payé le plus lourd tribu à Chido : ses bureaux de Grande-Terre ainsi que toutes ses structures informatiques ont été intégralement pulvérisés, l’obligeant à se relocaliser dans le bâtiment historique de Dzaoudzi. « Le directeur général des douanes de France est venu en personne à Mayotte pour nous assister et a débloqué 300 000 euros pour que nous puissions rénover le bâtiment de Dzaoudzi et installer des modulaires« , relate Benoît Pascal. Il a également précisé que la douane de Mayotte a installé la première antenne Starlink de l’île seulement 4 jours après la catastrophe afin de pouvoir dédouner les marchandises.

« Suite à cette catastrophe, nous avons obtenu un investissement de 16 millions d’euros pour la construction d’un futur hôtel des Finances d’ici 2029« , a-t-il annoncé tout en vantant la « grande résilience » et l’efficacité dont ont fait preuve ses agents. « Nous avons notamment permis l’entrée de 337 conteneurs d’aide humanitaire en franchise droits de douane et octroi de mer jusqu’au 16 juin 2025« , a-t-il ajouté afin de mettre en exergue le rôle essentiel qu’a joué cette institution dans la gestion de la catastrophe.

Une lutte contre la fraude visant la protection des consommateurs et de l’environnement

La douane de Mayotte dresse son bilan 2025
Les saisies des douanes sont constitués d’objets de contrebande, mais aussi d’objets commerciaux présentant des risques phyto-sanitaires.

La lutte contre la fraude est l’aspect le plus connu du travail de la douane. En 2025, elle a ainsi saisi 30 kg de produits stupéfiants, une quantité supérieure à celle de 2024, révélant une progression constante du phénomène. A présent les produits stupéfiants sont susceptibles d’entrer par la mer, via l’aéroport et dans le flux sans cesse croissant du fret postal et express. La nature des produits s’est modifiée : le bangué (herbe de cannabis en provenance des Comores) se voit ainsi détrôné par la résine de cannabis venue de l’hexagone, qui représente aujourd’hui la part la plus importante des saisies. La cocaïne a également fait son entrée sur le territoire, bien que dans des proportion encore faible pour le moment. En revanche, aucune saisie de chimique (cannabis de synthèse) n’a été faite depuis 2 ans. « Les autorités chinoises ont interdit la fabrication de cette drogue et cela a apparemment bien fonctionné« , explique le directeur régional. La contrebande de cigarettes a quant à elle augmenté de 180% en 2025. La douane a en effet réalisé 40 saisies pour un total de 9,2 tonnes de tabac (cigarettes et tabac chicha, très consommé par les jeunes).

La douane de Mayotte dresse son bilan 2025
Benoît Pascal et Lilian Irigoyen ont présenté ensemble le bilan de la douane de Mayotte pour l’année 2025

La douane vérifie aussi que les marchandises importées ne puissent pas nuire aux consommateurs. Les infractions aux normes techniques ont augmenté de 70% en 2025 notamment du fait du développement du e-commerce et de l’achat de produits sur des sites chinois, qui ne respectent pas les normes européennes. Les infractions aux normes de santé ont subi une augmentation encore plus importante (+98%). « Par exemple, certains jouets pour les enfants contiennent des produits toxiques si on les porte à la bouche« , précise le directeur. Beaucoup de pesticides sont également saisis. Les contrefaçons ont aussi beaucoup augmenté (+120%). « Certaines peuvent être très dangereuses comme les contrefaçons de tronçonneuses qui ne respectent aucune règles de sécurité« , détaille Benoît Pascal.

La douane a aussi pour mission de faire respecter les lois sur les espèces protégées. Elle saisit donc les voyageurs en possession de coraux et coquillages protégés, mais aussi d’objets de décoration fabriqués à partir de bois précieux. Grâce à une convention signée le 12 décembre 2025, les objets de ce type ne seront plus détruits, mais viendront enrichir les collections du Musée de Mayotte. « Détruire coûte de l’argent et certains de ces objets présentent un intérêt d’ordre patrimonial. Ils pourront donc aider le Muma à sensibiliser la population à la nécessité de préserver le patrimoine naturel« , déclare Benoît Pascal.
260 interceptions ont été réalisées dans le cadre des contrôles de flux financiers soit plus d’un million d’euros au titre du blanchiement douanier et 1,2 million pour des manquements à l’obligation déclarative. « Ces chiffres sont en baisse, mais c’est à relativiser dans la mesure où certaines enquêtes fiscales ont été différées suite à Chido pour ne pas accentuer les difficultés des entreprises« , précise le directeur.

La douane de Mayotte dresse son bilan 2025
Lilian Irigoyen du Pôle Action Economique de la douane s’est occupé de la partie économique de la conférence de presse

La douane économique : une aide au commerce international

Depuis le 1er janvier 2026, la mise en place du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières MACF marque une évolution notoire pour l’économie mahoraise. Ce dispositif européen est applicable à partir de 50 tonnes. Cependant, l’approvisionnement de Mayotte étant situé quasi exclusivement à l’extérieur du territoire, près de 150 entreprises se retrouvent directement concernées, soit 10% des entreprises françaises. La douane accompagne donc désormais les acteurs économiques du territoire afin de les sensibiliser à ces nouvelles obligations et prévenir leur risque économique face à l’entrée en vigueur de ce nouveau dispositif.

La douane de Mayotte dresse son bilan 2025
Benoît Pascal, le directeur régional des douanes et droits indirects de Mayotte

45 000 conteneurs ont été importés cette année à Mayotte, soit une augmentation de 22% par rapport à l’année dernière, ce qui s’explique notamment par la nécessité de reconstruire l’île et par la franchise mise en place après Chido. 75% des importations viennent de France (Outre-mer compris), 12% des Emirats Arabes Unis et 8% de Chine. Les importations depuis Madagascar restent très faibles (2%). « Les plus grosses importations en tonnes sont les matériaux de construction et les produits alimentaires« , explique Lilian Irigoyen du Pôle Action Economique de la douane. « Si on parlait en valeur, ce serait les produits pétroliers, les véhicules et la viande de volaille« , nuance-t-il.

1000 conteneurs en été exportés depuis Mayotte. Il s’agit essentiellement de conteneurs de déchets destinés à être achiminés vers des filières de recyclage à l’étranger, de barges qui doivent être remises en état et de conteneurs de déménagement.

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Flash infos Mayotte du Mardi 12 mai 2026
Mardi 12 mai 2026

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Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes