Droit du sol, suspension des demandes d’asile, renforcement de la présence maritime et création d’un centre de retour en Afrique de l’Est : arrivé vendredi à Mayotte, Édouard Philippe a dévoilé plusieurs propositions visant à « reprendre le contrôle » de l’immigration sur l’île.
Arrivé vendredi à Mayotte, l’ancien Premier ministre et candidat à l’élection présidentielle de 2027, Édouard Philippe, a choisi de placer l’immigration au cœur de son déplacement. Sa première étape l’a conduit au centre de rétention administrative de l’île, où il a présenté une série de mesures destinées, selon lui, à « reprendre le contrôle » de la situation migratoire dans le 101ᵉ département français.
Pour le maire du Havre, Mayotte concentre des difficultés particulières. « Mayotte est l’un des plus jeunes départements de France, l’un des départements qui est le plus confronté à des difficultés. Nos concitoyens français dans l’Hexagone connaissent souvent peu Mayotte », a-t-il déclaré.
Suspension des demandes d’asile
Parmi ses propositions les plus fortes figure « l’interruption, pendant la durée du prochain quinquennat, de l’ensemble des demandes d’asile qui pourraient être formulées sur le territoire », a annoncé Édouard Philippe. Il souhaite également inclure dans ce dispositif les demandes liées au regroupement familial. Le candidat estime que les forces de l’ordre et les services chargés de lutter contre l’immigration irrégulière disposent aujourd’hui de moyens supplémentaires et accomplissent un travail « remarquable ». Mais, selon lui, ces efforts restent insuffisants au regard de l’ampleur du phénomène.
Édouard Philippe entend également renforcer considérablement les moyens de surveillance maritime autour de Mayotte. « Nous devons, à Mayotte comme dans tous les Outre-mer français, développer la présence en mer de l’État, de la défense nationale et de la Marine nationale », a-t-il affirmé. Cette présence accrue viserait notamment à mieux contrôler les arrivées clandestines par voie maritime, alors que l’immigration irrégulière demeure l’un des principaux enjeux auxquels l’île est confrontée.
Un centre de retour en Afrique de l’Est
Sur la question des éloignements, l’ancien Premier ministre propose la création d’un centre de retour dans un État d’Afrique de l’Est. Il cible en priorité des pays qui constituent, selon lui, des « États de départ ». La Tanzanie fait notamment partie des pays envisagés. Édouard Philippe reconnaît toutefois qu’aucune discussion n’a encore été engagée avec les États concernés.
Le candidat entend ainsi faire de la politique migratoire l’un des axes majeurs de sa campagne présidentielle. À Mayotte, il considère l’immigration comme un problème « évident dont chacun parle » et qui « déstabilise ce territoire ».


































