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La Journée Pour Entreprendre fait étape à Bandrélé

La Journée Pour Entreprendre fait étape à Bandrélé

La Chambre de commerce et d’industrie de Mayotte organise, le 24 septembre, une nouvelle étape de la Journée Pour Entreprendre, au stade de Bandrélé, de 9 heures à 13 heures. Cette édition sera consacrée à l’Économie sociale et solidaire (ESS). Associations, coopératives et entreprises sociales seront mises à l’honneur à travers des projets liés notamment à l’emploi, l’insertion, l’environnement, la santé, la solidarité et les services à la population. La matinée permettra aux porteurs de projets de rencontrer des acteurs susceptibles de les accompagner dans la formation, la structuration et le développement de leur activité. L’objectif : permettre aux participants de passer d’une idée à une première étape concrète dans leur projet entrepreneurial.

Rejets d’eaux usées : la cuisine centrale de Panima mise en demeure à Ironi Bé

Rejets d’eaux usées : la cuisine centrale de Panima mise en demeure à Ironi Bé
La cuisine centrale de la société Panima, connue à Mayotte pour ses activités de restauration collective ainsi que pour la préparation de repas et de collations scolaire.

Dans un arrêté publié le 16 septembre, la préfecture met en demeure la société Panima de se mettre en conformité sur sa cuisine centrale d’Ironi Bé. En cause, des rejets d’eaux usées qui dépasseraient les normes réglementaires, l’absence de surveillance depuis 2024 et plusieurs manquements concernant les réseaux d’eau et les équipements sous pression.

Alors que tous les regards sont tournés vers le chantier de l’usine de dessalement d’Ironi Bé, dont l’autorisation environnementale a été suspendue par le tribunal administratif le 31 juillet dernier, entraînant l’arrêt des travaux, une autre installation située à proximité fait à son tour l’objet de mesures pour des raisons environnementales : la cuisine centrale de la société Panima.

Connue à Mayotte pour ses activités de restauration collective ainsi que pour la préparation de repas et de collations scolaires, l’entreprise fait l’objet d’une mise en demeure préfectorale, dans un arrêté publié au Recueil des actes administratifs le 16 septembre.

Cet arrêté impose à Panima plusieurs mesures afin de mettre son installation d’Ironi Bé en conformité, notamment concernant la gestion et la surveillance de ses rejets d’eaux usées.

Un signalement concernant un rejet rougeâtre

L’arrêté préfectoral s’appuie sur les conclusions d’une inspection réalisée le 19 mars 2026. Avant cette inspection, un signalement avait fait état de “la présence d’un rejet rougeâtre à la sortie de l’usine”, située à proximité de la mangrove. Une information appuyée par le Groupe d’Études et de Protection des Oiseaux de Mayotte (GEPOMAY), gestionnaire de la mangrove, indique “avoir constaté des rejets dans la mangrove”.

Lors de leur visite, les services de l’État ont constaté : “qu’aucune surveillance des eaux usées depuis 2024 n’était mise en place par l’exploitant”. L’arrêté précise aussi que la dernière surveillance réalisée avait fait apparaître “des rejets bien au-dessus des normes réglementaires”.

La préfecture considère ainsi que “la qualité des eaux résiduaires industrielles rejetées ne respecte pas les valeurs limites d’émission en concentration et en flux prescrite”.

L’arrêté évoque enfin une “absence de maîtrise des circuits des eaux résiduaires suite aux travaux d’extension”.

D’autres manquements relevés lors de l’inspection

Les difficultés ne concernent pas uniquement les rejets d’eaux usées. L’inspection a également relevé l’absence de recensement des équipements sous pression, ainsi que l’absence de suivi des échéances concernant leurs inspections périodiques et leurs éventuelles requalifications.

Dans ses considérants, la préfecture estime que les conditions d’exploitation relevées “peut présenter des dangers et nuisances pour l’environnement”.

C’est sur cette base que le préfet a décidé de mettre la société Panima en demeure, au titre de l’article L.171-8 du Code de l’environnement, de respecter plusieurs prescriptions.

Un diagnostic des réseaux sous deux semaines

La première série de mesures concerne les réseaux d’eau. Panima doit transmettre les plans de ses réseaux de collecte des eaux pluviales, des eaux usées issues du processus de fabrication et des eaux vannes, dans un délai de trois mois.

L’entreprise doit surtout réaliser un diagnostic de l’ensemble de ces réseaux afin de repérer d’éventuelles fuites, dans un délai de deux semaines.

Les fuites devront être identifiées, afin de déterminer s’il s’agit d’eaux usées ou d’eau potable. Panima devra ensuite transmettre à l’inspection les informations concernant leur nature et leur réparation.

Des contrôles renforcés sur les eaux rejetées

L’arrêté impose également à Panima de mesurer la quantité d’eau rejetée au moins deux fois par an et de transmettre là encore les résultats à l’inspection. L’entreprise doit par ailleurs réaliser des analyses d’autosurveillance des eaux rejetées.

En cas de résultat non conforme, Panima devra mettre en place des “actions correctives afin de se conformer aux valeurs limites de rejets réglementaires”, dans un délai de trois mois.

Ces mesures devront notamment intégrer “la mise en conformité de la STEP ou des mesures transitoires de traitement externes des eaux”.

Autrement dit, l’entreprise devra soit mettre en conformité son dispositif de traitement des eaux usées, soit prévoir temporairement un traitement externe permettant de respecter les seuils réglementaires.

Jusqu’à ce que ces mesures soient conformes, Panima devra assurer une autosurveillance chaque mois de ses rejets.

Cette obligation constitue une mesure conservatoire prévue par l’arrêté. Elle vise à vérifier régulièrement la conformité des eaux rejetées par l’installation.

Les équipements sous pression également concernés

Panima devra enfin réaliser un recensement de ses équipements sous pression dans un délai d’un mois. Les inspections périodiques et, lorsque cela est nécessaire, les requalifications périodiques devront ensuite être réalisées dans un délai de trois mois.

À chacune des échéances fixées par l’arrêté, l’entreprise devra justifier auprès du préfet et de l’inspection des installations classées qu’elle a bien respecté les prescriptions qui lui sont imposées.

Des sanctions en cas de non-respect

Si Panima ne respecte pas les obligations prévues dans l’article 1 dans les délais impartis, des sanctions pourront être appliquées, indépendamment d’éventuelles poursuites pénales prévues par le Code de l’environnement.

L’arrêté prévoit des voies de recours pour l’exploitant et pour les tiers intéressés. Il doit être consultable en mairie de Dembéni et publié au Recueil des actes administratifs de Mayotte.

La mangrove d’Ironi-Bé, un refuge pour la biodiversité

Située à proximité de la cuisine centrale de Panima et du chantier de l’usine de dessalement, de part et d’autre de la route nationale, la mangrove d’Ironi-Bé constitue un milieu naturel particulièrement sensible. Depuis novembre 2024, sa gestion ainsi que celle de son arrière-mangrove sont confiées au GEPOMAY, dans le cadre d’une gestion menée avec le Conservatoire du littoral.

Rejets d’eaux usées : la cuisine centrale de Panima mise en demeure à Ironi Bé
Un héron garde-bœufs dans la mangrove d’Ironi-Bé, le 17 septembre 2026.

Le secteur est notamment connu pour accueillir une colonie reproductrice de Crabiers blancs (Ardeola idae), une espèce d’oiseaux protégés. Le GEPOMAY suit cette colonie, identifiée comme site de reproduction depuis 2014.

Plus largement, dans la mangrove et les milieux humides du secteur d’Ironi-Bé, plusieurs espèces protégées ou présentant un enjeu particulier pour la conservation ont été recensées, parmi lesquelles le Martin-pêcheur vintsi, le Râle de Cuvier et le Petit-duc de Mayotte. Côté végétation, les milieux humides accueillent notamment des palétuviers, dont le palétuvier blanc (Avicennia marina), ainsi que d’autres espèces végétales présentant un intérêt pour la conservation.

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Des fous dans les rues de Mamoudzou

Des fous dans les rues de Mamoudzou

Leur nombre ne cesse de croître dans l’île et dans les rues de la zone urbaine de Mamoudzou et Petite-Terre, et pourtant, les services publics ne semblent pas faire cas de leur existence. On en trouve même faisant les allées et retour dans la barge, amusant parfois le public par leurs propos souvent hors contexte. Que faut-il faire des personnes atteintes de folie dont certains s’avèrent très violents et mettent en danger la vie des automobilistes et des piétons dans les rues de la ville chef-lieu de Mayotte ?

« Ces personnes frappées de démence sont de véritables dangers ambulants qui menacent la vie des automobilistes sur les routes et des passants sur les trottoirs. Il est urgent que les autorités locales assument leurs responsabilités envers eux avant que le pire n’arrive et qu’il ait un jour mort d’hommes« , s’exclame Abdou Soimadoune Darouéchi, qui tient un commerce le long de la route nationale qui traverse la zone industrielle de Kawéni. Ce tronçon de route qui mène au centre commercial Lukida (Jumbo Score) à l’entrée de Majicavo Lamir est le terrain de chasse d’un jeune homme frappé de démence. Juste vêtu d’un pantalon marron très usé, c’est torse nu qu’il opère quotidiennement, qu’il pleuve, vente ou fait grand soleil, à toute heure de la journée.

Il mendie quelques pièces, 2 ou 4 euros, jamais plus, et malheur à celui qui ose lui en refuser. Pour le mieux, il s’en sortira avec une nuée d’insultes en tout genre et au pire, il aura droit à des jets de galets, parfois même des jets de parpaings sur le pare-brise de son automobile. « Il est un peu cyclique, parfois ça va à peu près, parfois il peut faire preuve d’une extrême violence« , fait part une dame âgée qui vend du piment et des salades à l’ombre d’une touffe de bambous à l’entrée de Kawéni (en provenance de Mamoudzou).

Il y a environ 2 semaines, un samedi matin aux environs de 8h30, ce jeune homme a tout bonnement jeté un énorme caillou sur le pare-brise d’un sapeur-pompier qui se rendait pour affaire familiale dans le nord de l’île. L’affaire a faillit très mal finir car la victime s’est immédiatement garé sur le bas-côté de la route pour venir en découdre avec le dément.

