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Mahamoud Salim Hafi avait cité nommément le secrétaire national et la trésorière de la convention pour le renouveau des Comores, les soupçonnant de couvrir des opérations financières suspectes dans le compte du parti domicilié à Exim Bank Comores, qui a démenti l’information.
Du rififi au sein du parti au pouvoir en conflit avec l’un de ses cardes. Après avoir accusé sa famille politique de pratiques financières douteuses, l’ancien ministre de l’éducation, Mahamoud Salim Hafi est visée par une action judicaire. Une citation à comparaître directe de la convention pour le renouveau des Comores (Crc) lui a été adressée. Dans une émission avec le média en ligne Fcbk Fm, diffusée le 17 septembre, l’ex-secrétaire général adjoint du gouvernement a ouvertement dénoncé des mouvements suspects opérés depuis le compte bancaire du parti au pouvoir. Selon M. Hafi, le parti du président Azali Assoumani recevrait des financements douteux et ce depuis 2023.
Il a également affirmé, documents à l’appui, que l’argent qui transite dans le compte du parti, domicilié à Exim Bank Comores, était par la suite redistribué à certains membres de la formation politique lequel règne sans partage sur l’archipel depuis 2016. L’ancien ministre n’a en revanche pas désigné les bénéficiaires des virements, tout en pointant deux personnes en particulier, à savoir le secrétaire national du parti, Youssouf Mohamed Ali et Najda Saïd Abdallah, qui occupe la fonction de trésorière.
Ces derniers se sentant visés, ont formulé la plainte avec le parti contre Salim Hafi qui aurait refusé de la réceptionner, estimant que les deux membres n’ont légalement pas le droit d’intenter une action au nom du parti car leur mandat aurait expiré. Dans son intervention, Hafi n’a pas avancé de montant, mais a assuré qu’il s’agit des sommes à dix chiffres. Dans une conférence de presse organisée hier, Maitre Idrisse Mze Mogne, dont le cabinet conseille les deux plaignants dont Najda actuelle directrice de la société nationale de distribution de l’eau a regretté l’attitude de M Hafi.
Audience jeudi
D’après l’avocat du parti au pouvoir, l’ancien ministre est attendu le jeudi 25 septembre devant le tribunal correctionnel de Moroni pour répondre des faits d’injures, divulgation de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées. » Il n’avait qu’à prendre la citation à comparaitre pour venir divulguer les preuves dont ils disposent car mes clients assurent que les propos tenus sont infondés« , a poursuivi Maitre Idrisse.
Samedi, quelques heures après la diffusion de l’émission, Exim Bank Comores, a réagi à cette sortie médiatique. » Exim Bank Comores a pris connaissance d’informations diffusées publiquement faisant état de l’existence supposée d’un compte bancaire ouvert au nom de la Convention pour le renouveau des Comores (Crc) auprès de son établissement, ainsi que de prétendues opérations financières qui auraient transité par ce compte. Nous dénonçons avec la plus grande fermeté les allégations mensongères diffusées sur certains réseaux sociaux« , a déclaré la filiale de la banque Tanzanienne sur Facebook tout en portant à la connaissance du public et de sa clientèle que » les informations circulant actuellement sur certains réseaux sociaux, l’accusant de faits de blanchiment d’argent ou de participation à des activités financières illicites, sont totalement fausses, diffamatoires et dénuées de tout fondement« .
Une sortie médiatique de juillet
La Banque dont le directeur général depuis plus de 10 ans, a rendu sa démission fin juillet, dit rejeter catégoriquement ces accusations malveillantes qui portent gravement atteinte à sa réputation, à son intégrité et à la confiance qu’elle a bâtie au fil des années auprès de sa clientèle et de ses partenaires. Le parti au pouvoir a aussi publié un communiqué ce lundi à ce sujet, niant l’existence d’un compte chez Exim Bank. » Suite aux allégations portées par Mahamoud Salim Hafi, la Convention pour le Renouveau des Comores (CRC) tient à démentir formellement l’information selon laquelle le Parti CRC aurait un compte bancaire auprès d’Exim Bank Comores. Afin de lever toute ambiguïté et de rétablir les faits, le Parti CRC a saisi officiellement Exim Bank Comores, qui dans une correspondance en date du 18 septembre 2026, a confirmé, après consultation de ses registres, qu’aucun compte bancaire n’est enregistré au nom du parti Crc dans ses livres« , assure le parti dont le fils aîné du président, Nour Elfath, est élu depuis août 2023 numéro 2.
Comme dans une tentative d’étouffer l’affaire, la convention pour le renouveau des Comores, invite l’opinion publique et l’ensemble des acteurs concernés à se référer à la supposée lettre d’Exim Bank. Mais beaucoup se demandent pourquoi l’ancien ministre n’a pas cité une autre banque qu’Exim si le compte n’y a jamais été domicilié. Notons que ce n’est pas la première fois que Mahamoud Salim Hafi fait des révélations fracassantes sur le pouvoir. En juillet, il avait rapporté que 14 membres du gouvernement ont saisi par courrier Azali Assoumani pour se plaindre des blocages érigés par son fils, Nour Elfath, promu avec des pouvoirs élargis, secrétaire général du gouvernement.
Sans plus tarder, les ministres ont démenti l’information sans porter plainte. » Ces allégations sont fausses et dénuées de tout fondement. Aucune démarche de cette nature, individuelle ou collective, n’a été engagée par un quelconque membre du Gouvernement. Une telle affirmation constitue une manipulation manifeste de l’opinion publique, visant à installer la suspicion et à jeter le discrédit sur un exécutif qui fonctionne dans la cohésion et dans le respect dû à l’autorité du Président de la République« , avait timidement déclaré le gouvernement par la voie de la ministre de l’information et porte-parole du gouvernement, Fatima Ahamada.
Journaliste presse écrite basé aux #Comores. Travaille chez @alwatwancomore
, 1er journal des ?? / @Reuters @el_Pais @mayottehebdo ??


































