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LADOM a accompagné plus de 79.000 Ultramarins en 2025

LADOM a accompagné plus de 79.000 Ultramarins en 2025

LADOM a publié, ce mercredi 24 juin, son rapport d’activité 2025. L’Agence de l’Outre-mer pour la mobilité indique avoir accompagné 79.056 bénéficiaires l’an dernier, dans le cadre de ses dispositifs d’aide aux études, à la formation, à l’insertion professionnelle ou encore à la continuité territoriale.

L’année 2025 a notamment été marquée par la modernisation des outils de l’agence, afin de simplifier les démarches des usagers et d’améliorer l’accompagnement des bénéficiaires. LADOM dit également avoir renforcé sa présence sur le terrain, à travers des permanences, des actions d’information et des partenariats avec les acteurs de l’emploi, de l’insertion et de la formation.

Pour Saïd Ahamada, directeur général de LADOM, l’un des objectifs reste de lutter contre le non-recours aux droits, en permettant à davantage d’Ultramarins d’accéder aux dispositifs auxquels ils peuvent prétendre. La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, souligne de son côté que « la mobilité est un levier d’égalité des chances » pour les Ultramarins.

Retour de la Caravane du Livre à Dembeni

Retour de la Caravane du Livre à Dembeni

La 5e édition de la Caravane du Livre de Mayotte se tiendra le samedi 27 juin de 8h à 11h sur le parking de la Mangrove, à Dembeni. Organisé par la commune de Dembeni en partenariat avec les Éditions Hirizi Ya Maore, l’événement vise à promouvoir et faciliter l’accès à la lecture et à l’écriture. Plusieurs auteurs y présenteront leurs ouvrages et échangeront avec le public. Deux jeunes auteures, de 7 et 11 ans, y dévoileront leur livre, « Mwana Komba, le petit maki qui adore le maïs ». Entrée libre.

Meurtre de Poroani : jusqu’à quinze ans de réclusion au terme du procès

Meurtre de Poroani : jusqu’à quinze ans de réclusion au terme du procès
* image d'illustration générée par ia

La cour d’assises des mineurs a refermé, ce mardi 23 juin, plus d’une semaine d’audience consacrée aux violences du 15 mars 2022 à Poroani. Ce soir-là, un jeune homme avait été mortellement frappé. Deux autres victimes avaient été grièvement blessées.

Les peines les plus lourdes atteignent quinze ans de réclusion criminelle. Elles ont été prononcées contre deux accusés, conformément aux réquisitions du ministère public. La procureure avait toutefois demandé la même peine contre un troisième homme, finalement condamné à dix ans de réclusion.

La cour a également prononcé trois peines de treize ans de réclusion criminelle, suivant là aussi une partie des réquisitions. Pour un quatrième accusé, contre lequel treize ans avaient également été demandés, les jurés ont retenu une peine de dix ans. Un autre, mineur au moment des faits, a été condamné à six ans d’emprisonnement, avec un suivi socio-judiciaire de cinq ans, une peine conforme à celle sollicitée par la procureure.

Le verdict s’écarte davantage des réquisitions pour les deux accusés poursuivis pour complicité. Le ministère public avait demandé sept ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis probatoire, leur reprochant d’avoir conduit sur place le jeune homme qui avait identifié les trois victimes. La cour les a finalement condamnés à cinq ans d’emprisonnement, assortis d’un sursis de cinq ans pour l’un et quatre pour l’autre qui a déjà effectué sa peine en détention provisoire et ne retournera donc pas en prison. Le jeune homme pour lequel la procureur avait requis l’acquittement a également été reconnu coupable et condamné à cinq ans d’emprisonnement, dont quatre avec sursis.

Ce verdict met fin à plus d’une semaine d’audience. Les condamnés disposent de dix jours pour faire appel.

Les collectivités de Mayotte et La Réunion consolident leur coopération régionale

Les collectivités de Mayotte et La Réunion consolident leur coopération régionale

La Communauté d’Agglomération du Grand Nord de Mayotte, conduite par sa présidente Roukia Kassidi, a effectué une visite de travail auprès de la Communauté Intercommunale du Nord de La Réunion présidée par Jacques Lowinsky, dans le cadre de sa politique de coopération régionale.

Les échanges ont porté sur des enjeux communs aux deux territoires insulaires, notamment l’aménagement du territoire, les mobilités, le développement économique, la gestion des déchets et la transition écologique. Face à des défis similaires comme la pression démographique, la rareté du foncier et les effets du changement climatique, les deux collectivités ont partagé leurs expériences et exploré des pistes de coopération concrètes.

Cette rencontre marque une nouvelle étape dans la volonté de la CAGNM de renforcer ses partenariats dans la zone océan Indien et de s’inspirer des bonnes pratiques de ses voisins régionaux.

Une journée pour parler, transmettre et célébrer le kiboŝy

Une journée pour parler, transmettre et célébrer le kiboŝy

La deuxième édition de la journée annuelle « Mayotte parle en kiboŝy » se tiendra le mardi 7 juillet 2026 à l’hémicycle Bamana, à partir de 8h30. Organisé par l’Association Marovoanio en partenariat avec le Département-Région de Mayotte, l’événement vise à promouvoir et valoriser la langue kiboŝy auprès de l’ensemble de la population.
Initiée en 2024 à la suite d’une délibération citoyenne, cette journée a pris une nouvelle ampleur depuis son adoption officielle par le Département-Région de Mayotte en janvier 2026. Pour cette édition, les organisateurs invitent les Mahorais à relever un défi symbolique : s’exprimer au moins une fois en kiboŝy au cours de la journée.
Au programme figurent des présentations de travaux consacrés à la langue et à l’intelligence artificielle, une table ronde sur les pratiques linguistiques entre générations, des stands thématiques autour de l’agriculture et de la cuisine, ainsi que la remise du trophée « Mayotte Parle en Kiboŝy ». Une journée placée sous le signe de la transmission, de la découverte et de la célébration du patrimoine linguistique mahorais.

Tribunal administratif : Bouéni devra revoter après l’annulation des municipales

Tribunal administratif : Bouéni devra revoter après l’annulation des municipales

Le tribunal administratif de Mayotte a annulé, ce mercredi 24 juin, les élections municipales et communautaires de Bouéni. Saisi par Assani Saindou, battu de 43 voix au second tour par Ousseni Mirhane, le tribunal a estimé que plusieurs irrégularités, notamment liées à des procurations, avaient été de nature à altérer la sincérité du scrutin.

Les électeurs de Bouéni devront retourner aux urnes. Trois mois après le second tour des municipales, remporté de justesse par la liste « Bouéni de demain » conduite par Ousseni Mirhane, le tribunal administratif de Mayotte a annulé les opérations électorales des 15 et 22 mars 2026. La décision, rendue ce mercredi 24 juin, concerne à la fois l’élection des conseillers municipaux et celle des conseillers communautaires.

Le recours avait été déposé par Assani Saindou, maire sortant et tête de liste de « l’Union pour le développement de la commune de Bouéni ». Au second tour, sa liste avait été devancée de seulement 43 voix. Un écart jugé trop faible au regard des irrégularités retenues par le tribunal.

C’est sur le terrain des procurations que l’élection a basculé. Alors que les requérants en contestaient au moins 242 et que le rapporteur public avait conclu, à l’audience, à 191 procurations irrégulières, le tribunal en retient finalement un nombre plus limité. Dans son jugement, il relève que deux agents, un policier au commissariat de Mamoudzou et un gendarme à la brigade de Langres, en Haute-Marne, ne disposaient pas de la désignation par le tribunal judiciaire exigée par le code électoral pour établir des procurations.

Ces deux agents ont établi au total 91 procurations pour l’un ou l’autre tour. Parmi elles, 84 ont permis à des mandataires de voter au premier tour, et 70 au second. Pour le tribunal, ces suffrages doivent être regardés comme irréguliers.

D’autres irrégularités ont également été retenues sur les listes d’émargement, ces documents signés par les électeurs au moment du vote. Le tribunal relève une croix apposée à la place d’une signature dans un bureau de vote, ainsi que quatre signatures présentant des différences significatives entre les deux tours dans un autre bureau. Au total, cinq suffrages supplémentaires sont donc considérés comme irréguliers.

