Le Département-Région de Mayotte, à travers sa direction de l’Enseignement supérieur, organise des journées d’information et d’échanges afin d’accompagner les étudiants qui poursuivront, pour la première fois, leurs études hors de Mayotte. Au programme : conseils pratiques, accompagnement, dispositifs d’aide et échanges pour préparer sereinement cette nouvelle étape. La présence des parents est fortement encouragée. Le planning est le suivant : le 7 juillet au collège de M’Gombani, le 9 juillet au foyer des jeunes de Bandraboua et le 16 juillet au Pôle culturel de Chirongui. Toutes les réunions auront lieu de 8h à 13h30.
Programmation du cinéma de Chirongui du 29 juin au 12 juillet
Le cinéma de Chirongui dévoile sa programmation du 29 juin au 12 juillet, avec de nouveaux horaires et de nouveaux tarifs. Plusieurs films grand public sont à l’affiche, dont Toy Story 5, Les Trois Bricochons, Des Minions et des monstres, Supergirl, Michael, Scary Movie, Disclosure Day, Obsession ou encore Backrooms. Des séances en 3D et une projection en version originale sont également prévues.
Les séances s’échelonneront du mercredi au dimanche, avec une offre pensée pour les familles comme pour les amateurs de thrillers ou de films d’horreur. Côté tarifs, la place est désormais fixée à 7 euros en plein tarif, 6 euros pour les habitants de la communauté de communes du Sud, 5 euros en tarif réduit et 4 euros pour les groupes. L’entrée reste gratuite pour les moins de trois ans accompagnés. Billetterie en ligne sur le site du Pôle culturel de Chirongui.
Bouéni : le procès des procurations frauduleuses renvoyé au 19 janvier
Le tribunal correctionnel de Mamoudzou devait examiner, ce mardi 30 juin, le volet pénal de l’affaire des procurations suspectes lors des municipales à Bouéni. L’audience a finalement été renvoyée au 19 janvier 2027, en raison de l’indisponibilité de l’avocat de trois des quatre prévenus, mobilisé aux assises. Les contrôles judiciaires sont maintenus.
L’affaire des procurations frauduleuses aux élections municipales de Bouéni ne sera pas jugée avant l’année prochaine. Attendu ce mardi 30 juin devant le tribunal correctionnel de Mamoudzou, le dossier a été renvoyé au 19 janvier 2027. L’avocat de trois des quatre prévenus a fait valoir qu’il devait également défendre un dossier lors de la session d’assises en cours. Dans ces circonstances, le dossier correctionnel est automatiquement renvoyé au profit des assises.
Quatre personnes sont poursuivies dans cette affaire, qui avait éclaté pendant la campagne des municipales de mars. Parmi elles figurent un policier, colistier du maire actuel Ousseni Mirhane, et une policière à la retraite au moment des faits. Ils sont soupçonnés d’avoir réalisé des procurations sans y être habilités. Deux autres prévenus, dont un enseignant, se voient reprocher d’avoir accompagné des administrés dans la réalisation de procurations.
Les prévenus doivent notamment répondre de faits de faux dans un document administratif, une infraction relevant des atteintes à la confiance publique. En attendant la nouvelle audience, le tribunal a maintenu l’intégralité des contrôles judiciaires. Les prévenus pourront toutefois saisir la juridiction pour demander une modification de ces obligations, à condition de produire des justificatifs.
Avant de renvoyer le dossier, la présidente de la cour a tenu à rappeler les enjeux de cette procédure. « La confiance dans les autorités publiques est un vrai sujet en France », a-t-elle souligné, rappelant qu’un contentieux est toujours en cours devant le juge administratif. « C’est un sujet extrêmement sensible qui intéresse les Français et donc il est important que vous mesuriez bien la portée de cette procédure et la gravité des faits qui vous sont reprochés », a-t-elle ajouté à l’adresse des prévenus.
Le maire de Bouéni, Ousseni Mirhane, était présent à l’audience pour soutenir les prévenus. Sur le plan administratif, le scrutin municipal a déjà été annulé en première instance par le tribunal administratif, qui a estimé que les irrégularités avaient altéré la sincérité du vote. L’édile a saisi le Conseil d’État, qui doit désormais confirmer ou non cette annulation.
Convergence sociale à Mayotte : encore un effet d’annonce sans suite du gouvernement ?

Annoncée en grande pompe lors d’une réunion organisée par les services de l’État dans les locaux de la CSSM à Mamoudzou au début du mois, l’application de la LODEOM sociale, censée entrer en vigueur dès cette année, se résumerait finalement à zéro pour 2026. C’est ce qu’affirme Djoumoi Ramia à l’issue d’une rencontre à Bercy, en fin de semaine dernière. Accompagné de la députée Anchya Bamana lors de ce rendez-vous parisien, il demande la révision du décret du 11 février 2026, qui limite les allègements de charges patronales sur le territoire à 1,6 SMIC, contre un plafond de 3 SMIC dans les autres territoires ultramarins.
Jeudi 25 juin 2026, à Paris, Djoumoi Ramia a réitéré son slogan : « Mayotte ne demande pas un privilège. Elle demande simplement l’égalité de traitement avec les autres territoires ultramarins. » Reçu au cabinet du ministre de l’Économie à Bercy, le président de l’Ordre des experts-comptables de Mayotte a présenté au gouvernement une étude d’impact sur l’application de la convergence sociale.
« Les chiffres sont sans appel : les entreprises mahoraises contribuent davantage à la richesse nationale qu’elles ne coûtent aux finances publiques », avance l’expert-comptable mahorais.
Présentée au nom de l’Ordre des experts-comptables de Mayotte, cette étude mettrait en évidence, selon lui, une inégalité majeure, justifiant sa demande de révision du décret du 11 février 2026. Djoumoi Ramia est catégorique : dans sa rédaction actuelle, ce texte ne permet pas aux habitants de l’archipel de bénéficier des mêmes règles que leurs compatriotes des autres territoires d’Outre-mer.
L’expert-comptable estime en effet que ce décret limite les allègements de charges patronales à 1,6 SMIC à Mayotte, alors que les autres territoires ultramarins bénéficient d’un plafond fixé à 3 SMIC dans le cadre du RGDU et à 2,7 SMIC au titre de la LODEOM renforcée en 2026.
« La LODEOM sociale à Mayotte, pour l’année en cours, s’élève en réalité à zéro. Cette différence pénalise directement les emplois qualifiés, les salariés à temps plein et le développement économique de notre territoire », soutient Djoumoi Ramia.
