19.000 personnes se sont déplacées pour venir écouter le discours du président. Du jamais vu à Mayotte. Munis de leurs drapeaux, de leurs tee-shirts à l'effigie du président, l'île entière s'est mise sur son trente et un pour accueillir, "le père de la départementalisation". Depuis 9 heures, les chants des bouénis retentissent en continue sur le parvis du CDTM. Sur la route bondée de la jetée, plus aucun détritus ne traine, une foule compacte a remplacé le flot de voitures. Un blocus total qui a paralysé toute la ville, obligeant de nombreux commerçants à fermer boutique. Et pourtant les gens continuent à arriver par centaines des quatre coins de l'île. "Nous demandons à ceux qui sont derrière d'arrêter de pousser. Il y a des enfants devant, vous risquez de les blesser", annonce une voix au micro, mais rien n'y fait. Chacun veut se frayer une place de choix d'où il pourra entrapercevoir le président. "C'est important de venir, ça fait très longtemps qu'on l'attend. On a voté pour lui et il a dit qu'il viendrait nous voir, et le voilà qui vient. Achaque fois qu'il dit quelque chose, il le fait", explique cette vieille dame avant de finir en criant "on est avec lui jusqu'au bout !" Une gratitude qu'on retrouve chez de nombreuses personnes interrogées. "Nous voulons lui offrir un accueil digne de ce qu'il a fait pour nous" explique cette boueni.
Au final, c'est une foule monstrueuse qui se lève pour acclamer l'arrivée du président. Peu au courant des traditions locales, ce dernier est arrivé avec près d'une heure d'avance. "Heureusement", nous confie un responsable de la sécurité, "parce que les conditions d'attente sont de plus en plus difficile pour le public". En effet, les services de l'ordre sont sur le qui vive, devant les barrières de sécurité, la quarantaine de gendarme a le plus grand mal à contenir les poussées de la foule. Difficile dans ces conditions de résister aux mouvements de foule et à la chaleur. Suite à des malaises, une vingtaine de personnes sont évacuées par les secours, la moitié finira la journée à l'hôpital. Quant à Nicolas Sarkozy, il ne sera même pas resté quatre heures, le temps de faire son petit tour, pour repartir aussitôt direction La Réunion.



































Numéro Spécial
La station expérimentale de Malamani a été mise en route en avril 2008. Un décanteur digesteur effectue un traitement primaire permettant un abattement de l’ordre de 60% de la pollution organique et de 30% de la pollution minérale (azote et phosphore). Les effluents ainsi traités sont envoyés dans la mangrove pour y subir un traitement complémentaire.
Les canalisations qui acheminent les eaux usées vers la mangrove sont aériennes, fixées sur des pieux en bois pour ne pas être immergées par les marées. En moyenne, 40 m³ d'eaux usées par jour ont ainsi été rejetés depuis avril 2008 sur 3 parcelles (voir encadré). Financé par les ministères de l'Outremer et de l'Ecologie, ce dispositif est complété par un suivi et des mesures pendant 3 ans sur les végétaux, les populations de crabes, la qualité des eaux et des sédiments.
Les crabes, "ingénieurs" de la mangrove
