Après quatre jours de disparition, le corps brûlé de la jeune fille a été retrouvé, vendredi par la gendarmerie, qui a interpellé le présumé auteur dont le sort réclamé par sa localité et une grande partie de l’opinion est la peine capitale, en vigueur mais jamais appliquée depuis plus de plus de 25 ans.
L’émotion était encore vive ce samedi après l’acte odieux commis sur la personne de Naicha Mmadi. L’adolescente de 22 ans, portée disparue depuis le 19 mai, a été retrouvée morte, vendredi, vers 16h. La piste criminelle est la plus privilégiée pour l’instant. Introuvable pendant 4 jours, sa photo circulait partout.
On savait seulement qu’elle devait se rendre à Dzahadjou, localité de la région de Mbadjini, dont le chef-lieu est Foumbouni, la ville natale de la jeune victime. » Suite aux investigations approfondies menées dans le cadre de la recherche de mademoiselle Naicha Mmadi Abdou, le parquet porte à la connaissance du public que son corps sans vie a été retrouvé à Dzahadjou-Mbadjini aux environs de 16 heures. Face à cette tragédie, le parquet présente ses sincères condoléances, à la famille de la défunte ainsi qu’à la nation tout entière« , a déclaré, la Procureure de la République de Moroni, dans un communiqué, publié vendredi soir.
Le parquet, qui a appelé la population à la retenue, au calme et au respect de la procédure judiciaire en cours, a assuré que ce crime ne restera pas impuni et que tous les auteurs répondront de leurs actes devant la justice. La gendarmerie a fait savoir samedi, que plusieurs personnes suspectées d’être impliquées étaient entendues par les enquêteurs ajoutant que le parquet était déjà saisi.
Le nombre des suspects arrêtés n’est pas connu. Toutefois, des sources rapportent qu’en tout 5 personnes seraient interpellées dont l’auteur présumé, qui aurait été expulsé de Mayotte où il vivait avec sa mère biologique. Selon un habitant de Dzahadjou, le principal accusé la vingtaine résidait avec sa tante depuis deux ans.
Chercher son argent
La victime a selon plusieurs versions quitté sa ville natale pour récupérer de l’argent chez le présumé auteur, qui par ailleurs était un collègue. Les deux travaillaient au centre hospitalier de Foumbouni, où Naicha exerçait en tant que secrétaire dans le service d’ophtalmologie. » On dit qu’elle lui avait confié un ordinateur pour le lui vendre. Le mardi elle a pris un taxi pour s’y rendre à Dzahadjou afin de récupérer le reste de l’argent. Selon le chauffeur, ils s’étaient mis d’accord qu’elle l’attende au même endroit où il l’a déposée pour rentrer ensemble. Mais elle n’était pas là à son retour. Au village, certains habitants confirment que la fille est partie avec le jeune accusé aujourd’hui d’être son meurtrier« , a rapporté une source locale. Au courant de ce déplacement, la famille de Naicha a donné l’alerte dès le mardi, constatant que leur fille n’est pas de retour.
Les investigations ont donc commencé. Le lendemain, le jeune suspect est interpellé mais il n’aurait pas avoué son crime bien qu’il ait reconnu avoir vu la victime mardi. Des battues seront organisées par la communauté. Vendredi son corps sera finalement retrouvé près d’un château d’eau de la localité de Dzahadjou, dont la jeunesse s’est empressée de condamner l’acte. » L’état du corps été brûlé à 95%. Après trois jours dans une grotte, il était en décomposition avancée. On pense qu’elle aurait été violée avant de se faire assassiner mais c’est à l’enquête de tout élucider« , a confié une source haut placée.
Peine de mort
Le meurtre de Naicha, benjamine des trois filles de la famille, a suscité une vague d’indignation à travers le pays. Cet acte ignoble en rappelle d’autres barbaries commises au cours de ces deux dernières années avec toujours des victimes féminines. » Face à ce drame insoutenable, je tiens à adresser mes sincères et attristées condoléances à sa famille, à ses proches, à la population de Foumbouni ainsi qu’à l’ensemble du peuple comorien profondément bouleversé par cette tragédie. Aucune famille ne devrait avoir à subir une telle douleur. Aucun être humain ne devrait être victime d’une violence aussi ignoble« , a réagi, le secrétaire général du gouvernement, Nour El Fath Azali qui appelle à la plus grande fermeté de la justice. « De tels crimes ne doivent ni rester impunis ni être minimisés. Les actes d’une telle barbarie méritent des sanctions exemplaires, y compris l’application de la peine de mort, afin que justice soit rendue et que de tels drames ne se reproduisent plus« , a-t-il soutenu, relançant le débat sur l’application de la peine de mort.
Depuis vendredi, une grande partie de l’opinion réclame la peine capitale contre le meurtrier de Naicha et ses complices présumés s’ils sont reconnus coupables. Les habitants de Dzahadjou, où est originaire le présumé auteur de 23 ans, des politiciens, des avocats ont multiplié ces derniers jours leurs vœux de voir enfin la peine capitale revenir. Dans le code pénal, l’article 4, alinéa 1, précise que la mort fait partie des peines criminelles et que toute condamnation à celle-ci entrainera, de plein droit, la dégradation civique et l’interdiction légale. L’article ajoute enfin que le condamné à mort sera fusillé. La dernière exécution aux Comores remonte à 1998. Depuis, les tribunaux prononcent les peines souvent pour des crimes de sang mais ça s’arrête là. Pas plus tard qu’au mois d’octobre 2025, un détenu a pris la peine capitale pour le meurtre d’une femme de 35 ans dans un champ. Cet assassinat de Naicha est tout sauf un cas isolé.
En janvier 2025, Hikima, agent d’une agence de transfert d’argent avait été tuée au nord de la Grande Comore, par son chauffeur, denomé Mikiro[ lire flash infos du 22 juillet 2025]. » Nous sommes un pays musulman, une République, nous devons appliquer la peine capitale cela va faire régresser pendant des années les actes criminel« , a plaidé, l’ancien ministre de la justice, Me Fahmi Said Ibrahim. Mais d’autres avocats, comme Maitre Abdoulbastoi Moudjahidi pensent que ces meurtres crapuleux sont plutôt le signe d’un manque de sécurité, réservée selon lui aux autorités et non à la population. » Notre justice n’est certes pas parfaite mais les auteurs de crimes ont toujours jugés et condamnés. La réponse à ces meurtres ne peut donc pas être uniquement judiciaire. Ce n’est pas la peine de mort la solution. Le mal est bien profond, il est sociétal« , analyse l’avocat.
Journaliste presse écrite basé aux #Comores. Travaille chez @alwatwancomore
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