Diplomatie régionale : Moroni s’affranchit clairement de Paris

Vladimir Poutine annonce en personne l’ouverture prochaine d’une mission diplomatique russe de haut niveau à Moroni. Une nouvelle qui ne sera pas sans effets néfastes pour Mayotte, eu égard aux diverses intentions malveillantes prêtées à la Russie à l’égard de la France et à son engagement, maintes fois réaffirmé, de la faire quitter le continent africain, longtemps considéré comme sa chasse gardée. Les Comores, qui faisaient office de dernier verrou, semblent en passe de céder, pour le plus grand malheur des habitants de Mayotte.

La Russie poutinienne est désormais aux portes de Mayotte pour contrarier Paris, trop impliqué dans le dossier ukrainien, sans que cela ne semble émouvoir le moins du monde le Quai d’Orsay. C’est Vladimir Vladimirovitch Poutine lui-même qui a annoncé, vendredi dernier, l’ouverture d’une mission diplomatique « de haut niveau » aux Comores dans les prochaines semaines.

Il s’agit sans doute de la principale information retenue dans la région de l’océan Indien en cette fin de première semaine de juillet 2026. Elle s’accompagne d’une autre annonce tout aussi préoccupante : celle du Parti communiste chinois, qui souhaite établir un dialogue avec l’ensemble des partis politiques de Madagascar.

Pendant que Paris joue à colin-maillard avec le président de l’Assemblée de Mayotte, Ben Issa Ousséni, et les quatre parlementaires Estelle Youssouffa, Anchya Bamana, Saïd Omar Oili et le très macronien Thani Mohamed Soilihi, les Comores mettraient insidieusement en œuvre un plan de déstabilisation de Mayotte. À croire que la diplomatie du chèque de l’Agence française de développement (AFD) n’est guère efficace et qu’une mauvaise surprise nous attend au tournant.

À un an et demi d’un changement de locataire à l’Élysée, le cauchemar de côtes mahoraises prises d’assaut par une population comorienne abandonnée par les dirigeants de Beit-Salam pourrait malheureusement, sur tous les plans, devenir un « remake » des révoltes de 1997-1999 à Anjouan.

La résultante des accords de Fomboni constitue une réalité hautement néfaste, voire toxique, qui saute aujourd’hui aux yeux de toutes les parties prenantes de l’époque : du Sud-Africain Thabo Mbeki au Mozambicain Francisco Madeira, en passant par le Comoro-Anjouanais Dossar — ancien chef de cabinet de Sambi devenu ministre de la Défense, à ne pas confondre avec son jeune parent, aujourd’hui colonel au sein de l’AND — ainsi que le préfet de Mayotte de l’époque, Bouvier, dont « l’entente cordiale » de la Case Rocher à Dzaoudzi avait conduit au délogement manu militari du colonel de gendarmerie Mohamed Bacar de « Dar-Nadja », dans les hauteurs de Mutsamudu.

La France aide Kiev à produire des missiles de haute précision contre la Russie, tout en laissant Mayotte exposée aux actions déstabilisatrices de Vladimir Poutine

Non seulement les Comores n’ont jamais été pacifiées, mais la situation s’y serait encore aggravée avec la dictature d’Azali Assoumani et de sa bande de voyous en costumes et cravates importés de Paris, Houmed Msaïdié et consorts.

Une fois de plus, Mayotte, malmenée par le Quai d’Orsay, risque d’en payer le prix fort, combiné à la forfaiture d’une refondation post-Chido qui ne serait qu’un leurre destiné à des élus locaux « attrape-nigauds ».

Ce que l’actuel jeune leader du MDM, Soula Saïd-Souffou, qualifie de « menace hybride » serait bel et bien une réalité. Il ne s’agirait nullement d’une affabulation de journalistes, comme certains esprits gauchisants, subversifs ou enjoliveurs de service sur l’île pourraient le laisser entendre.

Moroni aurait effectivement choisi de franchir le Rubicon, et elle ne serait pas la seule, puisque Antananarivo semblerait suivre le mouvement, et pas à un rythme particulièrement lent. En effet, outre la Russie, le Parti communiste chinois a également fait connaître, dans le même temps, sa volonté d’ouvrir des relations avec l’ensemble des formations politiques malgaches.

Comprendra qui voudra comprendre

En ce qui le concerne, Vladimir Poutine affirme que « cette initiative s’inscrit dans la stratégie plus large de la Russie visant à approfondir ses liens politiques et économiques avec le continent africain, alors que ses relations avec les États-Unis et l’Europe continuent de se détériorer sous l’effet des sanctions imposées à la suite de l’invasion de l’Ukraine ».

La presse comorienne, sous perfusion technique et financière de la Russie et de la Chine depuis belle lurette selon l’auteur, affirme que Moscou « ambitionne désormais de disposer d’ambassades dans la quasi-totalité des pays africains et qu’il ne resterait plus que quelques États à couvrir après les ouvertures prévues aux Comores, en Gambie, au Liberia et au Togo ».

C’est ainsi que Vladimir Poutine entend desserrer l’étau diplomatique que lui imposent l’Union européenne et les pays occidentaux afin de l’amener à mettre fin à son agression contre l’Ukraine.

Pendant que le président Emmanuel Macron s’emploie à marquer son second mandat par l’implication de la France en Ukraine — Airbus ayant signé, le 1er juillet 2026, un accord avec les autorités de Kiev pour la production sur place d’armements de très haute précision — il exposerait, de l’autre côté, la frontière la plus australe de l’Union européenne aux velléités russes et chinoises, dans l’indifférence générale des élus de l’Assemblée de Mayotte.

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