La fillette doit son salut à l’intervention providentielle d’une personne âgée qui traversait la route

Celui-ci l’a échappé belle, il doit son salut à une patrouille de gendarmerie qui passait par là et qui a réussi à le raisonner. « Imaginez un moment qu’il ait pu en être autrement, que serait-il advenu de lui« , interroge la dame âgée qui a assisté à cette scène en même temps que des dizaines d’autres usagers de la route ce fameux samedi matin. « Celui-là, il faut l’enfermer, qu’attendent sa famille et les responsables de l’ARS Mayotte ? Sa place est à l’hôpital ou un asile, pas sur la chaussée publique« , constate compatissant, une passagère d’un taxi immobilisé par cette circonstance malheureuse et inattendu. « Le problème c’est que tout le monde n’est pas aussi compréhensif que vous madame« , lui fait observer le conducteur du taxi. « Mine de rien, il cause pas mal de dégâts sur cette route car il peut devenir très violent à certains moments« , rajoute le chauffeur. Et ce n’est pas faux !

Le cas particulier de ce jeune homme, originaire de Hajangoi si l’on peut se fier à ses propres affirmations, a intrigué notre journal qui a choisi de suivre ses déplacements plusieurs jours durant. En vérité, il opère aussi bien du côté de Kawéni et Majicavo que du côté de Mamoudzou et Cavani. Ce qui est certain c’est qu’il ne discerne pas le bien  du mal qu’il peut causer aux usagers de la route qu’il rencontre et desquels il cherche à obtenir un peu de monnaie. C’est ainsi qu’à Cavani-Mamoudzou, il s’est montré très violent à l’égard d’une fillette de 14 ans revenant du collège voisin de Mgombani et qui était dans l’impossibilité de lui fournir les quelques pièces d’euros qu’il lui réclamait. Dans ce cas-là également, l’intervention d’une personne âgée qui traversait la route à ce moment précis à permis à la fillette de poursuivre son chemin dans la quiétude.

À quand la construction d’un établissement de prise en charge des malades mentaux à Mayotte ?

Hier mercredi, 16 septembre 2026, c’est sur le trottoir devant la station Total de Majicavo qu’il s’en est pris à des jeunes personnes situées dans le périmètre du parking du centre commercial Lukida. Il leur a jeté des cailloux après que ces dernières semaines soient gaussé de lui pour une raison inconnue. Tous les automobilistes coincés dans les embouteillages monstres de midi en direction de Kawéni se sont dépêchés de remonter les vitres de leurs voitures. A la vue d’un policier municipal qui fluidifiait la circulation au croisement de la station de télévision Mayotte La Première, le dément à soudainement disparu des radars pour reappaitre 45 minutes plus tard sous le soleil brûlant du début d’après-midi, devant le carrefour de SFR, occasionnant à nouveau du désordre dans la circulation. Aussi re marqué soit-il, le cas de ce jeune homme n’est pas unique dans l’agglomération de Mamoudzou et Petite-Terre.

Des « fous » qui se baladent sans contrôles ni surveillance d’aucune forme, il y en a à peu près 8 au total, hommes et femmes confondus. Des mahorais, des Comoriens et depuis peu des africains du continent. Des victimes des atrocités de la guerre et des conditions difficiles de la traversée des mers entre l’Afrique de l’Est et Mayotte qui finissent par échouer et de devenir des épaves humaines aux abords de la gare maritime et du grand marché de Mamoudzou. D’autres tout aussi mentalement irrécupérable débarqués de kwasa en provence d’Anjouan, dans l’espoir pour leurs familles d’une prise en charge providentielle de la part du système de santé à Mayotte comme c’est souvent pour les handicapés moteurs.

Mais il n’en est rien, car ces cas désespérés n’ont aucune chance de croiser le chemin ou le regard d’un Sébastien Lecornu en voyage sur le territoire. Alors que faut-il en faire en attendant qu’un asile d’aliénés se construise un jour lointain dans l’archipel ? Étant donné qu’une simple seconde prison programmée depuis belle lurette ne soit plus possible, ce n’est certainement pas un hôpital psychiatrique qui pourrait être priorisé dans les urgences matérielles du territoire par les temps qui courent.

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MACF : le patronat salue une possible exemption de quatre ans

MACF : le patronat salue une possible exemption de quatre ans

Le Parlement européen a adopté, le 15 septembre, un amendement ouvrant la voie à une exemption temporaire du Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) pour les régions ultrapériphériques. Le Groupement patronal de Mayotte (GPM) considère cette évolution comme une avancée importante pour les entreprises et la reconstruction du territoire.

Pour le Groupement patronal de Mayotte, cette décision répond à une préoccupation exprimée depuis plusieurs mois. L’organisation estime qu’une application uniforme du MACF aurait pu alourdir les coûts d’importation dans un territoire particulièrement dépendant des approvisionnements extérieurs.

Les conséquences économiques du dispositif sont particulièrement surveillées dans le secteur de la construction. Les matériaux nécessaires à la reconstruction, au logement et aux infrastructures sont largement importés depuis l’environnement régional.

Selon le GPM, l’application du MACF sans adaptation territoriale aurait pu se traduire par une hausse des coûts pour les entreprises et, indirectement, par une pression supplémentaire sur les prix payés par les ménages.

L’organisation patronale évoque également un risque pour la coopération économique régionale, alors que Mayotte doit continuer à s’approvisionner auprès de pays voisins en l’absence, dans de nombreux cas, d’alternatives européennes accessibles.

Une mobilisation engagée depuis plusieurs semaines

Le GPM rappelle avoir alerté le cabinet du Premier ministre lors de la visite de ce dernier à Mayotte, les 26 et 27 août 2026, sur les conséquences potentielles d’une application uniforme du MACF.

Cette position a ensuite été formalisée dans une note de suivi adressée au Premier ministre le 9 septembre. Le GPM y demandait qu’une exemption, ou à défaut une adaptation territoriale du mécanisme, soit défendue auprès des autorités nationales et européennes.

L’organisation souhaitait également disposer d’un état des lieux détaillé de l’exposition de Mayotte au MACF : produits concernés, codes douaniers, pays d’origine des importations, volumes importés, secteurs utilisateurs, nombre d’opérateurs concernés et estimation des surcoûts.

Dans son communiqué, le GPM salue particulièrement l’initiative de Younous Omarjee, vice-président du Parlement européen, ainsi que l’engagement des parlementaires ayant soutenu l’amendement.

Le groupement met également en avant l’action de la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou. Lors de son déplacement à Mayotte, la ministre avait échangé avec des représentants du GPM dans les locaux d’Expert RH, à Dzoumogné. Elle avait alors indiqué vouloir porter ce dossier au regard de ses conséquences potentielles sur le coût des matériaux de construction, la coopération régionale et l’inflation.

L’amendement adopté par le Parlement européen prévoit une dérogation de quatre ans, renouvelable, qui pourrait être activée par l’État membre concerné.

Pour autant, le dispositif n’est pas encore définitivement acté. L’amendement doit désormais être confirmé dans le cadre des négociations avec le Conseil de l’Union européenne. Dans l’intervalle, les obligations actuelles liées au MACF demeurent applicables aux entreprises concernées.

Le GPM appelle donc à poursuivre la mobilisation. L’organisation considère cette étape parlementaire comme une première reconnaissance des spécificités économiques de Mayotte, tout en soulignant que la transition écologique ne doit pas, selon elle, se traduire par une nouvelle hausse des charges pesant sur les entreprises ou le pouvoir d’achat.

Le groupement associe à cette démarche plusieurs acteurs économiques et institutionnels, notamment la FMBTP, l’AIM, le syndicat des transitaires, la FEDOM, les services de la douane, les services extérieurs du conseil départemental et de la région, ainsi que les importateurs ayant participé aux réunions consacrées au MACF.

Pour le patronat, le prochain enjeu sera désormais de transformer le vote du Parlement européen en une exemption effectivement applicable à Mayotte.

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Le naufrage d’une république qui regarde ailleurs

Le naufrage d'une république qui regarde ailleurs

Il y a des images qui finissent par devenir banales. Celle des kwassas qui prennent la mer en direction de l’île est devenue l’une d’elles. Et c’est précisément là que réside le danger : lorsqu’une crise devient une habitude, on finit par ne plus la voir.

Un bateau transportant 147 migrants est arrivé dans la nuit de lundi à Mohéli. Parmi eux, plusieurs ressortissants congolais, burundais et tanzaniens selon les informations rapportées. Leur destination finale serait Mayotte. Une embarcation de plus. Des dizaines de passagers de plus. Et une question de plus que l’on repousse à demain.

Il faudrait pourtant avoir le courage de regarder la réalité en face. Mayotte ne peut pas absorber indéfiniment des flux migratoires qui dépassent ses capacités. L’île manque de logements, d’écoles, de structures de santé. Elle connaît déjà une crise sociale profonde et une insécurité préoccupante. Mais à Paris, on semble encore croire qu’il suffit d’annoncer un nouveau dispositif, de promettre le déblocage de quelques millions et de prononcer quelques belles paroles pour que le problème disparaisse. Il ne disparaît pas. Il arrive par la mer.

L’argent ne remplace pas une politique. L’État a choisi de financer les Comores pour lutter contre les départs clandestins. Très bien. Mais alors une question s’impose : où sont les résultats ? Si, malgré les financements, les kwassas continuent de partir et les candidats à l’exil continuent d’affluer, il faut avoir l’honnêteté de reconnaître que quelque chose ne fonctionne pas. Un budget n’est pas une politique. Et une promesse de coopération ne suffit pas à arrêter une embarcation lancée dans la nuit. À force de financer sans exiger de résultats, l’État donne surtout le sentiment de vouloir acheter du temps. Mais le temps, précisément, joue contre Mayotte. Il existe une vérité que certains préfèrent ne pas entendre : un territoire possède des capacités physiques et humaines limitées. On ne construit pas une école en une nuit. On ne forme pas un médecin en quelques semaines. On ne crée pas des logements par décret. On ne double pas la capacité d’un hôpital avec des promesses qui ne seront jamais tenues.

Et pourtant, c’est bien ce que l’on demande implicitement à Mayotte : absorber, année après année, une pression démographique qu’elle n’a pas les moyens de supporter seule. Il ne s’agit pas de déshumaniser ceux qui arrivent. Il s’agit de ne pas déshumaniser non plus ceux qui vivent déjà sur place. Les Mahorais ont eux aussi droit à la sécurité, à des services publics efficaces et à des conditions de vie dignes. Dire cela n’est ni être cruel ni être hostile aux migrants. C’est simplement reconnaître qu’une politique publique sérieuse doit tenir compte du réel. La République peut-elle continuer à détourner les yeux ? La véritable question est désormais politique. L’État accepte-t-il de reprendre le contrôle de ses frontières à Mayotte ? Accepte-t-il de regarder les résultats de sa politique en face ? Accepte-t-il de demander des comptes à ses partenaires régionaux ? Ou continuera-t-il à gérer les conséquences sans jamais s’attaquer aux causes ?

Parce qu’à force de laisser s’installer cette situation, le risque n’est plus seulement migratoire. Il est social, économique, sanitaire et sécuritaire. Et lorsque la population ne croit plus à la capacité de l’État à la protéger, c’est le lien républicain lui-même qui se fissure. Mayotte ne demande pas l’impossible. Elle demande que la République soit à la hauteur de ses responsabilités.

Il est temps de sortir des discours convenus, des chiffres brandis sans bilan et des annonces sans lendemain. Il est temps d’agir. Car une île peut supporter beaucoup de choses. Mais elle ne peut pas être indéfiniment le réceptacle de l’impuissance de l’État.

Et si Paris continue de regarder ailleurs, il ne faudra pas s’étonner qu’un jour, à Mayotte, la colère finisse par emporter ce que les politiques publiques n’auront pas su préserver.

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Fonds européens : la Chambre régionale des comptes pointe les fragilités persistantes du GIPEAM

Fonds européens : la Chambre régionale des comptes pointe les fragilités persistantes du GIPEAM
L’immeuble du GIPEAM de Tsingoni après les travaux (septembre 2022), capture d’écran du rapport.

Créé pour sortir Mayotte de la suspension des fonds européens, le GIPEAM doit désormais fiabiliser sa propre gestion. La Chambre régionale des comptes pointe des fragilités dans son organisation, ses ressources humaines et son suivi financier, alors que des centaines de millions d’euros sont en jeu.

Créé dans l’urgence après la suspension des fonds européens à Mayotte, le Groupement d’intérêt public Europe à Mayotte (GIPEAM) a permis de remettre la machine en route. Mais sa propre organisation reste à consolider. Ressources humaines, formation, contrôle du temps de travail, budgets et recettes : la Chambre régionale des comptes relève plusieurs faiblesses dans sa gestion.

Le GIPEAM est chargé d’une mission qui dépasse largement la taille de sa propre structure. Pour la période 2021-2030, 655 millions d’euros de crédits européens doivent être engagés à Mayotte et 745 millions certifiés. Sur la période examinée par la Chambre régionale des comptes, environ 180 millions d’euros ont déjà été versés aux porteurs de projets. Pourtant, le groupement dispose de moins de trois millions d’euros par an pour assurer son propre fonctionnement.

C’est dans ce contexte que la juridiction financière a examiné ses comptes et sa gestion, pour les exercices 2021 et suivants. Elle reconnaît que la création du GIPEAM a permis de répondre à la crise ayant entraîné la suspension des fonds européens entre février 2021 et mars 2023. Mais cinq ans après sa création, “une organisation encore insuffisamment structurée” demeure, tandis que le partenariat entre l’État et la Collectivité de Mayotte doit, lui aussi, être renforcé, souligne la Chambre.

Un dysfonctionnement dans la structure et aux ressources humaines

Le fonctionnement interne constitue l’un des principaux points de vigilance. La Chambre relève notamment une fonction ressources humaines qui a tardé à se structurer. Le premier responsable des RH n’est arrivé qu’en mai 2022, soit un an après la création du groupement. Après son départ, les fonctions ont été regroupées avec un soutien aux finances. La personne retenue ne disposait, selon le rapport, ni de compétences en ressources humaines ni d’expérience d’encadrement, et n’avait pas bénéficié de formation spécifique.

Les agents ont également fait état de plusieurs difficultés. Dans une note remise au directeur lors de sa prise de fonction, ils évoquent des différences de traitement liées à la coexistence de plusieurs statuts, un manque d’équité dans l’organisation du temps de travail, des formations insuffisantes et un déficit de dialogue social.

Le contrôle des horaires apparaît lui aussi insuffisant. Si le GIPEAM dispose d’un outil de pointage électronique, la majorité des agents ne l’utilise pas. La Chambre estime ainsi que le groupement n’est pas en mesure de vérifier effectivement le respect du temps de travail ni de contrôler la réalisation d’éventuelles heures supplémentaires. Elle recommande de “réaliser, dès à présent, un suivi régulier et effectif du respect par les agents de leurs obligations en matière de temps de travail”.

La question de la formation est directement liée à cette difficulté de structuration. En septembre 2022, un diagnostic avait mis en évidence d’importants besoins. Sur les 46 salariés ayant répondu à l’enquête, 32 se considéraient comme “débutants” dans le montage de projets et la gestion de programme. Le rapport relève également que plusieurs agents recrutés ne disposaient ni de formation ni d’expérience préalable dans la gestion des fonds européens.

Le plan de formation prévu à la suite de ce diagnostic n’a finalement jamais été formalisé. Des formations ont néanmoins été organisées en 2025, notamment sur les marchés publics, les dépenses de personnel, le suivi-évaluation ou encore la lutte contre la fraude. Pour la Chambre, cet effort doit être poursuivi. Elle recommande notamment l’adoption d’un plan de formation par l’assemblée générale. Le GIPEAM indique avoir prévu 300.000 euros à ce titre pour 2026.

Près de 750.000 euros de travaux à Tsingoni

La juridiction financière s’intéresse également aux conditions dans lesquelles le groupement s’est installé à Tsingoni. Près de 750.000 euros de travaux d’aménagement ont été engagés dans un immeuble loué pour accueillir les bureaux. Plusieurs travaux ont par ailleurs été réalisés sans que les autorisations d’urbanisme correspondantes aient pu être produites.

Sur le plan financier, la Chambre relève aussi “de nombreuses erreurs de calcul et incohérences” dans les documents budgétaires. Le cadre comptable prévu lors de la création du groupement est notamment jugé mal défini. La convention constitutive renvoie à une nomenclature “M9” pourtant abrogée, tandis que le règlement financier fait référence à l’instruction “M9-5”, qui ne correspond pas au statut administratif du GIPEAM.

Les prévisions de dépenses ne correspondent pas toujours davantage à la réalité. En 2021 et 2022, 1,5 million d’euros avaient été inscrits pour des prestations de service sans qu’aucune dépense ne soit finalement réalisée. En 2024, 120.000 euros étaient prévus pour la formation, contre 32.318 euros effectivement dépensés. La Chambre considère que ce faible niveau de dépenses n’est pas justifié.

Les recettes présentent également des écarts importants. Les montants prévus au titre de l’assistance technique et des contributions des membres sont régulièrement supérieurs aux sommes réellement encaissées, avec jusqu’à cinq millions d’euros d’écart en 2022. Depuis 2023, l’État et le Département ne versent plus leurs contributions statutaires.

Le GIPEAM dépend donc désormais presque entièrement de l’assistance technique de l’État. Celle-ci lui a rapporté 2,08 millions d’euros en 2023, 2,92 millions en 2024 et 2,26 millions en 2025. Des montants qui restent inférieurs aux prévisions. La Chambre estime toutefois que les recettes effectivement encaissées permettent de couvrir les dépenses du groupement. Un meilleur recouvrement lui donnerait aussi davantage de moyens pour former ses agents et accompagner les porteurs de projets.

Six recommandations pour renforcer le contrôle

Ces différentes observations aboutissent à six recommandations de la Chambre régionale des comptes. Elles portent notamment sur le contrôle interne, le suivi des demandes de subventions, l’adaptation des appels à projets aux capacités du tissu économique mahorais, le contrôle du temps de travail et la formation des agents.

Le rapport intervient alors que le GIPEAM continue d’assurer le suivi d’une enveloppe considérable à l’échelle de Mayotte. En 2024, les dépenses de personnel représentaient à elles seules 73 % de ses charges, soit environ 1,5 million d’euros. La formation ne représentait que 6 % des dépenses générales.

Le contrôle de la Chambre répond à une sollicitation effectuée par l’intermédiaire de la plateforme d’initiative citoyenne. Il met en lumière une situation à deux niveaux : le GIPEAM a contribué à rétablir la gestion des fonds européens après leur suspension, mais doit encore renforcer sa propre organisation pour sécuriser durablement cette mission.

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Le diplôme d’expert comptable : un levier pour renforcer la profession à Mayotte

Le diplôme d'expert comptable : un levier pour renforcer la profession à Mayotte

Si la profession d’expert-comptable peine encore à se développer à Mayotte, certains Mahorais, à l’image d’Akina Youssouf, parviennent à décrocher le prestigieux diplôme d’expert comptable après plusieurs années d’études en France hexagonale. Cette réussite, qui constitue l’aboutissement d’un parcours particulièrement exigeant, représente un bel espoir pour le territoire.

En 2025, selon le conseil national de l’ordre des experts comptables, on recensait 13 experts-comptables à Mayotte et 14 sociétés d’expertise comptable. Au sein des entreprises, ces professionnels jouent un rôle central : ils accompagnent dans la gestion financière, la recherche de financements et le pilotage des systèmes d’information. Ils conseillent les dirigeants dans leurs décisions stratégiques, qu’il s’agisse d’investissement, d’innovation ou encore de recrutement.

Akina Youssouf, 29 ans, originaire du centre de l’île, s’est lancé dans l’univers de la comptabilité il y a plusieurs années en intégrant la Toulouse School Management (TSM). Le 3 juillet dernier, il a eu l’immense satisfaction d’obtenir son diplôme d’expert comptable. Après une licence de gestion, avec une spécialisation en « Comptabilité, contrôle et audit », il intègre ensuite un master spécialisé en expertise comptable, contrôle et audit. Il a effectué un stage de 3 ans dans un cabinet d’expertise comptable, passé 3 épreuves dont la soutenance d’un mémoire consacré à “ l’accompagnement d’une start-up de la MEDTECH dans son passage à la phase d’industrialisation d’un dispositif médical innovant”. Ce long parcours lui a permis d’obtenir le précieux sésame.

