Trente kilos de cannabis dans deux valises, trois hommes devant la justice

Un transporteur présumé, un relais financier et un organisateur présumé. Trois hommes comparaissent pour leur implication supposée dans l’acheminement de trente kilos de résine de cannabis destinés à être écoulés à Mayotte. Le tribunal rendra sa décision le 17 novembre 2026.

Deux valises abandonnées à l’aéroport de Pamandzi, contenant trente kilos de résine de cannabis. Le 3 juin 2023, cette découverte par les douaniers, à l’arrivée d’un vol en provenance de Paris-Charles-de-Gaulle, déclenche une enquête sur un trafic présumé entre la métropole et Mayotte. Trois hommes doivent aujourd’hui répondre de leur participation supposée à cette opération : Anziz M., Ikram B. et Ahmed A.

À l’audience, le tribunal s’est attaché à déterminer le rôle attribué à chacun dans cette affaire. Selon l’accusation, Anziz M. aurait assuré le transport de la marchandise, Ahmed A. aurait servi de relais financier et Ikram B. aurait organisé l’opération. Une répartition des tâches qui aurait permis d’acheminer la drogue sur l’île en vue de sa revente.

Téléphones, déplacements et transferts d’argent : les indices examinés à l’audience

Pour reconstituer les contours de l’opération, les enquêteurs ont notamment étudié les déplacements des prévenus, leurs liens avec Marseille et leurs échanges téléphoniques. Croisés avec les mouvements financiers, ces éléments ont alimenté les débats sur le rôle présumé de chacun dans le trafic.

L’exploitation des téléphones a notamment mis au jour des photographies de billets, ainsi que des captures d’écran montrant de la résine de cannabis et une balance. Pour l’accusation, ces éléments constituent des indices d’une activité organisée. À la barre, les prévenus ont, de leur côté, invoqué des relations amicales de longue date pour expliquer leurs échanges.

Le volet financier concerne particulièrement Ahmed A. Lors d’une perquisition, les enquêteurs ont saisi une somme de 1 100 euros. L’origine de cet argent, ainsi que celle des fonds transférés, a conduit le tribunal à s’interroger sur son rôle présumé de relais financier.

À la barre, les prévenus invoquent une prise de conscience

« Je ne savais pas, je n’étais pas conscient », a déclaré l’un des prévenus. À l’audience, les intéressés ont également évoqué une prise de conscience qu’ils affirment avoir eue après leur incarcération.

La défense a, quant à elle, mis en avant leurs parcours personnels, marqués par de petits emplois et des ressources limitées, ainsi que leurs situations familiales. Face à la présentation d’une opération structurée par le ministère public, les avocats ont cherché à replacer les faits reprochés dans les trajectoires individuelles des trois hommes.

Le procureur a également fait état de communications entre les mis en cause pendant leur détention. Selon lui, ces échanges soulèvent des interrogations sur la réalité de la rupture annoncée avec les activités qui leur sont reprochées. Leur portée devra toutefois être appréciée par le tribunal.

Jusqu’à quatre ans de prison requis contre les prévenus

Les trois hommes sont poursuivis pour participation à une association de malfaiteurs. Anziz M. et Ikram B. doivent également répondre de plusieurs infractions liées aux stupéfiants, ainsi que d’importation en contrebande de marchandise prohibée. Ahmed A. est, de son côté, poursuivi pour blanchiment du produit d’un trafic de stupéfiants.

Le transport, la détention, l’acquisition et l’offre ou la cession illicites de stupéfiants sont passibles de dix ans d’emprisonnement et de 7,5 millions d’euros d’amende. Le blanchiment du produit d’un trafic de stupéfiants est également puni de dix ans d’emprisonnement et de 750 000 euros d’amende, montant susceptible d’être majoré en fonction des fonds concernés. Ces sanctions correspondent aux peines maximales prévues par la loi et ne doivent pas être confondues avec les réquisitions du ministère public.

À l’encontre d’Ikram B., le procureur a requis quatre ans d’emprisonnement, une interdiction d’exercer l’activité d’agent de change, une privation du droit de vote ainsi qu’une interdiction de gérer une entreprise commerciale. Deux ans d’emprisonnement ont été requis contre Ahmed A., auxquels s’ajoute une demande de confiscation des scellés.

Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 17 novembre 2026. D’ici là, les trois hommes restent présumés innocents.

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Journaliste, aussi passionné par les paysages de Mayotte que par sa culture. J’ai toujours une musique de rap en tête.

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