Rapportées aux écarts de voix entre les deux listes arrivées en tête ( 102 voix au premier tour et 43 au second ) ces irrégularités ont, selon le tribunal, été « de nature à altérer les résultats du scrutin ». Les opérations électorales sont donc annulées.

En revanche, le tribunal n’a pas suivi Assani Saindou sur la demande d’inéligibilité visant Ousseni Mirhane et Saïd Soilihi. Les juges estiment qu’il ne résulte pas de l’instruction qu’ils se soient personnellement livrés à des manœuvres frauduleuses. Le surplus des demandes est donc rejeté.

Cette décision confirme en partie les conclusions du rapporteur public, qui avait déjà estimé, lors de l’audience du 17 juin, que les irrégularités relevées dans ce scrutin très serré justifiaient une annulation. Mais le tribunal retient un périmètre plus restreint que celui proposé à l’audience, notamment sur le nombre de procurations irrégulières. La commune de Bouéni devra désormais revoter, sauf recours devant le Conseil d’État.

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Un an après Chido, moins de chambres mais des hôtels presque pleins

Un an après Chido, moins de chambres mais des hôtels presque pleins
* image améliorée par ia (© accor.com)

L’enquête de l’INSEE sur la fréquentation touristique à Mayotte en 2025 dresse le bilan de l’hôtellerie un an après le passage du cyclone Chido. Si la capacité d’accueil a reculé de 20 %, le taux d’occupation des établissements atteint désormais 79 %, porté par l’afflux de personnels mobilisés pour accompagner la reconstruction du territoire.

L’INSEE vient de publier son enquête sur la fréquentation des hôtels et autres hébergements collectifs de tourisme à Mayotte en 2025. Un an après le passage du cyclone Chido, l’institut constate une baisse significative de la capacité d’accueil touristique de l’archipel. Entre novembre 2024 et décembre 2025, celle-ci a diminué de 20 %, conséquence directe des dégâts causés par le phénomène météorologique.

La collecte des données ayant été suspendue en décembre 2024 et janvier 2025 à la suite du cyclone, les résultats portent sur la période allant de février à décembre 2025. Les évolutions présentées sont calculées sur la période de février à novembre 2025, comparée à la même période de l’année précédente. L’INSEE précise également que les données de 2024 ont été révisées après la réintégration d’un hébergement dans le parc étudié.

En décembre 2025, le parc des hôtels et autres hébergements collectifs de tourisme se composait de 15 hôtels, dont trois classés 3 ou 4 étoiles, ainsi que de deux résidences hôtelières. L’ensemble représentait 378 chambres et appartements répartis sur l’archipel. Par rapport à novembre 2024, cela correspond à une perte de 96 chambres. Trois établissements demeurent fermés depuis le passage du cyclone.

La capacité d’accueil touristique reste concentrée dans seulement sept communes de Mayotte. Sur les 17 établissements recensés, sept sont implantés à Mamoudzou, six sur Grande-Terre hors chef-lieu et quatre sur Petite-Terre. Le tissu hôtelier mahorais demeure majoritairement constitué de petites structures : six établissements disposent de 5 à 9 chambres, neuf proposent entre 10 et 39 chambres et seuls deux dépassent le seuil des 40 chambres.

« Le passage du cyclone Chido mi-décembre 2024 a eu un impact immédiat sur le parc des hôtels et autres hébergements collectifs de tourisme à Mayotte », souligne l’INSEE dans son rapport. Dès février 2025, au moment de la reprise de l’enquête, seuls 16 hébergements étaient ouverts contre 20 en novembre 2024. Dans le même temps, la capacité d’accueil est passée de 474 à 331 chambres et appartements, soit une baisse de 30 %.

Malgré cette diminution de l’offre, les établissements restés ouverts ont enregistré un niveau d’occupation particulièrement élevé. Entre février et novembre 2025, le nombre total de nuitées a reculé de 14 % par rapport à la même période de 2024. En revanche, le taux d’occupation des chambres a progressé de six points pour atteindre 79 %.

Selon l’INSEE, cette hausse s’explique principalement par la présence sur le territoire de nombreux personnels venus de l’extérieur pour participer à la gestion des conséquences du cyclone. Il s’agit notamment de professionnels de santé, de gendarmes, de policiers, de militaires ainsi que de membres d’organisations non gouvernementales engagées dans l’aide aux sinistrés. Cette clientèle professionnelle a largement compensé le recul de la fréquentation touristique classique.

Au total, Mayotte a enregistré 149 500 nuitées dans ses hébergements touristiques en 2025. Parmi elles, 62 % étaient liées à des déplacements professionnels. Comparé à la même période de 2024, le nombre total de nuitées diminue donc de 14 %, illustrant les difficultés persistantes du secteur touristique à retrouver son niveau d’avant-crise.

Parallèlement, le trafic aérien poursuit sa progression. En 2025, l’aéroport Marcel-Henry a accueilli 461 500 passagers, soit une hausse de 9 % par rapport à 2024 et de 23 % par rapport à 2019. Une dynamique qui pourrait, à terme, soutenir la reprise de l’activité touristique locale, à condition que les capacités d’hébergement soient progressivement restaurées.

L’enquête mensuelle de l’INSEE porte sur la fréquentation des hôtels proposant au moins cinq chambres ainsi que de certains autres hébergements collectifs de tourisme, notamment les résidences hôtelières. Les gîtes, chambres d’hôtes et meublés de tourisme ne sont pas inclus dans son champ d’étude.

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Convergence sociale :  » Que les pouvoirs publics nous disent ce qu’ils veulent faire de Mayotte ! « 

Convergence sociale : " Que les pouvoirs publics nous disent ce qu’ils veulent faire de Mayotte ! "

Président du Groupement Patronal de Mayotte (GPM), Fahardine Mohamed a pris part à la réunion sur la convergence sociale organisée jeudi dernier dans les locaux de la Caisse de Sécurité Sociale de Mayotte. Il salue l’alignement annoncé du SMIC net sur celui de la métropole au plus tard en 2031. Il insiste toutefois sur la nécessité de mettre l’accent sur le salaire net, qui représente un écart inférieur à 200 euros, plutôt que sur le salaire brut, dont l’écart avoisine les 500 euros de trésorerie pour les entreprises.

Il demande également une transition progressive ainsi qu’une LODEOM sociale renforcée, coconstruite avec les partenaires locaux, conformément aux engagements pris lors des débats parlementaires. Pour lui, il ne fait aucun doute que la question du foncier est centrale dans la planification du développement économique de Mayotte. Il s’interroge également sur la vision des pouvoirs publics pour l’avenir du territoire.

Flash Info : Que doit retenir Mayotte de cette réunion de jeudi dernier sur la convergence sociale ?

Fahardine Mohamed : Pour faire simple, sans accompagnement de cette convergence sociale, toute augmentation des charges ou des salaires sera répercutée sur les prix de vente par les chefs d’entreprise mahorais, ce qui alimentera l’inflation. Le coût de la vie est déjà très élevé dans les Outre-mer, et particulièrement à Mayotte.
Malgré les différentes lois adoptées pour lutter contre la vie chère, nous avons demandé que cet alignement se fasse en douceur. C’est pour cette raison que, dans un esprit de consensus, et parce que le gouvernement a entendu nos préoccupations, nous sommes favorables à un rattrapage du SMIC par l’alignement du salaire net.
Lorsque le SMIC augmentera en métropole, il progressera également à Mayotte de manière graduelle jusqu’à atteindre 100 % en 2031, conformément au décret récemment adopté par le gouvernement. Ainsi, les salariés mahorais ne ressentiront plus cette inégalité de traitement par rapport à la métropole.
Il reviendra ensuite au gouvernement de compenser les cotisations et le manque à gagner pour l’URSSAF. D’autant plus que les cotisations salariales et patronales suivent déjà une trajectoire fixée jusqu’en 2026. Cela est désormais acté et nous nous en réjouissons.
En revanche, demeure la question de la LODEOM sociale renforcée qui, à la demande même de l’intersyndicale, doit être construite avec l’ensemble des acteurs du territoire. Il existe une unanimité sur ce point. Pourquoi la Guyane a-t-elle pu bénéficier d’un dispositif adapté à sa situation, alors que Mayotte, qui connaît des difficultés encore plus importantes, ne pourrait pas bénéficier d’une LODEOM spécifique applicable à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille ?

F.I. : À ce jour, qu’est-ce qui empêche le démarrage concret de cette convergence sociale ?

F.M. : La difficulté vient du fait que le gouvernement a travaillé seul sur ce sujet avant la publication du décret. Pourtant, nous nous étions préparés avec l’appui de la FEDOM, qui maîtrise parfaitement ces questions. Les échanges préalables avec les différents ministères concernés n’ont malheureusement pas eu lieu.
Nous assistons aujourd’hui à une forme de précipitation. Tout le monde reconnaît que la Déclaration Sociale Nominative (DSN) comporte des anomalies, notamment en raison d’un manque d’accompagnement à Mayotte. Nous ne disposons donc pas de données suffisamment fiables pour apprécier correctement la situation.
Lorsque l’on observe le tissu économique local, on constate qu’il est constitué en grande partie d’entreprises qui ne sont pas à jour de leurs obligations fiscales. On compte environ moins de 5 000 entreprises sur l’ensemble du territoire, et moins de 3 800 entreprises affiliées à la Caisse de Sécurité Sociale employant au moins un salarié. Près de la moitié d’entre elles ne sont pas à jour de leurs obligations sociales.
Le régime général est déjà fragilisé. À cela s’ajoute l’appel aux cotisations des travailleurs non salariés (TNS), qui concerne plus de 11 000 indépendants. À un moment donné, l’entrepreneuriat mahorais devra absorber l’ensemble de ces coûts, alors même qu’il subit les effets de la vie chère.
S’ajoutent également le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), qui alourdit les charges des entreprises, ainsi que les conséquences du conflit entre l’Iran et Israël, dont les répercussions risquent de pénaliser davantage l’économie insulaire. Sans oublier l’absence d’accompagnement économique durable depuis plusieurs années.
Il va donc falloir trouver les moyens de limiter les dégâts et de maîtriser le coût de la vie à travers les dispositifs existants. Toutes les conditions ne sont pas réunies aujourd’hui pour permettre aux entreprises d’assumer une hausse supplémentaire de leurs charges.
J’ai eu l’occasion de faire remarquer aux représentants du gouvernement que ce qui manque avant tout, c’est une approche globale de cette convergence. On ne peut pas parler de convergence économique sans attractivité territoriale.
Cela concerne l’éducation, la santé, la liberté de circulation, le contournement de Mamoudzou, les loisirs, le logement, la formation des salariés et des dirigeants, entre autres. Tant que ces conditions ne seront pas réunies, nous sommes en droit de nous interroger sur le véritable signal que le gouvernement souhaite envoyer à Mayotte.
Comment investir sereinement dans ces conditions ? Je rappelle que la liberté d’entreprendre est un droit fondamental. Or, ici, nous nous éloignons malheureusement de ce principe au regard des difficultés quotidiennes rencontrées par les acteurs économiques.

F.I. : Dans ce contexte, que dire aux Mahorais qui perçoivent les contradictions de l’action publique ? Comment redonner de l’espoir à ceux qui investissent ?

F.M. : Nous sommes dans une situation d’urgence. Certains parlementaires cherchent à satisfaire l’ensemble de la population, ce qui est évidemment impossible. Il y aura toujours des satisfaits et des mécontents.
Dans cette précipitation que nous dénonçons, nous constatons également que le secteur public atteint ses limites et que l’avenir du territoire repose désormais largement sur le secteur privé.
Pour définir une trajectoire économique crédible, plusieurs facteurs doivent être pris en compte. Les entreprises ont besoin de stabilité, de lisibilité, de visibilité, de sécurité et de transparence. C’est précisément ce qui manque aujourd’hui.
Nous voyons se multiplier les plans et les projets sans véritable évaluation permettant d’ajuster les politiques publiques au bon moment. Le chantier de l’usine de dessalement est bloqué à la suite d’une décision de justice. Le projet d’aéroport est encore en réflexion alors même que le territoire a besoin d’un cap clair.
Les acteurs économiques ont besoin d’une vision à moyen et long terme pour pouvoir anticiper et investir.

F.I. : Selon vous, quelle serait la meilleure trajectoire pour l’économie mahoraise ?

F.M. : Les forces vives du territoire travaillent actuellement à l’élaboration d’un nouveau projet de société. Tout le monde s’accorde sur un point : le foncier constitue un levier essentiel du développement économique et industriel de Mayotte.

La régularisation foncière n’est toujours pas achevée. Dans le secteur agroalimentaire, par exemple, beaucoup observent que les produits fabriqués localement restent trop chers. Pour faire baisser les prix, il faut produire davantage, mécaniser les outils de production, optimiser les moyens disponibles et libérer du foncier.

F.I. : Les matières premières importées devront être transformées de manière industrielle et automatisée afin d’avoir un impact réel sur les prix de vente. La question est simple : comment industrialiser notre territoire ?

F.M. : Tous ces sujets doivent être réfléchis dans le cadre de véritables contrats de filière.
Dans les semaines à venir, les factures impayées des collectivités risquent également de devenir un facteur majeur de déstabilisation économique. De nombreux salariés vont apprendre que leurs entreprises n’ont pas été réglées par les collectivités qui leur ont confié des marchés.
Certaines collectivités cumulent jusqu’à 30 millions d’euros de factures impayées. Or, nous sortons à peine des élections municipales. Certains résultats sont contestés devant les tribunaux et les nouvelles équipes souhaiteront probablement lancer des audits.
Les conséquences seront immédiates : chômage partiel, baisse du pouvoir d’achat, sous-traitants impactés et ralentissement de toute la chaîne économique.
C’est cela, aujourd’hui, l’avenir immédiat de Mayotte : une absence de trajectoire stable.
Tous les sujets liés à l’économie de l’île sont sur la table. Encore faut-il que l’État, le Département, les intercommunalités et les communes nous disent clairement quelle vision ils portent pour Mayotte.

F.I. : Comment traiter les urgences : l’insécurité, les factures impayées, les pénuries de main-d’œuvre dans certains secteurs ou encore le manque d’attractivité du secteur privé ? Quelles mesures à moyen et à long terme ?

F.M. Tout un écosystème doit être mobilisé. Les chefs d’entreprise se félicitent ainsi de la demande de rencontre formulée par le maire de Mamoudzou, également président de la CADEMA et président de l’Association des maires de Mayotte. C’est une première pour le monde économique. Mais ce dialogue ne doit pas se limiter aux périodes électorales ou aux débuts et fins de mandat.
L’État doit également multiplier ses visites dans les entreprises afin de restaurer la confiance et d’accompagner les acteurs économiques.
Ensemble, nous réussirons la construction de l’Île aux Parfums.

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La Course de Pneus revient pour une 42ème édition placée sous le signe du sport pour tous

La Course de Pneus revient pour une 42ème édition placée sous le signe du sport pour tous
À quelques jours de sa 42e édition, la Course de Pneus confirme son statut d'événement sportif incontournable à Mayotte avec 850 coureurs attendus, 68 équipes adultes engagées et une mobilisation exceptionnelle autour du thème « 100 % Tous en sport ! ».

Événement incontournable du calendrier sportif mahorais, la Course de Pneus fera son grand retour le dimanche 28 juin 2026 pour sa 42e édition. Véritable institution populaire, cette « Formule 1 mahoraise » réunira cette année encore des centaines de participants venus partager un moment de sport, de convivialité et de dépassement de soi.

Placée sous le thème « 100 % Tous en sport ! », cette nouvelle édition met l’accent sur l’inclusion et la participation de tous les publics. Les organisateurs attendent près de 850 coureurs répartis dans plusieurs catégories. Chez les adultes, l’engouement est particulièrement fort avec 85 équipes candidates pour seulement 68 places retenues. Parmi elles figurent des équipes masculines, féminines, mixtes ainsi qu’une équipe handisport, illustrant la volonté de faire du sport un espace accessible à chacun. Au total, 24 équipes mixtes prendront le départ.

Les sélections ont débuté dès le mois de mai à travers les intercommunalités, mobilisant près de 240 enfants. Le championnat des jeunes a ensuite réuni près de 800 participants. Le jour de la finale, les enfants animeront la matinée autour de la MJC et du plateau sportif de M’tsapéré avant les différentes courses organisées dans l’après-midi. Une remise des récompenses est prévue à 17 heures.

Une fête sportive et populaire

Cette année, les participants sont invités à porter la tenue de leur discipline sportive favorite : kimono, maillot de rugby, combinaison de plongée, tenue de football ou encore d’athlétisme. L’objectif est de célébrer la diversité du sport à Mayotte dans une ambiance festive et colorée.

Les équipes adultes devront se présenter avec leurs pneus et leurs bâtons. Une opération de récupération et de recyclage des pneus a également été mise en place par la Ville de Mamoudzou dans le cadre d’une démarche environnementale associée au nettoyage des routes et des mangroves.

Autre nouveauté appréciée des participants : chaque coureur recevra une médaille. La course, ouverte depuis 18 ans aux catégories adultes, reste gratuite et permettra également aux participants de repartir avec divers cadeaux offerts par les partenaires.

Au-delà de la compétition, un village d’animations accueillera le public dès 11 heures avec seize exposants artisanaux ainsi que plusieurs stands de prévention et de sensibilisation. Le parcours principal reliera Baobab à Zakia Madi sur une distance de 1,8 kilomètre.

Une mobilisation collective pour la réussite de l’événement

La réussite de la Course de Pneus repose sur plusieurs mois de préparation et l’engagement de nombreux acteurs. Le RSMA mobilisera à lui seul près de 80 personnes. L’UFOLEP, les associations locales, les clubs sportifs et près de 450 bénévoles participeront également à l’organisation de cette grande fête populaire.

Les services municipaux des sports, de l’environnement et de la police municipale travailleront aux côtés de la Préfecture et de la Police nationale afin d’assurer la sécurité du public et des participants. Plusieurs axes routiers seront fermés le dimanche 28 juin entre 13 heures et 19 heures. Les usagers de la barge sont invités à anticiper leurs déplacements tandis que certains parkings seront fermés dès le vendredi soir.

L’événement bénéficie du soutien de nombreux partenaires, parmi lesquels Orange, Air Austral, Crédit Agricole, Le Forban, Point S, la Laiterie de Mayotte ou encore Coca-Cola. La manifestation sera par ailleurs retransmise en direct pendant trois heures sur Mayotte La 1ère.

Après plus de quatre décennies d’existence, la Course de Pneus demeure l’un des symboles les plus forts du sport mahorais. Une tradition qui continue de rassembler les générations et de promouvoir les valeurs de solidarité, de partage et de vivre-ensemble.

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Mayotte 2026 : les cinq secteurs qui recrutent le plus

Mayotte 2026 : les cinq secteurs qui recrutent le plus

BTP, santé, éducation, services à la personne et logistique figurent parmi les principaux moteurs de l’emploi à Mayotte en 2026. Face à une population en forte croissance et à des besoins croissants en infrastructures et en services publics, les entreprises et administrations peinent parfois à trouver les profils recherchés. Pour les jeunes et les demandeurs d’emploi, ces secteurs offrent aujourd’hui les meilleures perspectives d’insertion professionnelle.

Mayotte poursuit sa transformation économique et démographique. Avec une population jeune et des besoins importants dans plusieurs domaines, le territoire fait face à une demande constante de main-d’oeuvre. Dans de nombreux secteurs, les employeurs rencontrent des difficultés de recrutement, ouvrant ainsi de réelles opportunités pour les personnes en recherche d’emploi ou en reconversion professionnelle.

Qu’il s’agisse des grands chantiers de construction, des établissements de santé, des écoles ou encore des services à domicile, les offres d’emploi se multiplient. Pour les jeunes qui entrent sur le marché du travail, comme pour les demandeurs d’emploi souhaitant retrouver une activité, certains métiers apparaissent particulièrement porteurs en 2026.

Le BTP, premier pourvoyeur d’emplois

Le secteur du bâtiment et des travaux publics demeure l’un des principaux recruteurs à Mayotte. La construction de logements, la rénovation des infrastructures publiques, l’extension des réseaux routiers et les projets d’équipements collectifs nécessitent un important volume de main-d’oeuvre.

Les entreprises recherchent aussi bien des ouvriers qualifiés que des profils expérimentés capables d’encadrer les équipes. Les métiers de maçon, coffreur-bancheur, carreleur, électricien, plombier ou conducteur d’engins figurent parmi les plus demandés.

Les besoins restent très importants et les entreprises peinent parfois à trouver du personnel qualifié , pour les jeunes, les formations professionnelles courtes, comme les CAP ou les titres professionnels, permettent souvent une insertion rapide dans le monde du travail.

Au-delà des emplois permanents, de nombreux chantiers génèrent également des contrats temporaires qui peuvent constituer une première expérience professionnelle.

La santé face à un besoin permanent de personnel

Le secteur de la santé connaît lui aussi une forte tension sur le marché de l’emploi. La croissance de la population et les besoins médicaux du territoire entraînent un recrutement régulier de professionnels de santé.

Les infirmiers, aides-soignants, sages-femmes, psychologues et techniciens de laboratoire sont particulièrement recherchés. Les établissements de santé, les centres médicaux ainsi que les structures médico-sociales peinent parfois à pourvoir certains postes.

Cette situation crée de nombreuses opportunités pour les diplômés du secteur. Les métiers du soin offrent également des perspectives d’évolution intéressantes ainsi qu’une relative stabilité professionnelle.

Pour les jeunes souhaitant s’orienter vers ces professions, les formations sanitaires et sociales constituent aujourd’hui un choix stratégique, tant les besoins restent élevés sur le territoire.

L’éducation recrute pour accompagner une population jeune

Avec l’une des populations les plus jeunes de France, Mayotte doit relever le défi de la scolarisation et de la formation de milliers d’élèves chaque année.

Les établissements scolaires recherchent régulièrement des enseignants, des personnels éducatifs et des professionnels de l’accompagnement scolaire. Les besoins concernent aussi bien le premier degré que le secondaire.

Les organismes de formation recrutent également des formateurs spécialisés dans différents domaines professionnels. Les éducateurs spécialisés, les conseillers pédagogiques et les coordinateurs de projets éducatifs figurent parmi les profils les plus sollicités.

Pour les titulaires d’un diplôme universitaire, les métiers de l’enseignement représentent une voie d’accès privilégiée à l’emploi. Les concours de l’Éducation nationale demeurent une porte d’entrée importante pour intégrer durablement le secteur.

Les services à la personne en plein développement

Le vieillissement progressif de la population, les besoins d’accompagnement des familles et le développement des structures sociales contribuent à la croissance des services à la personne.

Les auxiliaires de vie, aides à domicile, assistants sociaux, éducateurs de jeunes enfants et animateurs socio-éducatifs sont de plus en plus recherchés.

Ce secteur présente l’avantage d’être accessible à des profils variés. Certaines fonctions nécessitent des diplômes spécifiques, tandis que d’autres privilégient avant tout les qualités humaines, le sens du contact et la motivation.

Pour les demandeurs d’emploi souhaitant exercer une activité utile socialement, les services à la personne constituent un secteur offrant de nombreuses perspectives de recrutement.

Les besoins devraient continuer à progresser dans les années à venir en raison de l’évolution des modes de vie et de la demande croissante d’accompagnement des publics fragiles.

Le transport et la logistique, maillons essentiels de l’économie mahoraise

Dans un territoire insulaire comme Mayotte, le transport et la logistique jouent un rôle stratégique. L’approvisionnement des commerces, la distribution des marchandises et la gestion des stocks nécessitent des professionnels qualifiés.

Les entreprises recrutent régulièrement des chauffeurs-livreurs, des conducteurs poids lourds, des magasiniers, des préparateurs de commandes et des gestionnaires d’entrepôt.

La maîtrise des outils numériques de gestion logistique est devenue un atout important pour accéder à ces métiers. Les détenteurs du permis poids lourd ou de certifications spécialisées bénéficient généralement d’un avantage lors des recrutements.

Avec le développement du commerce et des activités économiques, les besoins en personnel logistique devraient rester soutenus en 2026.

Des compétences recherchées dans tous les secteurs

Au-delà des diplômes, les employeurs mahorais accordent une importance croissante aux compétences comportementales. La ponctualité, la rigueur, la capacité à travailler en équipe et l’adaptabilité figurent parmi les qualités les plus appréciées.

La maîtrise des outils numériques de base est également devenue incontournable dans de nombreux métiers. Les recruteurs valorisent aussi les candidats capables de suivre des formations et de s’adapter à l’évolution des besoins des entreprises.

Pour les jeunes sans qualification, les dispositifs d’apprentissage, les contrats d’alternance et les formations professionnelles représentent des opportunités à saisir pour acquérir une première expérience.

Des opportunités à saisir dès maintenant

En 2026, le marché de l’emploi à Mayotte offre de réelles perspectives dans plusieurs secteurs clés. Le BTP, la santé, l’éducation, les services à la personne et la logistique

concentrent une grande partie des recrutements et devraient continuer à créer des emplois dans les prochaines années.

Pour les demandeurs d’emploi, l’enjeu consiste désormais à identifier les secteurs porteurs, se former lorsque cela est nécessaire et développer les compétences recherchées par les employeurs. Dans un contexte où certaines professions manquent de candidats, les opportunités sont nombreuses pour celles et ceux prêts à s’investir dans un projet professionnel durable.

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Outre-mer : la question des assurances face aux catastrophes naturelles reste un défi majeur

Outre-mer : la question des assurances face aux catastrophes naturelles reste un défi majeur

Dans un rapport publié pour la première fois le 15 juin, le ministère de l’Économie met en lumière l’état des assurances en France face aux catastrophes naturelles. Les assureurs sont assez présents dans l’Hexagone, au détriment d’un manquement dans les départements et régions d’Outre-mer.

Si la canicule et les pluies torrentielles sont extrêmes dans l’Hexagone, dans les territoires ultramarins, l’histoire rappelle aussi les cyclones dévastateurs tels que Chido à Mayotte, Garance à La Réunion ou Irma aux Antilles. En tous les cas, les dégâts qui résultent de ces événements sont en partie pris en charge par les assureurs, mais aussi par le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles, dit « Cat Nat », relevant de la solidarité nationale. Le coût de ces dégâts augmente à mesure que ces événements climatiques s’intensifient en termes de fréquence et d’intensité.

Sur demande du gouvernement, l’Observatoire de l’assurabilité a publié un rapport dans lequel il est écrit qu’« il n’existe pas de problème d’assurance face aux catastrophes naturelles », soulignant qu’il existe au moins un assureur dans les communes françaises. Or, sur une carte concernant les habitations exposées aux événements météorologiques extrêmes, une différence apparaît clairement : l’Hexagone est en vert, tandis que les Outre-mer recensés (Guadeloupe, Martinique, La Réunion, Saint-Barthélemy) sont en orange. Cela signifie que les territoires ultramarins sont en « tension modérée », autrement dit que le nombre ou la concentration d’assureurs est très irrégulier, ce qui implique un choix plus restreint pour les habitants, qui peuvent néanmoins s’assurer.

L’Observatoire explique cette situation par un « marché historiquement dense » en assureurs et une « sinistralité élevée », c’est-à-dire une exposition plus importante aux risques liés aux cyclones. Même si des départements tels que Mayotte et la Guyane sont absents de ce rapport faute de données, la situation demeure préoccupante sur le territoire mahorais. Le débat sur la reconstruction après le cyclone Chido en 2024 avait révélé que seulement 10 % des biens étaient assurés. Près d’un an après le cyclone, la préfecture de Mayotte mettait en place un dispositif d’aide, qui révélait encore de nombreux témoignages d’absence d’assurance.

Même constat du côté des assureurs privés, notamment avec des dédommagements incomplets. Autre cas : à La Réunion, après le passage du cyclone Belal début 2024, 30 à 35 % des propriétaires de biens immobiliers n’étaient pas assurés, affirme le comité des assureurs Réunion-Mayotte.

Enfin, certains risques naturels comme la submersion marine ou les séismes en Outre-mer ne sont pas évoqués dans le rapport. Le gouvernement annonce une mission incluant « les mesures à mettre en œuvre pour améliorer la couverture assurantielle des territoires ultramarins, de plus en plus vulnérables face aux risques climatiques ». Il propose également deux autres axes d’action, dont un réexamen tous les cinq ans du taux de cotisation du régime Cat Nat, payé par l’ensemble des assurés, afin de garantir une répartition plus équitable de la charge.

Une démarche qui s’inscrit alors qu’une trentaine de recommandations avaient déjà été faites il y a quelques années dans un rapport visant à rééquilibrer le régime des phénomènes climatiques majeurs notamment dans les zones exposées comme les Outre mer.

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Comores : la pénurie de carburant entraîne des coupures d’eau et de courant

Comores : la pénurie de carburant entraîne des coupures d’eau et de courant

Le programme dévoilé par la Société nationale de l’électricité des Comores va impacter aussi bien Moroni que le reste de la Grande Comore, déjà touchés par un rationnement du carburant en vigueur depuis plus d’un mois, selon un responsable d’une station-service de la capitale.

Alors que la situation au Moyen-Orient se calme avec la signature d’un protocole d’accord entre les États-Unis et la République islamique d’Iran, l’Union des Comores s’enlise dans une crise énergétique au moment où la réouverture complète du détroit d’Ormuz se précise.

En effet, depuis dimanche, le ravitaillement en carburant dans les stations-service de la Grande Comore relève du parcours du combattant. Mais c’est surtout l’annonce d’un programme de délestage qui inquiète. Dans un communiqué publié mardi sur sa page Facebook, la Société nationale de l’électricité (Sonelec) a précisé que des coupures journalières et nocturnes seraient appliquées à l’échelle de la Grande Comore.

« La Société nationale de l’électricité des Comores informe son aimable clientèle que les difficultés actuelles d’approvisionnement en carburant liées à la situation internationale ont entraîné une réduction temporaire des quantités disponibles pour assurer la production électrique », indique l’entreprise publique. Elle explique que cette mesure vise à préserver les réserves, éviter une interruption totale du service et maintenir l’alimentation électrique aussi longtemps que possible.

D’après le même communiqué, Moroni et ses environs seront délestés de 13 heures à 18 heures, tandis que sur l’ensemble de la Grande Comore, le courant sera coupé de 1 heure à 7 heures du matin. Soit cinq longues heures de coupure qui risquent d’impacter fortement l’économie, principalement concentrée à Moroni. Que vont faire les secteurs de production et de transformation, notamment ceux qui ne disposent d’aucune alternative énergétique ?

L’eau aussi

Le bémol est qu’avant même l’annonce de ce calendrier, certaines zones limitrophes de la capitale vivaient déjà à un rythme inhabituel.

« Il faudrait revoir vos informations, car de 6 heures à 18 heures, à Mdé Sahani, il n’y a pas eu d’électricité. Visiblement, cela recommence alors que la situation s’était améliorée, même si tous les jours la zone est délestée entre 6 heures et 14 heures », a réagi mardi Fahmy Thabit, entrepreneur et ancien président de la Chambre de commerce.

Au nord de la Grande Comore, la situation s’est également dégradée ces derniers jours alors que la région était jusque-là alimentée régulièrement.

« Nous ne sommes pas confrontés à un quelconque problème technique. Le rationnement du carburant s’est accentué et nous n’avons pas d’autre choix que de suivre le rythme », a confié un employé de la Sonelec, qui parvenait jusqu’ici à maintenir un niveau d’approvisionnement satisfaisant grâce aux centrales solaires implantées sur l’île.

Flash Infos a tenté d’obtenir une réaction de la Société comorienne des hydrocarbures, en vain.

Pourtant, cette pénurie ne touchera pas seulement l’électricité. La Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) a également annoncé que ses activités seraient affectées.

« La Sonede informe ses usagers que les coupures de la Sonelec, couplées aux difficultés d’approvisionnement en carburant que nous subissons, impacteront directement nos capacités de production et de distribution de l’eau. Nos systèmes de production et de traitement dépendent entièrement d’une alimentation électrique stable pour fonctionner convenablement », a prévenu la société, dirigée depuis plus d’un mois par l’ancienne commissaire générale au Plan, Najda Said Abdallah.

Pour une capitale déjà sous-alimentée en eau — les habitants s’approvisionnant largement auprès de revendeurs ambulants —, la baisse de la disponibilité du carburant ne va rien arranger.

Huit milliards de manque à gagner

« Déjà, dans notre principal centre de pompage situé à Vouvouni, il est rare que la zone soit alimentée pendant la journée par la Sonelec. Nous utilisons nos groupes électrogènes pour assurer le pompage. Mais là encore, la fourniture de carburant a diminué. Sur une commande de 12 000 litres passée auprès de la Société comorienne des hydrocarbures, seulement 3 000 litres nous ont été livrés en deux jours », a indiqué le service de communication de la société de distribution d’eau.

Celui-ci précise qu’en temps normal, trois zones de l’île sont régulièrement alimentées après pompage : le Hambou, le Bambao et le sud de Moroni.

« Or, pour remplir les réservoirs, il faut douze heures consécutives d’alimentation afin de pomper l’eau, sans compter le ravitaillement des revendeurs utilisant bus et camions-citernes. Cette nouvelle pénurie de carburant accentue donc les difficultés de fourniture d’eau », regrette notre source.

Dans les stations-service de la capitale, cela fait plus d’un mois que le quota habituel a été revu à la baisse et ne dépasse plus 3 000 litres, selon le responsable d’une station. Résultat : les files d’attente sont de retour à Moroni et dans ses environs.

Une situation qui suscite l’inquiétude à l’approche des festivités estivales. Certaines indiscrétions laissent entendre que le prochain pétrolier pourrait accoster avant le début du mois de juillet.

Notons que la Société comorienne des hydrocarbures (SCH) absorbe à elle seule plus de 50 % des volumes de gazole importés, qu’elle revend ensuite à la Sonelec à un tarif préférentiel. Cette subvention de l’État représente un manque à gagner de 8 milliards de francs comoriens (près de 16 millions d’euros) pour la société, selon la section des comptes, qui indiquait que la dette de la Sonelec envers la SCH s’élevait en 2022 à 429,712 millions de francs comoriens.

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Une pétition à La Réunion contre les transferts de détenus mahorais

Une pétition à La Réunion contre les transferts de détenus mahorais

Une pétition opposée aux transferts de détenus et de mineurs mahorais vers La Réunion a recueilli plus de 5.700 signatures, selon Clicanoo. Portée par le collectif « Stop délinquance transférée à La Réunion », elle demande aux autorités de mettre fin à ces arrivées.

Depuis plusieurs mois, des élus et syndicats pénitentiaires réunionnais dénoncent l’accueil de détenus en provenance de Mayotte, alors que le centre pénitentiaire de Majicavo reste confronté à une forte surpopulation. En janvier, la préfecture de La Réunion avait indiqué que 41 personnes avaient été transférées depuis Mayotte vers des établissements pénitentiaires réunionnais en 2024, et 45 vers l’Hexagone.

École de Mangajou : des travaux de protection attendus face à l’érosion

École de Mangajou : des travaux de protection attendus face à l'érosion

Menacée depuis plusieurs années par l’érosion du littoral, l’école maternelle de Mangajou pourrait bientôt bénéficier de travaux de sécurisation. Après l’effondrement à plusieurs reprises du mur de protection, un projet de soutènement est à l’étude, sous réserve de financements. La mairie attend notamment les indemnisations liées au cyclone Chido ainsi qu’une participation de la préfecture, pour un montant total estimé à 7 millions d’euros. En attendant le lancement du chantier, les quelque 190 élèves continuent d’être accueillis dans un établissement dont la fragilité suscite toujours l’inquiétude des familles.

Pontons : 18 mois après Chido, les usagers de la mer réclament enfin des actes

Pontons : 18 mois après Chido, les usagers de la mer réclament enfin des actes

Plus d’un an et demi après le passage dévastateur du cyclone Chido, les pontons de Grande-Terre et de Petite-Terre restent, pour la plupart, détruits ou fortement endommagés. Une situation qui continue de pénaliser quotidiennement les professionnels de la mer, les acteurs du tourisme, les pêcheurs et l’ensemble des usagers, malgré les nombreuses annonces et réunions organisées depuis la catastrophe.

Face à ce qu’il considère comme une urgence, le Cluster Tourisme Mayotte a officiellement saisi le Conseil départemental le 22 juin 2026 afin d’obtenir un calendrier précis, assorti d’engagements clairs et chiffrés concernant la reconstruction des infrastructures portuaires.

Dans cette dynamique, l’organisation convie l’ensemble des usagers de la mer à une rencontre de concertation ouverte, prévue le vendredi 26 juin 2026 à 11 heures, dans la salle de réunion de l’Office de Tourisme Intercommunal Dembéni-Mamoudzou (KARIDEM), place Zakia Madi, rue de la Pompe à Mamoudzou.

Cette réunion permettra de dresser un état des lieux de la situation des pontons, de présenter les démarches engagées auprès des institutions, de recueillir les difficultés rencontrées par les différents acteurs du secteur, mais aussi d’échanger sur les attentes et les propositions de chacun. L’objectif est également de définir collectivement les actions à mener afin d’accélérer la mise en œuvre de solutions concrètes.

À travers cette initiative, le Cluster Tourisme Mayotte souhaite instaurer un dialogue constructif entre les acteurs concernés et les pouvoirs publics, dans l’espoir de relancer rapidement des infrastructures essentielles au développement des activités maritimes et touristiques de l’île.

Contrôle renforcé sur les tomates, brèdes et cucurbitacées pendant cinq mois

Contrôle renforcé sur les tomates, brèdes et cucurbitacées pendant cinq mois

Face aux enjeux de sécurité sanitaire et de traçabilité des produits agricoles, la préfecture de Mayotte a décidé de renforcer la surveillance de la distribution et de la vente de tomates, de brèdes et de cucurbitacées. Cette mesure exceptionnelle, entrée en vigueur le 19 juin 2026, s’appliquera pour une durée de 150 jours sur l’ensemble du département.

Désormais, tous les acteurs de la chaîne de commercialisation – commerçants, détaillants, grossistes, revendeurs ou distributeurs à titre gratuit – devront être en mesure de justifier immédiatement l’origine et la provenance des produits proposés. Cette obligation pourra être remplie grâce à des documents de traçabilité tels qu’une facture d’achat, un bon de livraison ou un contrat d’achat permettant d’identifier précisément le lot concerné et son établissement de production. À défaut, un certificat d’analyse attestant de la conformité des produits à la réglementation sur les résidus de pesticides pourra être présenté.

Les autorités préviennent que tout lot dont la traçabilité ou la conformité ne pourra être démontrée lors d’un contrôle fera l’objet d’un retrait immédiat du marché, suivi de sa destruction. Cette disposition vise à garantir la protection des consommateurs et à lutter contre la circulation de produits dont l’origine ou la qualité sanitaire ne peuvent être vérifiées.

La mise en œuvre de cet arrêté sera assurée par le secrétaire général de la préfecture ainsi que par la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DAAF) de Mayotte, chargés de veiller au respect de ces nouvelles exigences sur le territoire.

Affaire Lyhanna : les magistrats de Mayotte dénoncent « un dysfonctionnement d’État »

Affaire Lyhanna : les magistrats de Mayotte dénoncent « un dysfonctionnement d’État »

À Mamoudzou comme sur l’ensemble du territoire national, des magistrats se sont rassemblés ce mardi 23 juin devant le palais de justice, à l’appel du Syndicat de la magistrature. En cause : les annonces du garde des Sceaux après le pré-rapport d’inspection sur l’affaire Lyhanna, et notamment la procédure disciplinaire visant une substitute du parquet d’Auch.

En robe noire, devant le palais de justice de Mamoudzou, plusieurs magistrats ont voulu afficher leur colère. Ce mardi 23 juin, à 12h30, ils ont répondu à l’appel national du Syndicat de la magistrature, au lendemain des déclarations du garde des Sceaux, Gérald Darmanin, sur l’affaire Lyhanna. Pour le syndicat, le drame ne peut pas être réduit à la responsabilité d’une magistrate. Il révèle, au contraire, « un dysfonctionnement d’État ».

L’affaire a bouleversé la France. Lyhanna, 11 ans, a disparu le 29 mai à la sortie de son collège de Fleurance, dans le Gers. Le principal mis en cause, déjà visé par plusieurs procédures pour des infractions à caractère sexuel, a été mis en examen le 1er juin pour enlèvement et séquestration de mineure de moins de 15 ans. Le corps de l’enfant a été retrouvé le 4 juin. Dès le lendemain, les inspections générales de la justice, de la gendarmerie et de l’Éducation nationale ont été saisies pour examiner le traitement des procédures antérieures.

Le pré-rapport publié le 22 juin pointe notamment le traitement d’une plainte déposée en août 2025 pour des viols sur mineure. Après un premier traitement par le parquet de Toulouse, le dossier avait été transmis au parquet d’Auch, territorialement compétent. Les inspections relèvent ensuite plusieurs défaillances : un enregistrement tardif, une erreur d’orientation, l’absence de mention du caractère urgent du dossier et un suivi insuffisant de l’enquête.

Mais pour le Syndicat de la magistrature, ce pré-rapport ne peut pas servir de base à une mise en cause individuelle immédiate. « Une inspection de fonctionnement, à la différence d’une enquête administrative, n’a pas vocation à établir des fautes professionnelles », rappelle l’organisation dans un communiqué diffusé mardi. Elle reproche au ministre d’avoir « désigné une responsable » et annoncé des sanctions « sans attendre les conclusions de l’enquête administrative » ni l’avis du Conseil supérieur de la magistrature.

Le syndicat conteste aussi le retrait de l’habilitation « mineurs » confiée jusqu’ici à la substitute d’Auch. Selon lui, cette décision ressemble à « une mesure para-disciplinaire » prise dans l’urgence, pour répondre politiquement à l’émotion suscitée par le drame. Gérald Darmanin a annoncé l’ouverture d’une procédure disciplinaire visant ce magistrat et évoqué des sanctions avant la fin de l’été.

Pour les magistrats mobilisés, le cœur du sujet est ailleurs : délais d’enquête, manque de personnels, absence d’outils de suivi fiables, difficulté à hiérarchiser les dossiers les plus sensibles. Le pré-rapport lui-même relève que le parquet d’Auch comptait, au 1er mai 2026, trois magistrats au parquet pour un effectif localisé de 2,90 équivalents temps plein, alors que le service des mineurs était confié à un substitut également chargé d’autres contentieux lourds, dont les violences, les infractions sexuelles et les homicides.

« Ces dysfonctionnements sont le quotidien des procureur·es en charge des mineur·es », insiste le Syndicat de la magistrature, qui évoque un manque d’enquêteurs, d’éducateurs, de soignants, de psychologues, d’experts et de lieux adaptés pour recueillir la parole des enfants. À ses yeux, l’affaire Lyhanna ne doit pas conduire à chercher un « fusible », mais à poser la question de la capacité réelle de la justice à protéger les enfants.

Le pré-rapport formule d’ailleurs plusieurs pistes structurelles : développer une approche par les risques, généraliser la transmission dématérialisée des procédures, mieux suivre les enquêtes sensibles et adapter certains dispositifs déjà utilisés pour les violences intrafamiliales aux dossiers de viols sur mineurs.

À Mamoudzou, cette mobilisation trouve un écho particulier. Le tribunal judiciaire alerte régulièrement sur ses propres difficultés de moyens humains et matériels. Début février, la juridiction comptait 16 magistrats en poste, dont 12 titulaires, au lieu des 18 prévus, dans un contexte encore marqué par les dégâts du cyclone Chido et le manque de salles d’audience. Pour le Syndicat de la magistrature, l’enjeu dépasse le seul parquet d’Auch : « exiger une réponse politique à la hauteur de l’incapacité de la justice à protéger les enfants ».

Devant les palais de justice, le message est clair : les magistrats demandent une réponse politique et structurelle. Non pas seulement pour dire qui a failli, mais pour éviter que la chaîne de protection des enfants ne cède à nouveau.

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Élections à Mtsamboro : le tribunal confirme la victoire de la liste de M. Nourdine malgré des irrégularités

Élections à Mtsamboro : le tribunal confirme la victoire de la liste de M. Nourdine malgré des irrégularités
Le tribunal a rejeté la demande visant à proclamer victorieuse la liste de M. Ben Saïd ainsi que sa demande d'annulation des opérations électorales. * image d'illustration générée par ia

La contestation électorale engagée après les élections municipales de mars 2026 à Mtsamboro n’aura finalement pas changé l’issue du scrutin. Malgré plusieurs irrégularités constatées dans les opérations de vote, le tribunal a rejeté la requête de la liste « Union Pour l’Avenir 2026 » et confirmé l’élection de la majorité conduite par M. Nourdine.

L’affaire faisait suite à une protestation déposée le 26 mars 2026 par M. Laïthidine Ben Saïd, tête de liste d’« Union Pour l’Avenir 2026 ». Arrivée en deuxième position avec 1 732 voix, soit seulement 19 suffrages derrière la liste « Face aux Défis – Bâtissons dans l’Unité » de M. Nourdine, sa formation demandait au tribunal d’être déclarée victorieuse ou, à défaut, d’annuler les élections municipales et communautaires organisées les 15 et 22 mars.

Pour appuyer sa requête, M. Ben Saïd dénonçait plusieurs anomalies relevées lors du scrutin. Il faisait notamment état de six enveloppes supplémentaires découvertes dans l’urne du bureau de vote n°78, ainsi que de vingt-quatre bulletins qu’il estimait irréguliers en raison de signatures litigieuses sur les listes d’émargement. Selon ses calculs, ces irrégularités auraient dû conduire à retirer trente voix à la liste arrivée en tête et à inverser le résultat final.

Après examen du dossier, le tribunal a effectivement relevé plusieurs irrégularités. Les juges ont constaté que six suffrages supplémentaires avaient bien été introduits dans l’urne du bureau n°78 sans correspondance avec le nombre d’émargements. Ils ont également identifié huit différences significatives entre les signatures apposées sur les listes d’émargement des deux tours de scrutin, sans justification suffisante permettant d’en garantir l’authenticité.

Au total, quatorze suffrages ont ainsi été considérés comme irrégulièrement exprimés. Toutefois, le tribunal a estimé que ces irrégularités n’étaient pas de nature à modifier l’issue du scrutin. En retranchant hypothétiquement ces quatorze voix de la liste victorieuse, celle-ci conservait encore 1 737 suffrages, soit cinq voix de plus que la liste conduite par M. Ben Saïd.

Les magistrats ont ensuite recalculé la répartition des sièges selon les règles du code électoral. Là encore, aucune modification n’est apparue : la liste de M. Nourdine conserve ses vingt sièges au conseil municipal et ses quatre sièges au conseil communautaire. La liste « Union Pour l’Avenir 2026 » garde quant à elle cinq sièges municipaux et un siège communautaire, tandis que la liste « Mtsamboro Yatru » conserve ses quatre élus.

Le tribunal a ainsi rejeté la demande visant à proclamer victorieuse la liste de M. Ben Saïd ainsi que sa demande d’annulation des opérations électorales. Les autres conclusions présentées par la commune de Mtsamboro, qui souhaitait notamment faire constater une irrégularité dans le remplacement de M. Ben Saïd au conseil communautaire après sa démission, ont également été rejetées, les juges estimant qu’elles relevaient d’un litige distinct.

Cette décision met ainsi un terme au contentieux électoral né des municipales de 2026 à Mtsamboro. Si la justice a reconnu plusieurs irrégularités dans le déroulement du scrutin, elle considère qu’elles n’ont pas eu d’incidence suffisante sur la sincérité des résultats pour remettre en cause la victoire de la liste conduite par M. Nourdine.

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L’ARS alerte sur les rejets d’eaux usées à Mayotte

L'ARS alerte sur les rejets d'eaux usées à Mayotte
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L’Agence régionale de santé (ARS) de Mayotte a publié son bilan 2025 de la qualité des eaux de baignade. Si 85 % des sites contrôlés répondent aux exigences sanitaires, cinq plages restent classées « insuffisantes ». L’agence pointe principalement le manque d’assainissement et les rejets d’eaux usées, aggravés par les épisodes de fortes pluies.

Afin de garantir la sécurité sanitaire des baigneurs, l’Agence régionale de santé (ARS) de Mayotte assure chaque année, en partenariat avec les communes et conformément à la réglementation européenne, le contrôle de la qualité des eaux de baignade du territoire. Ces analyses permettent d’évaluer les risques sanitaires pour les usagers grâce à un classement en quatre catégories : excellente, bonne, suffisante et insuffisante.

En 2025, 27 des 32 sites contrôlés présentent une qualité d’eau conforme aux exigences européennes, avec un classement au moins « suffisant ». En revanche, cinq sites demeurent classés « insuffisants » : Trévani Hôtel, Koungou Collège, Sohoa Bé, Mtsanga Beach et Bouéni Village.

Cette classification repose sur les résultats des contrôles réalisés entre octobre 2024 et septembre 2025. Malgré une interruption temporaire des prélèvements entre décembre 2024 et mars 2025 à la suite du cyclone Chido, l’ARS a effectué 402 analyses bactériologiques sur l’ensemble des 32 sites.

Au cours de la saison 2025, plusieurs plages ont fait l’objet de recommandations de fermeture temporaire, notamment à M’Gouédajou (Bandraboua), M’Bouini (Kani-Kéli), Sohoa Bé (Chiconi) et Mliha (Mtsangamouji). La plupart de ces épisodes de pollution sont intervenus après de fortes pluies. Les précipitations entraînent vers le lagon les pollutions présentes dans les ravines, les réseaux d’eaux pluviales et les rejets d’eaux usées. L’ARS recommande ainsi d’éviter toute baignade pendant les 72 heures suivant un épisode pluvieux.

Des eaux usées insuffisamment traitées

La qualité des eaux est évaluée à partir de la présence de bactéries indicatrices de contamination fécale.

Dans son communiqué, l’ARS explique que « la dégradation de l’eau est essentiellement liée à la présence d’eaux usées non ou insuffisamment traitées, voire d’eaux pluviales contaminées ou à une surfréquentation des sites ». L’agence précise que ces pollutions peuvent être accidentelles, comme lors d’un dysfonctionnement d’une station d’épuration, ou structurelles, lorsqu’elles résultent d’un traitement insuffisant des eaux usées ou des eaux pluviales. Les conditions météorologiques peuvent également accentuer ces phénomènes.

Pour satisfaire aux exigences européennes, toutes les eaux de baignade devront atteindre au minimum la qualité « suffisante » d’ici au 31 décembre 2031. Avec cinq sites encore classés « insuffisants », Mayotte devra poursuivre ses efforts pour respecter cet objectif.

Un déficit chronique d’assainissement

La stratégie quinquennale de l’État identifie le manque d’assainissement comme l’une des principales causes de la dégradation des eaux.

Selon le rapport d’activité 2024 du Plan Eau DOM du ministère de la Transition écologique, seuls 19 % des Mahorais sont raccordés au réseau collectif d’assainissement, contre environ 80 % en métropole. Pourtant, plus de 70 % des zones urbanisées sont théoriquement classées en assainissement collectif.

Le Comité de l’eau et de la biodiversité de Mayotte (CEB) recense 33 stations d’épuration, principalement de petite capacité, auxquelles s’ajoutent quatre unités plus importantes situées à Baobab, Dembéni, Dzoumogné et M’ronabéja. Le comité souligne toutefois que « le raccordement de l’abonné est souvent le point critique de l’efficacité des projets ».

La majorité des foyers mahorais dépend encore de systèmes d’assainissement individuels. Or, selon le Plan Eau DOM, les dispositifs utilisés en métropole sont souvent inadaptés aux réalités du territoire, en raison de leur coût d’installation, d’exploitation et d’entretien.

À cette difficulté s’ajoute la situation de nombreux quartiers d’habitat informel. La DEALM distingue ainsi trois catégories : l’assainissement individuel classique, l’assainissement individuel transitoire dans les secteurs appelés à être raccordés au réseau collectif, et l’assainissement individuel informel dans les quartiers spontanés, où l’absence d’accès à l’eau et aux réseaux favorise l’insalubrité.

En théorie, ces installations doivent être contrôlées par un Service public d’assainissement non collectif (SPANC). En pratique, seule la Communauté de communes de Petite-Terre dispose aujourd’hui d’un service pleinement opérationnel. Les autres collectivités restent confrontées à un cadre juridique encore incertain depuis la réforme d’avril 2025.

Des besoins d’investissement considérables

Dans son rapport publié en mars 2025, la Cour des comptes constate que « de nombreuses stations d’épuration et installations d’assainissement non collectif sont non conformes, et les rejets directs d’eaux usées détériorent les milieux aquatiques, en particulier les eaux côtières ».

Elle estime les besoins d’investissement à 743 millions d’euros, dont 554 millions pour l’eau potable et 190 millions pour l’assainissement et la gestion des eaux pluviales.

Enfin, ce constat intervient dans un contexte encore marqué par les conséquences du cyclone Chido, qui a endommagé de nombreuses infrastructures fin 2024, ainsi que par l’épidémie de choléra qui a touché Mayotte entre mars et juillet 2024, rappelant les conséquences sanitaires d’un accès insuffisant à l’eau potable et à l’assainissement.

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Le Conseil départemental et le CHM au service de la lutte contre l’endométriose

Le Conseil départemental et le CHM au service de la lutte contre l'endométriose

Ce mardi 23 juin, le Conseil départemental et le CHM ont organisé une journée de sensibilisation à l’endométriose à l’hémicycle Younoussa Bamana. L’objectif était de sensibiliser le grand public aux dispositifs d’accompagnement et de prise en charge médicale.

« L’endométriose est parfois méconnue, incomprise ou mal diagnostiquée », rappelle le Département-Région. Il s’agit d’une maladie inflammatoire chronique qui touche les femmes et affecte principalement la région pelvienne, entraînant parfois des problèmes de fertilité. Les traitements sont le plus souvent médicamenteux et, dans certains cas, chirurgicaux. Selon le Service d’information du Gouvernement, entre 10 et 20 % des femmes en France sont touchées par cette maladie.

Depuis 2022, le CHM a mis en place une unité spécialisée pour prendre en charge les patientes. À l’hémicycle, plusieurs élus étaient présents, dont Zouhouria Mouayade Ben et Hélène Pollozec. En visioconférence, des professionnels de santé ont également participé aux échanges, parmi lesquels Fayum Ambdi, psychologue, et le docteur Mathilde Castel. Des associations telles qu’ASCA et Endo Mayotte étaient également au rendez-vous.

Aux côtés du grand public, les participants ont assisté à un programme articulé autour d’échanges, de témoignages bouleversants de femmes atteintes d’endométriose et de la présentation de solutions concrètes.

Fayum Ambdi, psychologue, a expliqué les répercussions de la maladie dans l’environnement professionnel : « La douleur existe, elle est connue, elle est anticipée, elle est gérée, mais elle ne trouve pas d’espace linguistique dans le collectif de travail. Elle reste alors portée seule, et cette solitude n’est pas anodine, car une souffrance qui ne peut pas circuler devient progressivement une souffrance isolée, sans prise en charge. Il y a aussi une autre douleur dans la dynamique clinique : le corps humain tend progressivement à disparaître de la scène du travail. »

Il insiste sur le fait que, lors de ses entretiens, les femmes cherchent souvent à invisibiliser leur maladie, ce qui l’a amené au constat suivant : « Dans les esprits, toute visibilité du corps malade risque de fragiliser le sentiment d’appartenance au collectif. »

Il se montre néanmoins optimiste. Évoquant la notion de responsabilité collective, il estime qu’il faut faire du lieu de travail un espace où chacun peut se construire et s’épanouir sans souffrance.

De nombreuses questions ont émergé, tant sur le volet psychologique, avec la quête de sérénité dans une lutte permanente contre la maladie, que sur le volet technique, notamment concernant la prise en charge proposée par le CHM. Les réponses ont encouragé les femmes à travailler sur leur développement personnel, à se rapprocher des structures de santé et à faire preuve de patience face à un service encore en développement au CHM.

Le thème de la médecine traditionnelle a également été abordé au cours de ce colloque. Mariame Saïd Khalame, conseillère départementale, était présente à l’événement. Elle s’est confiée à nous en évoquant des traitements qui doivent, selon elle, davantage s’adapter à la société mahoraise : « Toutes les mesures que nous souhaitons mettre en place doivent prendre en compte l’environnement sociologique de Mayotte. Je vois mal une jeune fille de 16 ans entamer une démarche médicale pour un accompagnement pouvant aboutir à l’évocation d’une possible stérilité, ou encore adhérer facilement aux dispositifs proposés, tels que la pilule ou la chirurgie. Les remèdes maison ont toujours fait partie de nos mœurs. »

Elle insiste toutefois sur la situation des patientes qui ont longtemps ignoré leur maladie : « Je suis inquiète pour celles qui ont vécu avec l’endométriose sans accompagnement. Il faut vraiment se demander quelles sont les conséquences réelles sur leur santé et s’il existe un risque accru de développer un cancer du col de l’utérus à la suite d’une endométriose sévère. Ces patientes devraient peut-être être prioritaires en matière de diagnostic. Il faut déployer de vrais moyens », conclut-elle.

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