Il réagit : « C’est avant tout un immense soulagement. Je suis très heureux et particulièrement fier du chemin parcouru. Le diplôme d’expertise comptable demande énormément de rigueur, de persévérance et de détermination. Pendant plusieurs années, il faut réussir à concilier une activité professionnelle à temps plein avec les études. Cela implique de nombreux sacrifices personnels, des soirées de travail, des week-ends de révision et parfois des nuits très courtes. Aujourd’hui, je savoure simplement cette réussite ».

Il nous fait également part de ce qui lui plaît le plus dans cette profession : « Ce que j’apprécie le plus, c’est d’accompagner les chefs d’entreprise dans leurs décisions et de trouver des solutions concrètes à leurs problématiques. L’expert-comptable est souvent le premier conseiller du dirigeant. Bien sûr, nous apportons une expertise en comptabilité, en fiscalité ou en gestion, mais notre rôle va bien au-delà : nous sommes aussi des partenaires de confiance qui accompagnent les entrepreneurs dans toutes les étapes de la vie de leur entreprise». Sa vision était déjà partagée par d’autres jeunes lors de l’assemblée générale de l’Ordre des experts-comptables de Mayotte en 2025.

Le nouveau titulaire du diplôme évoque également les défis auxquels Mayotte fait face : « Le territoire a besoin de davantage d’experts-comptables. Nous devons accompagner les entrepreneurs mahorais dans la structuration de leurs activités, favoriser la sortie de l’économie informelle et lutter contre l’exercice illégal de la profession. C’est un enjeu essentiel pour le développement économique de Mayotte ».  Dans un territoire insulaire où la rareté des experts-comptables demeure, les professionnels et futurs professionnels encouragent les jeunes à se tourner vers ce milieu, qui offre un marché vaste et des besoins constants.

Avec environ 22 000 experts-comptables en France, dont près de la moitié ont plus de 50 ans, Akina Youssouf estime que le renouvellement de la profession constitue un enjeu majeur dans les prochaines années. Actuellement, il exerce dans un cabinet à Toulouse qui accompagne des entrepreneurs mahorais depuis plusieurs années. Il s’est ainsi déjà familiarisé avec les spécificités du marché local. À terme, il souhaite revenir à Mayotte pour y créer son propre cabinet.

« Mon objectif est de mettre mes compétences au service du développement économique de Mayotte. J’aimerais créer un cabinet qui me ressemble, fondé sur la proximité, la disponibilité et un accompagnement de qualité. L’expert-comptable ne doit pas être seulement celui qui établit les comptes : il doit être un véritable copilote du chef d’entreprise. »

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Deuxième journée de la Semaine de la Sécurité des Patients au Centre Hospitalier de Mayotte

Deuxième journée de la Semaine de la Sécurité des Patients au Centre Hospitalier de Mayotte
Associations et infirmiers, prêt à accueillir le public Pour la sensibilisation de la maladie drépanocytose.

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Ce jeudi, la drépanocytose est mise à l’honneur au Centre Hospitalier de Mayotte. Une maladie encore peu connue du grand public sur le territoire, la drépanocytose reste un véritable enjeu de santé publique. À cette occasion, des associations et des infirmiers étaient présents pour informer et sensibiliser les personnes sur cette maladie génétique, ses symptômes, sa prise en charge et les moyens de mieux la comprendre.

Dans les stands installés pour l’occasion, associations et infirmiers sont présents pour accueillir les personnes venues s’informer sur la drépanocytose. L’objectif est de permettre au public de mieux connaître cette maladie génétique, souvent invisible aux yeux des autres. Parmi les associations présentes sur le territoire, Mayotte Drep’Action œuvre directement auprès des personnes atteintes de drépanocytose depuis 2015.

Leur combat est d’accompagner les malades afin de les aider à mieux accepter leur maladie, à sortir de l’isolement et à retrouver confiance en eux. Un accompagnement qui concerne également les familles, comme l’explique la présidente de l’association, Sayline Attoumani-Salime : “ L’objectif, c’était que les patients acceptent leur maladie, leur état d’être, mentalement et physiquement. Donc, on aide les patients à se confier, les écouter, et les parents qui ont des enfants patients, on est là pour les soutenir. On sait qu’en étant petit, ce n’est pas facile d’accepter la maladie, notamment face au harcèlement” explique-t-elle.

Le harcèlement constitue également une réalité à laquelle sont confrontées de nombreuses personnes atteintes de drépanocytose. Il peut survenir aussi bien dans le milieu scolaire que dans le monde professionnel, touchant aussi bien les enfants que les adultes. Sayline Attoumani-Salime témoigne de situations vécues par certains jeunes accompagnés par l’association : “ Par exemple, j’ai eu un parent qui m’a dit que sa fille s’isolait lorsqu’elle sortait de l’école. On la harcelait. Elle rentrait à la maison en pleurant, elle se renfermait toute seule. Et depuis qu’on a commencé à être en contact avec cette jeune fille, justement, elle a commencé à prendre confiance en elle, elle a commencé à ne plus se poser autant de questions. ”

Pour l’association, l’accompagnement et l’écoute jouent donc un rôle essentiel afin d’aider les personnes atteintes de drépanocytose à reprendre confiance en elles et à ne plus subir la maladie dans l’isolement. D’où la journée de sensibilisation d’aujourd’hui.

Mais au juste, qu’est-ce que la drépanocytose ?

“ On intervient sur la drépanocytose aujourd’hui parce qu’il y a d’autres maladies. La drépanocytose est une maladie génétique qui se transmet par les deux parents. ” souligne Irchade Hatubou SOUF, infirmier référent au centre de référence des maladies rares pour les patients adultes.

D’ailleurs, il souligne être actuellement le seul infirmier dédié à la prise en charge des patients atteints de drépanocytose. Une situation qui illustre les difficultés rencontrées par le Centre Hospitalier de Mayotte, confronté à un manque important de médecins et d’infirmiers, notamment dans ce domaine.

Comme indiqué au tout début, la drépanocytose est une maladie génétiquement transmissible par les deux parents. Chaque enfant reçoit un gène de son père et un gène de sa mère. Lorsque les deux parents sont porteurs du gène responsable de la drépanocytose, leur enfant peut hériter des deux copies du gène et être atteint de la maladie.

La drépanocytose peut être détectée dès les premiers jours de vie grâce au dépistage néonatal : “ À Mayotte, en France et à La Réunion, depuis 1992, on a rajouté un dépistage qui se fait au troisième jour de la naissance d’un enfant”, explique l’infirmier.

Lorsqu’un enfant naît sur le territoire français, ce dépistage est réalisé dans le cadre du dépistage néonatal. L’échantillon est ensuite analysé par le Centre national de dépistage néonatal, basé à Lille. Les résultats sont ensuite transmis au centre de dépistage de Mayotte, qui les communique aux infirmiers concernés.

Si les résultats sont positifs, les parents sont contactés et convoqués afin qu’une nouvelle prise de sang soit réalisée sur l’enfant. Cette analyse permet de confirmer ou non le diagnostic. Lorsque la maladie est confirmée, l’enfant bénéficie d’une prise en charge adaptée, avec des traitements spécifiques et un suivi médical régulier tout au long de sa vie.

Des solutions existent grâce aux progrès de la médecine

Chez une personne atteinte de drépanocytose, les globules rouges peuvent prendre une forme anormale, dite “ falciforme”, rappelant celle d’un croissant de lune ou d’une faucille. Contrairement aux globules rouges normaux, qui sont souples et arrondis, ces cellules déformées sont plus rigides et peuvent obstruer les petits vaisseaux sanguins.

Les patients doivent pouvoir bénéficier d’une prise en charge et d’un traitement le plus rapidement possible. Pour le docteur Chamouine, il est essentiel de réduire au maximum le délai entre l’apparition des premiers signes, le diagnostic et l’accès au traitement : “ Les patients ne doivent pas souffrir entre le moment où ils présentent des signes et celui où on leur annonce la maladie. Il faut réduire ce délai le plus tôt possible.”, souligne-t-il

Parmi les traitements et les soins proposés, la prise en charge de la douleur et des complications liées à la maladie occupe une place importante. La vaccination fait également partie du suivi médical. Ces soins sont notamment assurés à l’hôpital. Les patients peuvent aussi avoir accès à des thérapeutiques plus avancées, comme les échanges transfusionnels réalisés à l’aide d’une machine. Dans les situations les plus complexes, des traitements encore plus spécialisés existent, notamment la greffe de moelle osseuse, qui peut être envisagée chez certains patients.

La greffe de moelle osseuse est principalement réalisée dans les centres spécialisés du territoire national. À Mayotte, le Centre Hospitalier œuvre pour que les patients qui peuvent en bénéficier puissent accéder à cette prise en charge spécialisée. Lorsqu’elle est possible et qu’elle réussit, la greffe de moelle osseuse peut permettre de guérir durablement la drépanocytose chez certains patients : “ On a près de 500 patients, adultes et enfants. Depuis 2016, on a greffé entre 10 et 12 patients parmi ceux qui vivent à Mayotte”, rassure le médecin.

La médecine traditionnelle mahoraise veut dialoguer avec la science

La médecine traditionnelle mahoraise veut dialoguer avec la science
À Mayotte, le premier colloque sur la médecine traditionnelle veut préserver les savoirs des fundis et créer des passerelles entre ces pratiques ancestrales, la médecine conventionnelle et la recherche universitaire.

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Plus d’une centaine de personnes, parmi lesquelles des encadrants, des professionnels de santé et des acteurs du territoire, se sont réunies ce jeudi 17 septembre à la Technopole de Dembéni pour le premier colloque consacré à la médecine traditionnelle à Mayotte. Organisée dans le cadre de Yatru Malalo, avec l’Université de Mayotte, la FMAE et le CCEEM, cette rencontre met en lumière des savoirs transmis de génération en génération et entend favoriser le dialogue avec le monde médical et universitaire.

« On ne parle pas simplement de plantes et de remèdes. On parle d’une partie de notre histoire et de notre identité. » Pour M’lamali Enrchidine, chargé de la Vie économique, du Commerce, de l’Agriculture, de l’Attractivité et du Numérique au sein de la municipalité de Dembeni, la médecine traditionnelle constitue un véritable patrimoine vivant.

