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14/05/09 – 279 messages d’insultes en 10 mois

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Quand la population mahoraise prépare la riposte

Sur les réseaux sociaux ou dans la rue, formellement ou spontanément, les initiatives se multiplient pour répondre à la délinquance qui flambe à nouveau sur l’île aux parfums. Au risque, parfois, de voir l’exaspération prendre le pas sur la loi. 

Mayotte : une naissance dont ils se souviendront

Une naissance dans la rue, ce n’est pas si courant. C’est pourtant ce qu’ont vécu Jonathan et Mouna, lundi 18 mai, date à laquelle Sarah, leur petite fille, a décidé d’arriver. Un évènement auquel ont participé quelques passants, sur les lieux par hasard. Et quand s’improvise une chaîne de soutien, cela donne une belle histoire. Récit. 

À Mayotte, “le confinement a révélé la capacité perverse de certains à faire du mal aux autres sans qu’ils ne s’en rendent compte”

Deux mois de confinement peuvent en dire long sur un individu, mais ils peuvent également dévoiler les pires et les meilleurs aspects d’une société. La crise sanitaire a mis en évidence les failles de la société mahoraise, partagée entre la conscience de certains et l’irresponsabilité des autres. Le sociologue Combo Abdallah Combo nous explique pourquoi il est urgent de tirer les leçons de ce confinement et essayer de changer la donne. 

Camille Miansoni, procureur de Mayotte : “Mon rôle est de protéger la société avant tout”

L’affaire du rapt en Petite-Terre qui suscite l’émoi dans l’ensemble du Département est révélatrice de nombre de maux dont souffre la société mahoraise au sein de laquelle nombre de personnes semblent valider l’idée que l’on puisse se faire justice soi-même à défaut d’une carence supposée de l’État. Le procureur de la République, Camille Miansoni, revient ici sur ces éléments. C’est aussi l’occasion pour lui de rappeler le rôle qu’il occupe et la vision qui l’anime alors que les critiques pleuvent sur sa personne.

La seconde affaire instruite par le tribunal correctionnel ce mercredi est aussi la plus originale: Djamaïla*, une jeune femme séduisante de Koungou, est accusée d'avoir envoyé des centaines de messages d'insultes à une infirmière enceinte de son ex amant. Pendant 10 mois, cette femme, pourtant mariée et mère d'un enfant de cinq ans, va envoyer quelques 279 SMS violents et grossiers sur le téléphone portable professionnel, puis privé de sa "concurrente". La victime a reçu certains jours jusqu'à 30 messages qui l'accusaient d'être "une salope", d'être "sale" ou qu'elle allait "accoucher d'un chien"… Il a fallu beaucoup de temps à la police pour identifier la prévenue car elle utilisait des numéros différents avec les téléphones de sa famille ou de ses amis. Elle a finalement été entendue le 6 mars dernier et a reconnu qu'elle harcelait sa victime car elle était jalouse. Le petit ami a également porté plainte pour harcèlement et appels malveillants. 

Me Kondé, qui représentait la victime, a expliqué que sa cliente a été "très perturbée par ces messages car la prévenue connaissait des détails de sa vie privée, comme le nom de son chien ou la date du voulé d'anniversaire de son fils, ce n'était pas des insultes générales". Elle est ainsi devenue méfiante à l'égard de tous les gens qu'elle croisait, par peur qu'ils fournissent à Djamaïla des informations sur sa vie privée et celle de son compagnon, qui l'a réduit à vivre dans "un climat psychologique malsain". Me Kondé a demandé 7.500€ de dommages et intérêts. Le vice-procureur s'est montré surpris par le fait que la prévenue ne demande pas de comptes à son ex amant, plutôt que d'envoyer des messages d'insultes à sa nouvelle compagne. Il a demandé à la Cour de suivre la demande de dommages et intérêts de la partie civile, et a requis une amende de 200 € pour cette infraction pénale "relativement peu grave". Me Kamardine, qui défendait Djamaïla, a demandé à la Cour un complément d'information, car c'est la victime qui l'aurait appelé la première pour l'insulter, en trouvant son numéro dans le répertoire téléphonique de son petit ami. Elle n'aurait ainsi eu que "le retour du bâton qu'elle avait lancé". Le jugement sera rendu le 10 juin.

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