Mayotte : “On veut que l’État nous prenne en charge comme tous les demandeurs d’asile qui vivent en France”

À lire également

Quand la population mahoraise prépare la riposte

Sur les réseaux sociaux ou dans la rue, formellement ou spontanément, les initiatives se multiplient pour répondre à la délinquance qui flambe à nouveau sur l’île aux parfums. Au risque, parfois, de voir l’exaspération prendre le pas sur la loi. 

Mayotte : une naissance dont ils se souviendront

Une naissance dans la rue, ce n’est pas si courant. C’est pourtant ce qu’ont vécu Jonathan et Mouna, lundi 18 mai, date à laquelle Sarah, leur petite fille, a décidé d’arriver. Un évènement auquel ont participé quelques passants, sur les lieux par hasard. Et quand s’improvise une chaîne de soutien, cela donne une belle histoire. Récit. 

Attaquée de toutes parts à Mayotte, Panima tente de riposter

Entre la polémique sur la qualité des repas livrés aux confinés du RSMA, et la mise à l’arrêt d’une partie importante de son activité à cause du confinement, l’entreprise de restauration collective est sur tous les fronts. Mais face à ces multiples coups durs, son directeur, Gilles Rouinvy, ne baisse pas les bras et répond aux critiques. Entretien.

Les chiffres qui rendent le confinement compliqué à Mayotte

On le sait, le confinement à Mayotte est rendu d’autant plus difficile qu’une grosse partie de la population vit dans des habitations insalubres, dénuées du confort élémentaire. Dans une publication diffusée hier, l’Insee rappelle quelques chiffres parlants. Résumé point par point.

C’est un ras-le-bol qui a poussé les demandeurs d’asile africains à manifester ce lundi 20 juillet devant la mairie de Mamoudzou. Ils réclament de meilleures conditions de vie et une meilleure prise en charge de la part des associations et de l’État, mais les moyens mis à disposition à Mayotte ne sont pas suffisants. 

Pancartes à la mains, visages fermés, les demandeurs d’asile africains étaient réunis devant la mairie de Mamoudzou lundi dernier. Leurs revendications se résument en une seule phrase “On veut que l’État nous prenne en charge comme tous les demandeurs d’asile qui vivent en France”, déclare Bakidi Massamba, leur porte-parole. Plus concrètement, ils souhaitent que les autorités mettent à leur disposition des logements. Une très grande partie d’entre eux vivent dans des habitats précaires. Ils réclament également un local afin de pouvoir vendre leurs marchandises “légalement”. Enfin, ils veulent que leurs enfants soient scolarisés. “Cela fait trois ans qu’on est à Mayotte et mon fils n’est jamais allé à l’école. J’ai fait tout mon possible pour l’inscrire à la mairie mais c’est impossible parce qu’on me demande une facture à mon nom. Comment puis-je trouver cela ?”, se demande Nana Aloko. La scolarisation est l’unique domaine où la mairie de Mamoudzou a pu apporter une réponse, même si elle reste évasive. “Nous sommes à l’écoute, nous allons essayer de travailler avec eux dans la mesure du possible. Tous les enfants doivent être scolarisés et nous allons travailler pour que tous les enfants de la commune de Mamoudzou puissent aller à l’école”, déclare Malidi Mlimi, conseiller délégué qui a reçu les demandeurs d’asile lundi. Les questions de logements, de régularisation administrative ou d’aides financières ne font pas partie des compétences du maire. 

Un eldorado qui n’existe pas à Mayotte 

En théorie, les demandeurs d’asile se trouvant sur le sol français sont protégés jusqu’à la fin de leurs démarches administratives. Ils sont en premier lieu hébergés dans un centre d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada). Cependant, à Mayotte, la réalité est toute autre. “Les solutions d’hébergements sont quasi inexistantes, voire nulles. Il n’y a pas de Cada, les demandeurs d’asile se retrouvent donc à la rue. Certains arrivent à se loger dans des habitats précaires avec toutes les difficultés qui s’en suivent”, indique Solène Dia, chargée de projet régional à La Cimade (association qui s’occupe de réfugiés). Le manque de logement n’est pas le seul problème que rencontre les associations. Les demandeurs d’asile sont censés percevoir l’Ada (allocation des demandeurs d’asile) mais là encore, les aides financières sont bien en deçà. Ils reçoivent un forfait de 30 euros par mois pendant 6 mois. “Est-ce qu’en France on peut vivre avec seulement 30 euros par mois, soit 1 euro par jour ?”, s’indigne leur porte-parole. À la fin des 6 mois, ils n’en bénéficient plus et ne sont toujours pas autorisés à travailler. “Normalement, ces personnes devraient avoir une autorisation pour travailler, mais dans la réalité c’est quasi impossible. Donc elles se retrouvent dans des procédures qui peuvent durer 2 ans, voire plus, complètement livrées à elles-mêmes”, dénonce Solène Dia. 

À cela s’ajoute le problème de scolarisation qui est un vrai casse-tête pour les associations qui accompagnent les demandeurs d’asile. Selon la chargée de projet régional de La Cimade, certaines mairies de l’île refusent systématiquement l’inscription des enfants dont les parents sont étrangers ou rendent impossible leur scolarisation. “L’Éducation nationale vient de sortir un décret qui liste les pièces que les mairies peuvent exiger des parents. Sauf qu’ici, les mairies ne le respectent pas et continuent à exiger des pièces abusives que les parents ne peuvent avoir.” Toutes ces doléances seront transmises à la préfecture par les demandeurs d’asile africains. Ils seront reçus par le directeur de cabinet de la préfecture de Mayotte mardi prochain. Mais ils ne se font plus d’illusion. Tous ont réalisé que l’eldorado mahorais n’est finalement qu’un mythe.

Mayotte Hebdo de la semaine

Le journal des jeunes

À la Une

Destruction de bangas à Kahani : sur 398 personnes, une trentaine de relogés

La préfecture lançait ce lundi une nouvelle démolition d’un quartier informel à Kahani. Une opération rendue possible grâce à la loi Élan, adoptée deux...

CIDE : des cadeaux distribués aux enfants du service pédiatrie de Mayotte

Vendredi, à l'occasion du 31ème anniversaire de la Convention internationale des droits de l'enfant, Catherine Barbezieux, la directrice du centre hospitalier de Mayotte, et...

La loi sécurité globale : des forces de l’ordre mahorais satisfaits et des journalistes inquiets

Vendredi dernier, l’Assemblée nationale a voté l’adoption de la loi sécurité globale qui suscite l’indignation du monde des journalistes, soutenus par la population. Elle...

Sea Shepherd à Mayotte : “Nous ne sommes pas là pour faire des ronds de jambe, nous voulons des résultats”

À contre-courant. Alors que les associations locales de lutte contre le braconnage des tortues applaudissent la création d’un groupe de coopération opérationnelle fraîchement annoncé...

Coupe régionale de France : …Et à la fin, c’est M’tsapéré qui gagne !

Après plusieurs mois de tergiversations liées à la crise sanitaire, Mayotte connaît enfin le nom de son représentant au huitième tour de la Coupe...