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Dembéni organise une journée intergénérationnelle pour la Semaine Bleue

Dembéni organise une journée intergénérationnelle pour la Semaine Bleue

À l’occasion de la 75ᵉ édition de la Semaine Bleue, le CCAS de Dembéni organise une journée dédiée aux seniors et aux échanges entre générations, mercredi 7 octobre, de 7h à 14h, sur le parking Mangrove. Au programme : activités physiques, échanges sur la santé et la nutrition, actions autour du lien social et temps de transmission entre jeunes et aînés.

Le futur collège de Vahibé devient enfin visible sur le chantier

Le futur collège de Vahibé devient enfin visible sur le chantier

Le chantier du futur collège de Vahibé se poursuit à proximité du stade. Prévu pour accueillir 900 élèves, le nouvel établissement doit répondre à la hausse des effectifs scolaires à Mayotte. En 2023, la livraison du collège était annoncée pour 2026.

À Combani, CBo Territoria étend son pôle d’activités

À Combani, CBo Territoria étend son pôle d’activités
La cérémonie s’est tenue en présence de la PDG de CBo Territoria, Géraldine Neyret Gleizes, du maire de Tsingoni, Issilamou Hamada, et de Rahadati Abdallah, première vice-présidente de la 3CO et conseillère départementale Zaounaki Saindou.

CBo Territoria a posé ce mercredi 23 septembre, la première pierre de deux nouveaux bâtiments à Combani, à Tsingoni. Le pôle de services Marashi et le retail park Mulima représenteront un investissement de 12 millions d’euros. Leur livraison est prévue en 2027, avec près de 60 % des surfaces déjà précommercialisées.

« C’est un moment symbolique qui contribue au développement économique du territoire », a déclaré Géraldine Neyret Gleizes Présidente Directrice Général de CBO territoria « Nous poursuivons le développement de cette zone, qui présente un potentiel important. » Le groupe a posé, mercredi 23 septembre, la première pierre de deux nouveaux bâtiments au sein du pôle d’activités économiques de Combani, à Tsingoni. Baptisés Marashi et Mulima, ils doivent compléter l’offre de commerces, de bureaux et de services déjà développée par le groupe dans le centre de Mayotte.

Autour du Issilamou Hamada maire de Tsingoni, plusieurs élus et représentants des services de l’État ont assisté à la cérémonie, dont la conseillère départementale Zaounaki Saindou, la première vice-présidente de la communauté de communes du Centre-Ouest, Rahadati Abdallah, et le directeur de la DEALM, Olivier Kremer. Géraldine Neyret Gleizes, présidente-directrice générale de CBo Territoria, était également présente. Le groupe immobilier a déjà réalisé plusieurs opérations à Combani : un entrepôt logistique de 955 m², le centre commercial Ylang Ylang, ouvert en 2023, et l’immeuble de bureaux Mura, livré en 2024 et loué à France Travail

Banques, assureurs et services

Le premier bâtiment Marashi doit accueillir un pôle de bureaux et de services, en complément du centre commercial et de l’immeuble loué à France Travail. Sa livraison est annoncée au deuxième trimestre 2027. CBo Territoria indique que plusieurs entreprises ont déjà choisi de s’installer dans ce futur bâtiment : Allianz, BRED, Crédit Agricole, Groupama et Mayotte TOPO géomètres-experts. Le projet doit réunir des activités bancaires, d’assurance, de services et des professions libérales autour d’un mail piéton.

Le second bâtiment Mulima, dont la livraison est prévue au troisième trimestre 2027, sera quant à lui un retail park d’environ 1 500 m². Les cellules commerciales, divisibles à partir de 314 m², sont destinées à de nouvelles enseignes recherchant des surfaces plus importantes. Les deux bâtiments doivent respecter les normes parasismiques et paracycloniques déjà appliquées par CBo Territoria pour Ylang Ylang et les bureaux de France Travail.

La mobilité, enjeu du développement

Le maire de Tsingoni a salué l’extension du pôle économique, tout en rappelant la nécessité d’adapter les infrastructures à sa montée en puissance. « La question de la mobilité doit être une priorité », a affirmé Issilamou Hamada, en évoquant notamment le projet de contournement de Combani. Pour l’élu, l’enjeu est désormais de relier le développement économique du secteur à des conditions de circulation plus fluides pour les habitants, les salariés et les futurs clients du site.

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À Chiconi, l’Espace IAE veut rapprocher structures d’insertion, entreprises et institutions

À Chiconi, l’Espace IAE veut rapprocher structures d’insertion, entreprises et institutions

Déjà actif depuis 2023 à Mayotte, l’Espace IAE a inauguré, ce mercredi 23 septembre, de nouveaux locaux à Chiconi. Plus adaptés aux rencontres et aux formations, ils doivent surtout devenir un point de rassemblement pour les 24 structures d’insertion par l’activité économique du territoire. Une journée d’échanges qui a aussi permis de faire émerger plusieurs pistes de travail, de la lutte contre l’illettrisme au rapprochement avec les entreprises.

Ce n’est pas un nouvel acteur de l’insertion qui ouvre ses portes à Chiconi, mais un Espace IAE existant qui prend ses quartiers dans des locaux plus adaptés, au 179 avenue de N’gnambo. Depuis 2023, la structure accompagne les 24 structures d’insertion par l’activité économique (SIAE) présentes à Mayotte, en les aidant notamment dans leur développement et leur mise en réseau avec les employeurs et les partenaires institutionnels.

L’inauguration organisée ce mercredi avait donc surtout pour objectif de réunir autour d’une même table ceux qui font vivre le secteur : structures d’insertion, services de l’État, collectivités, France Travail, Mission locale, organismes de formation ou encore partenaires économiques. « L’Espace IAE existait déjà auparavant, mais les locaux n’étaient pas vraiment adaptés », explique David Horiot, président du réseau CHANTIER école. L’enjeu est désormais de « définir comment on peut poursuivre le travail en collaboration ».

Former davantage et aller vers les publics

L’insertion par l’activité économique s’adresse aux personnes éloignées de l’emploi. Le principe : leur proposer un contrat de travail tout en assurant un accompagnement social et professionnel et, lorsque cela est nécessaire, une formation, avec l’objectif de faciliter ensuite l’accès à un emploi durable.

Parmi les besoins identifiés mercredi figure notamment la prise en charge de l’illettrisme. Le réseau souhaite développer les formations, quitte à mutualiser les besoins de plusieurs structures pour constituer des groupes suffisamment importants. La mobilité reste en effet un obstacle majeur. L’une des pistes serait donc de faire davantage venir les organismes de formation directement auprès des salariés en insertion, plutôt que de leur demander systématiquement de se déplacer.

Une autre réflexion est engagée autour de la création éventuelle d’un groupement d’employeurs. Une étude de préfiguration doit permettre d’en mesurer la faisabilité. L’idée serait à la fois de permettre aux structures d’insertion de partager certains salariés permanents et de répondre à des besoins de main-d’œuvre d’entreprises sur plusieurs mois.

Mais l’un des principaux chantiers reste le rapprochement avec le monde économique. « S’il n’y a pas plus de liens avec les entreprises qui sont les employeurs des salariés qui sont accueillis par les SIAE, ça ne fonctionnera pas », insiste le président de CHANTIER école. Plutôt que de laisser chacune des 24 structures démarcher séparément les entreprises, l’Espace IAE veut jouer davantage ce rôle d’intermédiaire.

« On devient une éternelle passerelle »

Du côté des structures, cette mise en réseau est attendue. Directeur de l’association Outsaha Maecha, basée à M’tsamboro, Tadjidine Anli estime que les SIAE se retrouvent parfois confrontées à des difficultés qui dépassent largement leur champ d’action. « On est voué à servir de passerelles, sauf que parfois on devient une éternelle passerelle », résume-t-il. Il cite notamment le manque de solutions d’hébergement ou encore les délais liés aux démarches administratives, qui peuvent interrompre ou ralentir les parcours engagés.