À Mayotte, qui n’a jamais vu préparer des feuilles ou utiliser une plante pour soulager un mal ? Ces pratiques, transmises essentiellement à l’oral, font partie de la mémoire de nombreuses familles. Mais ce savoir-faire est aujourd’hui fragilisé par l’évolution des modes de vie et la diminution de sa transmission naturelle.

« Ce savoir, transmis pendant des générations, est aujourd’hui fragilisé. La transmission naturelle se fait de moins en moins », souligne M’lamali Enrchidine.

Préserver le savoir des fundis

Au cœur de cette mémoire se trouvent les fundis, ces praticiens et détenteurs de connaissances traditionnelles. Leur savoir repose sur l’expérience, l’observation et une transmission de génération en génération.

Pour Abal-Kassim Cheik Ahamed, président de l’Université de Mayotte, l’urgence est désormais de préserver ces connaissances. « Il ne faut pas oublier que nous ne sommes pas éternels. D’ici 50 ans, certains de ces savoirs peuvent avoir disparu. Il faut les préserver, les mettre en valeur, les répertorier et les cartographier. » Cette démarche vise également à mieux comprendre les pratiques, notamment l’utilisation des plantes, leurs dosages et leurs éventuelles interactions avec les traitements médicaux.

« Il faut qu’on puisse se poser la question des dosages. Des médecins expliquent que lorsque certains patients arrivent à l’hôpital, ils ont déjà dans leur organisme des molécules qui peuvent interagir avec d’autres. On doit faire mieux et aller plus loin pour que les deux puissent se rencontrer », explique le président de l’Université.

Créer des ponts plutôt que des oppositions

Pour les acteurs du projet, l’enjeu n’est pas d’opposer médecine traditionnelle et médecine conventionnelle. « Il ne s’agit pas d’opposer la médecine traditionnelle à la médecine scientifique, mais de créer des ponts entre les deux », affirme M’lamali Enrchidine. La réflexion s’inscrit dans une approche de « bioculture », qui associe biodiversité, pratiques et cultures. Ces savoirs sont également liés à l’histoire de Mayotte et aux différentes vagues de peuplement de l’île, notamment aux influences swahilies. L’Université entend prendre sa part dans cette transmission. « Il est révolu le temps où l’on pouvait faire de la science sans la société. Au final, c’est la société qui doit mettre en œuvre les connaissances », estime Abal-Kassim Cheik Ahamed.

Un Diplôme Universitaire Yatru Malalo en 2027

Au cours de son discours, le président de l’Université de Mayotte, Abal-Kassim Cheik Ahamed, a annoncé une nouvelle étape dans cette démarche avec la création du Diplome Universitaire Yatru Malalo, prévue pour la rentrée de septembre 2027. Une annonce qui intervient après l’obtention d’une labellisation avant le passage du cyclone Chido. L’objectif de cette formation sera de rapprocher les fundis, les chercheurs, les étudiants, les professionnels de santé et les différents acteurs du territoire. « Il faut mettre autour d’une même table ceux qui savent, ceux qui pratiquent, ceux qui étudient et ceux qui transmettent », résume Abal-Kassim Cheik Ahamed.

Un retard préjudiciable au patrimoine bâti des collectivités locales

Un retard préjudiciable au patrimoine bâti des collectivités locales

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À bientôt deux ans de l’anniversaire du cyclone Chido, qui a frappé Mayotte le 14 décembre 2024, les stigmates de cet événement climatique dramatique demeurent encore intacts sur le territoire. Nombreux sont les bâtiments publics du territoire qui paient le prix de l’inertie de l’établissement public chargé de la Refondation de Mayotte. À l’approche d’une nouvelle saison des pluies, les citoyens s’inquiètent de l’état de dégradation des bâtiments emblématiques du territoire.

La « Refondation » de Mayotte post-Chido ne doit pas être seulement physique : les mentalités aussi ont pris un sérieux coup de massue en vingt ans et méritent un sacré coup de ménage. L’impression que procurent les bâtiments publics dans les différentes collectivités territoriales et locales mahoraises est celle d’un grand « bordel » organisé dans les feutrés bureaux d’études et autres cabinets d’architecture détenteurs de ces marchés publics.

Force est de constater, en effet, qu’une bonne partie des ouvrages réalisés sur l’île au cours des deux dernières décennies manque d’âme et de « local touch », pour ne pas dire tout bonnement d’originalité. Mayotte, la franco-européenne, placée sous un matraquage constant de normes diverses, est en train de perdre ses repères classiques en matière d’architecture.

Si ce n’était la taille de certains bâtiments, on aurait du mal à les distinguer des projets de construction privés. Parce qu’ils sont le fruit de l’imagination débordante, des goûts et des couleurs de leurs commanditaires, ceux-ci échappent à la norme ambiante du bas de gamme et du manque d’originalité qui frappe l’île depuis le début des années 2000.

Le grand paradoxe dans cette démarche, c’est que leurs coûts n’ont jamais été aussi exorbitants, de mémoire de Mahoraises et de Mahorais. Un élément particulièrement important que ne semble malheureusement pas avoir relevé la Chambre régionale des comptes (CRC) dans ses observations pourtant très affinées.

Comme pour d’autres domaines sur l’île, le cyclone Chido est passé par là et a tout déshabillé. « Toutes les anomalies sont apparues au grand jour, et nul ne peut nier les défaillances constatées, qu’elles relèvent d’études techniques mal ficelées, de montages de dossiers administratifs et financiers ou encore de conditions de réalisation pas toujours respectueuses des cahiers des charges », note Hamada Daou, qui assistait hier, jeudi 16 septembre 2026, à la Technopole de Dembéni, à une rencontre consacrée aux plantes médicinales mahoraises.

Ils auraient pu se donner la peine de recouvrir les parties de la toiture soufflées par Chido

Son regard n’arrivait pas à se détacher de ce majestueux bâtiment perché sur les hauteurs de Dembéni, visible à l’œil nu de très loin. Une partie de la toiture, recouverte d’une toile blanche, se détériore très sensiblement, laissant la charpente en bois et en métal livrée à une usure accélérée sous les effets prolongés de l’air marin, du soleil et de la pluie, caractéristiques d’un territoire insulaire.

Abdallah Hamidou, un entrepreneur présent à cet événement, a suivi les observations soulevées par Hamada Daou.

« Tout fout le camp, il y a un vrai problème dans cet endroit. Malheureusement, il en est de même ailleurs, dans d’autres collectivités locales. On construit des bâtiments coûteux sans avoir le souci de les transmettre en bon état aux générations futures. Il n’existe aucun budget d’entretien ni de protection contre les éléments naturels. Il a fallu que Chido s’abatte sur l’archipel pour qu’on se rende compte qu’il fallait faire assurer ces bâtiments. Et vu que cela n’a pas été le cas, ils pourrissent petit à petit, d’année en année, dans une indifférence générale. »

C’est que l’argent se fait rare dans les caisses de nos collectivités et que le mirage des 4 milliards d’euros promis par la loi de juillet 2025 sur la Refondation de Mayotte risque de se faire très longuement désirer avant que les Mahorais ne réussissent un jour à en voir la couleur.

« C’est tout le patrimoine bâti de notre île qui se trouve aujourd’hui en danger. Là, les services techniques départementaux auraient pu faire l’effort de recouvrir d’une bâche les parties les plus exposées aux intempéries. Combien coûtera le fait de tout refaire dans deux ou trois ans, lorsque quelqu’un, en haut lieu, aura enfin pris la mesure de ce grand gâchis ? », revient à la charge Hamada Daou.

Au-delà de ces observations de citoyens ordinaires, comme ils se définissent tous les trois, ils s’accordent sur un point essentiel : la remise en cause de la logique de construction et d’aménagement qui prévaut actuellement sur le territoire.

Le festival de la baleine revient pour une 2ème édition ce samedi

Le festival de la baleine revient pour une 2ème édition ce samedi

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La deuxième édition du Mugumbe Festival, organisé par l’association Ceta’Maore, se tiendra ce samedi 19 septembre en Petite-Terre. Une dizaine de stands investiront la plage du Faré pour faire découvrir au public les baleines à bosse, mais également les autres mammifères et espèces marines qui peuplent les eaux mahoraises. La journée s’achèvera par deux conférences à l’école de voile de l’ACHM.

Rendre hommage aux baleines, mieux les connaître et, plus largement, sensibiliser à la richesse de la biodiversité marine mahoraise : tel est l’objectif de cette deuxième édition du Festival de la Baleine. De 13h à 17h, une dizaine d’acteurs locaux accueilleront le public sur la plage du Faré autour de stands et d’animations.

« Nous voulons apporter davantage de connaissances au public sur les baleines, mais aussi sur les autres mammifères marins », explique Clara Urfer, coordinatrice des projets pédagogiques de Ceta’Maore et titulaire d’un master 2 de biologie marine spécialisé en écologie marine tropicale.

Le choix du Faré répond d’abord à des considérations logistiques, l’association étant basée en Petite-Terre. Mais il présente aussi un autre intérêt : toucher des personnes qui ne seraient pas spontanément venues à un festival consacré aux cétacés. « Ce sont encore surtout les Mzungu qui viennent à ce type d’événements. Sur la plage, des familles mahoraises, venues pour autre chose, voient les stands et s’approchent par curiosité. Cela permet d’éveiller leur intérêt », souligne-t-elle.

DES DUGONGS AUX RAIES EN PASSANT PAR… LA QUALITÉ DE L’AIR

Les Naturalistes parleront ainsi des dugongs, particulièrement menacés à Mayotte, tandis que l’association Bahari présentera les raies et notamment leur photo-identification, qui repose sur un principe similaire à celui utilisé pour reconnaître individuellement les baleines. Hawa abordera un lien moins connu entre les grands cétacés et le climat : au cours de leur vie, les baleines contribuent au stockage du carbone, dont une partie peut être séquestrée dans les fonds océaniques après leur mort. L’association proposera également des mesures de qualité de l’air.

Paterson Koffi, professeur d’arts plastiques au collège de Koungou et originaire de Côte d’Ivoire, participera lui aussi au festival. Ses dessins monumentaux réalisés directement dans le sable, dont une baleine qui avait attiré l’attention de Ceta’Maore, devraient permettre d’aborder le sujet sous un angle plus artistique.

