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Mamoudzou lance son appel à projets 2026 pour les quartiers prioritaires

Mamoudzou lance son appel à projets 2026 pour les quartiers prioritaires

La Ville de Mamoudzou, en partenariat avec l’État, a annoncé le lancement de son appel à projets pour la programmation du contrat de ville 2026. Destiné aux associations, organismes publics et acteurs locaux, ce dispositif vise à soutenir des initiatives en faveur des habitants des quartiers prioritaires.

Les projets attendus devront répondre à plusieurs enjeux majeurs, parmi lesquels la lutte contre l’insalubrité, la réussite éducative, la prévention de la délinquance, l’accès à l’emploi ou encore le soutien aux personnes en situation de handicap. Des priorités transversales, comme l’égalité femmes-hommes, la jeunesse et la lutte contre les discriminations, sont également mises en avant.

Les candidatures doivent être déposées via la plateforme Dauphin, avec une date limite fixée au 13 avril 2026 à midi. L’objectif : financer des actions concrètes et structurantes pour améliorer durablement les conditions de vie sur l’ensemble du territoire communal, désormais entièrement classé en quartier prioritaire.

Le rectorat de Mayotte se dote d’un nouveau gymnase

Le rectorat de Mayotte se dote d’un nouveau gymnase
Le rectorat de Mayotte a financé le gymnase Jack Passe à hauteur de 20 millions d’euros.

À l’occasion de la 10e édition de la Semaine olympique et paralympique (SOP), le rectorat de Mayotte met à l’honneur l’engagement à travers une série d’actions éducatives et sportives sur le territoire. Point d’orgue de cette mobilisation : l’inauguration du gymnase Jack Passe à Mamoudzou, ce mercredi 1er avril 2026, sur le site de Kaweni.

Le mercredi 1er avril 2026, le gymnase Jack Passe de Kaweni a été inauguré à Mayotte. La cérémonie a eu lieu de 9h à 10h. Elle a réuni Valérie Debuchy, rectrice de l’académie, Ambdilwahedou Soumaïla, maire de Mamoudzou, et Patrick Loval, proviseur du Lycée des Lumières, ainsi que les autorités académiques, les élus et les partenaires institutionnels. Le gymnase a été financé à hauteur de 20 millions d’euros par l’Éducation nationale.

Le bâtiment a été construit en briques de terre compressée, un matériau naturel. Il est entièrement ventilé naturellement et comprend deux plateaux sportifs, un dojo, une salle polyvalente, une salle de tennis de table et une structure d’escalade. L’édifice dispose également de différents vestiaires pour accueillir les sportifs.

Pendant la cérémonie, plusieurs activités pédagogiques ont été proposées. Des élèves en situation de handicap ont participé à des activités sportives adaptées. D’autres élèves du Lycée des Lumières ont montré le rôle de l’éducation physique dans l’apprentissage et le développement des compétences sociales et citoyennes. La rectrice a animé une partie du jeu du béret, un jeu favorisant l’esprit d’équipe et le fair-play.

Cet événement a marqué la volonté du rectorat de Mayotte de développer le sport scolaire et de promouvoir l’inclusion. Le gymnase Jack Passe devient un lieu central pour l’éducation physique et sportive, l’engagement citoyen et l’épanouissement de tous les élèves sur l’île.

Le rectorat de Mayotte se dote d’un nouveau gymnase
Le site a été inauguré par Ambdilwahedou Soumaïla, maire de Mamoudzou, Patrick Loval, proviseur du Lycée des Lumières, et Valérie Debuchy, rectrice de l’Académie de Mayotte.
Le rectorat de Mayotte se dote d’un nouveau gymnase
L’édifice est construit en briques de terre compressée, un matériau naturel, et le site est entièrement ventilé naturellement.
Le rectorat de Mayotte se dote d’un nouveau gymnase
Débuté en 2020, le projet se concrétise enfin avec l’ouverture du gymnase.
Le rectorat de Mayotte se dote d’un nouveau gymnase
L’édifice flambant neuf dispose de différents vestiaires pour accueillir les sportifs.
Le rectorat de Mayotte se dote d’un nouveau gymnase
Une salle de combat est mise à disposition.
Le rectorat de Mayotte se dote d’un nouveau gymnase
Un mur d’escalade fait également partie du site, qui pourra accueillir les élèves du college de K1, K2 et du Lycée des Lumières.
Le rectorat de Mayotte se dote d’un nouveau gymnase
Le site dispose d’un système de récupération des eaux pluviales et est alimenté par des panneaux photovoltaïques.

Transferts d’argent : des agences vidées de leur clientèle habituelle

Transferts d’argent : des agences vidées de leur clientèle habituelle

L’effervescence qui faisait l’apanage des agences de transfert de fonds à Mayotte a cessé d’être, y compris durant les heures de pointe, entre 10 heures et 15 heures. Ces lieux sont privés d’une partie très importante de leurs usagers, largement constituée de ressortissants étrangers en situation irrégulière sur le territoire. À défaut de disposer d’un passeport d’un pays membre de l’Union européenne, ils n’ont plus le droit de présenter des numéraires à envoyer dans leur pays d’origine. Des peines très sévères sont prévues contre tout contrevenant.

À Mayotte, les tenanciers d’agences de transfert d’argent font grise mine depuis quelques semaines. Ils dénoncent tous une nouvelle réglementation applicable dans le département, qui interdit à toute personne détentrice d’un passeport étranger, non délivré par un pays membre de l’Union européenne, d’effectuer un transfert d’argent vers un pays tiers à partir de numéraire.

L’article L 561-10-5, en vigueur depuis le 13 août 2025 [création LOI n°2025-797 du 11 août 2025 – Art.17 (V)], dispose : « À Mayotte, avant de procéder à une opération de transmission de fonds mentionnée au 6° du II de l’article L.314-1 à partir d’un versement d’espèces, les personnes énumérées aux 1° à 1° quater de l’article L 561-2 vérifient, à titre de mesure de vigilance complémentaire, la régularité du séjour de leur client, s’il n’est pas ressortissant d’un État membre de l’Union européenne. Cette vérification s’effectue par la présentation de l’original de tout document de séjour. L’absence de justification de la régularité du séjour dans les conditions prévues au premier alinéa du présent article fait obstacle à l’opération de transmission de fonds.« 

En langage simplifié, la loi interdit aux agences RIA, Global Transfert, Western Union, Orange Monnaie et MoneyGram, qui pullulent dans tout Mayotte, d’effectuer des opérations de transmission d’argent vers les Comores, Madagascar et d’autres pays africains, points de départ des migrants illégaux qui continuent à affluer dans le 101ᵉ département français.

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe à fragmentation au sein des diasporas comoriennes et malgaches, qui constituent la première clientèle de ces agences de transfert d’argent.

« Les parlementaires mahorais ont choisi de tuer notre activité professionnelle pour masquer leur incapacité à s’entendre avec l’État pour arrêter l’arrivée massive de migrants illégaux sur le sol mahorais. Lorsque cette mesure nous a été signifiée, nous nous sommes renseignés et avons appris que les députées Estelle Youssouffa et Anchya Bamana ainsi que le sénateur Thani Mohamed Soilihi avaient inspiré ce texte de loi« , confie, désespéré, un employé de l’une de ces agences. « Il a fallu juste trois jours pour que nous perdions les trois quarts de notre clientèle », a-t-il précisé.

C’est donc une clientèle dépitée qui rebrousse chemin aussitôt qu’elle est informée de cette mesure. Il y a ceux et celles qui se montrent compréhensifs, et les autres qui ne manquent pas d’amabilités incendiaires à l’égard des autorités de leur pays d’accueil. Ils cherchent à comprendre l’utilité réelle d’une telle mesure, qu’ils vivent comme une punition collective.

Chacun y va de son explication ou de ragots colportés ici et là sur la symbolique de cette nouvelle réglementation, considérée comme une mesure de rétorsion à l’endroit de l’Union des Comores après le dernier épisode de refus d’admettre sur son sol ses ressortissants refoulés de Mayotte par la police aux frontières.

Parmi les plus téméraires, certains déclarent qu’un « système D » ne tardera pas à se mettre en place pour contourner cette interdiction. Les plus résignés rappellent les peines encourues : jusqu’à 10 ans d’interdiction de séjour sur le territoire français pour l’étranger et 6 mois d’emprisonnement assortis de 7 500 euros d’amende pour le ressortissant français qui l’aurait aidé à outrepasser la nouvelle loi.

Du côté des usagers français, on salue la démarche des autorités françaises, bien que jugée tardive, en « pansement sur une jambe de bois« .

D’aucuns considèrent en effet que cette mesure ne sera décourageante que pour un temps limité face à l’appel d’air que constitue déjà Mayotte pour les ressortissants de ces pays voisins, venus dans le département pour gagner de l’argent au noir en vue d’entretenir leurs familles restées dans leurs pays respectifs.

« L’être humain est une machine très têtue lorsqu’il s’agit de braver les interdits. Il ne fait aucun doute que les personnes concernées vont très vite trouver un palliatif à cette affaire« , admet une dame d’une soixantaine d’années croisée dans l’une de ces agences de transfert de fonds.

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Mayotte face aux violences faites aux femmes : un comité local pour coordonner la réponse

Mayotte face aux violences faites aux femmes : un comité local pour coordonner la réponse

Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la lutte contre les violences faites aux femmes à Mayotte. Réunis à l’hémicycle de Bamana ce mercredi matin, représentants de l’État, du département, acteurs judiciaires, économiques, éducatifs, professionnels de santé et associations ont officialisé la mise en place du Comité local d’aide aux victimes (CLAV).

Selon le délégué du préfet, « le déploiement de ce CLAV dédié aux violences faites aux femmes permettra une gouvernance renforcée des outils et la mise en œuvre d’une stratégie départementale de lutte contre les violences ». Une première pour le département.

Les chiffres de la police nationale et de la gendarmerie présentés lors de la réunion illustrent l’ampleur du phénomène. À Mayotte, en 2025, les violences intrafamiliales totalisent 859 victimes, tandis que les violences sexuelles concernent 472 victimes. Entre 2020 et 2025, ces phénomènes ont fortement progressé, avec une augmentation de plus de 120 % pour les violences intrafamiliales et de 100 % pour les violences sexuelles.

Une disparité notable est également soulignée : 9 % des femmes à Mayotte déclarent avoir subi des violences physiques ou sexuelles, contre 5 % dans l’Hexagone.

Face à cette situation, les autorités reconnaissent la nécessité d’une réponse mieux organisée. Les parcours des victimes impliquent une multitude d’intervenants — forces de l’ordre, justice, hôpital, système éducatif, travailleurs sociaux et associations — sans toujours garantir une continuité efficace. Les présentations ont mis en lumière la complexité des démarches, depuis le repérage des situations jusqu’à la prise en charge médicale, psychologique et judiciaire.

C’est précisément pour répondre à ces difficultés que le CLAV a été créé. Placé sous l’autorité du préfet et du procureur de la République, il a vocation à devenir l’instance centrale de pilotage. Chaque année, il devra établir un état des lieux des dispositifs existants, évaluer leur efficacité et proposer des améliorations. Il s’appuiera à la fois sur une structure de pilotage dédiée aux violences intrafamiliales et sur un réseau d’acteurs locaux chargé de favoriser la circulation de l’information et la coordination des actions.

Malgré les avancées, les échanges ont mis en évidence plusieurs insuffisances très concrètes. Le manque de places d’hébergement d’urgence reste un enjeu majeur, avec une perte de 20 places depuis Chido, faisant passer la capacité de 93 à 73 places. L’adaptation des dispositifs technologiques d’alerte pose également question. Le bracelet anti-rapprochement apparaît difficilement applicable dans le contexte mahorais, notamment en raison de la configuration du territoire avec une seule route principale, qui expose les victimes et les auteurs à des croisements fréquents et donc à des déclenchements répétés du dispositif. Le téléphone grave danger, expérimenté en 2023, a quant à lui souffert d’un manque d’information, certains appareils ayant été utilisés à d’autres fins.

D’autres limites structurelles ont été soulevées. Les maisons des femmes, dispositifs pourtant structurants dans l’accompagnement global des victimes, sont absentes du territoire, même si un projet est à l’étude. Par ailleurs, deux tiers des intervenants sociaux en commissariat et en gendarmerie n’ont pas été renouvelés, faute de financement, alors même que leur efficacité a été largement reconnue. L’aide universelle d’urgence de la caisse d’assurance maladie reste, elle, trop peu connue des bénéficiaires potentiels.

Des difficultés persistent également dans le parcours judiciaire. La prise de plainte à l’hôpital, peine à être mise en œuvre, faute de salle adaptée de type « salle Mélanie » et en l’absence de convention en vigueur depuis 2020.

Au-delà du diagnostic, cette rencontre a permis de poser les bases d’une stratégie locale plus ambitieuse. L’amélioration de la connaissance mutuelle entre acteurs, le renforcement des coopérations entre les secteurs politique, économique, judiciaire, sanitaire et social ainsi que le développement d’outils communs apparaissent comme des leviers essentiels pour garantir une prise en charge plus cohérente et plus efficace.

Cette initiative s’inscrit dans le prolongement des engagements pris au niveau national, notamment à l’issue du Grenelle des violences conjugales lancé en 2019. À Mayotte, où les écarts avec l’Hexagone restent marqués et les dispositifs encore fragiles, la création du CLAV vise précisément à décliner ces orientations au contexte local.

Avec le CLAV, les acteurs espèrent désormais passer d’une logique de dispositifs juxtaposés à une véritable stratégie coordonnée, capable de répondre plus efficacement à l’urgence des situations.

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Représentation patronale à Mayotte : c’est la nuit des longs couteaux

Représentation patronale à Mayotte : c’est la nuit des longs couteaux

En passe de prendre forme, le Groupement Patronal de Mayotte (nouvelle version) va devoir coexister durablement avec un MEDEF Mayotte (nouvelle formule), imaginé pour constituer une véritable concurrence. Un trio de direction entièrement local, revu et corrigé, avec une femme à sa tête, Yasmine Dhoiffir, et deux hommes en soutien. Pour le reste, tout n’est que figuratif : en ligne de mire, le captage des fonds dédiés à l’hypothétique refondation de Mayotte, qui ne doivent en aucun cas rester sur le territoire, du moins pour l’essentiel.

Dissous officiellement à la mi-janvier dernier, le MEDEF Mayotte renaît finalement de ses cendres depuis hier, mercredi 1er avril 2026. Il a été reconstitué par la grâce du MEDEF national, qui a retenu une jeune cheffe d’entreprise mahoraise, Yasmine Dhoiffir (Uni Service), après audition de trois prétendants au poste de président de sa structure locale. Celle-ci fonctionnera avec un bureau composé de trois individus (dont deux hommes) : du sang neuf donc, pour faire table rase du passé.

Par les temps qui courent, il ne fait pas bon vouloir gouverner le monde économique mahorais : c’est la nuit des longs couteaux. Le plus affûté pourra mettre hors-jeu l’adversaire d’en face, et les amis du déjeuner peuvent devenir les pires ennemis au souper, à la nuit tombée. Une loge maçonnique ici, une autre par-là, et tout cesse de fonctionner correctement. Mayotte se retrouve propulsée dans un monde surréaliste où tout se mélange : le réel et le fantasmagorique, le sérieux et le volatile, le solide et le voluptueux.

« À croire que les dieux nous sont tombés sur la tête », pour reprendre une expression maintes fois usitée mais qui sied parfaitement à la situation du territoire, « la terre des plus résilients de France et de l’Union européenne », mais aussi « le royaume des monopoles », aussi répréhensibles soient-ils.

À l’insu du commun des mortels, une guerre sans merci se livre sur les 374 kilomètres carrés que représente l’archipel de Mayotte, et les alcôves quittent l’obscurité pour rejoindre la lumière du jour. Parenthèse fermée : l’économie a besoin de réalité, surtout après le passage du dévastateur cyclone Chido. De nouvelles bases doivent être posées pour relever les défis qui se présentent à la société mahoraise, toutes tendances confondues.

D’un côté, les constructifs, les téméraires, les audacieux de l’innovation et de la refondation intelligente ; de l’autre, les partisans du statu quo, des habitudes anciennes qui ne mènent nulle part. « Le monde est ainsi fait, il n’y a rien à redire » !

Mais au-delà de ce monde parallèle, il y a la société mahoraise, qui évolue selon d’autres paramètres, avec d’autres objectifs, aussi imprécis que ceux de toute autre composante de la nation française, mais aussi déterminée à façonner l’issue de ce bras de fer en qualité d’arbitre du changement.

Laissons de côté ce langage fleuri : la réalité du moment nous ramène à la lutte fratricide qui se joue en coulisses entre le MEDEF, qui cherche à se reconstituer pour reprendre la main sur son ancien pré carré, et le Groupement Patronal de Mayotte (nouvelle version), qui tente de survivre à son éviction décidée depuis Paris, sur fond d’instigations occultes venues de Mayotte.

« Zaffaires cabri ne regardent pas mouton »

Difficile équation pour le non-averti dans ce patchwork d’intérêts divergents, illisibles pour le citoyen ordinaire. Mais qu’à cela ne tienne : il convient d’aller de l’avant, vaille que vaille, pourvu que Mayotte retrouve son âme au bout de cette course effrénée vers une domination réelle ou d’apparat.

Après Chido — pour le moment — rien de pire ne peut arriver à ce territoire, parmi les plus meurtris de l’Union européenne. Par la volonté du MEDEF national, le label est appelé à connaître une nouvelle ère dès ce mercredi matin (1er avril 2026). Une nouvelle équipe se met en place, avec à sa tête une femme et deux hommes, tous natifs de Mayotte.

Les apparences comptent, après le pugilat du mois de janvier dernier, qui n’a convaincu personne sur le territoire. Pour le Mahorais ordinaire, il ne s’agissait que d’une affaire de gros sous entre acteurs issus des mêmes milieux, aux visées hégémoniques identiques, bien loin des réalités quotidiennes. En somme, rien de vraiment méchant, si ce n’est pour celles et ceux qui se prennent très au sérieux dans cette affaire.

« Zaffaires cabri ne regardent pas mouton », dit-on dans les ruelles et sur les places publiques. Savamment dosé, c’est tout un système qui se met en place pour freiner l’émancipation et la sortie des sentiers battus de l’entrepreneuriat local, entre coopération régionale décentralisée et volonté persistante de mainmise nationale sur l’économie de Mayotte.

Pour faire court, les hypothétiques fonds de la reconstruction post-Chido ne doivent en aucun cas profiter exclusivement aux acteurs du territoire, et surtout pas dans leur grande majorité. Pour cela, certains sont prêts à semer le chaos dans l’archipel, quoi qu’il en coûte.

Attention donc aux ricochets des balles perdues dans la lutte fratricide qui s’annonce, et qui mettra assurément aux prises des « autochtones ». Alors, « malheur à celui qui n’a pas compris », comme le disait dans les années 80 le générique de la série culte américaine Dallas.

Car en réalité, c’est un feuilleton du même type qui se joue aujourd’hui à Mayotte, dans l’après-Chido. Le plus fort écrase le plus faible au vu et au su de tous : telle semble être la nouvelle norme.

Subsiste néanmoins un problème majeur : les électrons libres, très nombreux sur le territoire, qui s’affranchissent de cet ordre économique établi, sans en tirer le moindre bénéfice. Le développement économique de Mayotte risque d’être fortement impacté par les tensions entre acteurs locaux et expatriés venus temporairement, parfois en « desperados », en attendant des jours meilleurs ailleurs.

En attendant, l’île risque de se retrouver divisée en deux : d’un côté, un MEDEF Mayotte reconstitué de bric et de broc ; de l’autre, l’ancien MEDEF devenu Groupement Patronal de Mayotte (nouvelle version), qui tente tant bien que mal de survivre à son naufrage de la mi-janvier.

Autrement dit, c’est bien une nuit des longs couteaux qui s’installe dans le paysage économique local, où la fin justifie les moyens, quitte à sacrifier la fraternité séculaire.

Dans ce contexte, des enjeux majeurs — comme l’application de la LODEOM sociale renforcée — risquent d’être relégués au second plan, sacrifiés sur l’autel du dieu euro. Une entité représentative du patronat reste pourtant indispensable pour engager un dialogue social structuré et impulser une dynamique partenariale capable de déboucher sur les avancées attendues.

Mayotte entre enfin dans le droit commun sur ce plan. Mais il ne faut pas se leurrer : il y aura toujours une société d’en bas et une société d’en haut dans le monde des affaires.

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Crise de l’eau : pour réclamer de l’eau, un habitant d’Hamjago se douche à la SMAE

Crise de l'eau : pour réclamer de l’eau, un habitant d’Hamjago se douche à la SMAE
La douche diffusée sur Facebook, la vidéo comptabilise plus de 100 000 vues. (Credit : Chad Youyou Facebook)

Le 1er avril, Chadhouli Youssouf s’est rendu à la SMAE, où il a improvisé une douche pour protester contre les coupures d’eau à Hamjago, dénonçant une situation difficile pour les habitants privés d’eau.

Ceci n’est pas un poisson d’avril. Dans la matinée du jeudi 1er avril, au sein des locaux de la Société mahoraise des eaux (SMAE), Chadhouli Youssouf éducateur sportif a improvisé une douche ainsi qu’un lavage des dents au sein des locaux de la SMAE. Une protestation en réaction à une coupure intempestive survenue au sein du village de Hamjago, dans le nord de Mayotte.

Une image qui prête à sourire, même si le manque d’eau se répète inlassablement sur l’île, notamment en Petite-Terre, où les habitants de Pamandzi-Est ont été démunis d’eau pendant 5 jours. En cause, une casse au niveau de la conduite d’une jonction d’eau, d’après un communiqué fourni mardi 31 mars.

À Hamjago, où est originaire Chadhouli Youssouf, c’est le raccordement d’une nouvelle canalisation, achevé tardivement, qui a pu priver d’eau ses habitants. L’éducateur sportif en a donc décidé autrement, manifestant son mécontentement, badigeonnant son corps de gel douche devant le guichet de la SMAE : « en 2026, nous n’avons pas d’eau ? », plaidant pour des proches alités en besoin d’eau. Il sera évacué des locaux manu militari par les services de police dépêchés sur place. L’éducateur sportif promet néanmoins de revenir à chaque interruption de plus de 48 h. Hasard ou coïncidence, la situation a été dans l’après-midi dans ce village du nord l’île.

Pesticides dans l’atmosphère : une cartographie inédite dévoile leur omniprésence

Pesticides dans l’atmosphère : une cartographie inédite dévoile leur omniprésence

La présence des pesticides ne se limite pas aux sols et aux eaux : ils sont également détectés dans l’air, comme le révèle la nouvelle plateforme PhytAtmo Dataviz lancée par Atmo France. Accessible au grand public, cet outil de datavisualisation compile, pour la première fois à l’échelle nationale, des données issues de mesures réalisées sur l’ensemble du territoire français, y compris dans les outre-mer comme Mayotte. Basée sur les relevés de 2022 et 2023, la plateforme sera enrichie dès le premier semestre 2026 avec les données de 2024, puis actualisée chaque année.

Les premiers résultats confirment la présence diffuse de pesticides dans l’atmosphère. En 2023, sur 72 substances actives recherchées, environ un tiers a été détecté et une sur huit quantifiée, avec des concentrations variables selon les zones et les périodes. Parmi elles, certaines molécules bien connues comme le glyphosate apparaissent à des niveaux très faibles. D’autres, pourtant interdites depuis longtemps, persistent dans l’environnement : c’est notamment le cas du lindane, encore retrouvé dans une majorité des prélèvements.

Ces données ne constituent pas une évaluation des risques sanitaires, en l’absence de seuils réglementaires pour ces substances dans l’air. Elles visent avant tout à améliorer la connaissance de l’exposition des populations. Grâce à des outils de visualisation et des indicateurs de comparaison, la plateforme permet de situer les niveaux mesurés dans le temps et dans l’espace.

Destinée à la fois aux décideurs, aux professionnels agricoles et aux citoyens, PhytAtmo Dataviz se veut un outil d’information et d’aide à la décision. Elle marque une étape importante vers un suivi plus transparent et régulier de cette pollution invisible, notamment dans des territoires où les données étaient jusqu’ici peu accessibles.

Une matinée stratégique pour booster les entrepreneurs locaux

Une matinée stratégique pour booster les entrepreneurs locaux

Face aux nombreux défis rencontrés par les porteurs de projets à Mayotte — accès limité au financement, manque d’accompagnement et difficultés de structuration — une matinée dédiée entend apporter des solutions concrètes. L’événement réunira les acteurs clés de l’écosystème entrepreneurial ultramarin pour favoriser les échanges et débloquer des opportunités.

Introduite par le président de la FEDOM, Hervé Mariton, la rencontre rassemblera la Direction générale des Outre-mer, le GIP Europe (sous réserve) ainsi que trois entrepreneurs mahorais venus partager leurs expériences et les solutions qu’ils ont mises en œuvre.

Au programme : interventions, retours de terrain et échanges avec le public pour proposer des réponses adaptées aux besoins des participants. L’objectif est clair : renforcer les connexions, améliorer l’accès aux dispositifs d’accompagnement et stimuler l’investissement dans des secteurs clés comme le BTP, le tourisme, le numérique et l’économie sociale et solidaire.

Portée par la Délégation de Mayotte à Paris, cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large visant à structurer l’écosystème économique local et à valoriser les talents du territoire.

Lancement de l’opération “Kingia” pour renforcer la sécurité

Lancement de l’opération “Kingia” pour renforcer la sécurité

Du 1er avril au 28 mai 2026, l’État déploie à Mayotte une nouvelle opération de sécurisation baptisée “Kingia”. Dans la continuité des opérations “Wuambushu” menées en 2023 et 2024, cette initiative vise à lutter contre la délinquance, l’immigration clandestine, l’habitat informel et l’économie illégale.

Portée par le ministère de l’Intérieur et la préfecture, “Kingia” entend marquer un renforcement de l’autorité de l’État face aux facteurs d’insécurité. Le dispositif prévoit une intensification des actions de sécurité publique, notamment en zone prioritaire, avec l’appui de partenaires locaux.

Pour soutenir les opérations sur le terrain, les effectifs seront renforcés par 49 policiers supplémentaires venus de métropole ainsi que 12 de la Réunion.

Election du bureau exécutif de la CADEMA le 5 avril

Election du bureau exécutif de la CADEMA le 5 avril
* image d'illustration générée par ia

La Communauté d’agglomération Dembéni-Mamoudzou (CADEMA) tiendra, le dimanche 5 avril 2026 à 9h30, l’élection de son nouveau bureau exécutif pour la mandature 2026-2032. La séance se déroulera à l’hôtel de ville de Mamoudzou.

Ce rendez-vous institutionnel permettra aux élus communautaires de désigner le président, de fixer le nombre de vice-présidents puis de procéder à leur élection. La séance se conclura par la lecture de la charte de gouvernance et l’allocution du président élu.

Cette échéance marque une étape clé pour la gouvernance intercommunale, dans un contexte où les enjeux liés aux transports, à l’aménagement du territoire et à l’environnement sont particulièrement attendus par la population.

Les enseignants mobilisés dénoncent la précarité et le manque de dialogue

Les enseignants mobilisés dénoncent la précarité et le manque de dialogue
Les enseignants de Mayotte se sont mobilisés ce mardi 31 mars pour dénoncer la précarité, réclamer de meilleures conditions de travail et demander une revalorisation salariale face aux fermetures de classes et à la vie chère.

Ce mardi 31 mars, l’intersyndicale des enseignants de Mayotte a répondu à l’appel national à la grève. Dès 9 heures, près d’une centaine de personnes se sont rassemblées devant le rectorat à Mamoudzou pour faire entendre leurs revendications.

« On ne peut pas maintenir un système éducatif avec des précaires », déclare Rivo Rakotondravelo, secrétaire départemental de la FSU Mayotte. Au niveau national, la mobilisation vise à contester les fermetures de classes et à demander une revalorisation salariale. Localement, les revendications portent sur les congés pour grave maladie et de longue durée, la vie chère ainsi que la sécurité dans les 33 établissements scolaires du secondaire.

Une délégation composée de plusieurs organisations syndicales, dont l’UNSA, le SNES, la CGT, la CFDT et FO, a été reçue pendant plus d’une heure. Si les échanges ont permis de rappeler les attentes du personnel, aucune réponse favorable n’a été apportée.

Du côté des syndicats, le sentiment d’enlisement domine. « On a l’impression de tourner en rond. Ce sont les mêmes revendications depuis des années. Mais aujourd’hui, il n’y a plus de dialogue social avec la rectrice. Rien n’avance, ni sur le fond ni sur la méthode », déplore Rivo Rakotondravelo.

Les organisations syndicales affirment pourtant avoir privilégié le dialogue avant toute mobilisation. Elles estiment qu’un mouvement de grève aurait pu être évité.

Les enseignants mobilisés dénoncent la précarité et le manque de dialogue
Reçus par le rectorat, les syndicats n’ont obtenu aucune réponse concrète, mais des groupes de travail sur l’attractivité, la laïcité et les conditions de travail ont été proposés, accueillis avec prudence.

Les syndicats dénoncent une succession de normes juridiques sans effet

Plusieurs mesures restent en attente de textes d’application, notamment concernant certaines indemnités ou dispositifs liés aux situations individuelles. Les syndicats dénoncent une succession de lois non suivies d’effets concrets.

La question de la titularisation au sein du premier degré est également soulevée : 50 titularisations seraient en cours sur les 1 000 contractuels du premier degré selon les chiffres du syndicat. Une situation jugée insuffisante par les représentants, qui dénoncent le recours massif à la précarité.

À l’issue de la rencontre, la perspective avancée concerne la mise en place de groupes de travail sur des thématiques comme l’attractivité, la laïcité ou encore les conditions de travail. La même méthode est utilisée. Des annonces accueillies avec prudence par les syndicats, qui attendent désormais des avancées concrètes.

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Navettes CADEMA : un nouveau transporteur à la manœuvre

Navettes CADEMA : un nouveau transporteur à la manœuvre

Mieux vaut tard que jamais ! La CADEMA vient de relancer le très convoité marché des navettes de bus (après une rupture avec le transporteur Optimum), cette fois en trois lots, incluant le Caribus. Filiale de la société Matis, le précédent transporteur aurait passé la main à un Groupement momentané d’entreprises solidaires (GME) issu du GIE Ouvoimoja.

Il est à nouveau question du transport en commun sur l’île ces jours-ci. Si le sujet est devenu « le joujou à la mode » des collectivités locales pour s’attirer les bonnes grâces de leurs administrés, il constitue aussi une véritable arène dans laquelle s’affrontent différents opérateurs économiques, en raison des marchés lucratifs qu’il génère. CADEMA, 3CO, bientôt le Département-Région, la communauté de communes du Grand Nord, et sans doute l’intercommunalité du Sud : la bataille fait rage en coulisses pour l’attribution des marchés de transport public.

Filiale du groupe Matis (qui domine le marché du transport scolaire à Mayotte), la société Optimum a récemment remporté le marché de transport en commun de la 3CO. Contrairement aux autres projets en cours, celui-ci présente la particularité d’être gratuit pour ses usagers depuis son lancement, même si cette gratuité pourrait évoluer à court terme. À la CADEMA, en revanche, une tout autre configuration prévaut désormais : le marché des navettes de bus a basculé au profit d’un GME.

Objet de nombreuses tensions entre le GIE Ouvoimoja — soutenu par le cabinet de conseil de Mahamoud Azihar — et ses concurrents, ainsi que de contentieux devant le tribunal administratif de Mamoudzou, ce marché avait initialement été attribué à la société Optimum, sous l’ère de Rachadi Saindou, au grand dam des opérateurs locaux. Pour une raison officiellement inconnue, une brouille persistante semble s’être installée entre son successeur, Moudjibou (maire sortant de Dembéni), et la société Optimum. Une rupture suffisamment sérieuse pour mettre fin à leur partenariat. Les causes exactes restent toutefois floues.

La transition entre les deux présidences de la CADEMA n’a cependant pas été défavorable au titulaire du marché. Entre la notification de l’annulation du marché contesté en justice et son arrêt effectif, plus d’une année s’est écoulée, ponctuée de prolongations successives. Selon des sources bien informées, le montant total aurait dépassé 1 million d’euros, des coûts jugés supérieurs à ceux pratiqués par d’autres opérateurs.

« Lorsque nous avons produit nos offres, la Commission d’appel d’offres de la CADEMA a fait durer le processus jusqu’à la limite des six mois légalement prévus. Elle ne s’est réellement mobilisée que dix jours avant l’échéance pour relancer le marché », confie l’une de ces sources.

Notifié le 23 février 2026, puis transmis au contrôle de légalité le 6 mars, le marché a finalement été scindé en trois lots : les navettes actuelles, une ligne Ongojou–Mamoudzou et le Caribus. Fait notable, aucun lot n’a été attribué aux entités du groupe Matis. Le GME Ouvoimoja aurait remporté l’ensemble.

Ce groupement devra toutefois se structurer rapidement en une entité juridiquement consolidée, à l’image du GIE Ouvoimoja. Un délai d’environ six mois sera nécessaire pour atteindre un fonctionnement optimal, notamment en raison d’exigences spécifiques imposées par la CADEMA concernant certains véhicules. Ces derniers devront permettre aux passagers de voyager debout, en s’appuyant sur des supports, à l’instar de certains transports urbains en métropole, ce qui implique l’acquisition de matériel adapté.

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À Sada, la victoire du maire sortant contestée devant le tribunal administratif

À Sada, la victoire du maire sortant contestée devant le tribunal administratif
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Moins d’une semaine après le second tour des municipales du 22 mars, un électeur de la commune de Sada a saisi le tribunal administratif de Mayotte pour demander l’annulation du scrutin. Déposé le 27 mars, dans le délai légal de cinq jours, ce recours conteste les conditions dans lesquelles s’est déroulée l’élection remportée de justesse par le maire sortant, Houssamoudine Abdallah.

Avec 51,91 % des suffrages pour le maire sortant contre 48,09 % pour la liste conduite par Abdel-Lattuf Ibrahim, l’écart n’était que de quelques centaines de voix. Une victoire serrée, altérée selon le requérant par des « manœuvres » et des « irrégularités graves ».

Le document que nous avons pu consulter met en cause la communication du maire sortant en période préélectorale, notamment l’inauguration en présence de Manuel Valls de la Maison France Services en septembre 2025, alors même que le bâtiment n’était pas achevé. Des publications sur la page officielle de la commune, valorisant l’action municipale ou diffusant les vœux du maire, sont également pointées du doigt comme des opérations de promotion déguisée.

Mais c’est surtout le déroulement du scrutin qui cristallise les critiques. Le recours évoque une « organisation structurée et méthodique » aux abords des bureaux de vote, avec des partisans distribuant des enveloppes contenant déjà des bulletins, et une forme de pression sur des électeurs. Plusieurs procès-verbaux annexés font état de pénuries d’enveloppes ayant entraîné des interruptions de vote, ou encore d’urnes arrivées sans scellés. Autant d’éléments qui, selon le requérant, portent atteinte au secret du vote et à la régularité des opérations électorales.

Sur le terrain, ces dysfonctionnements n’ont pas échappé aux candidats. Abdel Lattuf Ibrahim, arrivé second, affirme ne pas être lié de prêt ou de loin à ce recours, mais reconnaît des « irrégularités évidentes ». « On avait l’impression d’être dans une élection africaine », lâche-t-il, évoquant notamment l’absence d’enveloppes en pleine matinée dans certains bureaux. « La préfecture en fournit autant que d’électeurs. Alors où sont-elles passées ? Et comment certaines personnes ont pu continuer à voter sans enveloppe ? »

« Il fallait s’y attendre », glisse l’ancien candidat en évoquant la composition des bureaux de vote, largement constitués selon lui de colistiers du maire sortant. Malgré ces constats, il explique ne pas avoir engagé de recours par manque d’énergie politique, préférant « s’en tenir aux résultats ».

Autre point sensible soulevé par le recours : l’évolution du corps électoral. En quelques mois, plusieurs bureaux de vote ont enregistré une hausse importante du nombre d’inscrits, parfois de plusieurs dizaines de personnes. Le document évoque des inscriptions réalisées dans des conditions opaques, avec des adresses imprécises, voire des dizaines d’électeurs domiciliés au même endroit. Des validations auraient été accordées sur la base de simples attestations d’hébergement, sans vérification approfondie.

« C’est une élection qui a été biaisée dès le début. […] Rien qu’au regard des innombrables inscriptions, on peut s’interroger. » pointe Abdel Lattuf Ibrahim.

Une habitante aurait déposé plainte au pénal après avoir découvert que son adresse avait été utilisée à son insu pour inscrire d’autres électeurs. Une information qui, si elle était confirmée, viendrait encore alourdir le dossier.

Le recours s’attaque aussi au financement de la campagne du maire sortant. Entre la cérémonie d’investiture, les meetings et les prestations audiovisuelles, les dépenses engagées dépasseraient le plafond autorisé pour une commune de la taille de Sada. Là encore, le requérant estime que ces pratiques ont pu influencer l’issue du scrutin.

Malgré la gravité des accusations, le maire élu ainsi que les autres candidats n’ont pas souhaité répondre à nos sollicitations.

Reste désormais la décision du tribunal administratif. Les juges disposent de trois mois pour examiner le recours et trancher. Dans une commune où l’écart de voix est resté très serré, l’issue de ce recours pourrait être déterminante pour l’avenir politique de Sada.

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Le barreau de Mayotte déclare une grève totale des activités pénales contre la réforme de la justice

Le barreau de Mayotte déclare une grève totale des activités pénales contre la réforme de la justice

L’Assemblée générale du barreau de Mayotte a adopté ce mardi 31 mars 2026 une motion exceptionnelle, annonçant une grève totale des activités pénales du 1er au 8 avril inclus. Cette décision fait suite à l’examen imminent, prévu le 13 avril, de la première partie du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes, issu du projet dit « SURE ».

Dans sa motion, le barreau dénonce un texte qui, selon lui, sape les fondements mêmes du procès pénal criminel. En particulier, le mécanisme de plaider coupable criminel inquiète : il permettrait de juger les crimes les plus graves uniquement sur l’aveu de l’accusé, sans audition de témoins ni d’experts, et sans jury populaire, dans le cadre d’une simple audience d’homologation.

Pour les avocats mahorais, cette réforme priverait accusés et victimes d’un procès public, contradictoire et légitime, et conduirait à une justice expéditive au détriment des victimes, dont la parole s’est si difficilement libérée.

Le barreau souligne également que le texte élargit les compétences des cours criminelles départementales sans créer de postes supplémentaires de magistrats ou de greffiers. Dans un département déjà sous-doté en moyens humains, une telle réforme serait inapplicable et inadaptée, et risquerait de transformer la loi en simple outil de gestion des dossiers criminels en attente.

Face à ces constats, les avocats de Mayotte ont décidé de suspendre toutes les activités pénales, incluant le juge des enfants, les tribunaux correctionnels, les CRPC, l’instruction et les JLD, ainsi que la permanence des gardes à vue et des rétentions administratives. Les activités civiles et administratives restent pour l’instant épargnées, mais l’Assemblée générale se réserve le droit d’élargir le mouvement lors de sa prochaine réunion, prévue le 8 avril.

Cette grève marque une mobilisation sans précédent du barreau de Mayotte, qui affirme ne pas vouloir être complice d’une dégradation organisée du service public de la justice. Les audiences prévues au cours de cette semaine seront donc fortement perturbées, laissant la justice pénale du département en suspens.

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Les équipes mobiles de sécurité réclament une prime de risque

Les équipes mobiles de sécurité réclament une prime de risque
Les équipes mobiles de sécurité de Mayotte réclament une prime de risque face aux violences, mais le rectorat explique qu’aucun dispositif n’existe et travaille plutôt sur des mesures de formation pour renforcer la sécurité.

Ce mardi 31 mars, près d’une centaine de membres du personnel du rectorat se sont réunis afin de manifester pour de meilleures conditions de travail. Parmi eux, les équipes mobiles de sécurité (EMS) demandent l’attribution d’une prime de risque, en raison des situations de violence auxquelles elles sont confrontées au sein des établissements.

Aux abords des établissements, elles se disent en première ligne face aux faits de violence dans les 33 établissements que compte Mayotte. Venues devant le rectorat, elles réclamaient une prime de risque. « Lors des événements de Kahani, c’est nous qui sommes en première ligne », évoquent deux agents. « Les parents d’élèves sont d’ailleurs plus rassurés de nous avoir devant les établissements. » poursuivent-ils. Vêtus de tee-shirts rouges, ils dénoncent un manque de reconnaissance de leur statut. « Les enseignants ont une prime de risque, les AED en ont une aussi, pourquoi pas nous ? On ne comprend pas », explique l’un d’eux.

Créées en 2012, les EMS ont pour rôle de « participer au maintien d’un climat scolaire serein », selon l’organigramme du rectorat. Elles sont rattachées à un directeur, lui-même directement relié au cabinet de la rectrice, Bérénice Hartmann, directrice de cabinet auprès de la rectrice Valérie Debuchy, qui a souhaité répondre à nos questions : « Ces équipes sont mobiles et déployées dans les établissements lorsqu’un incident survient. À Mayotte, le choix a été fait de les positionner de manière quasi permanente directement dans les établissements, plutôt qu’au rectorat. Elles peuvent ainsi être redéployées en fonction des tensions constatées. »

Des équipes mobilisées face à l’insécurité

Depuis septembre 2025, plusieurs opérations visant à renforcer la sécurité ont été mises en place par le rectorat. Des opérations de fouille sont menées afin de prévenir les incidents. Des sanctions collectives sont également établies en concertation avec les chefs d’établissement, les compagnies de transport scolaire et le procureur de la République. Plus récemment, des formations à la gestion des situations de crise ont été organisées, afin de tenter de réduire les faits de violence.

Face à la demande d’une prime de risque, la directrice de cabinet avance deux raisons qui ne permettent pas sa mise en place. La première est financière : « Il n’existe pas à ce jour de dispositif permettant l’attribution d’une prime de risque. » Aucune ligne budgétaire n’est donc prévue. La seconde tient à la nature de cette prime, liée aux situations de violence, qui pourrait être variable. « Une indemnité pourrait reconnaître un certain niveau d’exposition, mais une éventuelle revalorisation de la rémunération pourrait entraîner une diminution de ces indemnités lors d’un amenuisement des violences, ce qui poserait question », énonce-t-elle.

La directrice de cabinet auprès de la rectrice de Mayotte reconnaît néanmoins qu’une vigilance reste nécessaire et que les faits de violence aux abords des établissements ne doivent pas être banalisés.

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Comores : les militaires qui ont déserté à la Réunion auraient engagé un avocat

Comores : les militaires qui ont déserté à la Réunion auraient engagé un avocat

Le Directeur de cabinet chargé de la défense du gouvernement de l’Union des Comore n’a pas fait de commentaires sur cette désertion qui n’est pas une première pour des militaires de nationalité comorienne.

Du 20 au 30 mars, l’île de la Réunion accueillait les pays de la commission de l’océan Indien dans le cadre de l’exercice militaire Papangue 26. Cette rencontre réunit les militaires de la région, mais également ceux des États d’Afrique de l’Est, invités en tant qu’observateurs. Les Comores avaient envoyé son contingent composé d’une vingtaine d’éléments de l’armée. Malheureusement, au moins 6 ne sont pas rentrés ce week-end. Selon de nombreux titres de la Réunion, les militaires comoriens auraient pris la poudre d’escampette avant même la fin de l’exercice. On a appris que certains auraient déjà engagé un avocat pour les défendre. Nous avons tenté d’avoir une confirmation auprès de l’avocat en question, mais il n’a pas donné suite à nos sollicitations. Ce qui est certain, il ne fait aucun doute que la situation politique des Comores sera mise en avant pour essayer de faire capoter tout projet d’expulsion visant ces militaires. Des comoriens se déclarant membres « d’un gouvernement d’exil » auraient eux aussi contacté la préfecture de l’île de la Réunion afin d’obtenir une demande d’asile pour les déserteurs.

D’après nos confrères de Zinfos 974, il y a eu d’abord la fuite d’un groupe de cinq militaires, qui auraient bénéficié de l’aide présumée de la communauté comorienne. Puis deux autres, ont quitté leurs frères d’arme en catimini. Au total, près de 1200 hommes prenaient part à cette manœuvre coorganisée par Madagascar et la France. A Moroni, les autorités n’avaient pas commenté cette information qui fait le tour des réseaux depuis jeudi soir. Nous avons adressé depuis lundi à des proches du Directeur de cabinet en charge de la défense, Youssoufa Mohamed Ali, fidèle d’Azali Assoumani, mais on ne nous a jamais répondu, malgré l’accord de principe obtenu.

Visas annulés, enquête ouverte

Seulement dans un communiqué publié ce mardi matin, l’ambassade de France aux Comores a réagi pour la première fois depuis la révélation de cette affaire. La chancellerie qui a utilisé un ton amical, sans condamnation de l’acte, a donné plus de détails sur le chiffre exact, qui jusqu’ici variait d’un média à un autre. « À l’occasion de l’exercice Papangue 26, dix-neuf militaires comoriens, sélectionnés par les autorités nationales sur la base de leurs compétences, de leur expérience et de leur grade, ont pris part à cet entraînement. Des visas de courtoisie leur ont été délivrés par les autorités françaises. Sept de ces militaires ont quitté le cadre de l’exercice sans autorisation« , a indiqué, l’ambassade de France ajoutant que leurs visas ont, en conséquence, été annulés et ils se trouvent désormais en situation irrégulière sur le territoire français. Selon des sources de la Réunion, sur les sept militaires, deux d’entre eux auraient été interpellés par la police aux frontières et la gendarmerie réunionnaise. Un des militaires aurait été expulsé. Une enquête serait en cours pour « aide au séjour irrégulier« . Ce délit est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. Cette sanction s’applique à toute personne qui a facilité ou tenté de faciliter, par aide directe ou indirecte, l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d’un étranger en France.

Une fuite en 2018

Dans son communiqué, l’ambassade de France auprès de l’Union des Comores, assure que les autorités comoriennes « sont régulièrement informées de l’évolution de la situation« .  Papangue 26, est un exercice militaire réunissant les États membres de la Commission de l’océan indien à savoir Madagascar, les Comores, les Seychelles, l’île Maurice et la France. L’Afrique du Sud, l’Eswatini, le Malawi et la Tanzanie, ont aussi participé en qualité d’observateurs.   » L’édition 2026 de cet exercice s’est déroulée à La Réunion, sous l’organisation de la France, et a permis de rassembler des délégations militaires des pays partenaires afin de renforcer la coopération, l’interopérabilité et le partage d’expériences« , s’est félicitée l’ambassade de France à Moroni. Pendant ces manœuvres, les forces armées dans la zone sud de l’océan indien (Fazoi) ont essayé de renforcer leur cadre de coopération en guise de prévention au cas où une crise majeure frapperait la zone, telles les catastrophes naturelles, ou d’autres formes de troubles sécuritaires.  Au total, 7 bateaux, 9 aéronefs, un porte-hélicoptère amphibie étaient mobilisés. Pour rappel ce n’est pas la première fois que des militaires profitent d’une opération similaire pour rester clandestinement sur l’île de la Réunion.  En 2018, quatre militaires comoriens avaient pris la fuite, profitant d’une soirée qui leur avait été accordée la nuit du dernier jour de l’exercice. Des actes qui sont souvent salués par les frères d’armes restés au pays. D’ailleurs la désertion des 7 militaires comoriens la semaine dernière est vivement commentée dans les casernes.  » On soutient les déserteurs. Moi je ne serai pas revenu pour travailler dans ces conditions. Ceux qui ont retourné ne sont pas vus d’un bon œil« , a confié un jeune militaire, lundi à Flash Infos. Ce dernier a précisé que dans le contingent envoyé représenter les Comores à l’exercice Papangue 26, toutes les catégories étaient présentes, notamment deuxième classe ou encore des caporaux. La fuite des militaires comoriens intervient quatre ans presque après la rocambolesque désertion de 54 athlètes qui prenaient part à la ligue des champions de handball de l’océan indien, sur l’île de la Réunion. Seuls un coach et deux handballeurs sont rentrés à Moroni.  Le ministre des sports de l’époque a dû présenter des excuses à l’ambassade de France.

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PAC 2026 : ouverture de la télé-déclaration à Mayotte le 1er avril

PAC 2026 : ouverture de la télé-déclaration à Mayotte le 1er avril
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La préfecture de Mayotte annonce l’ouverture de la campagne de télé-déclaration des dossiers PAC 2026 du 1er avril au 18 mai. Les agriculteurs disposant d’un numéro PACAGE sont invités à effectuer leur demande d’aides via la plateforme TELEPAC.

Pour accompagner les exploitants, plusieurs permanences seront assurées sur le territoire, notamment à Coconi, Bandraboua, Combani, Mamoudzou et Mtsamboro. Les agriculteurs peuvent s’appuyer sur les organismes de service pour les aider dans leurs démarches.

Mayotte : un projet Erasmus+ pour ouvrir l’Europe aux jeunes

Mayotte : un projet Erasmus+ pour ouvrir l’Europe aux jeunes

À Mamoudzou, l’association Fuz’Ellipse annonce le lancement d’un projet de mobilité européenne destiné aux jeunes de Mayotte. Baptisée « Découvrir l’Europe : Ouvrir les Horizons pour la Jeunesse de Mayotte », cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme Erasmus+ DiscoverEU et débutera le 15 juillet 2026.

Le dispositif permettra à des jeunes âgés de 18 à 21 ans de traverser plusieurs pays européens en train. Au programme : découvertes culturelles, rencontres avec d’autres jeunes et visites d’infrastructures sportives. L’objectif est de renforcer l’autonomie, la confiance en soi et l’ouverture au monde. Fuz’Ellipse entend par ailleurs créer une dynamique locale en incitant les participants à partager leur vécu à leur retour. Les candidatures sont ouvertes.

Mayotte : un projet Erasmus+ pour ouvrir l’Europe aux jeunes

Une formation pour devenir observateur des mammifères marins

Une formation pour devenir observateur des mammifères marins

L’association Ceta’Maore lance sa première session 2026 de formation « Observateur en mer », ouverte à tous les passionnés de l’océan. Celle-ci se tiendra le lundi 13 avril, de 8h à 13h, dans la salle Code de la DEALM à M’tsapéré. Accessible au grand public, cette formation d’une demi-journée constitue un passage obligatoire pour participer aux sorties scientifiques organisées en mer par l’association. Les participants y découvriront les espèces de mammifères marins présentes à Mayotte et dans l’océan Indien, ainsi que les méthodes de collecte de données utilisées dans le cadre du programme WUJUA (« connaître » en shimaoré). Ces sorties, encadrées ou réalisées en autonomie avec des prestataires nautiques, visent à enrichir les connaissances scientifiques grâce à l’observation, l’acoustique et la photo-identification. Depuis 2023, plus de 60 missions ont permis d’observer plus de 200 groupes appartenant à 13 espèces différentes autour de l’île. Avec cette nouvelle session, Ceta’Maore espère former de nouveaux bénévoles afin de poursuivre la collecte de données en 2026. L’inscription est ouverte à tous, sous réserve d’adhésion à l’association.

Reprise de la collecte des ordures ménagères à Mamoudzou

Reprise de la collecte des ordures ménagères à Mamoudzou

Les quartiers Hauts Vallons, Kawéni, Cavani, Mtsapéré, Doujani, Passamaïnty et Vahibé vont renouer avec la propreté à partir de ce lundi matin. Les ordures ménagères qui n’étaient plus ramassées par le SIDEVAM depuis plusieurs semaines le seront à nouveau selon un communiqué de la CADEMA (communauté d’agglomération). Dès ce lundi 30 mars 2026, les habitants sont invités à sortir leurs poubelles aux horaires habituelles, la collecte s’opérera à partir de 14 heures. Pour ce qui concerne le reste de les localités sud de la CADEMA (Tsoundzou 1 et 2, Hironi Bé, Tsararano, Ongojou, Illoni et Hajangoua), les habitants sont informés que la collecte sera assurée dans la matinée de 6 heures à 14 heures.

Le flash infos du jour

Flash infos Mayotte du Mardi 12 mai 2026
Mardi 12 mai 2026

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes