Convergence sociale à Mayotte : encore un effet d’annonce sans suite du gouvernement ?

Annoncée en grande pompe lors d’une réunion organisée par les services de l’État dans les locaux de la CSSM à Mamoudzou au début du mois, l’application de la LODEOM sociale, censée entrer en vigueur dès cette année, se résumerait finalement à zéro pour 2026. C’est ce qu’affirme Djoumoi Ramia à l’issue d’une rencontre à Bercy, en fin de semaine dernière. Accompagné de la députée Anchya Bamana lors de ce rendez-vous parisien, il demande la révision du décret du 11 février 2026, qui limite les allègements de charges patronales sur le territoire à 1,6 SMIC, contre un plafond de 3 SMIC dans les autres territoires ultramarins.

Jeudi 25 juin 2026, à Paris, Djoumoi Ramia a réitéré son slogan : « Mayotte ne demande pas un privilège. Elle demande simplement l’égalité de traitement avec les autres territoires ultramarins. » Reçu au cabinet du ministre de l’Économie à Bercy, le président de l’Ordre des experts-comptables de Mayotte a présenté au gouvernement une étude d’impact sur l’application de la convergence sociale.

« Les chiffres sont sans appel : les entreprises mahoraises contribuent davantage à la richesse nationale qu’elles ne coûtent aux finances publiques », avance l’expert-comptable mahorais.

Présentée au nom de l’Ordre des experts-comptables de Mayotte, cette étude mettrait en évidence, selon lui, une inégalité majeure, justifiant sa demande de révision du décret du 11 février 2026. Djoumoi Ramia est catégorique : dans sa rédaction actuelle, ce texte ne permet pas aux habitants de l’archipel de bénéficier des mêmes règles que leurs compatriotes des autres territoires d’Outre-mer.

L’expert-comptable estime en effet que ce décret limite les allègements de charges patronales à 1,6 SMIC à Mayotte, alors que les autres territoires ultramarins bénéficient d’un plafond fixé à 3 SMIC dans le cadre du RGDU et à 2,7 SMIC au titre de la LODEOM renforcée en 2026.

« La LODEOM sociale à Mayotte, pour l’année en cours, s’élève en réalité à zéro. Cette différence pénalise directement les emplois qualifiés, les salariés à temps plein et le développement économique de notre territoire », soutient Djoumoi Ramia.

« Nous connaissons les contraintes politiques et budgétaires du moment. Nous savons que personne ne souhaite fragiliser les équilibres existants entre les territoires ultramarins. Mais cette réalité ne doit pas conduire à maintenir une inégalité qui freine durablement l’économie mahoraise », a-t-il plaidé auprès des collaborateurs du ministre de l’Économie.

Il a proposé à ses interlocuteurs de financer, dans le cadre du budget de la Refondation de Mayotte, un dispositif d’allègements de charges inspiré de la LODEOM sociale renforcée, et ce jusqu’à la convergence complète vers le droit commun en 2031. Il considère cette proposition comme une solution équilibrée, une mesure qui ne retire rien aux autres territoires tout en permettant à Mayotte de rattraper son retard.

« C’est cela, la solidarité nationale : donner à chacun les moyens de réussir, sans opposer les territoires entre eux », avance Djoumoi Ramia.

Il était accompagné de la députée mahoraise Anchya Bamana lors de cette rencontre avec le cabinet du ministre de l’Économie.

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