Quant aux baleines actuellement présentes dans les eaux mahoraises, elles semblent bénéficier d’un comportement plutôt respectueux de la part des observateurs. « On peut toujours mieux faire, mais globalement la charte d’approche des mammifères marins est plutôt bien respectée à Mayotte », estime Clara Urfer. Ceta’Maore et le Parc naturel marin rappellent notamment ses règles au début de chaque saison.

UNE « AILE INTELLIGENTE » POUR OBSERVER LA MÉGAFAUNE

À partir de 19h, le festival se déplacera à l’école de voile de l’Association des croiseurs hauturiers de Mayotte (ACHM). Des scientifiques de Ceta’Maore présenteront les baleines à bosse de Mayotte et de l’océan Indien. Laura Mannocci, biologiste marine au laboratoire MARBEC, présentera quant à elle SMART-WING, un projet de suivi automatisé de la mégafaune marine à l’aide d’une « aile intelligente ». Encore en phase de développement, ce dispositif aérien doit permettre de photographier et repérer de grands animaux marins, des baleines aux raies manta, tortues ou dugongs, afin de faciliter leur suivi scientifique.

La sensibilisation se poursuivra dimanche avec une nouvelle journée d’observation des baleines depuis la côte, au mont Chiconi en Grande-Terre et au lac Dziani en Petite-Terre. Une manière de compléter les observations réalisées en mer, mais aussi de permettre à ceux qui ne peuvent pas s’offrir une sortie en bateau de profiter eux aussi de la saison des baleines.

Festival de la Baleine, samedi 19 septembre, de 13h à 17h sur la plage du Faré, puis conférences à l’ACHM en soirée. Gratuit et ouvert à tous.

Mounawar en concert samedi au M’Haju : un avant-goût de son prochain album

Mounawar en concert samedi au M’Haju : un avant-goût de son prochain album

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L’artiste anjouanais installé à La Réunion se produira ce samedi 19 septembre à 20 h au M’Haju, à Musical Plage, à la sortie sud de Bandrélé. Organisé par l’association Hippocampus, le concert permettra notamment au public mahorais de découvrir les morceaux de son prochain album, dont l’enregistrement doit débuter en octobre.

Difficile de faire entrer Mounawar dans une case, et ce n’est d’ailleurs pas lui qui s’y risquerait. « Je fais de la musique, tout simplement », répond l’auteur-compositeur-interprète lorsqu’on lui demande de définir son style. Rock, pop, afro, funk, world music, jusqu’à l’électro : ses morceaux empruntent à plusieurs univers, sur une base nourrie notamment par le mgodro et les rythmes comoriens. « Les étiquettes, ce sont surtout les autres qui veulent les mettre », sourit-il.

Samedi soir, il sera accompagné de son batteur ainsi que de son ingénieur du son, qui troquera ponctuellement sa console contre un saxophone sur deux morceaux. Le concert devrait durer entre une heure et une heure trente, mais pourrait se prolonger jusqu’à deux heures. Tout dépendra de l’ambiance au sein du public !

Un concert qui se construit avec le public

Car chez Mounawar, une partie du spectacle se décide sur le moment. L’artiste aime improviser, modifier ses morceaux et intégrer ses musiciens au gré de l’ambiance. Si le public répond présent, le concert s’allonge. S’il est plus sage, il sera plus court. Une façon de travailler qui lui permet aussi de tester les titres avant leur passage en studio.

Et ceux présentés samedi sont presque tous inédits : 99 % des morceaux joués devraient figurer sur son futur album. Après plusieurs concerts, Mounawar et ses musiciens entreront en studio en octobre. La sortie du disque est espérée d’ici à la fin de l’année, sans date arrêtée pour le moment.

Une trajectoire internationale

Né à Anjouan d’une mère malgache, Mounawar y a vécu jusqu’au baccalauréat avant de partir en métropole pour suivre des études de droit. Installé depuis environ 25 ans à La Réunion, il a finalement choisi de se consacrer entièrement à la musique. Une carrière qu’il mène sur plusieurs fronts : concerts, bandes originales de documentaires, mais aussi créations mêlant musique et image, notamment des BD-concerts. Il travaille également avec une compagnie belge de marionnettes, auprès de laquelle il passe environ deux mois par an.

Son parcours l’a conduit sur des scènes de l’océan Indien, d’Afrique, d’Europe et d’Asie. Les festivals constituent, dit-il, sa « carte de visite ». À Taïwan, l’an dernier, il s’est ainsi produit devant environ 10 000 personnes. D’autres tournées sont déjà envisagées, notamment aux États-Unis, en Corée du Sud et au Japon, ainsi qu’aux Comores l’année prochaine.

Il est déjà venu jouer plusieurs fois à Mayotte et a notamment collaboré avec des artistes comme M’Toro Chamou et Eliasse. Mounawar préfère cependant ne pas trop en dire sur la suite de son séjour. Quelques surprises sont prévues après le concert du M’Haju, mais restent pour l’instant… mystérieuses ! Un qualificatif qui lui convient plutôt bien : « J’aime mon côté mystérieux et mystique », nous confie-t-il.

Le concert débutera samedi 19 septembre à 20 h au M’Haju, bar-restaurant situé à Musical Plage, à la sortie sud de Bandrélé. Entrée : 10 euros, gratuite pour les moins de 18 ans. Restauration et buvette sur place.

Comores : la vidéo d’un enfant violenté pour vol présumé crée un tollé

Comores : la vidéo d’un enfant violenté pour vol présumé crée un tollé
* image d'illustration générée par ia

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Alors qu’il essayait de mettre les mains sur les joues pour se protéger des claques qu’il recevait, le petit a fini par avouer s’être introduit dans la voiture pour chercher de l’argent. L’auteur de la violence se trouve entre les mains de la justice.

La scène est partout sur les réseaux sociaux. Mise en ligne lundi soir, la vidéo d’un enfant violenté après avoir été surpris dans une voiture tourne encore en boucle. Le gamin, âgé d’au moins 12 ans, serait originaire d’une ville du nord de la Grande Comore. On ne sait pas en revanche à quand remonte la vidéo dans laquelle, on voit un adulte, qui s’avère être le chauffeur du bus se déchaîner sur lui.  » Que faisais-tu dans ma voiture « , lui demande d’abord. Quand l’enfant essayait de répondre, il recevait des claques d’une violence inouïe surtout au moment où il a avoué s’être introduit pour rechercher de l’argent.  » Je n’ai rien pris« , jure-t-il ce qui n’empêche pas son agresseur de mettre ses mains dans le coin de la portière en fermant la porte, pendant que l’ami qui tenait le smartphone filmait le tout en rigolant alors que le petit criait et pleurait. Aux dernières nouvelles, l’auteur de ces actes, qui portait un caleçon se trouvait encore entre les mains de la justice, d’après le délégué aux droits de l’homme. Ce dernier a révélé dans une vidéo que le ministère de l’Intérieur est à l’origine de la plainte qui a abouti à l’arrestation de l’automobiliste, dont on ne connait pas encore les chefs d’inculpation le visant. Contacté, le parquet de Moroni n’avait réagi tout de suite. Mais l’acte a suscité une vague de réactions mitigées.

D’un côté les condamnations de la violence subie par le petit, de l’autre ceux qui estiment qu’il méritait une correction car il ne serait pas à son premier coup essai. Une victime a confié à Flash infos que ce petit, très connu dans la région, avait dérobé avec deux acolytes 3000 euros, l’été dernier. « Je rentrais à la maison et depuis le portail j’entends les pleurs de ma mère. J’ai couru car je pensais qu’elle était gravement tombée toilettes. Et là, je la découvre dans son salon, je vois le chaos dans le salon, elle m’explique, s’être fait cambrioler. Mais le pire c’est que les cambrioleurs avaient préparé un couteau qu’elle m’a montré au cas où elle serait rentrée à ce moment-là« , a raconté notre source, actuellement résidant à Mayotte. Le petit a fini par tout avouer et l’argent a été retrouvé chez lui.

Torture physique et des précédents

« Mais qu’importe, il ne méritait pas ces punitions. On ne peut pas se faire justice soi-même. C’était de la torture psychologique et physique. Nous ne pouvons que condamner ce qui s’est passé sur la vidéo car le pays a signé des conventions internationales contre la torture« , a déclaré, le Délégué aux droits de l’homme auprès du ministère de la Justice, Youssouf Ismaël, dans une émission accordée à des médias sociaux, mercredi. La commission nationale des droits de l’homme et des libertés (Cndhl) est également montée au créneau. « La Cndhl condamne fermement toute forme de violence ou de maltraitance à l’égard des enfants. Quelle que soit la faute éventuellement commise par un mineur, nul ne peut se faire justice lui-même ni recourir à la violence. La Commission appelle les autorités judiciaires compétentes à ouvrir une enquête afin d’établir les faits et de déterminer les responsabilités conformément à la loi« , précise-t-elle, dans son communiqué daté du 14 septembre. L’ancien ministre de la justice et avocat, Maitre Fahmi Said Ibrahim, a lui aussi pris position.  » Nous avons des enfants du même âge que lui donc nous sommes révoltés d’autant qu’ils ont filmé. Mais on doit se poser des questions sur l’éducation dans notre pays. Comment un enfant de 12 ans s’est-il permis de rentrer dans une voiture le soir. Il y a un laisser-aller« , a fait remarquer Fahmi. Dans une conférence de presse organisée, hier, la ministre de l’information chargée du genre a appelé la population à se mobiliser pour la protection des enfants et des personnes vulnérables invitant les Comoriens à laisser la justice faire son travail.

