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Alors que les Assises de la sĂ©curitĂ© mettaient en lumiĂšre les violences entre jeunes Ă Mayotte, une rĂ©conciliation est venue marquer Mamoudzou. Le 5 janvier, les jeunes de Doujani, MâtsapĂ©rĂ© et Bonovo ont annoncĂ© avoir fait la paix, aprĂšs plusieurs mois de rencontres avec lâassociation BienâVaillant. Ibrahim Ahmed Halime, 19 ans, de MâtsapĂ©rĂ©, a participĂ© Ă cette dĂ©marche.
Câest devant la mairie annexe de MâtsapĂ©rĂ© quâIbrahim Ahmed Halime donne rendez-vous. Tee-shirt de sport, coupe afro et parole posĂ©e, le jeune homme de 19 ans revient sur une histoire de rivalitĂ©s quâil a lui-mĂȘme traversĂ©e.
Originaire de MâtsapĂ©rĂ©, oĂč il est surnommĂ© SasukĂ© par ses camarades un personnage du manga Naruto, il dit avoir grandi dans un environnement marquĂ© par les tensions entre quartiers. « On a toujours Ă©tĂ© dans les violences sans vraiment savoir pourquoi », rĂ©sume-t-il.
Au collĂšge de Doujani, il est scolarisĂ© dans un Ă©tablissement frĂ©quentĂ© par des jeunes de quartiers rivaux. En premiĂšre annĂ©e de collĂšge, il ne comprend pas encore les codes de ces oppositions. Mais, rapidement, il voit les plus grands sâaffronter. Avec les annĂ©es, les provocations laissent place aux violences. « Ă un moment, jâai commencĂ© Ă stresser pour aller en cours. Parfois, jâabrĂ©geais ma journĂ©e pour Ă©viter les violences », raconte-t-il. Plus tard, au lycĂ©e des Younoussa Bamana, les rivalitĂ©s entre jeunes de MâtsapĂ©rĂ© et Doujani se poursuivent. Le rond-point du Baobab, passage obligĂ© entre plusieurs quartiers, devient alors un lieu de rendez-vous et dâaffrontements. Dont il participe : « Les seuls qui pouvaient nous arrĂȘter, câĂ©tait la police »
Oser franchir la frontiĂšre entre les quartiers
NĂ©anmoins, son pĂšre lui sert de repĂšre. Ibrahim dit sâinspirer de ses conseils. Mais il refuse aussi que les plus jeunes connaissent les mĂȘmes craintes que lui. « Je pensais aux petits frĂšres, Ă leur brevet, Ă leur avenir. Il faut quâils puissent aller Ă lâĂ©cole sans crainte », explique-t-il.
Son engagement se renforce au sein de lâassociation BienâVaillant, oĂč il rencontre notamment Hamza Hoggar. Des tentatives de rĂ©conciliation avaient dĂ©jĂ Ă©tĂ© menĂ©es auparavant, sans parvenir Ă durer. Cette fois, Ibrahim prend lâinitiative dâaller Ă la rencontre des jeunes du quartier adverse. « Un jour, jâai dĂ©cidĂ© dâaller les voir sur leur plateau et de demander la paix », dit-il. « Ăa pouvait mal tourner. Jâai pris un risque en allant Ă Doujani. » Il assume pourtant ce choix. « On peut voir ça comme une faiblesse, mais câĂ©tait nĂ©cessaire. » Avec dâautres jeunes, il contribue ainsi Ă rapprocher les jeunes du village de MâtsapĂ©rĂ©, Doujani et Bonovo. Le 5 janvier, les trois villages officialisent leur rĂ©conciliation.
« On a pu voir ça comme une faiblesse, mais câĂ©tait nĂ©cessaire. »
Aujourdâhui, Ibrahim Ahmed Halime dit mesurer le chemin parcouru. « Câest vrai quâon avait participĂ©, mais on ne se rendait pas compte », confie-t-il. Avec BienâVaillant, il poursuit les actions de sensibilisation contre les violences entre jeunes et apprĂ©cie de pouvoir circuler dâun village Ă lâautre sans crainte. En attendant une situation administrative plus stable, le jeune homme songe Ă une idĂ©e : devenir chirurgien. « Moi, ce que je veux au fond, câest soigner les gens. »
Iloni et Hajangoua renouent le dialogue
Selon une information rapportĂ©e par Mayotte La 1Ăšre, des jeunes dâIloni et dâHajangoua se sont rĂ©unis samedi matin pour apaiser les tensions entre les deux villages. Cette rencontre visait Ă favoriser le dialogue et Ă permettre aux jeunes de circuler plus librement entre les deux villages, aprĂšs une pĂ©riode marquĂ©e par des violences et des rivalitĂ©s. Des Ă©lus prĂ©sents ont saluĂ© cette initiative et appelĂ© Ă inscrire cette dĂ©marche dans la durĂ©e.
Journaliste, aussi passionnĂ© par les paysages de Mayotte que par sa culture. Jâai toujours une musique de rap en tĂȘte.

































