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Appel à la solidarité pour Matoungou Saïd Charabati, fondatrice de la Maison Snoezelen de Mayotte

Appel à la solidarité pour Matoungou Saïd Charabati, fondatrice de la Maison Snoezelen de Mayotte

Matoungou Saïd Charabati, la fondatrice de la société Maison Snoezelen de Mayotte, située à Mtsamboro, propose des prestations axées sur le bien-être, la détente et l’accompagnement en santé mentale de la population. La Maison Snoezelen de Mayotte intervient sur l’ensemble du territoire, en se déplaçant au plus près des personnes.

Invitée à une conférence internationale à Philadelphie par Snoezelen International, Matoungou Saïd Charabati fait face à des difficultés pour financer son billet d’avion. La fondatrice de la Maison Snoezelen de Mayotte lance ainsi un appel à la solidarité.

 Flash Infos : Quelles sont les raisons qui expliquent les difficultés pour financer votre billet d’avion pour Philadelphie ?

Matoungou Saïd Charabati : Nous rencontrons beaucoup de difficultés depuis le passage du cyclone chido. Parce qu’on a quand même eu une suspension de l’activité pendant plusieurs mois, en attendant que nos clients se remettent en forme et qu’ils puissent revenir. Ça nous a handicapés, parce que j’ai déjà des salariés. J’ai trois salariés, deux en CDI et une stagiaire en ressources humaines.

Ce qui fait qu’aujourd’hui, ça va faire… avec l’invitation, une belle opportunité de représenter Mayotte et de montrer à Mayotte également que la méthode du Snoezelen est bénéfique pour les Mahorais. Tous les gens ont besoin de se poser, de lâcher prise, d’enlever le stress, les fracas qui sont dans la tête. Donc, c’est bénéfique pour la population.

Il y aura aussi le magasin Snoezelen qui va bientôt ouvrir. C’est l’occasion d’aller voir les investisseurs, les chercheurs et créer mon réseau international.

F.I : Donc, l’objectif est avant tout de vous former. Justement, quelle a été l’issue de votre démarche auprès d’Air Austral ?

M.S.C : Au niveau d’Air Austral, les billets sont à 2500 euros de Mayotte à Philadelphie, pour une personne. Je souhaite un vol direct ; ils me disent que si on ne paye pas les billets d’ici le 24 septembre, on ne pourra pas avoir le vol direct. On aura plutôt des escales dans des endroits que je ne connais pas, où je ne suis jamais allée. Donc, l’objectif, c’est de pouvoir avoir les billets d’avion.

Avoir également un peu de finances pour tous les transports, l’hébergement et la nourriture pendant le séjour à Philadelphie. C’est moi qui dois m’en occuper, il n’y a personne derrière. Il n’y a pas les institutions ; malgré que j’aie fait appel, la préfecture m’a fait un mail me disant qu’ils ne peuvent pas accompagner des démarches personnelles. Le conseil départemental ne s’est pas prononcé. L’intercommunalité qui m’a contactée ce matin pour que je puisse envoyer l’appel à projet.

F.I : c’est donc pour cette raison que vous avez ouvert une cagnotte, afin de récolter les fonds nécessaires au financement de votre billet d’avion ?  

M.S.C : Au niveau de la cagnotte, il n’y a pas beaucoup d’interventions. On est aujourd’hui à 200 euros de récoltés. J’ai vraiment besoin que ce soit les institutions pour pouvoir faire connaître Mayotte à l’international.

F.I : Comment peut-on accéder à la cagnotte et, pour celles et ceux qui souhaitent vous soutenir, comment peuvent-ils y contribuer ?  

M.S.C : La cagnotte est accessible via un lien que nous avons partagé sur l’ensemble de nos réseaux sociaux. Kweli Médias a également relayé l’information à travers une publication, tout comme Tahira Évents, qui a aussi partagé la cagnotte.

Il y a également Anchya Bamana, qui a réalisé une vidéo pour relayer mon appel à la solidarité. Cette vidéo circule actuellement sur les réseaux sociaux et invite les personnes qui le souhaitent à me soutenir de m’apporter leur aide. On essaie vraiment de communiquer, mais ça reste compliqué.

F.I : Vous souhaitez absolument bénéficier d’un vol direct. Mais si, d’ici le 24 septembre, vous ne parvenez pas à réunir les fonds nécessaires, seriez-vous tout de même prête à prendre un vol avec escale afin de pouvoir vous rendre à la conférence à Philadelphie ?

M.S.C : On n’aura pas le choix. On sera obligés de prendre les escales. Mais il faut savoir que ça aurait été mieux d’avoir le vol direct parce qu’on part d’un endroit à une destination. C’est le plus simple pour des personnes qui ne connaissent pas les lieux. Puis, là-bas, ils sont occupés à organiser la conférence. Ils n’auront pas le temps de s’occuper de nous au niveau du trajet.

F.I : Une fois arrivée à Philadelphie, comment va se dérouler votre séjour, notamment en ce qui concerne votre hébergement sur place ?

M.S.C : J’ai demandé aux personnes de bien vouloir m’envoyer un devis pour tout ce qui est transport, nos déplacements, l’hébergement et la nourriture, mais la dame avec laquelle on échange m’a écrit un message expliquant, qu’elle ne pourra pas forcément s’en occuper parce qu’elle n’est pas sur place. Elle m’a plutôt orientée plutôt vers deux personnes avec lesquelles on a déjà échangé, Anthony et David, qui sont organisateurs.

Je ne suis pas sûre qu’ils me donnent exactement ce qu’il faut, parce qu’elle m’a quand même orientée vers un service de réservation pour qu’on puisse réserver de tout ce qui est hôtels et autres. Sachant également qu’il y a plusieurs pays qui seront à Philadelphie, ce sont des choses à prendre en compte le plus tôt possible.

F.I : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur cette conférence ?

M.S.C : Ça sera sur le concept Snoezelen. Nous allons, pour Mayotte, présenter sur le  “Snoezelen au cœur de Mayotte”. J’ai déjà commencé à rédiger le dossier que je vais présenter pour avoir des investisseurs, des professionnels qui acceptent de nous aider pour le développement de la maison Snoezelen. Il n’y avait pas encore le cyclone, il existait déjà.

Mais aujourd’hui, le cyclone a amplifié les choses. Il y a encore des situations au niveau des logements qui n’ont pas été réglées. Tout ça engendre des problèmes mentaux. Donc, avoir des personnes qui comprennent la situation de Mayotte et qui acceptent de développer Mayotte dans le domaine de la détente, ça permet tout simplement d’améliorer la santé mentale, d’aider les personnes à aller mieux en attendant qu’elles puissent avoir des professionnels médicaux.

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« N’oublier personne, y compris ceux dont la mémoire commence à s’effacer » : dix ans d’action pour France Alzheimer Mayotte

« N’oublier personne, y compris ceux dont la mémoire commence à s’effacer » : dix ans d’action pour France Alzheimer Mayotte
Le stand consacré au sport adapté, animé par Georgius Gruchet, ethnopsychologue, et Toyfa Mattoir, ostéopathe.

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France Alzheimer Mayotte organisait, dimanche 20 et lundi 21 septembre à Chiconi, sa dixième édition de la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées. Créée il y a dix ans, l’association compte aujourd’hui plus de 70 adhérents et estime à environ 140 le nombre de personnes diagnostiquées chaque année sur le territoire.

Stands d’information, accompagnement des familles, bien-être, sport adapté ou encore lien intergénérationnel : toute la journée, France Alzheimer Mayotte (FRAM) a investi Chiconi pour faire connaître les maladies neurocognitives, mais aussi les solutions existantes pour les malades et leurs proches. L’association, créée en avril 2016 à l’initiative de familles concernées, fête cette année ses dix ans.

Un anniversaire qui permet de mesurer le chemin parcouru, mais surtout les besoins qui restent à couvrir. « Aujourd’hui, France Alzheimer Mayotte compte plus de 70 adhérents. Dans le même temps, ce sont environ plus de 140 personnes qui sont diagnostiquées chaque année », souligne son président, Aboubacari Babou. Derrière chaque malade, insiste l’association, c’est aussi tout un entourage qui doit apprendre à s’adapter et à accompagner. « Une personne malade, c’est toute la famille qui a besoin d’aide », affirme Zalia Hamada Faki, directrice de France Alzheimer Mayotte.

« N’oublier personne, y compris ceux dont la mémoire commence à s’effacer » : dix ans d’action pour France Alzheimer Mayotte
« Ai-je croisé ce visage un beau soir ? » : Zalia Hamada Faki, directrice de France Alzheimer Mayotte, ouvre à Chiconi la dixième Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées par une mise en scène percutante.

À Mayotte, le poids important des maladies vasculaires

La journée a aussi permis de rappeler une spécificité du territoire. À Mayotte, la maladie d’Alzheimer n’est pas la principale cause des troubles de la mémoire observés chez les patients. « Comme dans l’ensemble des îles de l’océan Indien, c’est surtout les troubles neurocognitifs d’origine vasculaire », explique Richard Gnassounou, neuropsychologue intervenant auprès de France Alzheimer Mayotte. En clair, l’hypertension, le diabète ou encore le cholestérol peuvent endommager les vaisseaux sanguins du cerveau et augmenter le risque d’AVC. Ces atteintes peuvent ensuite provoquer des troubles de la mémoire ou favoriser l’apparition plus précoce d’une maladie d’Alzheimer qui se serait déclarée plusieurs années plus tard.

D’où l’importance de la prévention, insiste la neurologue Bénédicte Desfontaines. Prendre en charge un diabète, lutter contre le surpoids ou la sédentarité, faire contrôler sa tension, permet aussi de protéger son cerveau. « Le problème de l’hypertension artérielle, c’est que c’est silencieux », rappelle-t-elle : on peut se sentir en bonne santé tout en ayant une tension trop élevée pendant des années. La spécialiste appelle donc à agir bien avant l’apparition des premiers troubles de mémoire, notamment en faisant surveiller sa tension et en limitant sa consommation de sucre.

Pas de neurologue permanent à Mayotte

Mais lorsque les premiers troubles de mémoire apparaissent, encore faut-il pouvoir accéder à un diagnostic. « Il n’y a pas de neurologue installé sur l’île », rappelle Bénédicte Desfontaines. Face à cette absence, France Alzheimer Mayotte a développé depuis plusieurs années une organisation à distance avec des spécialistes basés hors du territoire.

Les patients peuvent ainsi réaliser un bilan neuropsychologique par téléconsultation depuis les locaux de l’association. Richard Gnassounou, basé à La Réunion, réalise les tests à distance avant d’échanger avec la neurologue, installée à Paris, afin d’établir le diagnostic. Des visites à domicile sont également organisées tous les deux mois à Mayotte pour les personnes qui ne peuvent pas se déplacer.

L’enjeu est notamment de ne pas attendre que les difficultés deviennent trop importantes. Oublier occasionnellement un mot ou prendre davantage de temps avec l’âge ne suffit pas à caractériser une maladie, rappelle le neuropsychologue. C’est surtout la répétition des troubles et leur impact sur l’autonomie quotidienne qui doivent alerter. « À partir du moment où on n’arrive plus à être adapté dans son quotidien, là on rentre dans le pathologique », explique-t-il.

Développer l’accompagnement au plus près des familles

France Alzheimer Mayotte a progressivement élargi son activité au-delà du diagnostic. L’association propose notamment des formations aux aidants et aux professionnels, des groupes de parole, des visites à domicile, de la gymnastique adaptée ou encore des activités autour de son jardin thérapeutique. Elle s’appuie également sur un accueil de jour médico-social ouvert à Acoua en 2022 et sur deux bus itinérants, chargés d’aller au plus près des habitants.

Pour son président, l’objectif des prochaines années tient en trois mots : « Agir, soutenir, défendre ». L’association souhaite mieux faire connaître les troubles cognitifs, renforcer l’aide apportée aux familles et adapter davantage ses outils aux réalités mahoraises, notamment grâce à des informations disponibles en shimaoré et en kibushi.

À Chiconi, la journée mondiale avait ainsi autant vocation à parler de maladie que d’isolement. Le maire de Chiconi a ainsi appelé à « faire en sorte que Mayotte soit un département qui n’oublie personne, y compris ceux dont la mémoire commence à s’effacer ».

Assises de la Sécurité et de la citoyenneté 2026 : s’adapter aux nouvelles formes de délinquance à Mayotte

Assises de la Sécurité et de la citoyenneté 2026 : s’adapter aux nouvelles formes de délinquance à Mayotte
Les représentants des différents partenaires des Assises ont tenu une conférence de presse vendredi dernier

Six ans après une première édition qui avait réuni près de 2 000 participants et fait émerger 76 propositions, les Assises de la sécurité et de la citoyenneté de Mayotte reviennent du 21 au 24 septembre à Mamoudzou. Vendredi, les partenaires institutionnels ont dressé le bilan des actions menées depuis 2020 et présenté cette deuxième édition, avec un mot d’ordre : adapter les réponses aux nouvelles réalités du territoire et déboucher sur des engagements concrets.

« En 2020, nous avons fait le choix de ne plus subir et de réunir toutes les forces du territoire pour agir », a rappelé vendredi le maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaïla, lors de la conférence de presse de présentation des deuxièmes Assises de la sécurité et de la citoyenneté. Depuis,  « beaucoup d’actions ont été engagées et beaucoup de choses ont changé », mais Mayotte a également traversé plusieurs crises et les problématiques de sécurité ont évolué. « L’insécurité n’est pas une fatalité », a-t-il insisté.

Organisée par la Ville de Mamoudzou, la préfecture, le Département-Région, l’Association des maires de Mayotte et la Cadema, cette deuxième édition entend donc repartir du travail engagé en 2020 pour déterminer ce qui doit être poursuivi, modifié ou renforcé.

35 actions issues des premières Assises

Les premières Assises avaient débouché sur un plan partenarial de 35 actions réparties autour de huit thématiques. Six ans plus tard, le bilan présenté vendredi fait état de sept actions réalisées, six engagées, six en cours et seize restant à documenter. Parmi les réalisations figurent notamment le développement de la vidéoprotection, les dispositifs de médiation et de prévention, les actions de soutien à la parentalité ou encore les groupements parentaux d’opération.

À Mamoudzou, la sécurité a représenté d’importants investissements, avec notamment l’extension du réseau de vidéoprotection, le renforcement des effectifs de sécurité et la création de dispositifs de prévention. Mais les organisateurs reconnaissent eux-mêmes que le bilan reste « perfectible », notamment en matière de suivi et d’indicateurs permettant de mesurer précisément les résultats.

Pour Soihibou Hamada, premier vice-président de la Cadema, la réponse ne peut de toute façon venir d’un seul acteur. État, collectivités, associations et familles doivent agir ensemble sur la prévention, l’éducation, l’insertion, l’emploi, l’aménagement des quartiers et le lien social, avant d’en arriver, lorsque cela est nécessaire, à la sanction. « Chacun de ces partenaires possède une partie de la réponse, la collaboration de tous est donc indispensable », martèle-t-il. L’objectif affiché pour cette deuxième édition est clair : « moins de constats et plus d’actions », avec des priorités identifiées, des responsables désignés, des délais et des résultats mesurables.

Les “problèmes de papiers” des jeunes également au cœur des débats

La question de la jeunesse devrait occuper une place importante dans les échanges. Le maire de Mamoudzou a notamment évoqué le cas de jeunes bacheliers admis dans des formations supérieures hors de Mayotte mais empêchés de quitter le territoire en raison de leur titre de séjour territorialisé. Dans « le meilleur des cas »,  car beaucoup n’ont simplement « pas de papiers tout court », territorialisé ou pas, alors même qu’ils réunissent toutes les conditions nécessaires à l’obtention, à minima, d’un titre de séjour qui leur permettrait d’au moins pouvoir suivre les formations supérieures  disponibles à Mayotte. Le maire tient une permanence les vendredi pour recevoir ces jeunes, dont certains ont été reçus avec la mention « très bien » au bac, mais qui se retrouvent malgré tout « privés de perspectives d’avenir », selon les mots d’Ambdilwahedou Soumaila. « On ne peut plus mettre ça sous le tapis », a-t-il estimé, plaidant notamment pour davantage de titres de séjour accordés aux jeunes remplissant les conditions nécessaires. Selon lui, le problème ne peut cependant pas être réglé au cas par cas et nécessite une réponse de la préfecture. L’un des quatre ateliers des Assises sera justement consacré à l’accompagnement des situations administratives liées au droit au séjour.

La prise en charge des mineurs isolés et des jeunes présents la nuit dans les rues fait également partie des préoccupations. La Ville a notamment déployé des médiateurs de nuit chargés d’aller à leur rencontre. Pour Houssamoudine Abdallah, secrétaire général de l’Association des maires de Mayotte, face à une délinquance « très mobile » qui s’adapte en permanence, les pouvoirs publics doivent eux aussi continuellement faire évoluer leurs réponses. Il a également rappelé le rôle de l’éducation, de la transmission des valeurs et de la responsabilité des familles.

Quatre ateliers ouverts à tous

Du lundi 21 au jeudi 24 septembre, les Assises mêleront ateliers, débats, témoignages et actions de terrain. La population est notamment invitée à participer aux quatre ateliers thématiques consacrés aux conflits intervillages et à la sécurité du quotidien, au droit au séjour, à l’aménagement du territoire et aux ruptures sociales et familiales. Ils sont gratuits et ouverts à tous dans la limite des places disponibles.

Le Village citoyen, organisé jeudi après-midi place de la République à Mamoudzou, permettra également aux habitants de rencontrer les acteurs du territoire et de proposer leurs propres solutions. Une place accordée à la parole citoyenne que les organisateurs veulent centrale dans cette nouvelle édition. Les conclusions des quatre ateliers seront restituées jeudi 24 septembre.

Programme destiné au public et inscriptions : www.mamoudzou.yt/evenements/2emes-assises-de-la-securite-et-de-la-citoyennete-de-mayotte/

Les Assises de la sécurité et de la citoyenneté cherchent des réponses à la délinquance

Les Assises de la sécurité et de la citoyenneté cherchent des réponses à la délinquance
Dans les échanges, le cas des pères qui ne reconnaissent pas leur enfant a été cité comme l’un des facteurs pouvant fragiliser les parcours familiaux et contribuer aux difficultés sociales rencontrées par certains jeunes à Mayotte.

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Le 21 septembre 2026, à Mtsapéré, s’est ouverte la 2e édition des Assises de la sécurité et de la citoyenneté de Mayotte. Des élus, des directeurs généraux des services, des acteurs associatifs et des chercheurs étaient réunis pour partager leurs observations et réfléchir aux réponses à apporter face à une délinquance devenue presque quotidienne dans le 101e département français.

« Ceux qui sèment le désordre sont organisés en réseau. Il faut donc que nous aussi, nous nous organisions, partout. », a ouvert le maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaïla, Le 21 septembre 2026, à Mtsapéré ou s’est ouverte la 2e édition des Assises de la sécurité et de la citoyenneté de Mayotte. les échanges en appelant à une meilleure coordination entre les communes. « La situation nous impose de travailler ensemble. Notre responsabilité est de créer les conditions pour y parvenir », a-t-il ajouté, en plaidant pour la mise en place d’actions intercommunales et d’un travail partenarial avec les services du Département. Selon l’élu, des réponses commencent à émerger, mais nécessitent une mobilisation collective.

Un manque de données sur le territoire

Les échanges se sont poursuivis avec l’intervention du sociologue Faisoil Soilihi, spécialiste de Mayotte et de la sociologie du développement économique. Il a insisté sur le manque de données disponibles pour mesurer précisément les phénomènes sociaux et la délinquance sur le territoire.

