Lycée du Nord : la mobilisation entre dans sa troisième semaine

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La mobilisation se poursuit au lycée polyvalent du Nord, à M’Tsangadoua. Après deux semaines de grève, personnels, parents d’élèves et représentants syndicaux maintiennent leur mouvement malgré les annonces du rectorat. Ils réclament des engagements concrets sur les locaux, les effectifs, les moyens humains et la sécurité.

Le conflit entre ainsi dans sa troisième semaine sans perspective immédiate de sortie de crise. La direction du lycée avait pourtant annoncé une reprise des cours vendredi 11 septembre, après plusieurs engagements pris par le rectorat de Mayotte. Une décision contestée par le collectif mobilisé, qui estime que les conditions ne sont toujours pas réunies pour reprendre normalement.

Dans un courrier adressé aux personnels et aux familles, le proviseur Christophe Benmimoune-Wisniewski indiquait que le rectorat acceptait de maintenir la structure actuelle à 23 classes de seconde. La dotation horaire globale doit également être abondée afin de permettre des dédoublements pour les travaux pratiques de SVT et de sciences physiques et chimiques, ainsi que certains aménagements pédagogiques.

Le rectorat s’est par ailleurs engagé, selon la direction, à installer rapidement des salles provisoires. Le service immobilier aurait déjà engagé les démarches nécessaires. Pour la direction, ces nouveaux espaces doivent permettre d’adapter progressivement les emplois du temps et de préserver le fonctionnement général de l’établissement.

Les annonces du rectorat ne suffisent pas

Pour l’intersyndicale, les représentants des parents d’élèves et le collectif des personnels, ces mesures restent insuffisantes. Dans un communiqué publié le 12 septembre, ils annoncent maintenir le mouvement « jusqu’à nouvel ordre », estimant ne toujours pas avoir obtenu de réponse satisfaisante à leurs revendications.

Les mobilisés demandent notamment une rencontre directe avec une délégation du rectorat au sein du lycée. Ils souhaitent qu’une réunion plénière puisse réunir enseignants, assistants d’éducation et parents, avec un véritable droit de parole pour chacun. Pour eux, les décisions concernant la poursuite du mouvement doivent être prises collectivement en assemblée générale.

Le collectif réclame surtout des garanties accompagnées d’un calendrier précis. Parmi les demandes figure l’installation d’au moins cinq préfabriqués fonctionnels avant le 25 octobre, puis de onze modulaires supplémentaires pour la rentrée 2027-2028. Les représentants évaluent à seize le nombre de salles supplémentaires nécessaires pour répondre durablement aux besoins de l’établissement.

Des revendications qui dépassent la question des salles

La mobilisation porte également sur les effectifs et les moyens humains. Les parents et personnels demandent que les classes soient limitées à 25 élèves, alors que certaines classes de seconde dépasseraient actuellement les 30 élèves. Ils réclament des créations de postes et des moyens horaires supplémentaires, ainsi qu’un renforcement durable des équipes d’AED.

La sécurité constitue également un point central. Le collectif demande la rénovation des anciennes salles, notamment en matière d’acoustique et de dispositifs de sécurisation, mais aussi le renforcement des équipes chargées de la sécurité aux abords du lycée. Six agents EMS supplémentaires sont notamment demandés.

À ces revendications s’ajoutent la mise aux normes du plateau logistique des filières professionnelles, des moyens supplémentaires pour encadrer les activités nautiques et la construction d’une cantine scolaire, réclamée depuis plusieurs années.

Alors que le lycée accueille aujourd’hui plus de 2 300 élèves, les grévistes entendent maintenir la pression sur le rectorat. La prochaine assemblée générale et les éventuelles discussions avec les services académiques pourraient être déterminantes. En attendant, le mouvement entre dans une troisième semaine et aucune sortie de crise n’est annoncée.

Journaliste, aussi passionné par les paysages de Mayotte que par sa culture. J’ai toujours une musique de rap en tête.

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