MEDEF Mayotte : qui en sera le ou la prochain(e) président(e) ?

Le MEDEF Mayotte à nouveau dans des eaux tumultueuses. Yasmine Nidhoir, sa présidente depuis sept mois, a été démise de ses fonctions dans la journée du mercredi 19 août 2026. Les Mahorais ont de sérieux soucis à se faire pour leur avenir économique immédiat ! Entre un Département-Région livré à lui-même dans une navigation à vue, des chambres consulaires non fonctionnelles et des syndicats patronaux en déliquescence totale, la reconstruction post-Chido a vraiment du plomb dans l’aile. Yasmine Nidhoir aurait péché à peine un mois après son intronisation en demandant à Paris la tête de tous les membres ayant contribué à son installation dans la succession de Fahardine Mohamed et Carla Baltus.

Qui a osé dire que l’économie peut se passer de la politique ? Celui qui l’aura pensé aura tout faux, preuve en est ce qui se passe au sein du « Phoenix » — renaissant de ses cendres — qu’est le MEDEF Mayotte.

En effet, parachutée à la tête du principal syndicat patronal de l’île il y a à peine sept mois, voilà déjà Yasmine Nidhoir débarquée, hier, mercredi 19 août 2026, de son fauteuil de présidente du MEDEF Mayotte.

Un départ inattendu qui ouvre la porte à une incertitude supplémentaire sur la gouvernance de l’économie mahoraise, déjà en berne avant le passage du cyclone Chido et quasiment à terre depuis, tentant très difficilement de sortir la tête hors des eaux azurées du lagon.

L’information a circulé dans Mamoudzou tout l’après-midi de mercredi, amenant les rédactions de la presse locale à creuser tous azimuts dans les coulisses afin d’essayer de comprendre en profondeur les tenants et les aboutissants de cette rocambolesque affaire.

Il est vrai qu’en dehors du cercle restreint de l’entrepreneuriat dans l’île, le « commun des mortels » n’a pas vu arriver ce débarquement. Par conséquent, la stupeur du public est naturellement de mise.

L’excuse officielle avancée pour justifier la fin du mandat confié à Yasmine Nidhoir par les adhérents du MEDEF Mayotte serait la suivante : « Elle n’aurait pas été en mesure de remplir la mission qui lui avait été confiée, à savoir multiplier les adhésions, après la grande défection d’un grand nombre d’entreprises à la suite du départ forcé et très médiatisé de Fahardine Mohamed, ancien président du MEDEF Mayotte, et de son bureau. »

Ceux qui ont suivi ce feuilleton — qui continue d’ailleurs à courir dans les dossiers du tribunal administratif de Mayotte — se rappellent que le malaise était beaucoup plus profond que ne l’avaient estimé les instances nationales du patronat et qu’un téléguidage parisien ne suffisait pas à reprendre la main.

Le schisme perdure depuis et s’est soldé par la résurrection du Groupement patronal de Mayotte (GPM), qui n’a cessé, lui, d’engranger de nouveaux adhérents. Il est vrai que de ce côté, sans doute en raison de la force de la claque reçue en janvier 2026, cette renaissance donne lieu à une toute autre vitalité.

Les mélanges de genres ne font pas toujours bon ménage

Renseignements pris auprès de différents milieux liés au MEDEF, qu’ils soient locaux, régionaux ou nationaux, la situation — tout en prêtant parfois à sourire — n’est guère simple.

« Un mois après son installation, plus personne n’a eu de ses nouvelles. Elle a travaillé en vase clos, juste avec son secrétaire général et son trésorier. Rien n’a depuis filtré de ses actions. De ce qu’on voit sur les réseaux sociaux, elle essaie de trouver une parade pour se victimiser, alors qu’elle n’a fait que donner elle-même le bâton pour se faire battre », confie à Flash Infos un éminent chef d’entreprise mahorais, membre actif et traditionnel de ce syndicat patronal.

Le péché majeur qui aurait valu à Yasmine Nidhoir sa destitution actuelle serait un courriel datant de février 2026, soit à peine un mois après sa prise de fonctions, par lequel elle aurait demandé au secrétaire national du MEDEF, à Paris, l’exclusion de la quasi-totalité du socle du MEDEF Mayotte.

Une liste relativement longue de personnes et d’organismes qui a fini par fuiter il y a quelques jours, provoquant une vive colère chez les personnes concernées.

Ce courriel aurait été considéré comme un « casus belli » — une raison de faire la guerre — par l’ensemble des acteurs et organismes y figurant.

« Elle n’avait qu’une mission simple : booster le nombre de nos adhérents et préparer les élections de renouvellement du bureau avant que l’année en cours ne s’écoule », martèle notre source, qui considère que Yasmine Nidhoir a échoué.

Le malaise né de cette situation est si délicat que personne ne souhaite donner son avis à visage découvert.

Pour faire simple, « ce n’est pas complètement le chaos, mais c’est presque cela, tant les égos sont multiples et prédominants. Chacun s’estimant trahi par l’autre sur la base de sordides intérêts personnels, avoués ou supposables », indique une éminence du MEDEF national que Flash Infos a réussi à joindre par téléphone.

« C’est difficile pour nous de nous prononcer dans cette affaire », ajoute-t-elle.

Derrière la présidente débarquée, trois personnages auraient orchestré la chute de l’ancien bureau du MEDEF Mayotte, que conduisaient Fahardine Mohamed et Carla Baltus.

L’un se targuerait encore d’avoir l’écoute des instances nationales, l’autre se verrait bien placé à la tête de la Chambre de commerce et d’industrie de Mayotte (CCIM), tandis que le troisième voudrait coûte que coûte siéger au tribunal de commerce de Mayotte, « dans l’objectif de repérer les entreprises en faillite afin qu’il puisse les racheter à très faible coût ».

Évidemment, faute d’éléments de preuve suffisamment consistants, la rédaction de Flash Infos ne peut certifier cette affirmation.

En perspective, le renouvellement de l’Assemblée de Mayotte en 2028

D’autres sources avancent également d’autres éléments. Il y aurait notamment le mécontentement de certains acteurs locaux à qui l’on avait promis des postes importants dans la composition du futur bureau du MEDEF Mayotte. Des promesses qui ne seraient plus à l’ordre du jour alors que la tenue des prochaines élections se rapproche à grands pas.

Beaucoup plus terre à terre, il y aurait également des ambitions politiques chez certains. Notamment chez l’un d’entre eux qui aurait découvert récemment que Yasmine Nidhoir était très proche de certains courants qui lui sont opposés.

Une découverte tellement intolérable à ses yeux qu’il aurait fini par contribuer au naufrage de celle dont il avait pourtant adoubé la désignation en début d’année.

« Oufff, mes aïeux ! Quel capharnaüm ! Même le Christ aurait du mal à se retrouver dans ce méli-mélo. Quand je pense que l’on comptait sur cet aéropage pour défendre notre survie auprès du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui arrive à Mayotte mercredi prochain… Je crois que c’est raté », a commenté un petit entrepreneur attablé au restaurant Le 5/5, hier à 12 heures.

Une chose est certaine : les Mahorais ont de sérieux soucis à se faire pour leur avenir économique immédiat. Entre un Département-Région livré à lui-même dans une navigation à vue, des chambres consulaires non fonctionnelles et des syndicats patronaux en déliquescence, la reconstruction post-Chido a vraiment du plomb dans l’aile.

La liste des têtes à faire tomber présentée par Yasmine Nidhoir est réelle : Flash Infos a réussi à se la procurer.

La présence de certains noms et organismes pose question. À moins d’être dans la sphère politique, leur pertinence est assez difficile à démontrer.

Il est donc difficile de dissocier cette affaire de la conjoncture politique du moment, qui se profile à l’horizon avec, comme point d’orgue, le renouvellement des élus de l’Assemblée de Mayotte.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Journaliste politique & économique

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes

À la Une