Dans les champs de Combani, les attentes agricoles face au candidat Édouard Philippe

En déplacement à Mayotte, Édouard Philippe a consacré une partie de sa visite au monde agricole. Sur l’exploitation de Fouad Ali, à Combani, les professionnels n’ont pas seulement présenté leurs cultures à l’ancien Premier ministre. Ils lui ont surtout exposé leurs difficultés et leurs attentes vis-à-vis d’un candidat à la présidentielle.

La route est étroite, sinueuse et en terre. Au bout du chemin, l’exploitation de Fouad Ali. C’est ici, à Combani, qu’Édouard Philippe a choisi de venir à la rencontre du monde agricole mahorais, samedi, au deuxième jour de sa visite sur l’île. Une étape officiellement consacrée à l’agriculture, mais qui prend une dimension particulière alors que l’ancien Premier ministre se prépare à la présidentielle.

Dans la serre, Fouad Ali présente son exploitation et raconte une agriculture qui tente de se relever. Le passage du cyclone Chido reste dans les esprits. « On a vraiment eu peur devant Chido », témoigne-t-il. Mais au-delà des dégâts provoqués par le cyclone, c’est toute une filière qui demande aujourd’hui des réponses à l’État.

Des agriculteurs qui veulent des actes

Face à Édouard Philippe, les acteurs agricoles ne se contentent pas de présenter leurs productions. Ils mettent sur la table leurs difficultés quotidiennes et, surtout, leurs attentes.

Pour Ibrahim Ishak, trésorier de la Coordination rurale maoré, le premier enjeu est celui de la structuration du secteur. « Pour développer l’agriculture à Mayotte, il suffirait simplement de respecter la réglementation », estime-t-il. Derrière cette formule, une demande politique : que les spécificités de Mayotte soient davantage prises en compte dans les politiques publiques nationales.

Selon lui, les acteurs locaux doivent pouvoir prendre davantage part au développement du secteur. « C’est au Mahorais de développer ce secteur au niveau des instances », affirme-t-il, tout en pointant le manque de moyens et de statut. Une situation qu’il résume avec une formule particulièrement sévère : « À Mayotte, nous sommes les champions du bricolage. » Pour les professionnels, le problème n’est donc pas seulement de produire davantage. Il faut créer les conditions permettant à une véritable économie agricole de se développer.

« Avec des moyens, nous sommes capables de réaliser de belles choses »

C’est précisément ce message que Loïc Breton, directeur général du groupe Agromea, entend faire passer au candidat. « L’important pour nous est de faire passer un message, qu’il puisse se rendre compte qu’à Mayotte aussi, avec des moyens, nous sommes capables de réaliser de belles choses », explique-t-il. Le mot « moyens » revient comme un fil conducteur dans les échanges. Moyens financiers, accompagnement technique, structuration des filières, sécurisation des exploitations : les professionnels demandent moins de discours et davantage de capacité d’action. À travers cette rencontre, ils cherchent aussi à convaincre le futur candidat que l’agriculture peut constituer un véritable levier de développement pour Mayotte.

Sécuriser les champs avant de parler de développement

Pour Ahmadi, commercial au sein de l’Ucoopam, la priorité est également à l’accompagnement. « Je souhaite un accompagnement pour bien structurer la filière. Il y a pas mal de défis à relever », explique-t-il. La sécurisation des exploitations figure en tête des préoccupations. Les vols dans les champs compliquent directement le travail des producteurs et fragilisent leur activité. « Dans les champs, on est soumis au vol ; ça complique la production », déplore-t-il. À cela s’ajoutent les difficultés d’accès aux parcelles.

Au fil de cette visite, les professionnels ont ainsi dressé devant Édouard Philippe le portrait d’une agriculture mahoraise confrontée à de nombreux obstacles, mais qui entend également faire valoir son potentiel. De la sécurisation des exploitations à la structuration des filières, en passant par l’accès aux parcelles et le soutien aux producteurs, les attentes sont nombreuses.

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Journaliste, aussi passionné par les paysages de Mayotte que par sa culture. J’ai toujours une musique de rap en tête.

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