Absence de norme éducative

La ministre Fatima Ahamada a surtout insisté sur l’importance de veiller sur l’éducation des enfants. En effet, la fuite de cette vidéo a relancé un débat sur la méthode d’éducation à adopter de nos jours. Certains pensent que les sanctions parfois corporelles infligées par les parents à une époque lointaine, ont permis à de nombreuses générations d’être des personnalités respectables aujourd’hui. Un avis que le Docteur en sociologie Mistoihi Abdillahi ne partage pas forcement.  » Les nouvelles générations ne se sont pas égarées parce qu’on leur donne trop de liberté, mais parce qu’on leur offre une liberté sans repères. Et chez nous, une liberté importée sans racines, sans cadre, ce n’est pas de l’éducation, c’est de l’abandon« , tranche, le sociologue qui note que notre génération et celles qui nous ont précédées ne sont pas des modèles non plus.  « Combien de crimes, de viols ou autres actes de délinquances sont commis par ces dernières« , questionne-t-il. Selon toujours le Docteur Mistoihi, l’ancienne génération n’a pas été redressée grâce aux coups de ceinture, mais le cadre.  » Avant, la sanction était collective et cohérente. Aux Comores, c’était le modèle africain et musulman entre les parents, l’enseignant de l’école coranique, voisin, famille entre autres. L’enfant intériorisait une norme forte. Le coup n’était que l’outil visible d’un contrôle social très dense. Aujourd’hui nous avons a enlevé l’outil de châtiment corporel – sous l’effet du modèle occidental ramené par l’émigration et Facebook. C’est une avancée de la civilisation des mœurs, mais on n’a pas remplacé le cadre« , regrette Mistoihi selon qui on a délégitimé l’ancien modèle sans installer le nouveau.  » On est passé de l’autoritarisme à l’absence d’autorité. Or l’enfant a besoin d’autorité notamment règles claires, collectives, prévisibles – pas d’autoritarisme« , dit-il.

Heures supplémentaires, SMUR : des avancées pour les brancardiers du CHM

Heures supplémentaires, SMUR : des avancées pour les brancardiers du CHM

Au troisième jour de grève des brancardiers et ambulanciers du Centre hospitalier de Mayotte (CHM), ce mardi 15 septembre, les discussions avec la direction auraient permis plusieurs avancées, selon des représentants postés devant les urgences de l’établissement. Les échanges portent notamment sur la reconnaissance et la rémunération des heures supplémentaires, ainsi que sur les interventions du SMUR.

Le service des transports sanitaires devrait notamment être reconnu comme un “service en tension”, tandis que des renforts d’effectifs sont annoncés pour permettre aux agents de récupérer une partie des nombreuses heures accumulées. À partir du 1er janvier 2027, les ambulanciers ne devraient par ailleurs plus intervenir seuls sur les situations graves relevant du SMUR, avec un accompagnement prévu par un médecin ou un infirmier.

Des points restent toutefois en suspens, notamment concernant les heures accumulées lors des barrages de 2024 et après Chido, les retours à domicile et les missions effectuées à la morgue. Pour le moment, la grève n’est pas officiellement terminée.

La gastro-entérite en hausse à Mayotte

La gastro-entérite en hausse à Mayotte

La gastro-entérite est entrée dans une phase épidémique à Mayotte, selon Santé publique France, dans son bulletin publié le 14 septembre 2026. Du 31 août au 6 septembre, 16 enfants de moins de 5 ans ont été pris en charge aux urgences du CHM pour une gastro-entérite, contre 9 la semaine précédente. Quatre ont été hospitalisés. Les analyses ont également détecté 12 cas de rotavirus A, contre 9 la semaine précédente. Le paludisme reste également présent. Santé publique France fait état de 6 nouveaux cas durant la semaine étudiée, tous contractés à l’extérieur de Mayotte. Depuis janvier, 349 cas ont été recensés, dont 76 contractés localement. Enfin, la grippe A(H1) continue de circuler avec 6 cas détectés durant la semaine. Les urgences ont aussi enregistré 5 passages pour bronchiolite chez les enfants de moins de 2 ans.

Le Département-Région présente son programme des Journées du patrimoine

Le Département-Région présente son programme des Journées du patrimoine

Le Département-Région de Mayotte présentera, vendredi 18 septembre, la programmation des Journées européennes du patrimoine 2026. Le lancement officiel se déroulera de 8h30 à 12h, à l’Hémicycle Younoussa Bamana, en partenariat avec les acteurs culturels et patrimoniaux du territoire. La matinée sera consacrée à plusieurs temps d’échanges et tables rondes autour du patrimoine vivant, des usages du Musée de Mayotte (MuMA) et de la sauvegarde des archives. Les Journées européennes du patrimoine se poursuivront jusqu’au dimanche 20 septembre avec des rendez-vous gratuits dans plusieurs communes de l’île, notamment à Dzaoudzi, Bandraboua et Mamoudzou. Au programme : visites patrimoniales, ateliers, expositions, parcours en famille et découverte de sites historiques.

Acoua et Mamoudzou renforcent leur coopération

Acoua et Mamoudzou renforcent leur coopération

Les maires d’Acoua et de Mamoudzou signeront, ce jeudi 17 septembre 2026, une convention de partenariat visant à favoriser le partage de compétences entre les deux collectivités. Cette signature sera suivie de celle d’une convention entre l’Association des maires de Mayotte et le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT). La cérémonie se tiendra à partir de 9 heures, à l’Hôtel de Ville d’Acoua.

Mamoudzou, Maputo et La Réunion s’unissent pour protéger leurs littoraux

Mamoudzou, Maputo et La Réunion s’unissent pour protéger leurs littoraux

Érosion, submersion marine, montée du niveau de la mer : les littoraux de l’océan Indien sont soumis à des pressions croissantes. Le programme LITOR’OI entend mieux comprendre ces évolutions pour adapter les aménagements et protéger les populations.

La Ville de Mamoudzou, la Ville de Maputo au Mozambique et la Région Réunion ont lancé mercredi 16 septembre le programme LITOR’OI, pour “Littoraux, Observation et Résilience – Océan Indien”. Pendant trois ans, les trois territoires vont travailler ensemble pour “observer, comprendre et aménager durablement leurs littoraux”, indique un communiqué conjoint des trois partenaires.

Mayotte, le Mozambique et La Réunion présentent des situations différentes, mais sont tous confrontés à plusieurs problématiques communes dont l’érosion du littoral, la submersion marine, la montée du niveau de la mer, la dégradation des mangroves et des récifs, mais aussi la pression démographique et l’artificialisation des espaces côtiers avec, “au bout de la chaîne”, la fragilisation de l’accès des populations aux ressources littorales.

“À Mamoudzou, le cyclone Chido a mis à nu la vulnérabilité d’un front de mer densément occupé, aujourd’hui au cœur de la reconstruction de la ville. À Maputo, la baie concentre érosion active, usages populaires intenses et mangroves à restaurer. À La Réunion, la Région et le Territoire de l’Ouest (TCO) conduisent depuis plusieurs années des démarches de gestion du trait de côte dont les enseignements sont directement mobilisables par leurs partenaires”, poursuit le communiqué. “C’est de cette diversité que LITOR’OI entend tirer des connaissances et des outils transférables, utiles bien au-delà des trois territoires”.

Le programme dispose d’un budget de 200.000 euros, dont 140.000 euros financés par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, “au titre de la première édition de l’appel à projets « Aménagement durable du littoral », l’une des traductions opérationnelles de la coalition Ocean Rise & Coastal Resilience, lancée à Nice lors de la troisième Conférence des Nations unies sur l’Océan”.

La Ville de Mamoudzou en assure le pilotage, tandis que le réseau régional multi-acteurs SHAMA coordonne le programme avec une dizaine de collectivités, universités, associations et experts des trois territoires.

Des données communes pour suivre le littoral

LITOR’OI prévoit la mise en place d’un cadre commun d’observation. Les partenaires vont partager leurs données cartographiques et utiliser des indicateurs communs pour suivre l’évolution du trait de côte.

Deux cents enquêtes seront menées auprès des habitants et des usagers, à parts égales entre Mamoudzou et Maputo. Elles doivent permettre de mieux connaître leurs perceptions des évolutions du littoral et des solutions d’aménagement.

Le programme prévoit également cinq webinaires régionaux, des formations pour les agents de la Ville de Mamoudzou et les leaders communautaires de Maputo, ainsi qu’un séminaire de terrain à Maputo en 2027.

Mamoudzou, Maputo et La Réunion s’unissent pour protéger leurs littoraux

Les habitants et les scolaires mobilisés

Une partie du programme concerne directement la mobilisation des habitants et des scolaires. Au total, 310 élèves seront impliqués, notamment à travers des aires marines éducatives.

À Maputo, 7.500 plants de mangrove doivent être mis en terre, avec un objectif de survie supérieur à 75 %. Des opérations de nettoyage du littoral sont également prévues, ainsi qu’un concours photographique ouvert aux habitants des trois territoires.

L’ensemble des travaux doit aboutir à cinq fiches-actions destinées à être transférées à d’autres territoires confrontés à des problématiques similaires.

Pour le maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaïla, la situation créée par le cyclone Chido impose de revoir la manière d’aménager le littoral. “Après Chido, nous ne pouvons plus reconstruire comme avant : il nous faut décider à partir de données, d’expériences comparées et de la parole des habitants”.

Un travail scientifique entre Mayotte et le Mozambique

La démarche scientifique est portée par l’Université de Mayotte et l’Université Eduardo Mondlane de Maputo, avec l’appui de Vincent Robin, maître de conférences HDR à l’Université de Bordeaux et spécialiste de géomorphologie côtière.

L’objectif est notamment de croiser les données environnementales avec les perceptions des populations. Pour Georgeta Stoica, maître de conférences en anthropologie à l’Université de Mayotte, le projet doit permettre de mieux comprendre les dynamiques sociales et environnementales des territoires côtiers et de renforcer les échanges entre les acteurs de la région.

Ce jeudi 17 septembre, une table ronde publique intitulée “Nos littoraux face au changement climatique : observer, comprendre et agir ensemble” se tiendra de 14 h 30 à 17 h 30 à l’Université de Mayotte, à Dembéni. L’entrée est libre, avec une traduction simultanée français-portugais.

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À Coconi, élus, chercheurs et services de l’État réunis pour mieux anticiper les risques climatiques

À Coconi, élus, chercheurs et services de l’État réunis pour mieux anticiper les risques climatiques
Autour de l’aéroport et de l’usine de dessalement de Petite-Terre, les évolutions du littoral observées ces dernières années illustrent déjà concrètement les défis auxquels le territoire doit se préparer.

Réunis au PER de Coconi, élus, cadres territoriaux, chercheurs et associations ont échangé sur l’adaptation de Mayotte face aux risques naturels. Les débats ont porté sur le recul du trait de côte, la submersion marine, les glissements de terrain, les séismes et les effets du changement climatique. Les participants ont également insisté sur la nécessité de mieux informer la population et d’intégrer les risques dans l’urbanisme, notamment pour les logements situés en zones exposées.

À Mayotte, les risques naturels font partie du quotidien. Cyclones, inondations, glissements de terrain, séismes, feux de forêt ou encore phénomènes liés au littoral peuvent affecter directement les habitants, les infrastructures et les services publics. Dans un territoire soumis à une forte pression foncière, le changement climatique vient ajouter une nouvelle dimension à ces problématiques.

Organisée par la délégation Mayotte du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT), en partenariat avec l’Université de Mayotte et l’Association française pour la prévention des catastrophes naturelles et technologiques (AFPCNT), la conférence-débat avait pour objectif de rapprocher les connaissances scientifiques des réalités rencontrées par les collectivités.

Le littoral et l’aménagement sous surveillance

Les échanges ont notamment porté sur les risques littoraux et leurs conséquences sur les choix d’aménagement. Une partie importante des équipements et des activités de Mayotte se concentre sur le littoral, alors que certains secteurs sont exposés à la submersion marine ou au recul du trait de côte.

Pour les acteurs réunis à Coconi, ces enjeux doivent davantage être intégrés dans les décisions d’urbanisme et les futurs projets. Une nécessité qui prend une importance particulière alors que Mayotte doit parallèlement répondre à d’importants besoins en logements et en équipements.

La distinction entre aléa et risque a également été rappelée. L’aléa désigne la probabilité et l’intensité d’un phénomène naturel. Le risque dépend, lui, de l’exposition des populations et des biens. Une différence essentielle dans un territoire où certains logements sont implantés dans des secteurs exposés.

Mieux informer pour mieux se préparer

La prévention passe aussi par une meilleure connaissance des risques. Un portail consacré aux risques naturels à Mayotte a ainsi été présenté. Porté par l’Agence d’urbanisme, il doit permettre de centraliser les données disponibles et de faciliter leur accès, notamment à l’échelle d’une parcelle.

Le portail « Risques naturels Mayotte » rassemble des informations sur les principaux aléas auxquels l’archipel est confronté. L’objectif est de fournir aux habitants comme aux professionnels des outils permettant de mieux intégrer ces risques dans les projets d’aménagement.

La sensibilisation constitue également un axe important. Depuis 2022, la Journée nationale de la résilience vise à développer la connaissance des risques et à préparer les populations aux catastrophes. À Mayotte, l’AFPCNT et la DEALM poursuivent cette démarche en 2026 avec « Namje Rilagwe Zi Hatwari », ainsi que des actions en milieu scolaire et une caravane de sensibilisation.

Au-delà de la seule connaissance scientifique, la rencontre de Coconi a surtout souligné la nécessité d’un travail collectif. Collectivités, services de l’État, chercheurs, associations et habitants sont appelés à mieux coordonner leurs actions pour faire face aux risques actuels et futurs.

À l’horizon 2050, la question restera entière : comment continuer à aménager Mayotte et répondre aux besoins de sa population tout en évitant d’accroître son exposition aux risques naturels ?

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Diabète à Mayotte : une journée de sensibilisation pour mieux prévenir la maladie

Diabète à Mayotte : une journée de sensibilisation pour mieux prévenir la maladie

À l’occasion de la Semaine de la Sécurité des Patients, qui a commencé le 14 septembre, le Centre hospitalier de Mayotte s’est mobilisé ce mercredi autour des maladies chroniques. Pour cette journée, le diabète était particulièrement à l’honneur. Une pathologie qui touche une majorité de la population mahoraise et qui constitue un véritable enjeu de santé publique sur le territoire. Au programme, il y’avait la sensibilisation et la prévention autour du diabète. L’objectif était notamment de mieux faire connaître les risques et les moyens de prévenir la maladie.

Une mobilisation qui vise ainsi à encourager chacun à adopter, le plus tôt possible, de bonnes habitudes pour préserver sa santé et réduire les risques liés au diabète : “ l’objectif, c’est justement d’inviter tous les professionnels de santé qui interviennent dans ce circuit à venir présenter leur rôle et échanger avec les patients et leur entourage sur cette maladie”, explique un travailleur du CHM.

À cette occasion, le Centre hospitalier de Mayotte a également convié l’association Rédiab Ylang 976, qui œuvre au quotidien pour sensibiliser la population au diabète et mieux informer sur les risques liés à cette maladie. Une matinée de sensibilisation qui s’est déroulée de 9 heures à 12 heures, avec des échanges et des informations destinés aux patients, mais aussi au grand public.

La Semaine de la sécurité des patients, qui a débuté ce mercredi, s’achève ce jeudi sur le territoire. Pour cette dernière journée, les échanges seront consacrés aux maladies avancées ainsi qu’à la drépanocytose.

Diabète à Mayotte : une journée de sensibilisation pour mieux prévenir la maladie

Comment s’est déroulée la journée de prévention contre le diabète ?

Comme indiqué précédemment, la prévention contre le diabète est assurée par l’association Rédiab Ylang 976. L’association mène des actions de sensibilisation auprès des personnes de tous âges. Ces interventions sont ouvertes à l’ensemble du public et peuvent se dérouler dans différents lieux comme les établissements scolaires, les associations, mais également au sein des entreprises. L’objectif est d’informer le plus grand nombre sur le diabète ainsi que sur les facteurs de risque et les moyens de mieux le prévenir.

Il y a également du dépistage 100% gratuit : “ À savoir aussi que pour les dépistages, nous tenons des permanences sur toute l’île. Dans les quatres coins de l’île : à Petite-terre, ici au CHM et dans nos locaux, nous sommes également au nord”, détaille Annaïsse Kamili.

Si le résultat du dépistage est positif, un accompagnement à long terme est mis en place afin d’assurer le suivi du patient. Cet accompagnement peut également concerner les personnes présentant un risque de développer un diabète, afin de les sensibiliser et de les aider à adopter les bonnes habitudes pour préserver leur santé.

Parmi les personnes à risque figurent notamment celles en situation de surpoids ou d’obésité, ainsi que les personnes ayant des antécédents familiaux de diabète : “ Ces personnes, une fois dépistées, sont orientées vers notre association afin qu’elles puissent suivre un programme d’éducation thérapeutique du patient”, témoigne la chargée de prévention.

Pour prévenir le diabète, il est également conseillé de faire attention à son alimentation. Il est notamment recommandé de limiter les quantités de féculents, comme le riz, la banane ou le manioc, et de privilégier les légumes et les sources de protéines, comme le poisson.

L’idéal est de composer des repas équilibrés en associant les trois catégories : féculents, légumes et protéines, tout en veillant aux quantités consommées.

Qu’ont retenu les patients et le grand public de cette journée de prévention ?

De nombreuses personnes se sont intéressées à cette journée de prévention, notamment autour du diabète. Parmi elles, Halima Daou, une jeune femme venue au Centre hospitalier de Mayotte. Par curiosité, elle s’est dirigée vers le stand de prévention, où elle a pris le temps de consulter les différentes pancartes et informations mises à la disposition du public. Elle s’est ensuite rapprochée d’Annaïsse Kamili, chargée de prévention, afin d’en savoir davantage sur le diabète et sur les objectifs de cette journée de sensibilisation.

Elle en ressort mieux instruite :  “ j’ai appris qu’il existe deux types de diabète : le diabète de type 1 et le diabète de type 2, ainsi que le diabète gestationnel. J’ai également appris des choses sur l’hypertension. Et j’ai été choquée par les chiffres que l’on a ici, à Mayotte. C’est un peu tabou, en quelque sorte. C’est un peu tabou d’aller voir les mamans et de leur dire : faites attention à votre alimentation, faites du sport et équilibrez votre alimentation”, déclare-t-elle.

Un jeune homme, assis aux côtés de la chargée de prévention au moment où elle l’informe sur les dangers du diabète, se dit désormais prêt à faire davantage attention à son alimentation. Il se montre également rassuré par les habitudes alimentaires de sa famille, où les repas sont variés : “ Avant de manger, je dois d’abord savoir si c’est bon pour la santé ou pas. Chez moi, il n’y a personnes qui ne mange pas de riz. Donc, à chaque fois, on mange du riz ou des bananes vertes et du poisson pour équilibrer la santé. Si on mange tous les jours du riz et des ailes de poulet, ça peut provoquer des maladies”, détailles djaldine Abdallah Said.

De plus en plus de personnes touchées par le diabète

“ À Mayotte, on a une forte prévalence du diabète, comme d’ailleurs dans les départements et territoires d’outre-mer. Nous sommes à peu près au double de la prévalence observée dans l’Hexagone. Dans les territoires insulaires, notamment à Mayotte, à La Réunion, en Martinique, en Guadeloupe, on est autour de 12-13%, contre 6 à 7% dans l’Hexagone”, confirme le médecin Breno Speckhann.

Les populations des îles sont particulièrement touchées par le diabète. Une fois la maladie diagnostiquée, le patient doit mettre en place un suivi médical régulier et, selon sa situation, prendre un traitement tout au long de sa vie : “ Ça peut paraître léger, mais dans la vie de quelqu’un, beaucoup de gens peuvent se dire : maintenant, c’est le début de la fin, parce que je dois prendre mes traitements tous les jours. Mais il faut expliquer aux gens que prendre un traitement tous les jours, ce n’est pas la fin du monde ”, rassure le médecin.

Le médecin rappelle également qu’une maladie chronique se distingue d’une maladie aiguë. Elle peut évoluer de manière progressive et parfois silencieuse. Le patient doit donc respecter son traitement et assurer un suivi régulier afin de limiter les risques de complications : “ Ce sont des maladies qui sont souvent silencieuses et qu’on doit traiter surtout pour éviter les complications, parce que les complications sont énormes. Les aiguës sont les AVC. Mais on peut aussi parler d’insuffisance rénale. Pour le diabète, qui peut atteindre tout le corps, les complications peuvent toucher les yeux, les reins, les parties intimes, les pieds, les mains” explique le médecin.

Dans certains cas, lorsque le diabète de type 2 évolue défavorablement et que les traitements ne permettent plus de contrôler suffisamment le sucre, les médecins peuvent avoir recours à l’insuline. Celle-ci permet alors de mieux réguler le taux de sucre dans le sang. À l’inverse, certains patients atteints de diabète de type 2 parviennent à maintenir une glycémie équilibrée grâce à leur traitement et à un suivi médical régulier.

Selon le médecin Breno Speckhann, environ 420 000 personnes seraient atteintes de diabète sur le territoire.

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