Lycée de Kahani : du droit de retrait aux manifestations

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Depuis plus d’une semaine, le lycée de Kahani est en émoi en raison des violences qui émaillent son quotidien.

Hier matin, et après une semaine de droit de retrait, environ 80 personnes – professeurs, personnels, parents d’élèves et représentants syndicaux – ont défilé dans les rues de Mamoudzou, alertant la population et les autorités du « danger imminent et grave » qu’ils encourent. Une délégation a été reçue hier à 11h au vice-rectorat.

La chaleur accablante de ce lundi matin n’a pas découragé les parents d’élèves et les personnels du lycée de Kahani qui, après s’être rassemblés devant le vice-rectorat, se sont successivement rendus à la préfecture et au conseil départemental. Objectif de cette manifestation réunissant environ 80 personnes : alerter la population et les autorités du « danger imminent et grave » encouru par les élèves et le personnel, en raison de vagues de violence sévissant au lycée de Kahani depuis deux ans et qui ont atteint leur apogée le 15 novembre lorsque des bandes rivales ont commencé à caillasser à tout va, obligeant plusieurs dizaines de gendarmes à intervenir.

Les manifestants ont distribué des tracts aux passants et ont tenté d’obtenir des rendez-vous – en vain – à la préfecture et au conseil départemental afin de leur remettre un courrier explicitant « la forte dégradation du climat scolaire » constatée. Parmi les « incidents » relatés : « des bus caillassés quotidiennement », « des rixes planifiées sur le hub (échangeur de bus, ndlr) et à l’intérieur de l’établissement », l’introduction d’armes, de gaz lacrymogènes et de substances illicites au sein du lycée, le vol de matériel informatique, la destruction de caméras de surveillance, des agressions physiques et verbales récurrentes, des rackets, etc. La liste est longue. « Le jour où un drame arrivera, (…) on aura prévenu », commente Guillaume Boucharlat, professeur de Lettres et d’Histoire au lycée de Kahani. Ces courriers, que les manifestants demandent aux parties visées de signer, ont vocation à attester de manière écrite que le personnel a bien averti des dangers en temps et en heure, dans le cas où un accident grave surviendrait.

Depuis le 20 novembre, des personnels du lycée exercent leur droit de retrait et une partie représentative d’entre eux a été reçue la semaine dernière par le directeur de cabinet du vice-rectorat, qui a promis de sécuriser l’échangeur de bus scolaires en mettant en place un grillage autour de ce « hub », a rapporté une enseignante. Insatisfaits de la proposition, les agents ont poursuivi leur mouvement, tout en indiquant qu’eux-mêmes réfléchissaient à la mise en œuvre de solutions en interne telles qu’une sortie différée pour les élèves selon leur lieu de résidence afin d’éviter que les bandes rivales de village ne se rencontrent; ou encore une rédaction plus rigoureuse des rapports destinés aux conseils de discipline ainsi que davantage de fermeté à l’égard des perturbateurs de manière générale. 

Sécurisation du hub et salles supplémentaires

Hier, une délégation de cinq personnes a été entendue par le directeur de cabinet du vice-rectorat, Didier Cauret. A l’issue de l’entrevue, le vice-rectorat a indiqué que « des aménagements [allaient] être réalisés » : une clôture, munie d’un portail électrique, devrait protéger la gare routière, un éclairage de nuit devrait encore sécuriser la zone et la construction d’un sas à l’entrée du lycée est prévue. Le vice-rectorat a déclaré qu’il apporterait son expertise technique pour ces travaux mais que leur financement devait être assuré par la mairie d’Ouangani, propriétaire du foncier, censée déposer une demande de subvention auprès de la préfecture avant 2018. En outre, des équipes mobiles de sécurité (EMS) seront mobilisées toute la journée jusqu’à la fin de l’année et leur prolongation « sera étudiée selon les circonstances », en plus de la présence renforcée de la police municipale d’Ouangani, tôt le matin et l’après-midi. Enfin, le vice-rectorat a rappelé que 16 salles de classe supplémentaires allaient être livrées à la rentrée 2018.

Cependant, « ces promesses ne sont pas ancrées dans un calendrier précis », regrette Guillaume Boucharlat, professeur au lycée de Kahani. « On risque de reprendre le travail dans les mêmes conditions », craint l’enseignant. Le collectif des personnels du lycée de Kahani demande des moyens humains supplémentaires, et notamment la création d’un troisième poste de conseiller principal d’éducation, d’un second poste de proviseur adjoint ainsi que de quatre nouveaux postes à temps plein de surveillants. C’est pourquoi l’ensemble des agents se réunit ce matin à 8h afin de s’entendre sur la poursuite ou non du droit de retrait.

 

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