Ce mercredi 4 novembre, la Caisse des écoles de Mamoudzou a accueilli Angeline Carassus, déléguée territoriale de l’association Coup de Pouce pour l’Océan Indien. Plusieurs animatrices et animateurs de Mamoudzou, Bouéni et Ouangani ont participé à une matinée de formation pour découvrir de nouveaux outils pédagogiques et préparer le lancement des clubs, qui accompagneront près de 200 enfants jusqu’en juin prochain.
À la Caisse des écoles de Mamoudzou, ce mercredi 4 novembre, animatrices et animateurs de Mamoudzou, Bouéni ou encore Ouangani se succèdent pour suivre une matinée de formation consacrée aux nouveautés des dispositifs de l’association Coup de Pouce. Celle-ci accompagne les jeunes enfants, à travers des clubs organisés sur le temps périscolaire, dans leurs premiers apprentissages et la prévention du décrochage scolaire.
Venue de La Réunion, Angeline Carassus, déléguée territoriale de l’association Coup de Pouce pour l’Océan Indien, présente les outils et les méthodes qui seront utilisés au cours de l’année scolaire, de novembre à juin. Une séance particulière est également consacrée au lancement des clubs de langage, nouvellement intégrés au dispositif.

Créée il y a une quarantaine d’années en métropole, l’association Coup de Pouce s’appuie sur une méthode d’accompagnement préventif, en complément du travail réalisé à l’école. Elle consiste à réunir les enfants en petits groupes autour d’activités courtes, régulières et ludiques, afin de renforcer leurs apprentissages et leur confiance en eux.
L’antenne de l’Océan Indien, créée il y a une quinzaine d’années à La Réunion, intervient à Mayotte depuis environ six ans, en partenariat avec les collectivités. “Nous avons commencé par huit ateliers à Mamoudzou. Aujourd’hui, nous en sommes à 17”, explique Angeline Carassus qui se réjouit de voir que Mayotte a désormais autant de clubs qu’à La Réunion.
Trois programmes pour accompagner les apprentissages
Les clubs s’adressent à des enfants de différents niveaux scolaires, de la grande section de maternelle au CE1. Trois programmes sont proposés. Les clubs de langage (CLA) concernent les enfants de grande section et visent à développer leur expression orale à travers des comptines et des jeux de langage. Les clubs de lecture-écriture (CLE), destinés aux élèves de CP, sont centrés sur l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Enfin, les clubs de lecture-écriture et mathématiques (CLÉM), proposés aux CE1, consacrent une large partie de leurs activités aux mathématiques, notamment à travers des jeux numériques et de géométrie.

Chaque club accueille un groupe de six enfants, qui se retrouvent régulièrement de novembre à juin. Les séances débutent par un goûter, se poursuivent avec des activités pédagogiques et se terminent par la lecture d’une histoire. Selon le programme, l’accompagnement dure une heure ou une heure et demie. Des guides d’animation, des jeux, des comptines, des lectures partagées et des outils de suivi sont mis à disposition des équipes. L’association travaille également avec l’ONG Bibliothèques sans frontières, qui contribue à fournir des livres supplémentaires.
L’objectif n’est pas de se substituer à l’école ni de proposer une prise en charge spécialisée aux enfants rencontrant les plus grandes difficultés. Les enseignants participent à leur sélection, en privilégiant ceux qui pourraient bénéficier d’un accompagnement ponctuel pour consolider leurs apprentissages. “Ce sont souvent des enfants qui manquent de confiance, que l’on voit peu en classe et qui n’ont pas forcément, dans leur environnement familial, le soutien nécessaire pour être encouragés au quotidien”, précise la déléguée territoriale.
Au-delà des progrès en lecture, en écriture ou en mathématiques, l’association cherche surtout à renforcer leur confiance en eux et leur plaisir d’apprendre. “Les retours que nous avons, c’est que ce sont des enfants de plus en plus épanouis, dont l’expression orale devient plus aisée”, souligne-t-elle.

Les familles au cœur du dispositif
Si les animateurs sont les principaux interlocuteurs des enfants au quotidien, le dispositif repose aussi sur la participation des familles. Celles-ci doivent donner leur accord et s’engager à accompagner la démarche, en encourageant leur enfant, notamment via de petits mots à glisser dans le cartable avant l’école, et en participant à certains temps d’échange. “Ce n’est pas parce qu’on n’est pas enseignant ou professionnel de l’éducation qu’on n’a pas une place auprès de son enfant pour l’aider dans sa scolarité”, rappelle Angeline Carassus.
Les équipes d’animation, principalement issues du périscolaire, sont obligatoirement formées par l’association. Des enseignants peuvent également intervenir dans les clubs. La formation dispensée à Mamoudzou permet ainsi de revoir le déroulement des séances, de découvrir de nouveaux jeux et de mieux gérer les groupes. Les animateurs disposent aussi d’un espace de formation et de ressources en ligne pour préparer leurs activités.
À Mayotte, où la maîtrise du français et de l’écrit constitue un enjeu important, l’accompagnement dès le plus jeune âge apparaît comme un levier de prévention. Selon une étude de l’Insee publiée en avril 2025, 61 % des adultes âgés de 18 à 64 ans rencontrent des difficultés à l’écrit en français. “Mayotte a énormément de besoins. Il y a des taux d’illettrisme et d’analphabétisme élevés, et une histoire qui fait qu’elle est éloignée parfois aussi de l’accès aux livres et des codes pour pouvoir rentrer dans l’école”, estime Angeline Carassus.
Le financement repose principalement sur des subventions publiques, auxquelles s’ajoutent les contributions des communes. À Mamoudzou, la Caisse des écoles mobilise notamment les financements de la cité éducative et du programme de réussite éducative (PRE). La Caisse de sécurité sociale de Mayotte (CSSM) peut également être sollicitée. Les dépenses concernent principalement les postes d’animateurs et de coordinateurs, mais aussi le matériel pédagogique et la formation des équipes.
Pour cette nouvelle année scolaire, environ 31 clubs devraient fonctionner sur le territoire, dont 17 à Mamoudzou, 11 à Bouéni et trois à Ouangani. Près de 200 enfants et autant de familles devraient ainsi bénéficier de cet accompagnement.
Journaliste


