Le chercheur est notamment revenu sur l’histoire des migrations à Mayotte, en particulier sur l’arrivée de populations comoriennes fuyant le régime d’Ali Soilih. Selon lui, ces mouvements ont progressivement modifié la composition démographique et sociale de l’île.

Il faut mettre en place une plateforme d’aide à la décision. il faut disposer d’outils pour agir de manière pérenne sur le plan social

Les données de l’Insee montrent qu’en 2024, 8 910 enfants sont nés de mères domiciliées à Mayotte. Parmi ces naissances, environ 75% étaient issues de mères de nationalité étrangère, principalement comorienne et malgache. L’Insee indique également que l’âge moyen à l’accouchement était de 29 ans en 2024 à Mayotte, contre 31,2 ans dans l’Hexagone. La population mahoraise demeure particulièrement jeune. Selon l’Insee, l’âge moyen de l’ensemble de la population était de 23 ans, contre 41 ans en France métropolitaine.

Faisoil Soilihi a également évoqué les difficultés liées à la pauvreté, à l’insalubrité, à la monoparentalité et à l’absence de solidarité familiale. Ces facteurs peuvent fragiliser les parcours des enfants et des adolescents, notamment lorsque les parents sont absents ou rencontrent eux-mêmes des difficultés administratives et économiques. Le sociologue a appelé à mieux collecter et traiter les données afin d’aider les élus et les acteurs publics à prendre des décisions adaptées. « Il faut mettre en place une plateforme d’aide à la décision. Une fois que l’on sait ce qui se passe, il faut disposer de méthodes et d’outils pour agir de manière pérenne sur le plan social », a-t-il expliqué.

Plusieurs profils de jeunes concernés

Le géographe Ousseni Zourdane a ensuite présenté plusieurs profils de jeunes susceptibles de se retrouver en situation de rupture ou de basculer dans la délinquance. Il a évoqué les enfants dont les parents ne sont jamais venus à Mayotte, ceux dont les parents ont été expulsés, ainsi que les jeunes nés à Mayotte qui n’ont pas obtenu la nationalité française. Il a également cité les jeunes qui poursuivent leur scolarité jusqu’au baccalauréat, mais restent ensuite bloqués dans leur parcours, les enfants français dont le père a refusé de reconnaître la naissance et les jeunes en situation de décrochage scolaire.

« À Mayotte, nous peinons encore à mesurer le nombre de jeunes impliqués dans des actes de délinquance », a résumé un intervenant. Les intervenants ont aussi évoqué les conflits intercommunautaires, les addictions, les agressions et les cambriolages. Ils soulignent toutefois la difficulté à quantifier précisément le nombre de jeunes concernés par ces phénomènes.

Pour y parvenir, les associations, les maires, les services de l’État et la préfecture devront être associés à la réflexion. Les participants ont également insisté sur la nécessité d’une politique migratoire claire et d’une stratégie globale pour le territoire.

L’insertion comme réponse ?

Plusieurs intervenants ont présenté des initiatives destinées à favoriser l’insertion sociale et professionnel des jeunes. L’association Bien’Vaillante a notamment accompagné d’anciens “casseurs de voitures” vers une activité de lavage automobile dans le village de Combani. Renaldi, fondateur de l’association Le Maki Bleu, propose quant à lui un système fondé sur le bénévolat. Les jeunes peuvent effectuer des heures auprès d’associations reconnues de l’île. Cette expérience peut ensuite les aider à financer leur permis de conduire et à construire un projet professionnel. « L’expérience du bénévolat m’a changée. Je souhaite maintenant en faire profiter d’autres jeunes », a-t-il expliqué. Pour les participants, la formation et l’accès à l’emploi constituent des leviers essentiels. Plusieurs pistes ont été citées, notamment l’apprentissage d’un métier, l’artisanat, le bâtiment et les travaux publics, l’aquaculture et la logistique.

Les échanges ont enfin fait ressortir un constat partagé : les acteurs locaux doivent multiplier les initiatives et travailler davantage ensemble. « Nous n’avons pas encore toutes les solutions, mais nous devons arrêter l’hypocrisie et agir », a résumé un directeur général des services présent aux assises.

À Tsingoni, les fouilles archéologiques racontent une nouvelle histoire de la plus ancienne mosquée de France

À Tsingoni, les fouilles archéologiques racontent une nouvelle histoire de la plus ancienne mosquée de France
L’archéologue Justine Saadi a fait un bilan des fouilles de 2023 au pied de la mosquée à l’occasion des JEP

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À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, l’archéologue Justine Saadi, de l’Inrap, est revenue samedi matin sur les résultats des fouilles menées en 2023 dans la mosquée de Tsingoni. Devant les habitants, les « sages » de la commune, le préfet, le maire, plusieurs élus du Conseil départemental ainsi que le directeur des affaires culturelles, elle a retracé les différentes vies d’un édifice désormais daté de trois siècles plus tôt qu’on ne le pensait.

Samedi matin, c’est au pied même de la mosquée de Tsingoni que Justine Saadi a raconté ce que les archéologues avaient découvert sous ses murs. Une restitution organisée dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, en présence notamment du préfet de Mayotte, du maire de Tsingoni, d’élus du Conseil départemental, du directeur des affaires culturelles ainsi que des « sages » de la commune, pour lesquels la conférence était traduite.

Trois ans après les fouilles, l’une des principales découvertes peut se résumer en une phrase : « Ce qu’il y a de nouveau sur la mosquée de Tsingoni, c’est qu’on l’a vieillie de trois siècles », explique l’archéologue. Jusqu’alors, son histoire était principalement rattachée à la date de 1538, inscrite sur son célèbre mihrab. Les fouilles réalisées en 2023, complétées par le travail de post-fouille, ont finalement permis de faire remonter la première mosquée en pierre aux XIIe-XIIIe siècles. L’Inrap situe plus précisément son édification au XIIIe siècle.

Et si une autre mosquée se cachait encore dessous ?

L’histoire pourrait même être plus ancienne. À près de deux mètres de profondeur, les archéologues ont retrouvé un niveau de chaux pouvant témoigner d’une construction antérieure. Impossible cependant de l’affirmer : contrairement à des sites archéologiques abandonnés, les chercheurs ne pouvaient évidemment pas démonter les murs d’une mosquée toujours debout pour aller voir ce qui se cachait dessous.

« On a une phase hypothétique qui reste à prouver, antérieure au XIIe siècle, qui peut être interprétée avec des matériaux périssables. Donc peut-être une mosquée construite avec une architecture de bois et de terre », insiste Justine Saadi.

Une hypothèse qui trouve toutefois des points de comparaison sur la côte est-africaine. Sur certains sites swahilis, plusieurs édifices religieux en bois et en terre se sont ainsi succédé avant leur reconstruction en pierre.

La première mosquée en pierre identifiée à Tsingoni était, elle, bien plus petite que celle que connaissent aujourd’hui les habitants. Sa salle de prière était organisée autour de deux rangées de trois piliers en bois et entourée d’espaces extérieurs couverts. Une possible zone réservée aux ablutions a également été mise au jour. Corail et grès de plage étaient notamment employés pour ses maçonneries.

Un édifice transformé au fil des siècles

Les vestiges permettent ensuite de suivre les transformations successives de la mosquée. Au XIVe siècle, les archéologues relèvent notamment les traces d’un incendie et une modification de l’organisation de la salle de prière.

Une transformation beaucoup plus importante intervient aux XVe et XVIe siècles, lorsque Tsingoni devient capitale du sultanat de Mayotte. L’édifice est alors monumentalisé et c’est à cette période qu’apparaît le fameux mihrab daté de 1538. Une date qui n’est donc plus celle de la naissance de la mosquée, mais celle de l’une des nombreuses étapes de son histoire.

Après une période d’abandon, la mosquée est de nouveau investie et reconstruite. Toiture à double pente, minaret puis extension de la salle de prière viennent progressivement lui donner la physionomie que nous lui connaissons aujourd’hui.

Les fouilles de 2023 n’ont d’ailleurs pas seulement intéressé les archéologues. Des scolaires avaient également été invités à visiter le chantier, leur permettant de découvrir directement les vestiges et le travail réalisé sur place.

Des textes cachés pour protéger la mosquée

Parmi les découvertes présentées samedi, certaines racontent aussi une histoire plus intime de l’édifice. Dans les maçonneries ont notamment été retrouvés des fragments de Coran ainsi qu’un clou provenant d’un état plus ancien de la mosquée. Une petite fiole contenant un texte en arabe non vocalisé a également été découverte.

« Je pense vraiment que là, c’est dans le but de protéger. On demande à Allah de protéger la mosquée, de protéger ce nouvel édifice », explique Justine Saadi. Le texte contenu dans la fiole énumère également plusieurs personnes du village pour lesquelles une protection semble être demandée.

Les fragments ont depuis été conservés, restaurés, transcrits et traduits. Mais pour comprendre pleinement le geste qui a conduit à leur dépôt, l’archéologue souhaite également faire appel aux habitants de Tsingoni, aux cadis et aux imams. Une manière de confronter les résultats scientifiques aux savoirs et à la mémoire locale.

Après les fouilles, Chido

Cette plongée dans plusieurs siècles d’histoire intervient alors que la mosquée connaît elle-même un nouvel épisode mouvementé. Les fouilles de 2023 avaient été réalisées dans le cadre du vaste chantier de restauration du monument historique. Mais alors que celui-ci était engagé, le cyclone Chido a arraché la toiture de la mosquée le 14 décembre 2024, imposant de nouvelles interventions sur l’édifice.

Samedi, les habitants pouvaient donc découvrir ce que les travaux entrepris avant le cyclone avaient permis de révéler. Les objets présentés le matin à Tsingoni devaient ensuite rejoindre l’hémicycle du Conseil départemental dans l’après-midi avant de repartir vers les Archives départementales.