Pour son association, disposer d’un lieu à Chiconi présente également un intérêt très concret. Installée dans le nord de Mayotte, elle pourra utiliser l’Espace IAE pour rencontrer des partenaires ou des bénéficiaires sans leur imposer systématiquement un déplacement jusqu’à M’tsamboro. « On a une possibilité aujourd’hui d’aller vers, mais aussi d’être reçu », souligne son directeur.

Les nouveaux locaux doivent ainsi servir autant aux professionnels qu’aux personnes accompagnées, en accueillant réunions, formations et temps de travail. Après le cyclone Chido, qui a endommagé les locaux ou les équipements de plusieurs structures d’insertion, l’Espace IAE entend plus largement contribuer à consolider un secteur encore fragile.

Une mission d’autant plus importante dans un territoire où l’accès à l’emploi reste particulièrement difficile. Selon l’Insee, 55 % des actifs âgés de 15 à 24 ans étaient au chômage à Mayotte en 2024.

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Troisième année de baisse pour le taux de recours à l’IVG à Mayotte

Troisième année de baisse pour le taux de recours à l’IVG à Mayotte
Le camion du réseau périnatal de Mayotte dans le village de Koungou en octobre 2020 afin de sensibiliser les femmes sur la contraception et la santé sexuelle, notamment le recours à l’IVG.

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Après avoir atteint un point haut en 2022, le taux de recours à l’interruption volontaire de grossesse diminue à Mayotte pour la troisième année consécutive. Si le nombre d’IVG est légèrement reparti à la hausse en 2025, le nombre d’interruptions rapporté à la population des femmes de 15 à 49 ans continue de reculer.

En 2025, 1 600 IVG ont été enregistrées à Mayotte, selon les données de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), publiées ce mardi 22 septembre.

Le nombre d’interruptions volontaires de grossesse était de 1 506 en 2021, avant d’atteindre un pic de 1 698 en 2022. Il est ensuite redescendu à 1 649 en 2023 et 1 564 en 2024, avant de remonter légèrement en 2025.

Mais le nombre d’IVG ne suffit pas à comparer les années entre elles. La Drees utilise aussi le taux de recours à l’IVG, qui correspond au nombre d’IVG rapporté au nombre de femmes âgées de 15 à 49 ans. Il permet donc de tenir compte de la taille de la population féminine concernée.

À Mayotte, ce taux était de 20,3 pour 1 000 femmes en 2021, puis de 22,1 pour 1 000 en 2022, 20,7 pour 1 000 en 2023, 19,0 pour 1 000 en 2024 et enfin 18,9 pour 1 000 en 2025. Ainsi, même si 36 IVG supplémentaires ont été enregistrées en 2025 par rapport à l’année précédente, le taux de recours a très légèrement diminué.

Pour comparer les territoires en tenant compte de leur structure d’âge, la Drees utilise également un taux standardisé. Cette méthode permet de neutraliser les différences liées à leur répartition par âge. En 2025, ce taux atteint 18,0 pour 1 000 femmes à Mayotte, contre 17,0 pour 1 000 en France métropolitaine et 33,0 pour 1 000 dans l’ensemble des départements et régions d’outre-mer (DROM).

Un taux de recours élevé chez les mineures

Mayotte se distingue toutefois sur certains indicateurs. Chez les mineures, le taux de recours à l’IVG atteint 11,7 pour 1 000 à Mayotte, contre 5,5 pour 1 000 en France métropolitaine. Un autre indicateur témoigne du poids des grossesses chez les adolescentes sur l’île : en 2025, 410 enfants sont nés d’une mère mineure à Mayotte, soit 4,5 % des naissances. Ils étaient 420 en 2024. Une centaine de ces naissances concernaient des mères âgées de moins de 16 ans. Dans l’Hexagone, les mères mineures représentent 0,3 % des naissances.

Troisième année de baisse pour le taux de recours à l’IVG à Mayotte
La baisse du taux de recours ne permet pas, à elle seule, de mesurer le non-recours, c’est-à-dire les situations dans lesquelles une femme souhaite interrompre sa grossesse mais n’accède pas à une IVG

Autre particularité : les IVG réalisées entre 12 et 16 semaines d’aménorrhée représentent 8,6 % de l’ensemble des IVG à Mayotte, contre 5,0 % en France métropolitaine. Les semaines d’aménorrhée correspondent au nombre de semaines écoulées depuis le premier jour des dernières règles.

Cette proportion plus élevée montre que les IVG à un terme avancé occupent une place plus importante à Mayotte qu’en métropole. Elle peut notamment conduire à s’interroger sur le moment auquel certaines femmes accèdent à l’information, découvrent leur grossesse ou entrent dans un parcours de soins. Les données de la Drees ne permettent toutefois pas d’établir les causes de cet écart.

Depuis 2022, le délai légal de recours à l’IVG en établissement de santé a été porté de 14 à 16 semaines d’aménorrhée. À l’échelle nationale, la Drees estime que les IVG réalisées à partir de 14 semaines d’aménorrhée représentent entre 2 % et 3 % des IVG hospitalières en 2025. Ces données montrent donc que les prises en charge à un terme plus avancé restent minoritaires, même si elles sont plus fréquentes dans les DROM qu’en métropole.

Une partie des IVG réalisées en dehors de l’hôpital

Toutes les IVG ne sont pas réalisées à l’hôpital. Une IVG médicamenteuse consiste à interrompre une grossesse à l’aide de médicaments, sans intervention chirurgicale. Elle peut notamment être réalisée en cabinet médical ou dans un centre de santé.

À Mayotte, en 2025, 1 119 IVG ont été réalisées dans un établissement de santé, principalement à l’hôpital, contre 481 hors établissement : 477 en cabinet libéral et 4 en centre de santé ou centre de santé sexuelle. Les IVG réalisées hors établissement représentent ainsi environ 30 % du total.

Cette organisation des soins s’inscrit dans une évolution nationale : en France, 81 % des IVG sont médicamenteuses en 2025 et 47 % sont réalisées en dehors d’un établissement de santé.

Une baisse qui ne dit pas tout du recours à l’IVG

La baisse du taux de recours ne permet pas, à elle seule, de mesurer le non-recours, c’est-à-dire les situations dans lesquelles une femme souhaite interrompre sa grossesse mais n’accède pas à une IVG. Les données de la Drees comptabilisent les interruptions réalisées et ne permettent pas de savoir combien de demandes éventuelles n’aboutissent pas.

Troisième année de baisse pour le taux de recours à l’IVG à Mayotte
Évolution du taux de recours à l’IVG selon l’âge entre 1990 et 2025 en France

À Mayotte, plusieurs facteurs peuvent toutefois éclairer le contexte dans lequel s’inscrit le recours à l’IVG, notamment l’accès à l’information, à la contraception et aux soins de santé sexuelle et reproductive. Des acteurs locaux évoquent également le tabou qui entoure encore la sexualité et l’IVG, susceptible de compliquer la recherche d’information ou certaines démarches. Le poids de ces différents facteurs dans l’évolution du recours reste impossible à mesurer à partir des seules statistiques disponibles.

Les autres DROM affichent des taux de recours plus élevés

En 2025, le taux de recours à l’IVG standardisé sur l’âge atteint 33,0 pour 1 000 femmes de 15 à 49 ans dans l’ensemble des DROM, contre 17,0 en France métropolitaine.

La Guadeloupe affiche le taux le plus élevé, avec 48,9 IVG pour 1 000 femmes, devant la Guyane (46,1), la Martinique (35,5) et La Réunion (27,6).

Chez les 15-17 ans, les écarts sont également marqués. Le taux de recours atteint 26,6 pour 1 000 en Guyane et 18,6 en Guadeloupe. Il s’établit à 14,3 en Martinique, 13,0 à La Réunion contre 5,5 en France métropolitaine.

Troisième année de baisse pour le taux de recours à l’IVG à Mayotte
Les IVG selon les régions de résidence en 2025.

“ Les Audacieuses ” : les femmes de Petite-Terre au cœur des mobilités du quotidien

“ Les Audacieuses ” : les femmes de Petite-Terre au cœur des mobilités du quotidien

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La Communauté de Communes de Petite-Terre lance “ Les Audacieuses ”, un club dédié aux femmes de la Petite-Terre qui souhaitent faire entendre leur voix et contribuer aux réflexions sur les mobilités du quotidien. Marche, vélo et autres modes de déplacement : le club proposera des ateliers ainsi que des temps d’échange autour des pratiques. Les membres des “ Audacieuses ” seront également associées à l’étude “ Genre et mobilité vélo inclusive ” sur Petite-Terre, que la CCPT lancera au mois d’octobre. Cette démarche vise à mieux comprendre les pratiques, les freins et les attentes des femmes afin de participer aux solutions inclusives et adaptées au territoire.

Cette démarche a pour ambition de donner la parole aux femmes sur leurs mobilités du quotidien, leurs habitudes, leurs besoins et les difficultés qu’elles peuvent rencontrer dans leurs déplacements. À travers “ Les Audacieuses ”, les participantes seront invitées à expérimenter la mobilité à vélo, mais aussi à prendre part aux réflexions et aux échanges autour du développement des premiers aménagements cyclables sur le territoire.

L’objectif est de faire des femmes de Petite-Terre de véritables actrices de la mobilité, en veillant à ce que les futurs aménagements cyclables prennent en compte leurs réalités et leurs besoins.

Un club pensé par et pour les femmes

“ Les Audacieuses ” entend placer la parole des femmes au cœur de la transformation des mobilités en Petite-Terre.

À Mayotte, les femmes sont encore trop peu sollicitées dans les projets politiques et d’aménagement de leur commune.  Par manque de temps, parfois, mais aussi parce que leurs besoins et leurs attentes ne trouvent pas toujours le temps et l’espace nécessaires pour être exprimés.

“ Les Audacieuses ” : les femmes de Petite-Terre au cœur des mobilités du quotidien

C’est pour répondre à cette réalité que “ Les Audacieuses ”, un club de femmes pensé par et pour les femmes, a été créé : “ Le fait d’associer les femmes à un projet ou à une association permet aussi de répondre à d’autres problématiques, notamment celle du handicap. À Mayotte, de nombreuses personnes en situation de handicap rencontrent des difficultés pour se déplacer sur l’île, notamment en raison du manque de structures adaptées et d’aménagements cyclables accessibles. Si nous, les femmes, nous nous investissons pleinement dans cette démarche, alors d’autres personnes, notamment les personnes en situation de handicap, pourront-elles aussi y prendre part ”, souligne Florat Léa Meresse Adina, vice-présidente de la Communauté de communes de Petite-Terre, chargée de la culture, de la vie associative et de la communication.

Plus qu’un simple club, “ les Audacieuses ” se veut un cocon bienveillant où les femmes peuvent se retrouver, échanger, partager leurs expériences et exprimer librement leurs besoins. L’objectif est de leur permettre de prendre part à la vie quotidienne de Petite-Terre.

Combien de femmes ont déjà rejoint “ Les Audacieuses ” ?

À seulement quelques jours de sa création et de son ouverture, “ Les Audacieuse” comptent déjà 20 femmes inscrites, en ce mercredi 23 septembre. Les femmes de la Petite-Terre sont conviées à rejoindre le mouvement et à s’inscrire nombreuses : “ C’est vraiment, comme l’a souligné la vice-présidente, d’inciter les femmes de Petite-Terre à s’engager dans les projets de mobilité de leur territoire : le vélo, la marche, qui sont également très intéressants et recommandés pour des enjeux de santé publique, mais aussi les transports en commun ”, ajoute Mohamed Hamissi, directeur mobilités à la communauté de commune de Petite-Terre, en charge du pilotage technique du club “ Les Audacieuses ” .

“ Les Audacieuses ” : les femmes de Petite-Terre au cœur des mobilités du quotidien

Les femmes sont également encouragées à intégrer davantage l’activité physique dans leurs déplacements quotidiens, pour leur bien-être et leur santé. La marche et le vélo permettent notamment de rester actives tout en se déplaçant.

À travers “ Les Audacieuses ”, il s’agit aussi de sensibiliser les habitantes aux enjeux environnementaux. Privilégier la marche, le vélo ou les transports en commun plutôt que la voiture, qui a un lourd impact sur l’environnement.

Se déplacer à vélo devient ainsi bien plus qu’un simple mode de transport, c’est aussi une manière de prendre soin de soi et de participer à une mobilité plus durable.

OZM : Force ouvrière dépose un préavis de grève illimitée à partir du 5 octobre

OZM : Force ouvrière dépose un préavis de grève illimitée à partir du 5 octobre

Le syndicat Force ouvrière (FO) a déposé un préavis de grève illimitée visant l’ensemble des salariés d’Ouoizissa Ziféli Maoré (OZM), association mahoraise qui accompagne des personnes en situation de handicap et gère notamment un établissement pour enfants et adolescents polyhandicapés (EEAP) ainsi qu’une Maison d’accueil spécialisée (MAS) à Passamaïnty.

Déposé le 17 septembre, le préavis prévoit un début de mouvement le lundi 5 octobre 2026 à 7 heures, en l’absence de “négociation sérieuse”. Un rassemblement permanent est annoncé devant l’entrée principale de la structure.

FO, par l’intermédiaire de son Union départementale (UD-FO), met en avant une dégradation des conditions de travail et l’épuisement des équipes. Le syndicat réclame notamment la mise en place obligatoire du travail en binôme pour la mobilisation et les soins des résidents lourdement dépendants, une demande de dérogation pour permettre aux personnels de nuit de travailler en 12 heures, ainsi que l’arrêt des notes de service jugées coercitives sans dialogue préalable.

Le syndicat demande également une transmission plus transparente et rapide des informations, notamment concernant les hospitalisations et les arrêts maladie. Il se dit disponible pour participer à toute réunion de négociation destinée à mettre fin au conflit.

Les Rencontres Citoyennes de l’Eau organisées à Mayotte

Les Rencontres Citoyennes de l’Eau organisées à Mayotte

L’Office de l’Eau de Mayotte organise les Rencontres Citoyennes de l’Eau, les 14 et 15 octobre 2026, à l’Hémicycle Younoussa-Bamana. Deux journées consacrées aux enjeux liés à l’accès à l’eau, sa qualité, l’assainissement et la préservation de la ressource. La première journée, mardi 14 octobre de 8h30 à 16h, sera ouverte au public. Habitants, associations et représentants des communes pourront échanger, poser leurs questions et réfléchir collectivement aux solutions à mettre en œuvre. Le mercredi 15 octobre, de 8h30 à 13h, sera consacré à une journée de travail entre partenaires et institutions, sur invitation. La participation est gratuite, mais l’inscription est obligatoire, les places étant limitées.

Octobre Rose : une matinée dédiée à la santé à Chirongui

Octobre Rose : une matinée dédiée à la santé à Chirongui

À l’occasion d’Octobre Rose, le CCAS de Chirongui, en partenariat avec la PMI et plusieurs structures du territoire, organise une matinée consacrée à la santé et au bien-être, le 21 octobre, au Pôle culturel de Chirongui.

De 7h à 13h, le public pourra participer à différentes animations autour de la prévention et du dépistage du cancer du sein. Au programme notamment : sensibilisation, dépistage et palpation mammaire, activités physiques, ateliers bien-être et henné, ainsi qu’une Carte au Trésor Rose.

Cette matinée se veut à la fois informative et conviviale, avec des activités accessibles à toutes et tous. Les organisateurs lancent également un appel aux volontaires souhaitant contribuer au bon déroulement de l’événement.

À Dembéni, un atelier pour aider les seniors à mieux utiliser le numérique

À Dembéni, un atelier pour aider les seniors à mieux utiliser le numérique

La Maison France Services de Dembéni organise, mercredi 7 octobre 2026, une matinée dédiée à l’accompagnement des seniors dans l’usage du numérique. De 8h à 12h, à la Maison France Services de Dembéni, à Tsararano, les participants pourront prendre part à des ateliers pratiques consacrés à l’utilisation quotidienne du téléphone. L’objectif est de permettre aux seniors de gagner en autonomie et de mieux maîtriser les outils numériques. Cette initiative s’inscrit dans les missions de lutte contre l’illectronisme menées par la structure. L’équipe de la Maison France Services sera présente pour accompagner les participants pas à pas, dans un cadre adapté à leurs besoins. Les inscriptions se font directement auprès de la Maison France Services de Dembéni. Pour tout renseignement, il est possible d’écrire à mfs@dembeni.fr ou d’appeler le 0639 06 27 16.

Port de Longoni : ils attendent toujours du département un chèque de 18,5 millions de dédommagement

Port de Longoni : MCG attend un chèque de 15 millions du département

Le feuilleton est loin d’être terminé au port de Longoni, dans le bras de fer qui oppose depuis plusieurs mois le Département-Région de Mayotte et Ida Nel. Et pour cause : pour clore cette affaire, il faudra que Ben Issa Ousséni et son EPIC reversent la coquette somme de 18,5 millions d’euros à la société Manu Port, détenue par Yohan Nel. Patiemment, ce dernier attend que le Département vienne à la table des négociations, mais celui-ci multiplierait les artifices pour continuer à pratiquer la politique de la chaise vide. Jusqu’à quand pourra-t-il repousser la date de la remise du chèque à Manu Port ?

Résident hors du territoire depuis 2003, le patron de la société Manu Port et vice-président de Mayotte Channel Gateway (MCG) a suivi à distance les dernières péripéties qui ont précédé la reprise en main du port de Longoni par le Département-Région, le 1er septembre 2026. De passage sur l’île la semaine dernière, il livre à la presse, pour la première fois, son point de vue sur ce dossier qui n’en finit pas de faire couler salive et encre dans l’opinion publique mahoraise.

Pour lui, la rupture prématurée de la DSP du port, jadis confiée à la société de sa mère, Ida Nel, « illustre bien la relation conflictuelle que nous avons toujours eue avec le Conseil départemental. Cela pose un gros problème à ma société dès lors qu’on nous a retiré notre bail du jour au lendemain sur la base d’une explication que je trouve personnellement farfelue. Je m’explique : tous les autres opérateurs du port ont conservé le leur, à l’exception des deux manutentionnaires que nous sommes. Mon opinion est que tout ce bazar a été créé de toutes pièces par nos élus ».

Yohan Nel explique que les complications auxquelles fait face sa société ont débuté sous la mandature précédente, lorsque Fatima Souffou, alors conseillère départementale de Dzaoudzi-Labattoir, avait le port dans ses compétences en tant que vice-présidente du Département.

« Nous avons connu une première série de problèmes avec les tarifs, qui furent acceptés puis annulés. Il y a eu tellement de procédures qu’au final, nul ne pouvait distinguer quoi que ce soit. Le résultat a été l’annulation de la DSP à cause de ces tarifs », fait remarquer le patron de Manu Port, lequel tient à préciser aux Mahorais que le Conseil départemental de Mayotte est, selon lui, l’unique responsable du désordre qui règne actuellement au port de Longoni.

« Je ne comprends pas pourquoi nos élus refusent de venir d’abord s’asseoir autour d’une table avec nous pour tout simplement discuter de la poursuite du service portuaire, parce que le système doit continuer à fonctionner », interroge Yohan Nel.

« Ce qui m’énerve le plus, c’est que le port fonctionne actuellement avec notre propre assurance et nos équipes »

Selon lui, les demandes de réunion formulées par ses sociétés se soldent toujours par une offensive de missives d’avocats et de conseillers juridiques, qu’il a du mal à comprendre. Il estime que ce temps gâché aurait pu être évité, tout comme la récente fermeture du port.

Une désorganisation totale qu’il ne s’explique pas, bien qu’elle soit imputée à sa société par les élus majoritaires au sein de l’Assemblée de Mayotte.

Port de Longoni : MCG attend un chèque de 15 millions du département« Ça, c’est le jeu classique des politiciens qui rejettent systématiquement la faute sur tout le monde sauf sur eux. Je ne comprends pas que, sur un outil aussi important pour l’économie et le développement du territoire, il y ait eu autant de précipitation et de manque de préparation. Ils ne se sont pas assurés à temps, tout s’est fait dans l’urgence et ce qui m’énerve le plus, c’est que ce port fonctionne actuellement grâce à notre propre assurance et à nos équipes, mais personne n’est prêt à le dire clairement, haut et fort, à la population. Si nous ne leur prêtions pas une tractopelle, ils ne pourraient carrément ramasser aucun détritus », signale Yohan Nel, qui ne cache pas une frustration générale.

Parmi les reproches faits au Département-Région de Mayotte à l’endroit de sa société figure la question de l’appartenance des grues opérationnelles sur le port, sur laquelle les inspecteurs chargés de la rétrocession devront trancher ultérieurement.

Un sujet sur lequel le patron de Manu Port fait montre d’une grande sérénité, faisant valoir au passage que le conflit sur les tarifs ayant conduit à la fin prématurée de la DSP est né de l’arrivée de ce matériel.

« À l’époque de la précédente mandature, Fatima Souffou avait mené le combat pour que les tarifs ne soient pas appliqués aux grues afin que celles-ci ne puissent pas être utilisées pour favoriser la SMART. Elle nous disait que nous n’avions pas besoin de ce type d’engins, au point que tout un tas de conflits était imputé à l’usage de ce matériel. Ce retournement de veste est un peu incompréhensible à mes yeux, mais je dirai, dans un sens que je ne saisis surtout pas, qu’ils veuillent le matériel de Manu Port, qui occupe des parcelles privées. »

Le chef d’entreprise explique qu’à l’intérieur du périmètre de Longoni, qui est un espace public, il existe des autorisations temporaires du domaine maritime (AOT), assorties de baux. Ce serait sur ces sites loués par ses sociétés qu’opère le matériel de Manu Port, et non sur le quai, qui est lui public.

Autre question soulevée par Yohan Nel : pourquoi cette focalisation sur le matériel de Manu Port et non sur celui de la CMAT, par exemple, qui dispose elle aussi de stackers ?

« Soi-disant que les nôtres font du service public et que ceux de l’autre manutentionnaire n’en font pas, ce qui n’a aucun sens pour moi », souligne-t-il.

Il demande une discussion entre adultes responsables autour d’une table pour sortir de l’impasse

Il subsiste une énorme difficulté avant que cette affaire du port de Longoni n’atteigne son dénouement : un problème d’argent.

Se référant à de nombreux écrits de la Chambre régionale des comptes, Yohan Nel indique que le Département n’a pas budgétisé la fin de la DSP du port de Longoni. Il fait état de biens de retour qui ne donnent pas lieu actuellement à une dispute — terre-pleins, pavés, etc. — et qu’il estime à 18,5 millions d’euros.

« Nous sommes d’accord que tout cela retourne au Département. Le contrat de DSP dit que ce retour est gracieux contre une indemnité équivalente à la valeur nette comptable. Cela signifie que, sur l’ensemble des investissements réalisés, nous enlevons tout ce qui a déjà été amorti et le Département rembourse le résultat du calcul. C’est ce qui donne aujourd’hui ces 18,5 millions d’euros, dont ne dispose pas le Département-Région de Mayotte. À ma connaissance, en tout cas, aucun budget n’a été voté en ce sens », met en exergue Yohan Nel.

« Comment vont-ils faire concrètement ? Après, ils veulent prendre du matériel en plus, sauf que celui-ci également a un coût », fait-il observer.

Il détaille qu’à la suite du cyclone Chido, ce matériel a été endommagé puis réparé. Un coup de neuf qui a redonné de la valeur à ces trois grues, à raison de 2 millions d’euros l’unité.

Le patron de Manu Port repose une fois de plus la même question : « Le Département-Région a-t-il les moyens de lui racheter ce matériel ? »

Une question que se posent également de nombreux Mahorais qui suivent ce feuilleton médiatique car, au regard du contrat passé entre le Département et la MCG, la DSP prenant fin le 31 août 2026, le premier aurait dû envoyer au second un chèque de 18,5 millions d’euros. Ce qui, à ce jour, n’est toujours pas le cas.

Aucune discussion n’aurait encore été engagée en ce sens par les deux parties, le Département-Région de Mayotte essayant de gagner du temps en prétextant attendre l’avis des experts.

« En cas d’investissements lourds réalisés, comme c’est le cas ici, avec un amortissement qui n’est pas fini, la loi prévoit une prolongation de la DSP. Je sais que la justice l’a résiliée, mais il y a une réalité et un temps judiciaires d’un côté et, de l’autre, une réalité de terrain qui ne correspond pas toujours. C’est ce qui a créé le problème avec les tarifs de la résiliation, des décisions prises par le Département que nous avons contestées devant le tribunal administratif.

« Huit mois se sont écoulés entre-temps avant que la décision du TA ne vienne renverser celle du Département. Entre ces deux moments, il y a eu un manque à gagner. À quel tarif facturer les 150 conteneurs qui sortent tous les jours du port ? Il fallait bien prendre une décision au final. C’est de là que provient tout ce bazar », ajoute, pédagogue, Yohan Nel.

Il réaffirme que ce contentieux du port de Longoni serait facile à régler si un interlocuteur pouvait être désigné du côté du Département pour engager une discussion entre adultes autour d’une table.

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À Tsoundzou 2, le camp d’exilés grandit toujours tandis que les demandes d’asile s’éternisent

À Tsoundzou 2, le camp d’exilés grandit toujours tandis que les demandes d’asile s’éternisent
En onze mois, le camp est passé d’une centaine d’habitants à 1.487 personnes, selon un recensement effectué par les représentants du camp.

Près de 1.500 personnes vivent désormais dans le camp d’exilés de Tsoundzou 2, installé en octobre 2025. De nombreux demandeurs d’asile y attendent encore un rendez-vous en préfecture, tandis que les difficultés d’accès à l’eau, à l’alimentation et aux soins s’ajoutent à l’insécurité et à la précarité du quotidien.

Onze mois après sa naissance, le 22 octobre 2025, conséquence de la destruction de l’ancien camp dit de La Guinguette, le camp d’exilés de Tsoundzou 2, entre le village Coallia et la mangrove, ne cesse de s’agrandir.

Au total, 1 487 personnes, dont 300 femmes et 198 enfants, y vivent chaque jour, selon un recensement réalisé par les représentants des habitants eux-mêmes. La majorité d’entre eux attend depuis plusieurs mois un premier rendez-vous en préfecture pour enregistrer leur demande d’asile.

Des demandes d’asile “à l’arrêt” depuis juin

Un processus arrêté depuis le 10 juin 2026, au moment où le Collectif des citoyens de Mayotte 2018 et les Femmes Leaders avaient bloqué le Bureau des étrangers de la préfecture, et qui ne permet pas de désengorger le camp, selon plusieurs demandeurs d’asile rencontrés ce 22 septembre. Une situation qui n’a pas pu être vérifiée auprès de la préfecture, qui n’a pas répondu aux demandes de précisions, mais qui est corroborée par plusieurs acteurs sociaux. D’autant que la majorité des personnes rencontrées souhaitent quitter le camp, pour trouver du travail ou, pour certaines, partir de Mayotte.

Autre problème, notamment lié aux lenteurs administratives : certaines personnes, qui avaient obtenu une attestation de demande d’asile et étaient hébergées depuis plusieurs mois par des associations, se retrouvent à nouveau dans la rue à l’expiration de leur période d’hébergement, qui varie entre trois et six mois, alors qu’elles attendent encore la suite de leurs démarches administratives, notamment l’obtention de leur titre de séjour ou de leur titre de voyage.

C’est le cas de Isyaka, 28 ans, originaire de la République Démocratique du Congo, qui après avoir passé 7 mois dans un logement, se retrouve à nouveau à vivre dans l’insalubrité, la chaleur et l’humidité du camp de Tsoundzou. “J’ai obtenu la protection, mais cela fait 1 an que j’attends mon titre de séjour”, témoigne-t-il, résigné, “j’étais logé grâce à Mlezi Maoré, mais l’association a eu l’obligation par la préfecture de nous faire quitter le logement après un certain délai. Nous sommes plusieurs dans cette situation”.

Au milieu du camp, qui s’étend sur plusieurs centaines de mètres, de la rivière Kwalé dans la mangrove jusqu’à la plage de sable noir sur le littoral rocailleux, de longs chaumes de bambous sont disposés à même le sol, tandis que d’autres sont fixés entre eux pour construire de nouvelles habitations. D’énormes tas de déchets s’entassent dans la mangrove, laissant à peine la place aux éleveurs de bétail pour accéder à leurs parcs et s’occuper de leurs animaux.

Un peu partout des enfants jouent dans la rivière, à côté d’adultes venus se laver, laissant des traces de savons dans l’eau qui s’écoule jusqu’au lagon. Les agriculteurs qui possèdent des parcelles ont coupé leurs bananiers. Les terrains ainsi mis à nu sont immédiatement recouverts de nouvelles cases bâchées.

Des femmes et des enfants toujours présents en nombre

Ici et là, le grondement de générateurs électriques signale la présence de prises pour recharger les téléphones ou encore brancher une télévision. Par endroits, entre les bâches noires et rouges, de petites échoppes vendent toutes sortes de produits : riz, huile, sodas, œufs ou encore légumes. Des “commerces” de fortune devenus précieux pour les habitants, et surtout pour les familles nombreuses, comme celle d’Isabella Shamavu, 35 ans, qui vit dans le camp avec son mari et ses quatre filles de 16, 14, 12 et 5 ans, depuis le mois d’avril. En provenance de la ville d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo, en proie à la guerre, ils n’ont toujours pas de nouvelles concernant leur demande d’asile.

“Il fait chaud et nous n’avons pas à manger”, résume-t-elle simplement, lassée. “Nous n’avons rien d’autre à faire que d’attendre. Sur mes quatre filles, une seule a réussi à obtenir une place au collège de Kwalé, les autres ne sont pas scolarisées”, ajoute-t-elle, alors que sa fille aînée, âgée de 16 ans, lui tresse les cheveux. “Parfois des gens viennent nous donner à manger et des habits, heureusement, mais actuellement on ne mange qu’une fois par jour”.

Un témoignage qui illustre également les difficultés des autorités à prendre en charge les publics vulnérables, principalement les femmes et les enfants. Une priorité qui semble ne plus pouvoir être assurée depuis la gestion du camp de La Guinguette.

Pour rompre avec la morosité du quotidien, les femmes du camp organisent ponctuellement des activités pour les enfants. Parmi elles, Blondel Mwadjuma, représentante des femmes du camp, tente de faire entendre leur voix lorsqu’elle en a le temps. Arrivée à Mayotte en février dernier, elle constate pourtant que la situation ne tend pas à s’améliorer, bien au contraire.

“L’accès à l’eau est difficile. Nous avons six citernes, avec un débit très faible, et avec plus de 1 400 personnes, tout le monde n’a pas accès à l’eau. Il y a aussi une non-assistance alimentaire. On recevait des bons alimentaires, mais depuis le mois de juillet, ils ne sont plus distribués. Enfin il y a les difficultés administratives, surtout pour celles et ceux qui sont arrivés à Mayotte depuis novembre 2025”, raconte-t-elle.

“On pensait qu’il était mort”

À cela s’ajoutent des confrontations avec des “délinquants” qui, selon les personnes interrogées, n’hésitent pas à entrer dans le camp par la mangrove pour voler des affaires. Diego à failli perdre la vie alors qu’il se rendait à une épicerie au centre du village. Agressé par quatre jeunes le 10 mai dernier, laissé pour mort sur la route, il a été transporté en urgence au CHM. “On pensait qu’il était mort”, lance un de ses amis présent à ses côtés.

“Pour la plupart d’entre nous, on veut quitter Mayotte à cause de l’insécurité”, poursuit le jeune homme, qui précise être à Mayotte depuis novembre 2025. “Tous les jours on voit nos frères et nos sœurs se faire attaquer”. “Quand ce n’est pas les délinquants, c’est la police qui nous attrape”, ajoute un autre.

Se faire soigner est également devenu difficile, surtout pour certaines pathologies. “Il faut avoir des papiers, sinon on ne nous soigne pas. Moi, j’ai une maladie des dents et je ne peux pas avoir de soins”, témoigne-t-il. À Mayotte, les personnes étrangères en situation irrégulière ne bénéficient pas de l’aide médicale de l’État (AME), contrairement au régime applicable dans l’Hexagone. Leur accès aux soins repose sur un dispositif spécifique, qui prévoit une prise en charge gratuite dans certaines situations, mais ne couvre pas l’ensemble des soins.

Assis sous une bâche à faire passer le temps, ces hommes savent que la prochaine menace viendra du ciel avec le retour de la saison des pluies. Les averses récentes sont venues rappeler le calvaire de la vie au camp, sur un terrain boueux complètement inondé lors des intempéries.

En attendant, pour échapper à l’atmosphère étouffante du camp, Isyaka aime se rendre à pied jusqu’à la plage pour se baigner ou jouer au football. Ce mardi, plusieurs Yéménites profitent de l’eau, tandis que d’autres discutent sur le sable. Une parenthèse qui permet, le temps d’un moment, d’oublier les conditions de vie indignes du camp. “Un endroit pour méditer et oublier”, confie Isyaka en regardant le large et l’îlot Mbouzi.

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Une semaine d’actions autour de la contraception

Une semaine d’actions autour de la contraception

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À trois jours de la Journée mondiale de la contraception, célébrée samedi 26 septembre, les actions de prévention se multiplient à Mayotte. Ateliers, stands, dépistages et échanges avec les jeunes et les parents sont organisés dans plusieurs communes, alors que les grossesses chez les adolescentes restent nombreuses sur le territoire.

Forum au collège de Pamandzi, atelier à la Mission locale de Passamainty, intervention au centre pénitentiaire de Majicavo : depuis plusieurs jours, les rendez-vous se succèdent à travers l’île. Ce mercredi 23 septembre, la sensibilisation se poursuit à Ouangani, où un stand ouvert à tous est prévu au CCAS. Jeudi, le REPEMA proposera à Combani un atelier autour de la contraception destiné aux adultes et aux parents, tandis que Médecins du monde interviendra à Longoni, dans le quartier de Mangarefa, auprès du grand public. Vendredi, la PMI de Combani accueillera à son tour une journée de sensibilisation ouverte à tous.

Les interventions couvrent plusieurs aspects de la santé sexuelle : moyens contraceptifs, infections sexuellement transmissibles, menstruations ou encore représentations des jeunes autour de la contraception. Elles s’adressent à des publics variés, des adolescents aux parents, en passant par les hommes et les femmes détenus au centre pénitentiaire de Majicavo. Un effort de prévention qui prend une importance particulière au regard du nombre encore élevé de grossesses chez les mineures.

410 enfants nés d’une mère mineure en 2025

En 2025, 410 enfants sont nés d’une mère mineure à Mayotte, soit 4,5 % des naissances, selon l’Insee. Ils étaient 420 un an plus tôt. Parmi eux, une centaine avaient une mère âgée de moins de 16 ans. Dans l’Hexagone, les mères mineures représentent 0,3 % des naissances.

La fécondité reste elle aussi nettement plus élevée à Mayotte, malgré son recul ces dernières années : 3,5 enfants par femme en 2025, contre 1,5 dans l’Hexagone.

Du côté des interruptions volontaires de grossesse, 1.558 IVG ont concerné des femmes résidant à Mayotte en 2024. Le taux standardisé, qui permet de tenir compte de la structure d’âge de la population, s’établissait à 16,7 IVG pour 1.000 femmes de 15 à 49 ans, soit un niveau proche de celui observé en métropole. L’écart est en revanche plus marqué chez les adolescentes : chez les 15-17 ans, le taux atteignait 12,2 pour 1.000 à Mayotte, contre 5,8 pour 1.000 en France.

L’Enquête nationale périnatale menée en 2021 avait également mis en évidence un recours limité à la contraception parmi les femmes ayant accouché à Mayotte. Sur près d’un millier de mères interrogées, 39,6 % déclaraient n’avoir jamais utilisé de moyen contraceptif, contre 11,8 % dans l’Hexagone. Plus d’une sur quatre, 27,5 %, indiquait également qu’elle aurait préféré ne pas être enceinte ou l’être plus tard.

Un village santé samedi à Pamandzi

La Journée mondiale de la contraception sera marquée samedi par un Village santé sexuelle et reproductive, organisé de 8h30 à 13h, place du Congrès à Pamandzi. Ouvert à tous, il réunira plusieurs des structures engagées dans les actions menées ces dernières semaines.

La sensibilisation se poursuivra ensuite avec une table ronde consacrée à l’IVG le 29 septembre, puis une action autour du préservatif le 2 octobre.

RIAM et SHAMA inaugurent leurs locaux partagés à Doujani

RIAM et SHAMA inaugurent leurs locaux partagés à Doujani
Désormais réunis sous le même toit, le RIAM et SHAMA pourront orienter directement leurs publics respectifs vers les ressources et les compétences de l’autre réseau.

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À Doujani, le Réseau inter-associatif de Mayotte (RIAM) et Synergies et Horizons d’Acteurs Mayotte (SHAMA) ont inauguré leurs locaux partagés. Ce nouvel espace doit favoriser la mutualisation des ressources, la formation et la coopération entre les associations et les acteurs du développement du territoire.

Le Réseau inter-associatif de Mayotte (RIAM) et Synergies et Horizons d’Acteurs Mayotte (SHAMA) ont inauguré, mardi 22 septembre 2026, leurs locaux partagés au 9, rue Abdoul-Kader, à Doujani, dans la commune de Mamoudzou. Ce nouvel espace doit renforcer la coopération entre les associations et les acteurs du développement du territoire.

Les locaux comprennent une salle de formation, un espace de travail partagé et un accueil ouvert aux associations. Ils ont vocation à accueillir des réunions, des formations et des temps d’échange entre les acteurs du tissu associatif mahorais.

L’inauguration a réuni des représentants associatifs, des partenaires institutionnels et des acteurs du développement. La rencontre a permis de présenter les espaces et d’échanger sur les enjeux du travail collaboratif à Mayotte.

Des missions complémentaires

Le RIAM rassemble actuellement 57 associations et structures d’intérêt général. Créé pour favoriser la coordination, la mutualisation et la circulation de l’information entre les acteurs, le réseau entend donner davantage de visibilité aux initiatives menées sur le territoire.

« Nous voulons travailler sur la coordination territoriale. Avec 57 membres, qui représentent des structures de tailles et de secteurs différents, nous avons souhaité que chacun puisse avoir sa voix », explique Avlamy Ramassamy, coordinatrice du RIAM.

Le réseau s’appuie sur une gouvernance organisée autour de plusieurs catégories de membres, avec des représentants chargés de faire remonter les besoins et de participer à la définition des orientations. « Nous nous réunissons régulièrement pour discuter de la stratégie et des thématiques transversales qui concernent Mayotte, en tenant compte des réalités de chaque structure », poursuit-elle.

De son côté, SHAMA, le réseau régional multi-acteurs de Mayotte, accompagne les porteurs de projets et fédère les acteurs engagés dans la coopération et la solidarité internationales. Il réunit notamment des associations, des collectivités et d’autres organisations intervenant dans ces domaines. Le réseau indique avoir identifié 79 acteurs sur le territoire.

Un secteur essentiel

Cette installation intervient dans un secteur associatif qui occupe une place importante dans l’économie sociale et solidaire mahoraise. Selon les données de la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (CRESS) de Mayotte, l’économie sociale et solidaire comptait 290 établissements en 2021. Parmi eux, 84% étaient des associations. Le secteur représentait au moins 2 836 emplois et 30 millions d’euros de masse salariale brute annuelle.

Ces chiffres, issus du panorama de l’économie sociale et solidaire à Mayotte, illustrent le poids des associations dans l’accompagnement des populations et la mise en œuvre de projets sociaux, éducatifs, culturels ou environnementaux. La CRESS souligne toutefois les difficultés auxquelles ces structures sont confrontées, notamment en matière de financement, de compétences et de structuration.

Dans ce contexte, la mutualisation apparaît comme un levier pour renforcer les acteurs locaux. « C’est un moment important pour les deux structures. SHAMA est un réseau multi-acteurs qui fédère des associations, mais aussi d’autres composantes de la société, comme l’université », souligne Abib Ben Chadhouli, président de SHAMA.

« Chaque structure conserve sa gouvernance, avec des secteurs complémentaires. Le partage des ressources permet de mieux répondre aux besoins, à un moment où les financements se raréfient », ajoute-t-il.

Un lieu ouvert sur la région

Pour Avlamy Ramassamy, les locaux doivent également constituer un espace de rencontre et d’ouverture. « C’est un lieu d’échange que nous mettons à disposition pour nous retrouver, créer des synergies et nous ouvrir sur la région et l’international. Cela va nous permettre d’avoir enfin un véritable lieu », indique-t-elle.

Le RIAM et SHAMA souhaitent ainsi faciliter l’orientation des associations et des porteurs de projets. Une structure accompagnée par le RIAM pourra être mise en relation avec SHAMA, et inversement.

À travers cette adresse commune, les deux réseaux veulent faire de Doujani un point d’ancrage pour le secteur associatif mahorais. Ils entendent également porter une voix collective auprès des pouvoirs publics sur les enjeux sociaux, économiques, culturels et environnementaux du territoire.

Une journée entre culture et sciences à l’Université de Mayotte

Une journée entre culture et sciences à l’Université de Mayotte

L’Université de Mayotte propose, ce vendredi 25 septembre, deux rendez-vous ouverts au public sur son campus. De 11h30 à 13h, l’auditorium accueillera « Les Larmes de l’assassin », un BD-concert mêlant récit, bande dessinée et musique live avec Mounawar.

De 12h30 à 14h, une présentation suivie d’un débat sera consacrée à la diffusion des savoirs et à la préservation des récifs coralliens, à la salle polyvalente. Ces deux événements proposent d’associer culture, sciences et sensibilisation à l’environnement.

L’accès est ouvert à tous, dans la limite des places disponibles. Les réservations se font par mail à bruno.girard@univ-mayotte.fr.

Des cours de soutien pour les lycéens

Des cours de soutien pour les lycéens

Pour cette nouvelle année scolaire, l’association propose à nouveau des cours de soutien destinés aux élèves de Seconde, Première et Terminale. L’objectif est d’accompagner les lycéens dans leurs apprentissages, en renforçant leurs connaissances, leur méthodologie et leur préparation aux examens. L’association propose également un accompagnement pour la découverte des métiers et la préparation à la mobilité.

Les inscriptions se font via le formulaire en ligne, par QR code sur l’affiche ou directement auprès de l’association au 0639 22 05 54. Les candidats peuvent également contacter l’association à mobilite1@reseaulahiki.org.

Plus de 7,5 m3 de charbon saisis dans une charbonnière illégale à Bandraboua

Plus de 7,5 m3 de charbon saisis dans une charbonnière illégale à Bandraboua

Une charbonnière illégale située sur la commune de Bandraboua a été détruite lundi 14 septembre par la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DAAF), avec l’appui de la gendarmerie nationale. L’opération a permis de saisir et de détruire plus de 7,5 m³ de charbon de bois, produit illégalement et destiné à la revente locale.

Depuis le début de l’année 2026, cinq charbonnières illégales ont été détruites à Mayotte, pour un volume cumulé de près de 225 m³ de charbon de bois, selon la préfecture. Les services de l’État rappellent que la production de charbon est soumise à réglementation et que les installations illégales peuvent faire l’objet de poursuites et de destructions.

La Cadema lance un appel à projets pour nettoyer et protéger le littoral

La Cadema lance un appel à projets pour nettoyer et protéger le littoral

La Communauté d’agglomération Dembéni-Mamoudzou (Cadema) lance un appel à projets destiné aux associations environnementales pour soutenir des opérations de protection du littoral et de lutte contre les déchets abandonnés. Chaque projet devra notamment prévoir au moins une opération participative de nettoyage des plages avec les habitants. Des actions de sensibilisation, de mobilisation des jeunes, de tri ou encore de restauration d’espaces dégradés pourront également être proposées.

Une enveloppe globale de 400 000 euros est prévue, avec une subvention pouvant atteindre 80 000 euros par projet et par an, dans la limite de 80 % du coût total. Les actions pourront notamment concerner Pendu Hamaha, Mahabou, Aranta Be, Dinga Dingani ou la plage d’Iloni, mais d’autres sites du territoire peuvent être proposés. Les projets retenus doivent débuter à partir de novembre, dans le cadre de « Novembre Vert ». Les candidatures sont à déposer au plus tard le 29 septembre 2026 auprès de la Cadema.

15 entrepreneurs mahorais s’envolent pour BATIMAT 2026

15 entrepreneurs mahorais s'envolent pour BATIMAT 2026

Branle-bas de combat dans les milieux du bâtiment à Mayotte depuis plusieurs jours. Chaque secteur peaufine les derniers détails avant le grand saut à Paris, où se tiendra, dès lundi prochain et pendant quatre jours, le grand salon des professionnels du bâtiment en France.

« C’est ensemble que nous allons pouvoir grandir, construire, régler nos difficultés du moment, nous entraider et améliorer notre savoir-faire. Il y a parmi nous, cette année, de jeunes entrepreneurs qui viennent de rejoindre les rangs de la CMA Mayotte. Ils ne demandent rien d’autre que de pouvoir travailler et être payés pour vivre de leurs activités professionnelles », annonce d’entrée de jeu le président de la Chambre de métiers et de l’artisanat de Mayotte, Madi Fahar, au milieu d’une assemblée rompue à cet exercice.

En effet, le salon BATIMAT est un rendez-vous annuel incontournable pour beaucoup des personnes présentes à cette réunion. C’est le cas de l’entrepreneur m’tsapérois Djadid Abdou Rakib, qui n’en est pas à sa première participation à ce salon des professionnels du bâtiment en France.

« Nous devons tous saluer ce coup de pouce exceptionnel qui nous est donné par le Département-Région de Mayotte. Croyez-moi, ce n’est pas tout le monde qui a la chance de se voir aider pour un déplacement de ce type à Paris. Il faut que chacun d’entre nous réserve ses moyens pour acquérir des outils ou passer commande de matériel qui servira à développer son activité une fois de retour dans l’île. Attendez le dernier jour du salon : c’est le moment propice pour réaliser de bonnes affaires, avec parfois des réductions de prix pouvant atteindre 50 % de la valeur de certains produits ou outils », a-t-il détaillé à l’attention des plus jeunes entrepreneurs présents.

En guise de rappel, Djadid Abdou Rakib a suggéré à ses collègues de se rapprocher de leurs fournisseurs afin de finaliser leurs commandes lors de cette dernière journée du salon, les rassurant quant au fait que leurs commandes leur seront sans faute livrées ultérieurement.

« N’hésitez pas à vous constituer un bon carnet d’adresses durant le salon. Vous verrez que cela vous sera profitable à l’avenir », a-t-il ajouté.

Une quinzaine d’adhérents de la Chambre de métiers et de l’artisanat de Mayotte (CMA) se prépare à s’envoler pour Paris samedi matin, afin d’assister au salon BATIMAT 2026. Plusieurs rencontres ont été organisées hier, lundi, dans les locaux de l’hôtel consulaire de Mamoudzou, afin d’accorder les violons entre les responsables de la CMA et les différentes entreprises désireuses de participer à cet événement.

Au final, il a été décidé que 15 entrepreneurs mahorais et deux accompagnateurs feront le déplacement à Paris cette année. Un déplacement rendu possible grâce à une subvention du Département-Région de Mayotte, actuellement dans les tuyaux, dans l’attente d’une formalisation au moyen d’une prochaine délibération de l’Assemblée de Mayotte.

Cette opération fait suite à un appel à projets lancé en mars dernier, auquel la CMA a répondu au cours du mois de mai 2026, en sollicitant l’octroi d’une subvention de 70 000 euros destinée à couvrir l’ensemble des frais estimés pour le déplacement de ses adhérents.

À noter toutefois qu’une participation symbolique de 500 euros est demandée à chacun des 15 entrepreneurs candidats au voyage.

Le président de la CMA a rappelé à ses troupes que l’objectif de ce déplacement au salon BATIMAT 2026 reste la recherche de nouvelles opportunités professionnelles et la découverte d’innovations susceptibles de leur faciliter le travail dans un avenir proche.

Pour leur simplifier la tâche, une organisation opérationnelle a été mise en place concernant les réservations et l’acquittement des cotisations qui leur sont demandées. Les entrepreneurs auront le choix entre des formalités à remplir en ligne, directement sur le site officiel de BATIMAT, ou un accompagnement par un personnel dédié au sein de la CMA.

Les 15 acteurs économiques présents représentent tous des entreprises structurées, à jour de leurs différentes cotisations et suivies par leur chambre consulaire. Ils ont tous adressé leurs remerciements à Ben Issa Ousséni, président de l’Assemblée de Mayotte, pour avoir accepté de reconduire, cette année encore, ce dispositif d’aide et d’accompagnement en faveur des petites entreprises mahoraises.

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Errance animale : les associations des cinq DROM s’unissent pour réclamer une stratégie commune

Errance animale : les associations des cinq DROM s’unissent pour réclamer une stratégie commune
Une politique massive de stérilisation, pour les animaux errants comme pour ceux de particuliers, y compris les foyers les plus modestes, figure au cœur de leurs propositions.

Les associations mahoraises L’Arche d’Hélios, l’APPF976 et l’association MAEVA dénoncent une réponse encore trop centrée sur la capture et l’euthanasie, elles proposent avec leurs homologues des cinq DROM de miser davantage sur la stérilisation, l’identification et le suivi des populations animales.

Pour la première fois, des associations de protection animale de Guadeloupe, de Guyane, de Martinique, de Mayotte et de La Réunion se regroupent pour demander une stratégie commune contre l’errance animale. Dans un communiqué signé par 29 associations et deux collectifs, le 15 septembre dernier, elles réclament notamment la création d’un groupement d’intérêt public (GIP) à l’échelle des cinq DROM.

L’objectif affiché est de mieux coordonner les actions, de disposer de données communes et de privilégier la prévention plutôt que les interventions ponctuelles.

À Mayotte, une population canine difficile à mesurer

À Mayotte, les associations signataires — L’Arche d’Hélios, l’Association pour la protection et la préservation de la faune (APPF976) et l’association MAEVA — soulignent d’abord le manque de données fiables. En 2025, 247 chiens et chiots ont été capturés dans le cadre du “Plan Chiens”, mais aucun chiffre officiel ne permet aujourd’hui de connaître précisément la population canine du territoire.

Le communiqué évoque également des élevages clandestins et la présence de meutes, dont certaines seraient utilisées par des délinquants. Pour les associations, l’errance résulte notamment des abandons et de la reproduction non maîtrisée des animaux détenus par des particuliers.

La situation n’est pas propre à Mayotte. À La Réunion, une étude de 2017 recensait 73 000 chiens présents dans l’espace public, dont 42 000 sans propriétaire et 31 000 en divagation. Plus de 10 000 chiens et chats sont pris en charge chaque année par les fourrières, avec 85 % d’euthanasies.

En Martinique, près de 90 % des chiens seraient non identifiés et plus de 500 têtes de bétail ont été attaquées en 2025.

En Guadeloupe, les associations estiment à environ 500 le nombre de naissances quotidiennes de chiens et chats appartenant à des particuliers, tandis que plus de 90 % des animaux pris en charge par l’unique fourrière seraient euthanasiés.

En Guyane, aucun recensement global n’existe, mais les associations évoquent plusieurs dizaines de milliers de chiens et une présence fréquente de meutes dans les rues, sur les routes et les plages.

Plus largement, un audit cité dans le communiqué fait état d’un taux moyen d’euthanasie de 90 % des animaux entrant en fourrière dans les territoires ultramarins, contre environ 7 % pour les chiens et 36 % pour les chats dans l’Hexagone.

Errance animale : les associations des cinq DROM s’unissent pour réclamer une stratégie commune
En 2025, 247 chiens et chiots ont été capturés dans le cadre du “Plan Chiens”, mais aucun chiffre officiel ne permet aujourd’hui de connaître précisément la population canine du territoire.

Après le débat sur l’abattage, les associations veulent changer de méthode

Cette mobilisation intervient après le débat autour d’une mesure permettant aux préfets des DROM, pendant deux mois, d’ordonner la destruction de chiens errants ou en état de divagation. Adoptée par le Sénat le 2 juillet 2026, cette disposition a finalement été supprimée lors de la commission mixte paritaire du 16 juillet. Les associations considèrent ce retrait comme une étape importante, mais estiment que le problème de fond reste entier.

“On ne traite pas un phénomène structurel par des abattages ponctuels”, résume Reha Hutin, présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis, citée dans le communiqué. Pour les signataires, la réponse doit davantage porter sur les causes de l’errance que sur ses conséquences.

Un GIP et davantage de stérilisations

Le GIP proposé réunirait l’État, les collectivités, les communes, les associations, les vétérinaires, mais aussi d’autres acteurs concernés. Il aurait notamment pour rôle d’établir un diagnostic commun, de suivre les populations animales et de mesurer les résultats des politiques engagées. Les associations demandent également que les structures de terrain indépendantes disposent d’une place dans sa gouvernance et que les données publiques soient suivies dans le temps.

Au cœur de leurs propositions figure une politique massive de stérilisation, concernant à la fois les animaux en errance et ceux appartenant à des particuliers, y compris lorsque leurs propriétaires disposent de faibles ressources. Le communiqué évoque la création de dispensaires vétérinaires fixes ou mobiles, le développement de partenariats avec les écoles vétérinaires et des campagnes de castration mobiles. Il demande aussi l’application effective des dispositifs existants pour les chats libres et pour les chiens communautaires, notamment à Mayotte, avec capture, stérilisation, identification et remise sur site.

Les associations souhaitent aussi des objectifs chiffrés de stérilisation, accompagnés de budgets et d’indicateurs annuels. Elles préconisent une application plus effective des règles contre l’abandon et la maltraitance, un contrôle des élevages non déclarés et des ventes de chiots et chatons sur internet, ainsi qu’un meilleur traitement des signalements. Elles proposent de réfléchir à une obligation de stérilisation pour les animaux qui ne sont pas destinés à la reproduction déclarée et à renforcer la sensibilisation dès le plus jeune âge.

Le communiqué porte par ailleurs sur les financements publics consacrés à l’errance animale, avec une réévaluation souhaitée, davantage de transparence sur leur utilisation et une réorientation vers la prévention.

Les associations souhaitent rencontrer les ministères de l’Agriculture et des Outre-mer ainsi que les cinq préfectures. Elles préconisent un moratoire sur les mesures de destruction ou d’abattage, une évaluation publique du coût des politiques actuelles et des financements pluriannuels. Elles appellent aussi à la publication annuelle de données consolidées sur les captures, les stérilisations, les identifications et les euthanasies dans les cinq DROM.

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Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes