Samedi 20 juin, la Direction de la jeunesse et des sports (DJS) du Département a réuni, pour la première fois, les conseillers municipaux chargés de la jeunesse et des sports. Au menu : les enjeux du développement sportif et de l’accompagnement de la jeunesse, sur fond de difficultés financières et d’un manque criant d’infrastructures, dix-huit mois après Chido.
« C’est une première. J’espère que nous ferons ce point deux fois par an », espère la vice-présidente du conseil départemental en charge des sports. Cette réunion d’échange avait pour objectif de permettre aux communes d’exposer leurs difficultés et d’obtenir des réponses du Département.
Pour la vice-présidente du conseil départemental en charge des sports, le sport est avant tout « un outil d’éducation ». La DJS se veut présente sur le terrain, au plus près des habitants, pour promouvoir les valeurs de l’olympisme et développer des partenariats locaux autour d’actions éducatives diversifiées. Le dispositif qui traduit cette ambition est celui des Olympiades, conçues pour faire découvrir un maximum d’activités aux jeunes. Plusieurs communes ont déjà accueilli le dispositif, avec l’appui de comités sportifs, d’associations et de financements assurés par de multiples partenaires locaux. Le Département affiche désormais une ambition claire : être présent sur l’ensemble de l’île en 2026.
À Acoua, le souvenir de la catastrophe reste vif : « Tout était cassé, la jeunesse était perdue, on n’avait plus d’équipement, on ne savait pas quoi faire pour eux tout de suite. » C’est de la rencontre entre la DJS et les communes qu’ont émergé les Olympiades et l’école omnisports. Mais, financièrement, aucune commune ne peut affirmer qu’elle a les moyens, y compris humains, d’encadrer la jeunesse.
D’après le Département, depuis 2018, 177 millions d’euros ont été engagés pour accompagner les communes dans leurs projets d’aménagement, dont 101 millions sont actuellement mobilisés sur le territoire. Un effort tel que la collectivité dit avoir été contrainte de freiner ses investissements, par prudence financière. Le message adressé aux communes est clair : il faut solliciter le Département pour le suivi des conventions et anticiper d’éventuelles prolongations de délais. Faute de quoi, une convention devenue caduque peut ralentir les projets financés par la collectivité. Selon le Département, 16 millions d’euros auraient ainsi été perdus. La priorité de la collectivité est désormais d’achever les chantiers en cours afin de libérer des fonds et d’investir dans de nouveaux projets.
C’est précisément ce gel qui inquiète Dembéni, qui a accueilli les Olympiades et prévoit déjà une deuxième édition, mais déplore l’absence d’infrastructures et craint un arrêt des financements. La commune réclame notamment un plateau sportif et le développement d’autres disciplines.
Le complexe sportif de Pamandzi a fait l’objet de questionnements, avec un stade abîmé, des éclairages hors service et un gymnase régulièrement inondé par la pluie. Cédées par la commune au Département, les infrastructures font l’objet de réflexions, comme l’installation d’un terrain synthétique ou la création d’un stade départemental à l’occasion des Jeux des Îles. Une certitude, côté Département : pas question de fermer le complexe, « car s’il n’y est plus, il n’y a plus rien pour les jeunes ».
À Bouéni, on regrette de ne pas figurer parmi les communes concernées par les actions du Département. Pour la collectivité, l’objectif est bien d’intervenir dans toutes les communes, mais « l’opportunité ne s’est pas encore présentée », le nord ayant été la priorité au lendemain de Chido. Mamoudzou a également formulé une demande, partagée par l’ensemble des communes : faciliter le dialogue et renforcer la collaboration entre les collectivités. Dzaoudzi-Labattoir réclame, de son côté, la gestion de son gymnase, après le succès de ses Olympiades, qui ont rassemblé 1 500 jeunes inscrits, et face à une demande générale de reconduction.
Interrogé sur le sport de haut niveau, le Département rappelle que le dispositif dédié bénéficie à 70 jeunes, dont certains ont intégré des centres de formation, notamment en football. Le Centre d’excellence sportive de Cavani fonctionne lui aussi, avec quatre jeunes partis en centre de formation. L’ensemble représente un budget d’environ 800 000 euros par an, auquel s’ajoute le financement par l’État des équipes qui partent en compétition à l’extérieur.
Du côté du badminton, la ligue a indiqué avoir organisé trois tournois cette année, dont deux destinés aux jeunes, des objectifs atteints malgré des infrastructures difficiles d’accès. Elle se dit prête à cofinancer une partie des équipements en échange de créneaux d’accès aux installations, avec l’ambition d’amener Mayotte aux compétitions internationales, à commencer par La Réunion.
Depuis deux ans, les communes peinent à financer leurs associations. Le Département, qui accompagne déjà les comités dans le dépôt de leurs dossiers, entend désormais demander aux communes de soutenir, à leur tour, le tissu associatif.


