« Nous connaissons les contraintes politiques et budgétaires du moment. Nous savons que personne ne souhaite fragiliser les équilibres existants entre les territoires ultramarins. Mais cette réalité ne doit pas conduire à maintenir une inégalité qui freine durablement l’économie mahoraise », a-t-il plaidé auprès des collaborateurs du ministre de l’Économie.
Il a proposé à ses interlocuteurs de financer, dans le cadre du budget de la Refondation de Mayotte, un dispositif d’allègements de charges inspiré de la LODEOM sociale renforcée, et ce jusqu’à la convergence complète vers le droit commun en 2031. Il considère cette proposition comme une solution équilibrée, une mesure qui ne retire rien aux autres territoires tout en permettant à Mayotte de rattraper son retard.
« C’est cela, la solidarité nationale : donner à chacun les moyens de réussir, sans opposer les territoires entre eux », avance Djoumoi Ramia.
Il était accompagné de la députée mahoraise Anchya Bamana lors de cette rencontre avec le cabinet du ministre de l’Économie.
Cancer du col de l’utérus : « Faites-vous tester »
Vaccination et dépistage : ces deux gestes permettent de prévenir la quasi-totalité des cancers du col de l’utérus. C’est le message fort porté par le Centre régional de coordination des dépistages des cancers (CRCDC) de Mayotte, à l’occasion de la conférence qui a clôturé le mois de prévention « Juin Vert », ce mardi 30 juin.
« Juin Vert » touche à sa fin. Pour clôturer ce mois dédié à la prévention du cancer du col de l’utérus, le Centre régional de coordination des dépistages des cancers (CRCDC) de Mayotte a organisé, ce mardi 30 juin, une conférence d’information destinée au grand public.
Chaque année, en France, plus de 3 200 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus sont diagnostiqués et environ 1 100 femmes en décèdent. Cette maladie est provoquée, dans la grande majorité des cas, par une infection persistante aux papillomavirus humains (HPV). Très répandus, ces virus se transmettent principalement lors des rapports sexuels, mais également par simple contact intime.
Le cancer du col de l’utérus est pourtant l’un des rares cancers que l’on peut prévenir efficacement. La vaccination contre les HPV est fortement recommandée dès l’âge de 11 ans, avec un rattrapage possible jusqu’à 26 ans. Elle permet de réduire considérablement le risque d’infection et, par conséquent, celui de développer un cancer. L’évolution de la maladie est généralement lente, sur plusieurs années, et demeure souvent asymptomatique à ses débuts.
Un dépistage qui sauve des vies
Le dépistage régulier reste l’autre pilier de la prévention. Selon les professionnels de santé, près de 90 % des cancers du col de l’utérus pourraient être évités grâce à un suivi adapté. Détecter précocement des lésions précancéreuses permet d’intervenir avant l’apparition d’un cancer et augmente fortement les chances de guérison. Plus le diagnostic est posé tôt, plus les traitements sont légers et permettent de préserver la fertilité.
À partir de 25 ans, le dépistage repose sur un frottis cervico-utérin, un examen rapide et généralement indolore consistant à prélever quelques cellules du col de l’utérus. Il permet de rechercher des anomalies cellulaires et, si nécessaire, la présence du HPV. Le CRCDC recommande un premier contrôle un an après le premier frottis, puis un second trois ans plus tard.
Entre 30 et 65 ans, le dépistage repose principalement sur un test HPV, réalisé tous les cinq ans si le résultat est négatif. Ces examens sont intégralement pris en charge par la Caisse de sécurité sociale de Mayotte (CSSM) pour toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans.
« Les femmes à Mayotte ne se font pas tester, sauf quand on va les chercher »
Malgré cette prise en charge, le taux de dépistage reste insuffisant à Mayotte.
« Les femmes à Mayotte ne se font pas tester, sauf quand on va les chercher », constate Claire Bertin, coordinatrice du CRCDC.
L’association souligne l’existence de nombreux freins sociaux, culturels et logistiques, auxquels s’ajoutent les difficultés d’accès au suivi gynécologique. C’est pourquoi elle privilégie une stratégie d’« aller-vers », afin d’aller directement à la rencontre des habitantes dans les villages et les quartiers. Sans cette démarche, une partie importante des femmes resterait éloignée des actions de prévention.
Tout au long du mois de juin, le CRCDC, en partenariat avec la CSSM, Santé Sud, Nariké Msada, EndoMayotte, l’ASCA, la commune d’Acoua, l’intercommunalité et les centres communaux d’action sociale (CCAS), a multiplié les actions de terrain, les ateliers d’information et les permanences de dépistage.
Ces interventions ont abordé plusieurs thématiques : santé sexuelle, contraception, vaccination contre les HPV, dépistage du cancer du col de l’utérus, dépistage du cancer du sein par palpation, ainsi que le dépistage du VIH et de l’hépatite B.
À l’image d’« Octobre Rose » pour le cancer du sein, « Juin Vert » vise à sensibiliser la population aux risques liés au cancer du col de l’utérus. Mais les actions du CRCDC se poursuivent tout au long de l’année.
Le centre coordonne les programmes de dépistage organisés des cancers du col de l’utérus, du sein et du cancer colorectal — ce dernier restant encore peu développé à Mayotte faute de moyens matériels. Il assure également le suivi des patientes, mène des actions de sensibilisation auprès de la population et accompagne les professionnels de santé.
Son objectif demeure inchangé : réduire les inégalités d’accès au dépistage et permettre aux publics les plus vulnérables de bénéficier d’une prise en charge précoce.
Le message est simple et sans ambiguïté : « Faites-vous tester. »
Le permis de conduire : un luxe qui freine l’accès à l’emploi à Mayotte
Entre coût élevé, délais et manque de solutions de transport, de nombreux jeunes voient leur insertion professionnelle compromise.
À Mayotte, décrocher un emploi ne dépend pas uniquement des compétences ou des diplômes. Pour de nombreux jeunes, un autre obstacle se dresse sur leur chemin : le permis de conduire. Dans un département où les transports en commun restent limités et où de nombreuses offres d’emploi exigent d’être mobile, obtenir le précieux sésame devient une étape indispensable. Mais son coût, souvent supérieur à 1 000 euros, représente un investissement difficilement accessible pour une partie de la population. Résultat : certains renoncent à des opportunités professionnelles faute de pouvoir financer leur formation.
Un investissement hors de portée pour de nombreux jeunes
Le permis B représente une dépense importante pour les familles mahoraises. Selon les formules proposées par plusieurs auto-écoles de l’île, un forfait classique dépasse régulièrement les 1 000 euros, auxquels peuvent s’ajouter des heures de conduite supplémentaires, les frais administratifs ou encore une nouvelle présentation à l’examen en cas d’échec.
Pour les étudiants, les jeunes diplômés ou les demandeurs d’emploi, cette somme constitue souvent plusieurs mois d’économies. Dans un territoire où le taux de chômage reste particulièrement élevé, beaucoup doivent faire un choix entre financer leur permis ou répondre à d’autres dépenses essentielles du quotidien.
Faute de moyens, certains repoussent leur inscription pendant plusieurs années, retardant ainsi leur entrée sur le marché du travail.
Un critère devenu indispensable pour travailler
À Mayotte, le permis est bien plus qu’un simple document administratif. Il conditionne l’accès à de nombreux métiers.
Les secteurs du bâtiment, de la sécurité, des services à la personne, de la livraison, du commerce, de la santé ou encore du transport recherchent régulièrement des candidats capables de se déplacer rapidement sur l’ensemble du territoire. Même lorsque le permis
n’est pas explicitement demandé dans l’offre d’emploi, les employeurs privilégient souvent les candidats mobiles.
Cette exigence s’explique notamment par les contraintes géographiques de l’île. Les horaires de travail commencent parfois très tôt ou se terminent tard, alors que les solutions de transport collectif demeurent insuffisantes dans plusieurs communes.
Les transports ne compensent pas l’absence de permis
Si le réseau de transport continue de se développer, il ne répond pas encore à l’ensemble des besoins des habitants. De nombreux villages restent difficilement accessibles sans véhicule personnel, tandis que certains salariés doivent effectuer plusieurs correspondances ou parcourir plusieurs kilomètres à pied pour rejoindre leur lieu de travail.
Cette réalité touche particulièrement les jeunes vivant loin de Mamoudzou ou des principaux bassins d’emploi. Pour eux, le permis devient presque une condition préalable à l’embauche.
Des aides encore méconnues
Plusieurs dispositifs permettent pourtant de financer tout ou partie du permis de conduire. Le Compte personnel de formation (CPF) peut être mobilisé sous certaines conditions. Certaines collectivités, associations ou structures d’insertion proposent également des aides spécifiques destinées aux demandeurs d’emploi ou aux jeunes en parcours professionnel. Les auto-écoles offrent aussi, dans certains cas, des facilités de paiement afin d’étaler les dépenses.
Cependant, ces dispositifs restent encore peu connus ou jugés trop complexes par une partie du public concerné.
Un enjeu d’égalité des chances
Pour de nombreux acteurs de l’emploi, faciliter l’accès au permis de conduire pourrait contribuer à améliorer l’insertion professionnelle des jeunes Mahorais. Plusieurs entreprises peinent aujourd’hui à recruter alors même que des candidats motivés ne peuvent accepter un poste faute de solution de mobilité.
Au-delà de la simple formation à la conduite, le permis apparaît ainsi comme un véritable levier de développement économique. En permettant à davantage de jeunes d’accéder à un emploi, il pourrait également répondre aux difficultés de recrutement rencontrées dans plusieurs secteurs.
À Mayotte, où la jeunesse représente une part importante de la population, la question du permis dépasse largement celle de la conduite. Elle interroge l’égalité des chances, l’accès à l’emploi et la capacité du territoire à accompagner sa nouvelle génération vers une insertion durable. Pour beaucoup, le permis n’est plus seulement un droit de circuler, mais la clé qui ouvre les portes du monde du travail.
Handicap : à Mroalé, le SAMSAH prend un nouveau départ dans des locaux adaptés

Le Service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés (SAMSAH) a inauguré mardi 30 juin ses nouveaux locaux à Mroalé. En présence du président national de la Fédération APAJH, Jean-Louis Garcia, cette installation marque une nouvelle étape dans le développement de l’accompagnement des personnes en situation de handicap à Mayotte, un territoire où les besoins restent importants.
Les rubans ont été coupés mardi matin au 25, rue de la Mosquée, à Mroalé. Après plusieurs mois d’attente, le Service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés (SAMSAH) dispose désormais de nouveaux locaux, plus accessibles et mieux adaptés à l’accueil des usagers. Une inauguration qui s’inscrit dans une semaine d’événements organisée par la Fédération APAJH autour du développement de l’offre médico-sociale à Mayotte.
La cérémonie a pris une dimension particulière avec la présence de Jean-Louis Garcia, président national de la Fédération APAJH depuis 2008. Ancien instituteur spécialisé et figure historique de la défense des droits des personnes en situation de handicap, il a tenu à faire le déplacement pour réaffirmer l’engagement de la fédération sur le territoire mahorais.
Pour lui, l’ouverture de ces nouveaux locaux dépasse la simple question immobilière. « Les personnes en situation de handicap ont le droit d’être accueillies dans de beaux locaux », a-t-il insisté. Un message fort dans un département où le handicap demeure encore trop souvent synonyme d’exclusion.
Un accompagnement au plus près des besoins
Le président de la Fédération APAJH a rappelé la philosophie qui guide l’action du SAMSAH. « Nous sommes dans l’accompagnement. La personne en situation de handicap doit pouvoir conduire son parcours de vie avec ses différences. Chacune a besoin de réponses particulières. Ce service facilite la politique d’inclusion. Le handicap est une affaire de société. » Le SAMSAH accompagne des adultes disposant d’une notification de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Son équipe pluridisciplinaire intervient dans les domaines médical, social et administratif afin de favoriser l’autonomie et le maintien à domicile. « Nous répondons au projet personnalisé de chaque personne », explique Djoumoi Hadia, accompagnante éducative. La structure pourra suivre jusqu’à 23 bénéficiaires, avec un accompagnement individualisé construit en fonction des besoins de chacun.
Une nouvelle page après le cyclone Chido
Pour les professionnels, cette inauguration représente également une forme de renaissance. Les anciens locaux, situés à Tsioŋni, avaient été fortement dégradés par le passage du cyclone Chido, le 14 décembre 2024. « Cela représente un bon départ. Nos anciens locaux avaient été dégradés par Chido. Aujourd’hui, nous repartons dans un environnement adapté, autant pour les équipes que pour les personnes que nous accompagnons », se réjouit Djoumoi Hadia.
Au-delà du confort des nouveaux espaces, l’objectif est de proposer un accompagnement de qualité dans un cadre digne, favorisant les échanges avec les bénéficiaires et leurs proches. Cette installation illustre également la volonté de rapprocher les services des habitants afin de développer une offre de proximité sur l’ensemble du territoire.
À travers cette semaine consacrée au handicap, au vieillissement et à la perte d’autonomie, la Fédération APAJH entend rappeler que l’inclusion ne se résume pas à l’ouverture de structures. Elle suppose des moyens humains, des équipements adaptés et une mobilisation collective. Un message porté à Mayotte par son président national, venu témoigner de l’engagement de la fédération auprès des personnes les plus vulnérables et soutenir le développement de services indispensables à leur autonomie.
Ce qui change à Mayotte au mois de juillet
Amélioration de l’assurance maladie, mise en œuvre de la LODEOM ou encore revalorisation de la prime d’activité : plusieurs changements importants entrent en vigueur à Mayotte en ce mois de juillet.
La protection universelle maladie
Cette mesure vise à améliorer la prise en charge des frais de santé en facilitant l’affiliation des assurés. Elle poursuit plusieurs objectifs : garantir un droit continu au remboursement des soins, sans que les changements de situation familiale ou professionnelle n’affectent ce droit ; réduire au strict nécessaire les démarches administratives ainsi que les situations nécessitant un changement de caisse d’assurance maladie ; et garantir davantage d’autonomie et de confidentialité à tous les assurés dans la prise en charge de leurs frais de santé.
Un congé supplémentaire de naissance
Annoncé il y a quelques semaines à Mayotte et instauré par la loi de financement de la Sécurité sociale, ce congé supplémentaire d’un ou deux mois s’ajoute aux congés de naissance déjà existants. Il permettra de renforcer l’accompagnement des parents durant les premiers mois de l’enfant, tout en leur assurant une indemnisation, mais aussi de préparer leur retour à l’emploi dans de meilleures conditions.
Le dispositif est ouvert à tous les parents, quel que soit leur statut familial. L’Observatoire social des Outre-mer rappelle que « la population de Mayotte a doublé en deux décennies, pour atteindre 310 000 habitants en 2023 ». En 2025, 9 000 naissances ont été recensées sur le territoire.
La LODEOM
Attendue depuis longtemps par les acteurs économiques, cette mesure doit permettre de réduire le coût du travail à Mayotte. Son objectif est de compenser une partie des surcoûts auxquels sont confrontées les économies ultramarines, qu’il s’agisse de l’éloignement, des coûts d’importation, de la petite taille des marchés ou encore des difficultés de recrutement.
Les entreprises pourront bénéficier d’une exonération de cotisations patronales. Le niveau de cette exonération dépend toutefois de plusieurs paramètres : le secteur d’activité, l’effectif de l’entreprise, son chiffre d’affaires ainsi que la rémunération du salarié. Trois barèmes distincts sont ainsi prévus.
La Caisse de sécurité sociale de Mayotte précise que : « Les exonérations s’appliquent aux cotisations et contributions en vigueur localement, avec les taux spécifiques au territoire et sur la base du Smic mahorais. »
Les organisations patronales saluent une avancée vers la convergence sociale avec les autres territoires ultramarins, tout en continuant de plaider pour une adaptation des barèmes afin que le dispositif réponde davantage aux réalités économiques de l’île.
La revalorisation de la prime d’activité
Pour rappel, la prime d’activité est un complément de revenu versé, sous conditions de ressources, afin d’encourager l’activité professionnelle des personnes âgées d’au moins 18 ans, qu’elles soient salariées, travailleuses indépendantes ou fonctionnaires.
À Mayotte, cette prime sera revalorisée dès le mois de juillet. Le montant forfaitaire pour une personne seule passera de 319,14 euros à 460 euros. En fonction de la composition du foyer, le taux de majoration évoluera également à compter du troisième enfant.
Chez Cousin rouvre avec de nouvelles ambitions
Les tables sont de nouveau dressées, les cuisines ont repris vie et les deux terrasses s’apprêtent à accueillir leurs premiers convives. Après près de deux mois d’interruption, Le Rendez-vous chez Cousin, situé à Baobab, rouvrira officiellement ses portes ce vendredi 3 juillet, marquant l’aboutissement d’un important travail de remise aux normes.
Fermé administrativement depuis le 28 avril à la suite d’un contrôle sanitaire, l’établissement n’a pas ménagé ses efforts pour répondre aux exigences des services de l’État. Réorganisation des espaces, amélioration des pratiques d’hygiène et mise en conformité des installations : l’exploitant a engagé une série d’actions destinées à retrouver la confiance des autorités… et de sa clientèle.
Le 23 juin, une nouvelle inspection menée par les agents de la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DAAF) est venue confirmer ces progrès. Les inspecteurs ont estimé que la majorité des mesures correctives avait été appliquée et que le niveau d’hygiène de l’établissement était désormais jugé « acceptable ». Ce constat favorable a conduit le préfet à lever l’arrêté de fermeture.
Cette réouverture illustre le rôle des contrôles sanitaires, qui ne visent pas uniquement à sanctionner les établissements en infraction, mais aussi à les accompagner vers une remise en conformité. Lorsqu’un restaurateur répond aux exigences imposées, il peut retrouver le droit d’exercer son activité dans des conditions garantissant la sécurité des consommateurs.
Pour Le Rendez-vous chez Cousin, cette nouvelle étape ouvre un nouveau chapitre. L’établissement espère désormais tourner définitivement la page de cet épisode et reconquérir sa clientèle grâce à un cadre rénové, ses deux vastes terrasses et un engagement renforcé en matière d’hygiène.
Comme tous les établissements contrôlés, le restaurant verra son niveau d’hygiène publié sur le portail national Alim’Confiance, permettant au public de consulter les résultats des inspections sanitaires réalisées dans les restaurants.
Communauté des communes de petite terre : une feuille de route pour mieux répondre aux besoins du territoire
La Communauté de communes de Petite-Terre (CCPT) poursuit la construction de son futur Contrat local de santé intercommunal (CLSi). Deux premières réunions, organisées en juin avec l’ensemble des acteurs du territoire, ont permis de poser les bases d’une politique de santé concertée, adaptée aux réalités locales.
Une nouvelle étape a été franchie dans la mise en place du futur Contrat local de santé intercommunal (CLSi) de Petite-Terre. Les 9 et 12 juin derniers, la Communauté de communes de Petite-Terre (CCPT) a réuni les principaux acteurs du territoire à l’occasion d’un comité de pilotage puis d’un premier comité technique, marquant le lancement concret de cette démarche de co-construction.
Porté conjointement par la CCPT et l’Agence régionale de santé (ARS), ce futur contrat a pour ambition de fédérer l’ensemble des partenaires concernés par les questions de santé : collectivités, services de l’État, professionnels de santé, établissements sanitaires et médico-sociaux, associations, acteurs socio-éducatifs, élus et habitants.
L’objectif est de bâtir une stratégie commune permettant de réduire durablement les inégalités sociales et territoriales de santé, en tenant compte des besoins spécifiques de Petite-Terre.
Un diagnostic partagé pour définir les priorités
Ces premières réunions ont permis de présenter les conclusions du diagnostic local de santé réalisé avec l’appui de l’Observatoire régional de santé. Ce travail d’analyse constitue le socle du futur contrat et oriente les réflexions autour de cinq grandes priorités identifiées pour le territoire.
Les partenaires ont ainsi retenu comme axes majeurs l’amélioration de l’accès aux soins et des parcours de santé, le renforcement de l’attractivité médicale, le développement des actions de prévention et de promotion de la santé à tous les âges, la prise en compte de la santé mentale ainsi que les enjeux liés à la santé environnementale.
Autour de la table figuraient notamment la CCPT, l’ARS, le Centre hospitalier de Mayotte, la préfecture de Mayotte, l’Éducation nationale, la Caisse de sécurité sociale de Mayotte (CSSM), ainsi que de nombreuses associations et partenaires privés.
Des groupes de travail dès la rentrée
Le premier comité technique a également permis de préparer la prochaine étape du projet avec la création de groupes de travail thématiques. Ces ateliers, qui seront lancés en août et en septembre, auront pour mission d’élaborer les futures actions du Contrat local de santé en s’appuyant sur les besoins exprimés par les acteurs du territoire.
Cette phase de concertation doit déboucher sur la rédaction d’un plan d’actions opérationnel avant la signature officielle du Contrat local de santé intercommunal, prévue d’ici la fin de l’année 2026.
À travers cette démarche partenariale, la Communauté de communes de Petite-Terre entend faire de la santé un levier majeur du développement territorial. En associant l’ensemble des acteurs locaux à l’élaboration du contrat, elle souhaite construire des réponses concrètes, adaptées aux réalités de terrain et aux attentes des habitants.
Mamoudzou cherche un local pour ouvrir une maison d’assistants maternels
Le CCAS de Mamoudzou lance un appel à manifestation d’intérêt afin de louer un local destiné à accueillir une Maison d’assistants maternels (MAM). L’objectif est de renforcer l’offre d’accueil de la petite enfance dans la commune, notamment dans les secteurs encore peu dotés, de Mtsapéré à Tsoundzou 2 en passant par Vahibé.
Le local recherché doit être situé à Mamoudzou, disposer d’une surface d’environ 190 m², être conforme aux normes de sécurité et d’accessibilité PMR, et comprendre plusieurs espaces adaptés à l’accueil de jeunes enfants. Un parking et un espace extérieur seront également appréciés. Les candidatures sont à envoyer avant le 20 août 2026 à 12h à l’adresse ccas@mamoudzou.yt
Mamoudzou lance son annuaire des associations en ligne
Mamoudzou met à disposition de ses habitants un annuaire des associations en ligne, accessible sur le site officiel de la Ville. Cet outil recense les associations actives du territoire et permet de les découvrir et de les contacter facilement en quelques clics.
Ce nouvel annuaire vise à valoriser le tissu associatif mamoudzois, acteur essentiel de la vie locale. Qu’elles soient sportives, culturelles, sociales ou de loisirs, les associations contribuent au dynamisme, à la cohésion et à la solidarité du territoire. L’outil centralise les informations essentielles (objet, activités et coordonnées) afin de faciliter l’engagement des habitants dans la vie locale.
L’inscription est gratuite et ouverte à toutes les associations déclarées ayant leur siège à Mamoudzou. La démarche s’effectue entièrement en ligne via le formulaire dédié. Après vérification par les services municipaux, chaque fiche est publiée dans l’annuaire.
SUEZ confie à Aurélie Pavageau la direction du recyclage à La Réunion et à Mayotte
SUEZ annonce la nomination d’Aurélie Pavageau à la tête des activités Recyclage & Valorisation à La Réunion et à Mayotte. Forte de plus de 20 ans d’expérience au sein du Groupe et d’un parcours opérationnel dans les territoires ultramarins (La Réunion, Mayotte, Nouvelle-Calédonie), elle dirigera désormais les activités du Groupe dans l’océan Indien. Sa mission : développer les services aux collectivités et aux industriels, améliorer la performance des installations et accélérer la contribution de SUEZ à la transition écologique des deux territoires. « Je suis heureuse de rejoindre la direction des activités Outre-mer de SUEZ. Ces territoires présentent des enjeux environnementaux forts et spécifiques. L’engagement des équipes et notre expertise permettront de développer des solutions durables », déclare-t-elle. Cette nomination s’inscrit dans la continuité de l’engagement du Groupe en faveur de l’économie circulaire et de la valorisation des déchets.
Sensibiliser les jeunes à la gestion des déchets à Mamoudzou
La Ville de Mamoudzou collabore avec l’Association de quartier Bandrajou Kaweni (ABK) et Yes We Canett, afin d’organiser des ateliers de sensibilisation à la gestion des déchets à destination des jeunes. Du 29 juin au 2 juillet, tous les matins à partir de 9h, les participants seront accueillis dans les locaux de l’Association ABK pour découvrir les bons gestes en faveur de l’environnement. Au programme : sensibilisation au ramassage et au recyclage des déchets, et à impact sur l’environnement, création d’objets à partir de matériaux recyclés, ainsi que de nombreuses animations ludiques et éducatives.
Matinée d’information sur l’accès au chèque énergie
Le Centre communal d’action sociale (CCAS) de Mamoudzou organise une matinée d’information et d’accompagnement dédiée aux bénéficiaires du chèque énergie le jeudi 2 juillet, de 8 h à 12 h, sur le parking de la mairie annexe de M’tsapéré. Menée en partenariat avec Électricité de Mayotte (EDM), cette opération vise à accompagner les démarches administratives, à vérifier l’éligibilité et à aider à constituer ou finaliser un dossier.
Afin de faciliter les démarches, pensez à apporter votre avis d’imposition 2025 sur les revenus 2024, une facture EDM récente à votre nom, votre numéro de téléphone et votre adresse e-mail. Le CCAS de Mamoudzou invite toutes les personnes éligibles à profiter de cette permanence gratuite pour faire valoir leurs droits et bénéficier pleinement de l’aide au paiement des dépenses énergétiques.
Kawéni : la RHI de Bazama-Bandrajou soumise aux observations des habitants
La résorption de l’habitat insalubre du secteur Bazama-Bandrajou, à Kawéni, entre dans une nouvelle étape. Du 15 juillet au 13 août, les habitants pourront consulter le dossier et faire part de leurs observations sur ce projet qui doit transformer en profondeur un quartier marqué par l’habitat précaire, l’enclavement et l’exposition aux risques naturels. Environ 800 personnes sont directement concernées.
Par arrêté du 25 juin, la préfecture a ouvert une enquête publique unique sur cette opération portée par l’Établissement public de reconstruction et de développement de Mayotte (EPRDM), avec la Ville de Mamoudzou. Elle se tiendra au centre administratif municipal Fatima Abdallah Mari, dit Maman Libo. Cette procédure regroupe plusieurs volets : l’autorisation environnementale unique, qui comprend notamment la « loi sur l’eau » et une dérogation espèces protégées, la déclaration d’utilité publique (DUP) et l’enquête parcellaire.
Inscrit dans le Nouveau projet de renouvellement urbain de Kawéni, le projet de Bazama-Bandrajou porte sur près de quatre hectares. L’EPRDM le présente comme la création d’un « nouveau morceau de ville ». Derrière la formule, l’ambition est large : remplacer une partie de l’habitat insalubre, réduire l’exposition aux inondations et aux mouvements de terrain, désenclaver le quartier et raccorder les futures constructions aux réseaux et aux équipements.
Le dossier prévoit une offre globale de 291 logements. Onze îlots d’habitations sont envisagés : six pour l’habitat collectif, deux pour l’habitat individuel groupé et trois pour des logements individuels. Les immeubles collectifs doivent notamment accueillir des logements sociaux et des commerces ou services en rez-de-chaussée. Le programme mentionne aussi des lots à bâtir, du logement intermédiaire, de l’accession et des expérimentations d’habitat innovant.
Deux programmes d’hébergement sont également prévus pour accueillir des familles de Bandrajou dites « ni-ni » ou non solvables.
Un quartier à désenclaver
Le projet doit aussi redessiner la circulation dans ce secteur aujourd’hui difficile d’accès. Quatre axes routiers et deux voies secondaires sont prévus. Une voie principale permettra d’entrer et de sortir du quartier depuis la zone scolaire. Une voie de bouclage doit améliorer les déplacements internes et préparer un éventuel raccordement à un futur axe inter-quartier. Une autre voie doit être aménagée le long de la ravine secondaire, avec un dispositif de gestion des eaux pluviales destiné à canaliser les ruissellements. Une « voie du lycée » doit enfin créer un second accès, afin de sortir le quartier de son fonctionnement en impasse.
Ces aménagements doivent répondre à des difficultés anciennes : accès, assainissement, sécurité, exposition aux risques, mais aussi accompagnement social.
Avec cette enquête publique, les habitants pourront pendant un mois consulter le dossier et déposer leurs observations sur registre, par courrier ou par mail. Un commissaire enquêteur, tiendra plusieurs permanences entre le 15 juillet et le 13 août. Une réunion avec les occupants est aussi prévue le vendredi 10 juillet, de 8h à 11h.
L’enquête parcellaire précise les biens et terrains concernés, dans un secteur où se croisent habitat informel, contraintes foncières et besoins d’aménagement. Le dossier prévoit notamment la démolition des cases et bâtiments nécessaires à l’opération, la purge des terrains, la création des infrastructures et l’aménagement de lots à bâtir.
À l’issue de l’enquête, le commissaire enquêteur aura trente jours pour remettre son rapport et ses conclusions au préfet. Pour Bazama-Bandrajou, cette séquence marque un tournant : le projet, longtemps discuté dans les études et la concertation, arrive au moment où ses conséquences concrètes pour le quartier et ses habitants doivent être débattues publiquement.
2ème Journée interculturelle estudiantine : attirer les talents à Mayotte et inciter la jeunesse à entreprendre
C’est dans cette dynamique que le Groupement Patronal de Mayotte (GPM), le cabinet de recrutement Maestria, l’Université de Mayotte et plusieurs autres organismes ont participé à la 2e Journée interculturelle estudiantine, organisée à La Réunion avec le soutien de la Délégation de Mayotte.
L’implication de la Délégation de Mayotte à La Réunion a donné une nouvelle dimension à cette manifestation dédiée aux étudiants mahorais et aux jeunes souhaitant préparer leur avenir professionnel. À cette occasion, le Groupement Patronal de Mayotte était représenté par son président, Fahardine Mohamed. L’Université de Mayotte ainsi que plusieurs acteurs de la formation et de l’insertion professionnelle, dont le cabinet de recrutement Maestria, étaient également présents.
« L’une de nos missions est d’attirer la jeunesse, de l’inciter à entreprendre et de faire revenir les talents vers le secteur privé à Mayotte », a déclaré Fahardine Mohamed. Il a notamment insisté sur les importants besoins de recrutement dans les secteurs du BTP, des transports, de l’éducation et des services à la personne.
Selon lui, les entreprises mahoraises recherchent avant tout des profils motivés, capables de s’adapter, de faire preuve de flexibilité et de maîtriser les compétences fondamentales.
« Pour le GPM, il était essentiel de participer à cette manifestation. Elle nous permet de créer des liens avec les étudiants mahorais installés à La Réunion, mais aussi de nouer des partenariats avec des acteurs locaux, comme le Crous. Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls à engager cette démarche puisque l’Université de Mayotte et le président de l’Association des maires de Mayotte ont également fait le déplacement », a-t-il indiqué au micro de Flash Infos.
Le président du GPM estime que cette journée constitue également une opportunité de renforcer les relations avec le monde économique réunionnais afin de sensibiliser les entreprises à l’accueil de stagiaires et d’alternants mahorais.
« Il ressort de nos échanges que de nombreux étudiants souhaitent poursuivre leurs études en licence ou en master. Malheureusement, leur projet est souvent freiné par les difficultés à trouver une entreprise d’accueil à La Réunion. C’est une situation que je trouve particulièrement regrettable », a-t-il déploré.
Pour conclure, Fahardine Mohamed a rappelé qu’une démarche similaire avait déjà été engagée en métropole sous l’impulsion de la Délégation de Mayotte à Paris.
La Chambre régionale des comptes alerte Kani-Kéli et rassure Ouangani

La Chambre régionale des comptes (CRC) de Mayotte a rendu, le 18 juin, deux avis qui illustrent les réalités contrastées des finances communales sur le territoire. Si Kani-Kéli voit son plan de redressement sévèrement critiqué et son budget 2026 appelé à être réglé par le préfet, Ouangani échappe finalement à cette procédure après une révision de son déficit.
La situation financière de Kani-Kéli demeure préoccupante. La CRC estime que les mesures engagées depuis 2024 pour résorber le déficit n’ont pas produit les effets attendus. Après avoir examiné le compte financier unique 2025 et corrigé plusieurs écritures jugées insincères, la juridiction financière arrête le déficit réel à 1,54 million d’euros.
Les magistrats pointent notamment des recettes d’investissement surévaluées, des subventions devenues caduques ou insuffisamment justifiées, ainsi que des dépenses sous-estimées. Le budget primitif 2026 ne reflète donc pas, selon eux, la réalité de la situation financière de la commune.
Une fois les corrections effectuées, la section d’investissement afficherait un déséquilibre de près de 8 millions d’euros. La Chambre considère que la commune n’a pas pris de mesures suffisantes pour respecter le calendrier de retour à l’équilibre fixé en 2024.
Elle recommande ainsi au préfet de régler le budget 2026, tout en demandant à la commune de plafonner durablement ses dépenses de personnel, d’augmenter ses recettes fiscales, de dégager chaque année un excédent de fonctionnement conséquent et de limiter les nouveaux investissements aux seules opérations prioritaires, notamment celles liées à la reconstruction après le cyclone Chido et à la sécurisation des équipements publics.
Ouangani évite le redressement
La situation est bien différente à Ouangani. Saisie par le préfet en raison d’un déficit initialement évalué à 3,59 millions d’euros, la Chambre a procédé à un contrôle approfondi des restes à réaliser.
Cet examen a permis de corriger plusieurs erreurs matérielles dans les inscriptions comptables. Après réévaluation, le déficit réel est ramené à 432 950 euros, soit environ 3,9 % des recettes réelles de fonctionnement. Ce niveau reste inférieur au seuil de 10 % fixé par le Code général des collectivités territoriales pour les communes de moins de 20 000 habitants.
La CRC conclut donc qu’il n’y a pas lieu de poursuivre la procédure de redressement budgétaire engagée contre la commune.
Des recommandations communes
Si leurs situations diffèrent, les deux communes sont confrontées à des difficultés similaires dans la conduite de leurs investissements. La Chambre relève un nombre important d’opérations anciennes non soldées, des retards dans la réalisation des projets et des risques de perte de financements lorsque les travaux ne sont pas achevés dans les délais.
Elle invite ainsi Kani-Kéli comme Ouangani à assainir la gestion de leurs opérations d’investissement, à limiter les nouveaux projets nécessitant une forte participation communale et à concentrer leurs moyens sur les chantiers prioritaires. Pour Kani-Kéli, ces recommandations s’accompagnent toutefois d’un suivi renforcé de l’État, signe que le redressement de ses finances est encore loin d’être achevé.
Paludisme : 244 cas recensés depuis janvier
Pour la deuxième année consécutive, Mayotte enregistre de nouveaux cas de paludisme, dont une partie a été contractée localement. Chirongui, Mamoudzou, Dembéni et Bandrélé concentrent les trois quarts des cas recensés.
Santé publique France (SPF) a publié son bulletin de surveillance épidémiologique du paludisme à Mayotte, couvrant la période du 1er janvier au 21 juin 2026. Pour la deuxième année consécutive, le territoire enregistre des cas de paludisme acquis localement. Cette situation intervient après une période de cinq ans sans transmission autochtone documentée, entre juillet 2020 et janvier 2025.
Depuis le début de l’année 2026, 244 cas de paludisme ont été déclarés à Mayotte. Parmi eux, 25 ont été acquis localement, 161 sont des cas importés, 12 sont d’origine indéterminée et 46 sont toujours en cours d’investigation.
L’évolution du nombre de cas met en évidence deux phases. Jusqu’à la 17e semaine de l’année, la transmission est restée modérée, avec une moyenne de cinq cas par semaine et un pic de 18 cas. À partir de la 18e semaine, Santé publique France observe une nette augmentation, culminant à 30 cas enregistrés en une semaine. Ce niveau de transmission s’est maintenu jusqu’à la 25e semaine.
Parmi les 46 cas encore en cours d’investigation, 41 sont localisés dans trois zones à risque : Miréréni, Hajangou et Bandrélé.
Sur les 161 cas importés, 95,6 % proviennent de l’Union des Comores. Les autres sont liés à des contaminations à Madagascar (2 cas), en Tanzanie (2 cas), au Gabon (1 cas), au Togo (1 cas) et au Cameroun (1 cas).
Depuis le début de l’année, 71 des 244 patients ont été hospitalisés. Parmi eux, 53 ont été pris en charge en unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD), dont 28 pour un séjour de 24 heures. Cinq patients ont été admis en service de médecine, quatre en pédiatrie et trois en maternité. Quatre formes graves ont nécessité une admission en réanimation.
Les 17 communes de Mayotte sont concernées, mais les cas se concentrent dans quatre d’entre elles. Chirongui arrive en tête avec 59 cas (24 % du total), devant Mamoudzou (54 cas), Dembéni (44 cas) et Bandrélé (27 cas). À elles seules, ces quatre communes regroupent près de 75 % des cas recensés.
Le sex-ratio hommes/femmes est de 1,6, avec 148 hommes pour 92 femmes. L’âge médian des patients est de 23 ans, avec des âges compris entre 2 et 78 ans. Les classes d’âge les plus touchées sont les 15-24 ans et les 25-44 ans, avec 66 cas chacune. À l’inverse, les enfants de moins de 5 ans et les personnes de plus de 65 ans ne représentent respectivement que 5,4 % et 2 % des cas.
Entre 2006 et 2010, plus de 300 cas de paludisme étaient notifiés chaque année à Mayotte, dont 45,8 % étaient acquis localement. En 2011, Santé publique France a observé une baisse de 77 % du nombre de cas, attribuée à l’amélioration de la prise en charge, du diagnostic et des mesures de prévention. Entre 2013 et 2015, seuls un à deux cas étaient recensés chaque année. En 2014, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé Mayotte en phase d’élimination du paludisme. Jusqu’en janvier 2025, aucun cas autochtone n’avait été identifié.
Le nombre de cas importés a toutefois fortement augmenté à partir de 2024. Les pays de la zone océan Indien connaissent une recrudescence du paludisme, en particulier les Comores, d’où proviennent environ 80 % des cas importés à Mayotte.
À Mayotte, la surveillance du paludisme repose sur le signalement des cas confirmés par le laboratoire du Centre hospitalier de Mayotte (CHM), complété par des investigations épidémiologiques menées autour des cas détectés. Ces données permettent de suivre l’évolution de la maladie, d’en décrire les caractéristiques et d’adapter les mesures de prévention et de lutte.
Santé publique France rappelle qu’il est recommandé de se protéger des piqûres de moustiques en utilisant des répulsifs, des moustiquaires imprégnées et des vêtements couvrants dès la tombée de la nuit. En cas de fièvre, il est conseillé de consulter rapidement un médecin.
Les jeunes diplômés de retour à Mayotte trouvent-ils un emploi à la hauteur de leurs qualifications ?
Après plusieurs années passées dans l’Hexagone ou à La Réunion pour suivre des études supérieures, de nombreux jeunes Mahorais choisissent de revenir vivre sur leur territoire. Animés par l’envie de participer au développement de l’île et de retrouver leurs proches, ils découvrent cependant une réalité plus complexe : trouver un emploi correspondant à leur niveau de qualification relève souvent du parcours du combattant. Entre manque d’opportunités, postes sous-qualifiés et départs contraints, le retour au pays ne tient pas toujours ses promesses.
Un retour motivé par l’attachement à Mayotte
Chaque année, plusieurs dizaines de jeunes Mahorais obtiennent une licence, un master ou un diplôme d’école spécialisée en métropole ou à La Réunion. Beaucoup font ensuite le choix de rentrer à Mayotte, convaincus que leurs compétences pourront contribuer au développement économique, social et administratif du département.
Pour ces diplômés, revenir représente souvent un choix de coeur. Ils souhaitent retrouver leur famille, participer à la construction de leur territoire et mettre à profit les connaissances acquises durant leurs études. Mais cette volonté se heurte rapidement aux réalités du marché de l’emploi local.
Si certains secteurs comme la santé, l’enseignement ou certaines administrations recrutent régulièrement, d’autres domaines offrent très peu de débouchés. Communication, droit, ressources humaines, marketing, environnement ou encore ingénierie restent des filières où les offres demeurent limitées.
Des diplômés confrontés à un marché de l’emploi restreint
À Mayotte, le tissu économique est composé en majorité de petites entreprises et d’administrations publiques. Les postes de cadres restent relativement peu nombreux, tandis que la concurrence entre candidats qualifiés s’intensifie.
Les recruteurs recherchent souvent des profils expérimentés, ce qui complique l’insertion des jeunes diplômés qui reviennent directement après leurs études. Certains doivent multiplier les candidatures pendant plusieurs mois avant de décrocher un premier emploi.
D’autres acceptent des contrats qui ne correspondent ni à leur niveau de qualification ni à leur domaine de compétences, simplement pour intégrer le marché du travail.
Le poids de la surqualification
La question de la surqualification revient régulièrement dans les témoignages des jeunes diplômés. Plusieurs occupent aujourd’hui des postes accessibles avec un niveau de formation inférieur au leur.
Si cette situation leur permet d’acquérir une première expérience professionnelle, beaucoup craignent qu’elle freine leur évolution de carrière.
Le manque de mobilité entre les entreprises et la faiblesse du nombre de postes spécialisés limitent également les possibilités d’évolution professionnelle.
« Nous avons les compétences, mais pas toujours les opportunités »
Amélie, 23 ans, diplômée d’une licence bac+3 est revenue à Mayotte avec l’espoir de débuter sa carrière sur son île natale. Optimiste à l’idée de mettre ses compétences au service du territoire, elle ne s’attendait pas aux difficultés du marché de l’emploi local. Après plusieurs mois de recherches, elle a finalement accepté un poste éloigné de son domaine de formation.
« Je pensais trouver un emploi en lien avec mes études assez rapidement. En revenant à Mayotte, j’étais motivée à l’idée de travailler chez moi. Mais je me suis vite rendu compte que les opportunités étaient limitées. Aujourd’hui, j’occupe un poste qui ne correspond ni à mon diplôme ni à mes compétences. C’est frustrant, mais je n’avais pas vraiment le choix si je voulais travailler. »
« Après cinq ans d’études en métropole Faiz est revenu à Mayotte avec l’envie de contribuer au développement de l’île. Mais les offres correspondant à mon niveau de qualification sont rares. Après plusieurs mois de recherches, j’ai accepté un poste en dessous de mes compétences. Nous sommes nombreux à vouloir revenir, mais sans véritables opportunités, certains finissent par repartir. Nous avons les compétences, il manque simplement les emplois pour les valoriser.»
Le risque d’une nouvelle fuite des talents
Face aux difficultés d’insertion, certains jeunes diplômés choisissent finalement de repartir vers la métropole ou La Réunion, où les opportunités professionnelles sont plus nombreuses.
Ce phénomène interroge alors même que Mayotte affiche d’importants besoins en compétences dans plusieurs secteurs stratégiques : transition écologique, numérique, urbanisme, développement économique, ingénierie ou encore gestion publique.
Pour les acteurs de l’emploi, mieux accompagner le retour des diplômés constitue un enjeu majeur afin d’éviter une fuite durable des compétences formées hors du territoire.
Miser sur les compétences locales
Au-delà des parcours individuels, la question de l’emploi des jeunes diplômés constitue un véritable défi pour le développement de Mayotte. Le territoire investit dans la formation de sa jeunesse, mais doit encore renforcer les passerelles entre les établissements d’enseignement, les entreprises et les administrations afin de faciliter leur insertion.
Pour de nombreux observateurs, valoriser les compétences locales passe aussi par une diversification du tissu économique, le développement de nouveaux secteurs d’activité et une meilleure anticipation des besoins en recrutement.
À l’heure où Mayotte poursuit sa transformation, retenir ses talents apparaît comme un enjeu stratégique. Sans perspectives professionnelles à la hauteur de leurs qualifications, une partie de cette jeunesse continuera de construire son avenir ailleurs, privant le territoire de compétences pourtant essentielles à son développement.



















