Comores : le parti au pouvoir accusé de blanchiment d’argent par un ancien ministre

Comores : le parti au pouvoir accusé de blanchiment d’argent par un ancien ministre

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Mahamoud Salim Hafi avait cité nommément le secrétaire national et la trésorière de la convention pour le renouveau des Comores, les soupçonnant de couvrir des opérations financières suspectes dans le compte du parti domicilié à Exim Bank Comores, qui a démenti l’information. 

Du rififi au sein du parti au pouvoir en conflit avec l’un de ses cardes. Après avoir accusé sa famille politique de pratiques financières douteuses, l’ancien ministre de l’éducation, Mahamoud Salim Hafi est visée par une action judicaire. Une citation à comparaître directe de la convention pour le renouveau des Comores (Crc) lui a été adressée. Dans une émission avec le média en ligne Fcbk Fm, diffusée le 17 septembre, l’ex-secrétaire général adjoint du gouvernement a ouvertement dénoncé des mouvements suspects opérés depuis le compte bancaire du parti au pouvoir. Selon M. Hafi, le parti du président Azali Assoumani recevrait des financements douteux et ce depuis 2023.

Il a également affirmé, documents à l’appui, que l’argent qui transite dans le compte du parti, domicilié à Exim Bank Comores, était par la suite redistribué à certains membres de la formation politique lequel règne sans partage sur l’archipel depuis 2016.  L’ancien ministre n’a en revanche pas désigné les bénéficiaires des virements, tout en pointant deux personnes en particulier, à savoir le secrétaire national du parti, Youssouf Mohamed Ali et Najda Saïd Abdallah, qui occupe la fonction de trésorière.

Ces derniers se sentant visés, ont formulé la plainte avec le parti contre Salim Hafi qui aurait refusé de la réceptionner, estimant que les deux membres n’ont légalement pas le droit d’intenter une action au nom du parti car leur mandat aurait expiré. Dans son intervention, Hafi n’a pas avancé de montant, mais a assuré qu’il s’agit des sommes à dix chiffres. Dans une conférence de presse organisée hier, Maitre Idrisse Mze Mogne, dont le cabinet conseille les deux plaignants dont Najda actuelle directrice de la société nationale de distribution de l’eau a regretté l’attitude de M Hafi.

Audience jeudi

D’après l’avocat du parti au pouvoir, l’ancien ministre est attendu le jeudi 25 septembre devant le tribunal correctionnel de Moroni pour répondre des faits d’injures, divulgation de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées.  » Il n’avait qu’à prendre la citation à comparaitre pour venir divulguer les preuves dont ils disposent car mes clients assurent que les propos tenus sont infondés« , a poursuivi Maitre Idrisse.

Samedi, quelques heures après la diffusion de l’émission, Exim Bank Comores, a réagi à cette sortie médiatique.  » Exim Bank Comores a pris connaissance d’informations diffusées publiquement faisant état de l’existence supposée d’un compte bancaire ouvert au nom de la Convention pour le renouveau des Comores (Crc) auprès de son établissement, ainsi que de prétendues opérations financières qui auraient transité par ce compte. Nous dénonçons avec la plus grande fermeté les allégations mensongères diffusées sur certains réseaux sociaux« , a déclaré la filiale de la banque Tanzanienne sur Facebook tout en portant à la connaissance du public et de sa clientèle que  » les informations circulant actuellement sur certains réseaux sociaux, l’accusant de faits de blanchiment d’argent ou de participation à des activités financières illicites, sont totalement fausses, diffamatoires et dénuées de tout fondement« .

Une sortie médiatique de juillet

La Banque dont le directeur général depuis plus de 10 ans, a rendu sa démission fin juillet, dit rejeter catégoriquement ces accusations malveillantes qui portent gravement atteinte à sa réputation, à son intégrité et à la confiance qu’elle a bâtie au fil des années auprès de sa clientèle et de ses partenaires. Le parti au pouvoir a aussi publié un communiqué ce lundi à ce sujet, niant l’existence d’un compte chez Exim Bank.  » Suite aux allégations portées par Mahamoud Salim Hafi, la Convention pour le Renouveau des Comores (CRC) tient à démentir formellement l’information selon laquelle le Parti CRC aurait un compte bancaire auprès d’Exim Bank Comores. Afin de lever toute ambiguïté et de rétablir les faits, le Parti CRC a saisi officiellement Exim Bank Comores, qui dans une correspondance en date du 18 septembre 2026, a confirmé, après consultation de ses registres, qu’aucun compte bancaire n’est enregistré au nom du parti Crc dans ses livres« , assure le parti dont le fils aîné du président, Nour Elfath, est élu depuis août 2023 numéro 2.

Comme dans une tentative d’étouffer l’affaire, la convention pour le renouveau des Comores, invite l’opinion publique et l’ensemble des acteurs concernés à se référer à la supposée lettre d’Exim Bank. Mais beaucoup se demandent pourquoi l’ancien ministre n’a pas cité une autre banque qu’Exim si le compte n’y a jamais été domicilié. Notons que ce n’est pas la première fois que Mahamoud Salim Hafi fait des révélations fracassantes sur le pouvoir. En juillet, il avait rapporté que 14 membres du gouvernement ont saisi par courrier Azali Assoumani pour se plaindre des blocages érigés par son fils, Nour Elfath, promu avec des pouvoirs élargis, secrétaire général du gouvernement.

Sans plus tarder, les ministres ont démenti l’information sans porter plainte.  » Ces allégations sont fausses et dénuées de tout fondement. Aucune démarche de cette nature, individuelle ou collective, n’a été engagée par un quelconque membre du Gouvernement. Une telle affirmation constitue une manipulation manifeste de l’opinion publique, visant à installer la suspicion et à jeter le discrédit sur un exécutif qui fonctionne dans la cohésion et dans le respect dû à l’autorité du Président de la République« , avait timidement déclaré le gouvernement par la voie de la ministre de l’information et porte-parole du gouvernement, Fatima Ahamada.

Feux de forêt : les pompiers à bout de moyens

Feux de forêt : les pompiers à bout de moyens
* image d'illustration générée par ia

Les sapeurs-pompiers font face à une situation particulièrement tendue ce dimanche après-midi. Sept incendies sont en cours simultanément sur le territoire, notamment à Ironi Bé, Vahibé et Longoni.

À Ironi Bé, un feu de végétation déclenché samedi soir a déjà ravagé environ quatre hectares. Trois camions et des renforts venus de Kawéni et Kahani sont mobilisés. À Vahibé, un autre incendie s’étend sur près de trois hectares et nécessite également trois véhicules.

Face à la multiplication des départs de feu, les moyens disponibles sont fortement sollicités. À Longoni, un incendie ne peut pour l’heure pas être combattu faute de camions disponibles. Les cultures sur brûlis figurent parmi les causes fréquentes de ces incendies.

Le Soroptimist Mayotte sensibilise les femmes aux maladies cardiovasculaires

Le Soroptimist Mayotte sensibilise les femmes aux maladies cardiovasculaires

Le club Soroptimist International Mayotte a organisé, ce dimanche matin, une matinée de sensibilisation aux maladies cardiovasculaires à la MJC de Mgombani, à Mamoudzou. À travers cette initiative, l’association souhaite renforcer la prévention auprès des femmes et les encourager à mieux connaître les principaux facteurs de risque liés aux maladies du cœur.

Organisée à l’approche de la Journée mondiale du cœur, cette rencontre était consacrée aux différentes pathologies cardiovasculaires, parmi lesquelles l’hypertension artérielle, le diabète, l’obésité, les accidents vasculaires cérébraux et les infarctus. L’objectif était également de rappeler que ces maladies concernent aussi la population mahoraise et qu’elles représentent une cause importante de mortalité chez les femmes.

La matinée s’est articulée autour d’une table ronde réunissant plusieurs professionnels de santé, dont un médecin, un infirmier et un coach. Les échanges ont permis d’aborder les facteurs de risque, les moyens de prévention et l’importance d’adopter de bonnes habitudes au quotidien. Cette rencontre visait notamment à déconstruire certaines idées reçues et à encourager les participantes à être davantage attentives à leur santé cardiovasculaire.

Après les échanges et les conseils de prévention, les participantes ont été invitées à prendre part à une séance de fitness. Une manière pour le Soroptimist International Mayotte de rappeler que l’activité physique, associée à une alimentation équilibrée et à un suivi médical régulier, joue un rôle essentiel dans la prévention des maladies cardiovasculaires.

À travers cette matinée, le club entend ainsi poursuivre son travail de sensibilisation auprès des femmes à Mayotte et promouvoir une meilleure prise en compte de la santé cardiovasculaire au quotidien.

Mayotte Maoré, la rencontre des mondes : l’exposition reportée

Mayotte Maoré, la rencontre des mondes : l’exposition reportée

L’exposition  » Mayotte Maoré, la rencontre des mondes « , initialement prévue à Marseille à partir de novembre 2026, est reportée. Ce report intervient après deux années de préparation et de travail collectif consacrées à la conception de cette exposition. Présentée au Musée de Mayotte, l’exposition réunira des œuvres, des objets patrimoniaux ainsi que des enregistrements vidéo mettant en lumière la richesse et la diversité de Mayotte à travers sa nature et son histoire.

Depuis le début du projet, les équipes de MuMa et du Mucem travaillent en collaboration avec le Département-Région de Mayotte et les différentes commissions associées à l’exposition.

Des échanges réguliers ont notamment porté sur les dimensions scientifiques et éditoriales du projet, ainsi que sur les actions culturelles qui l’accompagnent. Cette démarche associe également la Délégation de Mayotte à Paris. Le report de l’exposition doit permettre de poursuivre et d’approfondir ce travail commun. Tous les partenaires partagent ainsi la volonté de poursuivre la collaboration engagée depuis deux ans.

36 places de logement temporaire pour les femmes victimes de violences

36 places de logement temporaire pour les femmes victimes de violences

La Direction de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DEETS) de Mayotte lance un appel à manifestation d’intérêt pour créer 36 places de logement temporaire destinées aux femmes victimes de violences et à leurs enfants. L’objectif est de renforcer les capacités de mise à l’abri et de relogement sur le territoire.

Ces places seront financées dans le cadre de l’aide au logement temporaire (ALT 1). Les structures intéressées ont jusqu’au 7 octobre 2026 pour déposer leur candidature auprès du pôle Solidarités Insertion de la DEETS.

Plus de 150 000 biscuits contrefaits saisis au port de Longoni

Plus de 150 000 biscuits contrefaits saisis au port de Longoni

Les douanes de Mayotte ont saisi au port de Longoni plus de 150 000 biscuits contrefaits, importés de Madagascar par une entreprise de restauration collective. Les produits reprenaient de nombreux éléments caractéristiques des célèbres biscuits BN : emballage, forme carrée au visage souriant et garniture au chocolat. La Biscuiterie Nantaise, devenue Pladis France, a confirmé le caractère contrefaisant des marchandises.

L’entreprise importatrice a accepté de faire détruire l’intégralité du chargement à ses frais afin d’éviter une action en justice. Elle devra également verser une pénalité aux douanes, qui prendra en compte de précédents chargements introduits à Mayotte. La facture devrait atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros.

De meilleures perspectives pour le tourisme mahorais

Des meilleures perspectives pour le tourisme mahorais

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Un stand à la hauteur des ambitions que porte Mayotte pour les années à venir. L’ADTM n’a pas lésiné sur les moyens cette année : la grande qualité de son stand au salon Top Résa a été saluée par les tour-opérateurs et les agences de tourisme des Antilles et de l’océan Indien. Un effort que les autorités de notre île espèrent voir se traduire par un nombre important de touristes dès 2027.

Après une prestation particulièrement réussie de trois jours, il y a dix jours à Mamoudzou, l’Agence de Développement et d’Attractivité Touristique de Mayotte (ADTM) a de nouveau porté haut les couleurs de Mayotte à Paris, dans la deuxième moitié de la semaine écoulée. Mayotte a en effet brillé de mille couleurs au salon Top Résa, la grande messe annuelle des professionnels du tourisme international.

Cet événement, qui s’est très bien déroulé selon plusieurs participants joints par téléphone par la rédaction de Flash Infos, s’est soldé par de belles perspectives pour Mayotte. « Énormément de rendez-vous avec les tour-opérateurs, les agences de voyages et la presse spécialisée », a expliqué Michel Madi, le directeur de l’ADTM.

Des meilleures perspectives pour le tourisme mahoraisOutre le personnel de cette agence départementale, ce secteur d’activité important sur notre territoire a été représenté cette année par quatre des cinq offices de tourisme, désormais dépendants des intercommunalités, l’agence réceptive Baobab Tours, l’hôtel Le Jardin Maoré, ainsi que les agences de voyages Issoufali et Miqat Voyages.

Le stand de Mayotte a reçu, mardi 15 septembre 2026, la visite de Serge Papin, le ministre en charge du Tourisme, des Entreprises, de l’Artisanat et du Pouvoir d’achat. Dans ses échanges avec les professionnels mahorais, le ministre a évoqué les 30 mesures prises en faveur de leur secteur après le passage du cyclone Chido, mais également le contrat de filière qui engage le Département-Région, les services de l’État et les acteurs touristiques.

Michel Madi et ses accompagnateurs ont cherché à sensibiliser le ministre aux moyens financiers indispensables pour reconstruire l’offre touristique mahoraise, très fortement impactée par le cyclone Chido fin 2024. Une séance de travail est même programmée en ce début de semaine avec des conseillers de Serge Papin afin d’étudier en profondeur ce dossier.

Apporter davantage de lisibilité à la destination Mayotte hors du territoire

Autre mission que s’était fixée l’ADTM dans le cadre du salon Top Résa 2026 : faire passer le message aux tour-opérateurs que le secteur touristique de Mayotte se reconstruit et qu’il est désireux de retrouver rapidement sa pleine capacité opérationnelle.

« Notre offre touristique est actuellement de l’ordre de 60 %, et de 70 % s’agissant de l’hébergement. Nous espérons que tout sera remis en état en début d’année prochaine », a ajouté Michel Madi.

Cette reconstruction des établissements hôteliers a été rendue possible grâce à l’intervention des fonds européens à travers le dispositif « Restor », qui a permis la remise en état de 538 chambres, auxquelles viendront s’ajouter 600 nouvelles chambres en 2027 et 2028, lorsque seront achevées les constructions de l’hôtel Imani à Pamandzi (rue du Jardin, à côté de l’hôpital de Petite-Terre) et du Mahabou à Mamoudzou.

Une information capitale à transmettre aux tour-opérateurs et aux agences de voyages qui commercialisent la destination Mayotte.

Ce rendez-vous parisien des professionnels du tourisme international a également été l’occasion pour l’ADTM de renouveler ses conventions avec les compagnies aériennes opérant sur notre territoire : Air Austral, Corsair et Ewa Air. Cette démarche a pour but d’apporter davantage de visibilité, à l’extérieur du territoire, à la destination Mayotte.

Anchya Bamana porte le combat pour l’entrée de Zéna M’Déré au Panthéon

Anchya Bamana porte le combat pour l’entrée de Zéna M’Déré au Panthéon

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Anchya Bamana, députée de Mayotte, porte aujourd’hui un combat mémorial : faire entrer Zéna M’Déré, cheffe emblématique des Chatouilleuses, au Panthéon. Figure historique de Mayotte, Zéna M’Déré a joué un rôle déterminant dans l’histoire de l’île entre 1966 et 1976 et son maintien dans la République française.

Aujourd’hui, la députée de Mayotte souhaite clarifier le sujet et mettre fin aux polémiques lancées par ses opposants, notamment autour de l’idée qu’une panthéonisation imposerait l’exhumation de Zéna M’Déré. Pour Anchya Bamana, cette affirmation est fausse et dénuée de tout fondement.

Flash info : Bonjour Madame, vous avez envoyé un communiqué confirmant bien l’information ?

Anchya Bamana : Je confirme l’information que j’ai écrite dans le communiqué de presse adressé à l’ensemble des médias de Mayotte. Je souhaite ainsi couper court aux rumeurs, aux fake news et aux mensonges de mes adversaires, qui ont politisé cette affaire. Pour moi, toutes celles et ceux qui aiment Mayotte et qui aiment l’histoire de Mayotte française seront pour ce projet. Tous ceux qui sont contre ce projet de reconnaissance de l’action politique décisive de Zéna M’déré, pour moi, ce sont les adversaires de Mayotte.

Flash infos : Quand ce projet sera-t-il examiné à l’Assemblée nationale ?

Anchya Bamana : Le projet porté par le groupe Rassemblement national sera examiné dans l’hémicycle le jeudi 8 octobre, dans le cadre de la niche parlementaire. Il s’agit d’une proposition de résolution qui sera soumise au vote des députés. À travers ce texte, nous demandons au Gouvernement d’examiner la possibilité de faire entrer notre Zéna M’Déré au Panthéon.

F.I. : Est-ce que, selon vous, c’est une manière d’honorer la mémoire de Zéna M’Déré et de reconnaître son rôle dans l’histoire de Mayotte ?

A.B. : Quand vous lisez bien un peu l’histoire de Mayotte. Si jamais Marine Le Pen est élue présidente l’année prochaine et je vais faire campagne pour qu’elle soit élue. Je vais me battre pour qu’on puisse aussi enseigner l’histoire de nos Outre-mer au sein des programmes d’enseignement de notre pays qu’est la France, notamment l’histoire de Mayotte.

Parce que, comme l’histoire de Mayotte n’est pas enseignée, alors nous ne saurons pas où nous irons. C’est important pour moi. Donc, la panthéonisation de Zéna M’Déré, je ne sais pas si vous savez ce que c’est que le Panthéon. C’est un temple qui permet de symboliquement faire entrer toutes les personnes qui ont eu une action décisive, importante, au sein de la nation française. Si l’hémicycle vote cette proposition de résolution, parce qu’il faut dire les bons mots, c’est une proposition de résolution, c’est-à-dire que le groupe RN demande au gouvernement de mettre en œuvre cette action, mais il faut que ça soit voté à l’hémicycle le 8 octobre prochain.

Oui, c’est une reconnaissance de l’histoire de Mayotte française, puisque, quand tous les fonctionnaires, à l’époque où nous étions avec les Comores, ont été rapatriés aux Comores, notamment les hommes, les femmes se sont rebellées, se sont soulevées sous le pilotage de notre mère Zéna M’Déré. Donc, elle est à l’origine de Mayotte Française. Et c’est en ça que sa panthéonisation reconnaît son action politique décisive au sein de la République française.

F.I. : Puisque Zéna M’Déré n’a pas été seule et qu’elle a été accompagnée par les femmes chatouilleuses, comptez-vous également, à l’avenir, œuvrer pour que ces autres figures féminines de Mayotte puissent, elles aussi, être honorées au Panthéon ?

A.B. : Zéna M’Déré représente, à elle seule, le combat de toutes les chatouilleuses. C’est une reconnaissance de cette lutte politique pacifique, parce que c’est spécifique à Mayotte. Il y en a une qui a même perdu la vie, qui est tombée sous les balles de la garde comorienne :  Zakia Madi, que nous saluons. Zéna M’Déré représente le combat de toutes ces chatouilleuses.

F.I. : si la proposition de résolution est adoptée, quelles seront les démarches à suivre ?  

A.B. : Si c’est voté, en fait, c’est le début de l’action. Si la majorité des députés vote cette proposition de résolution, ensuite le gouvernement entamera la procédure de panthéonisation de Zéna M’Déré.

Ce sont les détracteurs de l’histoire de Mayotte, les gens qui ne veulent pas reconnaître Zéna M’Déré, ce sont les gens qui combattent l’histoire de Mayotte. Tous les insoumis qui propagent de fausses informations, des fake news au sein de la population, sont contre l’histoire de Mayotte. Zéna M’Déré ne sera pas exhumée, c’est faux.

Aimé Césaire repose au Panthéon et il repose en Martinique, pourtant sa plaque est bien apposée au Panthéon. Robert Badinter, pareil, il y a quelques années. Toutes les personnes qui ont été panthéonisées, reposent en réalité dans leur tombe d’origine donc sa sera le cas pour Zéna M’déré. Une plaque commémorative sera posée au Panthéon à une date fixée par le gouvernement.

Santé mentale et insertion au cœur d’un brunch de l’ANAF à Mamoudzou

Santé mentale et insertion au cœur d’un brunch de l’ANAF à Mamoudzou

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L’Association des apprentis de France (ANAF) Mayotte a réuni, samedi 19 septembre au Cinq/Cinq, des mentors et professionnels de l’accompagnement autour d’un brunch consacré à la santé mentale des jeunes. La rencontre visait à présenter les actions de l’association et à échanger sur les difficultés rencontrées par les apprentis dans leur accès à l’alternance et à l’emploi.

Derrière les parcours de formation, les obstacles ne se limitent pas à la recherche d’une alternance. Pour Salima Mchindra, chargée de mentorat au sein de l’ANAF Mayotte, ce rendez-vous visait à rassembler les mentors de l’île et à présenter les projets menés par l’association. Les échanges ont notamment porté sur l’accompagnement des jeunes confrontés à des difficultés familiales, administratives ou sociales, autant de freins susceptibles de compromettre leur formation et leur insertion professionnelle.

Cette question s’inscrit dans un contexte social particulièrement fragile à Mayotte, dont la population est très jeune : la moitié des habitants a moins de 18 ans. En 2018, 77% de la population vivait sous le seuil de pauvreté national et près de 110 000 mineurs étaient concernés par la pauvreté. L’accès à l’emploi constitue également un obstacle majeur : en 2024, le taux de chômage atteignait 29% à Mayotte, tandis que 46% des actifs âgés de 15 à 29 ans étaient sans emploi. Seuls 13% des jeunes de cette tranche d’âge occupaient un emploi. Dans ce contexte, la santé mentale représente un enjeu important : en 2019, 20% des personnes de 15 ans ou plus présentaient un syndrome dépressif, avec une prévalence élevée chez les 15-19 ans

L’association a également présenté l’association Terra Psy, destiné à soutenir les professionnels eux-mêmes confrontés à des situations complexes. « Les parcours de vie peuvent être intenses, dans un contexte de vulnérabilité et de précarité », explique Clarisse Duchamps, psychologue au sein de Terra Psy. « Les professionnels ne sont pas toujours armés pour faire face à ces situations et peuvent se retrouver en difficulté sur ce qu’ils peuvent mettre en place. »

Selon la psychologue, l’absence de solution immédiate pour certains bénéficiaires peut générer une forte frustration, à la fois chez les jeunes accompagnés et chez les intervenants. Cette situation peut favoriser une forme d’usure professionnelle, voire un risque de burn-out. Terra Psy propose ainsi gratuitement des ressources techniques, des temps d’analyse de pratiques et un accompagnement au quotidien pour les professionnels.

Les difficultés d’accès à l’alternance ont également été évoquées. Membre mentor de l’ANAF, Sitiana Ahamadi a témoigné de son propre parcours, marqué par des recherches d’alternance compliquées après l’obtention de son BTS. Elle décrit le stress lié au fait de voir d’autres personnes avancer dans leur projet, tout en ayant le sentiment de rester à l’écart. « Les jeunes ont besoin d’accompagnement, d’expérience et de savoir-faire », souligne-t-elle. Son expérience l’a conduite à s’investir dans le mentorat afin d’aider d’autres jeunes à trouver des repères et des solutions dans leur parcours.

Pour Fatima Anlimou, conseillère en insertion professionnelle, l’écoute reste centrale dans cet accompagnement. Elle rappelle que de nombreux jeunes rencontrent aussi des obstacles liés à leur situation administrative. « Les papiers, c’est le nerf de la guerre », résume-t-elle, soulignant que ces difficultés peuvent retarder ou empêcher l’accès à une formation, à une alternance ou à un emploi.

En réunissant mentors et professionnels de l’accompagnement, l’ANAF Mayotte veut mieux orienter les jeunes confrontés à des difficultés personnelles, administratives ou professionnelles. L’association entend également placer la santé mentale au cœur de l’accompagnement vers la formation et l’alternance.

À Antana-Bé et Chiconi, la mémoire des villages racontée par leurs habitants

À Antana-Bé et Chiconi, la mémoire des villages racontée par leurs habitants
Visite de la mosquée d’Antana-Bé, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine.

À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) de Mayotte proposait, ce samedi 19 septembre, de remonter le temps à Poroani et à Chiconi. Deux visites consacrées autant à l’architecture traditionnelle qu’aux souvenirs de ceux qui ont connu ces villages avant leurs profondes transformations.

Au bord de la mangrove de Poroani, il ne reste presque plus rien de l’ancien village d’Antana-Bé. Quelques dalles dans le sol, les pierres de plusieurs tombes du cimetière et surtout la mosquée, seul bâtiment en dur de l’époque encore debout. Ce samedi, les visiteurs étaient invités à regarder au-delà du paysage actuel pour tenter de reconstituer ce qu’était autrefois ce quartier vivant.

Car avant son abandon, Antana-Bé était un lieu de vie animé. On y trouvait une place centrale et même, dans les années 1970 et 1980, un cinéma. Comme ailleurs à Mayotte, des associations villageoises aménageaient alors des espaces de projection où étaient diffusés westerns, films de karaté ou autres succès populaires. C’était aussi ici que se concentraient une partie des loisirs et des rencontres des habitants.

« Ici, c’était notre terrain de jeu. Toutes les activités de distraction se passaient ici », raconte ainsi Barahachi Ousseni, habitant de Poroani venu transmettre ses souvenirs. Pour lui, l’attachement au lieu ne s’est jamais véritablement interrompu. « Les jeunes viennent faire des voulés sur la plage et beaucoup de personnes continuent à venir prier dans la mosquée. »

Un départ qui n’a jamais vraiment été accepté

Le déplacement du village intervient à partir de la fin des années 1980. Les habitants quittent progressivement le littoral pour rejoindre le quartier des 100 Villas, puis des 16 villas à Hajangua. Dans les souvenirs recueillis ce samedi, une raison revient constamment : l’eau.

À marée haute, la mer encerclait le village et pénétrait dans les habitations. Mais les habitants ont longtemps espéré une autre solution : la construction d’une digue. « La digue, on la leur a vendue pendant longtemps politiquement », raconte Mlaili Condro, chercheur venu partager ses travaux sur l’histoire du site. Elle ne verra finalement jamais le jour.

À Antana-Bé et Chiconi, la mémoire des villages racontée par leurs habitants
À l’intérieur de la mosquée d’Antana-Bé, la structure provisoire mise en place après le passage du cyclone Chido. Démontable, elle pourra être réutilisée lors du futur chantier de restauration.

L’ancien village est ainsi délaissé à partir de 1987 dans le cadre d’une opération de résorption de l’habitat insalubre, tandis que ses habitants rejoignent progressivement le Poroani actuel, installé quelques centaines de mètres plus haut.

Mais dans la mémoire locale, ce déplacement reste une rupture. « Ils n’ont jamais fait le deuil de ce départ », explique le chercheur. Le nouveau quartier et ses routes boueuses séduisaient peu les habitants d’Antana-Bé, habitués à un village installé dans la mangrove, sur un sol sableux, et donc épargné par la boue qui marquait alors de nombreux autres villages. L’arrivée de l’eau potable, de l’électricité et des autres équipements dans les nouveaux quartiers finira néanmoins par convaincre les derniers réticents.

Le lien avec l’ancien village demeure aujourd’hui très fort. Des habitants continuent d’y venir pour se retrouver, profiter du bord de mer ou prier. Le Maoulida organisé par le village continue lui aussi d’entretenir cette relation au site. Pour certains habitants, les attaches sont encore plus intimes : ces terres sont également celles où leurs familles ont vécu, où leurs proches sont enterrés et où les placentas des nouveau-nés ont été enfouis.

Autour d’Antana-Bé, une histoire encore pleine de questions

L’histoire la plus ancienne d’Antana-Bé est plus difficile à saisir. Les archives font remonter la fondation du village à la fin du XIXe siècle. Selon les éléments recueillis autour de la restauration de la mosquée, Mzé Mhami et sa famille, venus de Madagascar, se seraient installés sur le site vers 1890. Une première mosquée aurait alors été construite en matériaux végétaux, avant d’être reconstruite en dur en 1930.

Mais les recherches menées par à partir des cartes anciennes et de la mémoire orale ouvrent d’autres pistes, encore impossibles à trancher. La localisation du village intrigue : peu de terres agricoles immédiates, pas de cours d’eau à proximité et un espace dissimulé au milieu de la mangrove.

À Antana-Bé et Chiconi, la mémoire des villages racontée par leurs habitants
À Chiconi, les constructions en pierre témoignent des techniques utilisées autrefois pour s’adapter au relief en pente du village.

Plusieurs hypothèses sont ainsi évoquées par Mlaili Condro  : celle d’un village essentiellement tourné vers la pêche, mais aussi celle d’un site choisi pour sa discrétion et qui aurait pu être lié à des activités maritimes illicites aujourd’hui difficiles à documenter. Des récits locaux et certaines sépultures alimentent également des interrogations sur un possible lien avec l’engagisme. Le chercheur insiste toutefois sur leur caractère hypothétique : les éléments disponibles permettent de poser des questions davantage que d’apporter, pour l’heure, des réponses définitives.

La mosquée, seul bâtiment encore debout

Au milieu de cette histoire fragmentaire, un repère demeure : la mosquée. Toujours utilisée par des fidèles, elle est aujourd’hui le dernier vestige bâti du village. Inscrite au titre des monuments historiques depuis 2019, elle avait déjà fait l’objet de projets de valorisation avant le passage du cyclone Chido.

Celui-ci avait emporté sa toiture et sa charpente, laissant l’édifice exposé aux intempéries pendant plusieurs mois. Une première intervention de la Direction des affaires culturelles (DAC) a permis de la mettre hors d’eau fin 2025. Sa sélection parmi les 18 sites emblématiques du Loto du patrimoine 2026 doit désormais permettre d’aller plus loin : 350.000 euros ont été accordés par la Fondation du patrimoine, auxquels doivent s’ajouter des crédits de la DAC.

Le chantier envisagé doit reprendre les maçonneries, les menuiseries, la charpente, la couverture et différents équipements. La future toiture doit notamment retrouver un aspect traditionnel en chaume de paille. Les travaux pourraient débuter en mars ou avril 2027 et durer environ un an. « À la fin du projet de restauration, la mosquée sera dans un état qui n’est pas connu aujourd’hui, c’est-à-dire dans la forme qu’elle avait originellement, bien avant le passage du cyclone Chido », explique Franck Sénant, directeur de la DAC Mayotte.

Une restauration particulièrement attendue à Poroani. « Quand la mosquée sera restaurée, nous aurons encore beaucoup de personnes qui viendront faire la prière ici », estime Barahachi Ousseni.

À Chiconi, sauver la mémoire avant qu’elle ne disparaisse

Quelques kilomètres plus loin, la seconde visite organisée par le CAUE racontait l’histoire de Chiconi et de la transformation progressive de son habitat. Les visiteurs ont découvert les anciennes méthodes de construction, l’évolution des espaces publics ou encore la manière dont le relief a modelé le village. Trois grands types de techniques traditionnelles ont été présentés : structures de bois et de raphia, terre mêlée à de la paille et à de l’eau, ou constructions en pierre, particulièrement adaptées aux terrains en pente.

Ici aussi, une bonne partie de la connaissance repose encore sur ceux qui ont entendu raconter le village avant ses grandes transformations.

Depuis 2022, Madi Ousseni Ali, plus connu à Chiconi sous le nom de Yoni, rencontre ainsi les anciens et enregistre leurs témoignages. Il raconte avoir grandi avec cette habitude de s’asseoir le soir sur des nattes pour écouter les récits des parents et grands-parents. Aujourd’hui, son objectif est de conserver ces paroles avant qu’elles ne disparaissent.

« On dit que quand un ancien meurt, c’est une bibliothèque qui brûle », rappelle-t-il. Il aimerait à terme réunir ces archives dans un lieu, un livre ou un reportage. Une démarche qui résume aussi l’enjeu de ces Journées du patrimoine : préserver les bâtiments, mais également les récits qui permettent de comprendre l’histoire et les transformations des villages mahorais.

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Journées européennes du patrimoine : la centrale électrique de Longoni ouvre ses portes

Journées européennes du patrimoine : la centrale électrique de Longoni ouvre ses portes

Construite en 2009, la centrale de Longoni a exceptionnellement ouvert ses portes au grand public à l’occasion des Journées européennes du patrimoine. EDM, qui signifie Électricité de Mayotte, a ainsi permis aux visiteurs de découvrir les hommes et les femmes qui produisent l’électricité et assurent son bon fonctionnement sur l’ensemble du territoire. Une visite guidée enrichissante a été organisée tout au long de la journée, permettant au public de mieux comprendre l’activité de la centrale ainsi que le travail quotidien des équipes.

C’était une journée assez mouvementée. Les visites guidées ont été organisées sur quatre créneaux horaires, allant de 8h30 à 16h00, heure à laquelle s’est terminée la dernière visite.

Les journées européennes du patrimoine constituent un dispositif auquel l’électricité de Mayotte (EDM) œuvre et contribue depuis des décennies maintenant. L’ouverture exceptionnelle de la centrale de Longoni a été essentiel, car elle fait pleinement partie du patrimoine de Mayotte, notamment de son patrimoine industriel. D’où l’importance de faire découvrir ce lieu au grand public : “ c’est important pour nous de montrer au grand public les coulisses de la production de l’électricité, mais aussi de mettre en avant les personnes qui s’engagent au quotidien pour assurer cette production”, souligne Daniati YVES, chargée de communication.

À savoir que la production d’électricité sur le territoire n’est pas automatique. Elle est assurée et garantie 24 heures sur 24 par une équipe spécialisée qui veille, en permanence, au bon fonctionnement des installations.

Comment s’est déroulée la visite ?

Il y avait trente places d’inscription par session, seulement 4 sessions enregistrées : “ on a eu le maximum de participants sur les trois premières sessions et sur la quatrième on doit être une dizaine, donc trente, soixante, quatre-vingt dix, une centaine ” , explique la chargée de communication.

La visite comprenait entre six et huit points d’intérêt. Les visiteurs ont notamment pu découvrir la salle de commande, ainsi que différents espaces essentiels au travail quotidien du personnel, comme le magasin, qui permet aux équipes de disposer de bonnes conditions de travail.

Des visiteurs satisfaits

De nombreux visiteurs ont été conquis par cette découverte enrichissante. Une exploration qui leur a permis de mieux comprendre d’où vient l’électricité qu’ils consomment au quotidien et comment elle est produite. Darkaoui Hakim, participant aux journées européennes du patrimoine à la centrale de Longoni, partage son contentement : “ derrière, on parlait d’une centrale, d’un patrimoine industriel. Et quand on passe devant, c’est vrai qu’on voit juste des câbles et quelques installations, mais on ne sait pas ce qu’il se passe derrière. ”

Journées européennes du patrimoine : la centrale électrique de Longoni ouvre ses portes

D’ailleurs, il souligne que la visite guidée lui a permis de découvrir que toute une machinerie est nécessaire pour superviser la production d’électricité. Il a également appris que celle-ci est principalement produite à partir du gazole. Darkaoui Hakim, marqué par cette découverte, affirme vouloir revenir l’année prochaine avec ses enfants. Il souhaite désormais être davantage attentif à sa consommation d’électricité.

Cette participante partage également cet avis : “ Je comprends mieux comment la centrale fonctionne, ainsi que la logistique et la manière dont l’électricité est produite. ”

Une journée qui a aussi suscité des vocations

Tout au long de la matinée et de l’après-midi, les visiteurs se sont succédé. Parmi eux, des membres des familles du personnel, des collègues travaillant au sein de la centrale, mais aussi des enfants venus découvrir le métier de leur papa ou de leur maman. Des jeunes ainsi un groupe scolaire ont également participé à cette découverte, l’occasion pour eux d’en apprendre davantage sur les métiers liés à la production d’électricité.

Les métiers liés à la production d’électricité utilisent un jargon, un dictionnaire très scientifique et détaillé. Pourtant, les équipes ont veillé à adapter leurs explications afin de les rendre accessibles à tous les visiteurs : “ C’est scientifique, mais on prend des exemples surtout, on montre des éléments concrets. Lors des ateliers, ils ont pu voir, par exemple, les pièces mécaniques qui composent le moteur. On a également montré à quoi ressemblent les moteurs et expliqué, de manière simple, leur fonctionnement. On leur a aussi expliqué qu’aujourd’hui, l’électricité est produite à partir de gazole. Mais derrière, il faut également savoir maîtriser sa consommation d’énergie et adopter des éco-gestes au quotidien, comme éteindre la lumière,” explique Hadidja Ali Toybou, cheffe de la centrale électrique de Longoni.

Les visites se sont poursuivies tout au long de la journée, faisant des heureux et pourquoi pas, faire naître des vocations.

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Une douche, premier pas vers une dignité retrouvée pour les femmes vulnérables à l’ACFAV

Une douche, premier pas vers une dignité retrouvée pour les femmes vulnérables à l’ACFAV
Les équipes de l’ACFAV, les bénévoles d’Inner Wheel, les acteurs du projet et les femmes accompagnées, réunis dans la cour du bâtiment le jour de l’inauguration.

Pouvoir se laver, se changer, prendre un moment pour soi : des gestes du quotidien qui ne vont pas toujours de soi. À M’tsapéré, l’accueil de jour de l’ACFAV 976 dispose désormais d’une douche, un nouvel espace qui vient renforcer l’accompagnement proposé aux femmes en situation de vulnérabilité et leur permettre de retrouver dignité et sérénité.

Une cabine de douche flambant neuve, installée dans un petit bâtiment annexe à l’abri des regards dans la cour de l’accueil de jour de l’ACFAV 976, a été inaugurée ce vendredi 18 septembre, avenue Abdallah Houmadi à M’tsapéré. A premier abord, l’équipement semble être des plus banales, mais pour l’association pour la Condition Féminine et l’Aide aux Victimes, elle est un pas de plus pour accompagner dans la dignité, l’apaisement et la sérénité les femmes et leurs enfants en situation de vulnérabilité et de précarité.

Sollicitée par la Préfecture, qui finance le fonctionnement de l’accueil de jour, les petits-déjeuners et a participé à la rénovation du bâtiment, l’association Inner Wheel Jasmine Mayotte, composée exclusivement de femmes bénévoles, a entièrement pris en charge le financement et l’installation de la douche grâce à des dons privés issus de son réseau national.

“Pour les personnes qui ont subi des violences, pouvoir se laver c’est la base”, rappelle Anne-Clémence Payet, post-présidente d’Inner Wheel Jasmine Mayotte, qui a porté le projet. “La première marche pour l’accès à la dignité humaine c’est pouvoir se réapproprier son corps”.

Les violences intrafamiliales et sexuelles en hausse

Une douche, premier pas vers une dignité retrouvée pour les femmes vulnérables à l’ACFAV
La douche a été financée et installée grâce à l’association Inner Wheel Jasmine Mayotte.

Viols, violences intrafamiliales, agressions sexuelles…, les femmes sont particulièrement exposées aux violences à Mayotte. En 2025, 859 victimes de violences intrafamiliales et 472 victimes de violences sexuelles ont été enregistrées par la police et la gendarmerie. Entre 2020 et 2025, ces deux catégories ont respectivement augmenté de plus de 120 % et de 100 %.

Une étude publiée en 2025 dans l’International Journal of Law, Crime and Justice, à partir de 613 dossiers judiciaires étudiés entre 2020 et 2024, montre par ailleurs que 85,5 % des victimes étaient des femmes et 77 % des mineures. Dans près de 70 % des dossiers, l’auteur présumé se trouvait en outre dans une position de pouvoir vis-à-vis de la victime.

La situation des enfants victimes est également documentée par Haki Za Wanatsa. En février 2026, devant l’Assemblée nationale, la directrice et fondatrice de l’association, Lydia Barnéoud, rappelait que son enquête WamiToo avait recueilli 753 réponses, dont 35 % de personnes déclarant avoir subi des violences sexuelles durant leur enfance. Elle indiquait également que l’association avait recueilli 127 témoignages, dont 51 de personnes se déclarant victimes. Parmi elles, deux tiers disaient ne jamais avoir disposé d’un espace suffisamment sécurisé pour pouvoir se confier.

Une parenthèse de calme et de sérénité

Une difficulté à libérer la parole qui peut s’expliquer par les rapports de pouvoir, la peur des conséquences, l’isolement ou l’absence de soutien, mais aussi par la méfiance envers les institutions et les difficultés d’accès aux dispositifs d’accompagnement.

L’accueil de jour de l’ACFAV cherche justement à offrir cet espace. Depuis la rénovation du bâtiment, l’équipe de l’accueil de jour qui ne compte pas ses heures, les différentes salles, le jardin, les livres et désormais la douche participent à faire de ce lieu un espace où les victimes peuvent prendre le temps de parler, mais aussi simplement se poser et prendre soin d’elles.

“Que toutes les femmes qui viennent dans ce lieu, qui ont vécu ou qui subissent le pire, puissent y trouver une parenthèse de calme, de sérénité et de dignité”, appuie Manarssana Boina, directrice régionale aux Droits des femmes et à l’Égalité, auprès de la Préfecture de Mayotte.

Une douche, premier pas vers une dignité retrouvée pour les femmes vulnérables à l’ACFAV
La douche a été financée et installée grâce à l’association Inner Wheel Jasmine Mayotte.

“On est obligés de se laver dans la rivière”

Des mots accentués par le témoignage de Mwadjuma Blondel, qui se présente comme la “présidente” des femmes “migrantes” du camp de Tsoundzou 2, et qui malgré son quotidien difficile depuis son arrivée à Mayotte en février dernier a tenu à s’exprimer devant les personnes présentes à l’inauguration.

“Je tiens à remercier l’ACFAV de m’avoir ouvert ses portes”, dit-elle, émue. “Dans le camp, où vivent plus de 1 400 personnes, on est obligés de se laver dans la rivière. Parfois, on passe trois jours sans se laver ! Mais avant, on avait des vies normales, on avait des douches !”, ajoute Mwadjuma Blondel, portant la voix et les mots de ses amies assises dans l’auditoire.

“Venir ici et pouvoir prendre ma douche, c’est génial. On vous dit merci, à toutes ces femmes qui sont là pour les femmes. Merci pour ce que vous faites pour nous, femmes migrantes. Ne nous refoulez pas quand on vient à vos portes. On n’est pas là pour être une charge à la France, on a des savoir-faire pour nous intégrer dans la société mahoraise. Une intégration positive. Merci beaucoup”.

Une robe verte

Des propos partagés par plusieurs autres femmes, dont certaines ont témoigné avec la même émotion, rappelant à quel point ce lieu compte dans leur quotidien.

Selon Zabibou Djabiri, juriste à l’ACFAV, la demande d’accompagnement s’accroît d’années en années. “L’accueil de jour existe depuis 2016, certaines femmes sont présentes depuis plusieurs années, d’autres arrivent progressivement. Aujourd’hui on en accompagne plus d’une centaine”, souligne-t-elle. “On a tendance à dire que Mayotte, ce n’est pas comme l’Hexagone, mais en réalité, les dispositifs d’aide existent aussi. Il faut les mettre en avant”.

Ouvert du lundi au jeudi, de 7 h à 15 h 30, le bâtiment de l’ACFAV accueille à la fois le service d’accueil de jour et un service juridique, avec une équipe pluridisciplinaire composée de juristes, d’intervenants sociaux et de médiatrices familiales. L’objectif est d’apporter à chaque personne des solutions adaptées et de lui permettre de progresser dans son parcours. “Nous organisons également des ateliers pour retrouver confiance en soi, rechercher un emploi, utiliser Internet et les outils informatiques, notamment pour lutter contre la rupture numérique. Il y a aussi des ateliers de sensibilisation aux IST, à l’hygiène, aux violences, à la polygamie…”, poursuit Zabibou Djabiri.

“Quand je viens ici, je me sens bien”, ajoute une jeune femme, rattrapée par l’émotion, qui ne parvient pas à trouver les mots pour poursuivre son témoignage. À l’accueil de jour, elle a trouvé un endroit où se poser, déposer ses confidences, parler de ce qu’elle vit au quotidien, mais aussi simplement se reposer ou dormir.

Pour cette inauguration qui lui tenait à cœur, elle souhaitait porter une robe verte et se maquiller. Grâce aux équipes présentes, son souhait a pu être exaucé. “Avec cette robe, elle s’est transformée. Elle était si heureuse”, remarque une membre de l’équipe.

Pouvoir s’habiller comme on le souhaite, se laver, prendre une douche : des choses simples qui sont pourtant loin d’être évidentes, mais qui permettent de retrouver sa dignité, de prendre soin de soi et, parfois, juste de se sentir bien.

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Restauration scolaire à Mzouazia : les parents demandent des explications avant de payer

Restauration scolaire à Mzouazia : les parents demandent des explications avant de payer

Les représentants des parents d’élèves de Mzouazia demandent des explications à la municipalité de Bouéni sur les conditions de la restauration scolaire dans un communiqué ce 17 septembre. Alors que les familles doivent régler leur participation au plus tard le 9 octobre, ils souhaitent notamment obtenir des précisions sur les montants demandés, la qualité des repas et le financement du service.

Fin août, les parents d’élèves avaient bloqué les écoles maternelle et élémentaire du village pendant une semaine, avant de lever le mouvement après la signature, le 30 août, d’un protocole d’accord avec la commune de Bouéni et les services de l’État.

Pour l’année scolaire 2026-2027, la participation annoncée s’élève à 103 euros par enfant pour les repas et 14 euros pour les collations, soit 117 euros au total. Les parents estiment que cette hausse de 14 euros par rapport à l’an dernier n’est pas suffisamment justifiée au regard de la qualité proposée. Ils soulignent également que les repas sont servis en liaison froide.

Autre sujet d’interrogation : la composition de certaines boissons distribuées aux enfants. Les représentants évoquent notamment un nectar contenant 30 % de jus, avec de l’eau et du sucre ajouté, alors que l’Agence régionale de santé mène actuellement des actions de sensibilisation sur les risques liés au diabète et à la consommation excessive de sucre.

Les parents demandent par ailleurs à connaître le coût réel des repas et collations, ainsi que les éventuelles aides de la CSSM et la part restant à la charge de la commune. Ils indiquent également qu’aucune rencontre avec le prestataire, demandée il y a environ un an, n’aurait encore eu lieu.

Enfin, les représentants souhaitent que les règles concernant l’accueil périscolaire soient clarifiées pour les enfants non inscrits à la restauration scolaire et qu’une solution alternative soit étudiée pour les familles qui ne peuvent ou ne souhaitent pas utiliser le service. Ils demandent une réunion avec la municipalité, le prestataire, la CSSM et les représentants des familles.

Onze personnes interpellées après une série d’attaques contre des automobilistes

Onze personnes interpellées après une série d’attaques contre des automobilistes
* image d'illustration générée par ia

La police nationale annonce le démantèlement d’une « bande organisée» soupçonnée d’avoir pris pour cible des automobilistes lors d’une série d’agressions commises entre juillet 2025 et avril 2026. Selon les forces de l’ordre, les suspects auraient utilisé des machettes et des marteaux pour s’en prendre à leurs victimes.

Au total, 21 victimes se sont manifestées auprès des enquêteurs pour des faits survenus au cours de cette période. Après plusieurs mois d’investigations, des opérations menées en avril, mai et septembre 2026 ont permis l’interpellation de onze personnes, indique la police nationale sur ses réseaux sociaux.

Les suspects ont été présentés au parquet le 11 septembre 2026. Ils doivent désormais être jugés prochainement, selon les informations communiquées par les forces de l’ordre. La police souligne une « mobilisation coordonnée de la police nationale et de la justice » ayant permis, selon elle, de mettre fin aux agissements de ce groupe.

L’enquête avait notamment pour objectif d’identifier les auteurs présumés et de faire le lien entre les différentes attaques signalées par les automobilistes. Les investigations ont finalement conduit à l’interpellation de onze personnes, désormais appelées à répondre de leur implication présumée dans ces faits devant la justice.

Uzuri Wa Mwendro invite à redécouvrir Mayotte autrement

Uzuri Wa Mwendro invite à redécouvrir Mayotte autrement

Du 19 septembre au 17 octobre, l’Office de Tourisme Centre-Ouest-Mayotte lance la huitième édition d’Uzuri Wa Mwendro, « les plaisirs de la marche ». Pendant un mois, habitants, visiteurs et nouveaux arrivants sont invités à explorer le Centre-Ouest à travers des sorties mêlant découverte, patrimoine et rencontres. Randonnées pédestres, balades à vélo, sorties dans les champs ou en mer : la programmation entend faire découvrir autrement les paysages, villages, savoir-faire et producteurs du territoire. Cette année, l’événement renforce également son volet inclusif avec la participation de jeunes en situation de handicap, en partenariat avec le Club Sport Adapté de Mayotte (CSAM). Les familles et les moins sportifs ne sont pas oubliés, avec des activités comme le poney, les chasses aux trésors, des initiations au vélo, des massages ou encore des stands gourmands. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’à la veille de chaque sortie.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes