🎁 Article offert
Après des années d’attente, ce mardi 22 septembre marque une étape importante pour les habitants de Kani-Kéli avec l’inauguration du Centre de Santé Intercomminal Foundu Ali Malidi. Un projet porté par la Communauté de communes du Sud et la commune de Kani-Kali, en présence notamment du président de la CCSUD, du sous-préfet, secrétaire général adjoint, du vice-président de la Région Mayotte chargé de la solidarité, du directeur général de l’ARS Mayotte, ainsi que du maire de Kani-Kéli. Était également présent, Richard Lopez, directeur général d’Unono.
L’ouverture de ce centre de santé vise à répondre au manque de professionnels de santé et à limiter les déplacements des habitants de Kani-Kéli, jusqu’ici contraints de se rendre dans les communes voisines pour accéder à un médecin généraliste ou à un dentiste.
Flash Info : Combien de temps a-t-il fallu pour construire ce centre de santé ?
Maïmouna MADI : C’est, en fait, un projet qui est assez ancien. À l’origine, il a été porté par la commune de Kani-Kéli, dès 2019. À l’endroit où se trouve aujourd’hui le centre, il y avait une ancienne école qui n’était plus utilisée, notamment parce qu’elle n’était plus aux normes. La municipalité de l’époque avait donc le projet d’y créer une maison médicale. C’était un projet ambitieux, qui représentait également un investissement important. Il est aussi arrivé dans un contexte de réorganisation des intercommunalités, avec des compétences qui étaient progressivement définies, notamment en matière d’aménagement du territoire.
La commune de Kani-Kéli a ensuite transféré le projet à la Communauté de communes du Sud (CCSUD). Celle-ci a donc repris le projet, notamment afin de réaliser les travaux de rénovation et de réhabilitation du bâtiment, pour l’adapter à l’accueil d’une structure de soins.
À l’époque, le type de structure de soins n’était pas encore véritablement défini. Nous étions toujours sur l’idée d’une maison de santé, mais le projet a progressivement évolué. À partir de 2022, notamment avec l’obtention des premiers financements, dont celui de la préfecture, le projet a pris une nouvelle orientation. Il a finalement abouti à la création d’un centre de santé multidisciplinaire, avec l’objectif de répondre à plusieurs besoins de santé du territoire, notamment en matière de spécialistes, qui restent encore insuffisamment présents, en particulier dans le Sud.
F.I : En termes de financement, quel a été le coût total du projet pour permettre la création de ce centre de santé ?
M.M : Le coût total du projet s’élève à 645 674 euros. Le financement a été assuré principalement par l’État, qui a pris en charge une partie du projet, ainsi que par la Communauté de communes du Sud (CCSUD), qui a également mobilisé des fonds propres. De son côté, l’ARS a notamment financé l’ensemble de l’équipement médical installé aujourd’hui au sein du centre. Pour ce qui concerne les travaux, leur financement à donc été principalement assuré par l’État et la CCSUD.
F.I : Aujourd’hui, vous avez choisi de baptiser ce centre de santé en hommage à Foundi Ali Malidi. Qui était-il exactement, et pourquoi avoir choisi de lui rendre cet hommage ?
M.M : Le centre de santé a été baptisé en hommage à Foundi Ali Malidi. C’était une volonté de l’ancien maire de Kani-Kéli, qui avait proposé de donner son nom à cet établissement en raison de la place importante qu’il occupait dans la commune de Kani-Kéli. Foundi Ali Malidi était une personnalité très connue et respectée localement. Il incarnait notamment la sagesse et la transmission du savoir. À Mayotte, les Foundi sont des personnes reconnues pour leur rôle de transmission, pour les messages de bienveillance qu’elles portent et pour les valeurs qu’elles transmettent aux jeunes générations
Donner son nom au centre de santé prend donc également tout son sens : un centre de santé est un lieu où l’on prend soin du corps des personnes.
F.I : Ce centre de santé de proximité répond-il à un réel besoin de la population ?
M.M : C’était clairement un besoin, une demande, mais surtout une forte attente de la population. On nous interpellait régulièrement pour savoir : “ Quand est-ce que le centre va ouvrir ? Quand est-ce qu’on pourra avoir un médecin ? Quand est-ce qu’on pourra avoir accès à un spécialiste ? ” Kani-Kéli est l’une des communes du sud de Mayotte où il y a très peu de professionnels de santé installés. Pourtant, le territoire est attractif, notamment sur le plan touristique, et des professionnels peuvent tout à fait y résider. Mais jusqu’à présent, il y avait très peu de structures de soins et de professionnels de santé en exercice dans la commune. La création de ce centre répond donc à une attente très forte de la population.
La population est forcément très enthousiaste et impatiente de pouvoir bénéficier de cette offre de soins de proximité. Désormais, les habitants auront un médecin à proximité. Jusqu’à présent, ils étaient souvent obligés de se déplacer jusqu’à Bouéni, Chiroungui, voire Bandrélé, simplement pour avoir accès à un médecin, notamment pour des consultations de premier recours.
C’est quand même dommage de devoir parcourir une telle distance pour consulter un médecin, alors qu’il s’agit de soins de proximité dont chacun peut avoir besoin au quotidien. Donc oui, dès l’ouverture du centre, les médecins ont déjà enregistré un nombre important de rendez-vous. C’est également le cas pour les soins dentaires, puisque l’accès à un dentiste est particulièrement difficile sur le territoire. Ce centre répond donc à une attente très forte de la population et permet surtout de rapprocher les professionnels de santé des habitants.
F.I : Le centre de santé est-il désormais pleinement opérationnel ? Combien de médecins généralistes et de dentistes vont y exercer ?
M.M : Le centre est en activité depuis décembre 2025. Il n’avait pas encore été inauguré officiellement, notamment parce que nous étions aussi dans le contexte des élections municipales. Mais dès décembre 2025, les consultations ont commencé et les rendez-vous ont rapidement été pris, notamment pour les soins dentaires. Aujourd’hui, deux dentistes et deux médecins généralistes sont installés au sein du centre. Mais la vocation du centre est également d’accueillir d’autres professionnels de santé.
L’association Unono, qui assure aujourd’hui la gestion du centre, travaille en lien avec l’ARS pour élargir progressivement l’offre de soins. Nous souhaitons notamment pouvoir accueillir, à terme, des sages-femmes, des psychologues et, plus largement, développer la présence d’autres professionnels et de spécialistes afin de répondre au mieux aux besoins de la population.
Les accueillent se font sur rendez-vous sont : du lundi au jeudi de 7h à 16h, vendredi de 7h à 15 heures et le samedi de 7h à 12 heures.


































